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  • 18 juin 2009

    Tiraillements

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    C. −
    Au fig., gén. au plur.
    1. Difficulté(s) due(s) à l'incertitude d'une situation. J'ai encore pour huit jours d'ouvrage avec la Muse du Département (...) Enfin, David Séchard, cette fin d'Illusions perdues, me semble de plus en plus difficile. Quels tiraillements! (Balzac, Lettres Étr., t. 2, 1843, p. 133).
    2. Déchirement moral. Il se disputa lui-même à sa passion et voulut s'en arracher. Il passa par les angoisses, les tiraillements, les efforts suprêmes (...) qui finissent par briser l'énergie d'un caractère (Goncourt, Sœur Philom., 1861, p. 281). Elle semblait perplexe, en proie à des tiraillements de conscience (Aymé, Bœuf cland., 1939, p. 144).
    3. Conflit résultant de volontés ou d'intérêts contradictoires. Mettez le même gouvernement en guerre avec la volonté, les intérêts de tous, et vous verrez aussitôt quel tapage, combien de tiraillements, de troubles, de confusion et surtout quel accroissement de crimes! (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène, t. 1, 1823, p. 233). La publication de la revue cessa après quatre ou cinq numéros (...) la susceptibilité de Silbermann, son humeur changeante, avaient amené des tiraillements dans la rédaction (Lacretelle, Silbermann, Le Retour de Silbermann, 1946 [1929], p. 167).

    A l'orée des regains de l'astre du jour revêtu de ses atours Prairialiens, cédant peu à peu la place à un Messidor qui s'annonce resplendissant, le Tambour Major éprouve ces jours derniers d'étranges tiraillements existentiels qui confinent au métaphysique. Encore une fois des questions sans réponses qui me poussent à croire que mes angoisses sont plus profondes qu'elles n'y paraissent et qu'un mal-être dont je subodorait l'existence mais ignorais l'ampleur, s'est peu à peu immiscé dans ma vie.

    D'un côté se trouve le Tambour Major qui désire une vie simple, calme, équilibrée, et qui, à défaut de réussite familiale, mise tout sur ses études et sa carrière, les (quelques très bons) amis aidant à combler les lacunes d'une existence en dissonance avec une société dans laquelle il a l'étrange sentiment de ne pas tout à fait trouver sa juste place. Avoir une activité professionnelle riche dans laquelle on est reconnu pour ses compétences et ses qualités humaines aide à oublier le misérabilisme de mon existence qui confine parfois au pathétique.

    D'un autre coté se trouve le Tambour Major calme et sage en apparence, pourtant intérieurement bouillonnant, qui aspire à une vie un peu plus débridée que celle relativement sage dans laquelle je me suis doucement glissé. Pouvoir brûler la chandelle par les deux bouts, vivre dans l'excès et l'absence de remords, ne pas se poser de questions, se fier totalement à son instinct sont des attitudes que j'admire chez les autres, sans me sentir capable d'en faire autant ; aptitude du prédateur froid qui frappe sa proie avec le fatalisme, l'élégance cinglante et l'agilité extraordinaire que la Nature confère aux grands chasseurs. Un coté obscur de la force en somme, jusqu'alors contenus dans une boite de Pandore désormais largement fissurée, dont les charmes puissants me conduisent vers des choses pas sages, des choses qui dérangent, des choses que la bonne morale rejette, que les bonnes gens honnissent et qui m'auraient choqué il y a encore peu.

    " (...) ne te laisse surtout pas abattre ! Perds toi s'il le faut pour te retrouver mais perds toi bien " m'avait glissé voici quelques temps un ami sur MSN alors que j'étais une fois encore en pleine crise existentielle. Se perdre pour mieux se trouver, se faire violence, oser aller là où personne ne va, prendre des chemins qui n'existent pas et que l'on se construit soi même ; se perdre pour poser des balises, prendre ses marques. dans un monde inconnu. En ce moment j'ai plutôt l'impression d'être un aveugle qui pose des jalons dans le désert. Je vais là où mes pas me guident, le coeur battant, l'esprit ailleurs, les yeux dans le vague, cerné de mirages. Une ombre parmi les ombres. Qu'en restera-t-il à la fin ? Peut-être cet aveugle que je suis trouve-t-il une certaine satisfaction dans ces gesticulations désuètes, la satisfaction illusoire de se sentir vivant, de profiter de l'instant présent sans trop se soucier du lendemain, l'impression de construire ou de se construire, de se rendre utile à quelque chose ou à quelqu'un. Mais le coté sage se dit qu'une fois la vue recouvrée, si l'essentiel n'y est pas, tout ce misérable château de cartes s'effondrera d'un coup d'un seul, la médiocrité cédant la place au néant triomphant...

