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  • 20 janvier 2016

    La géométrie, les maths et Monsieur D

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    Parmi les nombreux souvenirs que je garderai de mes années de lycée et plus particulièrement de ma terminale, figure celui que j'étais nul en maths.  

    J'avais pourtant bien commencé au collège où mes notes étaient tout à fait correctes dans cette matière, contrairement au sport. Et puis j'aimais assez ça, les maths. Surtout la géométrie. Là, j'étais très bon. Les angles, les propriétés des figures inscrites, tangentes, diagonales, segments et parallèles, j'adorais ça. J'y trouvais même une certaine poésie. Voir, à partir de quelques phrases, se dessiner un tracé complexe de lignes et courbes au sein desquelles s'inscrivaient d'autres motifs aux propriétés particulières. Il y avait là quelque chose de quasi magique.

    La géométrie produisait sur moi le même genre d'enchantement que la physique et la biologie, disciplines dans lesquelles j'ai toujours eu de très bons résultats. Probablement pour les mêmes raisons : donner à comprendre l'essence de certaines choses, un peu à la manière d'un alchimiste sur le chemin initiatique de la Pierre Philosophale du Savoir.

    A cet égard, j'ai certainement eu beaucoup de chance d'avoir eu, au collège, des profs passionnés et passionnants qui savaient transmettre le goût d'apprendre en suscitant notre insatiable curiosité, nous récompenser pour notre travail et nous insuffler ce petit plus qui nous amenait souvent à aller un peu plus loin que nécessaire. Je me souviens ainsi de cette prof de français qui, en 6ème et estimant que j'avais quelques prédispositions littéraires, me laissait tous les quinze jours dans son casier de la salle de des profs, un Stephen King à lire pour mon plaisir personnel, en plus des lectures obligatoires pour les cours. Grâce à elle je découvris des classiques de la littérature d'horreur : Christine, Cimetierre, Ca et bien d'autres encore...

    Je me souviens aussi de cette prof de physique qui, confrontée à mon irrassasiable soif de connaissances, bien au-delà des limites du programme, m'avait prêté tout un tas de revues scientifiques du type de Science et Vie Junior et probablement un poil trop avancées pour mon âge, mais avec plein d'expériences simples à réaliser, telles que construire un thermomètre, créer des cristaux de sulfate de cuivre et je ne sais plus quoi encore, que je réalisais effectivement et que je rapportait régulièrement en classe. Et cette même prof médusée de s'entendre un jour demander par un grand (je l'étais déjà) bonhomme de 11 ans à la fin d'un cours sur l'électricité : "Madame, c'est quoi la masse critique ?".

    Pour en revenir aux maths, je crois que le basculement s'est opéré en seconde. Je ne sais trop comment ni pourquoi. Un décrochage progressif de cette matière qui devenait de plus en plus obscure, à manipuler des concepts et des théorèmes dont je ne percevais ni la finalité ni ne comprenais la logique. Oui, cela a toujours été un défaut chez moi : ne rien pouvoir retenir que je n'aie pas parfaitement et préalablement compris. La mémoire pour la mémoire - et quoique je l'aie assez bonne - n'a jamais présenté d'intérêt particulier, sauf à permettre de replacer des éléments dans un contexte ou de me permettre de contextualiser certaines choses. Une tête bien faite plutôt qu'une tête bien pleine, en somme.

    La situation s'est ensuite aggravée en première, avant de sombrer définitivement en terminale avec Monsieur D, le prof qui hante encore certains de mes cauchemars. 

    Et là fut le point de non retour. 

    Monsieur D était l'incarnation du personnage antipathique. Froid, le sourire glacial, doté d'un sens de l'humour approximatif et très personnel, je ne l'ai jamais apprécié. Lui s'en foutait royalement et je suis à peu près certain qu'il n'en avait rien à foutre d'être apprécié ou pas, par ses élèves ou par quiconque. 

    A l'obscurité grandissante des dérivées et autres formules aussi opaques qu'une stèle de marbre, s'ajoutait désormais le répulsif Monsieur D qui produisait sur moi un spectaculaire effet contre-productif. Il avait ses têtes, et je n'en faisais pas partie. Je ne reçus donc à cet égard pas le moindre encouragement ni la plus petite bribe de compassion qui m'aurait aidé à sortir peu à peu la tête de l'eau et me refaire une santé. Ma moyenne glissait donc inexorablement, absorbée dans les sables mouvants de la relégation au rang des mauvais élèves, malgré mon envie de réussir. Mais rien n'y faisait. Les interminables interros de maths devenaient des séances de torture, chaque cours était précédé de sa série d'angoisses, chaque exercice me plongeait dès son énoncé dans un abysse de perplexité... J'étais nul. 

    Je terminais ma scolarité en décrochant mon bac avec mention, tout en écopant au passage d'un cinglant 7/20 en mathématiques, et prenais ensuite la route de la faculté de droit, laissant Monsieur D et son lycée dernière moi.

    Il devait pourtant encore hanter mes rêves, Monsieur D. Et il furent nombreux les cauchemars d'interros de maths et autres réminiscences de malaises qui vinrent ponctuer mes nuits et me réveiller en sueur, hagard et bêta. Et dernièrement encore, malgré les bientôt vingt ans qui me séparent maintenant de cet âge qui n'était déjà plus si tendre.

