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  • 14 avril 2009

    Salaud

    1 commentaires

    Samedi soir,
    Un regard noir qui me transperce au milieu de la foule,

    Il me harponne, magnétique,
    Me happe comme le torrent emporte les pierres

    Nos corps qui se rapprochent,

    Des mains qui se nouent,
    Nos corps qui s'enlacent,

    Quelques paroles échangées,
    Instants d'éphémères voluptés,

    Nous sommes seuls au milieu de tous.

    Le rêve qui se brise :
    "je crois que je vais te quitter"

    Il s'en va

    Je reste seul au milieu de tous

    Indifférence

    Salaud !

    10 avril 2009

    0 commentaires
    Entre deux parties de ToneMatrix, vous irez donner un coup de main à Chtite Fleur Des Champs dont le questionnement existentiel prend une dimension quasi-Zarathoustrienne !
    Si Nicolas Cage connaissait les effets de ses films sur la condition humaine ...

    ToneMatrix

    4 commentairess

    A première vue, ToneMatrix n'a l'air de rien... Un carré noir d'une dizaine de cm sur votre écran, composé de 16 petits carrés gris. Mwoué, bof, pas très glamour cette histoire.

    Méfiez vous des apparences !

    Lorsque l'on clique sur l'un de ces 256 petits carrés gris, il devient blanc, puis un joli son retentit à intervalle régulier. Alors, on clique sur un autre carré, puis un autre, puis un autre... trop tard, ont est accro !

    « C’est un simple synthétiseur sinusoïdale », explique Andre Michelle concepteur de cette petite application qui va bientôt vous pourrir l'existence. On peut multiplier les combinaisons, créer des rythmes, le résultat est toujours harmonieux, et puissamment hypnotisant. Pour repartir à zéro, il suffit d’appuyer sur la touche « espace ».

    Le site regorge de petites applications tout à fait sympathiques plus ou moins conceptuelles mais parfaitement chronophages.

    Ca ne sert pas à grand chose ; c'est donc parfaitement indispensable.

    Idéal pour un vendredi après-midi qui précède des vacances !


    Allez, encore 5 minutes, et j'arrête ...

    8 avril 2009

    In vino veritas

    2 commentairess
    La langue française est particulièrement riche en expressions imagées faisant référence à la bouffe : mettre les pieds dans le plat, mettre les pieds sous la table, ça ne mange pas de pain, rouge comme une écrevisse, mettre du beurre dans les épinards, comme un cheveu sur la soupe, tomber comme une couille dans le potage, mettre de l'eau dans son vin, mi-figue mi-raisin (et sa variante private joke: être totalement figue), ménager la chèvre et le choux, être soupe-au-lait, en faire tout un fromage, ce n'est pas de la tarte, rouler dans la farine, casser du sucre sur le dos, faire choux blanc, etc. etc. Je ne sais pas quelle est l'origine de chacune d'elles, mais je suis sûr qu'un minimum de réflexion et de bon sens populaire viendraient à bout de ces énigmes gastronomico-lexicales.

    "Mettre de l'eau dans son vin" est l'expression qui me correspond parfaitement aujourd'hui car de l'eau j'en mets des océans dans ma coupe !

