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  • 18 février 2013

    Un mot de lui et je suis joie

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    Encore un journée passée ensemble. Une journée simple, dans le canapé, à regarder la télévision, manger de la glace et à raconter des bêtises. C'est notre petit rituel, manger de la glace. A chaque fois qu'il vient il en apporte, dans des petits pots en polystyrène de deux-cent cinquante grammes, chacun contenant trois parfums. La fois dernière, mardi, il m'avait pris de la glace rhum-kumquat, un de mes parfums préférés. Cette fois il avait notamment choisi du chocolat amer, parfum que j'avais découvert et beaucoup aimé la fois dernière aussi. Au début il me demandait ce que j'aimais. Maintenant il ne pose même plus la question. Il connaît mes goûts, et j'ai presque honte de ne pas connaître les siens..

    Initialement nous avions prévu d'aller au cinéma, voir Les Misérables. Puis, cloués sur le canapé par une épuisante inertie, et refroidis par des critiques assassines, nous sommes finalement restés chez moi. Je lui ai fait découvrir Donnie Darko, qu'il n'avait jamais vu, et que par chance j'ai trouvé en version espagnole sur internet. Ça m'a fait une drôle de sensation de voir ce film avec lui, principalement à cause de la thématique de la mémoire et des sentiments, sources de souffrances. Je ne me rappelais pas du film selon cet angle-là et pourtant ce soir je n'ai vu que cela. La mémoire, l'oubli, l'après. À n'en pas douter, le fruit de mes propres angoisses...

    Cela pourra vous paraître bien niais tout ce que je raconte, mais je vis avec lui des moments rares et surtout j'apprends beaucoup sur ce que je peux attendre d'une relation amoureuse. En réalité je n'attends rien de bien extraordinaire sinon de la simplicité, de la complicité et beaucoup de tendresse. Oui, être avec quelqu'un ne signifie pas - contrairement à ce que j'avais fini par croire erronément - être à tout prix en quête de quelque chose à faire, d'un endroit où aller, d'un concert à écouter, d'un bar sympa à découvrir. Certes cela fait partie du tout, mais ce n'est pas l'essentiel, ce n'est peut-être pas par là qu'il faut commencer. Être bien l'un avec l'autre à ne rien faire du tout me semble aujourd'hui la base la plus simple et la plus saine qui se puisse concevoir. Et le reste ne viendra qu'en bonus, je crois.

    Cela fait à peine une heure qu'il est parti que déjà ses bras me manquent. Terriblement.

    15 février 2013

    La Photo du Mois : "Bleu"

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    Bonjour bonjour, nous sommes le 15 Février 2013, il est midi tapante, c'est le moment de notre rendez-vous habituel avec "La photo du mois".

    Accessoirement ceci est mon 666ème billet ! (hu hu hu)

    Chaque 15 du mois, un groupe de blogueurs publie à midi heure de Paris, une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Pour cette deuxième édition de l'année,Hibiscus  nous propose Bleu.

    Du bleu, en Argentine, il y en a partout, à commencer par le drapeau national qui est composé aux deux-tiers d'un bleu-ciel si caractéristique. Il ya aussi tout un tas de maisons colorées dans le très fameux quartier de La Boca, dont une qui aurait particulièrement bien cadré avec le thème et dont j'avais déjà publié la photo sur mon Tumblr. C'est d'ailleurs cette photo que j'avais tout d'abord choisie comme photo du mois.

    Mais en faisant du tri dans mes fichiers, je suis tombé sur une photo tout aussi récente, prise il y a trois semaines dans le jardin botanique de Buenos Aires et dont j'ai préféré l'originalité : une jolie libellule aux yeux bleus, posée sur un bouton de nénuphar.

    J'aime beaucoup les libellules, et cela depuis ma tendre enfance. Pensez-vous : un insecte qui ne pique pas, qui ne mord pas et qui en plus est joli ne peut qu'attirer la sympathie d'un bambin. Lorsque j'étais gamin, il y en avait de toutes les couleurs qui jouaient au bord du canal chez mes parents. A tel point qu'une promenade sans avoir vu de libellule était une promenade tronquée de l'une de ses attractions les plus merveilleuses : le bal gracieux des libellules parmi les folles avoines.

