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  • 20 juin 2011

    Quand se lève le voile de l'incertitude

    Il suffit parfois d'un petit rien pour dissiper un doute. Vous savez, ce genre de doute qui agit comme une épine d'oursin dans une plaie et qui vous lance des coups dans les membres à vous donner envie de vous frapper la tête contre les murs à se l'en faire péter.

    Depuis une semaine mon moral oscillait de Charybde en Scylla, allant d'un simple "Je vais pas bien du tout" à un "Au secours je vais très mal". La raison en était toujours la même, de vieux souvenirs qui tournent en boucle, des idées que l'on ressasse, des amours perdues, des espoirs déçus, une espérance écorchée vive, des pansements qui suppurent, et Lui en toile de fond...

    L'autre soir j'étais vraiment pas bien du tout, au bord du gouffre, me maintenant dans cet état précaire au prix d'une épuisante volonté de remonter la pente. Dans un ultime sursaut je m'étais flanqué un gros coup de pied au cul et avais envoyé un texto à S pour lui demander s'il voulait bien aller prendre un verre avec moi, histoire de me changer les idées. S fait partie de ma garde rapprochée, ce petit nombre de personnes à qui je sais pouvoir me confier sans crainte et sur qui je peux compter en tout temps, à toute heure. Il possède en outre cette intelligence aigüe de l'esprit humain dont il sait décrypter les soubresauts et les tumultes. Un mec à fleur de peau, même s'il n'en laisse le plus souvent rien paraître.

    Quelques minutes plus tard nous voici place Arnaud-Bernard un verre à la main en train de discuter et moi plus particulièrement en train de vider la besace de mes tracas comme on déverserait une poubelle dans le gosier d'un camion-benne. Lui m'écoutait, parfaitement au courant de mes états d'armes tout autant que de mes états d'âme. Ce n'est pas souvent que je crie "à l'aide" pour que ce ne fut pas anodin. Je n'avais pas prêté une totale attention sur le moment à tout ce qu'il me disait mais chemin faisant c'est au moment où j'éteignais ma lampe de chevet que la lumière se fit. Une phrase échangée quelques minutes auparavant me revint avec fulgurance, la clé de l'énigme. S m'avait fait comprendre quelque chose que je n'avais pas su voir et qui, sans altérer en rien l'infinie tendresse que je porte à celui qui fut à l'origine de mon tourment, me permit de prendre un nécessaire recul, de reconsidérer les faits autrement et de les admettre sans rancœur aucune. Et soudain tout fut apaisé.

    Dit ainsi, cela relève du happy-end hollywoodien à la con, du coup de baguette magique avec un déluge de paillettes. Et pourtant non, l'apaisement fut instantané et mon sommeil fut d'un calme presque inhabituel (enfin, c'était sans compter sur le chat qui fit preuve d'une exceptionnelle vivacité cette nuit là). Car c'est bien l'effet que cette petite phrase me procurât. Le même sentiment de délivrance qui survient lorsque après s'être acharné sur un casse-tête chinois dont on ne comprend pas le fonctionnement, une main bienveillante nous montre le mécanisme à déverrouiller pour que la boite magique s'ouvre. Et tout paraît tellement simple... Oui, cela me paraît simple maintenant et j'avais bien tort de me torturer ainsi cherchant de mauvaises réponses à de mauvaises questions.

    Depuis ce jour je vais nettement mieux. Je vais même bien, je ne déprime plus, je n'appréhende plus ce moment de la journée où je dois rentrer chez moi et retrouver la solitude de mon foyer où personne ne m'attend si ce n'est une attendrissante boule de poils et deux poissons moches. Je ne me réveille plus la nuit avec l'envie de fondre en larmes à me demander "pourquoi ?" et à ne pas trouver de réponse. Je ne me lève plus le matin avec une boule dans la gorge en pensant déjà à Lui. Le démon de l’ambiguïté et du doute est mort, pourfendu, enterré, vaincu. Et je crois pour longtemps.

