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  • 23 janvier 2010

    De retour !

    1 commentaires
    Kikou les amis !! I'm back from Brésil, les yeux débordants d'images extraordinaires, des souvenirs pleins la tête, des Go de photos à trier, des miliards de choses à raconter, totalement exténué, mais j'ai passé 12 jours absolument FA-BU-LEUX !!

    12 jours sans internet, à peu près coupé du monde, sans me tenir au courant de tout ce qu'il a pu se passer dans la blogosphère et par conséquent sans possibilité de noyer vos blogs respectifs de commentaires (oué je sais, c'est cruel...), une boite mail over-saturée, des messages à la pelle sur mes sites de rencontres, et un blog laissé à l'abandon depuis presque deux semaines ... Mon dieu ce que vous avez dû souffrir loin de moi !

    Allez séchez vos larmes car me voici de retour de l'autre bout du monde ! Je file me coucher pour récupérer le sacré coup de jet-lag et les heures jours de sommeil de retard tant notre timing a été serrée, et promis, tout bientôt je vous livrerai des billets réguliers sur mon périple au pays de la samba et de la caipirinha ...

    A bientôt les louloutes !

    12 janvier 2010

    Si tu vas à Rio...

    5 commentairess
    A l'heure où vous lirez ces lignes, pendant que certains greloteront sous la neige et le froid ou s'énerveront dans des embouteillages foudroyants, d'autres ricaneront doucement depuis l'autre bout du monde tandis qu'ils se passeront une troisième tartine de crème solaire écran total, se réajusteront les lunettes de soleil, et qu'un charmant serveur tout bronzé leur servira de la cachaça ad nutum.

    Effectivement, en ces temps de crise économique et de récession mondiale, un sens aigu de la sagesse m'a fait jugé bon de prendre un peu de recul sur les tourments du monde, de me retirer loin de la foule hurlante et de partir pour quelques jours en vacances au pays du soleil, du café, du football, des beaux mecs chauds comme la braise et des transsexuels : le Brésil !

    Sous les auspices d'un soleil resplendissant et d'une température tropicale (entre 24 et 35 °C d'après les derniers renseignements pris), mon périple de 12 jours me mènera de beautés en splendeurs à travers une bonne partie du Sud du pays que nous traverserons de part en part : de la Baie de Salvador - où nous atterrissons mardi après midi - à la Baie de Rio  - d'où nous repartirons après une ultime halte de trois jours - en passant au centre par Gôiania  pour une courte escale  avant que nous poursuivions plus au Sud en direction des chutes monumentales de Iguaçu situées sur la frontière  avec l'Argentine et le Paraguay.


    Je ne sais pas si j'aurais l'opportunité de vous transposer ici en léger différé mon carnet de bord pour vous faire partager mon aventure, ni si j'aurais seulement le temps de me connecter à internet, mais pour tout vous dire, je crois bien que j'aurai autre chose à penser... Oui, oui, vous pouvez le dire : ma vie est un enfer...


    En attendant, portez vous bien, ne soyez pas sages et allez donc faire un tour chez Lo Grelh, ça devrait vous donner envie de voyager ! smileys Forum

    Ha, si... une dernière chose : ne prenez pas froid surtout ! Mwouahahahahaha....

    10 janvier 2010

    De briques et de gel

    5 commentairess
    Endormie sous son manteau de cristal
    La Ville Rose s'apaise dans le froid de l'hiver.
    La vigne enlace la brique comme on enserre une couverture
    Et les tuiles engourdies espèrent le soleil.




    Quant à moi je vous abandonne le temps de quelques vacances... bien au chaud !

    8 janvier 2010

    Intermède musical

    6 commentairess
    Il y a un peu plus de vingt ans que je débutais par le plus grand des hasards l'étude du piano, bien que  n'ayant aucune prédisposition naturelle ni familiale à cela. En effet, quoique ma mère ait toujours fait partie de chorales amateurs depuis sa tendre enfance et mon père su vaguement jouer de la clarinette lorsqu'il était ado, le climat modeste de la maison Tambour Major n'avait rien d'un panthéon de la musique. Lorsqu'un beau jour débarqua dans mon école primaire un professeur de piano qui proposait ses services aux élèves intéressés. Je me souviens qu'à ma mère qui me demandait si cela me plairait, je répondis que je préfèrerais apprendre la trompette plutôt que le piano parce qu'une trompette c'est plus facile à transporter. En réalité je n'avais jamais réfléchi à la question ni à aucun instrument que ce fut mais toujours est-il que quelques semaines plus tard je me retrouvais assis pendant la récréation de midi, devant le clavier d'ivoire et d'ébène du vieux piano droit de l'école, relégué dans une salle oubliée.

