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    Affichage des articles dont le libellé est twitter. Afficher tous les articles

    6 janvier 2017

    Raisonner les réseaux

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    Depuis plusieurs mois je réfléchis à la question, mis sur la voie par plusieurs connaissances et certains amis qui suivent le même chemin. Aller vers plus de simplicité dans son rapport aux autres, moins d'artificialité, en réduisant l'utilisation des réseaux sociaux. 

    L'idée n'est pas de couper totalement cours à ces derniers mais d'en faire un usage raisonné et de revenir à des valeurs simples et sûres

    Cela commence par les applications de rencontres que j'ai purement et simplement éliminées de mon téléphone. J'ai bien encore mes profils sur tel et tel site mais vu que je ne me suis pas reconnecté depuis des mois et des mois, je ne sais même plus s'ils existent toujours. Et quoi qu'il en soit je m'en moque. Je connais mon travers de regarder toujours beaucoup plus loin que mon horizon immédiat. Privé de ces jumelles, je regarde donc autour de moi lorsque l'occasion se présente. Et il est vrai que les rues de Toulouse sont fort bien achalandées...

    Limiter l'usage de Twitter ensuite, dont je suis plutôt accro. Pour le coup il n'est pas question d'éradiquer l'oiseau bleu mais bien de lui donner une place raisonnable, notamment le soir où il m'est difficile de décrocher, étant souvent à l'affût d'une bonne vanne ou en pleine discussion avec tel ou tel twittos. Je sais surtout que je n'y étale pas ma vie par le menu, heure par heure, ni n'y égraine mes grognements de vieille mégère acariâtre à longueur de page, ce dont certains se sont fait une spécialité. Je twitte donc je suis ? Certainement pas...

    A cet égard, Twitter qui tend parfois à devenir un baisôdrome à ciel ouvert, m'agace de plus en plus. Les gens y exhibent le vide de leur vie à coup de photos - et maintenant de vidéos - aguicheuses. Les jeunes célibataires ou les grosses putes (ce sont parfois les mêmes) s'y reniflent outrancièrement le derrière au point que c'en est parfois gênant. Être beau rend populaire semble-t-il. La réalité démontre toutefois que cela ne rend pas pour autant intéressant.

    Grâce à Twitter pourtant, j'ai croisé de belles personnes que j'espère pouvoir rencontrer "en vrai" un jour ou l'autre. A l'instar des autres réseaux, Twitter est un bel outil mais qui ne fait pas tout. Je crois en la relation humaine, physique, en face à face, plus qu'à la vitrine virtuelle et souvent déformante qu'offre le web et derrière laquelle tout un chacun peut s'inventer une existence fantasmée.

    Le blog est (était ?) à cet égard un outil formidable sans être parfait et qui, inscrit dans la durée d'un texte long et signifiant, les commentaires aidant, permettait un véritable échange, loin de la simple "punch line" ou d'une répartie cinglante destinée à faire du ramdam. Je ne compte plus le nombre de personnes que j'ai pu rencontrer grâce aux blogs, souvent au terme d'une longue relation épistolaire, et dont certaines sont, depuis plusieurs années maintenant, de véritables amis.

    La question de Facebook ne se pose pas. J'y suis peu, ne m'y expose pas - la dernière photo y montrant ma frimousse doit remonter à plusieurs années - et poste essentiellement des âneries pour faire rire les copains, un peu toujours les mêmes d'ailleurs, que je vois régulièrement. Je pense à ma clique des mémères à chats de Toulouse, aux membres du Toulouse Carnet que j'ai toujours plaisir à revoir pour notre rendez-vous mensuel, à mes amis lyonnais dont j'ai revu certains pour nouvel An avec un immense plaisir, aux parisiens que je n'ai pas revu depuis des lustres, à ceux qui ont déménagé un peu partout et que je n'ai pas non plus revus depuis trop longtemps...

    Car au fond voilà ce qui m'importe vraiment : être avec mes amis, partager des moments avec eux, un peu de convivialité et de chaleur humaine, dans l'immédiateté et la spontanéité du quotidien... A trop s'éparpiller sur les réseaux sociaux à la recherche d'une notoriété virtuelle, je crois que l'on perd de vue cet essentiel que plusieurs milliers de followers ne pourront jamais remplacer. Sans compter le temps que l'on ne prend plus pour le leur consacrer.