    Alors, où que je sois, voir une libellule virevolter me donne immédiatement le sourire car elle réveille en moi cette part d'enfance, jamais très lointaine, qui sait s'émerveiller pour un petit rien...

    La vie en bleu continue chez les autres participants à La Photo du Mois :
    100driiine, A bowl of oranges, A&G, Agrippine, A'icha, Akaieric, Akromax, Alban, Alexinparis, Alice Wonderland, Angélique, Anne, Anne Laure T, Annick, Arwen, Ava, Batilou, Bestofava, Blogoth67, Calamonique, Caprices de filles, Cara, Carnets d'images, Caro, Caro from London , Carole In Australia, Caterine, Cath la Cigale, Cekoline, Céliano, Céline in Paris, Cessna, oui !, Champagne, Chat bleu, Cherrybee, Chloé, Chris et Nanou, Christeav, Cindy Chou, Coco, Cocosophie, Cook9addict, Cricriyom from Paris, Cynthia, Dame Skarlette, David et Mélanie, DelphineF, Djoul, Dorydee, Dr. CaSo, E, El Padawan, Eloclemence, Elodie, Emma, Eurydice, Fanfan Raccoon, Fesse fouille, Filamots, flechebleu, Flo, François le Niçois, Frédéric, Galinette, Gilsoub, Gizeh, Guillaume, Happy Us, Hibiscus, Homeos-tasie, impolitique, Isaquarel, J'adore j'adhère, Josiane, Julie, Juriste-in-the-city , Karrijini, Kob, Krn, Kyoko, La Fille de l'Air, La Flaneuse, La Messine, La Parigina, La voyageuse comtoise, LaGodiche, Lau* des montagnes, Laure, Laurent Nicolas, Lauriane, Lavandine, Le Mag à lire, Les bonheurs d'Anne & Alex, Les petits supplices !, Les voyages de Lucy, Les voyages de Seth et Lise, Leviacarmina, LisaDeParis, Lo, Louiki, Louisianne, Lucile et Rod, Lyonelk, magda627, Mamysoren, Marmotte, Mclw, Mimipetitesouris, Mistinguett, Nadezda, Nataru, Nicky, Nie, Nora, Olivier, Ori, Pat Québec, Photo Tuto, Pilisi, Renepaulhenry, scarolles-and-co , Sébastien, Sephiraph, Sinuaisons, Skipi, Solveig, Sophie Rififi, Stephane08, Testinaute, Thalie, The Mouse, The Parisienne, Tuxana, Un jour une rencontre, Une niçoise, Violette, Viviane, Wolverine, Xavier Mohr, Xoliv', Zaza.

    14 février 2013

    Le plaisir simple de sucer...

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    L'autre jour, en me promenant sur l'avenue Santa Fé, je me suis acheté des cuillères en céramique blanche. Douze. J'aurais pu en prendre trente-sept ou huit cent vingt-quatre, ou juste une seule. Mais douze m'a paru le meilleur compte. Oui, douze, c'est un bon nombre pour la vaisselle. Certes chez moi on est rarement douze à table, mais plus souvent six, ce qui fait alors deux chacun. Et si l'on est quatre, cela peut faire trois. Et puis avec douze, si l'on en casse une, il en reste toujours assez pour faire deux fois cinq. Alors qu'avec dix, si on en casse une, ben on l'a dans l'os. C'est ce que m'a appris ma mère. Elle a toute une théorie sur le sujet.

    Rien ne me prédisposait à les acquérir ces douze cuillères. Je n'étais pas parti en ville la Master Gold en bandoulière avec pour seul objectif en tête de dépenser l'argent que je n'ai pas. Non ce genre de loisir ne fait pas partie de mes occupations favorites. En revanche, lorsque l'occasion se présente, je m'octroie des petits plaisirs. Et s'il y a une chose pour laquelle je pourrais me ruiner, c'est bien pour tout ce qui touche à la cuisine et aux arts de la table. De belles assiettes, de jolis verres, un moule à tarte original, des outils divers et variés, emmenez-moi dans un magasin de vaisselle ou d'articles de cuisine et vous ferez mon bonheur autant qu'à un gamin que vous traîneriez dans la maison du Père Noël.