    Je n'ai pas de souvenir particulier de ce premier professeur qui eut pourtant le mérite de m'initier aux premières gammes et sous la férule duquel je fis mes débuts en solfège. La pédagogie n'était pas son atout majeur et je me revois encore étouffant des baillements étourdissants tandis qu'il m'exposait l'enchevêtrement des tétracordes auxquels je feignais de porter un intérêt passionné. Cet épisode fut d'assez courte durée, puisque à la rentrée suivante la petite salle de musique demeura porte close et le piano muet. Mes parents se mirent alors en quête d'un remplaçant que nous trouvâmes dans notre village et chez qui je me rendis pendant de longues années.

    Si elle n'était pas une grande virtuose du piano, cette remplaçante sut en revanche transmettre avec humanité et passion le feu sacré de la musique. Je passais chez elle des heures somptueuses, souvent à discuter beaucoup plus qu'à "faire" de la musique. Nous parlions de ses années au conservatoire, de ses professeurs, de compositeurs que je commençais à découvrir et à apprécier. Elle n'hésitait pas à sortir de ses placards des monticules de partitions qu'elle étalait sur le piano et que nous lisions ensemble ou dont elle me jouait de courts fragments. Car elle savait que le musicien n'est pas tant celui qui sait jouer que celui qui sait  tout autant aimer avec curiosité. L'envie d'aimer, l'envie d'apprendre le beau, d'en être envelopper jusqu'à l'écoeurement... pour mieux cacher ma laideur.

    A cette même époque, voyant que la musique commençait à devenir une maitresse exigeante pour laquelle je montrais une passion dévorante, ma mère se mit à acheter chaque semaine une collection de CD "avec son fascicule"  Les Génies du Classique. Le plus drôle c'est qu'à l'époque nous n'avions même pas de lecteur CD à la maison ! Mais elle disait que cela me servirait peut être plus tard si je décidais de continuer dans la musique et de faire des études dans ce domaine, question brûlante que je devais me poser quelques mois avant  de passer mon bac. Finalement à la musicologie j'ai préféré le droit, histoire de m'assurer un avenir professionnel plus certain.

    Anthologie de la musique classique au sens le plus large du terme, cette collection - qui s'est étalée sur plusieurs années, proposait la découverte des grands noms de la musique classique par périodes, avec quelques unes des oeuvres les plus représentatives des compositeurs marquants chacune d'elles - me procura mes premières armes, me permit de me forger une oreille et d'affirmer mes premiers goûts musicaux. C'est ainsi que progressivement je découvris notamment Bach, Scarlatti, Haendel, les sonates pour piano de Beethoven dont je rêvais de jouer un jour les oeuvres, puis Chopin qui fut longtemps mon préféré. Chopin... j'ai passé tellement d'heures à écouter ses Mazurkas, Nocturnes et Valses... J'aimais en lui cette liberté, la fluidité de sa musique dictée par l'ivresse, les harmonies chaudes et sa douce mélancolie à laquelle je m'abandonnais aveuglément. Il me suffisait de m'allonger sur le lit, de fermer les yeux et de me laisser aller, emporté par le balancement des couleurs, pour que je sois transporté en des univers lointains et voluptueux dont le retour était chaque fois un déchirement.

    Quelques temps plus tard je fis l'expérience décisive du Prélude à l'après midi d'un Faune, de Debussy, première rencontre me semble-t-il avec l'école française dont les affinités ne se firent que croissantes.  De  la musique pour piano  de Debussy je retiens le coté immatériel, transparent, parfois totalement évanescent...  de la musique sans mélodie. C'était une vraie nouveauté pour moi. De la musique "pure" détachée de toute contrainte formelle apparente. Et ses harmonies scintillantes, ses rythmes...



