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  • 13 octobre 2008

    Auto-bio

    1 commentaires
    Il est un fait avéré : je ne suis pas un grand écolo dans l'âme.

    Je ne mange pas bio, suis même extrêmement dubitatif quant aux bienfaits de ce mode d'alimentation, ne partage pas vraiment d'affinité avec nos amis les "Verts" - et ce quand bien même leur dernière université d'été s'est déroulée dans notre ville rose. Aussi, lorsque je découvrais y a quelques temps déjà les planches de Cyril Pedrosa dans les pages de Fluide Glacial, mon enthousiasme fut tout à fait restreint.

    La première fois que j'ai lu ça, je me suis dit "Tiens, ça sent le bobo à plein nez...". Par "bobo" j'entends ici le petits bourgeois friqué qui joue à l'homme de gauche et feint de se préoccuper de son prochain, tout en se réjouissant que le CAC 40 ait pris 4 points lors de la dernière cotation. Bref, j'aime pas les bobos, du moins, pas ceux qui correspondent à cette définition. On peut aussi se laisser guider par la chanson éponyme de Renaud :


    On les appelle bourgeois-bohêmes 
    Ou bien bobos pour les intimes
    Dans les chansons d'Vincent Delerm 
    On les retrouve à chaque rime 
    Ils sont une nouvelle classe 
    Après les bourges et les prolos
     Pas loin des beaufs, quoique plus classes 
    Je vais vous en dresser le tableau 
    Sont un peu artistes c'est déjà ça 
    Mais leur passion c'est leur boulot 
    Dans l'informatique, les médias 
    Sont fiers d'payer beaucoup d'impôts 

    Les bobos (...)

    Ils vivent dans les beaux quartiers 
    Ou en banlieue mais dans un loft 
    Ateliers d'artistes branchés, 
    Bien plus tendance que l'avenue Foch 
    Ont des enfants bien élevés, 
    Qui ont lu le Petit Prince à 6 ans
     Qui vont dans des écoles privées 
    Privées de racaille, je me comprends 
    Ils fument un joint de temps en temps, 
    Font leurs courses dans les marchés bios 
    Roulent en 4 x 4, mais l'plus souvent, 
    Préfèrent s'déplacer à vélo 

    Les bobos (...) 

    Ils lisent Houellebecq ou Philippe Djian, 
    Les Inrocks et Télérama, 
    Leur livre de chevet c'est Cioran 
    Près du catalogue Ikea. 
    Ils aiment les restos japonais et le cinéma coréen 
    Passent leurs vacances au cap Ferret 
    La Côte d'Azur, franchement ça craint 
    Ils regardent surtout ARTE 
    Canal plus, c'est pour les blaireaux 
    Sauf pour les matchs du PSG 
    Et d'temps en temps un p'tit porno 

    Les bobos (...) 

    Ils écoutent sur leur chaîne hi-fi 
    France-Info toute la journée 
    Alain Bashung Françoise Hardy 
    Et forcément Gérard Manset 
    Ils aiment Desproges sans même savoir 
    Que Desproges les détestait 
    Bedos et Jean-Marie Bigard, 
    Même s'ils ont honte de l'avouer
    Ils aiment Jack Lang et Sarkozy 
    Mais votent toujours Ecolo 
    Ils adorent le maire de Paris, 
    Ardisson et son pote Marc-O 

    Les bobos (...)

    La femme se fringue chez Diesel 
    Et l'homme a des prix chez Kenzo 
    Pour leur cachemire toujours nickel 
    Zadig & Voltaire je dis bravo 
    Ils fréquentent beaucoup les musées, 
    Les galeries d'art, les vieux bistrots 
    Boivent de la manzana glacée 
    En écoutant Manu Chao 

    Ma plume est un peu assassine 
    Pour ces gens que je n'aime pas trop 
    Par certains côtés, j'imagine... 
    Que j'fais aussi partie du lot
    Les bobos (...) 

    [Renaud - Les bobos - 2006.]

    Pourtant, à la relecture, mes a priori mis de coté, c'est un auteur très fin et drôle qui m'est apparu, au point que je me suis procuré tout récemment son album intitulé "Auto-bio".

    Auto-bio nous conte des tranches de vie de la petite famille de l'auteur, composée de sa femme et de ses enfants, tous fervents défenseurs des idées progressistes de l'écologie politique ; un combat du quotidien sur lequel Pedrosa porte un regard tendre et doucement cynique.

    Entre sa femme qui, sous prétexte de manger sainement, veut tout cuire à la vapeur, éradiquer le lait, les saucisses cocktails et les phosphates contenus dans la lessive ;



    Les enfants trop bien dressés qui font la morale à qui-mieux-mieux avec une répartie défrisante...

    Les voisins retors, incultes à toute préoccupation écolo qui croient que les épluchures sont recyclées à l'usine d'incinération, qui déversent des tonnes de pesticides le cœur léger et à qui il faut faire face...

    Les petites victoires du quotidien sont autant de sources de joies face à tant de désillusions que Pedrosa nous narre avec beaucoup de talent.





    J'ai beaucoup ri à la lecture de auto-bio. Les histoires s'enchaînent l'air de rien, on peut tout à fait les lire dans l'ordre que l'on désire mais je doris percevoir une fine cohérence à l'ordonnancement adopté.

