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    31 décembre 2010

    Trois jours et demi

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    Décidément je n'y arrive pas. Je n'arrive pas à raconter mes quelques jours à Paris. J'ai beau essayer et m'y être repris plusieurs fois, rien ne me satisfait. Au bout de quelques lignes mon récit devient lourd, épais, d'une fastidieuse linéarité et surtout d'une longueur décourageante. Je ne suis pas doué pour coucher en quelques mots par écrit le récit de mon voyage.

    Comment d'ailleurs reconstituer l'enchaînement de toutes les rencontres, la multitude des lieux que j'ai vus, la variété des conversations que j'ai pu avoir parfois jusqu'à des heures quasi-matinales, la richesse d'instants rares et précieux en un seul billet ? Chacun de ces instants mériterait à lui seul un billet entier, il en faudrait donc beaucoup. Et à la précision d'une cartographie précise je préfère les grandes fresques impressionnistes qui en quelques traits savent retranscrire toute l'émotion d'une scène qu'un seul regard circulaire peut embrasser totalement.

    Tout a débuté lundi après midi avec Jonathan D., tout aussi charmant que son blog le laisse transparaître. Nous n'avions pas de programme bien établi, aussi en quelques pas nous gagnons l'exposition Andrée Putman dont j'ignorais tout autant l'oeuvre que l'existence. Au bout de quelques petites minutes d'attente en plein blizzard nous nous réfugions au chaud à la découverte de cette "impératrice du style à la française". Quelques éléments biographiques nous apprennent tout du pedigree de la dame, génétiquement et socialement programmée pour réussir (être la pote à Lagerfeld, Klein, Giacometti et consorts n'est pas donné à tout le monde...). On s'extasie sur du très beau mobillier, on bave ici sur un fort beau piano Pleyel "Voie lactée" designé pour les 200 ans de la manufacture, on hallucine un peu plus loin sur les plans de la nouvelle résidence construite au Maroc.

    Un petit tour par la librairie histoire de me procurer le catalogue de l'exposition et il est bientôt quatre heures lorsqu'un petit creux s'invite dans nos estomacs. Un snack salé pour Jonathan qui n'avait pas déjeuné, un irish-coffee pour moi et nous voici chez Pierre Hermé : un "deux-mille feuilles", un "plaisir sucré" et quelques macarons (à 2 Euros la pièce, on choisit méticuleusement les parfums !) seront notre festin de gourmets, festin or-gas-mi-que englouti - excusez du peu - sur le parvis de Saint Sulpice (oui, il y a un coté un peu sacrilège là dedans).

    Les papilles encore engourdies par tant de bonheur, nous arpentons une dernière galerie d'art avant de nous rendre au Bon Marché où nous nous extasions sur des pots de Nutella de 5Kg ainsi que de superbes livres. Dur dur de ne pas céder à la tentation et de ne rien acheter ! Voici que 19h30 sonnent : il est déjà l'heure pour moi de me rendre chez Fabisounours et Will qui m'avaient invité à dîner chez eux.

    Je les avais croisé en juin dernier mais nous n'avions pas vraiment eu l'occasion de bavarder. Accueilli par les glapissements de Coupine qui deviendra très vite ma meilleure amie, la conversation va bon train tandis que dans l'air flottent les odeurs alléchantes du repas que Will nous a concocté. La soirée passera en un éclair, le plus joyeusement du monde, dans une bonne humeur typiquement Fabisounoursienne et il est plus de deux heures du matin lorsque j'enfourche mon vélib pour regagner mes pénates.


    Le lendemain une longue journée m'attend que je dois passer avec Olivier qui m'attend sous un énorme sapin de noël face à Notre Dame. Un solide repas et un ptit dessert dans l'estomac, nous décidons d'aller visiter le Musée du Quai Branly.

    Comme nous sommes de grands gaillards nous nous y rendons à pied, profitant du trajet pour papoter comme si l'on s'était quittés la veille ainsi que pour faire quelques photos  avec le nouvel appareil que le papa nawouel lui avait apporté. On attend un peu avant de pouvoir entrer et nous voici bientôt dans les lieux. Ce fut à vrai dire assez déstabilisant car l'histoire des peuplades d'Afrique Noire, d'Océanie ou d'Asie me sont aussi peu familières que les notions élémentaires de thermodynamique...

