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  • 27 août 2013

    Une rencontre à Paris et le coming-out fait à ma mère

    53 commentairess
    Jeudi matin en me levant, j'avais conscience que le week-end qui s'annonçait serait déterminant. Pourtant, quelque intenses que fussent mes certitudes, je n'imaginais pas que l'arbre serait chargé d'autant de fleurs, promesses d'autant de fruits.

    Pour remettre les choses dans leur contexte, ce week-end était celui de la rencontre avec ce garçon avec qui je discute depuis deux ans. Nous avions décidé de profiter de sa venue en France pour concrétiser cette relation épistolaire. Aussi jeudi matin je prenais le train pour Paris, la boule au ventre comme un ado de quinze ans qui aurait eu son premier rendez-vous.

    Je ne me rappelle pas avoir jamais été aussi nerveux. À tel point que quelques minutes plus tôt j'avais failli exploser en larmes en voyant le métro tarder et l'heure pour mon train approcher dangereusement alors que je n'étais toujours pas monté à bord. Je ne pouvais pas rater ce train. Non, pas celui-là. L'idée m'en était plus qu'insupportable. Vous n'imaginez pas mon soulagement d'avoir pu monter quelques secondes avant que le chef de gare ne siffle le départ ! Ça y était, j'étais en route.

    Dans le train j'échangeais quelque mots avec un ami qui connait personnellement celui que je devais rencontrer et qui l'avait recueilli la veille à l'aéroport : "C'est vraiment un mec bien. Fonce"... Je ne remercierai jamais assez l'auteur de ces sept mots dont j'apprendrai quelques jours plus tard qu'il avait dit exactement la même chose à celui qui, de son côté, brûlait de me rencontrer.

    J'arrivais à Paris en panique, oscillant entre un sourire béat et une profonde envie de pleurer. Un truc totalement dingue. Chacun de mes pas vers ma destination renfonçait cette sensation d'euphorie mêlée de vertige.

    La rencontre elle même fut extraordinaire... J'ai passé cinq jours fabuleux avec un garçon absolument merveilleux, exactement tel que je me le représentais. La même joie de vivre, la même folie douce, le même sourire, et cette immense douceur dans laquelle je me suis laissé bercer jusqu'à l'ivresse... Un coup de foudre réciproque. Je crois que jamais je n'ai autant craqué pour un garçon.

    Lundi après-midi, la séparation devant le métro de Bréguet-Sabin fut horrible. Le voir fondre en larmes m'a totalement bouleversé. Hier soir j'avais envie de pleurer toutes les cinq minutes et je ne pensais qu'à lui.

    Sur le chemin du retour, installé dans mon Paris-Toulouse, me sont revenues en mémoire les paroles d'une chanson de Brigitte Fontaine, "Conne" : 
    Je suis malheureuse ! parce que je suis conne !
    Et parce que le monde est con !(...)

    Je suis passée à côté de l'amour, 
    l'amour 
    Quand il s'est présenté à moi 
    Avec sa Mercedes rose bonbon 
    Et sa poitrine nue et dorée
    Je l'ai laissé sur le bord de la route
    Et je suis montée dans une 2CV pourrie
    Où y'avait un chien qui puait 
    Conne !
    Et moi ? N'en avais-je pas marre de ma deuch pourrie et de ce chien qui pue ? N'était-il pas temps de monter dans la merco rose bonbon qui passe en ce moment même à côté de moi et de prendre le large ?

    Aussi, de retour à Toulouse, une évidence s'est imposée violemment à moi. Je ne pouvais plus me taire. Je ne pouvais plus mentir à mes parents en disant que j'allais simplement passer un week-end chez des amis alors que je suis allé rencontrer un garçon avec qui je discute depuis deux ans. Je ne pouvais plus leur mentir  en disant que j'allais simplement passer quinze jours à Montréal alors que j'ai prévu d'aller voir celui qui pourrait, dans un monde idéal - j'y reviendrai - devenir un jour leur gendre. Car, oui, nous avons déjà programmé de nous revoir tantôt au Canada en novembre.

    Le moment était venu, je m'en sentais la force. C'était là, prêt à sortir, cette boule dans la gorge qu'il me fallait vomir coûte que coûte, porté par ces sentiments très forts et par l'émotion intense procurée par cette rencontre.

