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  • 19 décembre 2008

    Comment chier dans les bois

    Cela fait un an que Méchant Chimiste m'avait offert ce bouquin au titre somptueusement prometteur : "Comment chier dans les bois", mais que par paresse et occupations diverses j'avais abandonné à lui même sur un coin de ma table de nuit, entre deux tomes du Guide du Voyageur Intergalactique, le prix Goncourt d'il y a deux ans, acheté mais toujours pas commencé - il n'en sera que meilleur – quelques japonaiseries.
    Après avoir ingéré diverses choses plus ou moins digestes, dont une profusion de Mangas à la réussite très variable, et tout récemment l'Evangile du Monstre en Spaghettis Volant qui a fait l'objet d'un billet ces dernières semaines, je me retrouvais nez à nez avec l'objet...
    "Comment chier dans les bois"... J'avoue que le sous-titre m'a tout d'abord intimidé : "Pour une approche environnementale d'un art perdu". Mwé mwé mwé...
    Deux hypothèses étaient envisageables. La première, pessimiste : il s'agit d'un bouquin trés écolo où on nous raconte qu'il faut pas chier n'importe où parce que ça fait mourrir les ours et les marmottes, que les citadins sont des gros nases, et que la nature nous fera tous périr... Bref, la loose, le bouquin chiant à s'arracher les yeux avec un cure-dent.
    La seconde : le bouquin est en fait une vaste farce dont le contenu n'a aucun rapport avec le titre, un peu à l'image de “L'Art de péter” (à lire absolument !), que j'avais offert de mon coté à Méchant Chimiste pour je ne sais plus quelle occasion, peut-être bien pour un nawouel d'ailleurs, tandis que j'avais offert à son Ptit Créole un bonnet péruvien porte bonheur. Mais là n'est pas la question.
    C'est donc pétri de doutes que, confortablement allongé dans mon lit douillet, j'ouvrais la couverture et commençais ma lecture.

    Je ne vais pas faire un résumé du livre, je me contenterai de quelques commentaires qui je l'espère vous donneront envie de lire ce bouquin car, oui, j'ai aimé !
    Kathleen Meyer, à qui l'on doit ce petit bijou scatologique, écrit avec une souplesse et un naturel tout à fait agréables. On a presque l'impression qu'elle est à coté de nous et nous raconte ses anecdotes : on l'entend rire, hésiter, hausser le ton, on la voit presque gesticuler pour mimer certaines situations pour le moins cocasses, on perçoit quasiment les inflexions de sa voix. D'ailleurs j'aimerai bien savoir quelle voix elle a vraiment. Je l'imagine volontiers parler rapidement, façon moulin à paroles, le timbre un peu haut placé et vaguement nasillard, mais avec détermination et une conviction qui emporte l'adhésion. Car quoique tout ceci ne soit que fantasme, le texte est toujours incisif et sans cesse en alerte. On ne s'ennuie jamais.

    Quant au fond, hé bien je dirai que c'est un savant mélange des deux hypothèses émises un peu plus haut. Le discours est clairement écolo : non, faut pas chier partout dans la nature parce que ça fait des milliers de mètres cubes de merde déversés chaque année et qui mettent un temps fou à se désagréger, sans compter les risques environnementaux que cela peut représenter... Hé oui on n'y pense jamais mais qui peut aujourd'hui bouffer des fruits tropicaux en Martinique pour ensuite aller en chier les graines en Corse et favoriser la propagation d'espèces non endémiques qui pourraient constituer une menace pour l'écosystème ...? Qui à part l'homo sapien sapiens...? (non Martin, les écureils ne le peuvent pas ^^). Pire encore que des graines : s'il s'agissait d'immondes parasites ? Hein ?? Hahaaa, on fait moins les malins hein ?
    Donc, une fois posée la trame générale des considération éco-protectrices, Kathleen entre dans le vif du sujet : comment chier dans les bois sans tout foutre en l'air. Car ce n'est pas donné à tout le monde... Et certaines situations défient l'imagination : savez-vous comment les alpinistes font caca ?? Hé bien oui, sachez le, ces funambules des hautes crêtes ne sont pas dispensés des préoccupations bassement matérielles de leur tube digestif : tout ce qui entre par un coté doit nécessairement ressortir par l'autre un jour ou l'autre ! Hé oui...  Il faut donc prévoir des systèmes pour éviter que les alpinistes ne se transforment en oiseaux peu avenants ! Déjà qu'une chiure de pigeon c'est cradingue, imaginez être oint un estron d'alpiniste x_x Outre les alpinistes, pensez aussi à des activités de pleine nature comme le Kayak, la rando à ski, voire les expéditions polaires... Bon, ok, c'est pas tous les quatre matins qu'on part randonner au pôle nord, mais tout de même la problématique est assez atypique pour mériter de s'y arrêter quelques instants. Et ce livre nous en donne la jouissive occasion !
    Vous apprendrez aussi qu'à volume égal un caca peut avoir une densité très variable ce qui n'est pas sans poser de difficultés lorsqu'il s'agit de ne rien laisser sur place et par voie de conséquence de tout ramener avec soi (si si...) : "Regarde chérie le beau bidon de caca que je t'ai ramené !!". Vous apprendrez aussi qu'il faut être extrêmement prudent lorsque l'on s'écarte du sentier pour aller faire ses petits besoins au risque de se faire mordre les fesses par une bête sauvage ou, pire encore, de rencontrer un Chukar, oiseau décrit par les guides naturalistes comme "un oiseau difficile à pister, qui peut épuiser un chasseur (...)".  Je ne vous priverai pas du plaisir de découvrir vous même cet oiseau, sûrement un des plus bêtes de la création, sa description totalement désopilante tellement j'ai ri lors de ce passage, ainsi que mille autres choses encore, dystillées avec un joli talent tout au long dles trop courtes 140 pages de cet opuscule à vous procurer sans plus tarder. Car outre la thématique écolo, il faut avouer que la lecture de ce bouquin procure la délicieuse et régressive jouissance de parler de caca, matière taboue s’il en est, avec laquelle certains d’entre vous ont peut être joué étant tout petits… (j’attends vos témoignages ^^)

    Sans vouloir paraphraser Louis-Ferdinand Céline, la merde a bel et bien de l’avenir ! A défaut d’en faire des discours, on en fait des bouquins. Un très bon bouquin en l’occurence !

    2 commentaires:

    1. Alors la fée "Calin" a laissé de la matière fécale, hein ? Et visiblement ça l\'a pas fait qu\'à Alain...Quant à Kathleen Meyer, si son patronyme est bien représentatif de son pays, j\'ai peur de te décevoir, mais il y a quand même une chance sur deux pour qu\'elle parle comme tous les américains, en bouffant la moitié de ses mots et en te répétant strictement (au mot et à l\'intonation près) la même phrase quand tu tentes par un "hein ?" interrogateur de lui faire comprendre que tu n\'as justement pas compris.Et enfin pour en terminer avec ces considérations de basse extraction, je te pose la question, et je te somme d\'y répondre au plus tôt : "Qui est champion du monde de chier dans les bois, sinon les écureuils ?" Hein ? Hein ? Ah, ah ! on fait moins le malin monsieur le décrieur de squirnitophiles (farpaitement, squirnitophile et si je veux j\'invente des mots pour défendre nos amis les écureuils !!)

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    2. Heureux que ce modeste présent de bon goût ait eu la grâce de te plaire ! ;o)

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