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  • 23 octobre 2016

    Petit à petit

    23 commentairess
    Petit à petit je retrouve une silhouette tolérable. Lentement mais sûrement, au gré d'un effort et d'une surveillance constants de ce que je mange. Contrôler les emballages pour traquer les sucres et les graisses inutiles, débusquer les calories superflues cachées là où on ne les attendait pas.

    A l'instar d'autres blogueurs qui suivent le même sentier sinueux, il ne s'agit pas tellement de suivre un régime à la mode mais de faire attention à ses réels besoins énergétiques.

    Manger équilibré, varié, de manière ludique, sans perdre le goût de cuisiner un peu ni, à l'occasion, de me faire plaisir en buvant un peu de vin, quelques un verre d'alcool (comme ce whisky dont parlait naguère le FalconHill) ou m'empiffrer de bouffe sale sans culpabiliser. Car merde quoi... 

    Mon objectif n'a jamais été de perdre dix ou vingt Kilos en quelques semaines mais bien de dégraisser le mammouth progressivement et, surtout, durablement, sans perdre l'énergie dont j'ai besoin pour affronter mes journées. Alors je prends mon temps.  Et je ne me pèse pas tous les jours, ni toutes les semaines. C'est trop désespérant.

    Depuis quelques temps j'essaie d'éradiquer totalement les glucides le soir. Pas simple. Au début mon estomac et mon corps réclamaient. Il a fallu les dompter. Je crois y être parvenu, plus ou moins. 

    Au final, en quelques mois de vigilance, j'ai perdu environ six Kilos, contrebalancés par une petite prise de masse musculaire liée au sport. Non pas que je fasse du sport à outrance en mode gym-queen l'intégrale des albums de Madonna à fond dans les oreilles (j'ai essayé, mon casque ne tient pas... hu hu hu), je n'en ai hélas pas le temps. Mais le peu que je fais, j'y vais en mode gros bourrin, histoire de me cramer complètement, d'en ressortir vidé, les artères chargées d'endorphines. Cela fait du bien. On se sent vivant après un effort intense, chaque fibre musculaire sollicitée s'animant alors d'une énergie nouvelle. Cette sensation est grisante... Ne pas l'éprouver dans la semaine me manque. 

    Les premiers signes tangibles de cette démammouthification ont été les pantalons qui devenaient trop grands et le besoin corrélatif de serrer la ceinture d'un cran supplémentaire. Puis l'autre jour j'ai remis pour la première fois depuis plusieurs années, un jean que je m'étais résolu à ne jamais plus porter et dont la taille pourtant m'avait déjà donné le tournis lorsque je l'avais acheté.
    Et puis ce matin, quinze jours après ma dernière pesée, ma balance affiche deux kilos de moins. Ça m'a fait tellement plaisir de lire que mes efforts étaient bel et bien récompensés. Une petite victoire de plus.

    La guéguerre sera encore longue, mais les premiers résultats sont là !

    19 octobre 2016

    Illégitime

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    Je croyais que la sensation bizarre de ne pas être à ma place dans mon boulot venait de l'ambiance méphitique du précédent et dont je suis parti après avoir sévèrement pété les plombs. Pourtant, quatre mois après avoir changé, c'est le même constat : je ne me sens pas légitime dans ce que je fais.

    Plus exactement, je ne me reconnais pas dans ce boulot. Ses préoccupations me sont lointaines, l'essentiel m'échappe. Je ne me sens pas en phase. Un peu comme si l'on demandait à un chirurgien orthopédique de veiller à la couleur des draps de la salle de réveil ou de se préoccuper du parfum des produits désinfectants des couloirs du 1er. Lui il s'en carre, et il a raison.

    Moi non, je suis obligé de m'attarder sur ce genre de problématique pour ne traiter que de très loin ce que je croyais - manifestement à tort - être le cœur de métier, ce pour quoi j'ai étudié de longues années et qui me passionne réellement.

    Outre que je me sens un peu infantilisé, à toujours devoir rendre compte, à être régulièrement pris de haut par ma boss qui a pour elle son ancienneté et son expérience, ce dont je suis parfaitement conscient et que j'estime à sa juste et haute valeur, mais à qui la rigueur technique n'est pas la première des qualités... Nous avons deux façons de travailler assez différentes.

    J'ai probablement été mal habitué par le passé, à travailler en délégation totale, surveillé de loin, donnant pleine et entière satisfaction, avec une marge de manœuvre immense et une juste considération pour mon travail.

    C'est une sensation bizarre que de ne pas se sentir à sa place. De faire un boulot pourtant socialement valorisant mais qui ne procure que peu de satisfactions personnelles. C'en est parfois même décourageant. 

    En Février dernier j'avais amorcé un processus qui devrait me conduire à un ajustement de carrière dont je sais qu'il me sera salutaire. Dans quelques semaines les dés en seront jetés. Ce sera pile ou face, même si j'ai de bons espoirs que le résultat me soit favorable.

    Il faut que ça change.
    Croisez les doigts pour moi - et faites des nœuds avec le reste ! 

