• A propos
  • Me contacter
  • Facebook
  • Instagram
  • Lutte Nuptiale
  • Premières fois
  • L'Oiseau Bleu
  • Vine
  • 12 août 2014

    Poutine ? Vous avez dit poutzine ?

    Figure emblématique de la cuisine québécoise, la poutine est, sans conteste possible, le plat le plus populaire de la Belle-Province. 

    Apparue semble-t-il dans les années 1970, le succès de la poutine (prononcez "poutzine" avec l'accent local) peut probablement s'expliquer en ce qu'elle incarne une certaine forme de quintessence de l'art de vivre à la québécoise : des ingrédients simples, un plat calorique et robuste, agrémenté d'un soupçon de culture anglaise (même si l'on s'en défend).

    Qu'est-ce exactement que la poutine ? On peut, je crois, résumer la poutine en trois mots : simplicité, rusticité, efficacité.

    Fig. 1 "La poutine classique". Si si, je vous assure que c'est bon.

    Simplicité car il suffit de trois ingrédients seulement pour faire une poutine : des frites, du cheddar frais, de la sauce poutine.
    Simplicité également car il se vend de la poutine à peu près n'importe où au Québec, que ce soit dans les restaurants spécialisés ou non, chez McDo et autres néfastes-food, ou dans l'une quelconque des innombrables barraques à frites que vous trouverez le long de n'importe quelle route du Québec. Manger une poutine, c'est à la portée de tous, tout le temps, et partout.

    Rusticitié : frites, fromage, sauce. Faut-il réellement en dire plus ? 

    Efficacité, redoutable, et à tous les niveaux. Outre son faible prix - quelques dollars à peine - une portion de poutine vous remplit l'estomac et vous donne assez d'énergie pour aller fendre du bois par -35°C toute une journée sans discontinuer.

    Pour réaliser une bonne poutine, prenez deux ou trois bonnes poignée de grosses frites bien grasses dorées et croustillantes, saupoudrez d'une poignée de cheddar frais en grain, puis nappez d'une ou deux louches de sauce poutine brûlante. Voià, c'est prêt ! Déguster avec une bière bien fraîche.

    Fig. 2 : "Dites A".

    Attention toutefois, le choix des ingrédients détermine toute la réussite d'un bonne poutine. Ainsi, le fromage a toute son importance. Il ne s'agit pas de n'importe quel fromage mais bien de cheddar frais et en grains, dont le Québec est un gros producteur. Il en exporte même en Angleterre. Dépourvu de toute saveur réllement notable, sinon celle de la saumure dans laquelle il est conservé, le cheddar frais possède une texture bien particulière - quelque part entre le babybel, la mozarella et un joint en caoutchouc - qui fait "scouik scouik" sous la dent.

    La recette de la sauce poutine, sur laquelle certaines maisons ont bâti toute leur réputation, et sa consistance, ni trop épaisse ni trop fluide, est excessivement simple. Il s'agit ni plus ni moins d'un roux monté avec du fond de boeuf ou de volaille, et des épices.

    Une des versions les plus populaires est celle-ci :
    Dans une casserole, faire fondre du beurre. Ajouter de la farine et cuire, en remuant sans arrêt, pendant 1 minute. Verser du bouillon de poulet et de boeuf en brassant sans arrêt à l'aide d'un fouet.
    Incorporer de la cassonade, du ketchup, de la moutarde, du paprika, du piment de Cayenne et de la sauce Worcestershire. Porter à ébullition.
    Réduire le feu et cuire, en brassant de temps à autre, pendant environ 5 minutes ou jusqu'à ce que la sauce ait épaissi, mais pas trop. C'est tout.

    Vous dresserez votre poutine dans un bol en disposant d'abord les frites chaudes, un peu de cheddar, puis que vous napperez de sauce.

    Bien-sûr, ceci est une base à partir de laquelle il est possible d'inventer mille variations, chacun étant libre d'agrémenter sa sauce selon son inspiration, en remplaçant tout ou partie du bouillon par du vin rouge par exemple. Il est également permis d'ajouter de la viande, du poisson, des légumes, tant que les frites et la sauce restent les ingrédients prédominants de la recette.

    La poutine se décline à l'infini. Parmi les plus notables, je citerai la poutine italienne, dans laquelle la sauce poutine est remplacée par de la sauce bolognaise (c'est délicieux).

    Fig. 3 : "La poutine italienne". Qui a dit "Euuurk ?"

    Certains chefs tentent, avec un certain succès, d'endimancher la poutine en proposant des recettes à l'éfilochée de canard sauce poivre vert, ou encore au homard (de Gaspésie !) et bisque de homard. Pour les avoir essayées, je puis dire que c'est très bon. Un établissement a même bâti sa réputation sur sa recette de poutine au foie gras. Je n'y ai pas encore goûté, mes racines du Sud-Ouest étant pour le moment rétives à certaines hérésies gastronomiques.

    Vous l'aurez donc compris, très loin de s'enlyser dans un dédalle de raffinements aristocratiques, la poutine est, au risque de me répéter, avant tout un plat éminemment simple, rustique, efficace, sans chichi, et qui met tout le monde d'accord.

