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  • 22 septembre 2011

    Marianne et le bénitier

    Il y a quelques temps de cela je recevais dans ma boite à lettres une curieuse invitation. Un couple d'amis s'étant reproduit me conviait à la cérémonie du baptême civil de leur pimpante progéniture. Je dus relire à deux fois le petit carton rectangulaire, craingnant d'avoir mal lu : oui, il était bien écrit baptême civil suivi du nom de la localité dont la Mairie accueillerait l'événement. Un baptême civil ? Tiens donc, quelle curieuse affaire.  Ouvrant mon Code civil et craignant d'avoir loupé un passage intéressant de la législation relative au droit des personnes,  je ne trouvais pas la moindre trace de ce baptême civil, pas l'ombre d'un aliéna, ni même une bribe de jurisprudence. Nada, que dalle. Mais alors, c'est quoi un baptême civil ?

    En cherchant un peu sur internet, on trouve ce genre d'information :
    Le parrainage civil remonte à l’époque de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, c’est à dire à la révolution française. Il a été institué par le décret du 20 prairial An II, soit le 8 juin 1794. Après être tombé en désuétude pendant plus d’un siècle, il connaît ces dernières années un engouement croissant en France. Alors qu’il a été autrefois instauré comme une mesure anticléricale, le baptême civil est aujourd’hui plutôt apprécié comme un complément ou une alternative au baptême religieux.
    Alternative au baptême religieux ?
    Le baptême, au sens canonique du terme, régi par les articles 849 à 878 du Code canonique, vient du verbe grec ancien Βαπτίζειν baptizein, fréquentatif du verbe Βάπτειν baptein, est un rite ou un sacrement symbolisant la nouvelle vie du croyant chrétien. Morts par rapport à leur ancienne vie caractérisée par le péché, les nouveaux chrétiens ressuscitent dans une nouvelle vie avec le Christ. Cette cérémonie représente souvent un témoignage public de la conversion.
    Dans sa dimension religieuse, le baptême est donc une cérémonie rituelle qui symbolise l'entrée de la personne dans une vie spirituelle. Ce premier sacrement donne accès aux six autres sacrements de l'Eglise.

    Alors, le baptême civil est-il véritablement une alternative ?
    Si le baptême symbolise l'entrée dans une nouvelle vie, une vie sociale ou citoyenne, ce genre de baptême civil existe déjà et depuis la laïcisation de l'Etat civil : il s'agit ni plus ni moins de la déclaration de l'enfant par ses parents à la naissance, rendue obligatoire par les articles 55 et suivants du Code civil pour des motifs d'ordre public. Il est en effet important que l’État soit rapidement informé de l'irruption de cette nouvelle naissance d'un nouveau citoyen. C'est cette déclaration (et non pas la reconnaissance, qui n'a rien à voir avec la choucroute) qui confère à l'enfant son identité par l'attribution d'un nom, d'un prénom, d'un lieu de naissance, et le fait entrer dans sa filiation. C'est par cette fameuse déclaration que l'enfant accède à la vie sociale et devient pleinement citoyen. Ça, c'est un vrai baptême laïc. C'est d'ailleurs cette fonction que tenait le baptême religieux, lorsque l’Église était en charge de l'état civil, jusqu'à un décret des 20 et 25 septembre 1792.

    Alors, un baptême civil, pour quoi faire, exactement ? Pour quel symbole ?
    On me rétorquera que c'est une cérémonie d'accueil destinée à faire de l'enfant un véritable citoyen. Je réponds faux : l'enfant est déjà citoyen, au sens juridique du terme. Et par ailleurs, n'étais-ce pas le rôle de l'école laïque que d'accueillir les enfants de la République et d'en faire, tout au long de leurs années d'études, de bons citoyens ? A quoi bon singer le sacrement d'une Église que l'on dit rétrograde et déliquescence ? Fait elle encore peur à ce point pour que l'on en récupère les oripeaux ? Franchement... En outre la cérémonie n'est absolument pas réglementée, ce qui laisse toute latitude aux Maires de l'organiser comme bon leur semble. On est bien loin du rite, c'est à dire d'un ensemble d'usages réglés par la coutume ou par la loi.
    Quant aux parrain et marraine, leur statut est inexistant : ils n'ont aucun droit sur l'enfant qu'ils ne pourraient déjà avoir autrement, ne peuvent se prévaloir d'aucune prérogative à son égard [1]. Bref, le vide intersidéral. Reste donc le seul motif de faire la fête. C'est bien maigre : a-t-on besoin de cela pour s'amuser ? La naissance d'un enfant n'est elle pas par elle même un motif suffisant aux réjouissances ? [2]