    15 octobre 2016

    La photo du mois : Le Silence

    15 commentairess
    Bonjour à tous, nous sommes le 15 octobre et c'est l'heure de notre rendez-vous mensuel avec la photo du mois.

    Je vous rappelle tout d'abord le principe du jeu : chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Le thème de ce moi d'octobre a été choisi par Sinuaisons qui nous propose : Le Silence.
    "Espaces vides, instruments de musique au repos, bébés endormis, langage des signes, panneaux d'interdiction, tout est bon pour parler du silence en images :-)"
    Il est bien périlleux de parler du silence avec une simple photo qui, en elle-même, est bien silencieuse.

    Voici donc ma photo, prise à l'opéra de Toulouse la semaine dernière, au moment où la lumière décline, juste avant que la salle ne soit plongée dans le noir et que, pendant ce temps, simultanément, le silence se fait, entre toussotements gras, narines qui jouent une dernière fois de la trompette et stridulations grinçantes des cordes qui finissent de s'accorder au milieu d'une joyeuse cacophonie.

    Le silence ne dure jamais bien longtemps dans une salle d'opéra car, aussitôt la salle muette, voici que le chef entre dans la fosse, accueilli par une brève salve d'applaudissements. Deux inspirations profondes, les bras s'élèvent en direction de l'orchestre, et les premiers accords de l'ouverture assaillissent les oreilles des spectateurs. 

    Comble de l'ironie, on jouait ce jour-là  "Béatrice et Bénédict" de Berlioz, adaptation de "Beaucoup de bruit pour rien" de W. Shakespeare...

    Allez donc, sur la pointe des pieds, voir les photos des autres participants à La photo du mois :
    Akaieric, Alban, Alexinparis, Alice Wonderland, Angélique, Aude, Autour de Cia, BiGBuGS, Blogoth67, Brindille, Calamonique, Champagne, Chat bleu, Chiffons and Co, Christophe, Cricriyom from Paris, Cécile, CécileP, Céline in Paris, Danièle.B, DelphineF, Dr. CaSo, E, El Padawan, Escribouillages, Estelle, Eurydice, Evasion Conseil, François le Niçois, Frédéric, Gilsoub, Gine, Giselle 43, J'habite à Waterford, Je suis partie voyager, Josette, Josiane, Kenza, KK-huète En Bretannie, Koalisa, Krn, La Fille de l'Air, La Tribu de Chacha, Lair_co, Lau* des montagnes, Laurent Nicolas, Lavandine, Lavandine83, Lilou Soleillant, Luckasetmoi, Lyonelk, magda627, Mamysoren, Mirovinben, Mon Album Photo, Morgane Byloos Photography, Nanouk, Nicky, Noz & 'Lo, Philae, Philisine Cave, Pilisi, Renepaulhenry, Sense Away, Sinuaisons, Sous mon arbre, Testinaute, The Beauty is in the Walking, Tuxana, Who cares?, Wolverine, Xoliv\', écri'turbulente.

    13 octobre 2016

    Beauté gratuite

    0 commentaires
    Petit sourire du matin tout à l'heure en écoutant Julien Doré sur France Inter se faire l'écho de Pierre Rabhi. 

    Il y était question de reprendre racines et de la beauté gratuite de la nature, de cette proximité perdue et la croyance erronée que le beau est forcément payant et donc difficilement accessible. 

    Alors qu'il suffit d'ouvrir les yeux.

    Cela fait du bien d'entendre une invitation au retour vers une certaine forme de simplicité et à regarder le monde qui nous entour avec des yeux d'enfants. 

    Réapprendre à s'émerveiller de tous ces petits rien qui sont autant de petits bonheurs.

    10 octobre 2016

    Identités singulières : Être gay et croyant - 3ème partie

    6 commentairess
    Est-il possible d'être gay et croyant en 2016 ? 

    Au rythme de un par quinzaine, vous seront présentés plusieurs témoignages guidés par un questionnaire en neuf points laissant toutefois la possibilité d'aménager les réponses librement. Autant de parcours de vie, tous différents - voire totalement contradictoires - de personnes venues d'horizons assez variés et croyantes à divers degrés. Des identités singulières.

    L'objet de cette série de billets n'est certainement pas de faire un quelconque prosélytisme - il suffira de lire pour s'en rendre compte - ni de clore un débat bien trop vaste. 

    Seulement d'essayer d'apporter des éléments de réponse à une question complexe et que je trouve passionnante.

    Et s'il s'en trouve parmi les lecteurs qui seraient intéressés pour laisser à leur tour leur témoignage, n'hésitez par à me contacter par courriel : tambour.major@yahoo.fr

    * * *


    Luc


    1. Peux-tu te présenter ? Âge, profession (quelques mots pour décrire ce que tu fais), où tu habites, où tu as grandi.

    J'ai 35 ans, je travaille pour EDF dans la production d'électricité. Je vis dans le Tarn et Garonne. 