    Puis , filiation assez évidente, de Debussy à Ravel il n'y eut qu'un pas. Bien entendu j'entendis tout d'abord l'oeuvre à laquelle on associe trop souvent Maurice Ravel : son inoxydable Boléro, qui demeure aujourd'hui l'une des pièces les plus jouées au monde. Et pourtant, je trouve cette oeuvre tellement peu représentative de la musique de Ravel ! Comme si Paris se résumait à la Tour Eiffel ! Ravel est lui-même assez clair sur le son contenu  :

    « Je souhaite vivement qu’il n’y ait pas de malentendu au sujet de cette œuvre. Elle représente une expérience dans une direction très spéciale et limitée, et il ne faut pas penser qu’elle cherche à atteindre plus ou autre chose qu’elle n’atteint vraiment. Avant la première exécution, j’avais fait paraître un avertissement disant que j’avais écrit une pièce qui durait dix-sept minutes et consistant entièrement en un tissu orchestral sans musique – en un long crescendo très progressif. Il n’y a pas de contraste et pratiquement pas d’invention à l’exception du plan et du mode d’exécution. Les thèmes sont dans l’ensemble impersonnels – des mélodies populaires de type arabo-espagnol habituel. Et (quoiqu’on ait pu prétendre le contraire) l’écriture orchestrale est simple et directe tout du long, sans la moindre tentative de virtuosité. […] C’est peut-être en raison de ces singularités que pas un seul compositeur n’aime le Boléro — et de leur point de vue ils ont tout à fait raison. J’ai fait exactement ce que je voulais faire, et pour les auditeurs c’est à prendre ou à laisser. »
     Entretien accordé par Maurice Ravel au London’s Daily Telegraph,
    11 juillet 1931, repris dans Ravel 1989, p. 365


    Je ne sais plus comment s'est faite ma première rencontre avec la musique pour piano de Maurice Ravel mais elle fut l'un des chocs esthétiques les plus puissants que j'ai connu à ce jour. Elle fait partie des rares musiques, avec celle de Poulenc, capable de m'émouvoir aux larmes alors même que je suis heureux. Je ne me risquerai pas à une tentative de description voué à l'échec mais me contenterais de quelques extraits plus ou moins connus du grand public, dont l'inventivité et la poésie extraordinaire n'ont de cesse de me faire voyager, loin, loin, loin...

    Un peu de poèsie subtilement médiévalisante :


    Quelques instants de virtuosité débridée :


    Le sublime à l'état pur :


    A moins que ce ne soit ça :


    Et le meilleur pour la fin :


    L'ensemble ne brille peut être pas par son coté transcendantalement joyeux, je le reconnais. Ce sont néanmoins des harmonies qui m'accompagnent toujours, parce que la beauté n'est ni joyeuse, ni triste... elle est par elle même, dans toute sa subjectivité.

    5 janvier 2010

    Lettre au bouffeur de pop-corn

    9 commentairess
    Cher toi,

    Hier soir je suis allé au cinéma, et toi également avec ta nouvelle petite amie, celle avec qui tu navigues en plein bonheur depuis 4 jours que tu sors avec elle. Hier soir toi et ta petite pétasse brunette habillée comme une pute et plus maquillée qu'un drag-queen, étiez comme moi  à la séance de 22H pour voir un film un peu effrayant, histoire de lui montrer, à ta pipeuse de luxe, que tu sais affronter la peur comme un vrai mec en te grattant régulièrement les couilles, elle pour te montrer combien elle te kiffe grave, surtout quand tu lui déchires le fion en la drapant d'insultes choisies dont tu as le secret. Mais je m'égare.

    Avant d'entrer dans la salle, tu t'étais arrêté acheter des pop-corn, pour faire style. Moi aussi j'aime bien les pop-corn vois-tu, même si je n'en mange pas souvent, parce que ça fait grossir et que je surveille ma ligne. D'ailleurs, quand il m'arrive d'en acheter, la boite est vide avant la fin des pubs. Visiblement, la taille des boites de pop-corn a sérieusement augmenté ces derniers temps. Ou alors c'est juste une impression.

