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  • 9 juillet 2009

    Le don de sang et les Gays

    3 commentairess
    Dans une interview parue le 14 janvier 2009 dans le quotidien Libération, la désormais ex-ministre de la Santé Roselyne Bachelot, expliquait pourquoi les homosexuels restent exclus des dons de sang, ce qui lui valut d'être taxée d'homophobie et de tous les mots de la Terre par la communauté Gay. J'avoue moi même que cette interdiction - ou du moins ce que j'en avais entendu - me plongeait dans une certains perplexité et que ses motivations profondes laissaient sous-entendre bien des choses fort désagréables.
    Depuis l'autre coin du Globe, Eric apporte un éclairage très intéressant sur le sujet, qui permet d'appréhender la question sous son véritable jour, tant d'un point de vue médical, que du point de vue comportemental... A mettre entre toutes les mains et à lire sans retenue.

    6 juillet 2009

    Joshua Hoffine

    2 commentairess
    En surfant sur le ouebe, j'ai eu le plaisir de découvrir l'effrayant travail photographique de Joshua Hoffine. Chaque clichet, dont ont peut découvrir les dessous techniques sur le blog de l'artiste, est une micro-sainette digne des pires cauchemars de notre enfance - ceux qui nous faisaient nous réveiller en sursaut au beau milieu de la nuit trempés de sueurs, criant à s'en étrangler.
    C'est mardi soir et la journée s'est mal passée pour Manon. A l'école Danny lui a volé son goûter et la maitresse l'a punie parcequ'elle n'avait pas ses feutres pour faire du dessin. Après Sylvie lui a tiré les cheveux pour une vieille histoire de poupée et elle s'est mise à pleurer. Quand Manon est rentré à la maison, elle a fait ses devoirs sur la table de la cuisine puis Maman a servi le repas : des petits pois. Manon déteste les petits pois. Parce que c'est tout vert, que ça a un goût bizzare, et que ça laisse plein de jus dans l'assiette. C'est pas bon. Mais Papa l'a forcée à finir son assiette. Manon, elle, ne voulait pas et Papa l'a grondée. Maman lui a ensuite donné son bain et l'a mise au lit en laissant la petite lampe allumée, sinon Manon peur. Manon a peur du noir et de sa chambre ... elle est toute sombre et parfois le plancher fait des bruits comme si quelqu'un d'invisible marchait à coté d'elle. Parfois elle a même l'impression que quelque chose respire sous son lit. Alors elle serre fort son nounours contre ses bras pour qu'il la protège. D'ailleurs, Papa dit que les fantômes n'existent pas... Mais ce soir les craquements sur le parquet ne sont pas comme d'habitude et elle serre son nounours plus fort que jamais. "Les fantômes n'existent pas, les fantômes n'existent pas" chuchotte-t-elle à l'oreille de sa peluche les yeux fermés. Tandis qu'elle r'ouvre les paupières et que d'étranges ombres se dessinent sur le sol, un petit détail fait penser à Manon que Papa n'avait pas tout à fait raison...
    Les photos de Joshua Hoffine sont réellement terrifiantes parceque, selon ses propres mots, inspiré par ses propres souvenirs d'enfance, il cherche à mettre en scène des peurs universelles dont nous avons tous rêvé un jour ou l'autre et dont les générations futures rêveront encore : le monstre qui sort du lit ou celui qui sort du placard, la sorcière dévoreuse d'enfants (souvenez-vous Hamsel et Gretel !) et un personnage central - une tête blonde innocente - à laquelle nous nous identifions ou dans laquelle nous projetons nos propres angoisses... Outre les personnages, l'ambiance des clichets est elle même anxiogène de par le traitement des couleurs et le déploiment d'ombres franches et immenses, décuplant l'effet théatral de la mise en scène.
    A frémir de plaisir !