    2. A quels moments de ta vie as-tu compris puis accepté ton homosexualité ? Quel a été ou quel est ton cheminement ?

    Je me suis découvert gay à l'âge de 24 ans, je chemine toujours dans l'acceptation.

    As-tu souffert d'homophobie ? 

    Non du tout. Par ce que je n'en parlais pas autour de moi. Mes camarades n'étaient pas au courant, d'autant que je me suis découvert tard par rapport à d'autres.

    Qu'est ce qui te bloque ? Quels sont les obstacles qui pour le moment sont insurmontables ? 

    Pas grand chose me bloque à vrai dire. 

    Je ne sais pas comment expliquer. J'ai besoin de pouvoir l'assumer un peu plus et de prendre sur moi.

    Les réseaux sociaux m'y aident un peu mais ça ne fait pas tout. Je prends ça surtout au second degré : certains sont là juste pour leur ego, d'autres sont trop au premier degré, il y a un peu de tout.


    3. Es-tu out ? Auprès de ta famille ? de tes amis ?

    Je suis out auprès de quelques amis seulement. Excepté un cousin et sa femme, personne dans la famille sait que je suis gay.

    Mon orientation sexuelle ne regarde que moi. On n'en parle jamais, jamais, par pudeur. On ne parle pas de tout ce qui est de l'ordre de l'intime dans la famille.

    Que crains tu ? Le rejet, l'incompréhension ?

    Je ne crains rien du tout mais j''estime qu'ils n'ont à connaître ma sexualité 


    4. As-tu grandi dans une famille religieuse ?

    Ma famille est catholique non pratiquante.

    Mon baptême et mes communions, je les ai faits pas tradition familiale simplement et pour faire plaisir à ma grand-mère maternelle (un pilier de ma vie).

    Par contre la confirmation c'est moi qui ai demandé à la faire. parce que entre temps j'ai découvert par hasard la vie monastique qui m'a tout de suite interpellé au plus profond de moi.

    Qu'est-ce qui t'a interpellé dans la vie monastique ? C'était quand ? 

    Ce qui m'a interpellé de prime abord c'est de voir des hommes tous habillés pareils d'un vêtement ample. Il ne fallait pas me demander à l'époque si c'était des dominicains ou des cisterciens, j'était jeune. J'avais 12 ans, c'était en 1993. La simplicité qui se dégageait d'eux, leurs visages exprimaient une image de bien être. Ils rayonnaient. C'est là où j'ai pris conscience que si des hommes sont capables de consacrer leur vie à l'écart du monde à la recherche de Dieu, il y a quelque chose car ces gens là, avant de rentrer au monastère, il ont fait des études et avaient une vie.


    5. Quelle importance revêt la religion dans ta vie actuelle ? 

    La religion fait partie intégrante de ma vie c'est comme les avirons sur  un bateau, sans elle je ne peux pas faire grand chose.

    Je vais à la messe environ 3 où 4 fois par semaine, je ne fais partie d'aucun groupe de prière.

    Aller à la messe 3 ou 4 fois par semaine c'est beaucoup. Qu'est-ce que tu y cherches ? Qu'y trouves-tu ?

    La messe, c'est un moment de ressourcement pour moi. Pour donner une image : je vais m'abreuver à l'eau de la source vive.

    Et puis ce que j'aime c'est que dans ce monde qui va dans tous les sens qui ne sait pas où il va, la messe est un pilier, elle est là, elle ne bouge pas.

    Cela rejoint mon désir de vie monastique. Le temps passe, le monde ne sait pas où il va, on le voit dans les actualités, mais pour moi la messe c'est un repère, c'est fixé. Et quand je parle des avirons, des rames de bateau, c'est grâce à elle que tu tiens l'équilibre : le travail et la prière. Prier sans cesse c'est impossible, et travailler sans cesse est également impossible. "Ora et labora", la devise des moines, c'est St Benoît qui dit ça.

    Accessoirement cela me fait travailler mon latin, par la curiosité. En France il y a une grosse inculture religieuse au nom de la laïcité. Beaucoup d'expressions viennent du latin. Au quotidien, les gens ne savent pas d'où viennent les mots qu'ils emploient.  


    6. La religion a-t-elle été ou est-elle un frein à ton acceptation ? 

    Je n'ai pas de réponse à cela. Elle n'a jamais été un frein. Le frein est plus d'ordre social que religieux. 


    7. Gay et croyant, comment concilies-tu cette contradiction apparente ? Y parviens-tu ? Quel a été ton cheminement ?

    Pour ma part tout se passe bien, je prend énormément de recul.

    Dans la vie je prend les choses avec recul et discernement généralement. Je prends beaucoup de recul sur les choses, parfois un peu trop. C'est dans mon caractère.

    Je sais que tu te rends régulièrement dans une communauté monastique. Tu peux nous en parler ? 

    Là où je me rend régulièrement c'est une communauté monastique ouverte d'esprit ou ils ne rejettent pas les gays car certains des frères le sont.