    A première vue, le propos est intrinsèquement hérétique : couper le vin avec de l'eau - fut-elle minérale - mériterait a priori le pal et le fouet d'épines sans discussion possible. D'ailleurs c'est un fait caché de l'histoire de France, mais Jeanne d'Arc n'a pas été brûlée vive pour ses visions fantasmagoriques d'Archange aux fesses roses et dodues qui lui aurait soufflé d'aller casser du roastbeef, non non, mais bel et bien pour avoir mis un glaçon dans son rosé d'Anjou tandis qu'elle chevauchait en direction d'Orléans. Souvenez-vous en cet été lorsque vous prendrez l'apéro à l'ombre des pins parasols ! Le seul fait justificatif qui puisse être toléré afin d'épargner le malfrat serait que le breuvage fut non pas un Crozes Hermitage mais une innomable piquette à papi comme il en existe hélas, qui fasse tomber les dents et provoque une crise d'épyllepsie rien qu'en touchant le bouchon. Je ne vois pas d'autre hypothèse. Car mettre de l'eau dans du vin relève à peu près du même degré de sacrilège que manger de la langouste avec du ketchup, du foie gras froid avec du pain de mie industriel qui colle aux dents, du rôti de veau avec de la gelée de menthe (oups... zut, ça va pas plaire à nos amis fidèles sujets de sa Majesté ça... je vais encore perdre des lecteurs, tant pis, osons les vérités qui fâchent ! ) ou encore de faire une béchamel avec de la Maïzena™ (maman si tu me lis...^^).

    Mais alors, si mettre de l'eau dans son vin est un tel affront au bon goût, pourquoi diable la langue française a-t-elle fait sienne cette expression déplorable ?

    Quelques recherches m'ont permis de découvrir que l'expression "mettre de l'eau dans son vin" est employée assez tardivement. En 1646, Fleury de Bellingen dans son "Étymologie ou explication des proverbes français" donnait la signification suivante : "modérer ses passions comme la chaleur excessive du vin est tempérée par le meslange de l'eau". Dès lors, mettre de l'eau dans son vin doit permettre de boire le nectar au bouquet un peu trop développé, et ce quelque soit son degré d'imbuvabilité, par la dilution nécessaire de son caractère par trop extraverti. Car il faut se rappeler que pendant longtemps le vin devait être une sacrée mixture dans laquelle les vignerons faisaient macérer toute une variété d'herbes les plus invraisemblables sensées lui procurer diverses vertus digestives et organoleptiques qui devaient davantage le faire ressembler à un onguent pharmaceutique qu'à une boisson de table... Bonjour la sensation aromatique ! Mais revenons à nos moutons...

    Corollairement à la goutte d'eau coupablement versée dans mon verre de Côte du Rhône, point à mon esprit un autre adage populaire dont j'ai fait le titre de ce billet : "In vino veritas".
    L'explication sémantique consiste à reconnaître fort logiquement que les langues ont généralement tendance à se délier au fur et à mesure que les esprits s'égayent, tandis que les bouteilles se vident. C'est bien connu l'alcool peut rendre bavard ce qui est d'ailleurs bien commode pour draguer en boite... Hu hu ^^
    Continuons l'analyse un tout petit peu plus loin en tentant une expérience inédite : la lecture croisée de ces deux expressions. Vous z'allez voir ce n'est rien de bien extraordinaire mais j'avoue ma petite fierté de cette découverte.
    Si le vin est vérité, alors mettre de l'eau dans son vin revient à diluer la vérité, donc à la flouter, à la rendre moins perceptible, à la masquer en tout ou partie. C'est donc (admirez la pirouette) qu'à l'instar de tout vin qui n'est pas bon à boire, que toute vérité n'est pas bonne à dire...
    Pas mal hein ?

    Or croyez moi, de l'eau j'en ai mis dans mon vin plus qu'il n'y a d'eau dans la mer ! Aujourd'hui à force de déployer des trésors de bienséance et de souplesse verbale pour faire comprendre à quelqu'un ce que j'avais à lui reprocher, j'ai cru me transformer en homéopathe. J'ai du frôler le CH 1000 sans que cela produise le moindre soupçon de réaction dans sa petite tête ! J'ai finalement envoyé paître la galanterie et lui dire ses quatre vérités sans aucune forme de style, outre l'efficacité immédiate du procédé ma fois peu urbain, cela fait un bien fou !
    Comme quoi, mettre de l'eau dans son vin, au propre comme au figuré, conduit souvent à faire choux blanc !