    Aujourd'hui j'ai 31 ans... et je me sens seul.

    8 juin 2009

    Questions sans réponse...

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    Comment font certaines personnes pour être à nouveau en couple quelques semaines seulement après leur précédente rupture ? Sont-elles guidées par un besoin effréné de sexe ? Ou sont-elles contentées avec une facilité déconcertante ? Font-elles preuve d'une efficacité redoutable dans le choix de partenaires potentiels, ce qui signifie corrolairement une disponibilité maximale pour trier sur le volet la nuée de prétendants qu'offrent les sites de rencontres ?

    Quant je vois à quel point je rame pour retrouver quelqu'un capable de me faire vibrer, je ne peux qu'être dubitatif...
    Suis-je seulement fait pour aimer ou être aimé ? Suis-je fait pour vivre avec quelqu'un ?

    Tant de questions, si peu de réponses...

    3 juin 2009

    Spring is here...

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    Spring is here !

    Why doesn't my heart go dancing ?

    Spring is here ! Why isn't the waltz entrancing ?

    No desire, no ambition leads me,

    Maybe it's because nobody needs me ?

    Spring is here ! Why doesn't the breeze delight me ?

    Stars appear! Why doesn't the night invite me ?

    Maybe it's because nobody loves me,

    Spring is here, I hear !

    Et l'interprétation de Chet Baker...

    1 juin 2009

    Nul n'est sensé ignorer la loi...

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    Une petite escapade du coté de chez nichevo qui, dans un de ces billets, cite l'adage " Nul n'est sensé ignorer la loi ", m'a fait me souvenir d'une petite anecdote qui m'est arrivée je crois l'été dernier et dont l'adage sus-cité était le sujet principal.

    Un samedi après midi, sortant de la salle de sport située à coté de la place de la Daurade, et devant me rendre rue Alsace Lorraine, j'enfourchai mon vélo et filais tout droit vers la place du capitole. Les toulousains auront saisi l'ironie du propos "tout droit", tant les rues et ruelles qui desservent la place à la Croix Occitane sont biscornues. Outre leur rectitude très approximative, ces rues sont également truffées de sens interdits plus saugrenus les uns que les autres et il n'est pas rare de voir une même voiture faire plusieurs fois le tour de la ville pour parcourir 100 mètres. La limitation du trafic routier intra-urbain par le dégoût des automobilistes, en voilà une idée novatrice.

    Aller de la place de la Daurade à la rue Alsace est en théorie une chose ultra simple pour un piéton. Mais pour celui qui veut scrupuleusement respecter le sacro-saint code de la Route, l'épopée cycliste va le conduire à effectuer des détours improbables qui l'amèneront à traverser des contrées parsemées des embûches les plus éprouvantes : entre les zones à haute densité piétonnières (comprenez une foule noire qu'il faut fendre à coup de lance roquette) et des pavés inégaux qui présentent l'étonnante singularité de transformer votre colonne vertébrale et vos articulations en scoubidou, il ne fait toujours bon être cycliste dans le centre ville de Toulouse...

    Décidant que le trajet le moins long était sans conteste le trajet le plus court, je remontais sans le moindre remors la rue Gambetta, bafouant courageusement le sens interdit qui - tout théoriquement - me barrait le passage.