    5 juillet 2009

    Caniche

    2 commentairess

    " Comme chacun sait, les caniches sont des genres de chiens frisés détenus par des retraités poujadistes, des dames très seules qui font un report d'affection ou des concierges d'immeuble tapis dans leurs loges obscures. Ils peuvent être noirs ou abricot. Les abricots sont plus teigneux que les noirs, qui sentent moins bon. Tous les caniches aboient hargneusement à la moindre occasion mais spécialement quand il ne se passe rien. Ils suivent leur maître en trottinant sur leurs quatre pattes figées sans bouger le reste de leur petit tronc de saucisse. Surtout ils ont de petits yeux noirs et fielleux, enfoncés dans des orbites insignifiantes. Les caniches sont laids et bêtes, soumis et vantards. Ce sont les caniches. "

    Muriel Barbery, L'élégance du hérisson, Gallimard, p.44


    2 juillet 2009

    Onan le Barbare

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    En prélude à un billet auquel je cogite depuis assez longtemps mais pour lequel quelques vérifications techniques sur le terrain me contraignent à repousser la publication - mais aussi parce que j'ai un peu la flemme d'écrire en ces jours où la chaleur écrasante harasse mes neurones déjà défaillants - je sacrifierai la bien séance de la fraîcheur sur l’autel de la paresse intellectuelle et de l’éco-bloggage pour vous proposer un billet réchauffé, sorti de mon ancien chez moi, et inspiré par la lecture d’un ouvrage de premier choix dont j’avais alors fait l’acquisition place du Salin. Il s’agit de Onan le Barbare, daté du 24 septembre 2008.


    Onan le Barbare


    Mais, mais, mais…il y a une faute d’orthographe !!

    Hééé non, bande de petites mangoustes écervelées... le billet de ce jour n’aura pas pour sujet les aventures héroïques d’un colosse body-buildé se trimballant cul nu dans une nature hostile, combattant des hordes des trolls et pourfendant la tronche à qui lui chercherait des noises d’un peu trop près. Rien de cela.

    Le point de départ sera bel et bien celui de Onan, personnage biblique, second fils de Juda, frère de Er, ayant pris pour épouse Tamar, la femme de Er, à la mort de celui-ci, Er n’ayant pas eu de descendance. En effet, selon l’ancienne loi des Egyptiens et des Phéniciens, leurs voisins, cette pratique s’appelait « susciter des enfants à son frère ». Le premier-né du second mariage porterait le nom du défunt.

    Il me serait d’ores et déjà facile de glisser subrepticement – en guise de boutade – que c’est dans ces événements historiques que se situe la mémoire lointaine d’expressions aujourd’hui populaires, déformées par l’usage « Avoir l’Er d’un con » et « Nique Tamar », mais la hauteur stratosphérique à laquelle je destine mon récit et dont je m’efforce de maintenir le niveau, m’interdit de tomber dans de telles bassesses indignes de mon lectorat, qui m’en voudrait certainement et non sans raison ! C’est bon de rire parfois…

    Reprenons le fil de notre discours si vous le voulez bien.

    Onan, donc, marié à sa belle-sœur, refuse de donner un fils à sa désormais épouse. En effet, il haïssait la mémoire de son frère et pour ne point concevoir d’enfant qui portât le nom de Er, préférait « laisser sa semence se perdre dans la terre », enfreignant ainsi la loi du Lévirat. Quelle outrecuidance !

    Vous l’aurez donc compris, ce billet empruntera des voies un peu inhabituelles sur ce blog puisque je n’ai à ce jour encore jamais abordé de thématique purement séquessuelle. L’envie me trottait en tête depuis quelques temps déjà et l’occasion m’est donnée par la découverte vendredi dernier chez un bouquiniste Place du Salin, d’un opuscule de premier choix dont je vais vous narrer tantôt quelques extraits. Car, quoique je n’aie pas encore achevé ce sommet de la littérature médicale, je suis en mesure de vous assener quelques grandes vérités premières, de celles que la Science hausse au rang de Loi Universelle.

    Couchez les enfants et éloignez les âmes sensibles de l’écran, ce qui va suivre est destiné à un public adulte et averti : nous allons parler de masturbation ! Si !



    Non, ne rougissez pas, ne soyez pas gênés… ce n’est pas sale ni malsain, et tout être humain normalement constitué âgé de plus de 14 ans y a déjà consacré de longues minutes. Y compris toi qui me lit, rougissant devant ton clavier, au milieu de tes collègues de bureau, espérant que personne n’ait l’idée de lire par-dessus ton épaule.

    Avant d’aller plus loin, je dois me dois d’adresser un vif remerciement à Méchant Chimiste qui – non ! – ne m’a pas initié à l’onanisme je vous rassure, mais dont les soirées passées chez lui alors qu’il était encore un Toulousain de la rue de la Fonderie, furent l’occasion de découvertes littéraires insoupçonnables dont je ne percevais jusqu’alors pas l’intérêt.

    Vendredi dernier donc, je flânais entre midi et deux sur la place du Salin où s’installent toutes les semaines des bouquinistes venus de je ne sais où, mais dont la camelote attire toujours le chaland.

