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  • 30 avril 2018

    Doutes...

    Cela fait trois semaines que lui et moi nous fréquentons, depuis que nous avons fait connaissance chez des amis communs que je soupçonne d'avoir sciemment organisé le coup. Un Toulousain d'adoption, de mon  âge, qui a une situation professionnelle stable et qui a en plus le bon goût d'habiter à seulement quelques minutes de marche de chez moi.

    Nous nous voyons assez régulièrement. Presque tous les jours en fait. Nous faisons connaissance. Nous apprenons à nous connaître, lentement, car le garçon est un poil hérisson sur les bords, et j'ai l'impression qu'ils sont assez larges. Et le temps en sa compagnie passe toujours relativement vite, ce qui est, je crois, une bonne chose. Je le sens plein de bonne volonté, de bien faire. Ainsi, alors qu'il ne cuisine pas vraiment, la semaine dernière il m'avait préparé un très bon petit repas, et je me suis régalé. C'est vraiment un garçon gentil, doux et attentionné.

    Mais... car il y a un mais... depuis trois semaines, je trouve que nous n'avons pas grand chose à nous dire. Depuis trois semaines, nous n'avons jamais vraiment discuté de quoi que ce soit et niveau vivacité d'esprit, ce n'est pas très percutant non plus. Jamais il ne relance sur un sujet. Jamais il ne sort une bonne vanne ou un mot d'esprit un peu saillant - ou même à côté de la plaque. Je ne sais pas s'il s'agit de timidité ou d'autre chose ou s'il est vraiment comme cela mais j'avoue que cela est un peu gênant. Samedi soir, je l'ai embarqué au resto où je rejoignais des amis. Auprès d'eux, j'ai instantanément retrouvé ce tourbillon de folie joviale qui fait que l'on s'entend si bien tous ensemble et que j'ai plaisir à les retrouver : ça discute, ça bataille, de tout, sur tous les sujets, tout le temps, avec curiosité et passion. Et c'est là que je me suis rendu compte que lui en était dépourvu ou que, du moins, il n'en avais encore jamais fait preuve. Au Québec on dirait probablement qu'il est "beige", c'est à dire sans réel relief.

    Notre après-midi passé hier chez moi en est un autre exemple. Nous étions ensemble mais sans connexion et j'ai vraiment ramé pour lancer une conversation qui tienne plus que trente secondes. J'ai vraiment failli perdre pied. Il aurait probablement pu rester toute l'après-midi devant la télévision sans que nous ne parlions et je crois qu'il aurait pu trouver cela satisfaisant. Finalement ce sont les préparatifs de son voyage à la fin du mois qui ont permis de lancer la machine. C'est un peu son seul sujet de conversation du moment, en réalité. Nous n'avons jamais parlé d'art, de musique, de cinéma, de politique, d'architecture, de littérature... Mais peut-être ne vois-je pas tout ce dont nous avons pourtant pu discuter.

    Lorsque je parlais de hérisson, c'est vraiment l'image la plus parlante. Réservé ? Oui, certainement. Manque de confiance en lui, énormément, c'est également certain. Mais il est loin d'être idiot, ça aussi c'est certain. Sa vie, c'est son quotidien et je le sens plein de bonne volonté pour que nous fassions des choses ensemble, ce que je trouve très encourageant.

    Et ce qui est également certain c'est que, en dépit de tout, pour le moment je me sens plutôt bien avec lui...

    12 commentaires:

    1. Mais (puisqu'on y arrive et qu'il y en a toujours un), tu sembles enclin à laisser une chance au produit si l'on lit entre les lignes (quelle allitération !).
      Ce dont tu parles me rappelle une discussion passée avec quelqu'un qui se reconnaîtra peut-être par ici : ne peut-on vivre quelque chose qu'avec des gens qui sont plug-and-play (si tant est que l'image soit appropriée ou même tolérable sans verser dans une vulgarité dont tout le monde fera l'économie). En d'autres termes, peut-on s'autoriser à envisager l'avenir qu'avec des gens avec lesquels l'évidence du contact est lumineuse ?
      Forcément, c'est plus simple. Forcément, l'évidence fait que les choses coulent de source sans qu'on ait à se poser de question. Mais forcément, cela implique que l'on cherche chez l'autre quelque chose qui fait écho à ce que l'on est. C'est donc renoncer à une partie du challenge qui veut, selon moi, que construire avec quelqu'un c'est profondément se remettre en cause, c'est envisager le monde non plus seulement au moyen d'un prisme que l'on connait bien puisqu'il est le nôtre mais surtout avec les yeux de l'autre en apprenant à faire siennes ses limites, ses options et même ses envies.

      Puisque tu as détecté un problème de confiance et l'absence de stupidité profonde, tous les espoirs sont permis pour autant que le temps fasse son affaire et qu'il comprenne l'utilité de faire l'effort que toi tu sembles prêt à faire malgré le(s) doute(s). Laisser une chance au produit ne veut pas dire qu'il faut substituer à ses carences ta volonté massive : c'est l'amener à envisager que quelque chose pourrait être plus fluide. Après, si avec toutes les cartes en main cela ne vient pas, tu auras laissé la chance audit produit et tant pis.

      Mais lui as-tu déjà seulement expliqué ce que tu as posé aujourd'hui sur la feuille blanche de ton billet ? Se plaindre d'un manque d'échange et de dialogue alors que tu n'en aurais pas fait montre (autrement que pour faire comme si, en déployant les efforts relatés dans ton récit), est-ce que ce ne serait pas un peu ... paradoxal. Je ne te jette pas la pierre, entendons-nous bien. J'observe simplement que tu dépenses beaucoup d'énergie pour maintenir quelque chose sans aller au bout de la démarche qui pourrait, selon son attitude, permettre d'y voir plus clair : il réagira, ou il ne réagira pas.