    Arrivé à hauteur de la place du Capitole, un agent de police me fait signe de m'arrêter et de me placer sur le coté. La conversation s'engage :

    " - Bonjour Monsieur,
    - Bonjour ; que se passe-t-il ? Interrogeais-je empli de mauvaise foi.
    - Vous n'avez rien remarqué ?
    - Heu...? Non... (toujours avec la même mauvaise foi)
    - La rue, elle est en sens interdit monsieur.
    - Ha bon ? Ha, oui... c'est vrai... (fausse humilité nuancée d'un profond mépris)
    Et lui de continuer, jouant la carte paternaliste qui me donne la nausée, commence à me sermonner :
    - Bon aujourd'hui on fait de la prévention, on va pas vous sanctionner. Mais sachez que nul n'est sensé ignorer la loi (blablablabla....)
    Nul n'est sensé ignorer la loi, hein ? Et c'est à Tambour Major que tu dis ça ? Attends un peu mon gaillard, on va rire... Arborant rictus de la vengeance qui mijote, je posais alors une question qui, anodine, devait progressivement mener mon contradicteur dans les limites de ce que son esprit formaté pouvait entendre :
    - Et je risque quoi pour un sens interdit en vélo ?
    - Vous avez le permis ? Me demande alors le flicaillon.
    Question au demeurant surprenante de sa part puisque le régime des infractions routières n'induit pas ce genre de distinction. Entrant dans son jeu et prêt à le titiller un petit peu, je répondis du tac au tac par un superbe mensonge :
    - Non.
    Bien sûr que oui, j'ai le permis de conduire... attendez de voir la suite. L'agent m'annonce alors que j'encours une amende de je ne sais plus exactement quelle somme. Curieux de connaître le fin mot de l'histoire et surtout sa version du droit applicable à l'espèce, je l'entrepris sur le coeur du problème :
    - Et si j'avais eu le permis de conduire, ça aurait changé quoi ?
    - Si vous aviez eu le permis de conduire ? Vous auriez eu l'amende plus un retrait de deux points sur le permis.
    Nous y voilà... Le petit animal qui me fait face ne le sais pas encore, mais il est déjà mort. Faisant durer un peu le plaisir, je le laisser tisser lui même le linceul funèbre dans lequel j'allais tantôt l'ensevelir.
    - Ha bon ? Mais pourquoi une telle différence de traitement entre les usagers qui ont et ceux qui n'ont pas le permis ?
    Décochant par là ma flèche tueuse sur laquelle la victime, qui en ignorait encore les effets secondaires, se jeta de plein fouet, ne voyant pas le danger venir :
    - Hé bien parce qu'on estime que ceux qui ont le permis de conduire connaissent mieux le code de la route que ceux qui ne l'ont pas. La sanction est adaptée.
    Parfait ! M'emparant de cette hérésie contre la logique la plus élémentaire, de cette scandaleuse erreur juridique, et surtout absolument sûr de moi, j'invitais ma proie du moment - avec la plus grande courtoisie - à un petit voyage dans un monde inconnu... celui du raisonnement et de la logique... Bienvenue dans la quatrième dimension !
    - Ha bon ? Mais, réfléchissons ensemble (oui, j'ai osé ^^) : vous m'avez dit tout à l'heure que "nul n'est sensé ignorer la loi". Or, le code de la Route c'est la loi. Par conséquent, tout un chacun doit le connaître, qu'on ait le permis de conduire ou non... Dès lors, un cycliste sans permis de conduire est présumé connaître le code de la route autant qu'un cycliste ayant le permis. Cela ne fait aucune différence. La discrimination est donc juridiquement parfaitement infondée...
    Fort de ce syllogisme imparable et de savoir le droit pénal avec moi, j'attendais triomphalement la chute fracassante de ce Goliath de pacotille et me réjouissais déjà de voir sa mine de petit merdeux se décomposer dans l'incandescente lumière de ce début d'été, vengeant par la même occasion tous les innocents cyclistes injustement bafoués. Une petite victoire pour Tambour Major, une grande victoire pour les amis de la Petite Reine.
    Malheureusement pour moi, l'agent de police qui me tenait le coude depuis quelques minutes se montra totalement hermétique à cette argumentation irréfutable. Sûrement trop subtil pour son esprit sage et discipliné auquel on a désappris le sens critique, surtout lorsqu'il s'agit de remettre en cause la règle de droit qu'il est chargé de faire appliquer, il me ânonna sottement quelques contre-vérités dont je ne me souviens plus exactement le contenu, sagement apprises dans ses cahiers d'école. Totalement borné, visiblement échaudé que l'on puisse lui tenir tête, voire peut être contrarié que l'on ait pu démontrer son tort - une tentative de réflexion argumentée conjointe échoua lamentablement - je commençais à redouter que la prévention annoncée plus tôt ne se commue promptement en une véritable prune pour ma pomme...