    On lit et relit avec le même plaisir ces scénettes, petites chroniques de la vie ordinaire de quelqu'un soucieux de son environnement et convaincu (?) du bien fondé de sa démarche, quoique taraudé par des questions existentielles de premier ordre.

    Bref, un regard tendre et moqueur sur l'écologie, bourré d'humour, servi par un dessin souple, fluide et agréablement mis en couleur. A mettre entre toutes les mains !

    12 octobre 2008

    Vicky Cristina Barcelona

    1 commentaires
     

    Soirée cinéma hier soir en compagnie de Matthieu, Laurence, Seb et Jehanne. C'est Laurence, cinévore invétérée qui avait lancé l'idée d'aller au cinoche tous ensemble histoire de papoter un coup devant quelques tapas avant que d'aller voir un film de son choix. En l'occurence je n'étais pas particulièrement emballé par le film sur lequel notre "gentille et dévouée organisatrice" avait jeté son dévolu : le dernier Woody Allen... Non pas que je nourrice un courroux particulier contre le cinéaste mais simplement  jusqu'à hier soir je n'avais encore jamais vu un seul de ces films (oué... même que c'est totalement vrai !!). J'avais aussi quelques a priori qui me refroidissaient un peu, au rang desquels l'image du réalisateur intello jouant de la clarinette dans un ensemble de jazz... Bon, c'est un peu maigre je l'avoue, mais moi j'étais plus partant pour le dernier Jaoui-Bacri.

     

    Nous avions prévu de nous rendre à la séance de 20H mais, je ne sais pas trop pourquoi, une masse de badauds prodigieuse s'était donné rendez-vous au même endroit que nous hier soir et nous dûmes nous résigner pour nous rabattre sur la seconde séance.

    Une part de lasagnes plus loin arrossée d'un petit noir, nous revoici devant le cinoche où, encore une fois, nous ne sommes pas seuls. J'avais jamais vu autant de monde venir au cinéma un samedi soir d'autant que la majorité de ce petit peuple semblait prendre le même chemin que nous. D'ailleurs la salle était archi-comble... du jamais vu un soir de week-end. Par un heureux hasard, nous eûmes ce que nous avons d'abord pris pour de la chance, la possibilité de nous placer tous ensemble au dernier rang qui se trouvait fortuitement entièrement libre. Je compris en cours de film que ce n'était pas dû au hasard mais à une volonté délibérée de fuir ces places tant elles sont inconfortables... je ne vous raconte pas l'état de mon dos encore ce matin. Je m'en souviendrai !

     

    Après les 15 minutes de pubs en tous genres, la lumière se tamise, les éclats de voix se font silence, l'obscurité envahit la salle, le film débute.

     

    Vicky et Cristina sont deux copines que tout, ou presque, oppose. Vicky (Rebecca Hall) est la fille réfléchie, intelligente. Promise à un avenir sans soucis matériels, elle a réalisé un mémoire de Master sur l'identité catalane et va bientôt se marier à Doug, un jeune cadre dynamique propre et bien rangé de la bonne société New-Yorkaise. Cristina (interprétée par Scarlett Johansson) c'est la fausse blonde bohème, artiste dans l'âme en proie au doute. Elle est à la recherche d'un idéal qu'elle ne sait pas définir, fuyant une part d'elle même, luttant contre des démons intérieurs qu'elle ne sait pas identifier, guidée par le coeur plus que par la raison. Les deux copines décident de passer quelques jours chez les Nash, riches amis américains installés à Barcelone, la ville de Gaudi, capitale de la Catalogne. Tout ce petit monde semble aller bien, chacun avec ses certitudes et ses névroses jusqu'au moment où tout bascule, l'air de rien. Un soir où Juan Antonio (Javier Bardem), artiste à la réputation peu recommandable de l'avis des Nash, fait irruption dans la vie de Vicky et Cristina, en leur proposant tout de go de partir avec lui passer un week-end - juste elles deux et lui - à Oviedo, pour aller voir une sculpture qu'il aime, boire du vin, et faire l'amour. Si la proposition heurte la bien pensante Vicky, elle séduit intensément Cristina la passionnée. A partir de cet instant, la vie de ces trois larrons va, non pas basculer, mais prendre une autre dimension, une autre voie, celle dont les uns et les autres rêvaient secrètement, sans avoir eu jusqu'alors le courage de sauter le pas... Par la suite, des langues vont se délier (à tous les sens du termes), des masques tomberont, mais jusqu'à quel point ?

     

    Je ne vous raconterai pas davantage le film au risque de vous en dévoiler trop les arcanes finement tissées mais pour moi il s'agit d'un très bon film sur le courage de vivre ce à quoi la vie nous appelle, et non pas ce que la société et notre entourage attend de nous. Peut être un peu à la manière d'un Brokeback Mountain - qui m'avait littéralement bouleversé à l'époque - sauce Woody Allen et dans un tout autre genre bien entendu. Ou commence l'amour ? Qu'est-ce qu'aimer ? Doit-on vivre ses passions ou se ranger derrière la raison rassurante ? Autant de questions auxquelles nos protagonistes se heurtent de plein fouet dans les superbes décors catalans d'une Barcelone que Woody Allen semble avoir découverte tel un eldorado et dont il veut nous faire partager l'atmosphère.