    Très sincèrement, je ne comprends tout simplement pas le sens du baptême civil. A quoi ça sert exactement ? Car cela ne crée aucun droit nouveau qui n'existe déjà, ne consacre aucune situation légale qui ne soit déjà administrativement enregistrée... bref, du point de vue du juriste, c'est vide de sens ! L'Administration Municipale n'a-t-elle mieux à faire que de distribuer du vide ?
    Ce que je critique ce n'est pas tant la démarche des parents (qui trahit à mon avis un besoin métaphysique sur lequel je ne m'étendrai pas), mais plutôt celle des Mairies qui se prêtent au jeu. Mieux vaudrait solenniser un minimum la déclaration de l'enfant, qui elle est véritablement porteuse de sens et d'effets juridiques. Car il faut bien admettre que déclarer un enfant en Mairie est est aussi glamour que faire immatriculer sa bagnole à la Préfecture...

    Oui ce qui me gêne c'est l'utilisation de représentants de l'État pour une célébration qui n'emporte en elle même aucune conséquence juridique. Je trouve ça dommage et participe de la confusion générale au fonctionnement du Droit et de l'État. Car il y aurait certainement quelque chose à faire de très intéressant en ce sens, et peut être de plus utile qu'une allégeance militaire...

    ****

    [1] Preuve en est cette proposition de loi enregistrée à la Présidence de l’Assemblée nationale le 29 janvier 2008, destinée à encadrer le baptême civil et à conférer un statut aux parrain et marraine. Il n'a à ce jour été donné aucune suite.

    [2] Je serais très intéressé par des témoignages de personnes ayant souhaité un baptême civil pour leur enfant, connaître leurs motivations, le déroulement de la cérémonie, et leur ressenti.

    39 commentaires:

    1. Houla, ta position m'étonne Tambour.

      Certes, le nom "Baptême" n'est pas adapté pour cette cérémonie civile, comme tu nous l'expliques très justement.

      Mais tu peux entendre que dans le Baptême chrétien, il n'y a pas que l'aspect religieux qui intéresse les participants, mais également (et surtout ?) une célébration autour de l'enfant. C'est ce dernier point qui est repris en version civile. Sans valeur légale, mais avec une valeur morale certaine (dont l'église n'est pas seule dépositaire).

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    2. "il n'y a pas que l'aspect religieux qui intéresse les participants, mais également (et surtout ?) une célébration autour de l'enfant"

      Hélas oui... Mes amis prêtres vont maintenant célébrer les baptêmes presque toujours à reculons car c'est le plus souvent une occasion de faire la fête au détriment du sens religieux. On pourra lire un témoignage intéressant là : http://lacitedesdames.blogspot.com/2011/09/le-respect-la-charite-et-les-trous-du.html

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    3. @ Harry : Mais justement, de quelle valeur morale s'agit-il ? Célébrer l'enfant ? Soit. Quel besoin alors de recourir à l'autorité d'un Maire qui joue seulement au pantin et qui ne fait usage d'aucune des prérogatives que son mandat électif lui confère ?
      Et je te rassure : je ne soutiens en aucun cas que l’Église détient le monopole des valeurs morales... Je la connais trop bien pour savoir qu'une telle affirmation serait mensongère.

      @ Bashô : Cela prouve au moins que nos contemporains ont besoin de donner un sens au événements. Quand je parlais de vide métaphysique...

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    4. A part l'aspect religieux, la différence c'est que lors de la "cérémonie" du baptême civil, le parrain et la marraine s'engage à suppléer les parents en cas de déces ou de ces derniers. Même si cet engagement n'a qu'une valeur morale, c'est un engagement quand même.