    L'organisation interne est assez joliment faite, un peu sombre peut être (par souci de protection des oeuvres je suppose) et l'on navigue d'une région à l'autre du globe, admirant tantôt un masque de guerre giganteste, tantôt des tambours verticaux réellement major (oui à partir de 3 mètres de haut, ça en jette tout de même !). Une véritable plongée dans l'inconnu !

    En sortant nous passons par la librairie où je me chargerai de quelques kilos de livres et d'un joli petit éléphant en pierre savon du Kenya qui veillera sur mon bureau. Il fait déjà nuit lorsque nous sortons ; quelle déprime ! Et en plus il tombe quelques gouttes... Nous grimpons au sommet du Trocadéro d'où nous admirerons la dame de fer illuminée avant de filer dîner dans un resto chinois. Mine de rien, ça creuse la culture ! Nous nous séparons encore une fois des souvenirs et des projets plein la tête.



    Le lendemain je m'éveille un peu plus tôt que prévu et termine ma nuit devant Avatar bien au chaud blotti dans une couverture, une tasse de café velouté à la main. Au loin un étrange gadget geekissime dénommé Nabaztag prophétise seul dans son coin, agitant des oreilles comme une girouette. S'il se met à cracher de la bouillie verte je l'inonde d'ail et de fines herbes !

    Une fois bien éveillé je file en ville rejoindre Bashô, visiblement très stressé, qui me propose d'aller visiter le Musée du Judaïsme ainsi que l'exposition Felix Nussbaum. Très bonne idée, je suis nul en Judaïsme et ne connais pas davantage Felix Nussbaum que je ne connaissais Andrée Putman ou les civilisations Guinéennes ! Décidément cela aura été un séjour riche en découvertes ! D'ailleurs l'expo Nussbaum est vraiment intéressante, si vous avez le temps allez y faire un tour elle en vaut le coup.

    Les même causes produisant souvent les mêmes effets, après nous être sustenté de nourritures spirituelles nous nous rendons à la Maison de Thé Mariage Fères où nous papotons un bon moment en savourant de fort bonnes pâtisseries agréablement accompagnées d'une tasse de thé bien chaud. Mon guide m'emmène ensuite de l'autre coté de la rive à la découverte de quelques coins agréables et de l'insolite Shakespeare and Company, sorte de paradis du livre anglophone dont l'organisation intérieure ne laisse aucun doute sur l'anglicitude du maître des lieux ! Et déjà vingt heures sonnent à Notre Dame. Il est temps pour moi de continuer ma route et de rejoindre non loin de là Waquete déguisé en mammouth laineux pour l'occasion (je cherche encore ^^).  

    S'agissant de Waquete, j'ai beau croire qu'il s'agisse d'un animal aquatique nocture - qui évolue aussi très bien dans le vin blanc soit dit en passant - je ne m'explique toujours pas le vortex spatio-temporel qui nous a fait passer de huit heures du soir à presque quatre heures du matin en l'espace de quelques minutes. La facilité la plus triviale inviterait à rechercher une tentative d'explication dans la personne de mon interlocuteur et l'heureuse rencontre de deux personnes sur la même longueur d'ondes mais... non il doit y avoir autre chose.

    Le Waquete doit disposer de pouvoir psychiques exceptionnels, ceux-là même qui font encore aujourd'hui l'objet de recherches par des laboratoires secrets dont même les gouvernements ignorent l'existence... Car oui, le temps a - de mon coté du moins - filé avec une vitesse qui défie l'entendement et c'est presque à l'aube que je me suis endormi dans mon lit coiffé d'un épais édredon.


    Oui, le temps s'est écoulé avec une célérité déconcertante. Hier encore je me trouvais au coeur de la Capitale, partageant mes dernières heures de vacances avec Jonathan D. et Cédric Darval de Bayen pour un repas fort sympathique chez Prosper (Youp la boum ! voilà, ça c'est fait) autour d'un excellent tartare et de desserts qui ne le furent pas moins (le tiramisu au Nutella est démoniaque !).

    Remontant le Boulevard de Menilmatoo Menilmontant le nez au vent, préparant déjà le rétro-planning du retour je me disais que vraiment j'avais passé des journées géniales ici et commençais mentalement à préparer l'esquisse de ce qui pourrait être un billet.
     