    4 avril 2009

    Comics académie

    5 commentairess
    Alors que je cherchais une alternative à un jeu proposé par Matoo il y a quelques temps déjà, les hasards du surfage sur le net m'ont conduit vers le site stripgenerator.
    Stripgenerator est un générateur de BD dans le style Comics en noir et blanc comme on peut en trouver dans les journaux et bédézines. L'interface est très simple d'utilisation, propose toute une panoplie de personnages humains et non-humains, des animaux, objets accessoires et autres éléments de décors de tous genres, tous redimensionnables et rotationnables, ainsi que les indispensables phylactères qui permettent en quelques clics d'obtenir un résultat plutôt sympa. Les fonctions d'éditions sont assez réduites mais finalement l'essentiel y est : positionnement relatif des plans, annulation, réduction de la largeur des cases, ajout d'une nouvelle, copie conforme entre cases. Le seul regret serait peut être que l'on ne puisse pas avoir d'interaction avancée sur les personnages, comme la possibilité de modifier leur expression. Mais ma foi, cette contrainte graphique amène à un minimalisme finalement plutôt bienvenu qui contribue à donner un look très typé à son oeuvre.

    Pour un premier essai je suis assez content de moi.
    Le plus dur, c'est de trouver l'inspiration.


    A vous !

    3 avril 2009

    10 petites choses

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    En vrac 10 petites choses que je n'aime pas dans la journée qui vient s'écouler :

    1/ Je n'aime pas les gens qui rient bêtement et sans raison quand on leur parle sérieusement, surtout lorsque ce sont eux qui sont viennent me trouver.

    2/ Je n'aime pas les gens qui me disent que je fais plus vieux que mon âge.

    3/ Je n'aime pas le bruit insupportable que fait ma secrétaire lorsqu'elle déglutit. J'ai beau savoir que ce n'est pas sa faute, qu'elle n'y peut rien, la vision organique que ce bruissement suggère me soulève le coeur.

    4/ Je n'aime pas lorsque la Directrice du Centre de recherche où je travaille le vendredi matin se met en mode "hérisson sauvage" qui grogne et fait un caca nerveux pour des queues de cerise avec une mauvaise foi à couper au couteau.

    5/ Je n'aime pas perdre aux jeux vidéos surtout lorsqu'il est manifeste que la machine triche sans scrupule.

    6/ Je n'aime pas avoir encore faim en sortant de table et être obligé de me refaire à manger juste après.

    7/ Je n'aime pas donner l'impression que je ne fous rien alors que je croule sous le travail en ne rendant pas à temps un travail demandé.

    8/ Je n'aime pas les émissions à la télé qui prennent les téléspectateurs pour des dindes écervelées. Et je dois dire que globalement ce soir c'était du Label Rouge élevé au grain !

    9/ Je n'aime pas lorsque les piles de la télécommande ne marchent plus. Non seulement je ne peux plus changer de chaîne sans me lever mais surtout je vais devoir en racheter des neuves, ce qui risque de prendre plusieurs mois.

    10/ Je n'aime pas lorsque les utilisateurs de VélÔToulouse (je m'y ferai jamais) ne signalent pas un dysfonctionnement en retournant la selle et qu'on se retrouve à devoir en changer parce que ce n'est qu'une fois monté dessus qu'on s'aperçoit que le cycle est hors d'usage, perdant ainsi des minutes précieuses, surtout lorsqu'on est à la bourre le matin.

    2 avril 2009

    Théorie du boulet

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    Ce soir j'ai eu le plaisir d'accueillir Nadia, ma copine psychiatre, qui a réussi à s'inviter à la maison, trop feignasse pour se faire à manger toute seule. Au départ elle voulait tout simplement que nous allions dîner par là en ville mais j'ai eu la faiblesse de la convier à la maison, pour un repas fond du frigo agrémenté d'une conversation des plus passionnante sur les systèmes psychiques et autres méandres freudiens du subconscient, avec ça et là quelques déclinaisons un peu plus débridées.