    Vous le savez aussi, je suis une bille en cinéma, en parle assez mal, et n'y connais pas grand chose... Néanmoins, je crois pouvoir affirmer que Rebecca Hall et Scarlett Johansson sont épatantes dans leur rôle, que celui de "peintre maudit" est très bien servi par le très sensuel Javier Bardem et que Penelope Cruz, dont l'entrée en scène est assez fracassante, est parfaite dans le rôle de folle hystérique servi par quelques tirades névrosées auxquelles la langue espagnole confère une saveur toute particulière (ça me rappelle tout à fait - en un brin plus violent ici - les crépages de chignon de mes cousines, elles aussi espagnoles).
    Enfin, un mot de l'image dont le réalisateur a travaillé la saturation en jaune pour lui conférer une lumière intense et douce à la fois tout à fait évocatrice de la belle Barcelone.

     

    Vous l'aurez sûrement compris, j'ai vraiment aimé ce film. L'histoire au fond est assez simple, il n'a rien de très original et comme le disait Jean-Marie Le Clezio à propos de l'oeuvre de Colette : j'ignorais que l'on pouvait faire un film sur ce sujet. Car au fond ce n'est rien de plus que cela : une tranche de vie, des vies qui se croisent, se recontrent, et... Servi par des dialogues savoureux, des personnages bien campés et finement ciselés, tiraillés entre leurs plans de vie, et leurs certitudes soudainement ébranlées... On rit assez souvent, emportés par un tourbillon de bonne humeur, on rit jaune parfois pour mieux encaisser la dureté de certaines situations. On rit avec les personnages, mais parfois aussi d'eux, de leur ridicule préciosité.

     


     

    Le grand malheur des passions n'est pas dans le tourment qu'elles causent, mais dans les fautes qu'elles font commettre.

    Les passions font vivre l'homme, la sagesse le fait seulement durer.

    Sébastien Roch Nicolas dit Chamfort

    9 octobre 2008

    Les acharnés du boulot.

    3 commentairess
     

    Grosse feignasse je suis, grosse feignasse je reste... Oui, c'est bien de moi que je parle, alors même que mon emploi du temps journalier ne tient pas sur moins de 27 heures, et mon semainier sur moins de 10 jours...

    Pourtant, étrangement, j'aime glander... C'est un état d'esprit. Si j'ai vraiment besoin de faire dix milliards de choses simultanément et mener plusieurs projets de front, j'apprécie infiniment me la couler douce, ne rien faire, et glander...  Et pour ne pas trahir cet état d'esprit, ce billet sera l'occastion une fois de plus de vous démontrer comment pondre une page en en écrivant moins d'un quart... ^^

     

    Alors, aujourd'hui, je voudrais ériger en hymne cette chansonette et la dédier à tous ceux et celles qui n'ont d'autre envie de de glander consiencieusement :

     

    LE TRAVAIL C'EST LA SANTÉ
    Henri Salvador


    Le travail, c'est la santé.
    Rien faire, c'est la conserver.
    Les prisonniers du boulot
    Ne font pas de vieux os.

    Ces gens qui courent au grand galop,
    En auto, métro ou vélo,
    Vont-ils voir un film rigolo?
    Mais non, ils vont à leur boulot!

    REFRAIN

    Ils bossent onze mois pour les vacances
    Et sont crevés quand ils en ont, ben, ils sont morts!
    Un mois plus tard, ils sont costauds
    Mais faut reprendre le boulot!!!

    REFRAIN

    Dire qu'il y a des gens en pagaille
    Qui courent sans cesse après le travail.
    Moi, le travail me court après.
    Il n'est pas près de me rattraper!

    REFRAIN

    Maintenant, dans le plus petit village,
    Les gens travaillent comme des sauvages
    Pour se payer tout le confort.
    Quand ils en ont, ben, ils sont morts.

    REFRAIN

    Hommes d'affaires et meneurs de foules
    Travaillent à en perdre la boule
    Et meurent d'une maladie de coeur.
    C'est très rare chez les pétanqueurs!

     

    Tous en choeur !

     

    6 octobre 2008

    Envies vespérales

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     Rude journée que ce lundi après un week-end à peine reposant. Non pas que j'ai au cours de ces jours derniers, assouvi quelques triviaux désirs au gré de frasques orgiaques qui eussent conduit quelques personnes sans scrupules à se gorger voluptueusement des délices excquises de mon corps d'apollon (bah, oui, on peut rêver non ?)...

    Non hélas rien de cela... la réalité est beaucoup plus simple quoique ne manquant pas d'originalité, puisque j'ai servi ces trois jours durant d'esclave à des musiciens de premier choix, afin que ces messieurs prodiguassent, avec la dextérité digitale qui sied à leur talent - et pour qu'ils ne faillissent point à leur réputation, les onctions célestes béatifiantes de bonheurs orphéens à un auditoire avisé, venu en nombre pour l'occasion.