    J’errais donc d’étal en étal, l’œil à l’affût de vieux ouvrages dont la caractéristique première était en l’occurrence une belle reliure en cuir rehaussée si possible de quelques caractères gravés en lettres d’or. Ne cherchant rien de précis, mais espérant secrètement débusquer fortuitement l’ouvrage d’un éminent juriste connu des seuls initiés, je parcourais du regard une pile de bouquins dont les intitulés ne m’évoquaient rien de terriblement excitant. Lorsque soudain mon attention se porta sur un petit format en assez bon état au titre doucement évocateur : « Les désordres sexuels » par un obscur Dr R. Schauer, traduit de l’allemand par le très fameux ( ??) D. Decourtemanche.

    Vu l’âge du bidule, l’époque encore très cul-cul-la-praline à laquelle il fut écrit, et le caractère tout à fait embryonnaire de ce que nous appelons aujourd’hui la médecine, je me doutais que je détenais là un potentiel d’excitation zigomaticale tout à fait exceptionnel… J’emportais donc avec moi cet ouvrage après m’être acquitté de mon dû auprès d’une accorte demoiselle qui me rendit la monnaie le sourire aux lèvres. Et je ne suis pas totalement déçu.

    Franchement, se palucher un bon coup, en matant si possible un bon porno, voilà de quoi réjouir le plus grisâtre des guichetier de l’ANPE ! Sous la douche, au bureau, en plein air… seul ou à plusieurs (2, 3, 4… et beaucoup plus si le cœur vous en dit…) je ne vous donnerai pas de liste exhaustive. Mais l’art et la manière des plaisirs solitaires est un univers extraordinaire qui ne connaît aucune limite, si ce n’est celle de l’imagination et du dégoût, pour ne parler que des plaisirs virils…

    Pourtant, pourtant…

    Pourtant, si Onan est resté dans l’histoire c’est parce que le Très Haut préférât l’occire plutôt que de le laisser répandre sa semence en terre, dévoyant ainsi de sa finalité reproductrice la paire de couilles assortie d'une bite plus ou moins drue dont les fils d'Adam sont normalement pourvus.


    Hé oui, le tripatouillage nouillesque, c’est mal, c’est vilain, c’est pas bô !! Bouh ! Et la religion de s’emparer de ces faits pour condamner avec une véhémence cupide tout astiquage non reproductif, rejoint bientôt par les lumières obscurantistes de moralistes abscons dont les propos inconsidérés et totalement hypocrites ont terrorisé des générations de jeunes garçons ressentant en leur bas ventre les appels interdits de sirènes langoureuses...

    Heureusement, dans tout ce fracas de sornettes éhontées, des voix surent s’élever au dessus des autres et ramener les foules à la raison, guidés par une Sagesse forgée à la force du poignet sur l’enclume de la Science Moderne, à l’aune d’observations méticuleuses, sans pour autant que ne suppure ça et là quelques relents de conservatisme mal digéré. Le Dr Schauer fait partie de ces grandes âmes. Gloire lui soit rendue !

    Dans son traité de sexologie (édité dans le courant des années 1930, je n’ai pas de date précise), notre grand savant se pose en homme de son temps et propose de restaurer un fragment de dignité masculine fissurée à l’éclatement, chez ceux de ses congénères rabaissés au rang d’intouchable, souffrant de « désordres » infâmants appréhendés dans des chapitres aux intitulés doucement évocateurs : « onanisme et névrose » ou encore « les névroses sexuelles », avant que ne soit abordé le très délicat sujet de « l’éjaculation précoce ». Tout un programme !

    Si je résume d’un trait de plus le premier tiers de l’ouvrage (c’est à ce stade que j’en suis, je n’ai pas encore achevé la lecture intégrale de l’opus), le message est on ne peut plus clair. Enfin, pas tant que cela…
    Laissons la parole à l’artiste qui dans un premier temps met son génie au service de considérations philosophiques de premier ordre :


    « Dans bien des cas, l’onanisme s’accompagne d’un sentiment analogue à celui de l’éjaculation précoce : l’impression de s’être livré à un gaspillage inutile, sans conquérir ni satisfaire une compagne de l’autre sexe ».