    Tout récemment, et donc de nombreuses années plus tard, par l'un de ces hasards incroyables de la vie, je devais rencontrer au cours d'un agréable repas baigné par la clarté du soir, une personne dont j'apprenais qu'elle avait été un collègue de ce Monsieur D et, qu'à ce titre, elle l'avait bien connu. Naturellement, nous avons discuté de nos années lycée, vécues chacun de notre côté du bureau. 

    Je ne saurais dire s'il existe bel et bien une Justice immanente à la Nature et à l'Univers et je ne saurais davantage dire s'il existe un Destin, ou s'il faut croire aux coïncidences.

    Mais toujours est-il que, ce soir là, c'est avec un plaisir non dissimulé que j'entendis mon interlocuteur déclarer, au détour d'une phrase, que Monsieur D était un sale con.

    17 janvier 2016

    Des choses simples (bloguerie dominicale)

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    Weekend de repos intégral que celui-ci. Point de sortie, ce qui n'est en-soi guère exceptionnel me concernant, ni de vie sociale extravagante. Juste le strict minimum nécessaire. À cet égard je ne comprends toujours pas comment les gens qui travaillent ont la force de sortir le samedi soir. Pour ma part je suis exténué. La preuve, hier soir je me suis couché à 22h pour me lever onze heures plus tard et passer une part importante de mon dimanche à ne pas faire grand chose. Pour une fois...

    Non je n'ai rien fait de spécial. Discuter sur twitter avec les coupains, une balade en ville pour profiter du grand air et du soleil, cuisiner un pot-au-feu avec du jarret de bœuf, partager la galette des rois chez des amis... Des choses simples. Des valeurs sûres.

    Je me demande parfois où j'aimerais vivre si je devais quitter Toulouse pour le boulot. La question, qui n'est absolument pas d'actualité, m'est venue en regardant un reportage sur Douai et en pensant à une amie qui vit désormais à Sarreguemines. La réponse est, je crois : assez loin, pour que je sois contraint d'y déménager sans garder d'attache. Oui, l'attache géographique est une tare. Pouvoir aller comme le vent, sans contrainte, est une réelle liberté. Être libre, sans pour autant oublier ses racines, ses origines, et garder à cœur ses terres d'enfance. Être fier de son passé, riche de son présent, et avoir soif de son futur.    

    Lundi dernier Bowie est mort. Je m'en fous, je n'écoutais pas Bowie. Là encore des flots d'émotion ont inondé les médias, parfois de manière assez putassière. J'ai détesté. Mais plus qu'à Bowie, j'ai pensé à lui, cet ami qui a décidé de partir en octobre dernier, laissant derrière lui une compagne - et amie - extraordinaire et ses trois enfants. Lui, il écoutait Bowie et il était fan. Et chaque fois que j'entends une chanson de Bowie, je pense à lui. Cela m'a renvoyé à la figure tout un tas de souvenirs, essentiellement joyeux. Et puis cette lourde journée... Il me manque et manquera longtemps. Putain...!

    Dans une même veine, et quoique cela n'ait rien à voir, je ne supporte plus cette société de l'émotion dans laquelle on nous baigne depuis un an. Je n'en peux plus de ces litres d'émotions déversés à longueur de journée et dont on nous bourre la gueule comme on remplit la bouche d'un  nourrisson obèse. Je n'en peux plus des larmes, je n'en peux plus des bougies et des marches silencieuses dont les médias nous tartinent les rétines et nous gavent les oreilles à longueur de journée, comme pour nous maintenir dans un bain tiédasse duquel on ne voudrait plus sortir, de peur de trouver l'air ambiant un poil trop frisquet. 

    Samedi je suis remonté sur une balance. Mon poids m'a fait peur. 10 kilos de moins ne seront pas un luxe, rajoutons cela sur la pile des objectifs de l'année. Il paraît néanmoins que cela me va bien. ce qui fait du bien à entendre. S'entendre dire que l'on est beau et le lire dans le regard ardant de l'autre... Un peu de baume apaisant sur les plaies d'un égo écorché aux sangs. Des choses simples.

    Des amis, une galette des rois, un chat qui fait des roulades, une promenade au soleil, et du jarret de bœuf cuit au pot-au-feu... Un weekend de repos intégral, donc. Demain la semaine reprend, et avec elle la promesse de mener à bien les projets que je me suis fixés pour cette année. Peu à peu.

    Ma vie presque ordinaire.

    15 janvier 2016

    La Photo du Mois : "Jardin Secret"

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    Nous sommes le 15 janvier, c'est donc le jour de notre rendez-vous mensuel avec La photo du mois

    Je vous rappelle le principe : chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris. 

    Pour cette première édition 2016, Cara propose le thème : Jardin secret et nous donne la piste suivante :
    Puisque c'est moi qui ai l'honneur de choisir le thème pour le mois de janvier (malgré mon retard d'aujourd'hui, j'ai honte), le voici :
    "Jardin secret"
    A interpréter au sens propre comme au figuré... J'ai hâte de voir ce que vous nous proposerez !
    J'ai pris ma photo le 30 décembre dernier, alors que je visitais le Mont Saint Michel pour la toute première fois, par un magnifique soleil levant qui inondait la pierre de sa lumière dorée.