    Je décidai donc de battre en retraite et faisant - faussement - profil bas, je feignis le repentir, acquiesçai docilement aux propos de cet esprit étriqué et poursuivai ma route, non mécontent de mon petit coup d'éclat, finalement satisfait d'en être réchappé le portefeuille intact !


    La pire des défaites, celle d'avoir refusé le combat.
    Gérard d'Aboville, extrait de L'Atlantique à bout de bras


    30 mai 2009

    Petit jeu débile

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    Aujourd'hui je vous propose un petit jeu totalement débile, dépourvu de toute utilité, et par conséquent absolument indispensable, basé sur le principe du cadavre exquis. 

    Ça ne prend que quelques instants, il suffit de suivre les instructions et de mettre les fragments de phrase bout à bout.

    1/ Tu es du mois de... ?
    • Janvier : J'ai couché avec
    • Février : J'ai lavé
    • Mars : J'ai fusillé
    • Avril : J'ai embrassé
    • Mai : J'ai léché
    • Juin : J'ai mis le feu à
    • Juillet : J'ai épousé
    • Août : J'ai découpé
    • Septembre : J'ai mis mon doigt dans
    • Octobre : J'ai fabriqué
    • Novembre: J'ai kidnappé
    • Décembre : J'ai promené
    2/ Ton jour de naissance ?
    • 1 : un éléphant
    • 2 : une petite fleur des champs
    • 3 : un cul-de-jatte
    • 4 : Dorothée
    • 5 : un poisson rouge
    • 6 : un morceau d'emmental
    • 7 : un bisounours
    • 8 : un hamster lépreux
    • 9 : Paris Hilton
    • 10 : une crotte de chien
    • 11 : une foufoune
    • 12 : les nibards de Loana
    • 13 : une couille du yéti
    • 14 : Le vibromasseur de Brit
    • 15 : un anus artificiel
    • 16 : Bree Van De Kamp
    • 17 : Bob l'éponge
    • 18 : Philippe Bouvard
    • 19 : Georges Bush
    • 20 : un playmobil
    • 21 : une huître d'Arcachon
    • 22 : mon coiffeur
    • 23 : Lorie
    • 24 : un ravioli au fromage
    • 25 : un castor obèse
    • 26 : Nicolas Sarkozy
    • 27 : un freesbee rose fluo
    • 28 : un bouchon de champagne
    • 29 : un cochon d'Inde
    • 30 : un toaster
    • 31 : un poil pubien
    3/ La première lettre de ton prénom :
    • A : et j'ai eu un orgasme.
    • B : et je t'emmerde !
    • C : pour le bien de l'humanité.
    • D : dans l'unique but de sauver le monde.
    • E : car on me l'avait gentiment demandé.
    • F : en chantant "prout prout dans l'eau".
    • G : car il/elle avait insulté ma soeur.
    • H : et ça pue.
    • I : avant d'être enlevé par un extra-terrestre.
    • J : dans un but purement lucratif.
    • K : car j'aime la vie.
    • L : et je me suis bien marré.
    • M : pour me faire des amis.
    • N : car c'était la dernière volonté de mon grand-père.
    • O : et je me suis fait gronder par maman.
    • P : pour financer mes implants mammaires.
    • Q : car il faisait beau.
    • R : car je suis quelqu'un de gentil.
    • S : et on peut dire que je suis doué pour ça.
    • T : pour un biscuit à la fraise.
    • U : car je suis un sacré coquinou.
    • V : et c'était pas mal du tout.
    • W : car je n'ai pas d'ami.
    • X : pour la gloire.
    • Y : et ça m'a un peu saoulé.
    • Z : pour passer le temps.
    Résultat des courses me concernant :


    " J'ai mis le feu à Philippe Bouvard et j'ai eu un orgasme "

    smileys Forum

    29 mai 2009

    A 4 mains...