      Et si tout cela permettait de déboucher sur une belle histoire, le jeu en vaudrait sacrément la chandelle puisque tu te sens, nonobstant les doutes, si bien avec déjà.

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      1. Tu as parfaitement saisi toutes les subtilités de ce billet et le sens de mes doutes.

        Laisser une chance, oui, absolument car pour la première fois depuis longtemps, voire la première fois tout court, je ne me sens pas en état de stress, je ne me pose pas 10.000 questions à la seconde (tu sais ce dont je suis capable en l'espèce), je n'ai pas de doute sur sa sincérité... Bref, il est rassurant et cela fait un bien fou, moi qui en ai tellement besoin. Rien que pour cela je veux laisser une chance.

        Ensuite, effectivement, il m'oblige à sortir de mon champ de vision habituel et je dois manœuvrer d'une manière qui ne m'est pas familière. Mais là encore, j'entrevois des possibles qui nous sont communs, des envies que nous pouvons conjuguer et des souvenirs à construire.

        Dialoguer, ce n'est pas facile. Le garçon parle peu mais a l'oreille plus attentive qu'il n'y paraît. Son intelligence réside également là, en dépit de ses airs un peu patauds. Dialoguer donc, oui, je m'y suis mis, en douceur. Laissons mes paroles décanter et voyons ce qu'il en restera.

        Des doutes donc, mêlés d'espoirs en effet, cela ne t'a pas, non plus, échappé.

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    2. Ça fait 15 ans que je suis amoureux d'un hérisson. Et j'en suis très heureux. Le reste ce n'est qu'une question de temps et de point de vue..mais se donner du temps pour se connaître et (qui sait) tomber amoureux, c'est ce qu'il y a de mieux. Enfin c'est mon avis (ma vie). Bises. Nicolas

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      1. Prendre le temps, une chose dont on perd l'habitude... Je le prends, car je crois que c'est sain. L'avenir nous le dira. Bises :)

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    3. Je reconnais quelques traits de caractères en moi dans la description que tu fais de ton hérisson.
      Je suis un taiseux comme on dit.
      Mélange de timidité, d'introversion (maladive certainnement) et de curiosité.
      Je préfère écouter, cerner la situation, les gens.
      Je me grandis en me nourissant des autres.
      Et une fois qu'on m'a apprivoisé, je sors de ma coquille.
      Je suis assez généralement effacé en groupe, je préfère tenir de relations amicales en petit comité, pour justement avoir la sensation de partager plus, plus sincèrement.
      Il faut savoir être patient.
      Mais, tout ce qu'il y a autour (les gestes, les attentions...) prouvent que c'est en bonne voie pour lui, alors en effet, continue ;)

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      1. Bienvenue ici petit hérisson et merci pour ton commentaire (ça fait plaisir de te lire ici).
        J'ai en effet d'avantage l'habitude des ouragans que des hérissons, que je fréquente assez peu. Alors merci pour tes conseils :)

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    4. Bonsoir cher Tambour Major,
      Qu'ajouter aux excellents commentaires qui précèdent ?
      Te rappeler ce que tu as écrit à propos de la forteresse cathare : "quitter ma zone de confort", "courir le risque d'être heureux" ?
      Peut-être ton hérisson a-t-il également bâti son Montségur ? Peut-être a-t-il été fortement impressionné par le "tourbillon de folie joviale" de samedi, qui a dû le laisser sans voix, et rêve-t-il d'y prendre part un jour, de surmonter enfin son manque de confiance en lui ?
      Pipo.
      P. S. Je préfère de très loin Carmen à Montségur (quoique créé à Toulouse ...) !

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      1. Je n'avais pas envisagé les choses sous cet angle. Evidemment, il a probablement lui aussi ses stratégies de défense... Tu vois, tu as ajouté ta propre pierre à l'édifice.

        Et Montségur est un fort bel endroit où il me faudra revenir. Lors de ma précédente visite, il y neigeait en plein avril.

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    5. Je passe faire un petit coucou, lis ton dernier billet, plussoie le commentaire de Mamy Grand, et repart en catimini tel que je suis venu. La bise ;)

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      1. Prends tout ton temps. Tu es le bienvenu ici. Inutile de filer à l'anglaise :)
        La bise aussi !

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    6. Je tombe sur ton billet et ce dernier me fait remonter quelques souvenirs d'une relation passée et qui a laissé ses marques. J'avoue même m'y reconnaître à certains points.
      Certes il n'est peut-être pas prolixe et peut-être également réservé sur certains sujets et autres débats. Maintenant je suis pour laisser une chance pour que sa réserve s'atténue avec le temps, que vous puissiez vous découvrir mutuellement, ce que je vous souhaite à tous les deux surtout si tu te sens bien avec lui. Maintenant la communication fait aussi beaucoup. J'ai appris (bien malheureusement d'ailleurs) que la communication est un acte important voire essentiel dans une relation. Si effectivement, tu ressens un manque de confiance émanant de lui, ne pourrais-tu pas en discuter avec lui mais évidement pas de manière frontale hein :) Cela pourrait permettre de mettre des mots voire des explications sur son attitude. Son manque de confiance masque peut-être une personne à l'opposé de ce que tu as pu entrevoir. Mais si après tes efforts, tu n'observes aucune réaction réelle de sa part, je rejoins Tto : tant pis...
      Tu restes seul décideur et je suis sûr que tu sauras faire les bons choix :)

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    7. Moi je dis que c'est le bon moment pour BAISER !!!!! :DDD

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    Bonjour, vous êtes bien chez Tambour Major.

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