    Parvenu au cœur de ce dédale minéral cerné par les eaux, me voici nez-à-nez avec un bulle de paix, au milieu d'un univers de silence : un cloître, offrant une vue spectaculaire sur les flots solitaires. Et délimité par son écrin de piliers en rangs asymétriques, tel une perle marine gardée secrète, voici que jaillit un petit bout de verdure, inaccessible aux regards extérieurs. Qui en effet se douterait que, tout en haut du Mont, se cache pareil jardin  ?

    Les jardins secrets se déclinent au gré des blogs participants à la Photo du mois :

    AF News, Akaieric, Alban, Alexinparis, Angélique, Aude, Autour de Cia, BiGBuGS, Blogoth67, Brindille, Calamonique, Canaghanette, Cara, Carole en Australie, Champagne, Chat bleu, Chiffons and Co, Chloé, Christophe, Cocazzz, Cricriyom from Paris, Cécile, CécileP, Céline in Paris, Dame Skarlette, Danièle.B, DelphineF, Dom-Aufildesvues, E, El Padawan, Estelle, Eva INside-EXpat, François le Niçois, Frédéric, Galéa, Gilsoub, Giselle 43, Guillaume, Homeos-tasie, J'habite à Waterford, Josette, Julie, Kenza, KK-huète En Bretannie, Koalisa, Krn, La Fille de l'Air, Lau* des montagnes, Laulinea, Laurent Nicolas, Lavandine, Lavandine83, Les Bazos en Goguette, Les bonheurs d'Anne & Alex, Loulou, Luckasetmoi, Lyonelk, magda627, Mamysoren, Marie, MauriceMonAmour, Milla la galerie, Mimireliton, Mireille, Mirovinben, Mon Album Photo, Morgane Byloos Photography, MyLittleRoad, Nanouk, Nicky, Noz & 'Lo, Pat, Philae, Philisine Cave, Pilisi, Pixeline, Renepaulhenry, Rythme Indigo, Sinuaisons, Sous mon arbre, Suki, Testinaute, Thalie, Tuxana, Visites et voyages, Voyager en photo, Woocares, Xoliv'.

    Prochain rendez-vous à la Saint Claude, avec un nouveau thème à illustrer.

    14 janvier 2016

    Sur la route des premier choix

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    Le temps passe et les envies demeurent.

    Avant de partir de l'autre côté des mers rejoindre les terres Acadiennes il y a 2 ans, j'avais en tête un projet qui me tenait à cœur mais que le cœur me conduisit justement à mettre de côté. 

    Un an après mon retour, le pied solidement remis à l'étrier d'une vie professionnelle étourdissante, ce projet refait surface, et s'impose à moi, comme une sorte d'évidence, corroborée par un certain nombre d'éléments que je crois concordants. 

    Alors j'ai mis la machine en route...

    Non pas que je n'aime pas ce que je fais. Bien au contraire, j'aime mon métier que je pratique avec une certaine passion et dans lequel je crois ne pas être trop mauvais. Mais là n'est pas la question.

    Certains diront que je ne sais pas ce que je veux. Je répondrai que je sais ce que je ne veux plus, ce que je ne veux pas. Et pour renverser la proposition de Bergson : exclure, donc choisir.

    Oui, ce sera je crois ma grande résolution pour 2016. 

    Rien ne dit que ce projet  aboutira, car un certain nombre de paramètres dépendent de volontés qui m'échappent. Mais je sais que s'il est une chose que je déteste plus encore que l'échec, c'est le regret. Et il est des regrets que je ne veux pas avoir, dont celui de n'avoir pas essayé de me donner les moyens d'y arriver.

    Ce qui est le plus drôle, c'est que c'est ce premier choix qui m'avait guidé sur les bancs de l'université, voici maintenant près de vingt ans. Putain, vingt ans... La vie m'a fait entre temps emprunter quelques magnifiques détours qui n'ont fait que confirmer, je crois pour de bonnes raisons, que cette vocation initiale demeure et a toujours été la bonne.

    Time has come ! 

    Entrons dans l'arène et prenons le taureau par les cornes. Le jeu en vaut la chandelle.
    Et au pire des cas, rien ne sera moins bien qu'avant. 

    5 janvier 2016

    La théorie du fil d'Ariane

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    Lorsque ce garçon est entré dans la pièce comme une tornade dans un verger, le premier mot qui me vint à l'esprit fut " Woof ...! ".

    Un woof puissant, rauque et viscéral, comme une réaction à un violent coup de poing dans l'estomac.

    Un woof pour signifier une expression autrement inexprimable et contenir, tant bien que mal, une effusion hormonale qui irriguait alors instantanément chaque parcelle de mon corps.

    Woof ...! 

    Il faut dire que c'était là un sacré morceau de beau jeune homme. Plutôt petit, admirablement bâti, charpenté tout ce qu'il faut, le geste vif, le regard étincelant, parlant d'un ton enjoué, le visage rehaussé d'une jolie barbe frisée dont je pus dans l'instant éprouver avec délices la douceur lorsqu'il vint me faire la bise en guise de salutation.

    Un véritable ourson, dans son archétype masculin le plus parfait. 

    J'étais loin de m'imaginer que cette très forte impression qu'il fit sur moi avait été totalement réciproque et dans des proportions identiques. C'est pourtant ce que vint prouver à mon grand bonheur la suite des événements.