    J'ai donc fait  mon coming-out à ma mère, pour commencer. Mon père viendra ensuite.

    Après le repas de midi, pendant qu'elle me parlait de choses dont je n'avais que faire, activité dans laquelle ma mère excelle, je l'ai interrompue un peu brutalement, et je lui ai dit. Je lui ai dit que ce week-end je n'étais pas qu'allé voir des amis, mais que j'étais surtout allé rencontrer pour la première fois quelqu'un avec qui je discute sur internet depuis deux ans.
    - Une fille ? 
    - Non. 
    - ................ un garçon ?
    - Oui. 
    - ..................mais tu es...? 
    - Oui...
    Elle a versé une petite larme, je l'ai pris dans mes bras. On a un peu parlé, elle m'a posé quelques questions. Sa réaction fut magnifique, malgré son émotion manifeste. Je lui ai parlé de celui que j'étais allé rencontrer, pour la rassurer un peu. Je lui ai dit à quel point c'était un garçon formidable. Je me suis surpris par ma facilité de lui parler de tout cela. Je ne me savais pas autant à l'aise. Cela m'a fait du bien.
    Elle m'a dit merci...

    Je suis encore un peu étourdi, mais voilà, la glace est brisée. Dorénavant, elle sait, et le reste de la famille suivra progressivement. Et je n'aurai bientôt plus peur de leur présenter quiconque. Je ne réalise pas encore ce que cela va changer concrètement dans ma vie, mais je crois que c'est une muraille gigantesque que je viens de faire sauter de mes fortifications. Il me manquait juste un bon détonateur ; il me l'a procuré.

    Un peu plus haut j'ai écrit que, dans un monde idéal, un monde dans lequel Montréal ne serait pas à 6000 kilomètres de Toulouse, ce garçon aurait pu être beaucoup plus qu'un ami. Il est vrai qu'il représente tout ce que j'aime chez un garçon, intellectuellement comme physiquement. Fidèle à mes travers habituels, je me suis beaucoup laissé emporter par mes émotions aujourd'hui et me suis laissé errer dans des projets potentiels totalement fous dont j'ai même fait part à certains amis intimes qui m'ont apporté un soutien qui n'a fait que confirmer toute l'affection que je leur porte.

    Mais, parallèlement, au fond de moi, résonnait la voix de cet ami qui m'avait comparé à une forteresse cathare et conseillé de lâcher prise. Lâcher prise, certes, sans perdre les pédales. La folie, ou la raison ? Les deux Monsieur le Président. Mais dans une juste mesure.

    Un peu plus tard dans la journée, ce beau garçon venu du grand nord et moi nous sommes appelés. Cela m'a fait du bien, comme à chaque fois. Je lui ai raconté mon coming-out. Je lui avais d'ailleurs annoncé le matin que j'allais le faire et il m'y avait encouragé.

    Nous avons longuement discuté, pendant plus d'une heure. Au fil de la conversation, armé d'une expérience de vie plus riche que la mienne, il s'est montré plus cartésien que moi, avec raison. Et je l'en remercie du fond du cœur. Contrairement à ce dont j'essayais encore de me convaincre ce matin, en l'état actuel des choses, lui et moi ne serons jamais des chums. Oui notre rencontre fut formidable, oui on s'apprécie énormément, oui on se porte une affection considérable, mais si beau soit le rêve, et malgré l'infinie tendresse que nous nous portons mutuellement, il faut être réalistes : la distance ne permet rien. Et nous en sommes tous les deux profondément désolés.

    C'est drôle car il y a quelques semaines, c'est lui qui craignait de se mettre dans de pareils états, et moi qui lui avait tenu le discours inverse. Décidément la fatigue n'aide pas à avoir les idées claires face à un déluge d'émotions. Putain, je me suis vraiment laissé porter à la dérive...

    Alors, que restera-t-il de tout cela ?

    Assurément beaucoup de choses. Des souvenirs merveilleux de Paris, une rencontre rare qui sera le point de départ d'une amitié magnifique. D'ailleurs vendredi je pars à nouveau le rejoindre pour le week-end à Angers, et nous avons déjà prévu de nous revoir en novembre, cette fois chez lui, à Montréal.