    En clair, j'ai joué les tireurs de registres pour des concerts d'orgue, et écumé de longues heures de répétition plus ou moins soutenues, jusques en des heures fort tardives. Mais au final, quel enchantement ! Ce ne furent que louanges et applaudissements. Du bon boulot en somme. Je n'ai pas failli à ma réputation de tireur d'élite, gagnée à la sueur du front et à la force du poignet... (les initiés comprendront ^^).

    C'est donc pas du tout reposé que je pris ce matin le chemin de la fac pour mes trois heures de TD du lundi (8h-11h) avant que de rejoindre mes quartiers de la rue de la Fonderie pour mes quatre heures et demi de TD du lundi après midi (14h-18h30 non stop). Et entre midi et deux, déjeûner, rattraper les couffes qui apparaissent toujours au moment qui s'y prête le moins... comme de bien entendu. Sinon, bah se serait pas drôle du tout... Bref, que du bonheur.

    Tout ça pour vous dire que, là ce soir toussuite, je suis...

    ANEANTI !!

    Après 7h30 de cours assumés avec brio et panache, je l'avoue humblement... J'en peux plus... Si ! Même le Tambour Major a ses limites !

    Après une si rude journée, je n'ai qu'une envie...

    Un bon bain chaud avec profusion de mousse qui pique pas les yeux... 

    Et si je pouvais aussi...

    Des mains douces pour me masser le dos, la nuque, et me faire oublier tous mes tracas

    Du calme, du silence, envie de fraîcheur

    Des bras dans lesquels me blottir et me réfugier

    Quelqu'un qui m'attende à la maison et qui sache communier à ce silence

    Comater devant la télé, la tête bercée par le rythme lent d'une respiration profonde, lovés dans le canapé

    M'endormir comme un gros bébé et faire de beaux rêves.

    Envie ... d'être heureux, tout simplement.

    3 octobre 2008

    Le rythme et la cadence...

    5 commentairess

    Journée musicale en ce jeudi qui s'achève sur les rives de mon clavier d'ordinateur !

    Festival Toulouse Les Orgues oblige, et assistant de registration comme de coutumée, ce sont pas moins de 7h30 de répétition qui ont agrémenté ma journée en plus de mon travail "sérieux". Le plus agréable fut sans doute, outre une répétition au Taur avec une assez belle oeuvre de Litaize pour orgue et cor, la répétition de ce soir à la Cathédrale en compagnie de Stéphane, Fabienne et Matthieu pour un concert à 4 mains autour de transcriptions d'oeuvres de Brahms (finale d'une symphonie), Mozart (ouverture de la Flûte enchantée) et Ravel (Le Tombeau de Couperin). J'aime tout particulièrement cette dernière oeuvre, pour plein de raisons. Je ne sais pas en fait laquelle prédomine : les harmonies agréablement dissonantes de certains passages du menuet, les thèmes tendrement nostalgiques qui émaillent ça et là les 4 mouvements, les couleurs chaudes dont Ravel avait le secret, la beauté d'une ligne musicale simple et épurée qui réveille en nous pourtant des émotions puissantes, la virtuosité débridée au service d'une expressivité gracile sans jamais concéder à la vulgarité... Insurpassable Ravel...!

    Il y a en outre dans l'un des mouvements, un passage presque médiévalisant qui me transporte chaque fois très très loin, au pays de souvenirs encore vifs, un temps pas si lointain... qui me hante et fait jaillir en moi des vagues nostalgiques et de romantisme exacerbé. D'ailleurs, cela me fait systématiquement penser à l'un des trois textes écrits par Ravel lui-même alors qu'il attendait d'être enrôlé dans l'armée, et mis en musique par ses propres soins, regroupés sous le titre commun de "Trois Chansons".

    Je vous en livre ici la teneur de la troisième de ces chanson, intitulée "Ronde":

    Ronde

    [Les vieilles]
    N'allez pas au bois d'Ormonde,
    Jeunes filles, n'allez pas au bois:
    Il y a plein de satyres, de centaures, de malins sorciers,
    Des farfadets et des incubes,
    Des ogres, des lutins,
    Des faunes, des follets, des lamies,
    Diables, diablots, diablotins,
    Des chèvre-pieds, des gnomes, des démons,
    Des loups-garous, des elfes, des myrmidons,
    Des enchanteurs et des mages,
    Des stryges, des sylphes, des moines-bourrus,
    Des cyclopes, des djinns, gobelins,
    Korrigans, nécromants, kobolds ...

    [Les vieux]
    N'allez pas au bois d'Ormonde,
    Jeunes garçons, n'allez pas au bois:
    Il y a plein de faunesses, de bacchantes et de males fées,
    Des satyresses, des ogresses et des babaïagas,
    Des centauresses et des diablesses,
    Goules sortant du sabbat,
    Des farfadettes et des démones,
    Des larves, des nymphes, des myrmidones,
    Hamadryades, dryades, naïades, ménades, thyades,
    Follettes, lémures, gnomides,
    Succubes, gorgones, gobelines ...
    N'allez pas au bois d'Ormonde.