    Aussi nous commençâmes à discuter, de beaucoup de choses. Le garçon est intéressant, à tous les niveaux. J'aime l'écouter parler, son énergie, son brin de folie vitalisant. Au fil des heures, nous nous rapprochons peu à peu, laissant nos corps s'effleurer, nos barrières de sécurité tombant les unes après les autres afin de réduire la distance que nous sentions inutile tant l'attraction était forte. Nous finirons d'ailleurs, quelques jours plus tard, enlacés l'un dans les bras de l'autre, pour une longue sieste entrecoupée d'une délicieuse pause crapuleuse.

    Nous nous sommes endormis profondément, sa tête toute soyeuse appuyée dans le creux de mon épaule, ses bras enroulés autour de mon torse, son souffle berçant le mien. Un doux moment de plénitude. J'ignore combien de temps nous sommes restés dans cette position mais toujours est-il que lorsque nous avons rouvert les yeux, le soir était déjà tombé. 

    Je passais la soirée et le lendemain dans un état quasi euphorique. J'étais tellement bien, lui et moi continuant à apprendre à nous connaître en conversant à loisir, le plus naturellement du monde. 

    Après avoir échangé nos profils facebook, nos deux solitudes qui se sont croisées au hasard de la vie ont ensuite repris chacune leur chemin, l'un vers le Nord, l'autre vers le Sud.  

    Puis, progressivement, vinrent les nuages. Ceux de l'angoisse, de l'inquiétude. C'était tellement prévisible...

    Cela s'appelle l'abandonnisme. Comme un vague à l’âme qui vous prend tout d'abord au tripes avant de remonter hanter votre cerveau. Une main invisible et froide qui vous opprime. Votre horizon se rétrécit et des questions sans réponse tourbillonnent inlassablement dans votre tête. Des graines d'angoisse.

    Pensera-t-il encore à moi ? M'aura-t-il oublié demain ? 

    Résister est impossible... Ne pas lutter vous conduit à la folie pure.

    Certains diront que je me prends la tête pour rien et ils auront en partie raison, tellement toute cette souffrance est vaine et inutile. Je le sais pertinemment. Mais en partie raison seulement, disais-je, car je ne maîtrise rien. Rien du tout. J'ai beau essayer de me raisonner et débrancher le cerveau, il y a toujours une petite lucarne par laquelle le blizzard s'engouffre pour venir tout geler sur son passage.

    J'ai compris que je souffrais d'une forme relativement mineure d'abandonnisme assez récemment. Plus exactement, ce n'est qu'assez récemment que j'ai réussi à rassembler tous ces symptômes derrière un mot qui les décrivait.

    Abandonnisme. Cela vient comme un bouffée de nostalgie, mais en pire. Car si la nostalgie est tournée vers le passé, l'abadonnisme interroge l'avenir. Et la crise est d'autant plus forte que la rencontre a été émotionnellement intense. Inutile de dire que cette fois-ci mes tourments confinèrent au supplicial.

    M'aura-t-il oublié demain ?

    C'est aussi l'une des raison qui fait qu'aujourd'hui je refuse catégoriquement toute relation à distance. Parce qu'elle est nécessairement synonyme pour moi d'une inextricable souffrance que je ne veux plus m'infliger. Et que la distance prive en outre la relation d'éléments qui sont pour moi indispensables : la trivialité du quotidien, doublée de la possibilité de voir l'autre sans avoir à planifier ses déplacement six semaines à l'avance. 

    Dans le cas de ce garçon, il n'est donc pas question d'une relation sentimentale. D'une amitié naissante, sans trop de doute. Entre lui et moi, un fil est noué. A voir s'il cassera ou s'il nous permettra de nous retrouver le long de nos chemins respectifs.

    J'ai à cet égard une théorie toute personnelle. Plutôt que d'une théorie, il s'agit d'un schéma, d'une comparaison : celle du fil d'Ariane.

    Lorsque deux personnes se rencontrent, un fil se noue entre elles. Fin. Fragile. Invisible. Lorsqu'elles se séparent ce fil peut disparaître, si personne ne tire dessus. Il s'use. Puis un beau jour vient la première saccade du premier qui tire sur le fil, pour dire à l'autre : "Hey, il y a toujours quelqu'un ?". Le fil commence à vivre. De sollicitation en réponse, le fil se fortifie, grandit, devient une corde sur laquelle on peut tirer de plus en plus fort. Jusqu'au jour où l'on n'a plus besoin de tirer sur le fil.

    "Ne t'inquiète pas je serai toujours là".

    Cela vaut ce que cela vaut... Il est des amis que je peux ne pas voir pendant des mois, voire des années mais avec qui la connivence est telle qu'il suffit d'une fraction de seconde pour que tout reparte comme si ne nous étions jamais quittés. Parce que le fil est là, solide et que certaines personnes seront toujours là pour moi, comme je serai toujours là pour elles.

    Car contrairement à Thésée, je n'abandonne jamais Ariane.

    A sa relecture, ce billet n'est pas aussi rigoureux que je l'aurais voulu. Le fil de mes idées s'est un peu emmêlé. Il est difficile de parler simplement de choses qui ne le sont pas toujours.

    1 janvier 2016

    Bonne Année !