    Lorsque je les ai vues amoncelées en une immaculée marée orgiaque, elles m'ont tout de suite plu. J'en ai pris douze - à moins de trois pesos l'unité tu penses ! - sans trop savoir à quoi précisément je les destinais, si ce n'est procurer du plaisir au palais de mes futurs partenaires de table. Ce ne sont pas de ces cuillères spéciales pour y disposer des bouchées. Non, de celles-là j'en ai déjà de toutes les formes et de toutes les couleurs dans mon placard. Je m'en sers assez régulièrement d'ailleurs. Celles-ci sont différentes, ce qui en constitue le principal intérêt. Elles ne sont pas très grandes, je ne crois pas que l'on puisse mettre grand chose dedans. On dirait plutôt des cuillères à dessert, à peine plus petites. 

    En les voyant, j'ai pensé à les transformer en sucettes, pour le café. En enduire l'extrémité d'un peu de chocolat noir puis les parsemer de pistaches grillées par exemple. Ou bien les tremper dans un caramel doux à l'écorce d'orange que l'on laisserait ensuite fondre tout doucement sur la langue, comme jadis les roudoudous de notre enfance. À moins qu'un peu de ganache au chocolat blanc parfumée à la bergamote ne leur compose un meilleur atour... J'imagine qu'il doit y avoir des choses à faire du côté du salé mais, que voulez-vous, ce sont les idées sucrées qui me sont venues les premières à l'esprit. D'ailleurs, si vous avez des suggestions gourmandes, n'hésitez pas à mes les faire partager...

    Voilà, seulement le plaisir léger, sensuel et régressif de sucer un bonbon sucré à souhait, de laisser sa langue jouer à loisir avec les rondeurs de l'objet. Une idée toute simple pour agrémenter le cérémonial du café et prolonger ainsi la volupté du dessert. Trois fois rien.


    Comment-ça le titre de ce billet est outrancièrement racoleur ?

    11 février 2013

    Toda Mafalda, ou le monde désenchanté de Quino

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    Je connaissais Mafalda depuis un certain nombre d'années sans jamais l'avoir vraiment lue. Pour tout dire, ce drôle de petit personnage a croisé ma route à plusieurs reprises sur les livres d'espagnol lorsque j'étais au collège puis au lycée. Trois fois rien, et pourtant je me souviens exactement du contenu de l'une de ces "historiettes" en trois cases : Mafalda et son père sont sur le point de brancher la guirlande électrique du sapin de noël. Le père demande "Tu sais ce que les Rois Mages ont apporté au petit Jésus ?". La case suivante la maison est plongée dans le noir à cause d'un court-circuit. Et Mafalda de répondre "Oui. Des fusibles !". Simple, cinglant. Je n'en savais guère plus sur les aventures de Mafalda jusqu'à ce que j'arrive en Argentine.

    Ici Mafalda est une vedette, que dis-je, une icône, une fierté nationale qui possède depuis 2009 son effigie au beau milieu du très touristique quartier de San Telmo. Car Mafalda est Argentine. Son papa, Quino, est né à Mendoza avant de venir vire à Buenos Aires. Et ici tout le monde connaît Mafalda, cette fillette qui, malgré ses presque cinquante ans, n'en finit plus d'avoir sept ans. C'est en effet en 1964 que Mafalda a vu le jour, sévissant pendant neuf ans dans les colonnes de divers journaux argentins au rythme d'une popularité qui ne s'est jamais démentie.

    Statue de Mafalda, dans le quartier de San Telmo, où vécut Quino.

    Alors, lorsque j'ai découvert dans la vitrine de la première librairie cet épais et consistant ouvrage sobrement intitulé "Toda Mafalda", regroupant l'intégrale des planches publiées par Quino consacrées à son personnage fétiche, l'évidence qu'il me le fallait s'est imposée d'elle même.

