• A propos
  • M'écrire
  • Facebook
  • Instagram
  • Lutte Nuptiale
  • Premières fois
  • Identités Singulières
  • Twitter
  • 5 janvier 2010

    Lettre au bouffeur de pop-corn

    9 commentairess
    Cher toi,

    Hier soir je suis allé au cinéma, et toi également avec ta nouvelle petite amie, celle avec qui tu navigues en plein bonheur depuis 4 jours que tu sors avec elle. Hier soir toi et ta petite pétasse brunette habillée comme une pute et plus maquillée qu'un drag-queen, étiez comme moi  à la séance de 22H pour voir un film un peu effrayant, histoire de lui montrer, à ta pipeuse de luxe, que tu sais affronter la peur comme un vrai mec en te grattant régulièrement les couilles, elle pour te montrer combien elle te kiffe grave, surtout quand tu lui déchires le fion en la drapant d'insultes choisies dont tu as le secret. Mais je m'égare.

    Avant d'entrer dans la salle, tu t'étais arrêté acheter des pop-corn, pour faire style. Moi aussi j'aime bien les pop-corn vois-tu, même si je n'en mange pas souvent, parce que ça fait grossir et que je surveille ma ligne. D'ailleurs, quand il m'arrive d'en acheter, la boite est vide avant la fin des pubs. Visiblement, la taille des boites de pop-corn a sérieusement augmenté ces derniers temps. Ou alors c'est juste une impression.

    Parceque j'ai été pris d'étonnement lorsque j'ai constaté que  les 30 minutes d'annonces qui précédaient le film n'avaient pu suffire à venir à bout des innombrables "scratch-scratch-scratch" qu'a fait ta main farfouillant parmi les flocons de maïs soufflé. Pendant la pub, je le reconnais, ce n'est pas très grave. Le film n'a pas encore commencé, on en profite pour papoter avec son voisins, envoyer un ou deux derniers SMS... rien de bien sérieux.

    Mais quand le film commence, là, il faut faire un minimum attention à ses voisins. Mais siiiii, les voisins... ? Tu sais, tous ces gens dans la salle qui, comme moi hier soir, essayaient de regarder le film  Esther tranquillement ? Ce film où la tension monte d'un cran à chaque quart d'heure ? Haaaaaa mééé non bien sûr... suis-je bête... tu ne vois pas de quoi je parle évidemment. Pas plus que si je te demande si tu as une vague idée de ce que singnifie le mot "respect" pourtant si à la mode, et notamment chez vous des djeuns'. Sinon, tu aurais  certainement fait attention à ne pas pourrir toute la salle avec tes inlassables "scratch-scratch-scratch" pendant les 2H qu'a durée la séance. Je suis bête parfois....

     Car oui, tes putains de "scratch-scratch-scratch" nous ont fait royalement chier !

    J'avoue que l'idée de me retourner pour t'arracher les doigts avec les dents, phalange par phalange, puis te faire avaler ton putain de carton  en entier en t'enfonçant mon poing dans la gorge jusqu'à te faire exploser l’œsophage m'a traversé l'esprit une paire de fois.

    Estime toi heureux d'être encore en vie ce matin.

    Alors, cher toi dont j'ignore le nom, laisse moi te dire que je t'exècre de toutes mes forces, toi ainsi que ta pouffiasse de meuf. Oui, celle-là même qui a recommencé à vomir sa vulgarité dès le début du générique de fin en passant un coup de fil à l'une quelconque de ses connasses de copines de merde.

    Tu n'es qu'un résidus de furoncle putride de teckel eczémateux puant, et à ce titre je te chie à la gueule.

    Je ne te salue pas.
    Ton courroucé.

    PS : Dans des conditions "normales", Esther est un très bon film à suspense...

    3 janvier 2010

    L'étourdissante "Vie Parisienne" au TNT

    2 commentairess
    Finir l'année autour d'une opérette, fraîche et pétillante, mais quelle formidable idée ? Il est donc naturel qu'elle ait traversé mon esprit exceptionnellement brillant.

    Mercredi 30 nous avions donc rendez-vous au TNT pour assister à La Vie Parisienne de l'ami Jacques Offenbach qui, par un hasard cocasse, était diffusée quelque jours auparavant en fin de soirée à la télévision. Mais désireux de conserver intact le plaisir de la découverte, j'avais soigneusement boudé cette production pourtant alléchante.

