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  • 1 août 2009

    Vacances - Episode 3 : épopée Sevillane

    Et hop, changement total de décor en quelques heures. Après avoir quitté Lourdes sitôt terminé mon dernier cours de solfège - et avoir été ovationné par mes élèves en pleurs d'admiration devant un professeur aussi doué et talentueux - me voici quelques 1500 kilomètres plus loin pour une semaine entière propulsé au coeur de l'une des plus belles villes d'Espagne en compagnie non pas de mon chéri qui erre en France de mariage en beuverie désoeuvré comme Pénélope attendant son Ulysse (gniiiiiiiiiiiiii), mais de mes acolytes de tous les combats, Laurent, Stéphane et Nadia. Finies les bondieuseries, exit les moutons et les verts pâturages, Y viva Espana !

    Enfin, viva espana... je suis indulgent pour le voyage qui nous a conduit de l'aéroport de Girona depuis lequel nous avons embarqué jusqu'aux portes de nos vacances. Si les compagnies lowcost présentent l'intérêt non négligeable de leurs prix particulièrement attractifs, la qualité du service à bord reste en revanche plusieurs crans en dessous. La faute n'incombe pas totalement au prestataire mais il faut reconnaître que notre vol prit parfois des allures à la limite du supportable. 

    Tout d'abord je tiens à déverser un torrent de fiel haineux des plus amers contre les mioches qui hurlent à la mort sans discontinuer, depuis l'embarquement jusqu'au débarquement. Je ne sais qui est le plus blamable dans l'histoire : le chiard hurlant à la mort comme si on l'amputait d'un bras à vif, ou le parent inconscient qui ne l'étouffe pas dans sa liquette afin de le calmer définitivement. Non mais franchement heureusement que les hublots sont solidement ancrés dans la carlingue sinon j'en connais qui auraient fait un baptême de l'air fulgurant !

    Autre particularité de ce vol qui justifie à lui seul un cri foudroyant de mécontentement : le chef de cabine hurlant comme une poissonnière dans son interphone - en anglais mais parlé avec un accent espagnol très prononcé - à tout bout de champ même lorsqu'il ne se passait rien, juste pour nous dire qu'il fait beau ou qu'il a mis un slip de couleur... Et encore, si ce n'était que ça ...  Alors que j'essayais de trouver un semblant de sommeil sur mon fauteuil trop étroit pour y longer la paire d'échasses qui me sert de jambes, et trop raide pour que mon dos puisse s'y appuyer confortablement, j'eus la surprise de voir notre chef de cabine se transformer en Pierre Bellemare du ciel pour nous proposer d'acquérir parfums, montres de luxes et autres objets tous aussi improbables les uns que les autres, concluant sa harangue par un slogan médiocre : "Avec AirBidule, achetez différemment"... Dans quelques années, si cela continue à ce rythme, j'imagine fort bien ce genre de discussion : 
    "Tiens chéri, y'a plus de lait dans le frigo. Prend un vol pour Berlin et ramène un pack de 6..."
    ou encore :
    - Mais alors... ? t'étais où toute la matinée ?
    - Ben rappelle-toi chérinou, j'ai pris un aller-retour Toulouse-Milan : fallait que j'achète un grille-pain pour le mariage des Leblanc..."
    Nan mais j'vous juge, du grand n'importe quoi. Même le RER aux heures de pointe n'est pas si bordélique !! 

    Enfin, bref, quelques heures de médiocrité en contrepartie d'une semaine de détente et de bien être, finalement, ce n'est pas si grave. Nous voici bel et bien à Seville dans un bel et cossu appartement climatisé loué pour une bouchée et demi de pain, idéalement situé en plein centre ville.

    Lorsque adolescent j'étudiais l'espagnol au collège puis au lycée, j'eus la chance de compter à trois reprise parmi mes professeurs Madame P. que nous surnommions parfois "le nain" ou plus péjorativement "le nabot" en raison de sa petite taille. Les enfants sont cruels... Néanmoins - mutatis mutandis pour l'esprit - la taille ne fait heureusement pas tout et Madame P. nous a transmis un savoir solide ainsi que sa passion pour l'Espagne, notamment et en particulier pour l'Andalousie dont nous avions droit chaque année à une ou plusieurs séances diapos, la salle de classe se trouvant alors enveloppée d'un étrange clair-obscur orangé provoqué par les épais rideaux occultants chargés de poussière, rangés de part et d'autre des fenêtres comme deux gardes suisses rabougris.

    Les jardins de l'Alcazar, la Giralda, les orangers chargés de fruits, le ciel d'azur gorgé de soleil, l'architecture des rues où se dessine sur les façades des maisons le syncrétisme esthétique des cultures occidentale et orientale... Autant d'images féériques qui alimentèrent longtemps mes rêves d'orient et de palais merveilleux, de chevaux au clair de lune et d'épopées fantastiques à travers les décors extraordinaires de cette région aux confins de mondes qui furent un temps en osmose, et qui aujourd'hui se regardent d'un oeil méfiant. Tant de trésors qui s'offrent désormais à moi...

    2 commentaires:

    1. Jolie photo de la Giralda. Il faut que tu goûtes la confiture d'oranges amères de Séville, une merveille, une tostaìta au petit déjeuner et un cocido au dîner. Pas trop de saison mais un grand garçon comme toi doit pouvoir encaisser ça ;-))

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    2. @ Eric : Dans le genre "costaud" j'ai découvert les yemas... Peut être une idée pour un prochain billet...

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