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    5. J'en discutais ya pas longtemps avec un ami qui est invité à un tel evenement et voila ce que ca a donné :
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      Nicolas: tiens j'ai decouvert un truc, parce qu'on a reparlé de l'histoire de parrain, bapteme et tout ca. parce que bon officiellement je suis rien. enfin je m'en fout, mais bon. ils vont attendre que le 2eme arrive et ils vont faire les 2 en meme temps mais pas religieux par contre et je savais pas, y a un status civil de parrain

      TarVal: bapteme republicain?

      Nicolas: tu peux le faire à la mairie. je connaissais pas du tout. je pensais que c'etait purement religieus comme truc http://www.parrainage.net/parrainage_civil.htm mouais legalement, vis à vis du môme, c'est du vent

      TarVal: ben, ce qu'on appelle le bapteme, c'est une ceremonie pour s'assurer que meme si les parents meurent, il restera quelqu'un pour s'occuper du gamin : les parrains-maraines. ca c'est la base, l'Histoire. ca a changé depuis, mais bon…

      Nicolas: ba c'est sur aussi qu'à l'epoque les familles devaient être plus rapidement réduite. j'entend par la niveau grand parents, ils partaient plus rapidement que maintenant. la c'est ce que je leur disais, s'ils leur arrivent un truc, même pas je songe à prendre le gamin, je vais avoir les familles des deux côtés qui vont me tomber dessus et ca va surtout etre baston à qui le garde :p je me mele pas d'un truc pareil ^^

      TarVal: tu m'etonnes! :D
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      Apparemment, j'ai dit des conneries sur la signification du mot baptême en lui-même, mais je maintiens ma théorie sur les parrains.

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    6. Petite coquille ?
      'bref, du point de vue du juriste, c'est vite de sens.'
      N'est ce pas 'vide de sens' ? ^^
      comment ça je suis maniaque et perfectionniste ? :o

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    7. En général, la démarche du baptême civil s'inscrit dans une logique d'affirmation d'un fort laïcisme et/ou d'un fort anticléricalisme; après, je ne connais pas les parents donc ne puis préjuger que c'est cette intention qui les anime.

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    8. Pour ma part, je te rejoins complètement : je découvre... et je ne comprends pas non plus ! Et en ces périodes de vache maigre, on pourrait se demander : ça coûte combien à la commune ce genre de plaisanterie ?

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    9. @ Christophe : Sauf que si les parrain et marraine ne font pas partie des personnes désignées pour cela par la loi, leur vœu restera silencieux. C'est d'ailleurs tout le sens de la proposition de loi dont je parle dans le billet : conférer un véritable statut aux parrain et marraine. Peut-être au prix d'une dissolution encore plus grande de la notion de famille, ainsi que le constate le Conseil Constitutionnel dans sa
      Décision n° 2011-163 QPC du 16 septembre 2011 (lire à partir de la page 11 - Application des dispositions contestées)

      @ TarVal : Ainsi que je viens de l'expliquer à Christophe dans le commentaire précédent, vu l'absence d'obligation juridique découlant du parrainage civil, il n'y a aucun risque à s'engager. J'attends de voir les premiers arrêts où des parrains et marraines revendiquant un droit sur un enfant délaissé par ses parents se feront retoquer par les tribunaux. Et encore une fois on criera au scandale, et encore une fois les journalistes raconteront n'importe quoi, et encore une fois personne n'y comprendra rien... J'en ai mal à la tête rie que d'y penser !

      @ L'araignée : Yep, tu as raison ! Hop, corrigé :)

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    10. @ Jerem : Pas seulement. J'ai discuté avec un père de famille qui m'a expliqué être chrétien, avoir fait baptisé l'enfant à l'église, mais qui avait souhaité aussi un baptême civil afin que toute la famille - partagée entre diverses obédiences religieuses pour certains et un profond athéisme pour d'autres - se retrouve dans des valeurs laïques. L'un n'est donc pas exclusif de l'autre.

      @ Loup : Aucune idée de ce que cela peut coûter. Ce serait intéressant à creuser.

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    11. Il y a en effet le "baptême civil" - le terme fait presque oxymore - et il se développe aussi des tas d'autres cérémonies, plus ou moins religieuses, plus ou moins spirituelles, plus ou moins bizarres d'accueil de l'enfant. En Suisse, il y a des célébrants spécialisés pour ça, ouverts à toutes sortes de propositions, ça penche souvent vers un retour à la terre, des trucs plutôt écolos. Il y en a aussi qui veulent un peu d'Eglise mais pas trop. C'est-à-dire qui ont un ami prêtre par exemple et qui veulent bien une bénédiction mais pas plus. Je ne sais pas si c'est très développé en France.