    J’arrête momentanément la citation pour faire remarquer à notre cher ami que l’altérité sexuelle n’est plus une condition sine qua non des plaisirs du sexe... autres temps autres mœurs...
    Mais reprenons :


    « C’est en même temps une déception : on sent que « ce n’est pas la vraie façon ». C’est le sentiment décourageant d’être exclu du monde des jouissances véritables, auquel s’ajoute une rage de ne rien pouvoir faire, qui peut aller jusqu’au désespoir. »


    On pressent déjà l’erreur de raisonnement de notre cher Dr Schauer qui confond reproduction et plaisirs, comme si seul l’acte copulatoire ayant pour finalité une fécondation pouvait procurer le « vrai » plaisir, le seul digne d'intérêt. J'en viens à croire qu'il ne savait pas s'y prendre le pauvre homme ! Enfin... [soupir]

    Descendons de quelques lignes, l’esprit de Rousseau n’est pas loin (enfin… vous allez comprendre) :


    « La seconde racine interne des angoisses de l’onanisme est plus profonde ».


    Il n’y a je crois aucun jeu de mot ni allusion graveleuse dans ce passage… le terme « profonde » ne devant pas à mon sens être interprété comme une dénonciation à mot couvert de l’utilisation d’accessoires oblongs à introduction annale.


    « Chez tout individu animal, l’accouplement est suivi d’une fatigue et d’une détente momentanée de toutes les forces. Chez les insectes, une prompte mort accompagne le plus souvent l’acte sexuel ; la continence peut prolonger la vie de l’insecte jusqu’au printemps suivant. L’agave mexicaine fleurit après sept ans d’existence, donne des fruits et meurt. (…) Il y a eu prolongement de la vie individuelle aux dépens de l’espèce. L’espèce est l’ennemi de l’individu. Pour beaucoup d’êtres inférieurs, l’accouplement est la mort ».


    Voilà ce qui nous pendait au nez alors que nous nous balancions d’un pied sur l’autre à l’ère où nous n’étions que primates et que notre cerveau reptilien conserve en mémoire, relique inutile d’un passé lointain. S’astiquer la nouille ferait donc remonter en nous cette angoisse animale de la mort, source de culpabilisation et de dépression chez le branleur invétéré. Replacé dans le contexte de ce grand tout qu’est le Monde et de ce grand rien qu’est la mort, l’homme serait mis face à sa propre finitude…
    Alors, oui c'est joli, ça parle d'insectes, de pays lointains et de fleurs exotiques, mais mon dieu… C’est extraordinaire ce qu’on peut raconter comme conneries au nom de la Science !

    Ne tirons toutefois pas trop vite à boulet rouge sur le Dr R. Schauer qui s’empresse de rectifier le tir :


    « Il en est autrement chez l’homme. L’usage régulier et même parfois excessif de la puissance sexuelle ne raccourcit pas la vie, comme le croyait encore Schopenhauer. »


    Haaaaaaaaa !!! Nous y voilà !
    Branlez vous en paix mes frères, vous ne risquez rien pour votre santé ! Non ça ne rend pas sourd, ni aveugle, ça ne fait pas pousser les poils sur les gencives (il peut s’en trouver à cet endroit mais pour de toutes autres raisons que je n’évoquerai pas ici) ni tomber les dents.
    On serait presque rassurés devant cette vérité assénée avec un aplomb de sénateur.

    Pourtant, gardons nous de nous réjouir trop vite, car le Vénérable Dr Schauer nous réserve un superbe coup du lapin intellectuel :


    « Cependant, on a beau répandre la vérité à ce sujet, les hommes ont beau se raisonner, ils ne peuvent résister, quand ils se livrent à des éjaculations inutiles, à l’impression qu’ils gaspillent de la force. (…) L’inutilité dont nous prenons conscience, le gaspillage que nous pressentons, nous rapprochent du vrai sens de la vie et nos font éprouver sa désolante immensité. »


    Quel splendide retour en arrière… ! La bonne vieille morale n’est donc pas enterrée qui nous rend honteux de nous faire du bien.
    Attendez de connaître la suite pour enfin percevoir tout le talent de ce médecin à la noix :


    « Nous reconnaissons, ou plutôt nous vivons dans les éjaculations de l’onanisme l’essentiel de la vie : nous voyons qu’elle n’est que l’illusion suprême, en même temps que nous éprouvons le tourment infernal de la peur de la mort. La production du germe détachée de tout lien avec l’éternité de l’espèce, le sentiment de la terrible finitude de l’individu nous conduisent aux profondeurs et à la véritable origine de la peur, qui est la peur de la mort ».


