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  • 28 février 2020

    Vendredi 28 février

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    Comme beaucoup d'autres, ce vendredi est arrivé sans crier gare. Lundi était à peine achevé que nous étions déjà mercredi soir. Et il aura suffi d'un rapide clignement des yeux pour que la semaine soit écoulée. Déjà.  

    Tant mieux, ou tant pis. J'aurais en effet une multitude de petites choses à faire, à terminer, à avancer. Mais la journée fut tellement dense, notamment la matinée passée à gérer et anticiper les urgences de lundi ainsi qu'une compression assez folle de mon agenda, que je me réjouis que s'annonce le weekend salvateur.

    Demain j'avais prévu d'aller faire une belle randonnée en montagne avec un ami, histoire de prendre l'air. Toutefois la météo peu clémente que l'on nous annonce ne donne guère envie de s'exposer aux éléments. Alors j'irai quand même à la montagne, prendre un bain de vapeur aux sources sulfurées d'une station où j'ai mes habitudes de vieux garçon. Cela me fera aussi le plus grand bien et relâcher la pression.

    Cette semaine j'ai croisé pour la première fois depuis que je lui ai claqué la porte au nez, ma connasse de boss. Cette femme détestable qui m'a fait tant de mal. A la faveur d'un déplacement professionnel, nous nous sommes trouvés dans le même couloir. En me voyant, elle a écarquillé les yeux, avec le sourire, quelque part entre curiosité, étonnement de me voir là, comme si nous étions en bons termes. Nos regards se sont croisés une fraction de seconde. Aussitôt une sorte de malaise m'a saisi, en même temps qu'une certaine colère attisée par toute la rancune et le mépris que cette méchante femme m'inspire.

    Elle m'a lancé un "bonjour". Passant à côté d'elle, j'ai adressé à la cantonade un "bonjour" terne et glacial sans même la regarder. Elle n'a pas cherché à m'approcher ni à me parler. J'ai en revanche discuté ostensiblement avec tous les connaissances croisées qui venaient spontanément à ma rencontre. Elle est partie une fois qu'elle eut terminé ce qu'elle était venu faire, en se gardant bien de m'adresser un regard. Je n'ai pas cherché à croiser à nouveau le sien.

    Mon mépris. Ma revanche.
    Froid.
    Implacable. 

    Cela m'a fait du bien.
    Beaucoup.

    Semaine dense, donc, entre semi-urgences, repas avec des amis, règlement de comptes, sport et ronrons des chats-minous toujours au sommet de leur forme. Je crois qu'il leur tarde que les beaux jours reviennent pour pouvoir se dorer la pilule sur le balcon.

    Le weekend commence ce soir et, avec lui, quarante-huit courtes heures de repos et de farniente. Mon agenda me prédit que la semaine prochaine sera éprouvante. Alors profitons vite.

    Ma vie presque ordinaire.

    18 février 2020

    Relisons Jean Cocteau

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    (...)
    Dans le temps, on se voyait. On pouvait perdre la tête, oublier ses promesses, risquer l’impossible, convaincre ceux qu’on adorait en les embrassant, en s’accrochant à eux. Un regard pouvait changer tout. Mais avec cet appareil, ce qui est fini est fini… Sois tranquille. On ne se suicide pas deux fois… Je ne saurais pas acheter un revolver… Tu ne me vois pas achetant un revolver… Où trouverais-je la force de combiner un mensonge, mon pauvre adoré ?… Aucune… J’aurais dû avoir du courage. Il y a des circonstances où le mensonge est utile. Toi, si tu me mentais pour rendre la séparation moins pénible… Je ne dis pas que tu mentes. Je dis : Si tu mentais et que je le sache. Si, par exemple, tu n’étais pas chez toi, et que tu me dises… Non, non, mon chéri ! Écoute… Je te crois… Si, tu prends une voix méchante. Je disais simplement que, si tu me trompais par bonté d’âme et que je m’en aperçoive, je n’en aurais que plus de tendresse pour toi… Allô ! … allô…
    (...)

    Jean Cocteau, La voix humaine (1929)
    Ed. Stock

    15 février 2020

    La photo du mois : Mes bonnes résolutions pour 2020

    19 commentaires
    Bonjour à tous, nous sommes le 15 Février 2020. C'est l'heure de notre habituel rendez-vous avec La photo du mois.

