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  • 28 février 2013

    Notre dernière fois

    Il est venu passer la soirée de lundi à la maison. J'avais préparé le repas, comme à chaque fois. Des pâtes au saumon fumé. Pour satisfaire à notre petit rituel, il avait acheté de la glace pour le dessert. Des parfums que j'aime. Nous le savions tous deux, cette nuit serait la dernière avant la fin de l'implacable compte à rebours. Inconsciemment, je savais qu'il n'y en aurait pas d'autre. Ce serait notre dernière fois. 

    En arrivant il m'a donné un petit paquet joliment emballé. "Pour que tu aies un souvenir" m'a-t-il dit. Déchirant le papier cadeaux apparurent deux albums de Mafalda, la vedette nationale. Dire que j'ai été super touché par son geste serait un fade euphémisme. Bien entendu je ne lui ai pas dit que, quelques semaines auparavant, je m'étais acheté l'intégrale... Le prenant dans mes bras pour le remercier, j'ai failli exploser en larmes mais je ne voulais pas de ça devant lui. Good boys don't cry... 

    La soirée n'eut en soi rien d'extraordinaire. Juste nous deux. Même si nous avons fait mine que tout allait bien, je nous sentais mal à l'aise l'un comme l'autre. Ce n'était pas "comme il faut" ou comme j'aurais aimé que ce fut : non pas une soirée parfaite, mais à tout le moins une soirée qui eût un peu plus de tenue.

    Le lendemain lui et moi devions nous lever tôt, ayant chacun une journée fort chargée. Nous n'eûmes même pas le temps de prendre le temps de nous dire confortablement au revoir. Malgré tout, nos embrassades furent interminables. Et la séparation qui s'en suivit fut horriblement amère. Le lourd silence de la porte qui se referme et le vertige abyssal de la vérité nue : c'était notre dernière fois et il n'y en aurait jamais d'autre. Jamais.

    Depuis cet instant je n'ai de cesse d'avoir envie de chialer, ce que je fais d'ailleurs en écrivant ce billet. Car, je ne me suis pas laissé le temps d'amorcer un quelconque deuil de cette courte mais intense relation. Je fais le bulldozer, j'avance tout droit sans me poser de question, on ravale ses larmes comme un homme et on fait semblant que tout va bien. Mais non. Good boys sometimes cry...

    Comme me l'a dit une oreille charitable, j'ai besoin de donner à la fin de cette histoire toute l'importance qu'elle mérite. Puisse ce billet en être un nouveau témoignage.

    Et le témoin de notre dernière fois.
    Notre dernière fois...


    21 commentaires:

    1. Conseil ... Ne viens pas sur mon blog ce soir !
      :)
      Grosses bises !

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    2. Il y a des situations où on ne sait pas quoi dire, on ne peut que dire qu'on est là même si on aimerait pouvoir faire plus.
      Des bises.

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    3. Bon courage pour les jours qui viennent.
      Et après eux, le chagrin aura disparu pour ne laisser la place qu'à la tendresse du souvenir d'avoir vécu un moment fort, un de ceux qui rendent la vie si palpitante.
      Des bises. Beaucoup.

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    4. Gros bisous, en attendant de t'en faire un à Tls

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    5. Bon courage.. Ca me parle beaucoup ton article. Peut être est ce parce que je vis plus ou moins la même chose en ce moment ? (Plus ou moins, hein.)

      Ca restera un magnifique souvenir. Le temps guérit tous les maux...

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    6. Pourquoi être si triste? L'Argentine n'est pas si éloignée que celà de la France. Un coup d'aile et tu peux aller revoir ton joli argentin. Je sais, c'est facile à écrire.

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    7. C'est toujours triste une séparation, surtout quand elle est due à autre chose qu'à la volonté d’arrêter l'histoire . J'ai vécu ça aussi, façon "Orly" (tu sais, la chanson de Brel), j'avais éprouvé aussi le besoin de l'écrire dans mon blog, et puis le temps passe et les blessures finissent par se refermer.
      Courage à toi, les souvenirs des bon moments eux, ne disparaissent pas !

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    8. Avant de partir, tu m'avais dit que tu allais manger de la bonne viande et voir si l'Argentin est aussi beau et désirable qu'annoncé. Tu as eu les deux et le dernier restera comme certainement le plus beau moment passé, alors oui, la mélancolie est là et la tristesse aussi, mais le principal c'est d'avoir de magnifiques souvenirs. Et puis, compte sur moi pour te chercher des supers tarifs pour y retourner !
      Plein de bisous Lyonnais

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    9. Laisses les larmes perler sur tes joues. C'est aussi ça, le moment du deuil. C'est difficile, je le sais bien ; mais le temps et les préoccupations diverses effaceront la douleur sentimentale.
      Je te souhaite bon courage pour ton retour vers la France.