      A côté du succès du baptême civil, de nombreux prêtres voient arriver des demandes de "débaptisation"... Chose impossible bien sûr, parce que le baptême est "indélébile". A la limite, ils acceptent parfois d'effacer les noms de leur registre.

      La problématique est la même pour le mariage, on veut la solennité, les belles pierres de l'église, un poil de spiritualité, mais pas plus...

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    12. Cherche pas, c'est juste un autre prétexte pour piquer leur pognon aux copains à coup de cadeaux :-D

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    13. Je suis parrain civil de la fille d'un ami.

      J'ai été certes surpris par cette cérémonie en mairie sans autre valeur que symbolique mais ce fût un moment très politique avec affirmation de valeurs laïques et l'engagement des parrain+marraine d'accompagner l'éducation civique et républicaine de l'enfant ainsi que le discours du "camarade" adjoint au maire.

      Tout cela est certes sans aucune conséquence légale (à peine morale) mais cette étrange cérémonie était bien sympathique quand même.

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    14. @ TM : toujours pas d'accord. La mairie est la maison républicaine. Tout comme il s'y déroule des cérémonies de mariage (je dis bien cérémonie, parfois bien au-delà du simple protocole juridique de 10 minutes, j'ai a assisté à un mariage en mairie magnifique au début de mois), le maire (qui n'est pas plus pantin que d'autres sont curés, ou l'inverse) représente la communauté pour célébrer cet enfant. Je ne vois pas où il peut y avoir polémique mais je n'essaierai pas davantage de te convaincre.

      Ps1 : je précise que je ne suis pas athée

      Ps2 : En y réfléchissant, je trouve même le baptême religieux 100 fois plus choquant, et je remercie mes parents de m'avoir laissé le choix. Mais c'est un autre débat et là non plus je n'essaierai de convaincre personne en 10 lignes.

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    15. @ L'azimutée : La différence entre les mariages et ce baptême c'est que le mariage crée un engagement qui produit des effets juridiques irréfutables. Le phénomène de "débaptisation" est aussi très fort en Espagne. D'ailleurs on trouve très facilement des formulaires sur le net. Sur son blog, PascalR avait expliqué sa démarche personnelle ainsi que la motivation de sa demande, et avait également publié le courrier de réponse envoyé par l’Évêché.
      Très intéressante aussi l'info sur les célébrants spécialisés. Il ne s'agirait donc pas de Maires ou d'élus locaux. La célébration est totalement laïcisée mais du coup détachée de tout support étatique ?

      @ Nekkonezumi : Très fine analyse. Je remarque que c'est une nana qui avance cet argument vénal, cela ne surprendra personne ^^ Tiens, et si je demandais mon baptême civil moi ? Bougez pas, je prépare ma liste de cadeaux :D

      @ Karedig : Intéressant ton témoignage. Quand tu dis que le moment fût "très politique", quelle tournure cela a-t-il pris ? Je doute en outre que l'emploi de l'expression "camarade" soit fortuite ;)

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    16. Mon dernier frère a baptisé son fils civilement... la bonne affaire !! Nous étions à la mairie, réunis en petit comité et il a choisi des amis comme parrain et marraine qui n'ont aucun droit légal sur l'enfant. Au final un an après ils étaient tous fâchés et maintenant mon frère n'est plus de ce monde... Ce qui est étonnant, c'est que mon frère n'a jamais fréquenté les curés et encore moins les églises, et qu'il avait dans chaque pièce et au dessus de son lit un crucifix...
      bonne journée,
      Jj

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    17. @ Harry : (Quelle idée de commenter pendant que je réponds aux commentaires précedents, du coup je donne l'impression de t'avoir zappé). Nous ne sommes pas d'accord, et tant mieux, au moins il peut y avoir discussion.
      - La mairie est la maison républicaine : Entièrement d'accord avec toi.
      - il s'y déroule des cérémonies de mariage : certes, le mariage ne peut pas être célébré ailleurs, c'est une obligation légale.
      - le maire (...) représente la communauté pour célébrer cet enfant. Je ne vois pas où il peut y avoir polémique : j'entends bien l'argument. On fait donc la fête. Une fête privée dans laquelle on implique une autorité publique. Soit. Ce n'est pas gênant. Je n'en suis pas pour autant davantage convaincu par le sens et l'utilité de la démarche.