    Ça s'est fait grâce à un prêtre accompagnateur spirituel que j'avais rencontré via le site du diocèse de Montauban. J'avais besoin de quelqu'un pour m'accompagner, afin de m'aider à discerner sur la vie monastique. J'avais 31 ou 32 ans, j'en ai 35. Il m'a recommandé les Fraternités Monastiques de Jérusalem. J'y suis allé 2 fois, ils sont à Paris. Le problème c'est que si la liturgie des Fraternités Monastiques de Jérusalem me plait, ce qui me dérange en revanche c'est la ville, le bruit permanent de la ville.

    Je connaissais les Cisterciens et on m'a proposé d'aller voir une communauté Bénédictine.

    J'ai eu quelques périodes de doutes mais ça me revient toujours dessus. Tu fais tout pour ne pas y penser et poum ! ça te revient en plein milieu de la figure.

    La première fois, j'y suis allé à reculons. J'ai fait confiance à mon accompagnateur qui m'avait conseillé d'y passer 3 jours seulement, pour commencer. J'y suis arrivé - c'est tout un truc, ça m'a tellement marqué ! - j'y suis arrivé un après-midi, la veille des Cendres, le jour de la Chandeleur, un mardi donc.

    Déjà, avant d'arriver, je trouvais le paysage joli car on ne voit pas l'abbaye depuis la route. Et là, en m'approchant, j'ai vu cette abbaye cachée dans la végétation. J'ai trouvé ça beau. J'ai posé mes affaires à l'hôtellerie puis je suis allé à l'église. Cette église, quand j'y suis entré, ça m'a frappé : la beauté et la simplicité. Quelque chose m'interpellait. Je me suis assis et j'y suis resté un long moment, à la regarder.

    Puis vint l'office des Vêpres. Le fait de voir ces moines tout en noir avec ces visages qui rayonnaient, ça m'a frappé. J'ai trouvé ça joli. Ils rayonnent ces gens-là. Ils sont arrivés deux par deux. Ça n'en finissait pas d'arriver. Je me suis dit "Mais ils sont combien ces gens là ?". C'était un truc de fou. T'en voyais jamais la fin. Ça ne s'arrêtait jamais !

    Et là, dès les premières notes de l'orgue pour le psaume, ça ma pris aux tripes, dès le 1er hymne. J'en avais les larmes aux yeux, des frissons partout. Je pleurais littéralement de joie. Je ne pouvais pas m'arrêter. Ce n'était pas de la tristesse mais de la joie. J'avais ressenti que la vie monastique m'attirait. J'avais ressenti un appel sans réussir à mettre de mot dessus. Mais là ça m'a interpellé... J'essayais de trouver une excuse : l'orgue, la qualité du chant, les voix...? C'est la 1ère fois de ma vie que j'ai ressenti ce que c'était une joie profonde. Je me suis dit "T'es là, t'es chez toi".

    Les jours suivants j'étais bien, même le jour des Cendres qui est plutôt aride. Même l'office de nuit...

    Je suis reparti le surlendemain, il fallait faire ma vie, mais j'étais déchiré de partir. Non pas déchiré de tristesse car je savais que j'allais revenir.

    Ce jour-là, le jour de la Chandeleur, avec les lumières, c'était aussi la Chandeleur dans mon cœur. C'est le Christ qui me parlait. Ces gens là, cet endroit-là... C'est vraiment un endroit fort fort fort. Ça ma procuré une joie "monastique". Une joie intérieure. T'es pas là à sauter partout. C'est intérieur.

    Je n'ai jamais été vraiment amoureux de quelqu'un, mais quelqu'un qui trouve sa moitié trouve à l'intérieur de lui une joie qu'il ne peut pas décrire. C'est ce que j'ai ressenti ce jour-là.

    Je suis reparti, j'en parle avec du recul maintenant, mais j'étais sous le coup de l'émotion.

    J'y suis revenu trois mois et demi plus tard, au mois de mai. Et dès que j'y suis revenu, j'ai ressenti exactement la même joie.

    Depuis, il ne se passe pas 4 ou 5 fois par jour sans que je ne pense à cette communauté, et chaque fois que j'y pense, je suis bien.


    8. Comment perçois-tu le discours et le positionnement des autorités religieuses, globalement peu favorable aux homosexuels ?

    Je laisse dire, ça me passe à 10 000  au dessus.

    La Manif pour Tous, tu as vécu ça comment ? 

    La Manif pour Tous, j'ai une copine qui l'a fait. J'ai pas compris. C'est des gens bien, qui ont accueilli des gens, qui aident des réfugiés, qui aident des gens dans la merde quoi, et qui détestent Le Pen. Et pourtant qui ont fait la Manif pour Tous... C'est pas des tradis. J'ai pas compris. C'est les premiers à faire la fête. Ils m'ont encore invité pour Pentecôte. D'une gentillesse et d'une bonté...! Ils sont serviables. Ils aiment déconner. Combien de fois ils ont aidé des sans-papier...? Mais bon, j'ai pas trop compris.