    Parceque j'ai été pris d'étonnement lorsque j'ai constaté que  les 30 minutes d'annonces qui précédaient le film n'avaient pu suffire à venir à bout des innombrables "scratch-scratch-scratch" qu'a fait ta main farfouillant parmi les flocons de maïs soufflé. Pendant la pub, je le reconnais, ce n'est pas très grave. Le film n'a pas encore commencé, on en profite pour papoter avec son voisins, envoyer un ou deux derniers SMS... rien de bien sérieux.

    Mais quand le film commence, là, il faut faire un minimum attention à ses voisins. Mais siiiii, les voisins... ? Tu sais, tous ces gens dans la salle qui, comme moi hier soir, essayaient de regarder le film  Esther tranquillement ? Ce film où la tension monte d'un cran à chaque quart d'heure ? Haaaaaa mééé non bien sûr... suis-je bête... tu ne vois pas de quoi je parle évidemment. Pas plus que si je te demande si tu as une vague idée de ce que singnifie le mot "respect" pourtant si à la mode, et notamment chez vous des djeuns'. Sinon, tu aurais  certainement fait attention à ne pas pourrir toute la salle avec tes inlassables "scratch-scratch-scratch" pendant les 2H qu'a durée la séance. Je suis bête parfois....

     Car oui, tes putains de "scratch-scratch-scratch" nous ont fait royalement chier !

    J'avoue que l'idée de me retourner pour t'arracher les doigts avec les dents, phalange par phalange, puis te faire avaler ton putain de carton  en entier en t'enfonçant mon poing dans la gorge jusqu'à te faire exploser l’œsophage m'a traversé l'esprit une paire de fois.

    Estime toi heureux d'être encore en vie ce matin.

    Alors, cher toi dont j'ignore le nom, laisse moi te dire que je t'exècre de toutes mes forces, toi ainsi que ta pouffiasse de meuf. Oui, celle-là même qui a recommencé à vomir sa vulgarité dès le début du générique de fin en passant un coup de fil à l'une quelconque de ses connasses de copines de merde.

    Tu n'es qu'un résidus de furoncle putride de teckel eczémateux puant, et à ce titre je te chie à la gueule.

    Je ne te salue pas.
    Ton courroucé.

    PS : Dans des conditions "normales", Esther est un très bon film à suspense...

    3 janvier 2010

    L'étourdissante "Vie Parisienne" au TNT

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    Finir l'année autour d'une opérette, fraîche et pétillante, mais quelle formidable idée ? Il est donc naturel qu'elle ait traversé mon esprit exceptionnellement brillant.

    Mercredi 30 nous avions donc rendez-vous au TNT pour assister à La Vie Parisienne de l'ami Jacques Offenbach qui, par un hasard cocasse, était diffusée quelque jours auparavant en fin de soirée à la télévision. Mais désireux de conserver intact le plaisir de la découverte, j'avais soigneusement boudé cette production pourtant alléchante.

    Le propos de cet opéra bouffe est assez simple : deux gredins, Gardefeu et Bobinet convoitent la même femme. Dans une gare où ils attendent, Gardefeu se fait passer pour un guide auprès du baron de Gondremarck et Madame à qui il promet de faire visiter tout Paris et de les introduire dans le grand monde. Ce n'est là que le début de leurs soucis (pour l'argument dans son intégralité allez voir par ici).