    Couper les réseaux sociaux ? Certes non. Mais leur donner leur juste place pour que la vie réelle n'y perde pas au change.

    19 septembre 2016

    Colères (en réaction à l'alerte attentat du 17 septembre)

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    Cela ne m'arrive pas souvent, mais depuis samedi je suis assez furieusement en colère.

    Colère contre des "informations" que j'ai pu voir passer sur mon fil twitter samedi après-midi alors que j'étais afféré à chercher comment vanner un twittos aux grosses patounes et qui me le rend bien :
    "Potentielle prise d'otage à Etienne Marcel selon la police... quartier bouclé - mouvement de panique."

    Potentielle prise d'otage. Décryptée, cette affirmation dégouline de sensationnalisme et la recherche exacerbée du buzz. Potentielle, cela signifie que l'on n'en sait rien, qu'il n'y a aucune certitude, que l'information n'est pas vérifiable ou à tout le moins qu'elle n'a pas été vérifiée. Une information qui n'en est pas une, donc. Une rumeur, un bruit de couloir, un souffle putride au fond d'un chiotte mal nettoyé...

    De la merde.

    Colère parce qu'au moment où je répondais à cette flatulence nauséabonde, le twitt avait déjà fait l'objet de 48 rediffusions, touchant je ne sais combien de milliers de personnes. La panique véhiculée par ce même message indiquant un "mouvement de panique" appelant la panique, je ne sais combien de personnes ont paniqué en le lisant.

    Colère...

    Par la suite, le système Alerte Attentat mis en place par le Gouvernement signalait quant à lui, une intervention policière dans le 1er arrondissement de Paris et invitait la population à se tenir à l'écart. Le message évoquait « une intervention en cours des forces de l’ordre à la suite d’un attentat » près de l’église Saint-Leu. Simple, mesuré, efficace, véhiculant un message rassurant : certes il se passe quelque chose, mais la police est déjà là. Restez loin des lieux en question et continuez à vivre normalement. 

    Les informations devaient révéler, quelques longs instants plus tard, la fausse alerte et l’inexistence de la menace.

    Potentielle prise d'otage, donc...

    Colère ensuite contre ces petits cons qui, comme le relaye le journal Le Monde prétendent être à l'origine de cette fausse alerte.

    D'une part si leur affirmation repose sur l'espoir de récupérer le fait divers pour de la gloriole personnelle et ricaner de leur bonne blague avec leurs potes, c'est vraiment très très con.
    D'autre part s'il s'avère qu'ils ont réellement provoqué la fausse alerte pour faire le buzz et rigoler avec leurs potes, on touche le fond de la bêtise la plus crasse et du degrés le plus haut de l'inconscience égocentrique. J'espère dans cette hypothèse des poursuites judiciaires et une sanction exemplaire...

    Colère enfin contre nous tous, pendus à nos écrans, relayant, amplifiant, absorbant la rumeur et la crainte qu'elle véhiculait. Combien en ai-je lu en quelques minutes seulement sur mon fil twitter pendant que les sites des grands médias demeuraient taiseux ? Pendant ce temps, pris d'un mouvement de cyber panique, de nombreuses rumeurs sur les réseaux sociaux faisaient état de fusillades ou de prises d’otages dans une église, qui se sont révélées bien évidemment fausses, indique Le Monde dans le même article.

    Colère enfin contre nous-mêmes. Par ce que nos réactions démontrent que, quoi que l'on veuille en dire, et malgré nos bon mots, la peur nous tenaille et qu'il suffit d'un petit soubresaut pour faire frémir toute la fourmilière.

    Colère.

    5 août 2016

    Poésie automatique de l'Oiseau Bleu

    0 commentaires

    Bien dire
    by Tambour Major

    Promis 
    Hop ! Barbecue du samedi soir.
    Du gâteau au pommes chez des amis.
    Modifiant cette réponse pour voir.
    (tu en es la preuve vivante).
    Sport...
    Sais rien pour le dépôt de plainte.
    Des bisous de réconfort...
    Ils t'on lancé des cailloux ?
    Qu'un épisode de Sous le Soleil ?
    François en serait presque jaloux.
    Nuit petit colibri des alpilles.
    2 litres de café. Et toi la pèche ?
    Les plaisirs simples :)
    Généré automatiquement à partir de mes derniers Tweets par Poetweet.