    C'est toutefois avec un brin d'appréhension que je me lançais dans cette lecture. Car, ne nous y trompons pas, Mafalda n'est pas un comic strip tout à fait ordinaire. La très documentée et très instructive préface le rappelle excellemment : Mafalda est avant-tout le reflet de son époque et de son pays, et se pose des questions, souvent hautement métaphysiques, nourries par les inquiétudes de son temps, celles des années 60-70 : la guerre froide, le rideau de fer, le communisme, Cuba, la bombe atomique, la Chine, mais aussi par ses espoirs et ses rêves tels que le furent alors l'épopée fantastique de la conquête spatiale, l'apparition de la télévision ou le souffle nouveau des Beatles sur les ondes radio. 

    D'où mon interrogation : quelle actualité pouvait bien conserver Mafalda en 2013 ? N'allais-je pas me confronter à un ensemble d'archives au contenu plus ou moins strictement historique ?
    1/ - Maman, à partir de quel âge on est vieille ? 2/ - Ça dépend Mafalda. En réalité ce n'est pas une question d'âge mais plutôt de garder l'esprit jeune. 3/ - ... 4/ - Bon d'accord, mais l'esprit... à quel âge il commence à avoir besoin de maquillage ?

    La lecture des premiers strips ma apporté une réponse claire et nette : malgré les années, les remarques acerbes de la fillette que tout le monde rêverait de connaître mais dont personne ne souhaiterait être les parents n'ont pas pris une ride. C'est simple, j'ai dévoré les 150 premières pages sans m'en rendre compte.

    Mafalda n'est pas une petite fille tout à fait ordinaire. Certes comme tous les enfants de son âge, elle partage sa vie entre ses amis et ses parents qu'elle assaille de redoutables questions intemporelles. La vie, la mort, la vieillesse, l'amitié, l'argent, la guerre, la condition humaine et toutes ses bassesses... Des thèmes éternels qui, mis en scène par la fine plume et l'esprit acéré de Quino, font mouche à tous les coups. On pourrait presque comparer chaque saynète à une fable, acide, dont la morale serait laissée à l'appréciation de chacun, toujours drôle, mais souvent pour nous faire rire jaune.
    Mafalda n'est pas seulement un personnage de BD, elle est un miroir sans foi ni loi qui fait rejaillir, l'air de rien, toutes nos inquiétudes les plus profondément enfouies.
    1/ - Quel bonheur que Mafalda commence à aller à l'école ! 2/ - Oui, c'est merveilleux : nous avons une fille qui va déjà à l'école. 3/ - ... 4/ - On a une fille qui va déjà à l'école ! 5/ - ...


    1/ - Tu crois à l'égalité des Hommes, Manolito ? - Bien sûr que NON ! 2/ - Cette idée que les Hommes sont tous égaux est stupide. 3/ - Il n'y a pas deux personnes égales, ni personne qui soit égal à personne. Qui t'a parlé de cette idiotie d'égalité ? - Mon papa. 4/ Ça alors ! Ces parents, c'est bien tous les mêmes !

    L'autre facette de Mafalda relève du pamphlétaire. Malgré ses airs innocents, Mafalda est en effet un puissant outil de critique sociale et politique qui passe au scalpel de son esprit faussement naïf les moindres contradictions de ce monde qui va si mal et qu'elle désespère de voir aller mieux un jour. Bien sûr, il faut y voir le reflet des angoisses d'une époque qui était alors riche en préoccupations internationales. Cinquante ans plus tard les polarités mondiales et tensions politiques ont (un peu) changé, mais les peurs de naguère n'ont pas disparu pour autant et des questions telles que la paix dans le monde demeurent d'une actualité tristement moderne.
    1/ - "En ce moment même se réunit à Genève la Commission qui devra aboutir à un accord de désarmement nucléaire" 2/ - Genève c'est la capitale de la Suisse ?. 3/ - Non. C'est la capitale de l'échec.


    1/ - " Réponde simplement et clairement aux question des enfants accroît la communication de ces derniers avec ses parents"  2/ - Simplement et clairement ! À partir de maintenant c'est comme ça que je répondrai aux questions de Mafalda ! 3/ - Papa, tu pourrais m'expliquer pourquoi l'humanité va si mal ? 4/ - Il s'est endormi ?