    Ce matin après m'être installé devant mon écran d'ordinateur et mis un disque interprété à Saint Etienne du Mont par les doigts virtuoses des Duruflé, je dus me rendre à l'évidence : jamais je ne pourrai transcrire tout cela fidèlement sans recourir à des ellipses fulgurantes.

    Il est 16h20 à l'instant où je couche cette phrase. Cela fait plus de cinq heures que je m'évertue à pondre ce billet qui ne veut pas s'écrire tant les images fusent dans ma tête et les souvenirs abondent. Lorsque j'ouvrai mon premier blog je n'imaginais pas qu'écrire me permettrait bien plus que de noircir des pixels, mais aussi de faire de très belles rencontres. Ce fut le cas de ce dernier passage à Paris, trois jours et demi qui ont magistralement clôturé une année 2010 déjà bien riche.

    Et j'ose croire que 2011 qui approche maintenant à grands pas, le sera au moins tout autant ! 

    27 septembre 2010

    Branlage neuronal

    16 commentairess
    En juillet dernier, lors de mon passage à Evian, nous sommes allés visiter avec Olivier l'exposition H²O - sur le thème de l'eau donc - au Palais de la Lumière. C'est ainsi que furent pompeusement rebaptisés les anciens thermes  aujourd'hui convertis en centre d'exposition. Y étaient exposées des oeuvres de la Collection Sandretto Re Rebaudengo qui, paraît-il, est "prestigieuse".

    L'exposition en elle même ne nous a pas laissé un souvenir impérissable. A vrai dire nous avons globalement été un petit peu déçus, même si certaines créations ne manquaient pas d'intérêt. En réalité, un dés éléments gênants dans cette histoire fut de bien souvent ne pas comprendre de premier abord l'angle de l'artiste. Nos trois regards convergents furent - neuf fois sur dix - incapables d'analyser les oeuvres dans le sens qu'avait voulu leur donner l'artiste, ou du moins celui que le commissaire de l'expo avait cru bon d'attribuer à l'artiste. Morceaux choisis !

    Il y eut tout d'abord cette table en verre sur laquelle étaient placés des récipients transparents remplis de liquide noir, et reliés entre eux par un réseau de tubes transparents assurant le fonctionnement de ce jeu de vases communicants. Réfléchissons ensemble quelques secondes : une exposition sur l'eau, du liquide noir qui suppure dans des bocaux et qui se répand en sous-sol... Oui, c'est évident : il s'agit d'une vision allégorique de la pollution. On met un peu de mazout par ici (quelques centaines de millions de mètres cubes) et hop  ! Miracle de la physique, aussitôt ça dégueulasse toute la planète. Bien vu ! C'est joli, ludique, triste aussi.
    Hein ? Comment ? C'est pas ça du tout ? Ha bon... mais cékoidonk alors qu'il a voulu dire l'artiste ? Vite, ouvrons le catalogue de l'exposition. Irène, Madame le Commissaire, va nous éclairer de toute sa science :
     "Tous les récipients contiennent un liquide noir qui, selon le principe des vases communicants, s'écoule osmotiquement d'un récipient à l'autre à travers une série de tubes.
    Jusque là tout va bien, on n'est pas trop cons, on a bien vu la même chose. En revanche "osmotiquement" ça calme ! Ca c'est du mot qu'il est lourd. Tellement lourd qu'il ne veut rien dire. Vérifiez vous-même dans votre dico : ce mot est encore inconnu de la langue française. Mais bon, ne nous arrêtons pas à si peu  et poursuivons la lecture des explications :
    L'oeuvre dans sa simplicité ne semble pas dangereuse, si ce n'est pour sa fragilité  ou pour la possibilité pour le spectateur de se tâcher d'encre noire.
    Ha bé non, elle est pas dangereuse l'oeuvre, sinon on ne l'exposerait pas au public. Si ? Et puis depuis quand la fragilité est-elle dangereuse ? C'est intéressant comme concept ! Ha, c'est donc de l'encre de chine le liquide noir ? Mais on s'en fout un peu non ? Ca aurait pu être de l'encre de seiche, de la peinture noire, de l'huile de friture hyper sur-saturée ou tout autre liquide noir. Pourquoi de l'encre ? Tiens, lisons la suite, on aura certainement la réponse.
    Mais c'est justement cette possibilité [de se tâcher, NdTM] qui suggère l'inévitabilité d'une "contamination", le coeur de ce travail, que l'artiste a représenté comme une réflexion sur la paranoïa culturelle de la contamination par le Sida."
    Ha oui, vu comme ça c'est beaucoup plus clair. Le Sida... mwoui... si vous voulez. Mais pourquoi limiter l'interprétation au Sida en particulier ? Sans amoindrir les dégâts que cause ce virus, la grippe n'est-elle pas contagieuse elle aussi ? La contamination doit-elle avoir une lecture univoque ?  Et le concept de "paranoïa culturelle" me laisse on-ne-peut plus perplexe. De quelle culture s'agit-il ? Pourquoi pas une paranoïa sociale  ou collective ? Voire une paranoïa tout-court ? Hein ? C'est bien joli d'utiliser des expressions choc mais encore faut-il qu'elles le soient à bon escient et qu'elles aient un sens.  Ah oui, et tant qu'on en est à la table en verre, je ne trouve aucune explication sur le pourquoi du comment de l'encre de chine.  Si c'est bien du Sida qu'il s'agit, pourquoi n'avoir pas utilisé un liquide rouge à la place ? Du sang d boeuf, du sirop de grenadine, ou du jus de tomate par exemple. Ca tâche plutôt bien ça aussi. Car le Sida se transmet bien par le sang, et pas par contact avec de l'encre de chine, non ? Tiens, Irène n'a pas de néologisme de son cru pour nous expliquer tout cela...