    9 juillet 2015

    La vie mise en scène

    17 commentairess
    L'autre jour j'écoutais le prologue d'une émission de télévision consacrée aux réseaux sociaux dans lequel il était question de la mise en scène de nos vies.

    L'idée développée semblait être que dans notre société rongée par le culte de l'image, exacerbée par Twitter, Facebook, Instagram et autre SnapChat, nous serions conduits à nous exposer sous notre meilleur jour, à donner de notre quotidien une image merveilleuse, pleine de soleil, de rires, d'amis trop super géniaux, de plage de sable fin et de piscine à l'eau bleu turquoise, d'apéros extra fun, d'instants carte-postale dans une sorte de course effrénée à un bonheur qui se voudrait par essence démonstratif. Comme de beaux objets dans une vitrine, juste assez putassiers pour attirer le chaland, pour quelques followers de plus. 

    Je suis assez d'accord avec cette vision pour le moins cynique des choses et de l'hypocrisie massive que véhiculent les réseaux à cet égard. Il suffit d'y consacrer quelques secondes pour s'en rendre compte et croiser en moins de clics qu'il n'en faut pour le dire, tels des offrandes mystiques au Dieu Image et au culte de l'Apparence, une logorrhée de selfies autosuffisants tous plus souriants les uns que les autres. Et je ne parle même pas de cette abomination suprême qu'est la perche à selfie, instrument du diable s'il en est, à propos duquel je réclame au passage le pal en place publique suivi de l’écorchement pour quiconque en utiliserait un...

    Pour livrer le fond de ma pensé, je trouve cette tendance générale relativement insupportable, pour ne pas dire autre chose, surtout lorsque la vacuité du propos ne fait qu'enfoncer davantage la mercantilisation du plumage dans un magma obscène. La vulgarité étant, qui plus est, une arme facile mais redoutablement efficace pour capter l'attention d'un auditoire souvent narcissique en quête de son propre miroir. Likez moi Mon Seigneur !

    Est-ce un phénomène nouveau ? Se mettre en scène, vendre une image idéalisée de sa vie et de son bonheur ?

    Je ne le crois pas et suis au contraire persuadé qu'il s'agit simplement de l'expression nouvelle d'un phénomène très ancien, d'une attitude sociale extrêmement classique et banale qui trouve simplement dans ces nouveau outils un second souffle qui le pousse, de fait, à un niveau rarement atteint.

    Car il convient de ne pas oublier les règles de la convenance sociale qui dictaient naguère la manière de se bien comporter en société afin d'être bien vus, la peur du qu'en dira-t-on et tout le fatras lignifiant du regard social, de ce qui semble bien et de ce qui semble mal, de telle profession qui serait plus noble que telle autre moins valorisante, de tel quartier à ne fréquenter sous aucun prétexte ou qu'avoir sa résidence dans de tel autre serait le symbole de l'accomplissement social et donc, nécessairement du bonheur. Ce flot d'affirmations étant de tout évidence un monceau d'âneries.

    Oui, la réussite sociale, suivant bien entendu certains canons, a longtemps et est encore considérée comme l'archétype de l'accession à la félicité, suivant en cela un modèle bourgeois érigé en pilier dogmatique relativement inflexible malgré les vagues d'assaut qui lui ont été plus ou moins sauvagement assénés. Mais l'héritage culturel a la vie dure, quoique l'on tente de lui torde virulemment le cou... 

    La question sous-jacente et à mon sens l'un des enjeux cruciaux de notre temps, est de savoir se construire pour ce que l'on est et aime vraiment, plus que pour satisfaire aux attentes et aux préoccupation du regard social dont la force se trouve décuplée par les Twitter, Facebook, Instagram et autre SnapChat que j’évoquais tout à l'heure. 

    Si le carcan social pouvait en effet être jadis ou naguère étouffant, qu'en sera-t-il désormais ? Ma vie sera-t-elle assez swag en l'état pour mériter sa diffusion sans artifice sur Instagram ? Je me fais chier au boulot mais je mets une photo de moi super radieuse en train de faire l’andouille sur mon bureau... Wow la grosse éclate. 

