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  • 27 janvier 2010

    Epopée Brésilienne - Episode 3 : Salvador de Bahia

    Après avoir fait nos premières armes dans la brousse, nous nous attaquons le lendemain au centre de Salvador que  nous avions soigneusement évité jusque là.

    Salvador, première capitale historique de l'empire Portugais, fondée en 1548, se trouve immergée au coeur du Brésil occidental. Sale, mal entretenue, corrompue, bruyante (très) et pauvre, cette ville qui compte parmi les plus importantes du pays, est entourée des mêmes ghettos, les "favelas" que ses grandes soeurs Rio, Sao Polo et Brasilia.

    Quittant l'hôtel nous longeons tout d'abord le littoral est assez joli : la plage s'étire sur des kilomètres, façon coté carte postale, rythmée par la silhouette élancée des palmiers. Déjà la municipalité installe le long de la côte les échafaudages qui supporteront les tribunes d'où la foule viendra saluer les défilés du Carnaval tout proche. Plus qu'ailleurs au monde, Carnaval est ici une véritable institution mobilisant tout le pays à un point difficilement imaginable. Nous en aurons d'ailleurs une illustration étonnante à Rio, notre dernière villégiature.

    Las du sable blanc, nous prenons la direction de la haute ville dans laquelle nous allons bientôt nous perdre.

    L'alternance de bâtiments anciens et de buildings beaucoup plus modernes fait de Salvador une ville étonnante d'un point de vue urbanistique. Les constructions paraissent avoir poussé anarchiquement, un peu là où elles avaient la place, la seule contrainte étant de respecter le volume destiné à la voirie routière.

    Le bus nous laisse non loin de l'Elevador Lacerda, l'ascenseur de Salvador qui relie la ville haute (le Pelourinho) et la ville basse en surplombant la baie de tous les Saints. A perte de vue de vilains immeubles cubiques encrassés dressent leur imposante stature, dissimulant ça et là des reliques coloniales étouffées par l'ombre massive des géants de béton. Au loin d'immenses navires de fret ponctuent le bleu de l'océan dont le point d'horizon de confond avec le ciel.

    Nous nous engageons dans la vielle ville. Le changement de décors est radical ! Le bitume laisse place aux rues pavées, l'espace s'aère par de grandes places et esplanades largement ouvertes aux piétons, bordées par de très beaux ensembles coloniaux. La lumière vive dessine en contre-jour les pointes noires des clochers attestant de la présence de nombreuses églises, signe extérieur d'une richesse antérieure indubitable. Elle n'est pas si mal que ça finalement cette ville...

    Plus nous avançons, plus nous plongeons dans le passé colonial : les façades se colorent, les azulejos font leur apparition, l'encadrement des fenêtres s'orne de volutes baroques, et l'ondulation des rues qui suivent la courbe d'un relief collinaire offre régulièrement des points de vue époustouflants. J'aurais beaucoup aimé passer plus de temps à explorer Salvador, errer sans but précis, juste pour savourer les couleurs, les sons, respirer la lumière, me noyer jusqu'à l'écoeurement dans ses méandres pastichés et m'imprégner de l'ambiance locale.Car à l'instar de beaucoup d'endroits, Salvador est certainement une ville qu'il faut découvrir par une immersion totale plus que par le prisme du tourisme express auquel nous nous livrons par la force des choses, sous la houlette de notre guide.

    Elle était marrante notre guide... Doté d'un sens aigu des affaires, elle ne nous a épargné aucun des attrape-touristes de Salvador vers lesquels elle nous trainait insensiblement à coup de grands sourires et où mes coreligionnaires se faisaient extirper insensiblement quelques Réals à chaque passage. C'est la loi du genre ! Par contre le fond fut un peu plus léger... impossible d'aborder des questions un peu plus sérieuses sans qu'elle botte en touche par un habile tour de passe-passe dont j'ai du me satisfaire. Mais le plus insupportable était certainement sa façon très étrange d'accentuer certains mots ou syllabes un peu à la façon de Jean-Claude Van Damme... Au début cela lui donnait un coté exotique qui fut rapidement supplanté par une légère migraine de fort mauvais aloi !

    Le soir nous clôturons la journée et notre (courte) escale de deux jours à Salvador par un spectacle Capoeira vraiment impressionnant, tant par la gracieuse virtuosité des athlètes que par leur plastique affolante (gasps ...!). S'en est suivi un copieux et délicieux repas dans un restaurant du centre ville où nous avons pu goûter quelques spécialités de la région.

    Il est presque minuit lorsque nous regagnons l'hôtel après un petit tour panoramique by night au cours duquel nous apprendrons que les feux rouges deviennent facultatifs passé dix heures du soir afin d'éviter les risques de car-jacking aux carrefours ! Bien entendu les autorités ont tenté de faire marche arrière et d'imposer à nouveau le respect du code de la route à toute heure du jour et de la nuit,  mais il est difficile d'abroger un tel privilège ...

    La nuit qui suivra sera symbolique car nous devrons nous lever fort tôt pour prendre l'avion en direction de Goiana où nous attend la seconde étape de notre périple Brésilien.



    A suivre...


    Episodes précédents : Départ, Autour de Salvador

    2 commentaires:

    1. Vous avez visité l'église Sâo Francisco et ses angelots lubriques? et dans la ville basse dans le cloître attenant à l'église Nosso Senhor de Bonfim les azulejos avec la représentation de la Cène et ces 2 homos au pied du Christ (http://www.lo-grelh.net/blog/index.php?post/2008/12/11/301-de-la-representation-du-sexe-dans-les-eglises-tres-catholiques) et le marché San Joaquim pas mal aussi. Même s'il faut faire attention à son porte-monaie je trouve l'ambiance de Salvador sympa et les danseurs de capoeira.......;

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    2. @ Lo Grelh :Nous sommes d'accord pour les danseurs :D
      Bien sûr on a visité Sao Francisco. On la voit d'ailleurs de l'extérieur sur l'une de mes photos. L'intérieur est juste ahurissant mais il m'était très difficile de prendre le moindre clicher sans trépied. Nous n'avons par contre quasiment pas vu la ville basse, si ce n'est du haut de l'ascenseur, ni le cloître dont tu parles. Ce sera à faire lors d'une prochaine fois !

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