    Après, j'ai respecté leur opinion mais point-barre. Je n'ai pas discuté avec eux pour ne peux pas me prendre la tête. Ce sont des gens que je n'ai pas envie de quitter. Des gens humbles et serviables. Ça m'a fait chier un peu. Mais après je suis passé au-dessus. Je ne voulais pas gâcher tant d'années d'amitié pour ça.


    9. Être croyant, c'est pour toi un avantage ou un inconvénient ? En somme, que t'apporte ta religion ?

    Je ne sais pas dire. Par contre être croyant c'est dans mon ADN, même si j'ai eu des périodes de désert ça revient à toi. J'ai décidé de consacrer ma vie à la recherche de Dieu que je ne croiserai jamais.

    Je recule l'entrée en vie monastique peut-être par lâcheté de me retrouver dans un monde aride ou je sais que la source vive est présente et inépuisable.

    Le désert, qu'est-ce que c'est pour toi ? 

    Le désert, ce sont les moments de doute, et après le doute se dissipe. Pour moi je reviens toujours à la vie monastique. Pour moi Dieu c'est le visage de la communauté monastique.

    Une communauté monastique c'est plus qu'une famille mais quelque part on ne s'est pas choisis. Je prends un exemple tout bête: c'est comme dans la vie au travail. On choisit l'entreprise, pas le personnel qu'il y a dedans. La communauté, c'est un compagnonnage. Tu es avec des gens avec qui tu ne t'entendrais pas dans la vie quotidienne. On ne choisit pas ses frères. C'est une ascèse...

    Et oui, pour moi la religion me procure de la joie, une joie simple.
    Une joie monastique, simplement ;)


    Merci Luc.

    ***
    Identités singulières : 

    1 octobre 2016

    Caillou blanc

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    Juste quelques lignes, quelques mots, un tout petit billet comme une pierre sur le bord du chemin.

    Pour qu'en le relisant dans quelques mois, je me souvienne de ce bonheur cotonneux dans lequel je baigne depuis ce matin, de la douceur de cette nuit passée avec ce charmant garçon qui habite à quelques rues seulement de chez moi...

    Parce que ces instants sont rares et précieux.

    Parce que cette courte nuit, quand bien même serait-elle unique, fera partie de mes très jolis souvenirs.

    Parce que je crois que nous nous sommes mutuellement plu.

    Parce que j'espère le revoir.




    29 septembre 2016

    Genèse d'un billet

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    Depuis quelques semaines me trotte en tête l'envie de prolonger un billet de pure fiction que j'ai écrit en mars dernier. L'idée titille mon imagination en la mettant à rude épreuve.

    A l'origine, ce billet est né d'une matinée à regarder des vidéos sur Youtube d'explosions de bombes atomiques. Je voulais voir, revoir et revoir encore ce à quoi ressemblaient les premières secondes d'une explosion thermonucléaire, en saisir la beauté infernale, en percevoir à travers les images le fracas tonitruant et la puissance destructrice. Toucher du doigt les premières millisecondes de cet processus ahurissant provoqué par la collision de quelques particules microscopiques et qui pourtant dévaste tout sur des kilomètres à la ronde. 

    J'en ai donc visionné un certain nombre, tirées des archives militaires de l'ex-URSS ou encore de l'armée Américaine et m'en suis repus jusqu'à plus soif, sans être sûr d'avoir assimilé ce que j'avais vu. Jusqu'au moment où j'ai eu envie de le raconter et d'essayer de le décrire. Il lui fallait néanmoins un contexte, un prétexte.

    La morsure du soleil, puisque tel est son titre, a été écrit en un peu plus de  dix heures. Une journée entière, passée à poser mes phrases, poser mes mots, polir mes tournures, penser les rythmes et les sons, à intervertir cent fois l'ordre des paragraphes pour donner au texte une cohérence, une logique, une dynamique. 

    Une journée à penser les détails qui pourraient donner au récit un écrin propice à accrocher l'imaginaire, le mien en l'occurrence vu que je suis mon premier lecteur, et pour qu'à la relecture, une fois déconnecté du foisonnement créatif, je puisse me projeter instantanément et laisser se développer les éléments du décors dont l'évocation doit susciter une certaine existence, pour ne pas dire une vie. 

    Ecrire me prend du temps, souvent beaucoup. Je ne sais pas écrire "sur le pouce". Même ce simple billet qui ne dit rien de véritablement essentiel, m'a demandé du temps. C'est un plaisir et, à ce titre j'aime le faire durer, laisser les idées se déployer, faire des pauses, y revenir, faire autre chose en même temps, m'imprégner de musiques, d'ambiances de films ou de la couleur du ciel.

    Tout part souvent d'un petit détail autour duquel s'agglomèrent ensuite des idées, par magnétisme, comme l'on construit un décors d'intérieur auquel il faut que les éléments se répondent, se complètent et produisent un certain contraste, comme cette image d'usine que je viens de trouver par hasard sur Twitter.

    C'est souvent comme cela que tout commence. Un détail, une idée tout bête, une petite phrase entendue, un dessin, une image fugace, un son, un bout de phrase.  