    Le propos de cet opéra bouffe est assez simple : deux gredins, Gardefeu et Bobinet convoitent la même femme. Dans une gare où ils attendent, Gardefeu se fait passer pour un guide auprès du baron de Gondremarck et Madame à qui il promet de faire visiter tout Paris et de les introduire dans le grand monde. Ce n'est là que le début de leurs soucis (pour l'argument dans son intégralité allez voir par ici).

    Lors de la réservation des places, je n'avais pas lésiné sur le prix, allons y franco, de sorte que nous nous sommes retrouvé très proche de la scène et pile poil au centre. Malgré un instant de doute, j'aime bien me trouver un peu en hauteur de sorte à dominer l'espace scénique, il s'avéra rapidement que cet emplacement fut stratégiquement parfait. En effet, des travaux importants obligent l'opéra à tenir portes closes pour la saison en cours, cette saison doit par conséquent se tenir hors les murs. Les Dialogues des Carmélites avaient déjà, dans un autre lieu, un peu souffert d'un espace à l'acoustique mal appropriée aux voix d'opéra. La salle du TNT qui nous accueillait ce soir là ne s'est montré guère plus convaincante. Les contraintes du théâtre ne sont pas celles de l'opéra et le conduit d'une voix qui chante n'a pas les mêmes besoins que celui d'un acteur qui déclame. Notre position avantageuse nous a toutefois permis de suivre les 4 actes sans trop de mal, même si certains choeurs d'arrière scène demandaient à ce que l'on tende un peu plus l'oreille. Je ne pense pas que les spectateurs situés tout en haut de la salle aient pu profiter tout autant du spectacle, du moins pour les séquences chantées. L'orchestre, peu à son aise dans une fosse bien étroite, a certainement pâtit de ces mé-dispositions, avait à sa tête un jeune chef - Alfonso Caiani -  à la bouille sympathique dont la direction vive et franche - et physiquement engagée jusqu'à la dernière seconde - ne souffre presque aucune critique de mon point de vue. Malgré quelque décalages très vite rattrapés, et le manque évident de réverbération, la petite troupe a mené son affaire tambour major battant, préservant l'équilibre voix/orchestre si fragile jusque dans les passages pianissimo.

    Malgré cette inadéquation du lieu sur ce point - ce qui témoigne hélas des énormes lacunes de la Ville Rose dans ce domaine - la soirée fut toutefois magnifique.
    Si elle n'a pas les proportions de la scène d'opéra, celle du TNT fut astucieusement exploitée. Quoique l'action se déroule dans le dernier tiers du XIX° siècle, le parti fut pris d'un modernisation parcimonieuse mais efficace tant sur du discours que des décors.

    Hormis l'acte deuxième qui fait montre de plus de parcimonie, les décors sont abondants, très riches, colorés, multipliant les arrières-plans permettant une profondeur de scène impressionnante dont chaque recoin ou presque est utilisé. Point d'économie de moyens, place à l'artillerie lourde pour la fin de l'année ! Un décors par acte, fortement référencé dans le Paris contemporain, ne réutilisant chaque fois que peu d'éléments du précédent, à l'exception du fond de scène mais qui fut néanmoins astucieusement remaquillé au fil de la soirée, donnant l'illusion d'un renouveau permanent. Voitures sur scènes, cadres géants, table de douze mètres, escalator, la démesure des décors - souvent interactifs - se veut à l'image de la démesure de la vie parisienne rêvée par les touristes dont on se joue. Et cela fait un sacré bien.

