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  • 9 octobre 2007

    Société Générale (pas de la pub !)

     Bien étrange soirée que celle d'hier soir... mais j'ai adoré !

    C'est l'histoire d'un mec qui est contacté en catastrophe à j-7 pour assurer un gros concert orgue et orchestre à la Basilique St Sernin parceque l'organiste initialement programmé est à la rue et "ne retrouve plus ses doigtés" (on a rarement trouvé un argument aussi nase... passons).

    Et ce mec m'appelle pour faire son caliméro "aaaargh ... tu te rends compte ?? Monter le concerto pour orgue de Poulenc en 1 semaine à St Sernin avec juste 1 journée de répétition...!! C'est de la folie pure !". Oui, c'est de la folie pure. Mais quant on connait tout le talent de Mister Wood et sa rare pugnacité face aux défis les plus invraisemblables, et sachant en outre qu'il avait déjà donné le fameux (et magnifique) concerto de l'ami Francis voici déjà 3 ans, l'impossible prenait des reflets de potentiellement réalisable.

    Hier, lundi 8 octobre, 18h30, la répétition générale commence. En bas, une partition entre les mains, armé d'un crayon, les charentaises à l'affut, j'écoute et scrute les équilibres. Oui, c'est une étape plus que nécessaire quant on sait la puissance étourdissante de l'orgue de St Sernin qui peut écraser à lui seul l'orchestre du capitole en jouant sur un simple bourdon... (j'exagère à peine). Je prends quelques notes ; rien de bien méchant à corriger : supprimer la bombarde 32' par ici, ouvir la boite par là, dégraisser légèrement le grand orgue sur 4 ou 5 mesures... La répétition s'achève, je sais où se trouvent les points faibles des interprètes et les endroits où il faudra être indulgent (le fameux accelerrando !!)

    Après nous être réfugiés au St Sernin avec Stéphane, Matthieu, J.B. et Octavian - de passage à Toulouse pour une série de 2 concerts - et  avoir ingurgité pour ma part un rapide et passablement médiocre cassoulet réchauffé au micro-ondes (facturé 8 €... ahem...), je m'installe avec Octavian sur les inconfortables bancs de l'insigne Basilique. Nous arrivons tout juste à 20h30. La Basilique est pleine à craquer. il faut préciser à ce stade que tout un coté des bancs (soit exactement la moitié) a été réservé pour la Société Générale et ses clients/responsables/et tout ce qu'elle peut comporter comme nantis et planqués de toutes sortes. Bien grand mal leur en aura pris !!

    Au programme : du Vivaldi (concerto en Mi), du Poulenc (concerto pour orgue en Sol), et un Requiem de Colliard en création, pour 2 voix, orchestre à cordes et harpe. Vivaldi restera toujours Vivaldi : de la fraîcheur, de l'inventivité, du ryhtme, du tonus, de la gaieté... Poulenc restera toujours Poulenc : l'esprit français, de la poésie, de l'humour, des harmonies d'une beauté indicible, des mélodies d'une simplicité rustique mais dotées d'une élégance toute particulière... 

    Quant au Requiem... ben... comment dire...? J'ai bien apprécié un timide accord de sol majeur au début du dernier tiers de l'oeuvre (une coquille dans cet univers de dissonances ?) et surtout le silence de 2 secondes qui a suivi l'accord final (au delà de 47 sons, peut on encore appeler ça un accord ?). Et si c'est avec ce genre de prestation que l'on désire réconcilier le public avec la musique contemporaine... je pense qu'on n'est pas encore arrivés !! Fallait voir les têtes totalement dépitées... terrible. Autre signe révélateur : l'absence totale d'ovation (contrairement au concerto de Poulenc qui a littéralement fait un triomphe) mais bien une église qui se vide sans se faire prier ni demander son reste.

    Ce n'était là, mais je l'ignorai à ce moment précis, que la première mi-temps de la soirée. Le meilleur était à venir, et j'avoue que la S.G. a bien fait son boulot pour réconforter ses petit protégés.