    Enfin, personnage né en Argentine d'un auteur lui même Argentin, Mafalda est aussi un redoutable critique de la société argentine, de ses dirigeants corrompus, de ses citoyens résignés, d'un pays en déclin qui n'a plus foi en son avenir ni ne semble retirer de gloire de son passé. Et le plus frappant dans cette histoire est de constater au fil des pages combien, Ô combien, rien n'a changé depuis. C'en est même inquiétant... Je ne compte plus le nombre de fois où je me suis demandé si vraiment tout cela avait été dessiné cinquante ans en arrière ou s'il ne s'agissait pas plutôt d'un coup de griffe paru la semaine passée.   
    1/ - Tu es encore allongé là comme la dernière fois, sans rien faire à attendre quelque chose de la vie, Miguelito ? 2/ Non, Mafalda. Cette fois j'ai pensé à toute les industries, aux champs semés, au digues, aux magasin, aux chemins,... 3/ ... aux hôpitaux, aux bibliothèques, aux musées, aux laboratoires, aux bureaux,aux théâtres, ... - ET ? 4/ Et j'en suis arrivé à la conclusion que, pour le moment tout a été fait et que je peux me reposer. 

    Se plonger dans la lecture Mafalda est donc bien plus que lire de la bande dessinée humoristique certainement la plus connue de toute l'Amérique Latine. Lire Mafalda c'est aussi replonger dans une période fascinante de notre histoire moderne, celle-là même dont on commence seulement à prendre le recul suffisant à sa pleine compréhension. Mais c'est aussi une clé de lecture absolument formidable, ludique et indispensable à quiconque désire comprendre l'Argentine telle qu'elle était hier et telle qu'elle est, hélas, demeurée quasi-inchangée jusqu'à aujourd'hui.

    1/ - Papa, ils vivent où les gens qui ne sont pas encore nés ? 2/ - Ce sont des gens qui n'existent pas Mafalda. Ils ne vivent nulle part. Pourquoi ? - Aaah... Non, pour rien. 3/ ... 4/... 5/ "Avant de venir, Réfléchissez !"

    Le monde de Mafalda, en dépit du jeune âge dont elle a pour toujours l'apparence, n'est donc pas un monde merveilleux où tout n'est que rires et chants, non. C'est un monde angoissé, cru et désanchanté, un cri de détresse entre rires et larmes. 

    10 février 2013

    Nouvel An Chinois à Buenos Aires

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    Ce week-end on fête un peu partout dans le monde le Nouvel An Chinois et le début de l'année du Serpent. Capitale cosmopolite s'il en est, Buenos Aires possède son quartier chinois, à Belgrano, qui accueille pour l'occasion des milliers de visiteurs.


    L'unique rue, qui constitue la partie "visible" du quartier, se transforme en un gigantesque fleuve humain à travers lequel il est parfois difficile de se frayer un passage. Les boutiques, bondées de chalands, ont fait le plein de colifichets et autres chat porte-bonheur. La tentation est omniprésente. Pour être franc, je n'ai pas pu résister...


    Entre deux étals de bouffe qui emplissent l'air d'odeurs toutes plus alléchantes les unes que les autres - je vous passe le détail des beignets de crevette, pains de viande frits à la sauce piquante ou encore ce rafraîchissant thé glacé hyper-sucré dont la moindre gorgée rendrait diabétique un troupeau éléphants, parmi bien d'autres hérésies diététiques - des stands proposent de faire découvrir la culture chinoise, en particulier la calligraphie. 


    Bien sûr, le clou du spectacle reste le grand Dragon qui, après être passé de maison en maison pour apporter fortune et prospérité, danse au milieu de la foule dans la liesse générale. Bon, j'avoue avoir été un poil déçu car je m'attendais à voir un énorme dragon vert et rouge comme on peut en voir ailleurs en Chine. Et surtout la chorégraphie ne semblait pas super au point car, visiblement l'animation de l'animal manquait parfois de synchronisation. Mais bon, le spectacle restait tout de même fort plaisant.


    Un peu en dehors du quartier, juste à l'entrée de celui-ci, se déroule une immense foire artisanale essentiellement dédiée à la bouffe. Là encore on se presse on se bouscule au milieu d'odeurs de friture et d'un joyeux chahut populaire bon-enfant. Sur une grande et belle scène se déroulent des démonstrations d'arts martiaux ainsi que de danses populaires. Le soir tombe, il fait très bon, les gens assis dans l'herbe partagent un maté, des couples s'embrassent, des enfants rient...