    Et par dessus tout, il restera à jamais ce pilier qui a su me bouleverser comme jamais et grâce auquel j'ai trouvé la force d'amorcer un nouveau grand pas dans ma vie, celui de mon coming-out à ma famille. Rien que pour cela, je lui dois une reconnaissance éternelle.

    Aujourd'hui, j'ai fait mon coming-out à ma mère.

    Aujourd'hui, j'ai fait mon coming-out à ma mère...


    18 août 2013

    Un peu de repos

    14 commentairess

    Hier soir, en rentrant chez moi harassé après une nouvelle journée au bureau passé à mettre un point final à un travail urgent que je ne voulais pas faire attendre, je me suis allongé sur le lit, dans le simple appareil d'un boxer blanc. 

    Pointant aussitôt le bout de ses moustaches, le chat, de sa démarche indolente, s'en est venu ronronner sur ma poitrine. Bercé par la mélodie féline, dans l'écrin capiteux du jour tombant éparpillant ses éclats d'or à travers la fenêtre entrouverte, je me suis senti plonger sans retenue dans les eaux placides des bains de Morphée, un océan de bien-être dont la volupté m'enveloppa complètement. Je me suis endormi. Profondément.

    Voici venu le temps du repos, quelques jours de vacances. 
    Enfin...



    15 août 2013

    La photo du Mois : "Un objet"

    29 commentairess
    Bonjour tout le monde ! Nous sommes le 15 Août, c'est donc le jour de La Photo du Mois !

    Chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Ce mois-ci le thème nous est proposé par Gizeh et il s'agit de : Un objet.

    J'ai choisi un petit objet, que j'ai presque toujours avec moi et qui, lorsque je le regarde, me fait puissamment voyager. Un petit morceau d'évasion de quelques centimètres carrés.


    Il s'agit d'un morceau de papier amaté qu'une amie m'avait ramené du Mexique, quelques mois avant que je ne m'y rende moi même. 

    Le papier amaté est un papier fabriqué à partir d'écorces d'arbre. Autrefois, les Mayas et les Aztèques utilisaient ce procédé pour créer des livres. Cette technique si spécifique s'est perpétuée à travers les siècles. Il se fait en séparant l'écorce extérieure de cactus, de roseaux ou de "Maguey" (plante utilisée à la fabrication de la Tequila), de son écorce intérieure. La fibre végétale est alors mise à tremper, bouillie dans de l'eau. De l'eau de chaux ou de soude est ajoutée sur la fibre avant d'être rincée. Ces fibres sont ensuite disposées sur une surface dure, croisées en double épaisseur. Elles sont battues afin d'être homogénéisées. Est enfin enduit une couche de chaux ou d'amidon afin d'obtenir une surface lisse, propre à être peinte. 

    Celui-ci est orné d'un motif traditionnel venu des Mayas, un oiseau aux couleurs vives. Il a naturellement trouvé sa place dans mon agenda où m'offre un peu de soleil. 

     Quel objet auront choisi les autres participants à la Photo du Mois ? Il n'y a qu'un moyen de le savoir !

    Agnès, Akaieric, Alban, Alexinparis, Alice Wonderland, Anaïs and Spip, Ann, Anne, Arwen, Aurélie Ménard , Ava, Bestofava, BiGBuGS, Blogoth67, Calamonique, Cara, Carnets d'images, Caro from London , Caterine, Cathy, Cekoline, Céline in Paris, CetO, Champagne, Chat bleu, Cherrybee, Chloé, Christelle, Christophe, Claire's Blog, Coco, Cocosophie, Cricriyom from Paris, Dame Skarlette, DelphineF, Djoul, E, El Padawan, Eloclemence, Elodie, Eurydice, Fanfan Raccoon, François le Niçois, Frédéric, Isa, Galinette, Gilsoub, Giselle 43, Gizeh, Guillaume, Happy Us, Hibiscus, Homeos-tasie, _Hypeandcie, Isaquarel, J'adore j'adhère, Josiane, Julie, Kia909, KK-huète En Bretannie, Kob, Krn, La Dum, La Fille de l'Air, La Messine, La Nantaise, La voyageuse comtoise, Lau* des montagnes, Laulinea, Laurent Nicolas, Lavandine, Lavandine83, L'Azimutée, Les bonheurs d'Anne & Alex, Les voyages de Lucy, Louisianne, Lucile et Rod, Lyonelk, M.C.O, magda627, Mamysoren, Marie-Charlotte, Marmotte, Mathilde, Mes ptits plats, Meyilo, MissCarole, Monptitboudoir, Morgane Byloos Photography, Nicky, Nie, Ori, Oscara, Photo Tuto, Pilisi, Pixeline, Renepaulhenry, scarolles-and-co , Sephiraph, Shoesforgirls, Skipi, Solveig, Sophie Rififi, Stephane08, Testinaute, Thalie, The Parisienne, The Singapore Miminews, Thib, Tuxana, Un jour, une vie, Une niçoise, Violette, Viviane, Wolverine, woocares, Xoliv', Zaza.

