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  • 16 mai 2016

    La vie ennuyeuse d'un blogueur - En réponse à @Seb_stbg

    Seb publiait il y a quelques jours sur son blog un billet qui m'a fortement interpellé et auquel j'ai pour l'essentiel répondu chez lui.

    Seb écrivait en substance qu'avec le temps, notre vie se posant sur des branches chaque jour plus solides et moins sujettes aux ondulations venant en perturber la quiétude au bénéfice d'une tranquillité accrue, l'envie de bloguer s'émoussait progressivement, la banalité de la vie n'apportant pas, selon Seb, des sujets dignes d'intérêt.

    Effectivement, non, ce n’est pas simple d’écrire un billet de blog un minimum construit et personnel digne d’être publié. Lorsque l’on commence à bloguer (10 ans bientôt en ce qui me concerne), c’est un peu comme en amour : on est tout feu tout flamme, on essaie, on teste, on s’en donne à cœur joie, on a plein de trucs à dire et on les dit, avec plus ou moins de maladresse, celle des débuts. Souvent l’ouverture d’un blog coïncide avec un moment de sa vie où l’on a besoin de dire des choses, de verbaliser certains maux, certaines souffrances, d’exorciser certaines peurs, de partager des expériences heureuses comme des premières amours, ou malheureuses. Cela est d’autant plus facile que le champ est libre, tout est à écrire, tout est à faire, les pages blanches ne demandant qu'à être abondamment noircies.

    Avec le temps, forcément, chacun évolue, à son rythme. La plume s'affirme et la fonction du blog évolue parallèlement. Certaines étapes de la vie sont à cet égard déterminantes : entrée dans la vie active, se caser avec quelqu’un et construire une petite vie tranquille… Surtout, l’écriture permet une certaine forme d’analyse qui profite aux expériences suivantes. Peu à peu, de par les vertus cathartiques de l’écriture, les maux s’apaisent au profit d’une autre forme de sérénité.  Le besoin d’écrire devient autre. Il faut alors se laisser guider pour ne pas perdre le fil des mots et prendre le temps de les laisser germer.  Une semblable rupture est nettement visible chez moi lorsqu'en 2012 mon activité a diminué de moitié assez brutalement, faute de temps et aussi parce qu’une étape importante de ma vie professionnelle venait d’être franchie. Certaines angoisses ont alors disparu, alors que d’autres perdurent encore.

    Ecrire, c’est d’abord un plaisir. Un bonheur de jouer avec les mots pour parler à maux couverts de soi, partager des expériences, ses joies, ses peines, ses interrogations, ses petits bonheurs... Il faut du temps pour écrire. Et de l’envie aussi. Et puis les réseaux sociaux, twitter en particulier, sont de redoutables ennemis du blog : là où une jolie idée pouvait donner lieu à 140 lignes lisibles en quelques minutes, la voilà réduite à 140 pauvres signes survolés en quelques secondes. 

    Notre vie ennuyeuse et banale serait donc indigne d'intérêt ? Qui peut se targuer d'avoir une vie réellement extraordinaire ? La mienne n'a rien de particulièrement original. Je bosse, j'ai des amis, je sors un peu, je vais un cinéma, je fais du sport, je mange, je grogne, je me brosse les dents le soir, comme des millions de personnes. Bloguer est donc aujourd’hui avant tout une question d’envie, de volonté et par dessus tout de plaisir. Et je me bats régulièrement pour que ce petit bout de moi sur la toile ne sombre pas sous la poussière. 

    La fraîcheur dont il est question dans le billet de Seb et dont j'ignore si mes écrits sont réellement imprégnés, vient non pas de mon quotidien mais probablement davantage de cela : d'une façon d'être et de regarder ce qui m'entoure avec un regard simple et neuf de cet enfant de bientôt trente-huit ans qui reste encore aujourd'hui émerveillé par une coccinelle en train de gambader sur une fleur, qui aime faire copain copain avec des chevaux rencontré au gré d'une promenade et qui, à l'occasion, peut être ému aux larmes par un beau coucher de soleil. Ces petits riens qui, mis bout à bout, forment le vaste puzzle d'une vie (presque) ordinaire, puisque tel a toujours été l'intitulé de ce blog, sans recherche effrénée d'une quelconque mise en scène.

    Toutefois, parce que chaque individualité est singulière, chacun racontera à sa façon et d'une manière différente, selon des mots qui lui seront propres, les petites aspérités de sa vie quotidienne et portera son regard là où le notre ne se serait peut-être jamais arrêté, à l'instar du photographe qui, à chaque coup d'obturateur, capture un instant, une lumière, une ambiance, des gestes, des attitudes, des perspectives selon des critères qui lui seront propres et qui feront de cette photo un cliché unique, même si le sujet lui-même a déjà  été photographié mille fois. Au fond qu'importe...? La vie est un éternel recommencement et quoique nous nous efforcions de soutenir le contraire, nous marchons dans les pas de ceux qui nous ont précédés. 

    11 commentaires:

    1. J'aime vraiment beaucoup ta conclusion. Je n'aurais pas écrit autre chose. Très bel article.

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      1. Tu l'aurais dit avec tes mots et ta si belle plume qui nous manque...

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    2. Un beau billet doux à souhait

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    3. Maux couverts c'est voulu ? Sinon, c'est un joli lapsus :)En tout cas, j'espère que tu continueras encore quelque temps à écrire.

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      1. Oui, c'est voulu, je trouvais ce contre-emploi piquant et parlant.

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    4. Cela me parle bien sûr. Dans un couple il y a les 7ans peut-être les 10ans dans la vie des bloggueurs ;) Tu as bien résumé tout cela, nous ne sommes pas de simple doigts sur un clavier;) La sagesse des anciens des blogs. On devrait fonder une association :)

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    5. Ton texte me touche beaucoup, car il fait écho à certaines de mes propres réflexions. Comme toi, je blogue depuis 10 ans, et comme toi j'ai eu de gros passages à vide. Il y a un peu plus d'un an, j'ai pris la décision de me remettre régulièrement à cet exercice, et c'est sans aucun doute la meilleure décision de vie que j'ai prise ces derniers temps.

      Il y a une authenticité certaine dans tes mots qui me plaît, car proche de ma vision du blog, et éloignée des tendances actuelles de blogs uniformes et monétisés. Je suis ravie de lire qu'il existe toujours des blogueurs qui sont là pour le plaisir, pour le partage, et qui trouvent de l'intérêt à l'exercice même en racontant des moments "ordinaires".

      Finalement, peu importe l'extraordinaire ou l'innovation, ces moments-là ne sont peut-être que des prétextes à continuer cette écriture introspective dans laquelle on puise une certaine énergie de vie. Et dans laquelle tes lecteurs trouvent de l'intérêt aussi, preuve que même 10 ans après, l'échange peut toujours être aussi riche.

      Merci d'avoir exposé ton point de vue qui me conforte dans ma propre démarche :)

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    6. Je m'ajoute aux félicitations.

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    7. En neuf ans, je n'ai jamais ressenti de lassitude et m'efforce de produire chaque jour. Écrire (bien ou mal), c'est vivre. Persister, c'est respecter celles et ceux qui viennent chercher dans nos blogs une alternative aux médias formatés, y compris LGBT (je déteste les sigles !). Vous livrez là un fort beau billet. Oui, vive les blogs !

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