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    A l'heure où j'écris ce billet et que s'égrènent lentement les dernières heures de l'année 2015 mouvementée, je me trouve donc en banlieue Rennaise en compagnie de quelques personnes de fort belle compagnie dans une belle et grande maison où tout n'est que douceur, calme et volupté. 

    J'aimerais que cette nouvelle année 2016 qui s'ouvre devant nous soit exactement à cette image : toute empreinte de douceur, de calme et de volupté. Tout simplement.

    Puisse également être 2016 une année de récolte, d'aboutissement, et de plénitude.

    Bonne année 2016 à tous et à chacun !

    24 décembre 2015

    VACAAAAAAANCES !

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    Ça y est, nous y sommes : dans quelques instants sera venue l'heure de 10 petits jours de vacances bien méritées. Enfin ! Il était plus que temps. Je n'aurais pas pu tenir davantage tellement mon niveau d'épuisement est intense. Environ très beaucoup. Au moins 87 sur une échelle de 1 à 10 (non il ne manque pas un zéro). 

    Je n'ai qu'une envie : dormir, dormir dormir, et peut-être dormir. Et dormir encore...

    Nawouel, qui est pourtant dans quelques heures, me semble une chose toute aussi abstraite qu'elle me paraît, vue d'ici, une épreuve pour le moment insurmontable.

    Le plus rude, comme j'ai pu à très juste titre le lire sur d'autres blogs, c'est cette permanente joie exubérante autour de soi (jusques et y compris sur les réseaux sociaux), alors que l'on doit pourtant encore fournir du travail, soigné si possible, et en des quantités qui, elles, ne varient pas. Trop de bonheur autour de soi tue le bonheur !

    Vous verserez probablement une petite larmichette de compassion en apprenant que, Ô comble de la torture, j'ai une fête foraine juste sous les fenêtres de mon bureau et que depuis 15 jours je bosse au rythme des chansons de Tino Rossi, Mireille Mathieu et autres saletés mielleuses, entrecoupées par les cris hystériques des gamins en train de s'éclater le trouillomètre sur les manèges.... La vie est un sport de combat psychologique !

    Finalement et en dépit de cette fatigue, accusant le poids des semaines, je n'ai pas déprogrammé mes vacances en cette terre inconnue, loin loin loin dans le vaste grand Ouest Armoricain que je ne connais point z'encore. Un petit changement d'air pour un grand changement d'idées et un Tambour Major qui s'en trouvera tout requinqué pour attaquer 2016 avec panache. Ça aussi, ça va me faire du bien.

    D'ici là, je vous souhaite un très bon Nawouel et de bonnes fêtes de fin d'année à tous et à chacun, et je vous dis à bientôt, pour de nouvelles aventures !

    23 décembre 2015

    Cassoulet

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    Aujourd'hui je vais te parler d'un plat tout simple, rustique, convivial et merveilleux. Il t'apportera certainement quelques kilos en plus beaucoup de joie, tant à le préparer qu'à voir tes amis se régaler à le manger. 

    Un plat venu du fond des âges, qui sent bon le terroir et la flamme de l'âtre. 

    Je veux bien entendu parler du Cassoulet. 

    Recette pour 4 personnes

    Cette recette est celle qu'a faite l'autre jour la dame chez qui je loge en semaine et dont j'ai loué les mérites de long en large et en travers. Il ne s'agit ni plus ni moins que ce la recette de la Grande Confrérie du Cassoulet de Castelnaudary. La voici donc.

    Ingrédients
    350 à 400 g de haricots secs de type lingot du Lauragais
    2 belles cuisses de canard (ou d'oie) confites
    4 beaux morceaux de 80g de saucisse pur porc dite "de Toulouse"
    4 morceaux de 50g de viande de porc pris dans le jarret, l'épaule ou la poitrine
    250 g de couenne de porc crue
    un peu de lard salé (20 à 30 grammes)
    1 carcasse de volaille ou quelques os, de porc ou de boeuf,
    de l'ail, des oignons et des carottes.
    Tu remarqueras qu'il n'y a pas de tomate dans cette recette. Hé non. Parce que le Cassoulet, faut le comprendre avant de le faire. 

    Tu vois petit, tu as affaire à un plat d'hiver, qui nourrit bien son homme du bout des orteils jusqu'à la pointe de cheveux. Alors on utilise des ingrédients que l'on trouve habituellement en hiver : des haricots secs, qui auront été ramassés à l'automne ; du confit parce que confire la viande est un moyen de la conserver longtemps pour la manger en hiver ; de la saucisse fraîche, parce que le cochon ça se tue quand il fait froid, entre décembre et février, sinon la viande elle ne se garde pas, entre le cagnard de l'été et les mouches. Tu comprends ? Alors des tomates, en hiver, il n'y en a pas dans ton jardin ni dans ton garde manger. Donc on n'en met pas. Du tout.

    Allez, viens un peu par ici que je te raconte la suite.


    La Recette

    La veille, tu fais tremper les haricots secs une nuit dans l'eau froide. Tu peux y mettre une pincée de bicarbonate pour faciliter la digestion par la suite. 

    Le lendemain :

    1/ Tu vides l'eau des haricots puis tu les fais blanchir 5 minutes :  tu mets les haricots dans une casserole avec trois litres d'eau froide et tu portes à ébullition pendant 5 minutes. Ensuite tu éteins le feu, tu jettes l’eau et tu réserves les haricots.