    9 août 2013

    La Forteresse Cathare

    10 commentairess
    Tu t'es construit tellement de mécanismes de défense que tu es une forteresse cathare : ceux qui passent dans la plaine te voient, se disent : "Houla, surtout n'allons pas nous y risquer tellement c'est inaccessible" et passent leur chemin, de peur de l'affronter.

    Telles sont, dans leur transcription à peu près fidèle, les paroles d'un ami l'autre jour au téléphone. Une longue conversation qui a duré une heure, comme j'en ai peu eu depuis longtemps et qui, pourtant, fait tellement de bien. Pouvoir se livrer à cœur ouvert, en toute confiance, à une oreille que l'on sait attentive et compréhensive, sans crainte de jugement, voilà une chose qui m'est, en réalité, rare, et d'autant plus précieuse. 

    Oui, j'avais besoin de vider un peu mon sac, trop lourd à porter pour les reins d'un seul homme, si Tambour Major soit-il. Quelques personnes l'ont compris, et se sont manifestées en conséquence, chacune à sa manière. Ce sont des choses que je n'oublie pas...

    Car en effet, depuis quelques temps, quelques mois, cela ne va pas très fort. Les causes en sont nombreuses (oserais-je dire innombrables ?) et pour certaines parfaitement identifiées. Des soucis au boulot, un manque total de visibilité professionnelle à court terme doublée d'une certaine insatisfaction intellectuellement lignifiante, quelques soucis de santé, beaucoup de fatigue physique, un océan d'épuisement moral, un désert sentimental asphyxiant, voilà la coupe que je bois chaque jour jusqu'à la lie. Je m'emploie d'ailleurs ardemment à lui trouver une solution efficace et viable mais, jusqu'à présent, mon arsenal stratégique de fortifications, douves, meurtrières et autres ponts-levis me permettaient de préserver un semblant d'équilibre apparent. C'est d'ailleurs étonnant comme je parviens à tromper mon monde par cette sûreté granitique affichée qui cache en réalité un puits abyssal de doutes quasi-constants. Lorsque la voûte en plein cintre masque un château de cartes.... Au fond, l'attaque étant la meilleure stratégie de défense, tout cela est fort logique. 

    Quitter ma zone de confort et faire un peu de place à autre chose. Un peu d'imprévu, un peu de fantaisie, un soupçon d'insouciance, un zest de lâcher prise. Relâcher un peu la bride de tout, pour ne plus avancer en apnée. Vaste programme...

    Hier soir, en ayant particulièrement ras-la-cuve de ma journée, je m'en suis allé me promener en ville en sortant du boulot. Il faisait très bon et très beau. Cela m'a fait beaucoup de bien, je crois que je souriais un peu. Au détour d'une rue, par un hasard que seul le Destin - ou le plus grand des hasard - peut expliquer, j'ai croisé sur ma route deux charmants garçons de ma connaissance qui marchaient ensemble. Nous avons discuté un peu. J'ai eu beaucoup de plaisir à bavarder avec eux, et surtout à revoir plus longuement l'un des deux qui présente à mes yeux bien des charmes.

    Cela commence peut-être tout simplement par là...

    Quitter ma zone de confort donc, prendre les difficultés une par une avec un minimum de recul, et surtout baisser sérieusement les armes. Ce n'est pas simple. Mais ce n'est pas insurmontable. 

    Rome ne s'est pas faite en un jour. Tambour Major non plus...

    31 juillet 2013

    La vie est bizarrement faite quelques fois...

    20 commentairess
    J'ai commencé à discuter avec ce garçon il y a environ deux ans. C'est lui qui a fait le premier pas et m'a demandé comme ami sur Facebook. Un ami d'ami que je n'ai à ce jour pas encore rencontré.