    Au fond, manger une bonne poutine, bien chaude et grasse, c'est un peu comme mater un bon porno : on sait que c'est pas l'idéal mais, sur le moment, ça fait du bien par où ca passe. Et c'est tout ce qui compte.

    13 commentaires:

    1. Oulà,c'est du lourd...à digérer! :)

      RépondreSupprimer
      Réponses
      1. Pas tellement plus qu'un repas en fast food composé d'un burger et de frites en réalité. Ensuite, tu peux souvent commander ta poutine selon 3 formats : petite, régulière ou grande. Tu peux donc ménager ton estomac !

        Supprimer
    2. C'est... comment dire ? Particulier !
      J'imagine qu'il existe des versions light pour les aficinados de Dukon.

      RépondreSupprimer
      Réponses
      1. Associer "poutine" et "light" est très audacieux. Le plus lourd dans la recette ce sont les frites.On peut faire cuire les frites au four par exemple, pour limiter le gras.

        Je sais qu'il existe des recettes de poutine un peu plus diététiques dans lesquelles les patates sont remplacées par du navet ou du panais. La sauce se fait alors avec du bouillon dégraissé. Mais franchement, c'est totalement antinomique avec le concept même de la poutine !

        Supprimer
    3. Rien que la chute de ton article vaut toute la lecture <3

      Mais du coup, je reste curieux du gout de la sauce après l'énoncé des ingrédients. J'a bien envie d'inviter #MisterGeek à essayer de la tenter.

      RépondreSupprimer
      Réponses
      1. Je ne donne aucune proportion, il faut faire à l'oeil. La base c'est le roux et le bouillon corsé, Le reste n'est là que pour condimenter, en particulier la cassonade !

        Supprimer
    4. Oui long suspens avant de découvrir ce qu'est la sauce et la chute finale bien Tambourinée comme tu sais si bien le faire.

      RépondreSupprimer
      Réponses
      1. Hé hé :) Pour être franc, cette chute est la première phrase qui m'est venue en rédigeant ce billet.

        Supprimer
    5. Réponses
      1. Sachez, cher ami, que la poutine a été nominée au Prix Nobel de la Paix en 1993 pour avoir sauvé le Nouveau-Brunswick de la famine. Pour d'obscures raison politiques, lui seront préférés Frederik de Klerk et Nelson Mandela...
        Parallèlement, et contrairement à ce que la presse internationale a pu affirmer, ce n'est pas du riz que Kouchner trimballe dans ses sacs de jut mais bien des patates, du cheddar frais et des boites de sauce brune. Hé oui, la vérité est toute autre...
        Enfin, en 2007, l'Institut d'astrophysique de St Andrews déduira de la viscosité de la sauce poutine l'équation permettant d'unifier la théorie des ondes gravitationnelles selon le diagramme de Hertzsprung-Russell. Cette découverte est elle-même à l'origine des dernières avancées significatives de la mécanique quantique appliquée aux fluides supraconducteurs à interactions complexes.

        Supprimer
    6. ça a l'air...roboratif.J'y penserai,lorsque j'irai faire du bois.Quoique dans le nord cotentin,la température ne descend jamais à -35°.
      Le groupe québecqois "la bottine souriante" a fait un tabac aux traversées de tatihou.
      http://www.ouest-france.fr/les-traversees-de-tatihou-la-bottine-souriante-fait-dans-le-fun-2759167

      RépondreSupprimer
    7. J'ai tenté de manger de la poutine trois fois dans mes quarante-deux années de vie... Et j'ai détesté les trois fois. Là où je demeure maintenant, on fait de la «poutine» avec une horreur: du fromage râpé (parce qu'il est très difficile d'obtenir des «crottes de fromage» (l'appellation québécoise du cheddar frais non compressé). Quand je vois des Albertains se délecter de cette chose, malgré moi, je ne peux m'empêcher de penser: sacrilège!

      RépondreSupprimer
    8. C'est rigolo, ma soeur revient d'une semaine au Québec et elle a passé pas mal de temps à commenter les poutines qu'elle a mangées... pour ma part je supporte pas le fromage, et j'aime trop les frites *au naturel* pour m'y risquer ;P

      RépondreSupprimer

    Bonjour, vous êtes bien chez Tambour Major.

    Ce billet vous a plu ? Il vous fait réagir ?
    Laissez donc un commentaire grâce au magnifique formulaire mis à votre disposition.

    Z'allez voir, ce n'est pas bien compliqué :

    1) Ecrivez votre petit mot doux dans l'espace de saisie ci-dessus.
    2) Identifiez-vous : sous Sélectionner le profil, cochez Nom/URL.
    3) Saisissez votre nom de scène, votre pseudonyme ou celui de votre chat si c'est ce dernier qui écrit.
    4) Si vous avez un blog, vous pouvez lui faire de la pub en mettant son adresse dans la case URL.
    Sinon passez directement à l'étape suivante.
    5) Cliquez sur Publier.
    6) Tadaaaaaam ! Sous vos yeux ébahis, votre commentaire s'affiche dans toute sa splendeur.

    Elle est pas belle la vie ?
    À bientôt !