    [Filles et garçons]
    N'irons plus au bois d'Ormonde,
    Hélas! plus jamais n'irons au bois.
    Il n'y a plus de satyres, plus de nymphes ni de males fées.
    Plus de farfadets, plus d'incubes,
    Plus d'ogres, de lutins,
    De faunes, de follets, de lamies,
    Diables, diablots, diablotins,
    De chèvre-pieds, de gnomes, de démons,
    De loups-garous, ni d'elfes, de myrmidons,
    Plus d'enchanteurs ni de mages, de stryges, de sylphes,
    De moines-bourrus, de cyclopes, de djinns,
    De diabloteaux, d'éfrits, d'aegypans, de sylvains, gobelins,
    Korrigans, nécromans, kobolds ...
    N'allez pas au bois d'Ormonde,
    Les malavisées vieilles,
    Les malavisés vieux
    Les ont effarouchés. Ah!

    Je ne vous mets pas la musique, vous aurez soin d'aller débusquer le CD chez votre revendeur favorit. Je vous mets en garde tout de suite, avant que vous ne commettiez l'irréparable : les versions sur Youtube et Dailymotion sont plus qu'hideuses !!

     Et bon anniversaire à Anouck & Bruno !

    1 octobre 2008

    Coup de gueule du soir.

    2 commentairess
     

    Marre, marre, marre !!

    Font chier ces gens qui pensent qu'à leurs malheurs sans songer une seconde que la personne en face vit exactement la même chose, qui passent leur journée entière à se lamenter et qu'on est obligé d'écouter se morfondre au risque de les voir s'enfoncer un peu plus...

     

    Ce soir j'ai une fois de plus (combien de fois au juste ? j'ai arrêté de compter...) joué au Saint Bernard pour un ami qui déprime depuis que sa copine l'a plaqué et qui vit depuis un amour unilatéral sans possibilité d'esperer un retour. De mon coté je vis aussi sur les blessures non encore cicatrisées d'une rupture particulièrement difficile qui me replonge régulièrement dans les affres de tourments amers. A trop vouloir aider on finit par se faire du mal... et ce soir cette espèce de triple buse a bien failli me faire craquer pour de bon alors que je m'évertue à redresser la barre au prix de durs efforts. Ca m'apprendra à vouloir rendre service tient !!

     

    J'ai failli lui dire lorsque nous nous sommes quittés pour regagner chacun ses pénates "Pense un tout petit peu qu'en face de toi les gens qui t'écoutent vivent aussi des choses particulièrement difficile... ouvre les yeux et sois un peu moins égoïste".

    Je n'ai pas osé, quoique les lèvres m'aient brûlé.

    Lui balancer une telle chose en pleine face eut été méchant. Je crois...

     

    Qui a dit "boulet" ?

    28 septembre 2008

    Dimanche d'automne

    1 commentaires
     

               Un rayon qui dardre à travers les volets

                      Tendresse de l'oreiller

           moëlleux de la couette                                

    Un grand lit vide

    tu me manques tant

    la douceur du parquet sous les pieds                                                                         

    la douceur de tes bras

                                                                     la fraicheur du carrelage qui fait frissonner

                                                                                  la fraicheur de ton souffle

    Il fait beau dehors

                                                                                                                                                                             Il pleure encore dans mon coeur

                                                                 se faire un manteau de soleil                                                                                      

             Une douce lumière blanche baigne la ville

                                                                                                                          De l'eau qui frémit

    L'odeur doucereuse du thé qui monte en volutes cendrées

    Parfums d'oubli

    Parfums d'amitié                                               

                                                                                                           Un bout de gâteau à la broche grignotté sur la terrasse

    ... des miettes ...                                 tant et tant...

     

                                                                       Indiscrétion

                                                                                 indice crée si-on ?

                                                                                              "Hein ?" dit Scréssion...

                                                                                                          Hendi s'crée Sion

                                                                                                                      Indes hisse Kraicion

                                                                                                                                     Hahahahaha...

                    Je ne t'en veux pas !   

    Ne pas vivre dans le passé...

     

    Respirer le calme d'un matin presque ordinaire.

     

     

     

     

    27 septembre 2008

    Putain de bordel de merde de machine à la con !!

    3 commentairess
    Gros gros gros gros GROS ENORME coup de gueule aujourd'hui...

    La raison de mon ire ? Mon ordi qui refusait obstinément de démarrer ce matin. Il l'avait décidé dans ses petits circuits imprimés entre le moment où je me suis couché et celui où j'ai eu l'idée saugrenue de presser du doigt le bouton "ON", pris d'une soudaine envie de me faire chier, retors à toute imploration larmoyante devant un écran qui restait désespérément vide...

    En fait, après une séquence de démarrage normale, le bureau s'affichait, mais...  rien , aucune icone, et le disque se mettait au repos, hop, encéphalogramme plat. Etrange étrange. Je contrôle le gestinnaire des taches et m'aperçois que le "system" est "inactif"... Sacrebleu, je vais t'en foutre moi de l'inactif !! Je redémarre la bête sans plus de succès : nada, quedalle, niet... le néant intersidéral d'une machine froide, morte, inerte, casse burnes. Je sens une légère crise d'hystérie poindre (non, pas le balancer par la fenêtre, là ce serait vraiment irrécupérable).