    Je l'ai tout de suite trouvé très mignon, très à mon goût. Il m'avouera plus tard que je suis également du sien et que c'était l'une des motivations de sa demande. Pourtant, ses premiers pas étaient dénués d'un quelconque enjeu immédiat, un océan nous tenant durablement à distance l'un de l'autre. Mais après tout, ce n'était pas tellement grave, internet permet de discuter sans que l'espace soit une contrainte.

    Notre rencontre dans le cybermonde eut donc lieu sans qu'elle fût animée par une quelconque arrière pensée, sans objectif de séduction, quand bien même ce garçon serait exactement dans mes canons, à tout point de vue. Sauf que, pour la raison que j'ai évoquée, il n'était pas une proie potentielle pas plus que je n'en étais une pour lui. Encore une fois la géographie rendait cette option inenvisageable. En outre, ayant déjà souffert les affres de la relation à distance, je sais que cette voie ne m'est pas une option viable. J'envie sincèrement ceux qui en sont capables. Le joli billet de Laurent m'avait à cet égard beaucoup touché...

    Ne s'offrait à nous que le seul plaisir de discuter, pour ma part avec quelqu'un d'agréable, doté d'une jolie personnalité, de cultivé ce qu'il faut, et qui sait si bien faire preuve de cet esprit un peu foufou par lequel je me laisse bien volontiers séduire.

    Aujourd'hui cela fait donc deux ans que nous échangeons, de façon plus ou moins régulière, mais avec une véritable constance.  Lorsque j'étais en Argentine, il prenait régulièrement des nouvelles. Et réciproquement je lui demandais des siennes lorsque ses publications montraient qu'il n'allait pas très bien. Au fil du temps, nos propos ont pris un peu plus de consistance. Progressivement nous sommes parvenus à une certaine forme d'intimité que je partage avec très peu de personnes. Et je sais, il sait - nous savons, que nous nous plaisons, beaucoup. Sans être amoureux de ce garçon, je lui porte néanmoins une grande tendresse.

    L'autre jour, après que nous avons papoté toute une journée entière, il écrivait cette phrase :
    "La vie est bizarrement faite quelques fois. Avec certains ça ne fonctionne pas mais ils sont à 10 minutes chez soi, et dans d'autres cas il y a des garçons charmant dont on pourrait fort probablement tomber très amoureux mais qui sont sur un autre continent..."
    Dans quelques semaines il doit venir en France pour son boulot. Nous avons prévus de nous rencontrer évidemment. Cela sera assurément un moment formidable, l'apogée de longs mois de conversations et de rires échangés par pixels interposés. Et je sais déjà qu'il me sera fort difficile de ne pas le prendre dans mes bras et le serrer tout fort contre moi. Je sais aussi que ce moment me laissera une atroce  amertume lorsque viendra l'heure des au revoir. 

    Si je ne veux pas risquer de pleurer amèrement ce garçon avec qui rien ne sera jamais possible, il me suffit de ne jamais le rencontrer et de laisser les choses dans une éternelle expectative virtuelle. Aucune chance de perdre en ne jouant pas. Ce n'est pas cette option que j'ai choisie. Je sais aussi que cette option n'est évidemment pas la sienne. Nous allons nous voir.

    Mais là n'est pas tellement la question que je voulais aborder dans ce billet, car au-delà de ce premier aspect, qui n'en est pas moins important, je retire deux observations de cette histoire. 

    La première observation est que je retombe toujours dans le même travers : je vois les gens qui se trouvent à des centaines, voire des milliers de kilomètres de chez moi alors que je suis incapable de voir ceux qui, certainement tout aussi charmants et intéressants, doivent habiter à trois rues de ma porte ou ses environs. Cette situation m'exaspère vraiment. Pourquoi ne suis-je pas foutu de voir ce que j'ai certainement sous les yeux ? Est-ce parce qu'inconsciemment la distance met à l'abri d'un éventuel engagement ? Est-ce une attitude de fuite involontaire ? Qu'en serait-il de ce garçon s'il vivait à deux rues de chez moi ? L'aurais-je seulement regardé ?