    21 commentaires:

    1. Mais quelle est dont cette phrase magique qui fait s'envoler les angoisses et retrouver la sérénité ? Gageons qu'elle ne soit efficace que pour toi. Pour avoir connu des périodes noires comme celle que tu décris, je crois qu'entre autre attitude, il convient de ne pas se voiler la face. D'aller au bout des choses même si elles font mal pour pouvoir mieux les combattre et les chasser d'un revers de la main le moment venu. Car le moment où le chemin s'éclaire finit par arriver. Et puis surtout, je crois qu'il ne faut jamais hésiter à demander de l'aide : la preuve encore une fois. Les "autres" ont le recul nécessaire pour nous permettre de prendre un peu de hauteur quand on a soi-même l'impression de sombrer dans des sables mouvants.
      Ravi, en tout cas, que tu ailles mieux :)

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    2. Il suffit de peu de choses, parfois... Ravi de savoir que ça va mieux !

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    3. Entre tes amis qui peuvent compter sur toi et toi qui peux compter sur tes amis, j'ai l'impression que tu es bien entouré. En tout cas, c'est important d'avoir quelqu'un comme ça pour nous aider parfois à remonter la pente. Heureux de savoir qu'il a réussi sa mission !
      Reste maintenant à savoir qui va épauler le pauvre Wazabi, relégué au rang de "poisson moche" depuis l'arrivée de la boule de poils ! :-)

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    4. Je retiens que tu as entendu des propos (vraisemblablement faisant écho à ton vécu) qui ont permis de t'apaiser.
      C'est bien là le plus important!
      Ravi d'appendre que tu vas mieux petit Tambour (oui, j'ose ^^).

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    5. Un billet comme celui-là fait plaisir à lire. Savoir qu'une simple phrase peut avoir des effets bénéfiques doit te faire un bien énorme au moral :)
      Par contre, ce sont les "deux poissons moches" qui vont avoir un coup au moral avec leur nouveau qualificatif :D

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    6. Il me plait bien ce billet car il met le doigt sur ce que je ressens parfois. La pièce du puzzle qui manquait ou l'éclairage différent apporté par un(e) ami(e) bienveillant(e). Je me souviens d'un échange de mails à quatre heures du matin avec une amie que j'appelais au secours, et de petites phrases restées quelque part dans ma mémoire dont je m'étais promis que je ferais un "guide à l'usage des désespérés de l'amour" ou autre ...
      Si quelqu'un a une solution pour la petite araignée qui trotte dans ma tête, hein, je suis preneuse !

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    7. La bonne nouvelle du matin... tu as la positive attitude, moi c'est le cas et ça marche... Merci Lorie :)

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    8. Je connais le pouvoir de la parole libératrice. En son temps, cela m'a sauvé la vie.

      Très heureuse de savoir que tu vas mieux/bien. :-)

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    9. Le fait de garder les choses pour soi est souvent plus dévastateur qu'autre chose. Les amis sont là pour les bons moments mais aussi pour les mauvais, j'en sais quelque chose. Le plus important c'est de savoir que tu va mieux, c'est l'essentiel et que les choses aient été mises dans un petit tiroir et dont la clé est bien enfouie bien profondément.

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    10. La catharsis a fait son effet, sois heureux et vis!

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    11. Sorti du trou aussi subitement que tu y étais entré. j'imagine que cela te ressemble ?

      En tout cas cela fait plaisir à lire car nous assistions un peu impuissants à ton naufrage sans trouver les mots justes.

      (et n'oublie pas de prendre des vacances, aussi courtes soient-elles)

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    12. -1- Quand ça va pas, il faut parler à quelqu'un.
      -2- Et puis on entend les choses que lorsqu'on est prêt.

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    13. Très bien tout ça. Et tu as été bouger ton popotin sur un char à la Gay Pride du coup. lol

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    14. Rendons justice à la grande efficacité de ce camion-benne...