    A l'issue d'un repas frugal arrosé d'une bonne bouteille de côtes du Rhône de fort bon aloi, nous avons eu un trait de conversation sur notre vie sentimentale, nos diverses relations, qui nous a beaucoup fait rire, dont voici la retranscription à peu près fidèle (dans les grands lignes du moins) :
    Elle - Oué, en fait je suis assez exigeante avec mes relations. Je me rends compte que l'humour c'est vachement important. Ca montre qu'on partage tout un univers en commun, qu'on a plein de valeurs communes...

    Moi - C'est vrai, je suis un peu pareil. Avoir le même humour ça montre qu'on a la même intelligence des choses, au sens de intelligo, comprendre. En fait jamais je pourrai sortir avec un mec qui ne s'intéresse à rien, qui n'a aucune curiosité, avec qui je ne partage aucune curiosité intellectuelle.

    Elle - Oué, le genre que même les cafards lui passent au dessus (rires). Limite t'as honte de le présenter à tes potes... Mais de toutes façons tu sais dans quel genre de relation tu t'engages avec ce genre de personne. C'est uniquement pour le cul...


    Moi - Oui, c'est un peu le concept du fuck-friend. T'en as que tu peux montrer, les autres tu les planques dans un placard.

    Elle - En fait c'est ça. On sait pourquoi on se voit....


    Moi - Oué... Alors qu'il y a des mecs ben tu sais même pas pourquoi tu continues à les voir. Donc un mec avec qui tu partages rien sauf la baise c'est un fuck-friend. Et si en plus il est totalement hétéro ou trop moche pour être baisable, c'est ce qu'on appelle un boulet !


    Et voilà, j'ai enfin théorisé le fameux boulet, cette espèce de leitmotiv existentiel qui s'attache à nous comme une moule à son bouchot !

    (intérêt intellectuel zéro) + (intérêt sexuel zéro) = boulet ! smileys Forum

    29 mars 2009

    Gran Torino

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    Walt Kowalski a fait le Vietnam où il a goûté à la saveur douçâtre de la mort. Il habite une maison dans un quartier résidentiel peu à peu investi par les "faces de citron" comme il les appelle. Walt déteste les niakoués et tout ce qui n'est pas Américain en général. Il n'apprécie pas son fils, commercial pour une firme automobile Japonaise, et c'est d'un regard dédaigneux qu'il l'observe reprendre la route au soir de l'enterrement de son épouse. En voiture Japonaise, son fils ! Alors que lui a fait la guerre aux jaunes avant de bosser comme un dingue pour Ford le reste de sa vie...
    Quelle ne sera pas sa rage lorsque, le même jour le petit Thao viendra frapper à la porte pour demander des câbles électriques... De son grognement d'ours aigri, Walt congédiera "tête de nem" sans ménagement, avant de retourner morigéner parmi sa famille abhorrée. Car Walt n'aime personne si ce n'est son vieux chien à moitié sourd, son M-1 toujours prêt à servir, et son vieux pote Italien le coiffeur, avec qui il aime plaisanter en s'envoyant les pires saloperies du monde en pleine figure en guise de formule de politesse.
    La vie de Walt aurait ainsi suivre son cours, de grognements haineux en regards noirs à la vieille folle qui l'insulte dans un dialecte Hmong depuis son perron, échanges de courtoisie ponctués de quelques bières, le Stars and Stripes toujours en étendard au seuil de la porte, si, poussé par son cousin, Thao n'avait tenté de lui voler la belle Ford Gran Torino précieusement conservée dans le garage. Pris sur la main dans le sac, Thao parvient à s'enfuir mais échoue du même coup à l'initiation à laquelle il était pourtant sommé de réussir afin de devenir, comme son grand cousin, un homme, un vrai, un qui se bat avec des armes et rode en grosse bagnole, un de ceux que l'on craint et que l'on respecte. Un du gang. Cet incident qui aurait pu être funeste va pourtant être le point de départ d'une vraie rencontre entre le vieux rustre et le vaurien raté.
    Car Thao n'est pas un sauvageon. Derrière ses airs de poupon timide qui n'ose pas parler aux filles se cache un ado intelligent et débrouillard qui refuse la facilité de la délinquance, ce dont son grand cousin et sa clique de gangsters mal lunés lui tiendra d'ailleurs une féroce rigueur.