    Après le règne de l’Être de l'Avoir, voici donc venu le temps du Laisser paraître et du Faire croire au l'on a. Comme dans un bon film, où tout le monde serait idéalement beau et parfaitement heureux. La meilleure illusion est celle qui, bien entretenue, se laisse confondre avec le réel. La prison sociale s'épaissit d'une nouvelle cloison...

    Et si on faisait péter tout cela ?

    6 janvier 2015

    Peut-on encore bloguer anonymement en 2015 ?

    12 commentairess
    Lorsque j'ai commencé à prendre mon clavier en juin 2007 pour y raconter ma vie (presque ordinaire), la question de protéger mon identité ne se posait pas. Ou peu. S'agissant d'un blog ouvert à l'aide de mon compte MSN, essentiellement pour quelques amis, je ne me suis pas tout de suite posé la question de l'exposition de mes écrits et de mes photos - car à l'époque il y en avait quelques unes.

    Ce n'est qu'après m'être fait prendre les doigts dans la porte par un employeur que je me suis soudainement rendu compte du danger que pouvait représenter la publication d'écrits libres et personnels sur internet.

    Ce soir là, voyant qu'un ordinateur portant la signature IP du boulot était en train d'éplucher mon blog - je m'en souviens comme si c'était hier, je fus pris d'un accès de panique, mettais le blog en mode privé et supprimais dans la foulée toutes mes photos et tout ce qui, d'une façon ou d'une autre, pouvait m'identifier. A cela j'ajoutais une légère retouche des textes afin de définitivement dissimuler toute indication de lieux ou de personnes trop précise. 

    L'avantage des écrits est leur durabilité. Inscrits dans le temps, on peut donc les lire, les relire et les décrypter à l'envie. Mais l'avantage des écrits, dont la photo fait partie, est aussi leur principal défaut : ils restent... 

    Depuis lors, je me suis copieusement abstenu de toute imagerie personnelle, arborant pour seule identité une bannière multicolore, ma signature depuis des années, et deux lettres de l'alphabet sur fond orange. Certes je me suis permis des apparitions dans un calendrier à plusieurs reprises, mais toujours à visage couvert. 

    Et au fond cette situation était pendant longtemps parfaite. Le blog constituait un déversoir efficace, un exutoire parfait. Ecrire, pour raconter n'importe quoi - comme cette recette de Tarte fine aux foies de taupe meringuée, monument de nawakisme, dont on me reparle encore aujourd'hui ! - faire mon auto-analyse, exorciser mes démons, ou coucher quelques jolis moments afin de les relire plus tard... Nous y revoilà : écrire dans la durée, ce qui me convient parfaitement. 

    Voici deux ou trois ans, je lisais des blogs, plus d'une centaine, qui publiaient plusieurs fois par semaine. Une fenêtre sur des vies, des blessures ou des joies. Parfois trois fois rien. Juste un sourire esquissé. Les commentaires allaient bon train qui alimentaient la discussion et ouvraient la porte à davantage.

    La lecture des autres m'a fait découvrir des personnalités attachantes, drôles, parfois troubles. Car, avec ou sans photo, l’accumulation des billets dessinait, en filigrane, le portrait de son auteur. Et c'est justement cette part de mystère, nimbée de connivence, qui motivait les rencontres entre blogueurs. J'en ai pour ma part rencontré beaucoup. Certains sont devenus des amis que j'ai plaisir à revoir régulièrement. 

    Et puis les choses ont évolué. 

    L'explosion du phénomène Twitter en particulier a changé la donne. Fini le billet, place à 140 signes. Au lieu d'un billet réfléchi, construit aux phrases tournées, on lâche quelques tweets en pâture, sans effort syntaxique particulier, si ce n'est la recherche effrénée du bon mot. Et puis c'est tout. L'anecdote qui naguère pouvait donner lieu à une petite page et être lue tranquillement en quelques minutes, se trouve passée à la moulinette de l'instantané. Symptôme des temps. Il faut aller vite. Lire vite. Connaître vite. On passe, on zappe, tu plais, tu plais pas, next ! 

