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  • 21 octobre 2008

    Paperasse et autres réjouissances.

     Je ne sais pas ce qu'il en est pour vous, mais s'il y a une chose qui me soûle par dessus tout, c'est bien la paperasse...


    J'ai beau faire tous les efforts du monde, prendre régulièrement de bonnes résolutions, y mettre toute ma détermination, rien n'y fait. Ca me gave, ça me broute, ça me tape sur le système... ça me fait chier.


    Non seulement je n'y comprends rien, mais, plus grave, je n'y porte aucun intérêt.

    Alors que certains rangent tout, méticuleusement, dans des pochettes transparentes et par ordre chronologique depuis leur première facture à l'épicerie du coin où, alors âgés de seulement 5 ans, ils avaient acheté un Kinder Suprise à 2 Francs, que d'autres réalisent des comptes à l'aide des derniers logiciels mis au point par la NASA et qui leur permettent d'effectuer des projections financières par trimestre pour les 37 prochaines années avec une marge d'erreur de plus ou moins 0,03%, chez moi tout s'entasse lamentablement sur un coin de mon bureau, parmi des enveloppes éventrées sauvagement d'un revers du pouce et des bouquins en souffrance. Généralement, j'ouvre le courrier d'un oeil distrait, regarde vaguement de quoi il s'agit, et remets à plus tard, le plus tard possible, le traitement de cet indésirable que j'abandonne à son triste sort de papelard insipide et ostentatoirement morne.


    Morne comme le fonctionnaire qui, derrière son bureau sur lequel se meurt un cactus nain offert par le service compta, attend avec langueur le retour de son petit protégé soigneusement barbouillé par la main malhabile d'un contribuable outrancieusement vulgaire n'utilisant que des stylos bic et non pas un magnifique Montblanc à l'encre d'ébène aux reflets nacrés.


    Prostré derrière son bureau, il attend fébrilement son enveloppe du jour apportée dans une caisse en carton ondulé par la responsable du courrier, celle qui mâche inlassablement le même chewing-gum du soir au matin et fait des bulles en articulant des phrases mal construites. Lorsque, revenant de la pause café de 9h45 il découvre - ô joie - sur son sous-main représentant la façade du Ministère des Finances ou à coté de ses crayons méticuleusement alignés avec la rigueur austère d'une grille de mots-croisés, une enveloppe blanche à fenêtre aux coins légèrement cornés, laissée là par la préposée pendant sa courte absence, notre petit fonctionnaire referme délicatement la porte de son bureau. Tout en baissant la lumière il s'empare délicatement du petit rectangle de papier blanc qu'il hume suavement tandis qu'un frisson le parcours de haut en bas, lui procurant des bouffées d'extase étourdissantes. Son souffle se fait soudainement court et, dégrafant d'une main le premier bouton de sa chemise en coton gris, son corps s'abandonne à des spasmes de plaisir tandis que des gouttes de sueur dévalent sur ses tempes. Plus d'une fois il dût contenir violent un orgasme qui eut sinon auréolé de foutre le caleçon acheté en solde chez Kiabi, et imprégné d'une odeur douçâtre des mouchoirs en papier sacrifiés pour la cause.


    Pouf pouf...
    En ce moment, je suis particulièrement gâté : entre les factures EDF, la taxe d'habitation, les déclarations d'impôts sur le revenu, la taxe foncière, le courrier machin et le formulaire bidule, j'en ai raz la cuve. Ne me demandez pas dans quelle catégorie je suis, quel est l'index du barème A3-H7 du prélèvement obligatoire à subrogation extinctive sur les plus-values patronales déductibles, ni même le plafond du taux d'indexation de ma cotisation salariale à la dette de fourrage du Mozambique... je n'en sais rien et m'en contrefous d'une force intersidérale.


    Plus fort, j'ignore même à combien s'élève mon salaire brut (sans rire !) et concède sans honte n'avoir jamais parcouru un seul de mes bulletins de salaire plus de 3 secondes et demi, c'est à dire le temps nécessaire pour trouver en bas à droite l'encadré mentionnant clairement ce qui tombe effectivement dans mon escarcelle à la fin du mois. Et rien que cette pensée me procure des bouffées d'extase étourdissantes. Mon souffle se soudainement fait court et, dégrafant d'une main le premier bouton de ma chemise en coton gris, mon corps........


    4 commentaires:

    1. J\'ai toujours aimé les délires de Tambour Major ;)Et sinon, si c\'est à payer, tu payes... le reste tu laisses traîner jusqu\'au jour de grand courage où tu trieras le tout (avec un grand sac poubelle)... Paraît aussi qu\'il existe des secrétaires à domicile qui viennent aider les gens qui aiment pas la paperasse... mais avant d\'en arriver là hein! ;)Bises

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    2. chimiste-méchant21 octobre 2008 à 12:49

      Bienvenu au club !!!
       
      P.S. Tu devrais lire du Desproges plus souvent...

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    3. mais les gens bordéliques sont inventifs...si ! c\'est même une etude qui le dit : http://fr.news.yahoo.com/63/20081014/tod-l-employ-idal-serait-le-bordlique-366b5ef.html

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    4. Ben moi j\'ai une super idée... Une rivière, un feu de camp avec tous les papiers pour faire un joli feu, des amis, une guitare... et on chante : "Mickael est de retour, alléluia, Mickael est de retour, alléluuuuuuuuuiaaaaaa ...." etc etc !
      Salut à toi

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