    Quelques pas plus loin nous voici devant un parterre ou sont disposées des dalles de linoleum découpées à la main formant un cheminement en "v". Au mur sont projetées des silhouettes, et un hautparleur diffuse des chuchotements indistincts. D'accord d'accord... Au secours, ouvrons vite le livret explicatif, Irène à la rescousse ! Accrochez-vous, c'est de la bonne :
    "L'installation est une représentation populaire. Les trois éléments qui la composent -  le fleuve, le choeur et le son -  transforment le lieu en espace sacré. Le spectateur accepte la convention du rite et idéalement étend la dimension même du choeur.
    L'universalité de la situation est simplifiée par la contemporanéité des matériaux, comme si nous réussissions à regarder le présent en réduisant le temps qu'il contient. Le brouhaha de fond des jeunes filles, visualisées par l'artiste dans le dessin mural réalisé devient le grondement du fleuve, transformant l'eau en son et le fleuve en être.
    "
    Reprenons pas à pas ce pamphlet d'ésotérisme pur qui confine au grandiose, reléguant le Manifeste du surréalisme au rang d'une mauvaise chronique people dans Closer.
    L'installation est une représentation populaire. 
    Je crois qu'il manque des mots dans cette phrase. Une représentation populaire vous avez dit ? Populaire dans quel sens ? Je pose la question parce que ce mot en a plusieurs qui ne recouvrent pas exactement la même chose. Populaire au sens de "qui appartient au peuple" au quel cas on devrait se reconnaitre dans la mise en scène ? Hum, non... pas vraiment. Le linoleum, désolé, c'est nase et moi pas plus que mes coreligionnaires ne nous sommes reconnus là dedans. Ou alors populaire au sens de "qui est accessible au peuple" ce qui n'est guère flatteur pour le peuple. Le peuple - que dis-je, la plèbe ! - serait-il à ce point indigent qu'il faille - par une simplification outrancière - se rabaisser à son tout petit niveau pour qu'il entre dans la compréhension d'une oeuvre que l'on estimera à sa portée ? Merci pour cet élan de considération qui nous ferait presque prendre des vessies pour des lanternes. Du coup l'explication commence par une phrase aussi impénétrable que l'oeuvre qu'elle est censée décortiquer pour nous. Je sais pas mais je le sens assez mal ce coup là. D'ailleurs la suite nous démontre qu'Irène était fort inspirée ce jour là.
    Les trois éléments qui la composent -  le fleuve, le choeur et le son -  transforment le lieu en espace sacré.
    Ha bon ? J'ai du manquer un paragraphe là... Attendez je relis. Bé non... j'ai rien manqué du tout. Alors là, faut qu'on m'explique un petit peu, j'ai franchement du mal à suivre. Pourtant j'y mets toute ma bonne volonté. Je ne comprends pas en quoi un fleuve (même stylisé par des morceaux de linoleum marronnasses),  un choeur (des silhouettes sur un mur) et du son mis ensemble auraient la vertu de se transsubstantier en espace sacré. Et d'ailleurs, que vient foutre le sacré ici ? Parce qu'à ce compte là, prenons l'exemple volontairement trivial des pissotières publiques : de l'eau qui coule, des gens qui pissent ensemble, et parfois quelques sifflotements joyeux qui viennent ponctuer cette belle cérémonie, tous les ingrédients sont réunis. En voilà une belle cathédrale !
    Le spectateur accepte la convention du rite et idéalement étend la dimension même du choeur.
    Ok pour la fin : en me plaçant comme spectateur, j'agrandis l'espace de l'oeuvre en m'intégrant - à l'insu de mon plein gré - dans ce choeur virtuel, et alors même que je reste silencieux. Mwoué, admettons.  C'est peut être la partie la moins capylotractée de tout le livret. Faisons preuve de magnanimité envers Irène pour cette fois. La pauvre avait dû fumer son montblanc.
    En revanche, l'affirmation selon laquelle j'accepterais la "convention du rite" me laisse totalement circonspect.  En effet, sachez tout d'abord, chère Irène, que silence ne vaut pas acceptation. Le fait de me placer en observateur ne me conduit pas de facto à me positionner en acteur d'une situation bien particulière qu'est celle du rite. D'ailleurs je note l'expression "convention du rite". Mais de quelle convention parlons-nous ma chère Irène ? Et de quel rite ? Si j'en crois mon dictionnaire, le rite dans son sens le plus large, désigne un ensemble de pratiques réglées ayant un caractère sacré ou symbolique. Quelles sont alors les règles de ce rite ? Quel en est le rituel ? Se réunir autour de confettis en linoleum pour marmonner tous ensemble des borborygmes incompréhensibles ? Mais oui mais oui... et le raton laveur il met la tablette de chichon dans  le papier hallu !

