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  • 29 janvier 2010

    Crucified in Silence

    Séquence souvenirs aujourd'hui alors que je farfouillais dans les profils Facebook de quelques amis. L'un en particulier s'avéra une madeleine de Proust inattendue qui me replongea dans mes années adolescentes par la redécouverte de musiques qui me font toujours aussi vibrer. C'est bête la mémoire, comme on oublie ce qu'on a pu aimer.

    Dès mes 8 - 10 ans, imitant mes cousines plus âgées, j'écoutais un peu tout ce qui passait sur les ondes sans trop de discernement : Prince, Mickael Jackson, WAM puis Georges Michael, Boy Georges, Madonna, Cindy Lopers, Bananarama et leur clip (alors torridissime) Venus, et pléthore d'autres dont j'ai oublié le nom et dont l'univers ne se rappelle même pas l'existence. Cet éclectisme  précoce, à un âge où je me nourrissais encore de Dorothée et de Chantal Goya,  peut paraître étonnant mais m'a permis néanmoins de me forger assez  tôt, en ce qui concerne la variété - ma passion pour le classique a suivi d'autres voies - des goûts musicaux assez affirmé dont je m'aperçois aujourd'hui qu'ils n'ont par tellement varié.

    Un peu plus tard, ce devait être vers mes 12 ans,  quoiqu'étant tout gaminot, je fus profondément ému, ou plutôt dirais-je troublé, par certaines choses que j'entendis alors, et dont le trouble reste aujourd'hui intact. Le genre d'émotion dont je parle ne se cantonne pas au manichéen j'aime / j'aime pas qui présente au moins le mérite de permettre un premier tri par exclusion. Non. Là je parle du genre d'émotion qui vous prend durablement aux tripes, qui vous fascine jusqu'à l'hypnose, de quelque chose qui vous fait du bien sans que vous ne sachiez vraiment pourquoi et qui agit en vous comme de puissantes bouffées enivrantes de mélancolie. Car oui, je le suis à mes heures.

    Aussi loin que je me souvienne, ma première véritable expérience de ce type me fut procurée par le clip "Enjoy the silence" du groupe Depech Mode.


    Je ne sais pas vraiment ce qui me fascinait le plus. J'aimais beaucoup le clip ( dont l'original ne semble être disponible que sur sur cette page du site officiel du groupe) avec ce roi  vêtu de son manteau et de sa couronne, qui erre solitaire, au milieu de la nature immense et vide, à la recherche d'un absolu qu'il ne trouve pas. La musique avait à elle seule cet effet hypnotisant sûrement provoqué par le riff lancinant de la basse, ses rythmes syncopé des accords de guitare, et les sonorités aujourd'hui presque datées des synthés qui révolutionnaient alors la façon de faire de la musique, sonorités pourtant étonnamment riches,  puissamment chaleureuses, pleine de charme . Et la voix...
    Quant cet après midi je suis tombé par hasard chez mon pote sur la vidéo ci-dessus, j'ai bloqué, et l'ai écouté 4 ou 5 fois de suite, envoûté... C'est bon de retrouver la douceur d'émotions passées.

    Cette première bouffé de souvenirs m'a aussitôt fait penser à une autre chanson d'un tout autre genre, (quoique...), dont je m'étais abreuvé en son temps lorsque le clip passait en boucle à la télé, mais dont le titre persistait à m'échapper. Je songeais tout d'abord à un tube de Dave Stewart & The Spiritual Cowboys dont je me souviens parfaitement m'être entraîné, non sans difficulté, à retenir par coeur le nom étrange, alors que je ne balbutiais seulement quelques mots d'anglais. En fouillant un peu je tombe sur le titre très joli Jack's Talking qui m'est effectivement familier. Mais non, quoique mes souvenirs remontent de façon certaine à une période toute proche, voire la même période, ce n'est pas ça.