    La mise en scène ne fait pas non-plus dans la demi mesure (pas plus que la musique d'ailleurs), ne cachant pas les ambitions des personnages : c'est bien de gaudriole et de parties de jambes en l'air qu'il s'agit. Point de chichitage : Bobinet (le très mignon Marc Callahan, surtout en petite tenue...) et son comparse Gardefeu ont le sang très chaud et la sève haute... les enjeux sont clairs, et le jeu sur scène ne laisse aucun doute à ce sujet, faisant litière de la bienséance puritaine qui pourrait enrober le froufrou des dames de la haute société et de la position à laquelle doivent se conformer les hommes du monde. Mis à part la trivialité du propos frisant parfois l'obscène - nous eûmes droit à de nombreux coups de rein sans équivoque ainsi qu'à une éjaculation de Veuve Cliquot - la bonne humeur était au rendez-vous et, quoique les acteurs ne furent pas "à fond" tout le temps (sauf à se repoudrer le nez entre deux actes) une belle énergie se dégageait de l'ensemble, les uns et les autres prenant un plaisir évident à jouer cette bouffonnerie trépidante. Dès le premier acte (à la gare) ça court dans tous les sens, ça crie, ça tressaute, ça manifeste à grands coups de banderoles remises au goût du jour, le poing levé. On s'y croirait ! Le détail a même été poussé jusqu'à introduire une hôtesse chargée de faire des annonces régulières d'arrivées et de retards de trains au micro, ponctuées par le jingle SNCF. On est là pour s'amuser, allons y à fond sans craindre la surenchère, tel semble avoir été le maître mot de la mise en scène que j'ai trouvée tout à fait réussie. J'attribue une mention toute particulière aux deux interludes placés au premier puis second tiers, et censés représenter la rue parisienne au petit matin. Rabaissée à une hauteur d'environ 3 mètres par le tomber du rideau et éclairée par des ampoules électriques clignotant par alternance, la scène se trouve réduite à la largeur d'un couloir. Des gens vont et viennent, éboueurs, princesses et autres diablotins de la nuit, le diable au corps, se livrent à des frasques totalement délirantes et purement jubilatoires. Clou du spectacle lorsque, une fois le rideau tombé, toute la troupe réunie sur scène - chef inclus - se lance dans un dernière chorégraphie au son de l'orchestre endiablé. Un vrai bonheur !

    Il n'en fallait pas moins pour donner à cette Vie Parisienne tout son panache. Car il en va de la musique de Offenbach comme d'un gros hamburger avec ses frites : d'allure massive, passablement décadent, c'est joli, ça sent bon, ça rassasie sur le moment, mais on a vite à nouveau faim.... Après tout, il n'y a pas de mal à se faire du bien de temps en temps et se faire du bien au moral.

    1 janvier 2010

    Non-voeux

    7 commentairess

    En ce premier jour de l’an, il est de tradition de souhaiter ses voeux de bonheur, santé, réussite, amour, argent, gloire, beauté, trépanation, parallélogramme, australopithèque, kangourou,  etc., ad lib… (rayez les mentions inutiles).

    Hé bien, voyez vous, j’ai décidé cette année de ne pas faire comme tout le monde :

    J’ai l’honneur de ne pas vous adresser mes voeux pour 2010.

    Du moins, pas des voeux ordinaires ( venant de Tambour Major, quoi de moins surprenant ?)
    Car, non, le 31 décembre à 23h59, nos  experts sont formels là dessus, aucun vortex spacio-temporel n’engloutit l’année passée dans les limbes d’une dimension parallèle pour faire surgir ex nihilo une nouvelle ligne du temps totalement vierge que l’on mettrait un point d’honneur à saloper comme des gorets tout au long des 365 jours à venir. Il ne s’agit pas d’un bouton “Erase All Datas” ou “Boot System” qui remettrait tout à plat… ce serait trop facile !

    Ainsi vos problèmes quotidiens ne s’effaceront pas d’un trait de plume par les seules vertus de l’agencement du calendrier. Vos tracas et soucis d’hier resteront ceux de demain. Si vous cherchez le prince charmant, il ne vous attendra pas avec un bouquet de fleurs devant votre porte demain matin au réveil, ni  après demain, ni la semaine suivante ni… jamais ! Les amours perdues vous feront tout autant souffrir que l’heure d’avant, vos blessures demeureront inchangées… Votre banquier restera aussi con, votre assureur sera toujours un escroc, le chien de la voisine viendra encore pisser sur vos plates-bandes, les voisins du dessus demeureront les beaufs insupportables qu’ils ont été tantôt. Quitte à me répéter, le passage à l’année N+1 ne relève pas de la magie, mais tout simplement d'une mesure de convenance pour calculer le temps qui passe… Rien ne change : tout continue, comme si de rien n’était.