    2/ Prépare un bon bouillon avec à nouveau 3 litres d'eau, les couennes coupées en larges lanières, une carcasse de volaille si tu en as,  ou quelques os de porc ou de bœuf et, selon ce que tu aimes, un ou deux oignons taillés grossièrement et une ou deux carottes. Tu sales et surtout tu poivres généreusement.

    3/ Tu fais cuire ce bouillon pendant une bonne heure (c'est un minimum) puis tu le filtres en récupérant les couennes. Parce que les couennes, dans le cassoulet, c'est indispensable. Sinon tu fais autre chose. Des crêpes par exemple.

    4/ Dans ce bouillon filtré, tu mets les haricots à cuire jusqu'à ce que ceux-ci soient souples mais restent bien entiers. Pour cela il faut environ une heure d'ébullition.

    5/ Pendant que tes haricots barbotent dans ce bouillon qui doit embaumer toute ta maison, prépare les viandes : 

    6/ Dans une grande poêle type sauteuse, tu fais dégraisser les morceaux de confit à feu doux, puis tu les réserves.

    7/ Débarasse la graisse de la poêle (ne la jette pas surtout malheureux : ça vaut de l'or ce que tu as là !) et fais rissoler tes saucisses de Toulouse jusqu'à ce qu'elles aient une belle coloration bien caramélisée, puis tu les réserves. Mets y un feu assez vif. Il faut que ça chante dans ta cuisine !

    8/ Fais rissoler les morceaux de porc qui doivent être eux aussi bien dorés puis tu les réserves avec les autres viandes.

    9/ Maintenant tes haricots sont cuits. Tu les égouttes en récupérant le bouillon que tu garderas au chaud. Ajoute à tes haricots quelques gousses d'ail écrasées avec la paume de la main et le double en poids de lard salé broyés ensemble.

    Ça y est, tout est prêt, tu vas pouvoir monter ton cassoulet.

    Pour cela, la tradition veut que l'on utilise le fameux plat creux en terre cuite qui s'appelait "cassolo" (la "cassole") et qui a donné son nom au cassoulet, ou à défaut un plat assez creux en terre cuite allant au four. Si tu n'as qu'une grosse cocotte en fonte, je te pardonne, tu peux l'utiliser aussi.

    10/ Tapisse le fond de la cassole avec des morceaux de couenne.

    11/ Ajoute environ un tiers des haricots. Fais doucement avec ta louche ou ta cuillère, et ne les esquinte pas ! 

    12/ Dispose les viandes par-dessus et recouvre-les avec le reste des haricots.

    13/ Dispose les saucisses en les enfonçant dans les haricots, le dessus des saucisses devant rester apparent. C'est pas pour faire joli : c'est pour mieux les attraper quand tu serviras ton cassoulet tout à l'heure, et faire de la place pour attraper les haricots.

    14/ Complète la cassole en versant le bouillon chaud qui doit juste couvrir les haricots.

    15/ Poivre généreusement au moulin en surface, ajoute une cuillère à soupe de la graisse de canard de tout à l'heure. Et c'est tout. Pas de chapelure. Ça ne sert à rien. C'est contre nature. Et de toute manière, ta chapelure elle se noierait dans le bouillon...


    Cuisson 

    16/ Mets ton cassoulet au four à 150°C/160°C (Thermostat 5) et laisse-le cuire deux à trois heures. 

    Aujourd'hui on fait ça au four électrique. Mais avant, c'est à dire avant, quand il n'y avait pas l'électricité ni Michel Drucker le dimanche, on faisait ça au four à bois, ou directement dans un coin de la cheminée sur de la cendre. Ton cassoulet, tu le préparais le matin, avant de partir aux champs pour labourer avec les bœufs, d'aller tailler la vigne en partant avec le brouillard, ou tôt le dimanche avant d'aller à la messe. Comme ça, pendant tout ce temps, ton cassoulet, il se faisait, avec le feu. Tranquillement. Gentiment. Et quand tu rentrais le soir, ou à une heure de l'après midi après la messe, hé bé voilà, il était là le cassoulet, pour te redonner des forces. C'est un plat qui doit prendre son temps, comme les potées, les soupes et autres plats d'antan. Ce n'est pas une question de principe. C'est une question d'équilibre des choses. 

    Pendant la cuisson, si le dessus des haricots commence à sécher, tu ajouteras quelques cuillères de bouillon, pour le requinquer un peu. Le cassoulet c'est comme Jacotte un homme : quand ça a soif, il faut lui donner à boire. Sinon il dépérit. Il faut l'aimer ton cassoulet. Parce que lui, il t'aimera. De toute façon, la cuisine ce n'est que de l'amour. Tu peux pas cuisiner si tu n'aimes pas les gens...

    Autre chose que tu dois savoir petit. Pendant la cuisson il se formera sur le dessus de la cassole une croûte marron dorée. Si tu aimes les contes et les légendes, sache que les anciens disent qu'il faudra l'enfoncer à plusieurs reprises. 7 fois pour être exact. Tu vois : 7 fois. Le cassoulet, c'est quelque chose d'un peu magique. Tu comprends pas trop ce qu'il se passe à l'intérieur de tes haricots, et c'est bien normal. Et pourtant il se passe un truc. C'est le grand mystère des plats fantastiques.

