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  • 28 septembre 2011

    Bonne poire

    Depuis quelques temps je me pose des questions sur mon avenir, en particulier sur le fait de tenter d'embrasser une carrière universitaire et essayer de devenir Maître de Conférences.Car l'enseignement me plait et j'ai la prétention de croire n'être pas trop mal doué pour cela. Mais d'autres choses me repoussent : le mandarinat ambiant, l'opacité et l'injustice de certains recrutement, l'hypocrisie générale qui est à gerber...

    Cet après midi alors que je discutais avec une prof de ce que je faisais et des enseignements qui m'avaient été confiés cette année, je lui disais avoir souhaité un service allégé pour mettre un point final à ma thèse, ce en quoi, me confia-t-elle, j'avais totalement raison. Ses explications policées tout ce qu'il faut me firent pourtant l'impression d'un coup de massue sur la tête : car, me confia-t-elle, j'étais grosso modo un peu le "gentil" de la maison, qu'on m'avait pas mal utilisé, que cette étiquette me collait un peu aux basques et que maintenant ça suffisait, il me fallait passer à autre chose.

    Le gentil de la maison ? Voilà donc l'image que l'on a de moi à la fac ? Après toutes ces années à bosser comme un connard, avoir formé des centaines d'étudiants de la première à la quatrième année, je suis le "gentil" à qui on refourgue les merdes, et même pas reconnu pour mon travail ? Putain, ça fait mal au cul tout de même. Certes j'ai (presque) toujours accepté le boulot qu'on m'a refourgué. Mais en tant que petit doctorant à l'égard duquel les gens d'en haut n'ont que mépris, le pouvoir de négociation est bien faible : dire "non", c'est surtout se mettre des personnes à dos. Trop risqué, sauf si l'on est suicidaire.
    Alors quand j'en vois d'autres tourner du cul, faire la révérence et sucer des bites au kilomètre pour faire partie de la Cour des Princes dans l'espoir de toucher du doigt le soleil, j'en ai la nausée.

    Ce soir je suis super amer. Putain mais qu'est-ce que je fous là ? Déjà que mon égo est en perpétuelle agonie, je me sens complètement nul, transparent, une vrai merde. Pire encore : une merde inodore...

    Il est vraiment temps que je foute le camp. Ça devient urgent pour ma santé mentale.

    30 commentaires:

    1. Calme ! Du calme ...
      Demain est un autre jour !
      Au dodo !
      :)

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    2. Ouh là là ! Même une fôte de frappe chez le Tambour à l'orthographe irréprochable, ça sent le coup de nerfs ! Ca va aller !

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    3. L'université n'est qu'une machine à broyer. Tous ses éléments constitutifs se font exploiter et jeter un jour ou l'autre. Quant à l'amour propre... il semble inexistant. Fuis si tu peux ! Ils ne te méritent pas.

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    4. Avec ce genre de feedback, ça va pas être facile de réfléchir sereinement à ce que tu veux *vraiment* faire...
      D'un autre côté, ça peut t'inciter à aller voir ce que tu peux faire ailleurs, explorer d'autres pistes que tu connais moins bien mais qui pourraient se révéler tout aussi passionnantes ?

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    5. Gloups, t inquiètres il fera jour demain et si tu es si gentil, je ne vois pas ce que cela a de mal. Par contre, compte tenu de tes bagages et comme rien ne presse pourquoi ne pas chercher a faire autre chose ?

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    6. @ Gildan : Mais je suis très calme. Je suis juste vert de rage.

      @ Sandrine : Corrigé !

      @ Glimpse, Loup & Corto : Rester n'est qu'une option parmi d'autres. Mon arc a plusieurs cordes. La voie universitaire n'est qu'une d'elles.

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    7. Tu peux au moins être fier d'une chose : rester intègre et ne pas sucer des bites au kilomètre pour obtenir ce que tu veux...

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    8. Pourtant, on est en pleine saison des Conférences, maître.
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Poire_Conf%C3%A9rence

      (respire, et puis mords-les, après)

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    9. Eh ben, ça a l'air encore pire chez vous que chez les scienceux... Où déjà, mieux vaut avoir de bons amis pour obtenir un poste, et accepter de manger de la vache enragée quelques années avant que ça soit vivable.
      Bon courage.

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    10. En tout cas, cette poire doit être juteuse à souhait :D
      Bon en étant sérieux, tu transpires la gentillesse et le dévouement mais rien ne doit se faire à ton détriment et surtout pas te prendre pour un con, le bon vieux proverbe "trop bon trop con" tient toute sa valeur dans ton cas... Courage en tout cas pour ces quelques semaines à venir
      Des bisous

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    11. @ Sephiraph : La probité ne paye pas...

      @ Nekkonezumi : Je les mordrai très fort une fois mis à l'abri.

      @ Méchant Chimiste : Ho mais non, la vache n'est pas enragée. Au contraire, elle a toutes les apparences de la saveur la plus exquise. Ce que tu ignores c'est qu'elle est farcie à l'arsenic.

      @ Un Autre Fred : Le mérite de cette prof a au moins été de m'ouvrir les yeux. La Matrice est puissante...