    Le principe demeure inchangé : chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées en même temps sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Ce mois-ci, c'était à mon tour de choisir le thème pour le groupe : Mes bonnes résolutions pour 2020.

    Mes indications étaient les suivantes :
    Quelles sont vos bonnes résolutions pour la nouvelle année ? Montrez-le-nous en image.
    Pour ma photo de ce mois-ci, j'ai sorti de ma caisse à outils mon plus beau marteau à paillettes (jugez par vous-mêmes).

    En effet mes bonnes résolutions de l'année sont de faire des travaux dans mon appartement qui a besoin d'un petit rafraîchissement. En particulier j'ai décidé d'ouvrir la cloison entre la cuisine et le salon pour y installer une verrière et gagner ainsi en luminosité. On voit d'ailleurs un bout du résultat sur la photo.

    Évidemment les chats-minous sont de la partie. Après être sortis du placard où ils s'étaient réfugiés le temps que les ouvriers cassent tout, ils n'en n'ont pas cru leurs moustaches et sont restés un moment à regarder "à travers" le mur, comme s'ils avaient soudain été investis de super-pouvoirs chatminoutesques. Pistache en est encore toute émoustillée.

    Les connaisseurs de Miyazaki reconnaîtront certainement le petit personnage sur la caisse à outils. Pourquoi est-il là ? À vrai dire, je l'ai installé à la dernière minute. Parce que j'en avais envie. Et parce que c'est un personnage bienveillant et malicieux qui m'inspire joie et bonheur.

    Et qu'au delà des travaux dans mon appartement, je crois surtout que j'ai pris la résolution d'être heureux cette année.

    Les bonne résolutions continuent sur les autres blogs participants : Akaieric, Betty, Blogoth67, Chris M, Christophe, Cynthia, Danièle.B, El Padawan, Eurydice, FerdyPainD'épice, Frédéric, Gilsoub, Gine, Giselle 43, J'habite à Waterford, Jakline, Josette, Julia, La Tribu de Chacha, Laurent Nicolas, Lavandine, Lilousoleil, magda627, Marie-Paule, Marlabis, Mirovinben, Morgane Byloos Photography, Nicky, Philisine Cave, Pilisi, Pink Turtle, Renepaulhenry, Shandara, Sous mon arbre, USofParis, Who cares?, Xoliv', écri'turbulente.

    14 février 2020

    Love can damage your health

    5 commentaires
    Il m'arrive régulièrement de faire de très belles rencontres mais j'ignorais qu'en dépit de son jeune âge ce garçon ferait partie de celles-là.

    Nous nous sommes vus pour la première fois il y a un an et demi dans un pub de Toulouse. Un rencard pour prendre un verre, discuter et faire connaissance. Un très beau garçon, bien bâti. Un magnifique ourson. Souriant, l’œil malicieux, le rire franc et clair, j'ai aussitôt été séduit par sa fougue juvénile et son intelligence aiguë. Ce soir-là nous nous quittâmes fort tard, non sans avoir échangé un baiser en pleine rue. Emporté par l'instant, je goûtais alors la douceur de sa barbe et la caresse de ses mains sur mon visage. Indubitablement cette première fois en appellerait d'autres. 

    Nous devions nous revoir quelques semaines plus tard et finirons comme deux adolescents à nous embrasser au milieu de la nuit sous le porche d'une bibliothèque municipale, par une pluie battante. S'ensuivirent un certain nombre, où nous nous vîmes de manière plus intime. Et malgré quelques temps morts, lui absorbé par ses études et moi par mon travail, nous devions toujours rester en contact, notre complicité allant crescendo, toujours avec une facilité désarmante.

    Voici quelques semaines, il me disait qu'il n'était pas bien et qu'il déprimait un peu. Afin de lui remonter le moral, et parce j'avais très envie de le revoir, je débarquais chez lui un soir et lui apportais une demi-douzaine de plaquettes de chocolat de toutes sortes, à la manière de ce que je faisais, autrefois, dans une autre vie, avec cette fille que je croyais pouvoir aimer... Nous passâmes une longue soirée à discuter et à nous faire des câlins dans le secret de sa chambre. Il me parlait de ses cousines, de son weekend en famille à venir, de ses parents qui connaissent mon existence et de sa mère en particulier qui lui demande parfois de mes nouvelles... C'était il y a trois semaines.