    Surtout, si vous avez pris de bonnes résolutions, elles ne se réaliseront pas toutes seules ! Hééééééé  non !! Il faudra y payer de votre personne en vous donnant du mal pour réussir, voire – pire ! – que vous mettiez d’autres que vous à contribution… Et l’on sait depuis Sartre que l’enfer c’est l’autre, parce que l’autre n’en a rien à cirer de nous, ou si peu…

    Cependant, pour ne pas donner une couleur trop sombre à ce premier billet de l’année, je voudrais juste vous demander que vous fassiez en sorte que cette année 2010 qui s’offre à vous soit la meilleure possible. Car elle ne sera pas plus que ce que vous en ferez. Alors vous mobilisez toutes vos forces et votre ténacité pour réussir une belle et heureuse année, en commençant par prendre soin de vous. On l’oublie trop souvent : la personne la plus importante dans sa vie, c’est d’abord soi-même…

    Bonne Année à tous !

    29 décembre 2009

    Le Faune de la nuit

    3 commentairess
    Lorsque la ville revêt son manteau d'obscurité, et que les bruits noctambules habitent les rues, il sort. Dans la nuit.

    Il marche à grandes enjambées alternées petits pas serrés, vivement marqués au sol d'un claquement sonore. Clac, cloc, clac, cloc....
    Les mains rivées au fond des poches, il traverse dédaigneux les places encombrées de foules braillardes. Ses doigts s'amusent à parcourir les sinuosités de chacune des clés de son trousseau et jouent à les reconnaitre l'une après l'autre.
    Son coeur palpitant se serre un peu lorsqu'il aperçoit au loin les néons bleus et rouges qui reflètent leur clignotement maladif sur la chaussée ruisselante. Baissant vaguement la tête, il passe le porche tandis qu'un oeil de verre le regarde froidement. Il sonne. Bzzzzz
    Derrière la porte le videur prend connaissance de l'identité du nouvel hôte à qui il ouvre aussitôt. C'est un habitué.

    Musique étouffée
    Clameur lointaine
    Ambiance festive
    Il avance
    Montée d'adrénaline 
    Lorsque le bruit le submerge.

    Il y a du monde ce soir.

    Des paires d'yeux se retournent, pesants, et le déshabillent, le dévisagent, le convoitent déjà. Ôtant ostensiblement sa veste, il a l'impression d'exister dans le désir des autres. Son visage arbore la figure altière des conquérants.
    Des regards qui se croisent, des sourires esquissés, des mains qui se posent  avec fausse pudeur sur les hanches pour se frayer un passage jusqu'au bar. Un demi donnera un semblant de contenance.
    Les yeux s'expriment, l'intensité des regards insistants n'ont aucun secret pour lui. Pierre, Mathieu, Paul ou Christophe, qu'importe son prénom. Anonyme, il est ici chez lui. Faune parmi les Aegipans.

    S'accoudant à une table il aborde ce beau petit blond qui a déjà enlevé son T-shirt. Quelques mots échangés. A travers l'ambre de son verre il repère les va et vient d'une pièce l'autre, d'un lieu  de perdition à l'autre. Les visages satisfaits de ceux qui viennent de tirer leur coup, ceux gorgés d'envie qui sont sur le point de se livrer à des jeux interdits, et ceux prêts à se donner en pâture pour quelques instants de jouissance.
    Verre après verre, l'ivresse le gagne, desinhibante, libératrice.

    On s'approche... Qui va là ? Quelques mots susurrés à l'oreille et l'on rit d'un grand sourire, les yeux malicieux, pétillants. A ce petit jeu de la séduction il est sans rival dans cette cour des fantasmes.
    On le prend par la main, ivre d'envie. Des lèvres inconnues se collent aux siennes. Une main court le long de son épaule. Un grand frisson lui fend le dos. Il bande. Une nouvelle gorgée de bière, pétillante, amère et fraîche, le fait redescendre quelques secondes, le temps d'acquiescer à l'invitation provoquée de celui qui depuis un moment déjà lui titille les tétons, une paume discrètement lovée dans la poche arrière de son jean. 

    Obscurité
                           Frôlements
                                                     Désir 
                                                                        Murmures
    Extase

    Un dernier verre avant de partir. On se perd de vue...

