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  • L'Oiseau Bleu
  • 26 mars 2011

    Lui

    Il déferlât chez moi aussi soudainement que ne se lève le vent d'été. Il y avait d'abord eu ce bref coup de fil impromptu : "Salut je suis dans le coin, je peux passer ?", puis ce coup de sonnette qui retentit dans le silence du matin. Et presque aussitôt après il était là.

    A peine avais-je entrouvert la porte qu'il entrait, drainant dans son sillage sa tourbillonnante fraîcheur, m'enserrait dans ses bras d'une chaleureuse et virile accolade, et m'embrassait sur les joues. Le temps que je referme le verrou derrière lui, il avait déjà pris place dans le canapé, défait ses chaussures et allongé une jambe sur la table basse encombrée de livres à moitié lus.

    Je préparais une théière à la hâte tout en écoutant le flot continu de paroles qui emplissait soudain l'appartement d'ordinaire si calme. Sans que je ne lui eusse rien demandé il se mit à me raconter avec toute la naïveté de grand gamin que je lui connaissais son dernier voyage en Angleterre, son stage dans cette association dont il croyait m'avoir parlé le mois passé, ses amours vacantes, ses amis... Chaque phrase était articulée avec nonchalance, juste assez pour qu'elle fut comprise, et se terminait invariablement par un accent mélodique descendant qui trahissait des origines à peine voilées. J'ai toujours aimé sa voix, très calme même lorsqu'elle s'animait, grave, intense et douce, pleine de candeur et paradoxalement assez peu timbrée quoique sonore.

    M'asseyant à ses côtés je nous servis à chacun une tasse de thé brûlant dont l'odeur tannique envahit aussitôt la pièce. Il but une première gorgée bruyamment, esquissât une légère grimace sous le coup de la chaleur, et reposa sa tasse avant de se pencher et d'ajouter deux cuillerées de sucre. Je l'observais dans la clarté du matin, le trouvais minci, un peu plus mûr aussi. Volubile, il m'assaillait de questions auxquelles il me laissait à peine le temps de répondre. Il n'avait pas changé. Je contemplais son visage, son sourire, l'épaisseur sensuelle de ses lèvres, la façon si particulière qu'il avait de s'asseoir en tailleur, la présence incroyable qu'il dégageait. Et son regard faussement juvénile toujours empli de cette malice propre aux esprits vifs, me rappelait combien avaient été délicieux tout ces moments que jadis nous passâmes ensemble.

    Mais regardant soudain l'heure affichée par son téléphone il se lève précipitamment, m'embrasse, un dernier sourire, un dernier regard à travers l'embrasure de la porte qui se referme. "Au revoir". Et soudain le silence.

    Il est reparti aussi subitement qu'il n'était arrivé quelques instants plus tôt, telle une bourrasque paisible, ne laissant derrière lui que des éclats de joie parsemant l'atmosphère enivrée de soleil ; son odeur, et cette tasse à moitié vide sur la table basse.

    22 commentaires:

    1. Quoi !!! C'est tout ?
      Tu commence à faire monter la pression, on commence à imaginer qu'il va se passer un de ces moments inoubliables, qu'on vous ressert à chaque occasion du genre "Tu te souviens le jour où tu as explosé ma tasse à thé ?".
      (T'allais quand même pas croire que je commençais à bander !)
      Et puis rien !
      P'tain, j'ai faim !
      Va falloir que j'ailles écrire une connerie, sinon je vais rester frustré toute la journée.
      Bisoux

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    2. Ce sont des jolies retrouvailles d'un passé visiblement sans rancune ni animosité, c'est beau. Maintenant, est-ce que les ex ont vocation à revenir... ?

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    3. Ben ... tu vois ! Ça revient vite le 'plaisir des mots' !
      :)
      Bonne journée TM !

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    4. J'ai même senti cette odeur de thé !
      C'est quoi, déjà ?
      ...

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    5. Toujours un peu amoureux?

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    6. Et IL n'a pas proposé de faire la vaisselle en partant ???

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    7. A short walk down memory lane ?

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    8. on croirait que son passage fut un joli rêve.

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    9. Qui est-il, ce "Lui" qui n'entraîne visiblement pas que ton appart dans son tourbillon... ?

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    10. J'aurais bien dit "Oh qu'il est mignon !!" mais c'est si joliment écrit que je suis en panne de connerie :-)

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    11. C'est magnifique comme texte, c'est un fait réel?

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    12. Alors, tu as fini sa tasse de thé pour "profiter" encore un peu ??^^

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    13. Joli billet.
      Mais pourquoi donc ces passé-simples transformés en subjonctifs ?
      Vous voulez imiter le "président" ?
      ;o)

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    14. @ Maxivirus : Navré mais t'es à coté de la plaque sur ce coup là.

      @ Un autre Fred : C'est une fiction.

      @ Gildan : Ben oué, c'est revenu comme ça, d'un coup d'un seul.

      @ Nicolas : Certains souvenirs sont encore présents...

      @ PascalR : J'ai un lavevaisselle qui s'en serait chargé ;)

      @ Eric : A fiction based on real events.

      @ Joss : Son passage ne fut rien d'autre, en réalité.

      @ Ek91 : Quelqu'un à qui je pense encore, parfois...

      @ Nekkonezumi : Toi en panne ? Il doit être costaud ton rhume !

      @ Guillaume : Non non, pas un fait réel. Des souvenirs emmêlés mis en forme.

      @ Nigloo : Pas du tout. Je ne finis pas les fonds de verre.

      @ S./ Gay Cultes : C'est ce qu'on appelle la concordence des temps ;)

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    15. Ce mec ne t'est pas indifférent, j'imagine que c'est un ex et qu'il y a toujours entre vous une attirance indélébile qu'on ne s'avoue pas entre ex d'où cette sensation bizarre après son passage... je connais cette sensation. bises

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    16. Très joli service à thé, en tout cas. Il n'a même pas eu le temps d'en profiter...

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    17. C'est une fiction ??? Etrange j'en connais un comme ça et ces temps derniers il est un peu dans ce trip je passe ... j'imagine de garçon est jeune ils sont comme ca alors de quoi etre enervé mais bon c'est la vie Tres beau billet ca donne des idées ...

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    18. Joli texte. Parfois la fiction permet d'exprimer des sentiments, des souvenirs que l'on n'oserait pas aborder dans la crudité de leur réalité.

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    19. Fiction ou pas, vous avez bien rendu un de ces instants qui sont effectivement et durablement précieux...

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    20. @ Anthonygay : Tu devines bien.

      @ Lemodrop : Peut-être reviendra-t-il ?

      @ Glimpse : Mici :)

      @ Stephan : Je le décris tel que mes souvenirs me le permettent. Il a du un peu changer, depuis trois ans.

      @ François : L'écriture est une thérapie, aussi. Ou avant tout, je ne sais pas très bien.

      @ Dima : Précieux, mais peut-être douloureux en fin de compte.

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    21. Je me demandais comment deviner qu'il s'agissait d'une fiction. Certainement le tag "plaisir des mots". Plaisir partagé en tout cas...

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