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    15. @ Ek91 : Non pas une phrase magique, mais un autre regard sur la situation, un regard objectif, neutre. Et surtout S a su lire des choses qu'il avait lui même vécues quelques années plus tôt et qui m'échappaient complètement, pour n'avoir jamais été dans cet état d'esprit là. Comme quoi la vérité ne se révèle qu'au travers d'une lecture croisée des faits.

      @ Glimpse : Oui, peu de choses. J'ignorais que cette soirée serait aussi profitable.

      @ Loup : Oui, je suis bien entouré, je goûte ma chance. Ne t'inquiète pas pour Wazabi : il a déjà oublié l'affront ^^

      @ Waquete : Disons que les propos ne m'ont pas apaisé par eux même, mais parce qu'ils constituaient la clé d'un puzzle que je ne savais pas résoudre. Une fois la pièce en place, tout est devenu plus clair, parce que j'avais compris.

      @ JM : Comme je l'ai écrit dans le billet, sur le coup ça na m'a tilté. Ce n'est que plus tard que le lien s'est fait.

      @ Ennariam : Si tu as un exemplaire de ton "guide", j'en veux bien un ! :)

      @ Miimario : Ca marche, mais c'est usant, surtout quand on n'y croit plus. Allez dédicace : http://youtu.be/gHBGR3vjG1o

      @ L'azimutée : Je ne sais pas si "libératrice" est le terme, mais l'effet doit être identique.

      @ Un autre Fred : Garder les choses pour soi est une chose. Ne pas parvenir à comprendre et mettre de la raison dans tout ça, voilà ce qui me détruisait à petit feu depuis 3 ans.

      @ Mers : Oui, c'est le programme :)

      @ Harry : "Souvent Tambour Major varie" (dicton populaire). Disons que le trou s'est rouvert brusquement mais le terrain est miné de longue date. Et encore une fois il n'est pas tellement question de "mots justes" ou de réconfort (si le réconfort fait du bien, il ne soigne pas la cause du mal) mais de mettre le doigt sur ce que je n'avais pas su comprendre.

      @ PascalR : Tu as raison sur toute la ligne, en particulier sur le 2nd point, que l'on oublie souvent. Merci de nous faire profiter de toute la sagesse que permet ton grand âge :D

      @ Christophe : Pas sur les chars, non. A côté seulement, on profite mieux des bô gosses qui défilent ^^

      @ Lemodrop : Je suis pas sûr que S apprécierait ma comparaison en effet ^^

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    16. Il y a peu enfin il y a un an j'étais dans le meme état comme suspendu au dessu d'un de foumis sans savoir si un jour, je pourrais reposer un pied au sol.

      Et tout comme toi sans doute le mot d'ami , ou alors un verre a une terrasse ou quelque chose d'autre m'a fait comprendre que personne n'était plus responsable de mes tourments que moi même.

      J'ai même oublié ce jour ce qui me faisait tant de mal tant et si bien que je ne saurais dire ce dont il s'agissait. Ce soir j'ai entendu un type dire à la radio qu'après avoir vecu au passé en espérant des jours meilleurs toute sa vie un jour en marchant il avait compris que l'instant qu'il vivait là et maintenant était beau...
      Je crois que c'est cela l'instant présent est beau aussi ...

      Kiss mon ami

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    17. Content que tu aies terrassé le démon. Je crois que je couve aussi certains maux sous-marins, et j'espère trouver les ressources nécessaires au moment où ils referont surface.
      Au plaisir de continuer à te lire!

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    18. En attendant on est dans le vague. J'aurais bien aimé comprendre de quelles noires pensées il s'agissait et quelle a été la petite phrase éclairante.
      Mais tu as bien le droit de garder les détails pour toi, évidemment.

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    19. Sont-ce les poissons qui sont moches ou leurs geôliers ?

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    20. Heureux es-tu d'avoir reçu la formule magique qui rend la vie supportable ! J'ai aimé ce texte aux résonances attachantes.

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    21. Euh ... le mail de S s'il te plait ?
      Voire son tel !
      Son adresse ... tout de suite, please !!!
      :)
      Des Bises !

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