    Il est bientôt six heures du matin.
    Les lumières jaunes de la rue lui font froncer les yeux tandis qu'une fine pluie d'hiver lui pique doucement le visage. Le cliquetis d'un rapide coup de la main atteste que les clés sont toujours présentes dans sa poche droite. Le nez dans ses souliers il rentre chez lui, satisfait, son forfait accompli. Son torse exhale le foutre. Dans sa tête l'ivresse des sens et la chaleur d'un corps au sien abandonné.

    Incognito
    Sa silhouette s'évanouit
    Dans la nuit mourante.

    27 décembre 2009

    Même les chiens...

    3 commentairess
    A table le 25 décembre, mon frère raconte que sa chienne a trucidé une poule :

    " Et en plus elle l'a même pas bouffée. Juste pour s'amuser ! L'autre jour je l'ai même vue faire un bisou à la chèvre. S'il faut elle est gouine ?  Hé bé... même les chiens maintenant...! "
    [Silence]



    24 décembre 2009

    Dans le métro qui me ramène chez moi...

    3 commentairess
    Un 23 décembre, vers 22h, dans le métro Toulousain

    Dans le métro qui me ramène chez moi, il y a ce garçon assis sur la banquette. La brillance de son blouson à la mode trahit une matière d'une noblesse qui n'est pas celle du cuir. Abrité sous sa Kangol il lit, les jambes croisées, la quatrième de couverture d'un bouquin qu'il vient d'acheter chez Virgin et dont il tient la poche rouge et blanche en précaire équilibre sur ses genoux, soumise au balancement chaotique de la rame qui s'élance dans la nuit. Une paire de lunettes rectangulaire dessine son regard que je croise alors que la voix métallique annonce la prochaine station : "Juanno d'Arc". Nous nous surprenons mutuellement en train d'articuler le texte en même temps que cette voix anonyme et pourtant familière. Nous nous détournons aussitôt. Intérieurement je souris.

    Dans le métro qui me ramène chez moi, il y a ce rebeu appuyé contre la paroi selon un déhanché négligé qui met en relief son petit cul bien rond. A ses vêtements, je devine qu'il s'apprête  à sortir rejoindre sa petite amie pour une soirée romantique au restaurant, quelque chose dans ce genre. C'est marrant comme les rebeux peuvent avoir un beau cul...

    Dans le métro qui me ramène chez moi, il y a cette fille à la crinière de lionne. Au milieu de cette jongle étroitement bouclée se love un visage à l'ovale superbe. Sa peau ambrée est d'un grain parfait. Deux grands yeux noirs scrutent les réactions de sa voisine à qui elle doit raconter une anecdote arrivée durant la journée. Sa voix comme sa présence, ne sont que douceur rassurante.

    Dans le métro qui me ramène chez moi, il y a ce mec aux Doc Marteens et au jean dont la coupe semble venir d'un autre temps. Ancrée sur sa tête, il semble vouloir disparaître derrière la visière d'une imposante casquette noire, forteresse impénétrable au regard. Pourtant, de profil, je peux voir le globe luisant de ses yeux qui regardent fixement dans le vide. Il n'a pas l'air très vieux, la trentaine tout au plus. Pourtant de toutes parts de son couvre-chef dépasse une chevelure déjà poivre et sel qui, rehaussée d'une timide barbe ébène du jour, lui confère un certain charme. J'aime ses cheveux, leur texture qui a l'air agréable. Le genre de cheveux que l'on a envie de toucher, de caresser, de laisser glisser entre les doigts qui savent si bien en faire des tortillons.

    Dans le métro qui me ramène chez moi il y a aussi ce drôle de type à la bouille rondelette et au teint rougeot. Vêtu d'un anorak kaki sale, ses yeux tournent dans leur orbite tel ceux d'un caméléon. L'air un peu fou, il ne sait pas quelle attitude avoir au milieu de ces étrangers dont la présence silencieuse semble l'indisposer dans l'agitation désordonnée de ses idées. Un pas en avant, un pas en arrière, les mains nouées sur le ventre. Il attend que ça se termine, mal à l'aise et impatient.