    Dans ce contexte, l'image prend un sens accru. Qui n'a jamais followé quelqu'un pour l'unique motif qu'il/elle a l'air mignon/ne sur sa photo, indépendamment du contenu ? Réciproquement, qui ne s'est jamais étouffé en voyant le nombre de 'like' sous une une photo Instagram d'un joli garçon dévêtu alors que le cliché de votre thuya nain de micronésie pris lors de vos dernières vacances, ne récolte que de maigres éloges ?

    L'image, en ce qu'elle sollicite notre cerveau reptilien, participe de ce travail de l'instantané. Encore récemment, un twitteux me confiait ne jamais suivre des twittos sans photo, variante du "No pic no dial" de mise en d'autres lieux. Et j'avoue que cette remarque m'a beaucoup donné à réfléchir. D'autant que, dans la foulée, certains s'étonnaient de me voir apparaître le visage flouté lors d'une rencontre impromptue entre twittos à Lyon. Choix assumé, qui peut paraître débile. Je ne le trouve pas.

    Pour les raisons que j'ai évoquées plus haut, je ne tiens pas à m'afficher ouvertement, même si je me livre énormément dans ces pages. C'est le but, c'est un choix : que ma petite prose, désincarnée, soit lue par des yeux anonymes. Et je constate autour de moi que je ne suis pas un cas isolé.

    Twitter est surtout un outil de discussion, accessoire et simple prolongement du blog. Ce n'est pas sans conséquence. Le blog reste un vecteur privilégié d'expression, même si twitter est nettement plus facile. S'exhiber sans se montrer totalement, suggérer par couches successives, même si l'objectif premier n'est pas là. Je me considère donc comme un blogueur qui twitte.

    L'anonymat est aussi le gage de ma totale liberté. Et la liberté n'a pas de prix. Alors, pour longtemps encore, l'image passera par les mots.

    Il suffit d'ouvrir les yeux...

    1 août 2014

    Une rencontre au beau FiiiiiiX

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    Depuis huit ans que je blogue, je ne compte plus le nombre de personnes que j'ai pu rencontrer et dont j'ai fait la connaissance. Il s'agit essentiellement de blogueurs, parfois - en réalité assez rarement, des lecteurs. Certains sont devenus des amis plus ou moins proche, que ce soit la fine équipe des lyonnais, ou encore ceux de Bordeaux, l'immense ribambelle de blogueurs qui habitent Paris et ses environs immédiats et, bien entendu, les blogueurs toulousains que je voyais régulièrement, à diverses occasions.

    Tout en rédigeant ce billet, je relis, remontant le fil de mes archives, ceux plus anciens dans lesquels sont consignés le souvenir de ces rencontres. L'effet en est plutôt saisissant tant ces évocations font remonter instantannément un flot d'impressions et d'images : ce deux-mille feuilles de chez Hermé dégusté sur le parvis de Saint-Sulpice, cet apéro chez Fabisounours et son chéri, cette rencontre avec Tto, ce repas dans la citée de Carcassonne, mes escapades lyonnaises, cette belle lumière de fin d'après midi sur le vignoble de Vevey, et tant d'autres choses encore. 

    C'est d'ailleurs probablement la grande supériorité des blogs sur les autres médias sociaux auxquels on impute - à tort ou à raison, voyez mon  billet du 22 juillet dernier et les débats dans les commentaires - le déclin des premiers : conserver, en un tout cohérent, l'ensemble de ses écrits, contrairement à un tweet, noyé au mileu de milliers d'autres, tous aussi pressés. Le blog, lui, a le temps.

    Oui, j'ai rencontré pas mal de monde par le blog. Mercredi, c'était au tour de  FiiiiiiX et son chéri, en vacances à Montréal. C'est drôle de s'être rencontrés à Montréal, à 6000 Km de notre mère patrie. Cela me rappelle, contextuellement parlant, ces trois jours de janvier 2013 lorsque j'avais revu Poussin et son chéri à Buenos Aires. Mettre un peu d'extraordinaire dans son quotidien, ben c'est rudement chouette.

    Bravant le ciel menaçant qui nous a infligé quelques averses, dont nous sûmes faire fi avec cette arrogance naturelle dont seul les français sont capables, nous avons passé l'après midi à arpenter les sommets de la ville : la tour du stade, l'Oratoire Saint Joseph, puis le Mont Royal et son belvédère. Trois sommets, trois points de vues imprenables sur la ville.