    Étrange et amusant choc des cultures, à quelques dizaines de mètres de là, sous une grande  gloriette, des danseurs de tango aux cheveux argentés essaient impassiblement d'exister malgré le flot de décibels aux accents si peu porteños ...


    Bonne Année du Serpent à tous !

    8 février 2013

    L'inflation, un peu, beaucoup, à la folie...

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    L'économie argentine n'en finit pas de dégringoler. En octobre dernier je vous avais fait part des difficultés que connaissait le pays et des mensonges du gouvernement sur la réalité de la situation. Hé bien depuis cela ne s'est pas amélioré. Au contraire, cela a même fortement empiré.

    Je serais bien incapable de vous dire de quel niveau est l'inflation de ces derniers mois. Je puis en revanche vous affirmer qu'elle se fait sentir, un peu, beaucoup, à la folie.

    En décembre tout d'abord, le gouvernement a décidé soudainement d'augmenter le tarifs des transports collectifs dans la capitale. Pas une petite augmentation hein. Non, là c'est du gros, du lourd, avec du poil : jusqu'à 75% de hausse. Bim ! Hé oué les mecs, au pays des gauchos, on ne fait pas dans le détail. Alors certes les prix restent dérisoires, mais c'est à replacer dans le contexte d'un pays où le salaire minimum mensuel est de 2875 Pesos, ce qui, au taux de change officiel, ne représente même pas 490 Euros... Et en proportion la hausse est colossale. Ainsi, le billet de base pour un trajet court est passé de 1,10 à 1,50 Pesos (36% d'augmentation). Paradoxalement c'est le billet "social" qui emporte la hausse la plus spectaculaire puisqu'il passe de 1,10 à 1,95 Pesos, soit 75% d'augmentation... (source)

    Les transports privés - qui coûtent largement plus cher que les transports publics - ont suivi le rythme de l'inflation et brusquement augmenté leurs prix de 25 % du jour au lendemain. Par exemple, il y a un mois, le trajet pour me rendre de Buenos Aires à Lomas de Zamora (à une vingtaine de kilomètres d'ici) valait 20 Pesos. Aujourd'hui le prix et de 25 Pesos !

    Dans le même temps, le gouvernement a annoncé lundi dernier (c'est vraiment tout frais) un gel des prix dans les supermarchés pour une durée de deux mois. Oui, vous avez bien lu ! Évidemment les supermarchés sont furax et ont d'ores et déjà annoncé qu'ils diminueraient le nombre et le montant des rabais et autres promotions habituellement pratiqués. A la guerre comme à la guerre.

    Pourquoi toutes ces augmentations des prix ? Tout simplement pour compenser l'inflation qui ne cesse de progresser de façon alarmante. En ce moment c'est véritablement l'angoisse. En quelques semaines le Pesos argentin s'est dévalué de façon vertigineuse et le taux de change au marché noir de l'Euro et du Dollar a explosé.
    Si en octobre on donnait 1 Dollar pour 6,33 Pesos, aujourd'hui on en donne entre 7 et 7,70 ! Et pour l'Euro c'est encore pire puisque désormais on donne 1 Euro pour 9 à 10 Pesos, contre environ 7 il y a seulement 3 mois ! C'est à peine croyable. Bien entendu, sur le marché officiel, rien ne bouge et l'on vous donnera toujours vos 5,88 Pesos par Euro versé. Hallucinant...

    Il faut souhaiter que la dernière visite du FMI - qui n'est certainement pas étrangère à l'évolution brutale de ces derniers jours - permettra une accalmie. En effet, depuis plusieurs années le gouvernement publie des statistiques annuelles largement en dessous de la réalité : alors que selon des instituts privés l'inflation serait entre 23 et 25 %, le gouvernement annonce régulièrement un taux de 9%. Le FMI s'en est vivement ému et, après une visite toute ´recente, le FMI a menacé l'Argentine de sanctions. ce qui est tout à fait rarissime. Pour mémoire, seule la Tchécoslovaquie avait été forcée de se retirer du Fond Monétaire International en 1954, avant d'y revenir en 1990 !