    Une explosion thermonucléaire donc... voilà le point de départ auquel il fallait donner un écrin. Et puis le jeu de l'écriture a pris le relais et je me suis plu à raconter ce morceau d'histoire, à en donner des détails, à construire des bribes de scénario.

    Continuer ce récit, le prolonger, c'est un tout autre exercice. Il faut trouver un point d'accroche, un détail, un angle pour attaquer et auquel rattacher l'histoire. Il lui faut donner une légitimité, une crédibilité. Et surtout la placer dans une logique d'ensemble pour que les éléments ne se trahissent pas les uns les autres. Ce n'est pas aussi simple que je le pensais, d'autant que, par paresse et par facilité, le billet en question est vraisemblablement au beau milieu d'une action plus vaste. Car il est évident qu'il y a eu un "avant".  Il est également évident qu'il y aura, ou qu'il devrait y avoir un après. A quoi ressemble le train dont je n'ai construit qu'un seul wagon, c'est encore un mystère.

    A suivre...

    26 septembre 2016

    Identités singulières : Être gay et croyant - 2ème partie

    2 commentairess
    Est-il possible d'être gay et croyant en 2016 ? 

    Au rythme de un par quinzaine, vous seront présentés plusieurs témoignages guidés par un questionnaire en neuf points laissant toutefois la possibilité d'aménager les réponses librement. Autant de parcours de vie, tous différents - voire totalement contradictoires - de personnes venues d'horizons assez variés et croyantes à divers degrés. Des identités singulières.

    L'objet de cette série de billets n'est certainement pas de faire un quelconque prosélytisme - il suffira de lire pour s'en rendre compte - ni de clore un débat bien trop vaste. 

    Seulement d'essayer d'apporter des éléments de réponse à une question complexe et que je trouve passionnante.

    * * *


    Karim


    1. Peux-tu te présenter ? Âge, profession (quelques mots pour décrire ce que tu fais), où tu habites, où tu as grandi.

    J'ai tout juste 40 ans , je vis dans le 77 et je bosse dans le domaine des transports . J'ai grandi sur Nice et je vis en région parisienne depuis 2000. Je suis beur et musulman.


    2. A quels moments de ta vie as-tu compris puis accepté ton homosexualité ? Quel a été ou quel est ton cheminement ?

    Assez tard, vers 20 ans . Je refoulais je pense mon homosexualité avant cela. Mais dès 20 ans, ma curiosité a pris le dessus sur ce rejet. Internet via ma scolarité m'a permis de me comprendre en consultant des sites comme Kelma qui marchait très bien à l'époque.


    3. Es-tu « out » ? Auprès de ta famille ? de tes amis ?

    Non je suis discret auprès de ma famille . Il n'y a qu'un seul ami hétéro qui le sait. Les autres qui le savent sont gays comme moi.


    4. As-tu grandi dans une famille religieuse ? Fêtiez-vous les fêtes religieuses ? 

    Oui j'ai grandi en faisant le ramadan avec mes parents même si ils sont très ouverts. J'ai des frères et sœurs qui ne sont pas musulmans et ils ne sont pas pour autant rejetés par ma famille. Par contre je ne pense pas qu'ils prendraient bien mon homosexualité donc je préfère ne rien leur dire à ce sujet pour garder un très bon contact avec eux.


    5. Quelle importance revêt la religion dans ta vie actuelle ? 

    Ma foi est en moi. Je ne suis pas pratiquant modèle (je ne fais pas la prière) mais je fais le ramadan.

    Sinon je dirai que ma religion peut parfois me guider dans mes les choix de ma vie. Je n'ai jamais à ce jour commis de délit, en partie grâce à elle mais aussi au bon sens acquis par l'éducation que j'ai reçu auprès de mes parents.


    6. La religion a-t-elle été ou est-elle un frein à ton acceptation ? Explique pourquoi. 

    Bien entendu. J'ai eu du mal, une fois le cap franchis, à m'accepter, me sentant même parfois sale.

    Mais avec de l'âge , je pense être devenu plus mature et je parviens à faire la part des choses et donc à concilier ma religion et mon homosexualité.


    7. Gay et croyant, comment concilies-tu cette contradiction apparente ? Y parviens-tu ? Quel a été ton cheminement ? 

    A 40 ans oui car j'arrive à me dire à moi même : Je suis gay , j'aime les mecs. 10 ans auparavant quand je me disais cela qu'à moi même, je réussissais à en avoir honte.

    Mon homosexualité n'a jamais ébranlé ma foi même si ma religion est très dure à ce sujet. Mais l'islam ne parle  pas de l'homosexualité proprement dite mais du peuple de Lot et de sa pratique du coït anal. Comme je n'ai pas une vie sexuellement active (je ne couche qu'avec des sentiments, j'évite les plans culs), je me dis , du moins j'espère que Dieu me pardonnera d'avoir AIMÉ des hommes...


    8. Comment perçois-tu le discours et le positionnement des autorités religieuses, globalement peu favorable aux homosexuels ?