    Vous croyez avoir atteint le somment ? Que nenni. Un bon conseil : bouclez votre combinaison en néoprène, on va franchir le mur du çon.
    L'universalité de la situation est simplifiée par la contemporanéité des matériaux, comme si nous réussissions à regarder le présent en réduisant le temps qu'il contient.
    Oui, je vous avais prévenu... Ca grimpe très fort. J'ai mal à la tête. Vite un aspirine...

    Alors le linoleum en termes de matériau contemporain, on repassera ! Ensuite le caractère universel de la situation, excusez moi mais je pige pas. Je sais pas vous mais personnellement me retrouver nez à nez avec un fleuve qui parle et du linoleum éparpillé, tout en ayant conscience de réduire le volume de temps contenu dans le présent, j'avoue que ce sont des expériences encore inédites...
    En réalité, j'ai peur de comprendre tout à coup : Irène et des copines à elle se réunissent régulièrement dans un hangar agricole et là toute la nuit elles sniffent de la colle en mâchouillant des morceaux de linoleum, bercées par de la musique d'un autre monde tellement hardos que même au technival il n'en ont pas voulu. Et là, forcément, elles réussissent à "regarder le temps présent en réduisant le temps qu'il contient". Parfois elles s'amusent à démontrer le dernier théorème de Fermat en gobant des shots d'acétone et de ricoré. Une vraie junkie cette Irène...
    Le brouhaha de fond des jeunes filles, visualisées par l'artiste dans le dessin mural réalisé devient le grondement du fleuve, transformant l'eau en son et le fleuve en être."
    Voilà ce qu'il se passe quand on sniffe de la colle à linoleum : on voit des choses bizarres...  D'autres qui sniffaient du cactus hallucinogène voyaient des mouches bourdonnantes et des anneaux partout. Elle elle voit un mur qui parle et un fleuve vivant. Ben oui. Il paraît  que les plus grands artistes plongent dans la drogue, que ça stimule leur créativité. Regardez par exemple Jim Morisson, John Lennon, Kurt Cobain... dans la drogue. Regardez inversement Lara Fabian : elle ne se drogue pas !