    Du coup, afin de booter ce malotru, je décidais d'effectuer une restauration du système à l'aide des CD que j'ai retrouvé dans ma bibliothèque...


    Et....

    ... ça a marché.

    Très bien d'ailleurs.

    Trop bien même ...


    Le point positif c'est que désormais mon ordi fonctionne à nouveau comme au premier jour. J'ai même gagné 37 Go d'espace disque. Incroyable non ? Pas tant que ça lorsque l'on sait que l'opération a littéralement formaté mon disque et basardé tout son contenu !!! Adieu logiciels, dossiers de sauvegarde, photos, configurations, archives de conversations MSN... Car cette saloperie a TOUT bazardé !!! Je suis vert de rage...

    Heureusement, je conserve une grande partie de mes fichiers en double sur 2 clés USB et un disque externe de 500 Go... Ouf.
    Mais putain, maintenant je dois TOUT reconfigurer, faire toutes les mises à jour, et tout un tas d'autres trucs hyper gonflants pour retrouver à peu près mes paramètres d'il y a quelques heures seulement....

    C'est beau l'informatique. Mais quand ça plante...


    24 septembre 2008

    Onan le Barbare

    11 commentairess
    Mais, mais...

    Mais…il y a une faute d’orthographe dans ce titre !! 

    Hééé non, bande de petites mangoustes écervelées... le billet de ce jour n’aura pas pour sujet les aventures héroïques d’un colosse body-bodybuildé se trimbalant cul nu dans une nature hostile, combattant des hordes des trolls et pourfendant la tronche à qui lui chercherait des noises d’un peu trop près. Rien de cela. 

    Le point de départ sera bel et bien celui de Onan, personnage biblique, second fils de Juda, frère de Er, ayant pris pour épouse Tamar, la femme de Er, à la mort de celui-ci, Er n’ayant pas eu de descendance. En effet, selon l’ancienne loi des Égyptiens et des Phéniciens, leurs voisins, cette pratique s’appelait « susciter des enfants à son frère ». Le premier-né du second mariage porterait le nom du défunt. 

    Il me serait d’ores et déjà facile de glisser subrepticement – en guise de boutade – que c’est dans ces événements historiques que se situe la mémoire lointaine d’expressions aujourd’hui populaires, déformées par l’usage « Avoir l’Er d’un con » et « Nique Tamar », mais la hauteur stratosphérique à laquelle je destine mon récit et dont je m’efforce de maintenir le niveau, m’interdit de tomber dans de telles bassesses indignes de mon lectorat, qui m’en voudrait certainement et non sans raison ! C’est bon de rire parfois… 

    Reprenons le fil de notre discours si vous le voulez bien. 

    Onan, donc, marié à sa belle-sœur, refuse de donner un fils à sa désormais épouse. En effet, il haïssait la mémoire de son frère et pour ne point concevoir d’enfant qui portât le nom de Er, préférait « laisser sa semence se perdre dans la terre », enfreignant ainsi la loi du Lévirat. Quelle outrecuidance ! 

    Vous l’aurez donc compris, ce billet empruntera des voies un peu inhabituelles sur ce blog puisque je n’ai à ce jour encore jamais abordé de thématique purement séquessuelle. 

    L’envie me trottait en tête depuis quelques temps déjà et l’occasion m’est donnée par la découverte vendredi dernier chez un bouquiniste Place du Salin, d’un opuscule de premier choix dont je vais vous narrer tantôt quelques extraits. Car, quoique je n’aie pas encore achevé ce sommet de la littérature médicale, je suis en mesure de vous asséner quelques grandes vérités premières, de celles que la Science hausse au rang de Loi Universelle. 

    Couchez les enfants et éloignez les âmes sensibles de l’écran, ce qui va suivre est destiné à un public adulte et averti : nous allons parler de masturbation ! Si !


    Non, ne rougissez pas, ne soyez pas gênés… ce n’est pas sale ni malsain, et tout être humain normalement constitué âgé de plus de 14 ans y a déjà consacré de longues minutes. Y compris toi qui me lit, rougissant devant ton clavier, au milieu de tes collègues de bureau, espérant que personne n’ait l’idée de lire par-dessus ton épaule. 

    Avant d’aller plus loin, je dois me dois d’adresser un vif remerciement à Méchant Chimiste qui – non ! – ne m’a pas initié à l’onanisme je vous rassure, mais dont les soirées passées chez lui alors qu’il était encore un Toulousain de la rue de la Fonderie, furent l’occasion de découvertes littéraires insoupçonnables dont je ne percevais jusqu’alors pas l’intérêt. 

    Vendredi dernier donc, je flânais entre midi et deux sur la place du Salin où s’installent toutes les semaines des bouquinistes venus de je ne sais où, mais dont la camelote attire toujours le chaland. J’errais donc d’étal en étal, l’œil à l’affût de vieux ouvrages dont la caractéristique première était en l’occurrence une belle reliure en cuir rehaussée si possible de quelques caractères gravés en lettres d’or.