    Quelques ruelles plus loin, dans l'ancienne et splendide chapelle des Carmélites, se tenait une petit sauterie du meilleur goût réunissant tout le gratin toulousain et Société Généralisain (mwé, ça existe pas comme mot... m'en fout !). Là, champagne à l'oeil, petits fours tous plus exquis les uns que les autres, fromages, mini-brochettes alla niponne avec une ribambelle de sauces étranges mais rudement bonnes, petits gâteaux... servis dans un superbe écrin de polychromie boisée (si vous connaissez pas " l’intégralité de la voûte et des murs de la chapelle des Carmélites est recouverte de peintures à l’huile créant des trompe-l’œil baroques d’un caractère exceptionnel. 


    Ils sont dus en partie au peintre Jean-Pierre Rivals, qui s’inspira au XVIIe siècle de la chapelle Sixtine en reprenant des figures allégoriques de Vertus. Son successeur Jean-Baptiste Despax acheva cette œuvre considérée comme l’un des chef d’œuvre de la peinture toulousaine du XVIIIe siècle" dixit le site de la Mairie de Toulouse). Tout ça dans une foire de gens encostumés qui font mine de s'ignorer et pavanent hautainement en se donnant de l'importance. 

    Revêtu de mon costume gris et beau comme un ambassadeur (oué ! si j'veux me lancer des fleurs, je le fais... et toc !), je paradais au milieu de tout ce petit monde accorte et courtois comme il se doit en pareilles occasions, échangeant quelques banalités autour d'un couteau à fromage. C'est dingue comme les masques peuvent tomber lorsqu'il s'agit de bouffe. On est bien tous les mêmes, d'autant que ce gentil monde avait bien besoin de se remonter après les agonies du Requiem infligé quelques instants auparavant. Je vais et viens d'un buffet à l'autre, un morceau de fromage par ici, un beignet de crevette par là, un verre de champagne au détour d'une mini-coupelle de cassoulet (si !! ), retrouve Francine et Patrice avec qui je tcharre un peu, dévergonde Matthieu qui s'empresse de massacrer un bloc de bleu d'Auvergne, trinque avec François ... la zénitude totale.

    Finalement, ça a du bon le gratin, surtout quant on passe totalement inaperçu et que l'on regarde de l'extérieur, même si j'avoue m'être pris au jeu.

    Quelques verres de champagne plus loin (combien au juste... ? 5 ? 6 ? Me souviens plus !!) et repus à satiété, notre fine équipe prit le chemin du retour tandis que les serveurs finissaient de nettoyer la chapelle. Il pleut. On se sépare au coin de la rue du Sénéchal sous une pluie battante. Je sens que mon pas n'est pas des plus sûrs... tant pis !

    A quand le prochain ?

    3 commentaires:

    1. Ahhh ! Et c\'est toi que j\'ai choisi comme parrain pour mon fils ! Bon, ben tant pis, c\'est fait, c\'est fait ! :-)
      Bon, je tiens à préciser que je suis pas entièrement en désaccord avec toi sur certains points, et notamment celui-ci : le cassoulet du Café St Sernin n\'est pas du cassoulet (j\'ai eu droit au même repas que toi, sauf qu\'il m\'a été payé par Luc Antonini himself la semaine dernière... donc il avait déjà meilleur goût). C\'est une boite (de la marque Belle chaurienne, c\'est précisé en petit en dessous), donc ami qui vient de lire ces quelques lignes, un conseil : devant cette brasserie, passe ton chemin !!
      En ce qui concerne Colliard et son Requiem, Mylène qui était elle aussi présente me disait, contrairement à toi, que ce qui restait le plus génant (et j\'irais personnellement jusqu\'à vulgaire) était bien l\'accord de Sol Majeur, qui n\'a rien à foutre dans un langage contemporain. A vouloir ménager la chèvre et le chou, on rase tout le monde, mais tout cela n\'avait de contemporain que l\'époque. Et vu ce que j\'ai cru comprendre de ta réaction, je pense qu\'effectivement la vrai musique contemporaine pour toi ne serait que pire (je pense notamment à ton accord de 47 sons, tu peux pas dire à un admirateur de Volumina de Ligeti ou d\'Organum III de Darasse que les clusters intégraux à tous les claviers ne son pas intéressants. C\'est un parti pris esthétique que certains savent manier, t\'aime ou t\'aime pas, c\'est ton problème, mais à son époque, personne ne comprenait rien à Beethoven, et aujourd\'hui toute la Société Générale est persuadée que c\'est un génie).
      Je suis d\'accord avec toi, c\'est pas en mélangeant pèle-mèle musique tonale et atonale qu\'on réconciliera le public avec la musique contemporaine... Je te donne donc un dernier conseil. Ce soir pour Toulouse les Orgues, il y a Octavian qui se produit à St Pierre dans une composition de Florent, mais également dans Choral\'s Dream d\'Escaich : surtout ne vient pas ! Tu vas t\'éviter de l\'urticaire (moi j\'ai pas le choix il faut que j\'y sois pour registrer, mais j\'ai déjà des boutons !)...
       