    Un américain nationaliste, raciste, bourré de préjugés, replié sur lui même, installé dans un quartier accaparé par l'envahisseur jaune, dont les alentours sont aux mains des gangs blacks, latinos et asiatiques, sans compter ce foutu cureton qui tient absolument à lui extorquer une confession, c'est à peu près ainsi que commence Gran Torino, le dernier film de Clint Eastwood où je me suis docilement laissé traîner hier soir. Nous est dépeinte une Amérique cosmopolite, le fameux "melting pot" dans lequel la mayonnaise ne prend pas : les gens se supportent, se côtoient, sans se mélanger, chacun chez soi. Les quartiers sont ghettoïsés, il ne fait pas bon sortir du territoire dans lequel chaque ethnie se trouve circonscrite de fait. C'est aussi une Amérique des armes ceinturée par le deuxième amendement de la Constitution, une Amérique où la violence est chose banale, la seule façon d'exister aux yeux de certains, la seule façon d'assurer sa propre sécurité pour d'autres. Vision pessimiste s'il en est ! On n'échappe pas à certains clichés, notamment celui du tailleur juif, mais cela reste très anecdotique et n'altère en rien la superbe réalisation dont bénéficie le dernier opus de papi Eastwood.
    Pourtant au milieu de tout ce marasme, une ligne d'espoir se dessine : il semble possible de s'entendre, à condition d'ouvrir ses oreilles, d'ouvrir son coeur et de passer outre ses préjugés. C'est le défi auquel Walt sera bientôt confronté quoiqu'il n'en ait pas la moindre envie, engoncés dans ses réflexes d'ancien soldat du Vietnam.

    Contrairement aux apparences, Gran Torino n'est pas - et il s'en faut de beaucoup - un film austère, lourd et pesant de bout en bout comme avait pu l'être Mystic River sorti en 2003. Bien au contraire, ce film est vraiment drôle. Non pas en raison d'un bouffon comique de situation, on n'est pas dans du Defunès, mais par ses dialogues absolument savoureux qui font mouche à tous les coups. On dirait presque du Audiard et l'on rit vraiment souvent, parfois à gorge déployée, sans aucune concession à la facilité. Clint Eastwood parvient à faire du personnage de Walt Kowalski un personnage totalement rugueux tant du point de vue psychologique que physique, bougon à l'extrême, à la limite de la caricature, sans pourtant tomber dans le piège d'une indigeste parodie burlesque, et dont chaque réplique est gorgée d'une dose d'humour savamment distillée, révélant peu à peu un homme au grand coeur derrière le masque du vétéran acrimonieux. Peut être ne faut-il y voir que la politesse du désespoir ou la force tranquille de ceux que plus rien n'impressionne, désabusés par la condition humaine. Du grand art pour un magnifique acteur, à voir absolument !

    28 mars 2009

    Requiem

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    Voici près de un an et demi que Fred et Emma m'avaient offert le DVD du film Requiem For A Dream que j'avais entreposé sur un coin de ma bibliothèque en attendant un moment propice pour le regarder. Quoique sorti en salle en 2001, cette oeuvre de Darren Aronofski fait partie de la formidable liste des indispensables du cinéma que je n'avais toujours pas vus à ce jour.
    Hier soir j'avais initialement prévu d'aller écouter le Requiem de Maurice Duruflé à Saint Sernin mais un coup de fatigue vespérale doublé d'une crise de procrastination aiguë m'a fait préférer le confort douillet de mon canapé et d'une bonne couverture à la rudesse des bancs de la frigorifique Basilique, troquant un Requiem pour un autre.