    Et hop, une volte face absolument admirable ! Ainsi, après nous avoir expliqué que l’homme n’a pas de raison d’avoir peur de se branler parce que sur le plan médical l’activité est sans risque (à condition de rester soft quant aux joujoux qui accessoirisent ces petits moments de bonheur : l’utilisation d’une scie circulaire ou d’une perceuse à percussion peut avoir des conséquences indésirables voire regrettables), que l’homme ne meurt pas après avoir joui, ce qui peut lui donner l’occasion de recommencer autant de fois que son métabolisme le lui permet, voici que notre formidable Dr Schauer nous fait trembler en nous mettant face à une angoisse existentielle à laquelle personne de normalement constitué n’a jamais pensé et qui pour le coup nous fait flipper pour de bon.

    Car, je te pose la question, à toi lecteur de sexe masculin qui me lis à l’instant guettant alentours le passage d’un collègue curieux de savoir ce que tu fais sur ce blog : as-tu déjà pensé à l’immensité du cosmos alors que tu t’astiquais le manche ? Hein ? Sérieusement ?

    Répond en toute quiétude…
    La réponse est à n’en pas douter un NON rauque et vibrant, et tu aurais raison.

    Vous l’aurez compris, cette littérature de pacotille, écrite pourtant sur le ton le plus sérieux qui soit, me fait doucement rire de par la mauvaise foi sous-jacente qui l’imprègne et l’approximation fantasmagorique des arguments utilisés à l’appui d’une démonstration téléologique bancale.

    Rendons justice à Onan et honnissons en chœur ces Barbares qui vandalisent nos esprits au rang desquels je place désormais le Dr Schauer, pour le meilleur et pour le rire !

    Illustrations :

    1 juillet 2009

    Eau sèche en conserve...

    1 commentaires
    De l'eau sèche en conserve... quelle idée ?!
    J'avais déjà songé à liophyliser de l'eau, mais l'alternative proposée - tout aussi suréaliste - a tout pour me séduire : comment fabriquer de l'eau en conserve. A lire absolument sur le blog de Vincent le Canneux. Faites un tour sur les autres articles, c'est tout ausssi délicieux, au propre comme au figuré.

    Merci à Anne !

    Mise à jour

    4 commentairess
    Houlà houlà houlà... Que le temps passe vite ! J'ai honte de n'avoir rien écrit depuis si longtemps, d'avoir laissé en jachère ce blog et surtout d'avoir laissé mes lecteurs adorés dans l'expectatives de nouvelles Tambour Majoresques ! Sèchez vos larmes, réjouissez-vous, tressaillez de joie, sacrifier le veau gras et faites couler le bon vin : me voici de retour pour abreuver votre vie d'un souffle ardant, tel une pluie d'été sur la savane mourrante.

    Quinze jours sans poster le moindre petit billet, alors qu'il s'en est passé des choses ! Une soirée diadème en l'honneur de mon 31° anniversaire (bouh, chuis vieux !) durant laquelle mes invités se sont joyeusement ridiculisés m'ont fait le plaisir de se plier au dress code imposé : port du diadème obligatoire. Ha que c'est bon de voir même le plus farouche des hétéros arborer un diadème en essayant de garder son sérieux et de nier l'évidence du ridicule (promis les photos ne sortiront pas du département). Même les plus coincés ont joué le jeu, avec plus ou moins de panache, mais l'effort fut plaisant. D'ailleurs, je crois disposer maintenant de la plus belle collection de diadème de la ville puisque Laurent eut la bonne idée (enfoiré ^^) de suggerer que les couvre-chef me soient laissés en souvenir de cette soirée... pffffffff !
    Quinze jours sans poster le moindre petit billet...
    Entre temps, tellement de choses se sont passées, rendant soudainement totalement obsolète le message précédent dans lequel je me morfondais d'une certaine solitude. Cupidon est vraiment un sacré farceur !
    Bientôt les vancances, encore deux semaines à me morfondre dans l'étouffante canicule de mon bureau orienté plein sud. Le ventilo de mon ordinateur tourne à fond les ballons, j'ai l'impression qu'il va décoller ! A moins qu'il ne grille vraiment, ce qui serait l'occasion de le changer pour un matériel plus récent... ou pas.
    J'arrête là ce bavardage sans queue ni tête, la médiocrité n'a pas besoin de beaucoup d'espace. Ce premier billet de juillet en est la preuve !