    Encore une fois, ce fut une jolie rencontre, pleine de connivence, comme si nous nous connaissions depuis longtemps. Car si FiiiiiiX ne blogue pas, il twitte, ce qui engendre un premier degré d'interaction. Il alimente également un compte Instagram, ce qui ouvre une fenêtre supplémentaire sur son quotidien. De fait, nous n'étions pas réellement étrangers l'un à l'autre.

    Un blogueur écrivait sur son blog que "le virtuel est le vestibule du réel". Je ne sais pas si cette affirmation est vraie. Je crois même qu'elle est assez fausse, du moins si je l'entends comme son auteur. Non, le virtuel n'est pas un monde parallèle coupé du monde réel. Le virtuel n'est pas non-plus une enclave résiduelle au sein de laquelle les échanges n'ont vocation qu'à être limités. Je crois, au contraire, que le virtuel est le prolongement - aujourd'hui naturel - du monde réel, comme une branche l'est à un arbre. Où s'arrête l'arbre, où commence la branche ? Ce nouvel épisode en est une démonstration supplémentaire.
         
    Oui, c'est vraiment chouette les blogs.

    5 juillet 2013

    Les sourires du soir

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    Au milieu du cloître des Jacobins, quatre cyprès se dressent en sentinelles éternelles. Le vert de l'herbe se fait plus dense alors que le jour se retire dans le silence dévolu aux lieux. Et pourtant aujourd'hui, les pierres séculaires ne sont que murmures et bruissements. La brique fière de ces visiteurs d'un soir se pare de pourpre avec ardeur. Les chapiteaux  font mine de se taire du haut de leur piédestal et les hirondelles dansent en signe de bienvenue. Nous nous asseyons, attendons, que le calme s'installe.

    Soudain une voix retentit. C'est Borges qui nous emporte dans ses Fictions vertigineuses. L'esprit de Don Quichotte plane sur les murs de corail absurdes avant que les allées du cloître ne nous transportent au coeur de l'oppressante bibliothèque de Babel.

    La lecture s'achève et ce court voyage extraordinaire avec lui. Je rouvre les yeux comme l'on sort d'un rêve. A moins que ce ne soit un autre qui ait rêvé à ma place...

    En sortant, je profite d'un stand librairie pour me procurer ce livre dont on vient pour moi d'entrouvrir quelques pages. Et le sourire aux lèvres je n'ai qu'une hâte : rêver à nouveau de ces labyrinthes merveilleux.

    Du rêve au rêve, il n'y eut qu'un pas. Dès le lendemain je me laissais à nouveau conduire par ma copine Nadia au Casino Barrière, que je découvrais par la même occasion. Beaucoup de poésie, un univers quelque part entre Burton et Jeunet, Oyster, un spectacle formidable autour de l'histoire de l'enfant huître. Ni vraiment triste, ni vraiment gai, un monde entre deux mondes, perdu certainement dans son propre labyrinthe intérieur.

    Porté par la magie de la danse et du théâtre, je me suis ennivré jusqu'à l'étourdissement de cette ambiance douce-amère, prolongée un peu plus loin autour d'une coupe de champagne dont les bulles accomodèrent parfaitement, ce soir là, la pétillance de notre conversation.

    Quelques jours plus tard, j'ai le plaisir de m'asseoir en la toujours bonne compagnie de NekkoNezumi et Enflammée au fond d'une cour bariolée de lampions multicolores. Un petit courant d'air frais nous apporte l'odeur du jasmin en fleurs empruntée au jardin voisin. Dans les assiettes, mille délices attendent de surprendre nos papilles alanguies. Dans les verres la mousse se fait bière et le vin prend des reflets de saphir. Nos conversations enjouée égrènent le chapelet du temps. Mystère joyeux, assurément.

    Le ciel impassible se drape de violine et sur cette main tendue sur nos têtes dansent les premières étoiles. Avant de partir nous faisons une dernière fois les imbéciles avec nos joujoux technologiques. Bienheureux, nous rions.

    Quelques pas dans la rue, je fais un bout de chemin avec mes comparses que j'abandonne au détour d'une station de vélos. Nous nous disons au revoir, en échangeant un dernier sourire.

    Ma vie presque ordinaire...