    Lors de la réservation des places, je n'avais pas lésiné sur le prix, allons y franco, de sorte que nous nous sommes retrouvé très proche de la scène et pile poil au centre. Malgré un instant de doute, j'aime bien me trouver un peu en hauteur de sorte à dominer l'espace scénique, il s'avéra rapidement que cet emplacement fut stratégiquement parfait. En effet, des travaux importants obligent l'opéra à tenir portes closes pour la saison en cours, cette saison doit par conséquent se tenir hors les murs. Les Dialogues des Carmélites avaient déjà, dans un autre lieu, un peu souffert d'un espace à l'acoustique mal appropriée aux voix d'opéra. La salle du TNT qui nous accueillait ce soir là ne s'est montré guère plus convaincante. Les contraintes du théâtre ne sont pas celles de l'opéra et le conduit d'une voix qui chante n'a pas les mêmes besoins que celui d'un acteur qui déclame. Notre position avantageuse nous a toutefois permis de suivre les 4 actes sans trop de mal, même si certains choeurs d'arrière scène demandaient à ce que l'on tende un peu plus l'oreille. Je ne pense pas que les spectateurs situés tout en haut de la salle aient pu profiter tout autant du spectacle, du moins pour les séquences chantées. L'orchestre, peu à son aise dans une fosse bien étroite, a certainement pâtit de ces mé-dispositions, avait à sa tête un jeune chef - Alfonso Caiani -  à la bouille sympathique dont la direction vive et franche - et physiquement engagée jusqu'à la dernière seconde - ne souffre presque aucune critique de mon point de vue. Malgré quelque décalages très vite rattrapés, et le manque évident de réverbération, la petite troupe a mené son affaire tambour major battant, préservant l'équilibre voix/orchestre si fragile jusque dans les passages pianissimo.

    Malgré cette inadéquation du lieu sur ce point - ce qui témoigne hélas des énormes lacunes de la Ville Rose dans ce domaine - la soirée fut toutefois magnifique.
    Si elle n'a pas les proportions de la scène d'opéra, celle du TNT fut astucieusement exploitée. Quoique l'action se déroule dans le dernier tiers du XIX° siècle, le parti fut pris d'un modernisation parcimonieuse mais efficace tant sur du discours que des décors.

    Hormis l'acte deuxième qui fait montre de plus de parcimonie, les décors sont abondants, très riches, colorés, multipliant les arrières-plans permettant une profondeur de scène impressionnante dont chaque recoin ou presque est utilisé. Point d'économie de moyens, place à l'artillerie lourde pour la fin de l'année ! Un décors par acte, fortement référencé dans le Paris contemporain, ne réutilisant chaque fois que peu d'éléments du précédent, à l'exception du fond de scène mais qui fut néanmoins astucieusement remaquillé au fil de la soirée, donnant l'illusion d'un renouveau permanent. Voitures sur scènes, cadres géants, table de douze mètres, escalator, la démesure des décors - souvent interactifs - se veut à l'image de la démesure de la vie parisienne rêvée par les touristes dont on se joue. Et cela fait un sacré bien.

    La mise en scène ne fait pas non-plus dans la demi mesure (pas plus que la musique d'ailleurs), ne cachant pas les ambitions des personnages : c'est bien de gaudriole et de parties de jambes en l'air qu'il s'agit. Point de chichitage : Bobinet (le très mignon Marc Callahan, surtout en petite tenue...) et son comparse Gardefeu ont le sang très chaud et la sève haute... les enjeux sont clairs, et le jeu sur scène ne laisse aucun doute à ce sujet, faisant litière de la bienséance puritaine qui pourrait enrober le froufrou des dames de la haute société et de la position à laquelle doivent se conformer les hommes du monde. Mis à part la trivialité du propos frisant parfois l'obscène - nous eûmes droit à de nombreux coups de rein sans équivoque ainsi qu'à une éjaculation de Veuve Cliquot - la bonne humeur était au rendez-vous et, quoique les acteurs ne furent pas "à fond" tout le temps (sauf à se repoudrer le nez entre deux actes) une belle énergie se dégageait de l'ensemble, les uns et les autres prenant un plaisir évident à jouer cette bouffonnerie trépidante. Dès le premier acte (à la gare) ça court dans tous les sens, ça crie, ça tressaute, ça manifeste à grands coups de banderoles remises au goût du jour, le poing levé. On s'y croirait ! Le détail a même été poussé jusqu'à introduire une hôtesse chargée de faire des annonces régulières d'arrivées et de retards de trains au micro, ponctuées par le jingle SNCF. On est là pour s'amuser, allons y à fond sans craindre la surenchère, tel semble avoir été le maître mot de la mise en scène que j'ai trouvée tout à fait réussie. J'attribue une mention toute particulière aux deux interludes placés au premier puis second tiers, et censés représenter la rue parisienne au petit matin. Rabaissée à une hauteur d'environ 3 mètres par le tomber du rideau et éclairée par des ampoules électriques clignotant par alternance, la scène se trouve réduite à la largeur d'un couloir. Des gens vont et viennent, éboueurs, princesses et autres diablotins de la nuit, le diable au corps, se livrent à des frasques totalement délirantes et purement jubilatoires. Clou du spectacle lorsque, une fois le rideau tombé, toute la troupe réunie sur scène - chef inclus - se lance dans un dernière chorégraphie au son de l'orchestre endiablé. Un vrai bonheur !