    Si tu prépares ce cassoulet la veille, ce qui est une excellente chose, réchauffe-le au four à 150°C pendant une heure et demie avant de le servir. Lentement. Les choses simples, il faut les faire bien. Et surtout n'oublie pas de rajouter un peu de bouillon ou quelques cuillerées d'eau pour ne pas qu'il sèche.

    Voilà, c'est prêt. Ton cassoulet, il est bouillonnant dans sa cassole. Tu peux le porter à table et le savourer avec tes amis maintenant.

    Regarde leurs yeux qui pétillent devant ce cassoulet. Ils le dévorent déjà. On ne peut pas lutter. C'est magnétique.

    Pour l'occasion tu auras débouché une bonne bouteille d'un vin bien corsé et assez fort en alcool, comme le sont les vins d'ici. Un Minervois, du Fronton, ou pourquoi pas du Cahors ou un Côtes du Rhône.

    Vas-y, régale-toi. Tu l'as mérité.

    18 décembre 2015

    Вы говорите по-русски ?*

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    Apprendre les langues étrangères a toujours été une forme de plaisir. Lorsque j'étais au collège puis au lycée, parler, participer et m'approprier des mots nouveaux en classe a toujours été un régal. Faire des phrases, construire, reconnaître des mots, savoir les réutiliser étaient et demeurent autant de possibilités d'expression, de comprendre d'autres personnes et de cultures, autant d'opportunités de rencontres, d'échanges et d'enrichissements.

    Au sortir du lycée il y a de cela maintenant plusieurs années, je m'étais mis bille en tête d'apprendre le russe. Probablement parce que j'avais, à l'occasion d'un échange culturel entre chorales, rencontré un groupe d'Ukrainiens qui ne parlaient rien d'autre que leur langue maternelle ou le russe et, pour l'un d'entre eux, l'espagnol. La langue de Cervantès fut par conséquent, et aussi surréaliste que cela puisse paraître, notre seul moyen de converser utilement...

    Le bac en poche, parallèlement à mes cours à la fac, je m'étais donc inscrit à des cours de russe. Je découvrais alors avec délices les mystères de l'alphabet cyrillique, sa prononciation, ses écritures et déchiffrais progressivement ce qui était encore naguère pour moi de véritables hiéroglyphes. Je ne tiendrai hélas le coup que quelques mois, des études exigeantes couplées à d'autres activités notamment musicales, toutes aussi exigeantes, ne me laissant que trop peu de temps pour y consacrer les heures nécessaires. Je ne parle donc pas le russe et je ne comprends pas davantage. Un regret, parmi tant d'autres...

    La culture slave ne lassait pas de m'intéresser pour autant. Je me délectais de Tolstoï (dont je dévorais l'Anna Karenine !), de Dostoïevski, savourais les œuvres de Rimsky-Korsakov, Prokofiev et autres Moussorgski. Tout ce petit monde demeure encore aujourd'hui dans un panthéon personnel comme autant de sommets. Et puis il y a cette fameuse "âme slave", noble, sévère, probablement exagérément romantique, mais tellement unique. 

    Parler d'autres langues donc... je me souviens lors de mon voyage au Brésil, de cette frustration suprême de ne pas pouvoir parler avec les locaux ni de ne comprendre ce qui se disait autour de moi, comme si, privé d'oreille, j'avais visité le pays avec un bandeau sur les yeux ! En miroir inverse, c'est une joie décuplée que j'avais pu éprouver en Argentine et un peu partout en Amérique Latine, que mon oreille se fonde littéralement dans la masse sans que la langue ne soit un quelconque obstacle.

    Je me souviens d'une phrase qu'avait dite une dame d'un certain âge au longs cheveux argentés, un soir de septembre 1997 (il y a presque vingt ans... mon dieu le coup de vieux !) alors que j'étais bloqué avec d'autres passagers à l'aéroport de Munich en raison d'une panne sur l'avion. Un petit groupe s'était spontanément constitué puis regroupé autour d'une table de restaurant au troisième étage de l'aéroport. Le sens général de la conversation m'échappe aujourd'hui mais je me souviens très bien du contenu : "parler des langues étrangères nous permet de nous sentir chez nous partout dans le monde". Je trouvais cette idée absolument fantastique.

    Avec le temps et les voyages, j'ai compris que parler une langue étrangère n'est pas qu'un pur exercice de mémoire. C'est avant tout une aventure, une ouverture sur une autre façon de raconter le monde. Chaque langue est un prisme, avec ses avantages, ses inconvénients, ses richesses, ses lacunes. Et la possibilité de pouvoir jongler avec plusieurs d'entre elles dévoile je crois tout autant de facettes de notre monde, comme autant de reflets d'une même réalité.

    Un élément qui ne manque jamais de me fasciner est l'héritage culturel véhiculé par les langues. Souvent imperceptible au premier coup d’œil, il s'agit de véritables trésors de l'esprit. Ainsi, dans une émission de radio que j'aime beaucoup, j'avais ainsi été fasciné d'apprendre que des linguistes avaient réussi à déterminer que, dans la langue mongole, le mot "cheval" était apparu avant le mot "mer" ce qui signifiait par conséquent que les premières tribus Mongoles ne connaissaient pas et donc n'avaient jamais vu la mer...