    J'avais en tête des images du  clip assez précises : ducs et duchesses, des beaux habits un peu baroques, et des gens qui marchent dans des couloirs en chantant, des éventails... En revanche je n'avais plus aucune idée de la mélodie, ci ce n'est des réminiscences d'un rythme plutôt entraînant qui avait du faire se trémousser les foules sur les dance floors.
    Et puis et puis, tout d'un coup, un mot refait surface perdu au milieu de quelques notes : crucified...  Je me précipite sur mon clavier et soudain le nom m'apparait enfin : il s'agit du titre Crucified du groupe improbable  Army Of Lovers. Nous sommes en 1991, j'avais 12/13 ans.

    Alors, soyons francs, j'ai kiffé, amusé autant qu'ému de cette retrouvaille. Mais disons qu'après l'avoir revu, je me rends compte avec le recul que je n'avais pas à l'époque,  que ce clip est plutôt .... heu... disons... carrément Queer ! 

    Jugez plutôt, beaucoup plus léger de Depech Mode, cela vous rappellera sûrement des choses à vous aussi :


    Mein Gott !!

    En fait, je trouve ce clip vraiment drôle, totalement excessif et décalé.  Je suis à chaque fois mort de rire par la séquence de la baignoire de 1:17 à 1:20 , que l'on revoit un peu plus loin.  C'est tellement... trop ! Et quoique la zique ne soit pas ce que l'on a fait de mieux dans l'histoire, bah je lui trouve un petit goût de reviens-y tout à fait plaisant.
    Totalement Gay quoi....
    12 / 13 ans... et déjà !
    Aaaaaaaillmeu crwooouuussifaaaaaïd, 
    crwooouuussifaaaaaïd...


    6 commentaires:

    1. Tu viens de me foutre un sacré coup de vieux... Douze ans en 1991, je présentais ma thèse.

      Army of lovers, ce n'est pas queer, c'est queerissimissime ;-) Et il n'y a pas que Crucified, ils ont commis d'autres perles du même acabit.

      Enjoy the silence... Cette chanson est attachée à des émotions très fortes, j'en ai les larmes aux yeux à chaque fois.
      Precious aussi d'ailleurs...

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    2. ahhhhhh enjoy the silence. sacrée chanson. J'ai un ami DJ qui m'a envoyé récemment un remix de ce fabuleux titre qui n'a absolument pas pris de rides, contrairement à nous.

      Bons choix musicaux, et joli article, qui nous remet en tête tous ces airs qui correspondent à tant de souvenirs.

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    3. @ Eric : Je suis en train de découvrir le reste de leur oeuvre sur Youtube. Mon dieu mon dieu mon dieu... Y'a de quoi de faire toute une parure ! Je vais me transformer en Priscilla...

      @ Fabisounours : Enjoy the silence est peut être l'une des rares chansons, avec un Horse with no name qui me fasse voyager autant que certains chefs d'oeuvres "classiques" que j'évoquais dans un autre billet... Elle a le rare don de m'émouvoir aux larmes.

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    4. Alors si tu veux quelques idées, c'est là, et puis là aussi.
      Pour le make up, L'Oreal, chéri chéri, tu le vaux bien :-)))
      PS : Ne sacrifie pas ta jolie toison pour l'occasion, ce serait dommage ;-P
      D'ailleurs Jean Pierre Barda assume très bien le mélange poils et frou-frous.

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    5. Pareil qu'Eric, je prends un coup de vieux. En 1991, j'étais déjà étudiant.

      J'ai toujours beaucoup aimé Depeche Mode, et comme beaucoup, leurs chansons me rappellent plein de souvenirs. Violator est le dernier vynil que j'ai acheté. :)

      Si tu as de la nostalgie en écoutant Army of lovers, tu devrais reconnaitre les membres du groupe BWO (body without organs), et sans doute apprécier Alcazar. :)

      J'en profite pour te remercier pour ton récit et tes photos de voyages, qui me font rêver. Et pour te féliciter parce que tes talents d'écrivain, ton ton, ton humour... ont fait que je viens de lire tous tes billets en deux soirées. :) Je te mets bien au chaud dans mes liens préférés.

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    6. @ Eric : Wow ! On fait un char pour la Gaypride ?

      @ Ô d'Evian : je cours de ce pas découvrir BWO et Alcazar. Ma culture Queer est assez lacunaire mais j'apprends vite.
      Merci pour ton très gentil commentaire. Be my guest !

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