    Je me dis qu'il faut l'être (gay) pour le comprendre. Et bien entendu quand j'entends des discours homophobes de ces autorités, je les ignore et n'en prends pas compte.


    9. Être croyant, c'est pour toi un avantage ou un inconvénient ?  En somme, que t'apporte ta religion ?

    Je ne me permettrai pas de dire que c'est un avantage car ce serait juger les non croyants et je n'aime pas qu'on fasse de même pour moi.

    Mais je peux dire plutôt ceci : La religion a été, et est un avantage pour MOI. Je suis resté droit toute ma vie même en ne suivant pas le code moral de la sexualité imposé par les religions mais aussi notre société.


    10. tu dis que la religion t'aide dans certains choix de vie. Peux tu expliquer, donner un ou deux exemple ?

    C’est surtout dans la sagesse de mes décisions. La religion ne se limite pas aux interdictions sexuelles. C’est aussi le respect de l’autre, l’interdiction de faire du mal.

    Malheureusement les médias déforment trop et les gens se contentent de croire les médias sans se renseigner. Ma religion ne rejette pas les juifs, chrétiens ou autrui. Quand un juif par exemple entre dans ma vie que ce soit par le biais du travail ou autre, mon coeur lui restera ouvert de la même manière que si c'était un musulman. Je ne le rejette pas, comme font, je le reconnais aussi, certains musulmans... Je dormirai mal également si je volais quelqu’un ou dans un magasin ou autre.

    De ce fait même si j’en ai déjà eu l’occasion , je n’ai jamais volé à ce jour . (Hormis 2 posters quand jetais ado et influençable **Clignement d'œil**. Et justement je ne suis pas un mec influençable depuis que je suis devenu adulte grâce en grande partie à la religion avec ses règles de base sur le respect de l’autre et de faire du bien ...


    11. Dix ans auparavant tu te sentais "sale" dans ta sexualité. Comment as-tu réussi à te débarrasser de cette sensation ? Qu'est-ce qui t'a aidé ? Quel a été ton cheminement ?

    L’amour dans un premier temps. J’ai su apprendre à avoir des relations sexuelles sans me sentir sale une fois l’acte accompli. Car les sentiments pour l’autre étaient bien présents.

    J’ai compris avec le temps que c'était le fait de faire du sexe avec un mec lambda qui me rendait sale à mes yeux. Cela me ramenait directement vers le rejet de ma religion envers le coït donc grosso modo l’acte sexuel.

    Quand je fais l’amour, je ne me sens plus du tout sale. Mais si je “baise”, j’aurai des regrets c’est certain. Donc cette sensation de se sentir sale a disparu avec le simple fait que je ne couche plus avec un mec juste pour du cul...


    12. Tu as eu longtemps un blog sur lequel tu parlais de ta foi et de ton homosexualité. A-t-il été un outil pour grandir dans ta sexualité ? Et si oui, en quoi ? 

    Je n’avais pas de confident à ce moment là. Ce blog a plus été un outil servant de journal intime.

    Le fait de partager mon vécu , mes envies et craintes m’a permis de m’accepter avec le temps en me rendant compte que je n’étais pas “hors normes” et qu’au vu des nombreux commentaires et messages qu’on me laissait, j’étais un mec comme beaucoup d’autres dans mon cas...


    Merci Karim.

    ***
    Identités singulières : 

    23 septembre 2016

    Profiter de la vie

    4 commentairess
    L'idée a germé lundi soir en rentrant du boulot. Ramenant un ami que je déposais chez lui, et lui donnant une boîte d’œufs frais tout juste récupérée en chemin chez mes parents, je m'enquerrai de son weekend. "Je suis à Paris, me répondit-il. Y. donne un concert dimanche à [célèbre église parisienne] ; ça va probablement être grandiose".

    Y. est en l'occurrence un ami commun qui a le bon goût d'être un musicien hors pair dont la simplicité n'a d'égal que l'infini talent et que je n'ai pas revu depuis deux ans. 

    Aller à Paris depuis Toulouse c'est toute une expédition lorsque le voyage se décide à la dernière minute, surtout si l'on ne veut pas y laisser une jambe en prix de billets. En train, c'est moins cher, d'environ cinquante pour cent, mais on se cogne plus de dix heures de trajet allé et retour. Choix cornélien. 

    Autre élément à mettre dans la balance, le temps présentiel relativement court, à peine plus de vingt quatre heures.  Car en si peu de temps il est évident que je n'aurai pas le temps de voir tout le monde, de faire le tour de toutes les personnes que j'y connais et que je n'ai pas non plus revues depuis tant d'années pour certaines, ni de rencontrer toutes celles et tous ceux avec qui j'échange régulièrement sur les réseaux sociaux et pour lesquels les pixels ne suffisent plus. 

    Rapidement l'idée s'est imposée à moi : je serai à ce concert et donc à Paris pour le weekend. Fi donc du temps de trajet. Un peu de bonheur n'a jamais fait de mal. J'achetai donc mes billets de train dans la foulée.