    De manière totalement imprévue, les choses devaient s'accélérer ces jours-ci. En effet tous les deux allons assister tantôt au même concert, chacun de son côté. Alors que je lui demandais quelle était son numéro de place afin que j'en réserve une à proximité, il me révélait qu'il devait y aller avec un "date". Et ce "date" n'était pas moi... 

    La nouvelle m'a fait l'effet d'un uppercut. J'étais sonné.  Sentant poindre le malaise, il s'est excusé de la situation et de son caractère étrange. Pour ne pas l'accabler, je lui répondis que ce n'était pas grave, que cela ne m'empêcherait pas de profiter du spectacle. Inutile de préciser qu'intérieurement j'étais dévasté. Je comprenais alors que ce garçon était bien plus important à mes yeux que je ne l'avais cru. 

    Le lendemain nous avons discuté de ce que nous nous étions dit la veille. Nous avons essayé de mettre un peu de clarté dans une situation spontanée et irréfléchie. Je lui ai dit certaines choses et cru en comprendre d'autres, assez bouleversantes. La situation semblait progresser dans le bon sens. Plus tard dans la journée, nous nous croiserons en ville par le plus grand des hasards  et échangerons  un baiser rapide après qu'il m'a pris dans ses bras. Je ne vous raconte pas l'ascenseur émotionnel que j'ai vécu ! 

    Pourtant, mille questions m'assaillaient. Au-delà du baiser qu'il m'avait volé dans la rue mardi, quel était le dénominateur commun à toute cette histoire ? Fallait-il y voir le commencement d'un "nous"? Regardions-nous dans la même direction ? Ou bien cette impression n'était elle que le fruit d'un emportement contre lequel je croyais pourtant avoir appris à lutter ? 

    Par chance, il était prévu de longue lune qu'il vienne manger à la maison hier soir. Ce qui fut fait. L'occasion parfaite de pouvoir se dire des choses. 

    Je l'ai attendu avec excitation et une certaine anxiété. J'avais pour l'occasion pris plaisir à cuisiner pour lui, comme j'ai plaisir à cuisiner pour les gens que j'aime en général. Et j'avais préparé son dessert préféré, de la mousse au chocolat. 

    Vautrés dans le canapé, blottis l'un contre l'autre comme deux gros chats, nous nous sommes laissés aller à une effusion de câlins avec beaucoup tendresse. Car au delà de l'attirance physique et sexuelle, nous éprouvons une infinie tendresse l'un envers l'autre. Se levant soudain il s’exclamât : "J'ai un cadeau pour toi", en me tendant un petit paquet. Un livre. Joanne Harris, Chocolat. "C'est pour te remercier de tes bons soins" rétorqua-t-il. J'étais évidemment très touché par cette délicate attention.

    Nous avons ensuite beaucoup discuté, à cœur ouvert, sans tabou ni retenue. Je crois que j'ai rarement eu de discussion de la nature de celle de ce soir. Lorsque la parole est libre et que l'on sait que l'on ne sera pas jugé. Lorsque les enjeux dépassent la simple mise au point mais relèvent, de part et d'autre, de l'expression des sentiments les plus profonds.

    La discussion a évolué sur tout un tas sujets, comme à chaque fois. Ses angoisses, ses besoins, ses envies, ses doutes. Puis des choses plus essentielles, comme son impossible engagement ferme dans une relation unique, m'exposant notamment son besoin de pouvoir continuer à papillonner. Chose qui m'est insupportable. Je le lui ai dit. C'est un point sur lequel nous sommes inconciliables. 

    Nous sommes revenus ensuite sur ce que nous nous étions dit dans la semaine et sur notre embryonnaire relation, qui est bien au-delà du stade de la simple amitié. Au milieu de la soirée, il m'a dit que l'on verrait bien comment tout cela évoluerait. Oui, nous verrons bien. Même si mon opinion est claire. 

    Je me faisais une joie de me dire que j'avais probablement rencontré quelqu'un avec qui je pourrais envisager de construire un chemin à deux, partager et former des projets. Néanmoins, fort de mon expérience et sûr de ce que je ne veux pas, je sais déjà, nonobstant l'affection sans limite que je lui porte, que je ne peux ni ne dois rien attendre de lui.

    Love can damage your health.


    6 février 2020

    Ça - Chapitre 2

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    Réalisé par Andy Muschietti.