      Et voilou !

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    2. C\'est terrible comme certaines personnes s\'évertuent à ne rien comprendre à ce qui est pourtant énoncé clairement...
      1/ je n\'ai jamais dit que le cassoulet du St Sernin était du cassoulet, encore moins qu\'il était bon.
      2/ je n\'ai jamais dit que le fameux accord de sol majeur était à sa place, j\'ai simplement écrit que c\'était peut être la chose la moins désagréable de l\'oeuvre, ce qui n\'est pas pareil. Mylène et moi étions totalement d\'accord sur ce point à l\'issue du concert. Tes informations sont parcellaires mon cher, et tu en tires des conclusions erronées.
      3/ quant aux partis pris esthétiques... nous n\'avons pas du tout les même conceptions musicales. Pour moi la forme n\'est pas une fin en soi ; la musique n\'est pas qu\'une histoire d\'arythmétique... nous ne nous entendrons jamais de toutes façons sur ce point.
      4/ Je crois surtout qu\'en délivrant au public une musique asceptisée, peut être intellectuellement passionnante, mais humainement vide, on n\'oeuvre pas dans le bon sens. C\'est mon avis et je le partage. Ré-écoute les oeuvres de J.L. Defontaines...
      5/ Si tu admires tant Organum III, tu n\'as qu\'à nous le jouer pour ton prix ! :-p

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    3. chimiste-méchant11 octobre 2007 à 13:35

      Pour avoir vécu une expérience assez similaire, et en sa compagnie d\'ailleurs, j\'ai une petite idée de ce que dût être ce fameux requiem. En effet, nous avions, il y a de ça quelques années déjà, souffert de concert, et en concert si j\'ose dire, à la création d\'un autre requiem par un autre compositeur éminemment contemporain, et tout à fait aussi imbuvable. Qu\'il y ait eu ou non d\'accord de sol majeur voire de do mineur dans cette oeuvre, ne m\'a personnellement pas marqué, noyé qu\'il eût été dans le reste du marigot sonore.
      Où veux-je en venir ?
      Outre mes condoléances à Tambour Major pour cette expérience malheureuse : une remarque de béotien.
      Le système tonal dont la musique a fait ses choux gras les siècles passés est un système comme les autres. Le système atonal aussi. Mais ce qui est rigolo, c\'est que les gens ne semblent pas pouvoir dissocier "atonalité" de "clusters", "Musique intellectuelle", "forme incompréhensible", "ziguiguis dans tous les coins du spectre sonore sans trop de rapports entre eux a priori, sinon à avoir fait la classe d\'harmonie du conservatoire", et autres clichés...
      Au demeurant, j\'aime beaucoup Volumina... Quant aux organums du père Darasse, je me suis toujours demandé si ce n\'était pas la plus fumeuse mystification musicale du XX° siècle, et j\'en connais de bien mieux placés que nous dans les études musicales qui ne sont pas loin de penser la même chose ! ;o)
      Enfin, ce malheureux accord de sol majeur... pourquoi lui en vouloir autant ? Atonalité, ça ne veut pas dire exclusion totale de toute forme appartenant au système tonal , non ? Sinon, c\'est un autre postulat : je m\'interdis tout ce qui ressemble de près ou de loin à un accord classé. Alors qu\'il tombât mal dans un oeuvre mal venue, je veux bien. mais qu\'on le persécute pour sa qualité d\'accord "tonal", c\'est quand même un délit de sale gueule !!

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