    La seconde observation, et je pourrais la faire à propos de ma toute première histoire avec un garçon, celle qui fut sans l'ombre d'un doute la plus intense à ce jour, est que j'ai besoin de temps. Oui, du temps. Du temps pour apprendre à se connaître, du temps pour laisser faire les choses, du temps pour se parler vraiment.

    Ce que je trouve beau dans cette histoire, qui pourrait prendre une toute autre tournure si la distance venait à disparaître, c'est sa désexualisation presque totale. Je dis bien "presque" totale, car le fait est que ce garçon me plait beaucoup physiquement. C'est la seule interférence qu'il y ait eu entre nous. Tout le reste s'est uniquement construit sur un quotidien plus ou moins distendu, sans enjeu particulier, sans bon point à marquer, sans effort particulier à faire pour tenter de remporter l'autre. Non, juste être nous-mêmes, dans la simplicité la plus totale. A bien y regarder, je crois que c'est vraiment important.

    En serions-nous là, à nous parler encore et à faire joyeusement les pitres si nous avions déjà couché ensemble ?

    Et c'est peut-être une triste conclusion à laquelle je parviens, sans savoir quel crédit il convient de lui donner : sûrement la prégnance du sexe et des pulsions, qui conduisent à l'instantanéité et à une certaine  forme d'immédiateté dans les relations interpersonnelles, gâchent-elles beaucoup de choses...

    La vie est bizarrement faite quelques fois...

    25 juillet 2013

    Le temps de s'échapper

    11 commentairess
    Travailler en été alors qu'il fait si bon et si beau dehors, quel gâchis !

    Lorsque tout prête à la langueur et au farniente, lorsque enfin le soleil daigne faire se dévoiler les jolis garçons aux bras nus et aux décolletés étourdissants, lorsque nos sens aiguisés nous conduisent le nez au vent vers des sentiers d'exquise perdition, aller s'enfermer au bureau est une véritable injustice.

    Heureusement il y a le week-end pour compenser...

    Le week-end, ce moment à part, bien à moi, deux jours de liberté, loin des contraintes du jeu social. Un moment de relachement total. Une bulle, que je partage le plus souvent possible avec des amis proches.

    On est jeudi après-midi. Plus qu'une grosse journée à tenir avant la prochaine libération.
    J'entends au loin la montagne qui m'appelle.
    Et le suivant est déjà planifié depuis plusieurs semaines.

    Il me tarde...

    21 juillet 2013

    Les mots

    12 commentairess
    Il y a les mots doux, les mots tendres, des mots couleur de ciel qui se murmurent à l'oreille, alanguis sur un morceau de soleil dans l'intimité d'une épaule généreuse. Des mots du matin, des mots du soir, des mots qui n'ont pas d'heure, des mot hors du temps. 

    Il y a les mots qui se devinent en silence, ceux qui s'expriment d'un regard, d'un sourire, d'une étincelle dans les yeux. Des mots qui ont la fraîcheur de l'eau au creux de la pierre, et la légèreté d'un vent dans les feuilles au printemps. 

    Il y a les mots qui blessent, qui tonnent, des mots qui tuent. Des mots qui vous transpercent et déchirent l'âme comme les chairs d'une proie terrassée par les serres mortelles d'un rapace. Des mots qui vous laissent sans vie, sans voie, à l'agonie. Des mots dont on redoute la morsure aux exhalaisons d'acier fumant.  

    Il y a les mots fades, insipides, poudrée de non-dit. Des mots qui tournent incessamment en rond en quête du sens qu'ils n'ont pas et  qu'ils ne trouveront jamais. Des mots vides d'eux-mêmes.  

    Il y a les mots de cristal qui rient à gorge déployée. Les mots de la joie, qui se partagent un verre à la main dans la moiteur d'un soir d'été. Des mots qui réchauffent le cœur et rendent les jours heureux. 

    Il y a les mots que l'on n'attend pas, des mots qui font plaisir et qui mettent du rose aux joues. Des mots lumineux et chamarrés comme le parfum des épices dans un plat de tajine aux amandes dont une main gourmande aurait subrepticement soulevé le couvercle. Des mots friandises.

    Il y a les mots du souvenirs, les mots de la mémoire, les mots qui reviennent sans qu'on les aie convoqués. Des mots souvent moelleux mais qui bercent le présent dans les couleurs du passé. Des mots qui chamboulent et qui bousculent. Des mots qu'il faut apprivoiser et dont il faut savoir se défaire sans les oublier, pour ne pas leur rester prisonnier. 

