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    17 mai 2010

    Robin des Bois - de Ridley Scott

    6 commentairess
    Si vous aviez envie d'aller voir le dernier Robin des Bois de Ridley Scott avec l'idée de baver sur le très beau Russell Crowe pendant deux heures, ravalez votre langue cinq minutes et lisez ce qui suit.

    Robin des Bois est sans nul doute l'un des héros les plus populaires, adapté à toutes les sauces sur petit et grand écran, sujet de toutes les parodies possibles, avec plus ou moins de bonheur. Outre le cultissime  Walt Disney dont nous nous sommes tous repus, le dernier précédent qui avait fait date est  sans conteste l'opus de Kevin Reynolds - Robin des Bois, prince des voleurs - sorti en 1991 (déjà !) dans lequel Kevin Costner et Morgan Freeman se partageaient l'affiche.
    Presque vingt ans plus tard (mon dieu, j'ai l'impression d'être un vétéran en écrivant ça...) c'est au tour de Ridley Scott de reprendre le carquois pour nous proposer son Robin des Bois avec le Rââââ-lovely Russell Crowe (si si si... pour le moins !) et la très jolie Cate Blanchett.

    L'histoire commence encore une fois aux dernières lueurs du XII° siècle. Autant dire que c'est un peu le bordel en Europe : la troisième croisade vient de s'achever, Français et Anglais ne pensent qu'à s'écharper, le roi d'Angleterre Richard Cœur de Lion est mort laissant l'Angleterre en pleine déliquescence politique et en proie à une terrible dette financée par un surcroit d'impôts écrasants la population. Pendant ce temps les complots pour renverser la couronne vont bon train. Et c'est là que Robin intervient. Heu... en fait non, pas tout à fait.

    En effet ce Robin là nous propose non pas l'histoire de Robin des Bois ni ses exploits contre le sherif de Nottingham qui tyrannise la région, mais sacrifie à la mode cinématographique du moment en décortiquant la genèse d'un héros et présente comment Robin Longstride est devenu Robin de Loxley, avant de devenir Robin des Bois. Quelques uns des personnages qui accompagneront Robin dans ses aventures nous sont présentés dans leur jus : Lady Marianne, Frère Tuck... Et c'est à cet instant là que s'arrête le film, au bout de longues deux heures et vingt minutes, au moment où Robin et ses comparses sont déclarés hors la loi avec ordre de les pourchasser sur décision du roi. Oui oui : j'ai bien dit "longues heures"... Certes les images sont belles et les acteurs agréables, oui le film propose un contexte politico-historique réaliste, des reconstitutions et les décors sacrément bien foutus, oui les scènes de bataille sont réussies. Mais la sauce ne prend pas vraiment et je ne suis pas totalement parvenu à rentrer dans le film.

    Voulant explorer les origines du personnage et restituer le contexte politique de l'époque, Ridley Scott finit par se perdre entre le film d'alcove et l'épopée militaire. On passe donc régulièrement d'une scène un peu chiante  et un brin caricaturale où le futur roi - puis roi - Jean joue au petit enfant gâté sous les yeux dépités de sa Reine de mère, à une scène de bataille épique fortement testostéronée. Car j'ai eu la désagréable impression que les scènes de bataille s'invitaient régulièrement à l'écran. Un peu à l'excès même. Ceci au détriment il me semble d'un aspect important dans un tel film : l'attachement aux personnages. Il m'a en effet été fort difficile d'éprouver une empathie pour les personnages qui n'ont que trop peu de profondeur et aucune psychologie, si ce n'est le sens du bien et du mal, ce qui - convenons-en -  est l'enfance de l'art. Cela reste un peu maigre tout de même. Je passerai en outre sur une grossière erreur agronomico-historique qui relègue ce film au rang des 50 plus graves fiascos de l'histoire du cinéma mondial, mais cela n'est qu'un détail...(mais naaaaaan putain !! Au XII° siècle le blé alimentaire ne mesurait pas 1 mètre de haut ni  n'avait des épis de 12 cm  !! Arrrrrrgh je meurs...)

    Au final je suis sorti de là un peu mitigé. Si l'aspect politique qui dicte le dessous des cartes est réellement intéressant, il aurait mérité à mon goût un traitement plus poussé, quitte à reléguer au second plan les querelles de paysans. Cela au risque d'ignorer presque totalement le pauvre Robin.  Le parti pris de mêler les deux versants est audacieux mais présente l'inconvénient  de ses avantages : mal traiter l'un comme l'autre. Et deux jours plus tard je n'ai pas grands souvenirs de ce film, qui ne m'a ni ému, ni émoustillé.  Vu et oublié presque aussitôt.  Dommage.

    Donc, si réellement vous fantasmez sur Russell Crowe, retournez voir Gladiator. Et si vous êtes fans de l'archer de Sherwood, revoyez la version de 1991. Pour les autres, passez votre chemin. Il y a d'autres belles choses à voir en ce moment...