    2 juin 2013

    Clavardage dominical d'un blogueur en panne d'inspiration

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    Voici treize jours que je n'ai rien publié ici. Qui, hormis mon petit ego, s'en souciera vraiment ? A qui ce silence aura-t-il fait l'effet d'un manque insoutenable ? Soyons honnêtes trois secondes : personne, à part moi, car je n'aime pas voir ce petit bout de toile s’effilocher par non-usage. Depuis six ans - déjà ! - que je blogue, j'ai toujours mis un point d'honneur à ne pas laisser dépérir ce calepin virtuel dont je demeure, ne vous en déplaise, le premier lecteur.

    Treize jours donc que je n'ai pas alimenté ce blog. Faute de temps, un peu. Faute d'envie, aussi. Faute d'inspiration, principalement. Faute de sujet suffisamment mûr, par dessus tout.

    Oui, avoir quelque chose à dire est une chose. Savoir comment l'écrire en est une autre. Et de manière générale je n'aime pas écrire à la va-vite. Au contraire, l'écriture est pour moi un moment de plaisir. Le choix des mots, la construction du récit, le balancement des idées, l'articulation du texte. J'aime ce travail qui me pousse parfois à réécrire plusieurs fois une même phrase pour la simple raison que sa sonorité ne me convient pas...

    Bref, je ne vais pas faire semblant de n'avoir rien à dire pour prétexter un billet vide. Car en réalité il ne m'est pas arrivé grand chose de particulièrement exaltant depuis le 20 mai dernier. 

    Si, tout de même, il y eut cette jolie rencontre d'un joyeux twitter lyonnais qui a la particularité de mesurer plus de un mètre cinquante sept, ce qui en soi est suffisamment rare pour mériter d'être signalé. Un soir de pluie, place du Capitole, dans l'un des beaux cafés abrités par les arcades. Quoique nous ne nous connaissions pas depuis très longtemps, le contact fut immédiat, comme à chaque fois que le monde virtuel prend chair autour d'un verre ou d'une tablée. Preuve indéniable que les échanges par réseaux sociaux ne sont pas que pure artificialité. La soirée passait en un éclair et la conversation filait encore bon train lorsque nous dûmes nous séparer entre deux averses. Il faudra que je m'organise une virée à Lyon pour revoir tout ce petit monde (sans mauvais jeu de mots).

    Quelques jours plus tard j'eu l'immense plaisir de faire la rencontre de Loup, venu de son Grand Nord en terres méridionales à la quête d'un soleil qu'il ne trouva pas. Loup, je suis son blog depuis assez longtemps, pratiquement ses premiers pas. C'est quelqu'un que j'aime lire et avec qui j'aime discuter sur twitter. Mais comme tout un chacun sait, le loup observe beaucoup plus qu'il ne se montre. Aussi, lorsque je reçus un mail  dans lequel il me demandait s'il était possible que nous nous rencontrions, ma réponse fut instantanée.
    "Tu verras, m'avait-on prévenu, il est très timide et plutôt réservé". Là encore le contact fut immédiat. En lieu et place d'un Loup apeuré, j'ai j'ai eu un immense plaisir à découvrir une véritable pipelette, drôle, fin et spirituel, exactement à l'image que je me faisais de lui à la lecture de son blog et de nos échanges sur twitter.  Encore quelqu'un que j'aurais grand plaisir à revoir, avec un peu plus de soleil peut-être. Ce fut une belle rencontre, comme beaucoup de celles que j'ai faites depuis mes débuts de blogueur.

    A propos de tout autre chose, j'ai été fortement ému par les images du mariage de Montpellier. Peut-être pour la première fois, et vivant l'événement en direct sur mon écran d'ordinateur, je me suis senti concerné, vraiment. Oui, un jour moi aussi je pourrai le dire ce "Oui" qui engagent deux personnes dans les liens du mariage. Moi aussi un jour je pourrai donner un cadre légal solide à la vie que j'aurai décidé de partager et construire avec un autre garçon que j'aimerai. Mais je n'en suis pas encore là...

    Voilà... Comme vous vous en rendez-compte, ce billet est un peu décousu. Mais rassurez-vous. Je me rends compte que le nombre de mes billets augmente sensiblement lorsque mon esprit travaille trop en raison de soucis qui me préoccupent.

    Voyez en mon silence relatif le signe que je vais plutôt bien.