    Les mots...

    15 juillet 2013

    La Photo du Mois : Au ras-du-sol

    47 commentairess
    Bonjour tout le monde ! Nous sommes le 15 Juillet, c'est donc le jour de La Photo du Mois !

    Chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Ce mois-ci le thème est : Au ras du sol.
    Stéphane, qui a choisi le sujet, nous avait donné les instructions suivantes :
     « au ras-du-sol ». Plus qu’un sujet, un objet ou une action à illustrer, je souhaite surtout mettre en avant l’angle de votre prise de vue. Au ras-du-sol, la vision est si différente de celle que l’on a au quotidien. On peut valoriser la profondeur de champ, on peut faire des gros plans, on peut jouer avec le net et le flou assez aisément, les objets prennent une toute autre dimension, on se met également à la hauteur de nombreux êtres ! Bref, nous devrions voir de bien belles photos et n'oubliez pas, pliez les genoux, pas le dos

    Pour prendre ma photo hier, à la campagne, je n'ai pas plié le dos, ni les genoux : je me suis mis à quatre pattes...



    A cette saison les moissons ont déjà commencé. Les champs de blés sont presque tous coupés et la mer naguère ondoyante d'épis d'or se transforme en tapis hérissé qui crépite sous le pas. Lorsque le soir tombe, l'humidité parfume l'air de la chaude odeur de la paille. C'est divin...

    La photo du mois c'est aussi chez les autres blogueurs :
    A bowl of oranges, A'icha, Akaieric, Akromax, Alban, Alexinparis, Angélique, Ann, Anne, Anne Laure T, Arwen, Ava, Bestofava, BiGBuGS, Blogoth67, Calamonique, Cara, Carnets d'images, Caro from London , Caro JulesetMoa, Caterine, Cath la Cigale, Cathy, Cekoline, Céline in Paris, CetO, Champagne, Chat bleu, Cherrybee, Chloé, Christelle, Christophe, Claire's Blog, Cocosophie, Cricriyom from Paris, Dame Skarlette, DelphineF, Djoul, Dr. CaSo, E, El Padawan, Elodie, Emma, Eurydice, Fanfan Raccoon, Filamots, flechebleu, François le Niçois, Frédéric, Galinette, Gilsoub, Giselle 43, Gizeh, Guillaume, Happy Us, Hibiscus, Homeos-tasie, Hypeandcie, Isa ToutSimplement, Isaquarel, J'adore j'adhère, Josiane, Julie, Krn, La Dum, La Fille de l'Air, La Messine, La Nantaise, La Papotte, La voyageuse comtoise, Lau* des montagnes, Laulinea, Laurent Nicolas, Lavandine, L'Azimutée, Les bonheurs d'Anne & Alex, Les voyages de Lucy, Leviacarmina, LisaDeParis, Louisianne, Lucile et Rod, Lyonelk, magda627, Mamysoren, Marie-Charlotte, Marmotte, Mathilde, Mes ptits plats, Mimireliton, MissCarole, Morgane Byloos Photography, N, Nicky, Nie, Ori, Oscara, Photo Tuto, Pilisi, Renepaulhenry, scarolles-and-co , Sephiraph, Shoesforgirls, Sinuaisons, Solveig, Sophie Rififi, Stephane08, Testinaute, Thalie, The Parisienne, Thib, Tuxana, Un jour, une vie, Une niçoise, Violette, Viviane, Wolverine, Xoliv', Zaza,

    10 juillet 2013

    Land of Confusion sur La Radio de l'été des blogueurs

    6 commentairess
    N'en déplaise aux inconditionnels, réécouter aujourd'hui les tubes du pourtant légendaire Genesis relève du supplice tellement cette musique m'apparaît datée, et pas de la meilleure façon. Ha ! Les années 80 et leur style heureusement inimitable n'ont hélas pas produit que des sons inoubliables. Et cela est bien dommage.

    Il y a de cela quelques semaines, alors que je transpirais consciencieusement à la salle de sport, j'ai entendu une reprise de  Land of Confusion, un des gros tubes du groupe, sorti en 1986 sur l'album Invisible Touch.