    Dans le métro qui me ramène chez moi il y a ces deux messieurs très bien habillés qui échangent quelques mots à demi murmurés. Scrutant inlassablement le plafond, ils pensent que demain c'est le réveillon  de noël et que les cadeaux sont fins prêts. Ils savent qu'en rentrant chez eux le sapin sera allumé dans le salon, que la maison sera emplie de rires d'enfants et qu'une boite de chocolats entamée trainera sur la table de la cuisine. Ils se demandent si les Lefebvre seront à l'heure pour le dîner demain soir et si la voiture sera prête pour aller voir les grands parents dimanche à Albi ou Cahors. Leur seule inquiétude est de savoir s'il reste assez de Veuve Cliquot à la cave pour le 25, ou s'ils devront aller chez Nicolas en urgence comme la dernière fois... Ils pensent que cette semaine de vacances leur feront du bien et se réjouissent déjà des quelques jours au ski qu'ils s'apprêtent à passer en famille.

    Dans le métro qui me ramène chez moi, retentit à nouveau la voix métalique qui m'anonce que je suis arrivé.

    D'un pas assuré je quitte ce métro qui me ramène chez moi
    Et poursuis ailleurs ma vie presque ordinaire.

    22 décembre 2009

    Avatar

    3 commentairess
    Celui-là, j'ai hésité à aller le voir tant le matracage commercial dont on nous assome depuis des mois commençait à me taper sur le système. Etant un poil têtu de nature et n'aimant pas crier avec les loups, je m'étais laissé dire que je n'irais pas, ou pas tout de suite. Et puis finalement, je me suis laissé convaincre... Il n'y a que les imbéciles qui...

    Alors, par où commencer ? Pandora est une lointaine planète sur laquelle se trouve un minerais capable de résoudre la crise énergétique sur Terre. Les compagnies d'exploitation déjà sur place sont toutefois contrariées dans leur tâche non seulement par l'atmosphère irrespirable de cette foutue planète, mais surtout par la présence de créatures autochtones, les Na'vi. Ces derniers, qui vivent en parfaite harmonie avec leur environnement, voient d'un très mauvais oeil  l'arrivée  de bulldozers géants venus décaper la surface de leur planète, et ont eu qui plus est l'outrecuidance d'installer  jadis l'un de leurs plus anciens  lieux sacrés pile-poil sur le gisement le plus important du minerais tant convoité. Y'a des baffes qui se perdent, c'est moi qui vous le dit. Alors, afin de dégager ces empêcheurs de creuser en rond, des scientifiques ont imaginé le projet Avatar qui permet à des "pilotes" humains de lier leur esprit à un avatar, un corps biologique commandé à distance, capable de survivre dans l'atmosphère létale de Pandora. C'est à ce moment qu'intervient Jake Sully un ancien marine immobilisé dans un fauteuil roulant - incarné par le très bô Sam Worthington - chargé d'incarner l'un de ces avatars pour étudier les Na'vi de plus près et les convaincre qu'une solution diplomatique leur sera plus profitable qu'un génocide. Et ce qui devait arriver arriva, le syndrome de Stockholm va frapper le pauvre Jacke de toutes ses forces...

    Le scénario de Avatar ne brille pas par son originalité. L'histoire a un goût de déjà vu et mêle des ingrédients épars puisés dans Star Wars pour certains, dans la mythologie Japonaise pour d'autres, tels l'arbre géant symbole de sagesse que l'on trouve déjà dans Totoro ; enfin un  gros soupçon de new-age et d'animisme  mijoté à la sauce écolo pour le cas où ça ne suffirait pas. Les personnages ne vont pas non plus renouveler le genre : des gentils que l'on a plaisir à aimer, des méchants que l'on  se complait à détester. Malgré tout, Avatar évite l'éccueil du cul-cul-la-praline et du sentimentalisme à la guimauve rapidement nauséeux. De même les dialogues sont bien taillés, sans longueur,  fadeur ni foutaises.

    Avatar ne se prive pas non plus de nous ouvrir les yeux  sur quelques questions aujourd'hui aussi brûlantes que la protection de l'environnement (au lendemain de l'échec de Copenhague... ) et les horreurs de la colonisation lorsque les intérêts financiers priment sur le respect qui devrait pourtant être élémentaire, de la vie, quelqu'en soit la forme. C'est étrange mais c'est la première fois que je ressens aussi violemment la sensation de déracinement et de perte de soi dans un film. D'autres avaient pourtant déjà abordé ce thème là, mais il prend ici un éclat et une puissance assez bouleversante dont je m'étonne d'avoir été aussi marqué. Le film évite par ailleurs le piège grossier des méditations métaphysiques insipides et lourdingues. On perçoit ainsi, dans l'oeil d'un Jack invalide, l'écartèlement cornélien entre son existence d'avatar, sous les traits duquel il incarne un chef de guerre agile et séduisant, et celle de sa condition humaine, l'ex marine  juché sur sa chaise de souffrance, réduit à pas grand chose... Les questions sont posées, mais laissées ouvertes.