    Pour resituer l'histoire, Harry Goldfarb, son pote Tylor et Marion sa petite amie, passent leurs journées à se shooter et à dealer. Pendant ce temps, Sara, la mère de Harry, se drogue à grands coup de télévision, espérant un jour passer de l'autre coté de l'écran, jusqu'au jour où elle reçoit ce fameux courrier pour participer à son émission favorite.
    Les uns et les autres l'ignorent encore mais leur addiction va insensiblement les entraîner vers une inexorable descente aux enfers, reléguant leurs rêves au rang d'utopie.

    Hé bien mes amis, quelle claque !! Je ne sais trop quoi dire de plus tant j'ai été soufflé... Pour tout dire, lorsqu'est arrivé le générique de fin, l'envie d'appuyer sur le bouton "replay" m'a férocement brûlé les doigts et c'est uniquement l'heure avancée qui m'a contraint à renoncer. Encore maintenant des images du film se bousculent dans mon esprit chamboulé.

    Le scénario n'a en soi rien de bien original et pourtant il se dégage de ce film une force prodigieuse. Rythmé par un montage extrêmement dynamique parfois proche du clip vidéo (mama mia : les séquences totalement hallucinatoires qui scandent chaque défonce !), une bande son du tonnerre, des acteurs très justes (avec une mention spéciale pour Ellen Burstyn qui interprète l'incroyable Sara et sa déchéance dans la folie la plus pure), les jeux de lumières et le travail sur la couleur qui mettent magnifiquement en valeur les différentes ambiances très contrastées de ce petit bijou.

    Quoique n'ayant aucune légitimité en la matière, je ne saurais néanmoins que vous encourager à découvrir pour les uns, et à revoir pour les autres, ce film totalement culte.

    26 mars 2009

    Joe le taxi

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    Une petite anecdote qui m'est arrivée l'autre matin en allant bosser.

    Mardi matin, sur le chemin de l'Insigne Institution Toulousaine qui m'exploite m'emploie depuis bientôt 2 ans, je chevauchais hardiment mon Vélib VélôToulouse (putain, que c'est moche ce nom ! Il faudrait empaler le responsable en place publique), empruntant comme d'habitude un raccourci de la place Arnaud Bernard.

    Pédalant avec entrain, je ralentis modérément mais m'engage sur le rond-point qui ponctue ma course lorsque de ma gauche surgit un taxi qui me klaxonne abondamment, me coupe la route, incongruité à laquelle - un brin courroucé - je réponds aussitôt par une énergique diatribe toulousaine dont la distinction et le raffinement furent inversement proportionnelles à la longueur.

    Le taxi s'arrête, la fenêtre baissée... il a parfaitement compris de quels noms d'oiseaux je l'avais accoutré et semble n'avoir que passablement apprécié cette leçon d'ornithologie matinale.

    Contraint de passer à coté de lui pour continuer ma route, je m'avance sûr de mon bon droit, prêt à en découdre si de besoin.

    La conversation s'engage :
    - Et alors ???!!
    - Bin quoi et alors ?? Et la priorité à droite z'en faites quoi ?!!
    - Et toi, tu l'as pas vu le panneau cédez-le-passage ?
    - . . . . "
    Je me retourne et : il y avait bien un cédez-le-passage...

    Taxi 1 - Tambour Major 0

    Et dire que la veille j'avais regardé une émission qui parlait du non respect des régles élémentaires du Code de la Route par les cyclistes. Je m'entends encore penser - tout péteux que je suis - : "Rhoooo, y'a d'ces cons !" smileys Forum
    Au vu de ma réaction - un très joli teint écarlate - Joe n'attendit pas son reste, ayant visiblement mieux à faire, m'assénant un dernier coup de pique : " et la prochaine fois tu dis pas connard " redémarrant dans un vrombissement triomphant.

    Taxi 2 - Tambour Major 0
    smileys Forum