    Pour calmer le jeu, et pris la main dans le pot de dulce de leche, le gouvernement a accepté de se soumettre aux injonctions du FMI en revoyant (supposons-le à la hausse) son calcul du taux d'inflation. Attendons de voir les résultats avant de nous réjouir trop vite. Économiquement dans la mouise depuis de très longues années, il en faudra beaucoup avant que l'Argentine ne puisse stabiliser la situation,et bien plus encore pour qu'elle puisse mettre la tête hors de l'eau.

    Juste pour souligner l'ironie de la situation, pendant que le pays s'enlise un peu plus, les Députés et les Sénateurs ont décidé d'augmenter leur solde de 21,8%... On n'est jamais mieux servi que par soi-même.

    6 février 2013

    Retour à Iguazu

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    Les spectaculaires chutes d'Iguazú sont certainement l'un des endroits les plus beaux du monde. Je me souviens encore de l'émotion incroyable et de cette impression fantastique de puissance bestiale qui m'avaient alors envahi jusqu'à l'étourdissement lorsque je les avais découvertes, littéralement fasciné, en janvier 2010 lors d'un voyage au Brésil. Une chose était sûre : un jour je reviendrai en ces lieux, comme en une sorte de pélérinage. Comment aurais-je pu imaginer que j'y retournerais seulement trois ans plus tard ?

    Profitant d'un week-end prolongé, je suis retourné dans la Province de Misiones, au nord-est de l'Argentine, en pleine forêt sub-tropicale, pour admirer encore ce prodige de la nature partagé entre les deux rives du Rio Uguazú, de part et d'ature de l'Argentine et du Brésil. Et trois ans après, l'émotion est intacte.


    Sous un soleil de plomb et dans un vacarme infernal que tempère le chant des cigales, des milions de litres d'eau déferlent sur des centaines de mètres. L'émerveillement est de chaque instant. C'est prodigieux.


    Les animaux ne sont pas en reste, même si l'affluence des touristes les repousse dans la forêt préservée dans son état sauvage. On peut pourtant admirer à loisir papillons multicolores... 


    des oiseaux, comme cet échassier chassant dans les marécages...


    ...ou cet hurluberlu qui s'amusait à nous faire "coucou" de son gros oeil jaune à travers les branches d'un grand arbre.


    Mais le plus spectaculaire reste le décors des chutes d'eau, démonstration des prodigieuses forces de la nature, et qui nous font sentir tout petit. Oui, j'aime véritablement ce lieu, et peut-être particulièrement le côté brésilien qui est certes moins démonstratif mais tellement plus contemplatif. C'est drôle, il y a trois ans j'avais préféré le côté Argentin, pour les raisons exactement inverses. Comme quoi, on trouve à Iguazú tout ce que notre humeur du moment nous dicte.



    Iguazú, l'un de mes paradis personnels. J'y reviendrai encore, c'est certain... Dans trois ans peut-être ?

    28 janvier 2013

    Et en plus il est drôle...

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    Nouveau week-end passé avec mon argentin à nous faire des bisous et à découvrir la ville. Cette fois-ci nous  nous sommes rendus dans le quartier chinois, dans Belgrano. En fait de quartier il s'agit plutôt d'une grande rue, bordée de boutiques. Les unes sont remplies de choses que l'on ne peut s'empêcher d'acheter, dont cette fabuleuse lampe-cochon, les autres se proposent de faire réduire la taille de vos jeans avec une variété infinie de bouffe en tout genre, de la brochette de chair de poisson fri (délicieux), aux boulettes de patates pannées, en passant par des travers de porc caramélisés.

    Aujourd'hui, il m'a fait découvrir San Isidro, charmante ville un poil cossue au Nord de Buenos Aires, ses maisons d'époque, sa jolie cathédrale néo-gothique. Il faisait bon, un petit air frais coupait le mordant du soleil, le ciel était bleu, un jour parfait.