    Ne cherchant rien de précis, mais espérant secrètement débusquer fortuitement l’ouvrage d’un éminent juriste connu des seuls initiés, je parcourais du regard une pile de bouquins dont les intitulés ne m’évoquaient rien de terriblement excitant. Lorsque soudain mon attention se porta sur un petit format en assez bon état au titre doucement évocateur : « Les désordres sexuels » par un obscur Dr R. Schauer, traduit de l’allemand par le très fameux ( ??) D. Decourtemanche. 

    Vu l’âge du bidule, l’époque encore très cul-cul-la-praline à laquelle il fut écrit, et le caractère tout à fait embryonnaire de ce que nous appelons aujourd’hui la médecine, je me doutais que je détenais là un potentiel d’excitation zigomaticale tout à fait exceptionnel…

    J’emportais donc avec moi cet ouvrage après m’être acquitté de mon dû auprès d’une accorte demoiselle qui me rendit la monnaie le sourire aux lèvres.

    Et je ne suis pas totalement déçu.

    Franchement, se palucher un bon coup, en matant si possible un bon porno, voilà de quoi réjouir le plus grisâtre des guichetier de l’ANPE ! Sous la douche, au bureau, en plein air… seul ou à plusieurs (2, 3, 4… et beaucoup plus si le cœur vous en dit…) je ne vous donnerai pas de liste exhaustive.

    Mais l’art et la manière des plaisirs solitaires est un univers extraordinaire qui ne connaît aucune limite, si ce n’est celle de l’imagination et du dégoût, pour ne parler que des plaisirs virils…


    Pourtant, pourtant… 

    Pourtant, si Onan est resté dans l’histoire c’est parce que le Très Haut préférât l’occire plutôt que de le laisser répandre sa semence en terre, dévoyant ainsi de sa finalité reproductrice la paire de couilles assortie d'une bite plus ou moins drue dont les fils d'Adam sont normalement pourvus.

    Hé oui, le tripatouillage nouillesque, c’est mal, c’est vilain, c’est pas bô !! Bouh !

    Et la religion de s’emparer de ces faits pour condamner avec une véhémence cupide tout astiquage non reproductif, rejointe bientôt par les lumières obscurantistes de moralistes abscons dont les propos inconsidérés et totalement hypocrites ont terrorisé des générations de jeunes garçons ressentant en leur bas ventre les appels interdits de sirènes langoureuses... 

    Heureusement, dans tout ce fracas de sornettes éhontées, des voix surent s’élever au dessus des autres et ramener les foules à la raison, guidés par une Sagesse forgée à la force du poignet sur l’enclume de la Science Moderne, à l’aune d’observations méticuleuses, sans pour autant que ne suppure ça et là quelques relents de conservatisme mal digéré. 

    Le Dr Schauer fait partie de ces grandes âmes. Gloire lui soit rendue ! 

    Dans son traité de sexologie (édité dans le courant des années 1930, je n’ai pas de date précise), notre grand savant se pose en homme de son temps et propose de restaurer un fragment de dignité masculine fissurée à l’éclatement, chez ceux de ses congénères rabaissés au rang d’intouchable, souffrant de « désordres » infamants appréhendés dans des chapitres aux intitulés doucement évocateurs : « onanisme et névrose » ou encore « les névroses sexuelles », avant que ne soit abordé le très délicat sujet de « l’éjaculation précoce ».

    Tout un programme ! 

    Si je résume d’un trait de plus le premier tiers de l’ouvrage (c’est à ce stade que j’en suis, je n’ai pas encore achevé la lecture intégrale de l’opus), le message est on ne peut plus clair. Enfin, pas tant que cela…

     Laissons la parole à l’artiste qui dans un premier temps met son génie au service de considérations philosophiques de premier ordre : 
     « Dans bien des cas, l’onanisme s’accompagne d’un sentiment analogue à celui de l’éjaculation précoce : l’impression de s’être livré à un gaspillage inutile, sans conquérir ni satisfaire une compagne de l’autre sexe ». 
    J’arrête momentanément la citation pour faire remarquer à notre cher ami que l’altérité sexuelle n’est plus une condition sine qua non des plaisirs du sexe... autres temps autres mœurs...

    Mais reprenons : 
     « C’est en même temps une déception : on sent que « ce n’est pas la vraie façon ». C’est le sentiment décourageant d’être exclu du monde des jouissances véritables, auquel s’ajoute une rage de ne rien pouvoir faire, qui peut aller jusqu’au désespoir. » 
    On pressent déjà l’erreur de raisonnement de notre cher Dr Schauer qui confond reproduction et plaisirs, comme si seul l’acte copulatoire ayant pour finalité une fécondation pouvait procurer le « vrai » plaisir, le seul digne d'intérêt. J'en viens à croire qu'il ne savait pas s'y prendre le pauvre homme !

