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  • 7 juin 2018

    Les uns avec les autres

    Avec le mois de juin s'ouvre la période des Marches des Fiertés qui auront lieu un peu partout en France et dans le monde. Dans deux jours aura lieu celle de Toulouse et l'édition de cette année sera pour moi un peu particulière car, pour la première fois, je ne défilerai pas à pied parmi la foule, mais sur l'un des chars.

    C'est une remarque que je me suis faite tout à l'heure avec une petite pointe de vertige. Non pas qu'il s'agisse d'un accomplissement mais je confesse une pointe de fierté personnelle, en regard du chemin parcouru depuis ces dix dernières années. Depuis que je tiens ce blog et que ma vie arc-en-ciel a commencé...

    Le char en question sera celui des Tou'Win, l'équipe de rugby Gay-Friendly de Toulouse. Des hétéros qui jouent au rugby avec des homos. Une équipe de rugby loisir comme les autres qui s'entraine et se bat avec pugnacité et succès. Comme le dit son président, le respect, l'équipe le gagne sur le terrain, à la sueur du maillot et au nombre d'essais marqués à la fin du match. Et une fois balayés les préjugés, nous sommes une équipe comme n'importe quelle autre équipe, qu'importe nos individualités. 
     
    C'est peut-être une chose que l'on oublie parfois un peu vite lorsque l'on milite : avant de convaincre il faut d'abord apprivoiser. L'art de la conviction procède nécessairement d'une part de séduction.

    Au fond c'est, mutatis mutandis, comme cela que je comprends et que j'ai reçu l'exposition d'Olivier Ciappa "Les couples de la République", régulièrement vandalisée par des groupuscules extrémistes. Tout récemment encore elle était qualifiée d'homophobe car elle serait invisibilisante en ce qu'elle montre des personnes hétérosexuelles singeant l'homosexualité, gommant de ce fait les personnes homosexuelles du paysage.

    Cette critique tient, à mon sens, à l'ignorance de la différence entre signifiant et signifié, entre le signe et le symbole, qui n'est pas que rhétorique. Or c'est justement là, dans ce jeu de la transposition, que se trouve l'habileté de la démarche.

    Si la critique est ridicule, l'idée de l'exposition est en effet, au contraire, excellente : montrer des couples imaginaires composés de visages connus du grand public. Des personnalités ancrées dans le paysage médiatique et appréciées pour ce qu'elles sont, ce qu'elles véhiculent de positif. Des visages familiers qui font un peu partie de la famille. Apprivoiser, donc.

    Transposées dans un contexte LGBT l'image qui s'adresse en premier lieu à l'intelligence, interroge : Et si cette photo c'était vraiment eux, qu'est-ce que cela changerait ?

    Et au second plan cette deuxième flèche qui accentue encore la mise en perspective, laissant ouverte la porte des possibles : Et d'ailleurs toi qui regarde cette photo, qu'en sais-tu vraiment de leur orientation sexuelle ? Rien, évidemment...

    Contrairement à ce que l'on peut lire ici et là - notamment sur Twitter - venant de groupuscules d'excités de l'acronyme et du micro-repli sur soi, les revendications LGBT ont et auront toujours besoin des autres et des hétérosexuels en particulier, pour avancer. Parce que l'union fait la force, parce que les hétéros ne sont pas des homophobes oppresseurs privilégiés par nature. Parce que diviser n'a jamais permis de mieux régner et que l'exclusion, au motif d'un entre-soi que l'on prétend protecteur, est l'antithèse même de toutes les luttes LGBT menées avec opiniâtreté depuis des décennies.

    Au contraire. Montrer au commun des mortels qui en douterait encore que les personnes LGBT sont des personnes comme les autres. Les amener à comprendre que le danger relève du fantasme et que les craintes sont infondées. Les conduire vers la tolérance. 

    Cela s'appelle l'éducation.

    Alors marchons. 
    Les uns avec les autres.

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