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    Si l'on en croit les astrologues, les gémeaux, esprits vifs curieux mais versatiles, présenteraient des prédispositions cosmiques pour la communication sous toutes ses formes. Quelque soit la crédibilité de ces affirmations dictées par la force invisible de l'inconnu spatial, je dois y reconnaître une certaines forme de vérité. Gémeau moi même entouré de nombreux gémeaux dont certains depuis notre tendre enfance, j'apprécie particulièrement chez les natifs de ce signe la vivacité d'esprit et cette sorte de complicité presque instantanée qui se noue d'un croisement de regard ou en quelques phrases, comme si nous étions "connectés" ou étions destinés à l'être à nouveau. Aussi avec certaines personnes le courant passe extraordinairement au point que quelques secondes suffisent à nous entraîner dans des délires psychédéliques qui n'ont de cesse de laisser les non initiés pantois : drogue ? Alcool ? Folie pure ? Un peu de tout ça à la fois en fait...

    Hélène, dont je vous ai dit tantôt avoir passé une soirée délirante en sa compagnie, est gémeaux elle aussi. Tous deux chargés de travaux dirigés à la fac il nous arrive régulièrement de concocter des sujets de partiels à quatre mains totalement délirants (sur la forme seulement, le fond était absolument irréprochable), voire de faux arrêts de la Cour de Cassation formellement parfaitement authentiques, chacun allant de sa surenchère personnelle dans l'univers de l'absurde et il n'est pas rare que l'on s'esclaffe comme des couillons en plein laboratoire de recherche devant notre écran d'ordinateur, face à un problème de responsabilité civile généré par un enchaînement causal totalement improbable, hormis dans notre esprit malade... (oui, oui, on peut dire 42 là ).

    L'autre soir donc, Hélène - qui suit actuellement en formation à l'école du Barreau de la Ville Rose - m'avait dit :
    " - Ho, j'ai un devoir d'expression écrite de deux pages à rendre pour mercredi sur le sujet Y a-t-il des actes impardonnables. Tu m'aides ? ".
    Et moi d'emblée de réfléchir à une problématique construite, d'élaborer de savantes distinctions et de rechercher des définitions aptes à délimiter un sujet assez costaud philosophiquement parlant, ne serait-ce que sur la notion de "pardon". J'acceptais donc cette rude mission, me préparant à affronter les affres de la dissertation philosophique. Alors que je donnais à Hélène les axes qui me semblaient bon d'aborder, celle-ci me coupa net dans mon élan :
    " - Nan mais en fait, j'ai déjà préparé une trame "
    et joignant le geste à la parole me donna une feuille sur laquelle étaient jetées les premières lignes de son devoir, que je lus aussitôt : du gratiné ...
    " - Tu vas pas rendre ça tout de même ? "
    et je compris aussitôt à son rictus d'enfant pas sage du tout que l'espoir de produire un travail sérieux était perdu d'avance. Dans le fond, ce n'était pas pour me déplaire.
    S'en est suivi une folle séance d'écriture frénétique entrecoupée de fou-rires, de brainstormings qui eussent sans doute justifié - en d'autres temps - des séances d'électrochocs thérapeutiques et de quelques gorgées de vin (très peu en réalité).

    Étrangement nous n'avons pas beaucoup bu ce soir là mais pourtant le résultat final de notre collaboration surpasse de très loin tout ce que nous avions pu produire jusque là... Plus que de longs discours, voici tout simplement le fruit notre composition.

    Et par avance : Pardon !

    26 mai 2009

    Le bel inconnu de l'épicerie

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    Au sortir de la salle de sport, après avoir souffert sous le poids de la fonte et évacué une bonne partie du stress de la journée, j'ai mes habitudes à l'épicerie d'à côté, tenue habituellement par une famille d'indiens ou de je ne sais exactement quelle nationalité. Commerce de proximité ouvert très tard la nuit, la boutique n'a rien de très extraordinaire. Il y fait toujours relativement chaud, été comme hivers, la fraîcheur des fruits et légumes est tout à fait approximative, et globalement les prix semblent bénéficier d'une certaine longueur d'avance sur les taux d'inflation des années à venir. Mais le poids des habitudes doublé d'une commodité certaine étant donné que je passe obligatoirement devant pour rentrer chez moi, me pousse régulièrement à y acheter selon mon humeur une canette de coca, une pomme ou un paquet de tranches de jambon de dinde à la saveur chimique à la limite du soutenable que j'avale pourtant avec un certain appétit : la muscu ça creuse !