    Enfin... [soupir] 

     Descendons de quelques lignes, l’esprit de Rousseau n’est pas loin (enfin… vous allez comprendre) :
    « La seconde racine interne des angoisses de l’onanisme est plus profonde ». 
     Il n’y a je crois aucun jeu de mot ni allusion graveleuse dans ce passage… le terme « profonde » ne devant pas à mon sens être interprété comme une dénonciation à mot couvert de l’utilisation d’accessoires oblongs à introduction anale. 
     « Chez tout individu animal, l’accouplement est suivi d’une fatigue et d’une détente momentanée de toutes les forces. Chez les insectes, une prompte mort accompagne le plus souvent l’acte sexuel ; la continence peut prolonger la vie de l’insecte jusqu’au printemps suivant. L’agave mexicaine fleurit après sept ans d’existence, donne des fruits et meurt. (…) Il y a eu prolongement de la vie individuelle aux dépens de l’espèce. L’espèce est l’ennemi de l’individu. Pour beaucoup d’êtres inférieurs, l’accouplement est la mort ».
    Voilà ce qui nous pendait au nez alors que nous nous balancions d’un pied sur l’autre à l’ère où nous n’étions que primates et que notre cerveau reptilien conserve en mémoire, relique inutile d’un passé lointain.

    S’astiquer la nouille ferait donc remonter en nous cette angoisse animale de la mort, source de culpabilisation et de dépression chez le branleur invétéré. Replacé dans le contexte de ce grand tout qu’est le Monde et de ce grand rien qu’est la mort, l’homme serait mis face à sa propre finitude… 

    Alors, oui c'est joli, ça parle d'insectes, de pays lointains et de fleurs exotiques, mais mon dieu… C’est extraordinaire ce qu’on peut raconter comme conneries au nom de la Science !

     Ne tirons toutefois pas trop vite à boulet rouge sur le Dr R. Schauer qui s’empresse de rectifier le tir :
     « Il en est autrement chez l’homme. L’usage régulier et même parfois excessif de la puissance sexuelle ne raccourcit pas la vie, comme le croyait encore Schopenhauer. »
    Haaaaaaaaa !!! Nous y voilà !

    Branlez vous en paix mes frères, vous ne risquez rien pour votre santé ! Non ça ne rend pas sourd, ni aveugle, ça ne fait pas pousser les poils sur les gencives (il peut s’en trouver à cet endroit mais pour de toutes autres raisons que je n’évoquerai pas ici) ni tomber les dents. 

    On serait presque rassurés devant cette vérité assénée avec un aplomb de sénateur. Pourtant, gardons nous de nous réjouir trop vite, car le Vénérable Dr Schauer nous réserve un superbe coup du lapin intellectuel : 
     « Cependant, on a beau répandre la vérité à ce sujet, les hommes ont beau se raisonner, ils ne peuvent résister, quand ils se livrent à des éjaculations inutiles, à l’impression qu’ils gaspillent de la force. (…) L’inutilité dont nous prenons conscience, le gaspillage que nous pressentons, nous rapprochent du vrai sens de la vie et nos font éprouver sa désolante immensité. »
    Quel splendide retour en arrière… !

    La bonne vieille morale n’est donc pas enterrée qui nous rend honteux de nous faire du bien. Attendez de connaître la suite pour enfin percevoir tout le talent de ce médecin à la noix : 
     « Nous reconnaissons, ou plutôt nous vivons dans les éjaculations de l’onanisme l’essentiel de la vie : nous voyons qu’elle n’est que l’illusion suprême, en même temps que nous éprouvons le tourment infernal de la peur de la mort. La production du germe détachée de tout lien avec l’éternité de l’espèce, le sentiment de la terrible finitude de l’individu nous conduisent aux profondeurs et à la véritable origine de la peur, qui est la peur de la mort ».
    Et hop, une volte face absolument admirable !

    Ainsi, après nous avoir expliqué que l’homme n’a pas de raison d’avoir peur de se branler parce que sur le plan médical l’activité est sans risque (à condition de rester soft quant aux joujoux qui accessoirisent ces petits moments de bonheur : l’utilisation d’une scie circulaire ou d’une perceuse à percussion peut avoir des conséquences indésirables voire regrettables), que l’homme ne meurt pas après avoir joui, ce qui peut lui donner l’occasion de recommencer autant de fois que son métabolisme le lui permet, voici que notre formidable Dr Schauer nous fait trembler en nous mettant face à une angoisse existentielle à laquelle personne de normalement constitué n’a jamais pensé et qui pour le coup nous fait flipper pour de bon.

    Car, je te pose la question, à toi lecteur de sexe masculin qui me lis à l’instant guettant alentours le passage d’un collègue curieux de savoir ce que tu fais sur ce blog :


    As-tu déjà pensé à l’immensité du cosmos alors que tu t’astiquais le manche ? 

    Hein ? Sérieusement ? Répond en toute quiétude… 

    La réponse est à n’en pas douter un NON rauque et vibrant, et tu aurais raison.


    Vous l’aurez compris, cette littérature de pacotille, écrite pourtant sur le ton le plus sérieux qui soit, me fait doucement rire de par la mauvaise foi sous-jacente qui l’imprègne et l’approximation fantasmagorique des arguments utilisés à l’appui d’une démonstration téléologique bancale. 

    Rendons justice à Onan et honnissons en chœur ces Barbares qui vandalisent nos esprits au rang desquels je place désormais le Dr Schauer, pour le meilleur et pour le rire !

    23 septembre 2008

    Coup de gueule du jour...

    1 commentaires
    En attendant d'avoir davantage de temps pour écrire un billet digne de ce nom,

    (et le temps aussi de terminer un ouvrage scientifique de premier ordre)

    mon coup de gueule du jour :




    Et toc !