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    28 mars 2020

    Les Crevettes Pailletées

    3 commentairess
    Réalisé par : Cédric Le Gallo et Maxime Govare.

    Avec : Nicolas Gob, Alban Lenoir, Michaël Abiteboul (graou), David Baiot...

    Genre : Zaza Napoli se casse un ongle à la piscine.

    Durée : Assez pour se faire un bon gommage et un petit masque de jour à la verveine.

    Synopsis : Chez les Le Goff, on est pas des pédés. Mathias le sait. Les tarlouses c'est pas sa came. A la maison, on se gratte les couilles dans le canapé en regardant Téléfoot de père en fils. Et les pédés, on les encule.

    Ça tombe bien, le voici propulsé entraîneur des Crevettes Pailletées, un club de water-polo Gay qui envisage de participer aux Gay Games dans quelques semaines. Alors évidemment, se faire mater le cul sous les douches, ça l'enchante moyen moyen à Mathias... 

    Lui son truc c'est plutôt les tapes viriles dans le dos en riant très fort et boire de la bière à Munich en écoutant du Georges Michael.

    Alors, armé de son plus beau jockstrap à paillettes, il va leur montrer, aux tarlouses, comment ça s'entraine, un vrai mec. 

    Gentlemen, start your engines, and may the best woman win !

    Extraits (attention, divulgachage) :
    - Alors les pédés, ça baigne ? (pfrrrrrr lol)
    - Hoooooooou mais il est à qui ce petit cul ?
    - Attention les loulous, j'arriiiiive !
    ♪♫ Cover girl ♪
    - Dis papa, pourquoi je suis pas un garçon ?
    - Ma chewiiiiiiii mais ça va pas du tout là !
    ♪♫ Put the bass in your walk ♫♪
    - Tonton pourquoi tu tousses ?
    - A moi la grosse baballe ! youhooooou
    ♫ Head to toe let your whole body talk ♪
    - Tous ensemble on est plus fort que tout seul - Han c'est trô bô c'que tu dis...
    L'avis de la rédaction : Profitant de ce que Canal+ soit en clair pendant quelques temps, j'ai enfin pu voir le film Les Crevettes Pailletées que j'avais raté lors de sa sortie en salle voici presque un an. J'en avais entendu sur le moment pas mal de propos élogieux. Me restait donc à me faire ma propre opinion.

    Bon... Comment dire que j'ai été très gêné dès les première minutes ?

    D'emblée le décors est posé de manière totalement bancale. Le film démarre en effet par une enfilade de clichés éculés que l'on croyait impossibles depuis les pires sketches de Muriel Robin sur le sujet. Alors, oui les pédés font de l'humour gras à base de cul, tout comme les hétéros ; oui un certain nombre ont une bite à la place du cerveau, comme les hétéros. Était-ce une raison pour nous infliger un premier tableau aussi calamiteux ? Suis-je bête, c'est de l'humour, c'est une comédie. Trop drôle en effet. J'en ai encore mal aux côtes.

    Passé ce premier chapitre dont les relents se propageront tout au long de l'heure quarante que dure le film, un sentiment de déjà-vu m'a rapidement gagné. Oui, encore une histoire d'équipe de losers qui va, contre vents et marées, tenter de gagner la plus haute marche du podium. Et encore une histoire de méchant homophobe qui va trouver que finalement les tarlouses ne sont pas si infréquentables que cela. So déjà-vu...

    Oui mais là c'est des losers LGBT+ darling ! Oui mais déjà-vu mille fois quand même ! Car le film emprunte abondemment à un genre déjà très richement pourvu. Il m'a été difficile de ne pas immédiatement penser à tout un tas de réussistes sur ce thème-là : Priscilla folle du désert pour le plus connu, To Wong Foo Thanks for Everything, Julie Newmar encore appelé Extravagances et qu'il faut vraiment revoir, ou encore l'excellentissime Little Miss Sunshine qui est un véritable bijou de feelgooditude et que je recommande à tout le monde... Pour l'originalité, on repassera.

    Quant aux personnages, bon, il y a quelques jolis graous dans le lot et ils s'en sortent plutôt bien pour donner vie au groupe. C'est toujours ça qui suscitera un vague intérêt au film. Mais bordel de nom de Zeux, ils ont la profondeur psychologique d'une vieille molaire déchaussée ! 

    C'est vraiment dommage de ne pas avoir creusé davantage le propos sur lequel il y avait pourtant une matière quasi-infinie. Si l'objectif du film était de rattacher un large public à la cause LGBT+ il aurait été certainement intéressant de permettre au plus grand nombre de s'identifier aux protagonistes. 

    Alors oui, on apprend qu'untel a eu le cœur brisé et ne s'en remet pas (mais par qui ? pourquoi ? que vit-il du coup ?) ; que tel autre est papa et cherche sa place (oui, mais comment il les a eus ses gosses ? et comment gère-t-il son couple ? et quel regard son entourage porte-t-il sur lui et son couple ?) ; ou que celui-là est "vieux" (oui mais ça veut dire quoi concrètement ? c'est quoi sa vie sentimentale ? quels sont ses rêves d'amour ? pourquoi est-il célibataire ?)... 

    Bref un demi-milliard de questions qui auraient donné un tout autre relief à ce film qui reste totalement en surface des choses. C'est vraiment, vraiment dommage.

    En revanche, on a du pédé jeune mais globalement bien foutu (pas un seul pédé gros ni obèse... comme si ça n'existait pas), on a du pédé qui ment à son mec pour aller faire la fiesta (bravo l'exemple), on a du pédé qui prend de la drogue en soirée mais que ça ne lui fait pas mal du tout à la tête le lendemain (bravo le message de santé publique), on a un transsexuel pour avoir le certificat LGBT+ bien comme il faut (mais qui est tout aussi creux que ses coreligionnaires), et un petit peu de drame quand-même pour faire pleurer le spectateur. Mais, attention, une maladie propre, pas question de Sida ou de VIH (ça n'existe plus voyons). Ha et une petite agression aussi. Mais tout petite, hein, n'éffayons pas les foules. Un coup de fond de teint et tout rentre dans l'ordre.

    Gênant, gênant gênant...

    Pour résumer : Sur fond de road-movie mal ficelé, Les Crevette Pailletées s'engage sur le terrain périlleux de la comédie pour essayer de nous arracher un rire au forceps. Tout au long d'un scénario prévisible cousu de fil blanc, les personnages artificiels racontent une histoire qui prend laborieusement.

    Sashay Away...

    Note finale : Bouée canard dégonflée.