    Le jeu en vaut-il réellement l'investissement ? Oh que oui, cela en vaut la peine.

    Oui parce que j'avais envie d'aller à ce concert et que cela me fait immensément plaisir d'y être.

    Oui parce que cela fait près de trois ans que je ne suis pas revenu à Paris, fut-ce seulement le temps d'une improbable escale de quelques heures.

    Oui parce que je vais y revoir des amis que je n'ai pas vus depuis trop longtemps.

    Oui par ce que c'est aussi l'occasion de faire de nouvelles rencontres dont une qui n'a que beaucoup trop attendue avec un blogueur que je lis depuis des années et à qui j'avais promis de passer faire la bise la prochaine fois que je monterais.

    Oui parce que j'ai envie de marcher dans les rues de Paris sous le soleil de septembre et de me dire que j'ai eu mille fois raison.

    Oui parce que j'ai envie de me surprendre à oublier que lundi je travaille.

    Oui parce que j'ai envie de rêver au nez des vitrines et de flâner avec insouciance dans la plus belle ville du monde.

    Oui... parce que !

    Et surtout, j'avais envie de profiter de mon weekend sans me poser de question.

    Envie de profiter sans subir cette frustration de me demander dimanche après-midi au détour d'un vague à l'âme malsain pourquoi, au final, je n'avais pas sauté dans le premier train sans être retenu à quoi que ce soit d'autre que du bon temps, loin de mon quotidien et me dire, après coup, que j'avais été bien bête d'avoir été trop sage. 

    Envie de profiter de la vie, tout simplement.

    19 septembre 2016

    Colères (en réaction à l'alerte attentat du 17 septembre)

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    Cela ne m'arrive pas souvent, mais depuis samedi je suis assez furieusement en colère.

    Colère contre des "informations" que j'ai pu voir passer sur mon fil twitter samedi après-midi alors que j'étais afféré à chercher comment vanner un twittos aux grosses patounes et qui me le rend bien :
    "Potentielle prise d'otage à Etienne Marcel selon la police... quartier bouclé - mouvement de panique."

    Potentielle prise d'otage. Décryptée, cette affirmation dégouline de sensationnalisme et la recherche exacerbée du buzz. Potentielle, cela signifie que l'on n'en sait rien, qu'il n'y a aucune certitude, que l'information n'est pas vérifiable ou à tout le moins qu'elle n'a pas été vérifiée. Une information qui n'en est pas une, donc. Une rumeur, un bruit de couloir, un souffle putride au fond d'un chiotte mal nettoyé...

    De la merde.

    Colère parce qu'au moment où je répondais à cette flatulence nauséabonde, le twitt avait déjà fait l'objet de 48 rediffusions, touchant je ne sais combien de milliers de personnes. La panique véhiculée par ce même message indiquant un "mouvement de panique" appelant la panique, je ne sais combien de personnes ont paniqué en le lisant.

    Colère...

    Par la suite, le système Alerte Attentat mis en place par le Gouvernement signalait quant à lui, une intervention policière dans le 1er arrondissement de Paris et invitait la population à se tenir à l'écart. Le message évoquait « une intervention en cours des forces de l’ordre à la suite d’un attentat » près de l’église Saint-Leu. Simple, mesuré, efficace, véhiculant un message rassurant : certes il se passe quelque chose, mais la police est déjà là. Restez loin des lieux en question et continuez à vivre normalement. 

    Les informations devaient révéler, quelques longs instants plus tard, la fausse alerte et l’inexistence de la menace.

    Potentielle prise d'otage, donc...

    Colère ensuite contre ces petits cons qui, comme le relaye le journal Le Monde prétendent être à l'origine de cette fausse alerte.

    D'une part si leur affirmation repose sur l'espoir de récupérer le fait divers pour de la gloriole personnelle et ricaner de leur bonne blague avec leurs potes, c'est vraiment très très con.
    D'autre part s'il s'avère qu'ils ont réellement provoqué la fausse alerte pour faire le buzz et rigoler avec leurs potes, on touche le fond de la bêtise la plus crasse et du degrés le plus haut de l'inconscience égocentrique. J'espère dans cette hypothèse des poursuites judiciaires et une sanction exemplaire...

    Colère enfin contre nous tous, pendus à nos écrans, relayant, amplifiant, absorbant la rumeur et la crainte qu'elle véhiculait. Combien en ai-je lu en quelques minutes seulement sur mon fil twitter pendant que les sites des grands médias demeuraient taiseux ? Pendant ce temps, pris d'un mouvement de cyber panique, de nombreuses rumeurs sur les réseaux sociaux faisaient état de fusillades ou de prises d’otages dans une église, qui se sont révélées bien évidemment fausses, indique Le Monde dans le même article.

    Colère enfin contre nous-mêmes. Par ce que nos réactions démontrent que, quoi que l'on veuille en dire, et malgré nos bon mots, la peur nous tenaille et qu'il suffit d'un petit soubresaut pour faire frémir toute la fourmilière.

    Colère.