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    12. Comme je te comprends. Je suis exactement dans la même situation actuellement. N'hésite pas à leur faire comprendre que le "trop bon trop con", c'est fini. Tu verras, même si ce n'est pas évident, ça fait du bien à son égo.

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    13. Ah, non, moi j'entendais par là qu'un MdC débutant n'a déjà pas assez de 24h par jour pour préparer ses cours et autres enseignements, et donc plus de temps pour faire de la recherche digne de ce nom pendant au moins deux ans. Voire plus !
      Pas génial quand tu es évalué sur ta recherche uniquement...

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    14. Euh, ne te vexe pas mais ne surréagirais-tu un petit peu? Tout thésard apprend malheureusement dès sa première année combien c'est courant. Kissinger, qui était prof à Yale, avait dit une fois :"University politics are vicious precisely because the stakes are so small."

      Par ailleurs, l'homme ayant l'esprit de meute, ces histoires se retrouvent aussi hors de l'université (dans d'autres proportions bien sûr)...

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    15. P.S. Et pourquoi conditionner la santé de son ego aux considérations de quelques personnes? Que je sache, ton univers ne se limite pas aux couloirs d'un bâtiment d'une certaine fac... :)

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    16. @ JM : Ils n'en ont pas grand chose à cirer à vrai dire... Enfin, si j'en connais un qui risque de prendre un retour de manivelle dans les gencives. Wait & see.

      @ Bashô : La santé de mon égo est en perpétuelle fluctuation. Quand il parvient péniblement à se stabiliser autour de "ça va, je suis pas totalement idiot", c'est à dire un petit 10/20, cela tient d'un gros travail d’auto-persuasion. Je suis en constante remise en question personnelle et l'assurance affichée ne fait que masquer un gouffre d'incertitude. Alors certes non, mon univers ne se limite pas aux couloirs des bâtiments de la fac. Mais lorsque tu as arpenté ces couloirs pendant plus d'un décennie, côtoyé pendant de longues années des gens que, malgré les doutes, tu croyais à peu près honnêtes à ton égard, et que soudain tu découvres l'ampleur de la mascarade, désolé mais mon égo prend coup dont il n'avait pas besoin.

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    17. Peut être que l'expression "le gentil" sonne mal à tes oreilles mais peut être aussi qu'elle n'est pas si dévalorisante. Peut être qu'on pense de toi que, justement, tu es celui qui accepte les tâches qu'on lui donne, qui ne se croit pas au-dessus de tout, qui ne rechigne pas au travail, qui sait ce qu'il a à faire, qui peut se prévaloir de ne pas se mettre ses (futur) "alliés" à dos, qui a, de fait, plusieurs cordes à son arc, qui se forge une solide expérience et sait de quoi il parle pour l'avoir expérimenter, qui ne pète pas plus haut que son cul, qui ne suce pas des bites (en tout cas pas pour avoir l'illusion de sa réussite), qui a encore toutes les routes devant lui ...et qui, si on le cherche trop, ira voir ailleurs. Peut être...

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    18. Je suis passé par là. Tu as toute ma sympathie. Après le doctorat, j'ai passé trois ans comme professeur à la leçon, sautant sur tous les contrats possibles. C'est ainsi que j'ai parfois enseigné à plus de 600 étudiants par session (ce qui est beaucoup au Canada, du moins en histoire) Il faut bien gagner sa croûte... J'ai posé ma candidature à trois postes pour lesquels j'étais parfaitement qualifié dans cette même université (où j'avais fait Baccalauréat (études de premier cycle ici) et Maîtrise... mais je n'ai jamais même été convoqué en entrevue. La raison: Trop occupé à enseigner, je n'avais pas réussi à publier suffisamment pour compter. Pour eux, j'étais condamné à une carrière d'enseignant à la leçon, sous-payé et dans une situation perpétuellement précaire.
      Après plus d'une trentaine de dossiers de candidature envoyés à la grandeur du pays au cours de ces trois années, j'ai enfin dégoté un poste permanent... qui m'a amené à déménager à plus de 2000 km. J'y suis heureux, dans un milieu où tout n'est pas que bassesses.
      La leçon: Si l'enseignement universitaire et la recherche te passionnent vraiment, tiens bon et ratisse large. Cela prendra probablement du temps, mais tu trouveras chaussure à ton pied.

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    19. La seule critique qui vaille est celle de tes élèves. Les autres on s'en fout!Pourquoi te sens-tu jugé par ces gens par ces gens auxquels tu n'apporte(rai)s qu'une maigre valeur? Vis ton boulot avec TON exigence, c'est la seule chose qui compte.

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    20. tiens je suis surpris, je pensais que ce genre de remarque te passait bien au dessus de la tête!!
      De toute façon, dans la société actuelle, si tu ne donnes pas des coups, tu les prends!!
      les Conférences sont de bonnes poires !!^^

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    21. Dépendre des autres pour construire son image de soi la rend fluctuante et incertaine, source d'euphorie artificielle ou de déprime incontrôlable.
      Un peu de fatigue nerveuse (je te lis depuis assez longtemps pour savoir que tu es coutumier du fait), une remarque au cœur de la cible, et tu plonges! Tu vaux mieux que ça, je me joins donc à ceux qui te disent : trouves toi un milieu qui t'oxygène et surtout qui ménage ta tension. Les milieux saumâtres et de rivalités intestines ne te mettent pas en valeur.