    Pour ceux qui parlent espagnol, il est un tout petit exemple que je trouve personnellement d'une richesse infinie et  qui en dit très long, c'est le rapport entre le mot "olive" et le mot "huile". Olive en espagnol, se dit "aceituna" et huile se dit "aceite". Contrairement au français, les deux mots donc partagent en espagnol la même racine ce qui atteste de leur rapport étroit et qu'en Espagne, l'huile est forcément et culturellement d'olive, depuis des siècles...

    A l'instar de l'espagnol et de l'anglais, il y a beaucoup de langues que j'aimerais apprendre et savoir parler : le russe donc ; l'allemand que j'admire pour sa rigueur et sa structure agglomérante ; l'arabe pour son écriture et la richesse infinie de ses cultures ; le turc, parce que les Turcs sont probablement parmi les plus beaux garçons de la planète...

    L'autre jour à la salle de sport, je partageais les vestiaires avec deux garçons, l'un d'une bonne vingtaine d'années, l'autre dans la quarantaine. Tous deux blonds, la peau très blanche, solidement bâtis, silencieux. Lorsque le premier prit la parole pour s'adresser au second, je reconnus immédiatement les accents rugueux et souples à la fois de la langue russe. Travaillant dans une ville à légionnaires, cela n'a rien d'étonnant. 

    Assis sur mon banc et tout à mon affaire, je les écoutais discuter quelques instants, sans rien comprendre à ce qu'ils pouvaient se dire mais fasciné par l'idée que ces sonorités impénétrables contenaient des mots, des phrases et donc recelaient un message parfaitement clair pour eux mais dont le sens m'échappait.

    Alors fermant les yeux et les écoutant parler, je voyageais un peu et voyageai encore lorsque le silence revint et que, les vestiaires vides, je me retrouvai seul sur mon banc...

    * Parlez-vous la langue russe ?

    15 décembre 2015

    La photo du mois : "L'Evasion"

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    Puisque un mois tout pile s'est écoulé depuis le 15 novembre dernier, c'est donc que sous sommes aujourd'hui le 15 Décembre, date de notre rendez-vous mensuel avec La photo du mois

    Je vous rappelle le principe : chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris. 

    Pour ce mois de Décembre, Nicky qui propose le thème : "L'Évasion " et nous donne la piste suivante :  

    "Je ne peux que penser aux victimes malheureuses de la barbarie et je leur rends un vibrant hommage. Mon thème pour le mois de décembre a été choisi bien avant ces tristes événements. Il s'agit de l'évasion. Nous en aurons tous bien besoin sans pour cela oublier ces pauvres gens et leur famille. "Je n'avais pas vu que tu portais des chaînes A trop te regarder J'en oubliai les miennes On rêvait de Venise et de liberté" Francis Cabrel. Et vous, comment vous évadez-vous?

    Ma photo prendra certainement le contre-pied de l'idée de ce thème, donné comme prétexte à publier une image propice à l'évasion, et ne répondra pas à la question savoir par quel(s) moyen(s) je m'évade - lire ce blog en donnera une petite idée. Aujourd'hui je vous propose du sordide, du glauque et froid. 
    Un lieu de pleurs, cris, de larmes. 

    Des geôles de tribunal. 

    Depuis les cellules aveugles, on ne voit rien d'autre que des murs sales, froidement éclairés par un néon blafard, et l'horizon vertical d'une lourde grille de métal. Un lieu d'où l'évasion n'est que difficilement possible mais d'où plus d'un a rêvé de pouvoir s'échapper...

    Evadez-vous en allant visiter les autres blogs qui participent à la Photo du Mois :

    A'icha, AF News, Akaieric, Alban, Alexinparis, Aude, Autour de Cia, BiGBuGS, Blogoth67, Brindille, Calamonique, Canaghanette, Cara, Carole en Australie, Champagne, Chat bleu, Chiffons and Co, Chloé, Christophe, Cricriyom from Paris, CécileP, Céline in Paris, Dame Skarlette, Danièle.B, DelphineF, Dom-Aufildesvues, Dr. CaSo, E, El Padawan, Estelle, Eva INside-EXpat, François le Niçois, Frédéric, Galéa, Gilsoub, Giselle 43, Guillaume, Homeos-tasie, J'habite à Waterford, Josette, Julie, Kenza, KK-huète En Bretannie, Koalisa, Krn, La Fille de l'Air, Lau* des montagnes, Laulinea, Laurent Nicolas, Lavandine, Lavandine83, Les Bazos en Goguette, Les bonheurs d'Anne & Alex, Les Filles du Web, Loulou, Luckasetmoi, Lyonelk, magda627, Mamysoren, Marie, MauriceMonAmour, Milla la galerie, Mimireliton, Mirovinben, Mon Album Photo, Morgane Byloos Photography, MyLittleRoad, N. Madiot, Nanouk, Nicky, Noz & 'Lo, Pat, Philae, Philisine Cave, Pilisi, Pixeline, Renepaulhenry, Rosa, Rythme Indigo, Sinuaisons, Sous mon arbre, Suki, Testinaute, Thalie, Tuxana, Visites et voyages, Voyager en photo, Woocares, Xoliv'.