    18 juin 2009

    Tiraillements

    3 commentairess


    C. −
    Au fig., gén. au plur.
    1. Difficulté(s) due(s) à l'incertitude d'une situation. J'ai encore pour huit jours d'ouvrage avec la Muse du Département (...) Enfin, David Séchard, cette fin d'Illusions perdues, me semble de plus en plus difficile. Quels tiraillements! (Balzac, Lettres Étr., t. 2, 1843, p. 133).
    2. Déchirement moral. Il se disputa lui-même à sa passion et voulut s'en arracher. Il passa par les angoisses, les tiraillements, les efforts suprêmes (...) qui finissent par briser l'énergie d'un caractère (Goncourt, Sœur Philom., 1861, p. 281). Elle semblait perplexe, en proie à des tiraillements de conscience (Aymé, Bœuf cland., 1939, p. 144).
    3. Conflit résultant de volontés ou d'intérêts contradictoires. Mettez le même gouvernement en guerre avec la volonté, les intérêts de tous, et vous verrez aussitôt quel tapage, combien de tiraillements, de troubles, de confusion et surtout quel accroissement de crimes! (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène, t. 1, 1823, p. 233). La publication de la revue cessa après quatre ou cinq numéros (...) la susceptibilité de Silbermann, son humeur changeante, avaient amené des tiraillements dans la rédaction (Lacretelle, Silbermann, Le Retour de Silbermann, 1946 [1929], p. 167).

    A l'orée des regains de l'astre du jour revêtu de ses atours Prairialiens, cédant peu à peu la place à un Messidor qui s'annonce resplendissant, le Tambour Major éprouve ces jours derniers d'étranges tiraillements existentiels qui confinent au métaphysique. Encore une fois des questions sans réponses qui me poussent à croire que mes angoisses sont plus profondes qu'elles n'y paraissent et qu'un mal-être dont je subodorait l'existence mais ignorais l'ampleur, s'est peu à peu immiscé dans ma vie.

    D'un côté se trouve le Tambour Major qui désire une vie simple, calme, équilibrée, et qui, à défaut de réussite familiale, mise tout sur ses études et sa carrière, les (quelques très bons) amis aidant à combler les lacunes d'une existence en dissonance avec une société dans laquelle il a l'étrange sentiment de ne pas tout à fait trouver sa juste place. Avoir une activité professionnelle riche dans laquelle on est reconnu pour ses compétences et ses qualités humaines aide à oublier le misérabilisme de mon existence qui confine parfois au pathétique.

    D'un autre coté se trouve le Tambour Major calme et sage en apparence, pourtant intérieurement bouillonnant, qui aspire à une vie un peu plus débridée que celle relativement sage dans laquelle je me suis doucement glissé. Pouvoir brûler la chandelle par les deux bouts, vivre dans l'excès et l'absence de remords, ne pas se poser de questions, se fier totalement à son instinct sont des attitudes que j'admire chez les autres, sans me sentir capable d'en faire autant ; aptitude du prédateur froid qui frappe sa proie avec le fatalisme, l'élégance cinglante et l'agilité extraordinaire que la Nature confère aux grands chasseurs. Un coté obscur de la force en somme, jusqu'alors contenus dans une boite de Pandore désormais largement fissurée, dont les charmes puissants me conduisent vers des choses pas sages, des choses qui dérangent, des choses que la bonne morale rejette, que les bonnes gens honnissent et qui m'auraient choqué il y a encore peu.

    " (...) ne te laisse surtout pas abattre ! Perds toi s'il le faut pour te retrouver mais perds toi bien " m'avait glissé voici quelques temps un ami sur MSN alors que j'étais une fois encore en pleine crise existentielle. Se perdre pour mieux se trouver, se faire violence, oser aller là où personne ne va, prendre des chemins qui n'existent pas et que l'on se construit soi même ; se perdre pour poser des balises, prendre ses marques. dans un monde inconnu. En ce moment j'ai plutôt l'impression d'être un aveugle qui pose des jalons dans le désert. Je vais là où mes pas me guident, le coeur battant, l'esprit ailleurs, les yeux dans le vague, cerné de mirages. Une ombre parmi les ombres. Qu'en restera-t-il à la fin ? Peut-être cet aveugle que je suis trouve-t-il une certaine satisfaction dans ces gesticulations désuètes, la satisfaction illusoire de se sentir vivant, de profiter de l'instant présent sans trop se soucier du lendemain, l'impression de construire ou de se construire, de se rendre utile à quelque chose ou à quelqu'un. Mais le coté sage se dit qu'une fois la vue recouvrée, si l'essentiel n'y est pas, tout ce misérable château de cartes s'effondrera d'un coup d'un seul, la médiocrité cédant la place au néant triomphant...