    Il n'en fallait pas moins pour donner à cette Vie Parisienne tout son panache. Car il en va de la musique de Offenbach comme d'un gros hamburger avec ses frites : d'allure massive, passablement décadent, c'est joli, ça sent bon, ça rassasie sur le moment, mais on a vite à nouveau faim.... Après tout, il n'y a pas de mal à se faire du bien de temps en temps et se faire du bien au moral.

    1 janvier 2010

    Non-voeux

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    En ce premier jour de l’an, il est de tradition de souhaiter ses voeux de bonheur, santé, réussite, amour, argent, gloire, beauté, trépanation, parallélogramme, australopithèque, kangourou,  etc., ad lib… (rayez les mentions inutiles).

    Hé bien, voyez vous, j’ai décidé cette année de ne pas faire comme tout le monde :

    J’ai l’honneur de ne pas vous adresser mes voeux pour 2010.

    Du moins, pas des voeux ordinaires ( venant de Tambour Major, quoi de moins surprenant ?)
    Car, non, le 31 décembre à 23h59, nos  experts sont formels là dessus, aucun vortex spacio-temporel n’engloutit l’année passée dans les limbes d’une dimension parallèle pour faire surgir ex nihilo une nouvelle ligne du temps totalement vierge que l’on mettrait un point d’honneur à saloper comme des gorets tout au long des 365 jours à venir. Il ne s’agit pas d’un bouton “Erase All Datas” ou “Boot System” qui remettrait tout à plat… ce serait trop facile !

    Ainsi vos problèmes quotidiens ne s’effaceront pas d’un trait de plume par les seules vertus de l’agencement du calendrier. Vos tracas et soucis d’hier resteront ceux de demain. Si vous cherchez le prince charmant, il ne vous attendra pas avec un bouquet de fleurs devant votre porte demain matin au réveil, ni  après demain, ni la semaine suivante ni… jamais ! Les amours perdues vous feront tout autant souffrir que l’heure d’avant, vos blessures demeureront inchangées… Votre banquier restera aussi con, votre assureur sera toujours un escroc, le chien de la voisine viendra encore pisser sur vos plates-bandes, les voisins du dessus demeureront les beaufs insupportables qu’ils ont été tantôt. Quitte à me répéter, le passage à l’année N+1 ne relève pas de la magie, mais tout simplement d'une mesure de convenance pour calculer le temps qui passe… Rien ne change : tout continue, comme si de rien n’était.

    Surtout, si vous avez pris de bonnes résolutions, elles ne se réaliseront pas toutes seules ! Hééééééé  non !! Il faudra y payer de votre personne en vous donnant du mal pour réussir, voire – pire ! – que vous mettiez d’autres que vous à contribution… Et l’on sait depuis Sartre que l’enfer c’est l’autre, parce que l’autre n’en a rien à cirer de nous, ou si peu…

    Cependant, pour ne pas donner une couleur trop sombre à ce premier billet de l’année, je voudrais juste vous demander que vous fassiez en sorte que cette année 2010 qui s’offre à vous soit la meilleure possible. Car elle ne sera pas plus que ce que vous en ferez. Alors vous mobilisez toutes vos forces et votre ténacité pour réussir une belle et heureuse année, en commençant par prendre soin de vous. On l’oublie trop souvent : la personne la plus importante dans sa vie, c’est d’abord soi-même…

    Bonne Année à tous !

    29 décembre 2009

    Le Faune de la nuit

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    Lorsque la ville revêt son manteau d'obscurité, et que les bruits noctambules habitent les rues, il sort. Dans la nuit.