    Pas une mièvre reprise gnangnan-proutprout à base de guitare molle mal accordée et de dégoulinantes vocalises  Non. Du gros, du lourd, du velu, avec des poils...

    Passée au karcher du groupe Disturbed, que les métalleux connaissent bien, cette chanson déploie enfin toute sa rage et devient ce qu'elle aurait toujours du être.

    Je vous laisse apprécier.
    N'ayez pas peur, ça ne fait pas mal.
    Ce sera ma contribution à la radio de l'été des blogueurs.


    Je suis curieux de savoir ce que François, Loup, Nekkonezumi, Mimireliton et Glimpse vont choisir, puisqu'il s'agit d'une chaîne, dont les règles sont ici.

    9 juillet 2013

    Man of Steel

    23 commentairess
    Man of Steel 
    Réalisé par Zack Snyder

    Genre : Action, Françoise Dolto, Bricolage, Métallurgie lourde.

    Durée : Long (environ)

    Synopsis :  Alors que la planète Krypton part en cacahuète à cause d'un dénoyautage un peu trop brutal, Jor-El décide de sauver son fil Kal-El en l'expédiant sur Terre où il devrait couler des jours heureux à Lacanau en vendant des chouchous sur la plage. Malheureusement le pauvre petit  Kal-El atterrit au beau milieu d'un champ de maïs transgénique paumé en plein Kansas.

    Rebaptisé Clark par un couple de fermiers fans de tornades dévastatrices, il devient la risée des ados du coin qui lui passent régulièrement la bite au cirage. Mais Clark a deux passions secrètes : lire Platon dans le texte et sauver le monde.

    Pendant ce temps, resurgis des entrailles de l'infini intersidéral, des Kryptoniens ont décidé de refaire la déco locale un peu plus à leur goût...

    Extraits :
    - Où vais-je, où-cours-je, dans quel état j'erre ?
    (Boum) (Crash) 
    - Oh c'est quoi ce machin ?
    (Badaboumcrash !)
    - Beaucoup en toi de colère il y a...
    - Papa, c'est toi ?
    (Boïng  boïng boïng...)
    (Brombrombrombrom)
    - Courrez courrez !
    - Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !
    - Hey, mes carreaux !
    - Sauver le monde tu dois...
    (Badaboumcrash)
    (Pif paf pif paf pif paf pif paf)
    - Hoooo qu'il est bôôôô...

    L'avis de la rédaction : Modération, contrôle et sens de la mesure sont sans nul doute les maîtres mots de ce blockbuster tout en retenue. Doté d'une austérité quasi-cistercienne, Man of Steel a su faire preuve d'une salutaire économie de moyens proche de l’aridité, digne du dernier Thema sur la mucoviscidose en milieu carcéral Moldave. On regrettera peut-être la subtilité trop aboutie des effets spéciaux, si discrets à l'écran, dans cette ode néo-créationniste de la plus haute inspiration.

    Les plus attentifs auront remarqué, entre deux scènes de démolition dont l'épure n'a d'égal que la subtilité, ces quelques poils dépassant agréablement du poitrail de notre super-héro, preuve que Clark, en homme de goût, ne s'épile pas. On ne peut que saluer cet hommage à peine voilé au Manifeste du Poil dont on mesure aujourd'hui la singulière portée prophétique...

    Après avoir questionné l'Être et l'Avoir dans leur dimension œdipienne, le film se termine par 45 très utiles minutes - au cours desquelles les scénaristes font preuve d'un niveau de virtuosité scénaristique rarement atteint depuis 2012 - et dont la haute ressource philosophique, véritable allégorie moderne de la folie humaine dans ce qu'elle a de plus narcissique, est à rechercher pour partie au moins, au cœur des plus sombres pages de Kierkegaard :
    « Chacun restera dans le souvenir, mais chacun fut grand selon son espérance. L'un fut grand dans l'espérance du possible ; un autre dans l'espérance de l'éternité ; mais celui qui espéra l'impossible fut de tous le plus grand »
    [Crainte et tremblement: Lyrique dialectique - 1900] 

    En guise de conclusion : Nous céderons la parole à Picasso qui, quoique n'ayant pas pu voir le film, l'a néanmoins parfaitement résumé : « Un tableau était une somme d'additions. Chez moi, un tableau est une somme de destructions » (Pablo Picasso à son pédicure).

    Note finale : Truelle de bronze.