    C'est déjà pas mal,  et tout cela aurait déjà fait de Avatar un film riche et intéressant. Un scénario classique mais solide, des personnages attachants, un joli panel d'acteurs (j'ai retrouvé avec grand plasir Sigourney Waver), un peu de profondeur...  Mais là n'est pas l'essentiel.

    Car la vraie richesse de Avatar est sans nul doute possible son univers visuel absolument hors du commun, d'une finesse, d'une richesse et d'un aboutissement inégalés à ce jour. Avatar nous invite à une véritable plongée en plein coeur d'un écosystème entièrement neuf, où vivent des créatures naturellement inconnues de nos contrées mais dont  l'existence ne nous paraît au fond pas si improbable que cela. Tout y est beau, coloré, intelligemment pensé... J'avoue avoir été bluffé par toutes les trouvaillles exo-biologiques en toutes sortes, témoins d'une imagination exceptionnelle, dont chaque centimètre caré de la toile est dotée.  Avec Avatar la preuve est désormais faite que le cinéma ne connait plus aucune limite graphique... J'avais peur que le numérique ne soit trop envahissant au détriment des acteurs réels mais James Cameron parvient à un équilibre saisissant au point qu'il réussit à nous faire oublier toute la supercherie des images de synthèse d'une beauté époustouflante. J'avoue toutefois que j'aurais nettement préféré voir le vrai Sam Worthington (rhââââ lovely...smileys Amoureux) se trimballer les fesses à l'air pendant 2h40... mais bon, on lui pardonnera.

    Elément rigoureusement fondamental dans les effets visuels et qui participe pleinement  du rendu spectaculaire : la 3D.  La version 2D  proposée confine à mon avis au contre-sens absolu. C'est  en effet la première fois qu'un film est directement pensé en 3D et que le rendu 3D fait partie intégrante du travail de l'image. Ici point de facilités, pas d'objets qui semblent foncer droit vers soi et qui s'éparpillent dans toutes les directions (la pub Haribo est là pour cela au tout début). Le travail porte ici sur le relief de l'image, la subtilité des textures, le réalisme en somme et apporte un véritable supplément de profondeur dans les perspectives. C'est là toute la magie du film : tromper nos sens au point de nous faire oublier que tout cela n'existe pas, comme des enfants qui croient mordicus que le loup est bel et bien dans le lit de mère-grand. Et encore le tour de force ne serait que purement technique si ne se dégageait pas de cette immense fresque écologique une poésie qui confine à l'envoûtement.

    Plus qu'un film, Avatar est résolument une expérience cinématographique assez extraordinaire que je ne peux que vous inviter à découvrir.

    20 décembre 2009

    Ravages nawouéliques

    0 commentaires
    Voilà, ça y est... pour le cas où cela vous aurait échappé, ce dont je doute fort, l'affligeante saison des over-doses culinaires est de retour. C'est un peu comme la lune : Seper crescis aut decrescis... 

    Les premiers signes sont mesurables à partir de mi-décembre, d'abord insignifiants : une boite de chocolats par-ci, une autre de petits gâteaux par-là... rien de très extraordinaire. Mais tout de même, on fait mine de rien quelques petits extras. On se dit que ce n'est pas très grave, que le froid pousse à manger plus et que notre corps en a besoin pour résister, que ce n'est qu'une fois par an, et que l'on se mettra au régime sitôt après...

    S'ensuit une phase de croissance exponentielle qui s'étale sur quelques jours seulement et qui se polarise autour des redoutables 24, 25, voire 26 Décembre, ces deux ou trois jours cumulant à eux seuls plus de Kilocalories par assiette que le Sahel n'en absorbe en un an. Un véritable massacre pour les artères, le tour de taille et... votre garde robe ! On mange bien quelques clémentines, parceque c'est la saison, que ça sent bon, que c'est plein de vitamine C pour lutter contre la grippe, et que ça ne fait pas grossir. Bon d'accord on les fait passer avec un ou deux Léonidas...  Mais cette "économie" fait pâle figure confrontée aux orgies de cholestérol hyper-glycémique dans lesquelles on s'est vautrés les deux pieds dedans.