    Ce soir je devais acheter du pain avant de me rendre chez Hélène pour y passer une soirée qui fut délirante (je vous raconterai ça tout bientôt) et comme un fait exprès, il se trouve que l'épicerie en question fait dépôt de pain. Ho non, ce n'est pas du Poilâne ni même du pain au levain subtilement alvéolé pétri par un artisan boulanger, mais du pain tout ce qu'il y a de plus industriel, façonné à la chaîne dans une usine de la banlieue toulousaine, du qui est tout sec le lendemain matin, tout bon à donner aux pigeons ou à transformer en chapelure.

    Souvent la caisse, située à droite de l'entrée, est tenue par l'un des membres de la famille : parfois celui que je pense être le fils du propriétaire, tout potelé et dont le sourire crispé fait davantage penser à une grimace ou une convulsion de douleur qu'à un signe extérieur de joie, ou encore l'un ou l'autre de leurs compatriotes, gentils mais sans plus, en tout cas jamais désagréable avec le client. Parfois c'est un grand black qui se la joue rebelle, très drôle et toujours en train de rigoler, exhibant un sourire qui lui biffe le visage d'un éclair extraordinaire. Je l'aime bien. Je ne sais pas comment il s'appelle mais chaque fois que je passe devant la boutique et que c'est lui qui tient les rennes, je lui adresse un grand coucou de derrière la vitrine, auquel il répond par un grand geste du bras.

    Ce soir donc j'entrai dans le seul but d'acheter du pain. La huche à pain est située immédiatement à coté de la table qui sert de caisse et masque de par sa hauteur la chaise de celui qui, à ce moment là, veille au grain. Avançant de quelques pas dans les rayons à l'affût de je ne sais quoi, je distinguai vaguement la présence d'une personne derrière le comptoir mais je ne crus reconnaître personne que j'avais pu y voir jusqu'alors. Constatant que finalement une baguette et une bouteille de coca light seraient mon seul butin, je me retournai et découvris alors avec bonheur celui qui était assis là.

    J'ai déjà évoqué dans un autre billet mon attirance pour ceux présentant les traits caractéristiques des populations du grand bassin méditerranéen et l'émoi incontrôlable que provoque l'une de ces rencontres du troisième type. Hé bien je puis vous assurer que mes sens en eurent une fois encore pour leur grade !

    Celui qui me faisait face devait être au moins aussi grand que moi, impression qui fut confirmée lorsqu'il se mit sur ses jambes. Plutôt mince quoique solidement bâti, les cheveux ébènes coupés courts soigneusement peignés sans maniérisme, un visage oblong des plus agréable au teint brun affirmé par deux grands yeux noirs respirant la douceur, il se dégageait de ce gaillard une sorte de force tranquille nimbée d'humilité, un charisme renversant qui faillit l'espace de quelques seconde me faire perdre pied, sublimant une beauté physique qui, quoiqu'elle se situât au dessus de la moyenne, n'en faisait pas pour autant un apollon de magazine.

    Reprenant mes esprits, je lui demandais une baguette de campagne que, se retournant, il saisit puis emballa dans une rectangle de papier blanc d'un geste calme, ample mais précis ; enfin, prenant une poche en plastique, y logea la bouteille de soda. " Ça fait 3 Euros 40 " et " Bonne soirée " furent les seuls mots qu'il prononça au cours de notre bref et impromptu tête à tête. Je n'ai aucun souvenir particulier de sa voix mais il est un fait que celle-ci ne m'a choqué ni par son timbre, ni par son intonation. Si en effet certaines personnes n'ont pas le physique de leur voix - à moins que ce ne soit l'inverse - soit qu'elle fut trop aiguë, trop grave, ou servie par une diction des plus étrange, je dois avouer que le plumage se rapportait ici parfaitement au ramage, appuyant par cet élément supplémentaire l'élégance générale de ce bel inconnu.

    Nous nous quittâmes sans plus de formalités, lui me saluant d'un clignement de l’œil conférant à cette entrevue expresse un cocasse semblant de complicité.

    Je ne sais pas pourquoi mais je crois que demain je retournerai faire du sport...


    Voir aussi par là.