    Aujourd'hui j'ai 31 ans... et je me sens seul.

    8 juin 2009

    Questions sans réponse...

    10 commentairess
    Comment font certaines personnes pour être à nouveau en couple quelques semaines seulement après leur précédente rupture ? Sont-elles guidées par un besoin effréné de sexe ? Ou sont-elles contentées avec une facilité déconcertante ? Font-elles preuve d'une efficacité redoutable dans le choix de partenaires potentiels, ce qui signifie corrolairement une disponibilité maximale pour trier sur le volet la nuée de prétendants qu'offrent les sites de rencontres ?

    Quant je vois à quel point je rame pour retrouver quelqu'un capable de me faire vibrer, je ne peux qu'être dubitatif...
    Suis-je seulement fait pour aimer ou être aimé ? Suis-je fait pour vivre avec quelqu'un ?

    Tant de questions, si peu de réponses...

    3 juin 2009

    Spring is here...

    5 commentairess

    Spring is here !

    Why doesn't my heart go dancing ?

    Spring is here ! Why isn't the waltz entrancing ?

    No desire, no ambition leads me,

    Maybe it's because nobody needs me ?

    Spring is here ! Why doesn't the breeze delight me ?

    Stars appear! Why doesn't the night invite me ?

    Maybe it's because nobody loves me,

    Spring is here, I hear !

    Et l'interprétation de Chet Baker...

    1 juin 2009

    Nul n'est sensé ignorer la loi...

    3 commentairess
    Une petite escapade du coté de chez nichevo qui, dans un de ces billets, cite l'adage " Nul n'est sensé ignorer la loi ", m'a fait me souvenir d'une petite anecdote qui m'est arrivée je crois l'été dernier et dont l'adage sus-cité était le sujet principal.

    Un samedi après midi, sortant de la salle de sport située à coté de la place de la Daurade, et devant me rendre rue Alsace Lorraine, j'enfourchai mon vélo et filais tout droit vers la place du capitole. Les toulousains auront saisi l'ironie du propos "tout droit", tant les rues et ruelles qui desservent la place à la Croix Occitane sont biscornues. Outre leur rectitude très approximative, ces rues sont également truffées de sens interdits plus saugrenus les uns que les autres et il n'est pas rare de voir une même voiture faire plusieurs fois le tour de la ville pour parcourir 100 mètres. La limitation du trafic routier intra-urbain par le dégoût des automobilistes, en voilà une idée novatrice.

    Aller de la place de la Daurade à la rue Alsace est en théorie une chose ultra simple pour un piéton. Mais pour celui qui veut scrupuleusement respecter le sacro-saint code de la Route, l'épopée cycliste va le conduire à effectuer des détours improbables qui l'amèneront à traverser des contrées parsemées des embûches les plus éprouvantes : entre les zones à haute densité piétonnières (comprenez une foule noire qu'il faut fendre à coup de lance roquette) et des pavés inégaux qui présentent l'étonnante singularité de transformer votre colonne vertébrale et vos articulations en scoubidou, il ne fait toujours bon être cycliste dans le centre ville de Toulouse...

    Décidant que le trajet le moins long était sans conteste le trajet le plus court, je remontais sans le moindre remors la rue Gambetta, bafouant courageusement le sens interdit qui - tout théoriquement - me barrait le passage.

    Arrivé à hauteur de la place du Capitole, un agent de police me fait signe de m'arrêter et de me placer sur le coté. La conversation s'engage :