    Puis, au rythme immuable d'un cycle inéluctable, elle décroît progressivement, en freinant des quatre fers... Lassés du foie gras on mange charcuteries et  rillettes ; dinde aux marrons et magrets aux cèpes cèdent le pas devant le potage - dans lequel macère peut être une carcasse de canard gras afin de donner un peu de corps au fond de sauce, le bouillon  commence à refaire une timide apparition entre deux indigestions.

    Enfin, le retour à la normale dès les premiers jours de Janvier, à l'exception notable du 31 Décembre et de son lendemain qui laissent s'échapper les derniers soubressauts de la bête agonisante, histoire de s'en remettre une couche, de se faire culpabiliser un bon coup, notre mauvaise conscience étant garante de nos bonnes résolutions : faire du sport, manger équilibré, remettre son petit 36, perdre 7 Kg d'ici avril...  Si ça peut vous faire plaisir de croire que vous tiendrez le challenge. L'enfer est pavé de bonnes intentions.

    Si vous tenez à éviter les invitations, relisez donc ces quelques consignes élémentaires... On n'est jamais trop prudents.

    Mais bon, après tout... c'est bon la honte !

    14 décembre 2009

    Bienvenue à Zombieland

    4 commentairess
    Attention, je vous préviens tout de suite, ce film est un OVNI a intercepter absolument !! Bienvenue à Zombieland, ça déchire sa race à coups de pioche ! Cela faisait bien longtemps que je m'étais pas autant éclaté devant un film de zombies  totalement déjanté.

    Dans un futur proche, le monde est infesté de zombies carnivores qui terrorisent les rares survivants. Tout d'abord voici Columbus, la gentille mauviette qui a failli se faire dévorer tout cru par sa voisine de chambre alors qu'il pouvait espérer y perdre son pucelage... ce sera notre Rantamplan. Voici ensuite, en guise de Lucky Lucke, Tallahassee la brute qui aime autant les zombies qu'un chien aime les chats. Armé d'un fusil d'assaut il se donne corps et âme à la seule mission qui compte pour lui : trouver les derniers exemplaires de ses biscuits préférés, des Twinkies, encore disponibles sur Terre. Notre duo, aussi harmonieux qu'un cheval estropié, ne va pas tarder à croiser le chemin de deux pestes aussi redoutables que belles, Wichita et Little Rock, qui vont leur mener la vie dure. Très dure.

    Dès les premières secondes du film, le ton est donné : l'humour loufoque va régner en maître pendant 1h20 presque sans discontinuer. Après une introduction vigoureuse qui plante efficacement le décors, et annonce clairement la couleur, vient un générique que j'ai trouvé particulièrement soigné et très réussi, qualités rares sur ce genre de produit qui habituellement ne consacre - à tort - que peu d'intérêt au packaging.  Puis le film s'ouvre sur la rencontre des deux premiers personnages, et le délire commence. Pari gagné !

    Je ne sais pas trop ce qui fait que le film tient debout car au fond le scénario est assez maigre. Mais ça marche. Le rythme est soutenu de bout en bout, les personnages sont et deviennent attachants tout ce qu'il faut, les effets spéciaux sont de bon aloi, du suspens, une touche d'amûûûr... et surtout des séquences hallucinantes de portnawak purement jouissif. Pour ceux qui ont déjà la reférence de Shaun Of The Dead  en mémoire, Zombieland, dans un style il est vrai différent, passe nettement la vitesse supérieure au point de que SOTD me paraît maintenant fadasse ! Surtout, j'ai trouvé le personnage de Tallahassee littéralement hallucinant. Un mélange improbable quelque part entre Terminator et un Bisounours... oui, ça a l'air inconciliable comme ça, mais pourtant... Je ne me souviens pas avoir vu un personnage aussi fou depuis bien longtemps. Rafraichissant !

    Nan, vraiment, si vous avez besoin de vous changer les idées, plutôt que de frapper le chat, allez donc voir un bon ptit film tonique qui décolle bien les neurones et décrispe les zygomatiques. Quel film ? Mais Zombieland bien sûr !