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    10. Ce n'est pas souvent que les larmes me montent aux yeux à la lecture d'un blog. C'est le cas aujourd'hui. Je te fais des bises

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    11. Allez du courage et à bientôt à Tse

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    12. Je demeure muet. Mais me viennent alors ces mots écrits par un autre:

      J’ai si souvent rêvé des poèmes d’amour
      Que j’écrirais demain pour chanter ta beauté.
      On n’écrit jamais rien dans le bonheur d’aimer ;
      Et les mots se défont sur la ligne des jours.

      http://labriderien.tumblr.com/post/43982537693/jai-si-souvent-reve-des-poemes-damour-que

      Pleure s'il le faut, mais que les jours redeviennent vite miel pour Tambour-Major, que les souvenirs soient bientôt des soleils. Bon courage. Nous t'embrassons tous...

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    13. Don't cry for me Argentina.... Qu'il est loin mon pays, qu'il est loin....

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    14. Enfin je peux écrire un petit mot, chose impossible sur Blogspot depuis un iPomme... pour dire que si j'avais su, je te l'aurais ramené, ce pâté d'ours qui aurait donné un sourire bête.

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    15. "c'était notre dernière fois et il n'y en aurait jamais d'autre.Jamais"
      Nul ne le sait,pense à cette phrase de Tristan Bernard.
      "Jusqu'ici nous avions vécu dans la crainte. Maintenant nous vivrons dans l'espoir"

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    16. bah c'est peut-être lui qui va sauter dans le premier avion....sinon,un de perdu,dix de retrouvés! (je ne suis pas drôle! :)

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    17. #Hugs
      Et j'ai même envie de faire l'optimiste : il ne faut jamais dire jamais ;)

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    18. Moment pas facile, d'autant plus que ça marque la fin d'une période de six mois de ta vie dans un pays, c'est la fin de plein de choses en même temps, une page se tourne mais retour au bercail

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    19. Très touché par cette page tournée, combien de nous l'ont tournée également... Une dernière fois, ce devait être aussi la dernière fois en 2000 quand nous nous sommes dit ADIEU pour toujours !

      Et puis, et puis, les choses ont évolué, bien sûr nous n'étions pas à des milliers de kilomètres mais à des milliers de possibilités de nous revoir, tout devenait impossible !

      Mais un jour, avec le temps, LA "solution" était là et cela fait maintenant 13 ans que nous partageons nos quotidiens ... Je n'y croyais pas, et maintenant on ne se quitte plus... jusqu'au jour où ce sera le moment !

      Le moment a pointé son nez, il y a six mois, le moment porte le nom générique de "maladie" avec pour patronyme "incurable"...

      Voilà, cette fois, je vais partir, mais il n'y aura certainement pas de "solution". J'attends chez moi le jour où mes yeux se fermeront pour toujours en espérant que mon dernier regard sera pour lui, bien que je ne veuille pas lui faire cette peine !

      Sa dépression face, aussi, à cette nouvelle, fragilisé, presque deux mois à l'hôpital, le choc, me donne le sentiment que nous avons perdu le temps, ce temps qui m'est compté, mais dont on ne sait pas pour combien de temps !

      Je sais seulement que ce sera du jour au lendemain, d'un instant à l'autre, d'une minute à l'autre, mais ce sera ! C'est sûr !

      Interdit de travail, interdit de sport, interdit d'émotion, interdit d'effort, interdit, interdit, interdit... même la vie me devient interdite ! Je reste là à attendre dans ce fauteuil que l'on m'a fourni dernièrement pour me reposer. Je suis fatigué de me reposer, et me repose parce que fatigué !

      Je parle de moi, alors que je suis sur ton blog, Twitter vient de m'annoncer que tu me suis ! Rassure toi, ce ne sera certainement pas pour toujours !

      Si je t'ai raconté ça (alors que j'évite d'en parler), c'est pour te dire qu'il faut vivre les moments les plus intenses, j'ai lu aussi tes billets "inadapté"... fonce, ne te pose pas de questions, la vie est trop courte et aime, aime celui que tu aimes sans jamais souffrir d'une rupture ! Les kilomètres ne sont rien, je t'assure, c'est le temps le plus difficile à parcourir !

      FX (Jj)

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      1. Merci à toi pour ce (très beau) commentaire.

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