    23 mai 2009

    Profs

    1 commentaires
    "Le terrifiant monsieur P." m'a rappelé bien des souvenirs de profs du collège et du lycée qui m'ont marqué pour longtemps. La petite madeleine de Proust de la journée....
    Et tant que vous y serez, baladez-vous sur les autres articles : c'est tout aussi passionnant et très bien écrit. L'envers du décors de nos années ado enfin dévoilé !

    Stickers

    0 commentaires
    Après, les bambous, les plats industriels préparés, et les Jack Russel, Grégory nous explique aujourd'hui comment nous passer des stickers muraux qui ont envahi nos intérieurs depuis que leurs mérites sont martelés par les émissions déco dont on nous abreuve régulièrement. C'est toujours aussi drôle...

    19 mai 2009

    Embrasse moi idiot !

    3 commentairess
    Passage obligé de tous préliminaires dignes de ce nom, premier contact intime avec l'inconnu que l'on convoite, moyen d'expression du désir, il est mille et une façons d'embrasser. Simple bisous sur les lèvres, invitation à faire plus ample connaissance, premiers frôlements ou roulage de pelle langoureux avec la langue, chaque baiser a sa signification, ses codes, ses implications.

    Qui trop embrasse mal étreint nous enseigne le proverbe. Mais c'est un fait de l'expérience, avant d'embrasser trop, il convient d'abord d'embrasser bien, tout court !

    Or, je tiens à tirer haut et fort la sonnette d'alarme car l'art ancestral du french kiss semble peu à peu se perdre et bien rares sont ceux qui savent encore provoquer le frisson érotique capable de faire brutalement monter la température de plusieurs degrés.

    Régulièrement hélas en lieu et place de cet acte de possession charnelle qui, dans les meilleurs cas, augure de quelques instants fort agréables - dont le champ s'étend de la simple séances de câlins plus ou moins coquins à de la baise virile torride - nous subissons des ersatz insipides voire franchement peu ragoûtants à base de lèvres molles engluées de bave.

    Aussi, avant de se lancer dans une bonne séance de fricassé de museau, il convient de prendre un certain nombre de précautions fondamentales dont l'inobservation aura tôt fait de produire un drame au moins aussi épouvantable que de lessiver votre moquette à la javel.

    Quoiqu'ayant mes préférences, je pense que le présent billet dépassera les clivages mecs / nanas hétéro, gay, bi, trans, ou tout autre chose : nous sommes tous concernés ! Vive l’œcuménisme. Enfin pour ma part, ce sera un œcuménisme monophasé... suivez mon regard.

    Pris par l'élan de mon inspiration, j'allais écrire qu'il y en a pour "tous les goûts"... enfin, presque ! Car s'il est un critère à mes yeux fondamental, c'est bien celui là : le goût ! Il n'y a rien de pire que d'embrasser quelqu'un dont l'hygiène buccale n'est pas irréprochable. Trouver entre deux dents un petit lambeau de viande de la veille qui a pris le soin de rancir, sentir un relent de castor faisandé qui remonte de derrière les amygdales et qui vous donne l'impression de galocher un étron, est un cauchemar qui vous met les phéromones (et sûrement autre chose) en berne pour un bon moment !

    Combien de fois avez vous dû battre en retraite, alors que le terrain se présentait sous les meilleurs auspices et que votre camarade de jeu faisait preuve de la meilleure volonté du monde, après avoir l'avoir embrassé(e) et que vous ayez eu la fâcheuse impression de mettre le pied dans une merde molle dont les exhalaisons doucereusement incommodantes ont subitement envahi vos sens...?

    Le conseil de Tambour Major : si vous ne devez vous brosser les dents qu'une seule fois par semaine, faites le avant de sortir draguer. Et ayez toujours des chewing-gums sur vous, cela peut vous sauver la mise, et la nuit !

    Il en va de même pour les dépôts de tartre sur le bas des dents et qui confèrent à l'émail une jolie mais horripilante couleur orangée... par pitié faites moi disparaître tout ça !

    Une erreur classique - mais au combien épuisante - lorsque l'on roule une pelle est de garder la bouche grande ouverte. Mesdemoiselles, et messieurs, si garder la bouche bien ouverte lorsque l'on taille une pipe est rigoureusement fondamental (oué, le contact du gland avec les dents doublé de la désagréable sensation qu'on va y laisser des copeaux est d'un effet tout à fait moyen) cela n'est en revanche d'aucune utilité lorsque l'on embrasse.