    Oui, ce fut un week-end simple, sans complication. Juste être ensemble et faire ensemble des choses que l'on aime : manger, se balader en ville, faire les magasins, dire des bêtises, regarder des films gores, aller au cinéma, se réveiller dans les bras l'un de l'autre... Il n'y a aucun enjeu, aucune obligation de résultat, aucun but, sinon d'être ensemble et de profiter du moment présent en ayant conscience que le temps perdu ne se rattrape plus. Une relation spontanée, franche, mais bornée par cet irréversible compte à rebours qui coupera net une jolie petite histoire naissante. 

    En trois semaines, c'est le second week-end que nous passons totalement ensemble. Et à chaque fois le temps semble ne plus avoir d'emprise. Et dire que j'hésitais à le rencontrer !

    Ce soir je suis allé faire un tour sur son compte Instagram après qu'il m'a demandé d'accéder au mien. Ses photos n'ont en soi rien d'extraordinaire, sauf bien entendu celles sur lesquelles on voit son joli minois. Mais ses commentaires sont souvent très drôles. Un humour fin et décalé comme je l'aime, celui-là même qui transparaît déjà dans ses grands yeux un peu fous. Celui-là même qui fait que nous sommes pour pas mal de choses sur la même longueur d'ondes.

    Oui, malgré moi je deviens totalement accro à ce garçon. Même si j'essaie de me protéger, il est des choses qui ne se contrôlent pas. Le retour en mars risque vraiment d'être cruel.

    Tu le sens monter le coup de cafard ? Tu le sens ?

    26 janvier 2013

    Réalité familière

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    Presque cinq mois que je suis en Argentine. Cinq mois. Dans quelques semaines sonnera l'heure du grand retour. Enfin, ou déjà, je ne sais pas trop. Certaines choses me manquent un peu, j'y pense parfois avec une douce et heureuse nostalgie. Je me suis attaché à d'autres qui font désormais partie de mon quotidien et qui, je crois, me manqueront une fois rentré à Toulouse. 


    Il y a quelques heures, j'ai feuilleté mes photos, en commençant par celles prises lors de mon arrivée ici. Je me souviens exactement de l'excitation de ces premiers instants.

    En revoyant ces photos j'ai à nouveau ressenti très précisément l'émotion intacte de mes premiers pas dans Buenos Aires, cette grande ville dont je ne connaissais rien et pour laquelle chaque mètre parcouru révélait de nouveaux attraits : l'Avenue 9 de Julio et son obélisque, la Casa Rosada, cette rue dont je ne sais toujours pas le nom et dans laquelle j'avais craint de m'être égaré, ce quartier non-loin de Puerto Madero qui me semblait à l'époque au bout du monde et dans lequel j'avais peur de m'aventurer par crainte de ne plus savoir rentrer chez moi, alors qu'il est en réalité tout proche et que je le connais aujourd'hui comme le fond de ma poche. 


    Oui, c'est une sensation assez étrange que de revoir ces photos et de me dire que tout ce monde naguère inconnu m'est aujourd'hui parfaitement commun. Ma vie ici, qui s'est faite à son tour presque ordinaire...


    25 janvier 2013

    Le temps de bloguer

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    Pas trop le temps de bloguer en ce moment. Beaucoup de choses qui m'accaparent, et trop peu à raconter. J'aurais bien des photos à vous  partager mais je n'ai pas le temps de les choisir parmi les 2700 prises depuis septembre dernier, ni le temps de penser au texte qui les accompagnerait, ni de les mettre au format du blog - quelques petits clics sous Paint, vous voyez un peu la corvée.

    Peu à peu le jour de mon retour définitif en France approche. C'est assez étrange, alors que ma vie commence seulement à prendre son rythme ici. Tout abandonner en plan, et reprendre sa vie d'avant, retrouver des visages, des odeurs, des sons, des paysages connus. Et laisser ce garçon avec qui je passe de si jolis moments... Ainsi va la vie ! Mais ces six mois resteront uniques, cela ne fait aucun doute. Profitons du temps qui reste, vivons aujourd'hui et laissons à demain ces problèmes.

    Oui, j'aurais plein de choses à vous dire, lorsque j'aurai à nouveau le temps de bloguer.

    Il est tard, je dois dormir un peu, tout de même.