    Au final cette expo était davantage à visiter pour son livret que pour ses oeuvres, un peu décevantes comme je l'ai déjà expliqué car le lien avec l'eau nous est apparu très lointain. Surtout pour cette pauvre Irène qui - elle - n'a pas du en boire souvent, de l'eau !

    13 avril 2010

    MangaLand

    7 commentairess
    Dimanche après midi je me suis laissé traîner aux confins de la 4° dimension : le salon de la culture japonaise, qui se tenait pendant deux jours à l'Innopole de Labège. 15h30 on décolle, un petit tour sur la rocade et quelques quinze minutes plus tard, arrivés à destination, on se gare. Devant l'entrée le ton est donné : Naruto et je ne sais quel personnage gothique crament une clope pendant qu'une créature rose bonbon fait des photos au téléobjectif. Tout va bien. Passage obligé par les caisses, 10 €uros l'entrée, et hop, munis du sésame magique nous entrons de plein pied dans ce temple de la culture japonaise.

    L'ambiance est bon-enfant, bruyante, le public assez jeune, dans lequel se côtoient les geeks de trente piges en plein syndrome de Peter Pan, et une foule d'ados manga-ô-philes jusqu'au bout des ongles.

    On se balade un peu dans ce vaste fourbi coloré, propulsés dans un autre univers ma foi plutôt agréable. Le premier hall est consacré aux jeux vidéos. Mes instincts de gamer se réveillent à la vison de rutilantes bornes d'arcades des années 90 : Puzzle Bobble, Street Fighters, et autres shoot them up qui ont fait notre bonheur avant que de puissantes consoles viennent s'installer à domicile... Séquence rétrogaming !! Bon, on n'a pas trop résisté et on a fini par s'asseoir pour quelques parties (gratuites , le pied !) de je ne sais plus quel jeu de baston plutôt sympa dont je ne me souvient plus le nom. Mwaaa ! Quel plaisir de retrouver des sensations oubliées ! Et tenir un vrai bon joystick en main n'a pas d'égal (non, il n'y a aucun sous entendu salace !). Un peu plus loin un stand karaoké se déchaîne sur le générique du dessin animé Denver le dinosaure... mais le ridicule est un concept tellement relatif ici !
    Nous pénétrons dans le hall principal. On se croirait dans le supermarché du manga ! A perte de vue, des stands de marchandises diverses et variées : des mètres carrés de posters et affiches, des kilomètres de mangas, des montagnes de sacs, bracelets et autres colifichets de plus ou moins belle qualité à l'effigie des héros venus du japon. Les fans en ont pour leur compte ! Et à voir les poches pleines qui circulent il faut croire que les affaires ont été bonnes. Stef, que j'accompagnais, tombe en pâmoison devant une réplique du Death Note dont il finira par acheter un exemplaire. Quant à moi je craque sur une  très mimi Koopa Troopa avant de me résigner : elle n'est définitivement pas raccord avec mon intérieur. Tant pis ! Un peu plus loin on nous propose de refaire notre garde robe : robes gothiques, jolis petits bustiers, bas résilles venus d'une autre galaxie, il n'y a que l'embarras du choix !


    Oué je sais que j'aurais eu l'air trop chou dans cet accoutrement mais il n'y avait pas ma taille. Et puis d'autres le portent tellement mieux que moi ! Il faut parfois savoir renoncer... smileys Forum

    Le seul absent, ou sous-représenté, de ce salon : le japon traditionnel. Car si les phénomènes jeux vidéos et manga sont représentatifs d'une culture japonaise, celle-ci n'est pas réductible à cela. J'aurais aimé un espace davantage consacré au Japon ancestral, un peu plus zen quoi. Car du coup l'intitulé du salon s'avère un peu pédant. Mais bon, qu'à cela ne tienne j'y ai passé un agréable moment et je pense bien y revenir lors de sa prochaine édition.

    Hier en rentrant chez moi, j'ai fait un détour par le Jardin Japonais de Compas Caffarelli. La lumière était douce et l'atmosphère très calme, apaisante. Je devrais y passer plus souvent.


    So zen...