    Avec : Bill Skarsgård,  Bill Skarsgård, James McAvoy, Jessica Chastain, Jaeden Lieberher, Finn Wolfhard...

    Genre : Freddy Krueger à la fête foraine.

    Durée : Long.

    Synopsis :  Telle une poussée d'herpès génital, Pennywise refait brutalement irruption dans la vie de Bill, Beverly, Richie et toute la bande du Club des Cinq.

    Après que ces derniers ont découvert les joies du libéralisme et quitté la charmante ville de Derry, chacun s'en est allé vivre sa vie d'adulte épanoui de bibliothécaire raté, de femme battue ou de comique névrosé. Le rêve à l'américaine quoi. Et depuis 27 ans, la marmaille a bien grandi et certains des laiderons d'autrefois sont devenu ma foi très "sehr graou".

    Car Pennywise le clown farceur qui s'ennuyait un peu trop tout seul au fond des égouts, a toute une nouvelle collection de ballons qui flottent à distribuer à tous les ch'tites n'enfants du quartier. Succès garanti. 

    Dis, tu veux un ballon ? Hein, dis, tu veux un ballon ?
    Ils floooOoootent...

    Extraits (attention, divulgâchage...) :

    ♪♫ On s'était donné rendez-vous dans dix ans...♪♫
    - Tu VeUx Un BalLoOooOon ?
    [Cronch !]
    ♪♫ Qu'est-ce que tu fais pour les vacances ? ♫♫
    - BOUH !
    [Cronch !]
    ♫ Moi je n'ai pas changé d'adresse...♪♫
    - Affreux jojo va !
    - Ouééééé on a gagné !

    L'avis de la rédaction : Après un premier opus prometteur (voir notre très brillante critique ici), l'attente était grande - et tout particulièrement de la part de l'auteur de ces lignes - quand à ce second et dernier volet de l'adaptation du roman éponyme signé Stephen King, alias le maître l'horreur.

    Hélas, le ballon prétendument horrifique de Ça - Chapitre 2 fait pchhiiit comme une meringue mal cuite, à l'image du scenario mal ficelé de cette guignolade rapidement décevante. 

    Indéniablement le réalisateur se fait plaisir et il fait plaisir à ses acteurs - qui jouent d'ailleurs bien, ce n'est pas tellement le problème. Mais la fesse s'ennuie douloureusement sur son fauteuil (indice de Maloku 19 sur 12) au gré des longueurs qui jonchent la fête foraine.

    On reconnaîtra néanmoins à Ça - Chapitre 2 le mérite de donner - enfin ! - une explication un peu plus intéressante (quoique assez ridicule) à la fin de l'histoire, en tout cas meilleure que ne l'avait fait la mini-série de référence que tout le monde connaît. A cet égard le spectateur ne pourra s'empêcher de se remémorer "La résistible ascension d'Arturo Ui" et les paroles que Bertolt Brecht met dans la bouche de son personnage Ernesto Roma : 
    Le jour viendra où ceux que tu as fait abattre
    Se dresseront, Arthur, et ceux que tu feras
    Abattre à l'avenir. Un peuple surgira,
    Et tous ils marcheront contre toi, une armée
    Sanglante, haine au cœur, et, seul, tu chercheras
    Une aide en vain des yeux, l'aide que j'ai cherchée.
    Alors menace, implore, et maudits et promets !
    Nul ne t'écoutera ! Nul ne m'a écouté !
    Nul doute que le réalisateur est un fin connaisseur de l’œuvre du dramaturge Bavarois. En revanche l'Histoire ne dit pas si Brecht lisait King... Hélas, quelques silences gardés ne permettent pourtant pas au spectateur de tout comprendre sur l'origine et la nature du fléau, sans avoir lu l’œuvre originale, en trois tomes s'il vous plaît et qui a judicieusement bénéficié d'une nouvelle édition pour l'occasion. Comme quoi, tout ne flotte pas pour tout le monde ici-bas.
    Enfin et surtout, si vous cherchez le grand frisson, lisez plutôt le programme politique du RN aux prochaines élections municipales ou le projet social de LREM pour la fin du quinquennat. Chair de poule garantie !

    Bref, si vous tenez absolument à voir Ça - Chapitre 2 programmez vous une soirée avec des potes, de la pizza et de la bière et regardez autre chose.

    Note finale : Boite à meuh qui fait "coin".