    Il marche à grandes enjambées alternées petits pas serrés, vivement marqués au sol d'un claquement sonore. Clac, cloc, clac, cloc....
    Les mains rivées au fond des poches, il traverse dédaigneux les places encombrées de foules braillardes. Ses doigts s'amusent à parcourir les sinuosités de chacune des clés de son trousseau et jouent à les reconnaitre l'une après l'autre.
    Son coeur palpitant se serre un peu lorsqu'il aperçoit au loin les néons bleus et rouges qui reflètent leur clignotement maladif sur la chaussée ruisselante. Baissant vaguement la tête, il passe le porche tandis qu'un oeil de verre le regarde froidement. Il sonne. Bzzzzz
    Derrière la porte le videur prend connaissance de l'identité du nouvel hôte à qui il ouvre aussitôt. C'est un habitué.

    Musique étouffée
    Clameur lointaine
    Ambiance festive
    Il avance
    Montée d'adrénaline 
    Lorsque le bruit le submerge.

    Il y a du monde ce soir.

    Des paires d'yeux se retournent, pesants, et le déshabillent, le dévisagent, le convoitent déjà. Ôtant ostensiblement sa veste, il a l'impression d'exister dans le désir des autres. Son visage arbore la figure altière des conquérants.
    Des regards qui se croisent, des sourires esquissés, des mains qui se posent  avec fausse pudeur sur les hanches pour se frayer un passage jusqu'au bar. Un demi donnera un semblant de contenance.
    Les yeux s'expriment, l'intensité des regards insistants n'ont aucun secret pour lui. Pierre, Mathieu, Paul ou Christophe, qu'importe son prénom. Anonyme, il est ici chez lui. Faune parmi les Aegipans.

    S'accoudant à une table il aborde ce beau petit blond qui a déjà enlevé son T-shirt. Quelques mots échangés. A travers l'ambre de son verre il repère les va et vient d'une pièce l'autre, d'un lieu  de perdition à l'autre. Les visages satisfaits de ceux qui viennent de tirer leur coup, ceux gorgés d'envie qui sont sur le point de se livrer à des jeux interdits, et ceux prêts à se donner en pâture pour quelques instants de jouissance.
    Verre après verre, l'ivresse le gagne, desinhibante, libératrice.

    On s'approche... Qui va là ? Quelques mots susurrés à l'oreille et l'on rit d'un grand sourire, les yeux malicieux, pétillants. A ce petit jeu de la séduction il est sans rival dans cette cour des fantasmes.
    On le prend par la main, ivre d'envie. Des lèvres inconnues se collent aux siennes. Une main court le long de son épaule. Un grand frisson lui fend le dos. Il bande. Une nouvelle gorgée de bière, pétillante, amère et fraîche, le fait redescendre quelques secondes, le temps d'acquiescer à l'invitation provoquée de celui qui depuis un moment déjà lui titille les tétons, une paume discrètement lovée dans la poche arrière de son jean. 

    Obscurité
                           Frôlements
                                                     Désir 
                                                                        Murmures
    Extase

    Un dernier verre avant de partir. On se perd de vue...

    Il est bientôt six heures du matin.
    Les lumières jaunes de la rue lui font froncer les yeux tandis qu'une fine pluie d'hiver lui pique doucement le visage. Le cliquetis d'un rapide coup de la main atteste que les clés sont toujours présentes dans sa poche droite. Le nez dans ses souliers il rentre chez lui, satisfait, son forfait accompli. Son torse exhale le foutre. Dans sa tête l'ivresse des sens et la chaleur d'un corps au sien abandonné.

    Incognito
    Sa silhouette s'évanouit
    Dans la nuit mourante.

    27 décembre 2009

    Même les chiens...

    3 commentairess
    A table le 25 décembre, mon frère raconte que sa chienne a trucidé une poule :

    " Et en plus elle l'a même pas bouffée. Juste pour s'amuser ! L'autre jour je l'ai même vue faire un bisou à la chèvre. S'il faut elle est gouine ?  Hé bé... même les chiens maintenant...! "
    [Silence]



    24 décembre 2009

    Dans le métro qui me ramène chez moi...

