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  • 16 avril 2009

    Slt !

    Internet offre une panoplie d'outils pour faire copain copain avec une foultitude de gens divers et (a)variés, que l'on n'aurait pas nécessairement eu l'opportunité de croiser dans sa vie de tous les jours. Les sites de rencontres se situent bien évidemment au premier rang de ces dispositifs modernes qui permettent en quelques clics de - peut-être - tomber nez-à-nez sur la personne avec laquelle vous allez, dans le meilleurs des cas, passer le reste de votre vie, ou plus probablement et plus modestement quelques bons moments, voire dans le pire des cas, mais aussi dans la majorité d'entre eux, perdre quelques minutes.
    C'est d'ailleurs assez angoissant au début de se trouver face à face - et au milieu - de tout ce tas de viande fraîche de toute cette ribambelle de portraits aguicheurs (ou pas) affublés de pseudonymes plus ou moins grotesques dont on ignore la genèse mais qui, on le suppose, sont le fruit d'une longue séance de brain-storming et ne laissent parfois que peu de doutes sur les louables intentions de ces interlocuteurs potentiels ; par respect pour ces tristes victimes je m'abstiendrai de vous livrer en pâture le moindre pseudo, quand bien même fut-ce le plus ridicule du cosmos.

    Une fois passée la premire appréhension de cette vitrine de super-marché, il n'y a plus qu'à arpenter les rayons, à flâner de produit en produit, se laisser guider par ses hormones son instinct à défaut de repère un peu plus objectif car à l'inverse d'un Leclerc ou d'une Superette du coin, il n'y a pas de marque label-rouge qui garantisse la qualité de la marchandise ni le sérieux de fabrication, gage d'une satisfaction minimale du consommateur : il faut ouvrir l'emballage pour savoir ce que le packaging contient... Et en la matière, la théorie de la boite de chocolats est d'une régularité imbattable : à chaque fois c'est une nouvelle découverte. Petite revue des troupes.

    La population des sites de rencontre se partage en plusieurs catégories dont la classification nécessiterait une réflexion théorique un peu plus poussée que celle que je vais mener mais comme je suis une grosse feignasse et que je n'ai pas encore englouti les 3 litres de café nécessaires au réveil de chacun de mes neuronnes, vous excuserez l'indigence, l'arbitraire et la perfectibilité de ma présentation.

    Le monde se partage tout d'abord entre ceux qui mettent leur photo et ceux qui ne la mettent pas.
    Une des premières règles élémentaires du marketting est de vendre le produit par l'image, le montrer sous son jour le plus flatteur - quitte à maquiller la vérité - afin d'appâter puis ferrer la proie comme le pêcheur appâte et ferre une belle prise. Jusque là je ne pense pas dire trop de bêtises. Or il se trouve un certain nombre d'énergumènes qui estiment que leur seule prestation écrite suffira a priori pour retenir l'attention du chaland. Soit, c'est un parti pris dont je doute de la pertinence. J'avoue toutefois que certains ont raison de ne pas mettre de photo...
    Parmi ceux qui mettent une photo, une sous catégorisation s'impose : mytho ou pas mytho. Si l'essentiel des mecs qui mettent leur photo sont relativement honnêtes, j'imagine néanmoins que certaines ont dû être minutieusement photoshopées, alors que d'autres devraient l'être en urgence ou retirées tout de suite... J'ai quelques pixels de mon écran qui en sont morts ! A coté des (rares) laiderons qui hantent les lieux, se trouvent à l'opposé les bêtes de sexe dont la seule vision est orgasmique mais qui, par un petit jeu auquel le destin est passé maître, se trouvent à des années-lumières, de l'autre coté de la Galaxie, aussi inaccessibles qu'un pot de confiture juché sur le dernier rayon de l'étagère. Oui, le monde du net est injuste parfois...
    Il en est d'autres enfin qui osent afficher la photo d'un superbe mannequin huilé aux muscles bien saillants ou autre acteur au sex-appeal dégoulinant mais sûrement bien loin de la réalité physique de celui qui s'en prévaut... Le subterfuge de ces escrocs est généralement conspué à grands coups de commentaires assassins, mais justifiés, de la plèbe en colère, honteuse de son rêve brisée. Oui, le monde du net est parfois cruel.

    Une fois passé la barrière de l'image ou de son absence, la sélection intuitu personnae de celui sur lequel on va tenter de jeter son dévolu grâce à des critères scientifiques éprouvés tels que "tiens il est pas mal lui..." ou encore "tiens, celui-là il me file bien la gaule" (oui, je suis aussi très matérialiste), vient la confrontation proprement dite avec l'inconnu...
    Les premier mots peuvent être d'une banalité ébouriffante. Aussi il est fréquent que l'on se fasse accoster par un quelconque "salut" ce qui en soit n'est jamais désagréable quoiqu'un peu léger mais c'est déjà ça. De temps en temps l'amorce se réalise par un rédhibitoire "Slt" qui traduit une méconnaissance fondamentale des bases élémentaires du savoir-vivre et un manque de considération à la limite de l'insultant : un mec qui commence une conversation par de l'abrégé, c'est comme de la choucroute en boîte : ça a l'air bon tant qu'on n'a pas ouvert la boite ! Autant dire que j'expédie assez rapidement ce genre d'affaire courante, avec plus ou moins de courtoisie.