    " - Bonjour Monsieur,
    - Bonjour ; que se passe-t-il ? Interrogeais-je empli de mauvaise foi.
    - Vous n'avez rien remarqué ?
    - Heu...? Non... (toujours avec la même mauvaise foi)
    - La rue, elle est en sens interdit monsieur.
    - Ha bon ? Ha, oui... c'est vrai... (fausse humilité nuancée d'un profond mépris)
    Et lui de continuer, jouant la carte paternaliste qui me donne la nausée, commence à me sermonner :
    - Bon aujourd'hui on fait de la prévention, on va pas vous sanctionner. Mais sachez que nul n'est sensé ignorer la loi (blablablabla....)
    Nul n'est sensé ignorer la loi, hein ? Et c'est à Tambour Major que tu dis ça ? Attends un peu mon gaillard, on va rire... Arborant rictus de la vengeance qui mijote, je posais alors une question qui, anodine, devait progressivement mener mon contradicteur dans les limites de ce que son esprit formaté pouvait entendre :
    - Et je risque quoi pour un sens interdit en vélo ?
    - Vous avez le permis ? Me demande alors le flicaillon.
    Question au demeurant surprenante de sa part puisque le régime des infractions routières n'induit pas ce genre de distinction. Entrant dans son jeu et prêt à le titiller un petit peu, je répondis du tac au tac par un superbe mensonge :
    - Non.
    Bien sûr que oui, j'ai le permis de conduire... attendez de voir la suite. L'agent m'annonce alors que j'encours une amende de je ne sais plus exactement quelle somme. Curieux de connaître le fin mot de l'histoire et surtout sa version du droit applicable à l'espèce, je l'entrepris sur le coeur du problème :
    - Et si j'avais eu le permis de conduire, ça aurait changé quoi ?
    - Si vous aviez eu le permis de conduire ? Vous auriez eu l'amende plus un retrait de deux points sur le permis.
    Nous y voilà... Le petit animal qui me fait face ne le sais pas encore, mais il est déjà mort. Faisant durer un peu le plaisir, je le laisser tisser lui même le linceul funèbre dans lequel j'allais tantôt l'ensevelir.
    - Ha bon ? Mais pourquoi une telle différence de traitement entre les usagers qui ont et ceux qui n'ont pas le permis ?
    Décochant par là ma flèche tueuse sur laquelle la victime, qui en ignorait encore les effets secondaires, se jeta de plein fouet, ne voyant pas le danger venir :
    - Hé bien parce qu'on estime que ceux qui ont le permis de conduire connaissent mieux le code de la route que ceux qui ne l'ont pas. La sanction est adaptée.
    Parfait ! M'emparant de cette hérésie contre la logique la plus élémentaire, de cette scandaleuse erreur juridique, et surtout absolument sûr de moi, j'invitais ma proie du moment - avec la plus grande courtoisie - à un petit voyage dans un monde inconnu... celui du raisonnement et de la logique... Bienvenue dans la quatrième dimension !
    - Ha bon ? Mais, réfléchissons ensemble (oui, j'ai osé ^^) : vous m'avez dit tout à l'heure que "nul n'est sensé ignorer la loi". Or, le code de la Route c'est la loi. Par conséquent, tout un chacun doit le connaître, qu'on ait le permis de conduire ou non... Dès lors, un cycliste sans permis de conduire est présumé connaître le code de la route autant qu'un cycliste ayant le permis. Cela ne fait aucune différence. La discrimination est donc juridiquement parfaitement infondée...
    Fort de ce syllogisme imparable et de savoir le droit pénal avec moi, j'attendais triomphalement la chute fracassante de ce Goliath de pacotille et me réjouissais déjà de voir sa mine de petit merdeux se décomposer dans l'incandescente lumière de ce début d'été, vengeant par la même occasion tous les innocents cyclistes injustement bafoués. Une petite victoire pour Tambour Major, une grande victoire pour les amis de la Petite Reine.
    Malheureusement pour moi, l'agent de police qui me tenait le coude depuis quelques minutes se montra totalement hermétique à cette argumentation irréfutable. Sûrement trop subtil pour son esprit sage et discipliné auquel on a désappris le sens critique, surtout lorsqu'il s'agit de remettre en cause la règle de droit qu'il est chargé de faire appliquer, il me ânonna sottement quelques contre-vérités dont je ne me souviens plus exactement le contenu, sagement apprises dans ses cahiers d'école. Totalement borné, visiblement échaudé que l'on puisse lui tenir tête, voire peut être contrarié que l'on ait pu démontrer son tort - une tentative de réflexion argumentée conjointe échoua lamentablement - je commençais à redouter que la prévention annoncée plus tôt ne se commue promptement en une véritable prune pour ma pomme...

    Je décidai donc de battre en retraite et faisant - faussement - profil bas, je feignis le repentir, acquiesçai docilement aux propos de cet esprit étriqué et poursuivai ma route, non mécontent de mon petit coup d'éclat, finalement satisfait d'en être réchappé le portefeuille intact !


    La pire des défaites, celle d'avoir refusé le combat.
    Gérard d'Aboville, extrait de L'Atlantique à bout de bras