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  • 7 juin 2012

    Un week-end à Bilbao

    Pour les Toulousains, aller en Espagne est l'enfance de l'art. Quelques petites heures d'autoroute suffisent à franchir les Pyrénées, quelques petites heures sur le chemin des vacances. Si Barcelone l'extravagante est, à juste titre, une destination privilégiée, je préfère le côté sauvage et encore relativement confidentiel du Pays Basque, San Sebastian, Bilbao et leurs environs.
     
    Au début des années 1990, après avoir connu un âge d'or exceptionnel après la mort de Franco, Bilbao était sur le point de devenir un sinistre cloaque industriel agonisant dans les eaux saumâtres d'un Nervion croupissant. Un véritable désastre urbain. J'en ai de rares mais peu reluisants souvenirs de ma lointaine enfance et n'y suis pas revenu pendant des années. Aussi, quelle ne fut pas ma surprise, à l’orée des années 2000, de découvrir une ville métamorphosée. Une totale résurrection qui a dû se payer au prix fort.

    Depuis, je retourne assez régulièrement à Bilbao. C'était encore le cas il y a quelques semaines, à l'occasion d'un long week-end passé chez des amis.

    Le beau temps n'était pas vraiment au rendez-vous. Le long du port, de la bruine, un épais brouillard qui écrase la ville, et le soleil qui n'est plus que l'ombre de lui même.


    La ville elle même ne présente rien de bien extraordinaire. Bilbao est une belle métropole, dynamique, dans laquelle on se sent bien. Elle possède ce je-ne-sais-quoi, un brin de charme, qui la rend très agréable même sous la grisaille.


     L'architecture en est assez hétéroclite, qui alterne des bâtiments des années 1970, d'autres de style plus victorien en raison d'une influence anglaise dont je n'ai pas bien compris l'origine, et des constructions ultra modernes globalement très réussies.


    Il n'y a pas de monument particulièrement notable, hormis peut-être la statue du Sacré Coeur, érigée par Franco. C'est à peine étonnant qu'un petit bonhomme colérique et teigneux ait fait construire un phallus géant. Certainement faut-il y voir une façon de compenser un léger complexe anatomique ?


    Parmi les constructions contemporaines figure bien évidemment le Musée du Guggenheim, figure emblématique de Bilbao. J'aime beaucoup ce Musée. Dédié à l'art contemporain, il est une oeuvre d'art à lui tout seul. Depuis la rive opposée, on peut l'observer à loisir se refléter sur l'onde tranquille du Nervion.

     
    Le Guggenheim est un de mes passages obligés à Bilbao. Depuis son ouverture, je crois qu'il ne s'est pas passé une fois sans que je n'aille y passer au moins une petite heure.

    S'il y avait une seule chose à garder de ce musée, ce serait certainement la galerie qui abrite les œuvres monumentales de Richard Serra.

    Déambuler lentement, se perdre, se laisser apprivoiser par les gigantesques parois métalliques de ces tores et ellipses qui distordent l'espace, est une expérience à la limite de la sensorialité. Le simple fait d'avancer de quelques pas à l'intérieur de ces œuvres me plonge immédiatement dans un état un peu second, à l'écart du temps et de l'espace. Se laisser faire, et perdre pied.


    C'est assez étrange en réalité. J'en suis venu à la conclusion que nous ne sommes plus habitués à des espaces courbes. Nous ne supportons plus, ou difficilement, que notre horizon soit perturbé par une ligne qui casse le point de mire. L'espace courbe est "tendu". Cela pourrait même devenir oppressant si le lieu n'était pas habituellement baigné d'un calme un rien mystique. Souvent d'ailleurs j'abandonne subrepticement mes compagnons de voyage à l'entrée du musée pour m'offrir ce plaisir quelque peu solitaire.

    Comme d'autres lieux, qui se prêtent à une contemplation quasi-méditative celui-ci devient particulièrement insupportable en présence de marmaille glapissante et agitée qui court dans tous les sens. Heureusement, ce jour là, il se trouvait un couple de parents exemplaires qui tenait sa progéniture d'une main de maître.

    La seule chose qui manquât réellement fut le soleil. Et un peu de liberté aussi pour aller flâner de mon côté et courir dans les jupons des garçons sensibles dont le charme ibérique est sans égal...

    Malgré tout, ce fut un joli week-end, reposant, à l'ombre des parapluies.

    Et l'essentiel était bel et bien là.

    11 commentaires:

    1. Le Guggenheim est magnifique, avec toute cette volupté. Belles photos!!

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    2. la dernière fois qu'on avait prévu d'y aller, on s'est arrêté à San Sebastian!

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    3. "L'essentiel était bien là"... ET PAF ! De la bière!

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    4. Magnifique article. Merci, je suis comblée. La palme pour le musée Guggenheim, à mon avis la plus belle œuvre de Frank Gehry.

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    5. Un instant j'ai cru que je te tenais la main ...

      Et j'ai bien aimé notre voyage. Pardon, j'aime ta façon de raconter ...

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    6. Les garçons sensibles portent des jupons ?? Va falloir que je revisite ma garde-robe, moi !

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    7. Coïncidence je traite du même pays dans mon dernier billet... mais pas du même coin (il s'agit de Barcelone). Il y a des points communs: je fus frappé par l'architecture, c'est superbe: de l'ancien bien rénové allié à du moderne, c'est vraiment agréable à voir... Pour ma part c'était le grand soleil, l'impression d'être en été, et les Espagnols ne semblaient pas tristes malgré les difficultés éco.

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    8. Ah ben bravo, dès que j'ai le dos tourné, hop, tu me trompes. Suis déception, mais déception...

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    9. Hier, en lisant le long et "nourri" article du Fig.Mag immédiatement j'ai pensé à vous/toi...Merci pour votre/ton blog si bien écrit!
      Françoise, une fidèle lectrice de l'ombre...

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    10. @ Alban : Oui, le bâtiment est vraiment une réussite, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur.

      @ Nigloo : C'est joli San Sebastian aussi.

      @ PascalR : Nan ma brave Lucienne, l'essentiel c'était l'amitié, le temps passé ensemble, toussa...

      @ Krn : Je ne connais pas les autres réalisations de Gehry. IL faudra que je me renseigne.

      @ Stephan : Alors laisse toi donc faire...

      @ Loup : Rhalala... les notions élémentaires de powésie vous échappent très cher :)

      @ Anthonygay : Ha mais les Espagnols... Les Espagnols...

      @ Deef : Fallait pas me laisser tu vois. Il est beau le résultat !

      @ Françoise : Ben, c'est le type de commentaire qui me fait extrêmement plaisir ! Mais, il ne faut pas hésiter à sortir de l'ombre. Les petits animaux de la forêt magique sont gentils ;)

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    11. je ne connais pas Bilbao et il y a un petit moment que je m'interroge sur cette ville pour y passer quelques jours... Gagné l'ami, tu m'as convaincu sans l'avoir voulu ! Bravo !

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