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    22. Quand j'ai vécu un truc similaire en juin dernier, j'ai eu la chance de tomber sur quelqu'un qui a eu les mots qu'il fallait. Un prof de musique avec qui je n'ai jamais eu de rapports vraiment harmonieux.

      Mettant pour une fois sa pédanterie au service de son humanité, il a eu le courage de briser son image parfaite de type à qui tout réussit et de partager trois échecs successifs qui ont marqué sa vie. Non pas qu'il avait échoué par manque de capacité mais à cause d'un mandarinat opaque et réellement destructeur, vicieux et assumé.

      Entre deux citations de Rilke, c'était touchant, réconfortant ; un plaisir aussi de savoir qu'on se trouve du bon côté de la barrière et qu'on a la grande force et l'immense qualité (que tu as donc aussi) de résister à ces mesquins et de ne jamais vouloir devenir comme eux.

      Après, je suis parti 10 jours à la campagne coupé de tout pour me ressourcer. Et là, alors que je les croise tous les jours, ces débiles au bras long, je ne me donne même plus la peine de les mépriser. C'est toi l'homme valeureux.

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    23. Si je peux me permettre de donner l'actuelle définition du mérite : "Ensemble d'attitudes, de comportements, de propos flagorneurs, de connaissances, de réseaux relationnels qui permettent à un individu d'accéder aux rangs élevés de la société et/ou du monde du travail."

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    24. L'administration comme l'entreprise sont des lieux ou il y aura toujours quelqu'un pour tenter de prendre le dessus, te considérer comme la bonne poire ou le gentil de service. J'ai donné comme beaucoup.
      Il te faut une stratégie, alors si elle te convient voici la mienne : Il n'est pas de bonheur plus intense que de passer pour un crétin aux yeux des imbéciles! Pour cela il te faut garder ton quant à soi, être toujours étonné et admiratif des âneries qu'on te débite avec assurance mais avec modération : passer pour un outsider a l'avantage qu'au moment choisi tu pourras montrer ta valeur. Oui il faut être gentil car c'est de toutes façons dans ta nature, mais garder à l'esprit que tu vaux bien largement tous ces docteurs fats et prétentieux : relis Molière !
      Et surtout, ne jamais faire confiance à personne dans le milieu professionnel. Ca ne veut pas dire de tenter d'écraser avant d'écraser, mais de regarder toujours prudemment de chaque côté de la route avant de traverser.
      On est rarement remercié de ce que l'on fait et souvent sujet à la critique. Alors, il faut se détacher au maximum tout en étant satisfait de ce qu'on a accompli. Tu ne leur dois rien...

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    25. Alors moi je dis NON !
      Avoir l'opportunité de sucer des bites au km et n'en rien faire.
      J'aurais dû faire universitaire...

      (humour, hein)

      Malheureusement ce n'est guere mieux dans le privé, juste différent. Tu seras la même bonne poire, comme n'importe quel nouveau.

      Bibis

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    26. Il en faut des gentils dans ce monde de brut !
      Courage! Tiens bon.

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    27. tu sais, ce genre d'attitudes et de ressentis est valable dans presque toutes les entreprises... ca fait un peu mal quand on s'en rend compte et après on réfléchit à ce que l'on peut en tirer, on se met à se contrefoutre de ce que peuvent penser les autres.
      je viens d'un monde de bisounours et je déchante de temps en temps, mais c'est parce que j'ai encore beaucoup à apprendre des relations humaines.

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    28. Je vais être un peu amer et abrupte mais "bienvenu dans le monde du travail" ou tu te démènes souvent comme un pauvre diable pour n'avoir en retour que du dénis et aucune reconnaissance... Peu de structures (publiques ou privées) échappent à cette règle universelle.

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    29. Je crois que, dans n'importe quelle situation, tu dois pouvoir dire OK, ce que j’ai supporté jusqu'ici n’est pas tout à fait normal mais c'est du passé. L’essentiel, maintenant, c'est de passer à autre chose et de faire en sorte qu'on le sache sans tout bousculer, car recommencer ailleurs, c'est aussi le risque de trouver pire.
      Si tu as envie d'être maître de conférence, il n'y a pas de raison que ça ne puisse pas se faire dans le respect de ta personnalité et de tes désirs.
      Alors, tu me diras, c'est de la théorie. Bien sûr, et si je te dis ça, c'est que j'en suis passée par là, parce que ça existe partout et aussi bien dans le privé et que plus les conditions sont précaires et pire sont les rivalités.
      Le temps de la prise de conscience étant passé, le temps de la mise en œuvre est venu. Bonne chance.

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    30. Tssst, tsst : kilomètres de bites, mal au cul, toucher, doigt... en fait, t'as juste envie d'une bonne partie de galipettes ;-)

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    Bonjour, vous êtes bien chez Tambour Major.

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