    3 commentairess
    Un 23 décembre, vers 22h, dans le métro Toulousain

    Dans le métro qui me ramène chez moi, il y a ce garçon assis sur la banquette. La brillance de son blouson à la mode trahit une matière d'une noblesse qui n'est pas celle du cuir. Abrité sous sa Kangol il lit, les jambes croisées, la quatrième de couverture d'un bouquin qu'il vient d'acheter chez Virgin et dont il tient la poche rouge et blanche en précaire équilibre sur ses genoux, soumise au balancement chaotique de la rame qui s'élance dans la nuit. Une paire de lunettes rectangulaire dessine son regard que je croise alors que la voix métallique annonce la prochaine station : "Juanno d'Arc". Nous nous surprenons mutuellement en train d'articuler le texte en même temps que cette voix anonyme et pourtant familière. Nous nous détournons aussitôt. Intérieurement je souris.

    Dans le métro qui me ramène chez moi, il y a ce rebeu appuyé contre la paroi selon un déhanché négligé qui met en relief son petit cul bien rond. A ses vêtements, je devine qu'il s'apprête  à sortir rejoindre sa petite amie pour une soirée romantique au restaurant, quelque chose dans ce genre. C'est marrant comme les rebeux peuvent avoir un beau cul...

    Dans le métro qui me ramène chez moi, il y a cette fille à la crinière de lionne. Au milieu de cette jongle étroitement bouclée se love un visage à l'ovale superbe. Sa peau ambrée est d'un grain parfait. Deux grands yeux noirs scrutent les réactions de sa voisine à qui elle doit raconter une anecdote arrivée durant la journée. Sa voix comme sa présence, ne sont que douceur rassurante.

    Dans le métro qui me ramène chez moi, il y a ce mec aux Doc Marteens et au jean dont la coupe semble venir d'un autre temps. Ancrée sur sa tête, il semble vouloir disparaître derrière la visière d'une imposante casquette noire, forteresse impénétrable au regard. Pourtant, de profil, je peux voir le globe luisant de ses yeux qui regardent fixement dans le vide. Il n'a pas l'air très vieux, la trentaine tout au plus. Pourtant de toutes parts de son couvre-chef dépasse une chevelure déjà poivre et sel qui, rehaussée d'une timide barbe ébène du jour, lui confère un certain charme. J'aime ses cheveux, leur texture qui a l'air agréable. Le genre de cheveux que l'on a envie de toucher, de caresser, de laisser glisser entre les doigts qui savent si bien en faire des tortillons.

    Dans le métro qui me ramène chez moi il y a aussi ce drôle de type à la bouille rondelette et au teint rougeot. Vêtu d'un anorak kaki sale, ses yeux tournent dans leur orbite tel ceux d'un caméléon. L'air un peu fou, il ne sait pas quelle attitude avoir au milieu de ces étrangers dont la présence silencieuse semble l'indisposer dans l'agitation désordonnée de ses idées. Un pas en avant, un pas en arrière, les mains nouées sur le ventre. Il attend que ça se termine, mal à l'aise et impatient.

    Dans le métro qui me ramène chez moi il y a ces deux messieurs très bien habillés qui échangent quelques mots à demi murmurés. Scrutant inlassablement le plafond, ils pensent que demain c'est le réveillon  de noël et que les cadeaux sont fins prêts. Ils savent qu'en rentrant chez eux le sapin sera allumé dans le salon, que la maison sera emplie de rires d'enfants et qu'une boite de chocolats entamée trainera sur la table de la cuisine. Ils se demandent si les Lefebvre seront à l'heure pour le dîner demain soir et si la voiture sera prête pour aller voir les grands parents dimanche à Albi ou Cahors. Leur seule inquiétude est de savoir s'il reste assez de Veuve Cliquot à la cave pour le 25, ou s'ils devront aller chez Nicolas en urgence comme la dernière fois... Ils pensent que cette semaine de vacances leur feront du bien et se réjouissent déjà des quelques jours au ski qu'ils s'apprêtent à passer en famille.

    Dans le métro qui me ramène chez moi, retentit à nouveau la voix métalique qui m'anonce que je suis arrivé.

    D'un pas assuré je quitte ce métro qui me ramène chez moi
    Et poursuis ailleurs ma vie presque ordinaire.