    Autre genre de pénibles : les pressés. Le pressé se caractérise par le fait qu'il est... pressé. Oui c'est un peu facile comme description mais je ne vois pas comment mieux le décrire. Le syndrôme du pressé se manifeste par un discours condensé dans lequel les mots - et les idées - sont escamotées en raison d'une convergence de l'afflux sanguin en des régions basses de l'organisme, juste en dessous de la ceinture... d'où une défficience intellectuelle pathologique qui peut conduire le sujet jusqu'à poser noir sur blanc des propositions que la descence et la bienséance m'interdisent de dévoiler ici. Sachez juste qu'il ne s'agit pas de regarder la saison 5 de Desperate Housewives ou d'aller cueillir des renoncules jaunes en Auvergne ; c'est un tout petit peu plus trivial que cela. Si l'excès de romantisme est nauséeux, son absence totale est pour le moins tout autant génante : comme dirait l'autre "et la tendresse bordel" ? Bah oui quoi !

    Dans un tout autre registe, il y a ensuite les grands timides qui ne lachent que quelques mots à la fois et dont l'imperméabilité intellectuelle me repousse en quelques secondes. Outre son avarice épistolaire (peut être dûe à la concomittence d'une occupation effrénée de la main droite ?), le timide ne sait pas ce qu'il veut : oui, non, peut être... Parler ou ne pas parler, telle est la question. C'est littéralement insupportable.

    A l'opposé des timides se trouvent les bavards. Les bavards sont de deux sortes : les intellos, et les rigolos ; leur propention à être fatigants est à peu près égale, pour des raisons différentes toutefois. J'ajouterai que rarement les spécimens étudiés à ce jour allient la double compétence.
    Il n'y a rien de pire que l'intello coincé, enfermé dans sa bulle de savoir, gorgée de sensibleries chimériques, qui ne parle qu'à coup de citations de Amélie Nothomb qu'il a déjà rencontré 8 fois, qui voit des images poétiques derrière chacune de vos paroles et qui s'extasie à la moindre de vos répliques :
    " Hannnn comment c'est trop bô c'que tu dis...
    - Hein ? Mais J't'ai juste donné mon prénom ... ! "
    Ce genre de grands malades au romantisme mielleux en plus d'être mièvres sont également très souvent des hyper-susceptibles totalement soupe-au-lait qui ne rechignent pas à vous faire un gros caca-nerveux à la moindre occasion, si futile soit-elle :
    " Hannnnn espèce de gros vilain, tu ne m'as pas répondu depuis plus de 12 secondes !!
    - Hé oui mon grand... Et puisque tu le prends comme ça, je vais même me payer le luxe de plus te répondre du tout... Ciao ! "
    Oui, à l'instar de Dallas, l'univers du net est impitoyable.

    Dans le même registre mais sur un tout autre ton, se situent les bavards rigolos. Les vrais rigolos, à l'esprit vif et affûté, sont choses relativement rares et donc précieux. Ce sont des êtres à choyer. Le plus souvent hélas vous croiserez un vague sosie mal dégrossi de l'insupportable Christian Clavier, qui fait des vannes aussi fines qu'un porte-avions (environ une par phrase), le prototype du gros lourdeau qui s'échappe en familiarités au bout de 2 phrase et qui vous taperait sur l'épaule en riant aux éclats tout en vous enfonçant l'index entre les cotes tandis qu'il vous emboucanerait à vous parler trop près... Des qui vous filent la migraine en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. A dégager de toute urgence !

    Pas facile de s'y retrouver au milieu de toute cette jungle...
    Un peu comme dans la vraie vie finalement !

    6 commentaires:

    1. Variante subtile du "Slt" incipital :
      le "Slut".
      Un salut mal rédigé, un semi-raccourci, bref une entité bâtarde qui débouche sur ce que votre correspondant ignore la plupart du temps être une atteinte à votre respectabilité. Il vient de vous traiter de salope à l'aide de ce qui est le mot le plus méprisant de la langue de Shakespeare, qui en compte bien une douzaine de toutes nuances pour exprimer le concept.

      Bref, je préconise comme réponse : un "toi-même " bien senti, et qui laissera sans doute votre interlocuteur pantois et interrogatif.
      Gnark gnark gnark...

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    2. Et le rédacteur de ce billet, dans quelle catégorie se range-t-il?

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    3. @ Méchant Chimiste : C'est vrai que la liste des attentats à la bienséance pourrait faire l'objet d'un recueil encyclopédique...

      @ Anonyme : dans la meilleure très cher, dans la meilleure. En gardant à l'esprit qu'on est toujours le con de quelqu'un ;)

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    4. et si on est un peu tout ça à la fois, tous ces sociopathes, euh types, sociotypes, on est dans la merde n'est-ce pas ?

      oops...

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    5. @ OochyKoochy : Il y a toujours des exceptions à la règle, c'est là que réside l'intérêt ^^

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    6. Ah oui, internet et ses sites de rencontres. Moi j'étais du genre à attendre qu'on me contacte, même quand les gars me plaisaient, j'osais rarement faire le premier pas... j'étais une sorte de fausse princesse timide (ne me demande pas d'explications sur cette catégorie), mais en tout cas, ton billet décrit bien cet univers!

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