    La galoche est d'abord une histoire de lèvres, vous savez ces petites proéminences délicieusement charnues qui délimitent le pourtour de la bouche et dont la fonction est d'éviter au bol alimentaire de ressortir de la cavité buccale durant la mastication ? Celles là même que l'on aime à mordiller, sucer (oui, on commence généralement par là avant de descendre de quelques centimètres, il est bon de ne pas se hâter...), titiller, caresser du bout des siennes puis du bout de la langue et dont les vertus érogènes relèvent de l'extraordinaire... C'est de ça dont il s'agit. Et à moins de vouloir jouer à la sangsue, garder les maxillaires en position de grand écart ne permet pas grand chose, ni d'un coté ni de l'autre, même avec la meilleur volonté du monde.

    Faites preuve de pragmatisme, on n'est pas chez l'ORL ! Et personnellement faire mu-muse avec la luette ou les dents du fond n'est pas ce qui m'excite le plus du monde. En revanche un bonne paire de lèvre charnues et le Tambour Major s'envole. Hu hu ^^

    Autre désagrément hélas récurrent : la bave... Chez l'escargot, la fine couche de bave qu'il secrète lui sert de tapis lubrifiant pour avancer sur tous les terrains. Chez l'homme, lubrifier le pourtour de la bouche ne présente guère d'intérêt... disons qu'habituellement la question de pose pour d'autres parties du corps qui, à l'instar de la bouche, peuvent, si elles n'ont pas été soigneusement et abondamment nettoyées, dégager des effluves mortels pour la libido (sauf cas particulier bien entendu...). Il n'y a rien de pire que d'avoir l'impression de rouler une pelle à un labrador. Faites un effort, par pitié, évitez de nous dégueulasser la devanture façon éjaculation faciale. Chaque chose en son temps voyons !

    Par contre, lorsqu'il s'agit de pratiquer une bonne fellation, les excès salivaires sont souvent bienvenus car mine de rien, le four à pain s'assèche assez vite et la sensation d'avoir le jonc qui chauffe n'est pas des plus formidables.

    Enfin, je ne pouvais terminer ce billet sans toucher deux mots rapide sur un sujet auquel on pourrait consacrer des thèses entières : bon usage de la langue. Je limiterai mon propos à celui du jour : la langue et le baiser. On pourrait développer à loisir tant cet organe permet de choses lorsque l'on aborde la question du sexe.

    Plus particulièrement, je parlerai de la question "Mettre la langue tout au fond du premier coup ou pas ?". Personnellement je trouve ça nul et apparente cette pratique à du viol. Si se gourmandiser les lèvres s'avère tout à fait délicieux, alors on peut commencer, avec parcimonie, à tâter le terrain pour voir comment l'autre réagit. C'est une règle assez classique en matière "d'introduction" : tout est question de doigté, d'à propos et de douceur ! Inutile donc dès les premières secondes de sortir votre engin et de nous le refourguer bien profond, tournant et retournant votre appendice comme une cuillère dans un pot de nutella !

    Allez-y progressivement, jouez de l'érotisme, de l'attente, de la votre et de celle de votre partenaire, faites monter le plaisir, il vous le rendra au centuple. D'abord quelques léchouilles, puis on franchit timidement le seuil de la porte d'entrée, on laisse l'autre faire de même afin de jauger son degré de curiosité et d'envie, puis si l'hôte nous y invite on s'installe progressivement dans le salon avant d'en explorer les moindres recoins... Si je me fais bien comprendre.

    Ah, si, j'allais oublier : la langue, c'est comme les dents, ça se nettoie aussi... A bas les langues couvertes d'une épaisse couche de mucus jaune dans lequel prolifèrent tout un tas de bactéries qui feraient crever un bouc ! Respecter l'autre commence par se respecter soi-même... Entreriez-vous chez un inconnu les chaussures couvertes de boue ?

    J'arrive à la fin de ce billet et me rends compte que finalement je n'ai pas abordé la question essentielle : comment embrasser proprement ?
    La réponse est simple.
    Primo suivre méticuleusement les recommandations de Tambour Major.
    Secundo : venez me voir, je vous montrerai ...

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