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  • 26 janvier 2010

    Epopée Brésilienne - Episode 2 : Autour de Salvador de Bahia

    Avant de débuter ce second épisode, deux ou trois précisions sur l'organisation de ce voyage qui suscite quelques questions et appelle de légitimes réponses.

    Tout d'abord, il s'agissait d'un voyage organisé, grosso modo - et pour rester volontairement évasif sur ce point - par un groupement professionnel auquel est affilié un membre de ma famille.  J'étais donc entouré d'inconnus dont j'ai fait la connaissance lors du départ ; en revanche eux connaissent parfaitement ce parent qu'ils côtoient régulièrement. 
    Ensuite, et conséquemment, le "nous" employé n'est pas une première personne de majesté ni n'a  vocation à déguiser un éventuel alter ego avec lequel j'eusse convolé. Cupidon me fout une paix royale en ce moment...

    J'espère avoir répondu aux interrogations soulevées.
    Et maintenant, place à la suite de mes aventures.

    *  *  *

    Voici quelques heures seulement que nous avons posé le pied sur le sol Brésilien après un voyage débuté la veille à Toulouse qui nous a conduit jusqu'à Salvador de Bahia, seconde capitale historique du Brésil avant que la découverte d'importantes ressources en or ne pousse l'activité économique et politique vers Rio située plus au sud.

    Nous passons tout d'abord la matinée dans une petite ville située à une petite heure de route de là, pour assister au traditionnel marché. Arpentant les routes chaotiques qui sillonnent la pampa, nous voici bientôt au milieu de la foule bariolée d'ethnies, de couleurs, d'odeurs et de sons de Santo Amaro, perdue au milieu des collines.

    A travers les rues sales et délabrées que survolent de kafkaïennes lignes électriques, se déploient les premiers étals des marchands: vêtements, DVD et Divx pirates des derniers succès hollywoodiens, lunettes de soleil et accessoires de mode bas de gamme, maroquinerie et objets fantaisie accueillent le chaland.

    Fendant le flot des passants en poussant une drôle de machine à rouages peinturlurée en bleu, un homme à casquette blanche hèle la cohorte : c'est le vendeur de jus de canne ! Aussitôt on se groupe autour de cette attraction : enfilant d'un coté une à une les tiges de canne toute fraiche dans un puissant laminoir mû par un moteur fonctionnant à l'alcool, et sans se prendre les doigts, le jus de canne coule à flots de l'autre coté  dans un simple seau en plastique. Invités par notre guide,  nous goûtons tour à tour ce nectar encore inconnu, servi dans des gobelets munis de pailles : c'est assez frais, sucré, avec un goût végétal qui pourrait rappeler celui du mais vert encore immature sur sa panouille tout juste formée que mon grand père nous faisait croquer en plein champ lorsque mon frère et moi étions gamins.

    Arrivant un peu plus loin sur l'artère principale, les premiers fruits et légumes font leur apparition : pommes, bananes, jacquiers, noix de cajou, noix de coco, pastèques, tomates à peine mûres, épices en tous genres... Ici point de fruits luisants tels qu'on les voit sur les cartes postales : bienvenue dans le monde réel des vrais gens ! Puis vient le tour des salaisons dont les fragrances musclées mêlées à celles non moins viriles des poissons séchés - vendus en tresses comme on vend l'ail par chez nous - nous épargnent  efficacement des mouches, tandis qu'un peu plus loin des poules maigrichonnes se disputent un coin d'ombre sous une table. Le dépaysement est total : nulle odeur familière à laquelle se raccrocher, rien qui n'évoque un quelconque souvenir, les points de repères volent en éclat ...  déracinement garanti !

    Notre guide touristique s'improvise guide culinaire et nous fait goûter qui un fruit de jacquier par-ci, qui des tamarins frais par-là... le plaisir des yeux se mêle désormais au plaisir des papilles pour notre plus grande satisfaction. On mâche, on savoure, on grimace, on sourit, on avale ou l'on recrache... les joies de la découverte !

    Nous faisons quelques pas et tombons nez à nez avec une une bien étrange cargaison qui gigote sur une brouette. De loin cela a l'apparence et l'odeur d'un tas d'algues en décomposition, sauf que ça semble onduler lentement ... De plus près on commence à distinguer des formes oblongues dotées de quelques aspérités blanchâtres, des pattes, des pinces... Ce sont des crabes de vase, dont les brésiliens du coin sont particulièrement friands. Après les avoir soigneusement lavés dans un océan d'eau claire, faites cuire la bestiole au bouillon, laissez refroidir et dégustez muni de votre maillet, accompagné d'une bière bien glacée. Hé bien, malgré une apparence (et une odeur) de prime abord repoussante, ces crabes de vase ont une chair particulièrement savoureuse ! Arrosée d'un peu de citron vert et accompagnée de christophine rappée, c'est un délice ! Notre repas du midi en sera l'épatante démonstration.


    Après un copieux repas pris dans un ancien couvent transformé en superbe restaurant,  nous nous dirigeons vers Cachoeira, très belle ville coloniale dans les environs de Salvador. Des maisons aux façades ornées exposent leurs couleurs éclatantes au soleil tandis que d'autres, en état de délabrement, attendent qu'un généreux bienfaiteur les sauve d'une funeste et irréversible décrépitude.
    Ville étalée à flanc de colline et bordant une rivière, les rues de Cachoeira serpentent de quartiers en quartiers sous les rayons d'un Phebus plein d'ardeur en ces latitudes tropicales. La crème solaire est de rigueur si l'on ne veut pas se transformer en homard !

    Profitant de quelques instants de répit, un petit groupe d'intrépides décide d'aller prendre une bière au troquet du coin afin de contrer la canicule. Nous pénétrons dans un bar dont la pénombre contraste avec la lumière aveuglante qui inonde les rues, peut être un moyen de masquer le coté crasseux de l'endroit. Nous commandons des bières. Ne parlant pas un mot de portugais, c'est un improbable baroudeur Belge bedonnant se trouvant là par le plus grand des hasards qui nous sert d'intermédiaire. Alors que nous étions sur le point de commander 6 bières, puisque nous étions 6, notre intrépide visiteur du plat pays nous explique qu'au Brésil on commande non pas 6 bières, mais de la bière pour 6... Petit détail qui en dit assez long sur les mentalité de nos peuples respectifs et l'individualisme Occidental. En tout ca cela m'a fait pas mal réfléchir...  Effectivement dans les minutes qui suivirent le patron nous apportait 6 verres (propres) et deux grandes bouteilles de bière, assez pour que notre petit groupe boive a satiété.

    Pendant que nous trinquons bruyamment dans le tintement des verres à peine perceptible au milieu du tumulte ambiant, affalé de tout son long sous la table et assommé par la chaleur écrasante de l'été culminant, un énorme chat roux tigré ronronne de toutes ses forces, visiblement  aussi bienheureux de son sort que nous l'étions du notre à cet instant.


    A suivre...


    Episode précédent :  Départ.

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