      @ Jj : Il devait être tellement habitué à leur présence qu'il ne les voyait même plus je suppose.

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    18. Je comprends la démarche de ceux qui refusent le baptême parce qu'ils se sentent blessés par l'Eglise ou pour toute autre raison. Pour autant, ils restent baptisés. Je me demande du coup si leur démarche a plus de valeur que quelqu'un qui arrête simplement d'aller à l'Eglise et refuse les sacrements (?) Je parle du point de vue de l'Eglise et non de celui de PascalR par exemple qui semble avoir vécu cela comme une libération. Mais c'est un autre débat...

      Pour les célébrations laïques, en effet, il n'y a rien d'institutionnalisé, rien d'officiel. C'est juste la démarche de parents qui veulent un peu plus qu'un bon repas et pas un baptême religieux. Du coup, cela prend des formes très vastes car cela rejoint les origines, croyances, rituels des parents. Un exemple : www.ashoka.ch/

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    19. J'avoue avoir du mal à comprendre ces démarches de débaptisation au delà du "je suis venu vous dire que je m'en vais..." D'autant plus que comme le souligne l'Azimutée un sacrement est "indélébile" sauf s'il était nul (i.e. les conditions de sa validité n'étaient pas réunies, ce qui explique que l'Eglise tout en affirmant le caractère indissoluble du mariage peut annuler un mariage ou plus précisément constater sa nullité).

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    20. Chose certaine, ça parle fortement du besoin de symbolique... qu'elle soit religieuse ou civique.

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    21. Je rejoins Bashô. A part le prêtre (avec la vieille bigote assise respectueusement au fond de l'église) qui aujourd'hui comprend parfaitement le sens de ce baptême religieux ? Les familles le font parce que ça se fait. Et puis après on ira faire la fête.
      A la limite je préfère ce "baptême" laïc qui doit être bien assimilé par les parents et les parrains, marraines qu'un baptême religieux où personne ne capte vraiment ce qu'ils font ici dans cette église.
      Parole d'apostat.

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    22. Mulot et Nicochat ont organisés un parrainage civil pour leur deux lardons. J'ai pu assister à celui du second.

      Je pense (mais ça a peut-être été déjà pointé dans les commentaires que je n'ai pas eu le courage de lire) que baptême civil n'est vraiment pas un terme adapté, parrainage civil, oui.

      Les parrains "chrétiens" sont censés élever l'enfant dans la foi, suppléer les parents en cas de défaillance, etc. Pourquoi ne pas envisager le parrain républicain dans la même optique ?

      Enfin, ça a été créé pour emmerder les curés, rien que ça me rendrait la chose sympathique, même si au final je m'en fiche légèrement ! ;)

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    23. Je dévie un peu du sujet mais quelque chose m'a frappé dans ton texte. Un enfant, après sa déclaration en mairie, devient citoyen au sens juridique du terme ?

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    24. @ L'azimutée : Merci pour le lien. C'est assez intéressant. Comme le dit Bashô, les sacrements sont indélébiles. Une demande de radiation des registres de baptême n'a donc aucune incidence, sinon celle symbolique de l'acte d'apostasie. Psychologiquement c'est loin d'être neutre.

      @ Bashô : Si tu as un peu de temps à perdre, et à moins que tu ne l'aies déjà fait, va jeter un coup d’œil aux canons 864 à 871 relatifs aux personnes à baptiser. C'est assez intéressant.

      @ Doreus : Malraux avait raison...

      @ PascalR : Normalement et depuis quelques années, les parents suivent un parcours obligatoire de préparation au baptême pour que la cérémonie ait un sens à leur yeux autre que celui de faire la fête et manger une grosse pièce montée. Après, je ne suis pas certain que tout le monde comprenne non plus exactement ce qu'il se trame dans une Mairie pour un baptême républicain. Le lieu change, les symboles aussi, mais leur compréhension reste dans les deux cas une question d'éducation.
      Amen ! :D

      @ Méchant Chimiste : Sur le principe, il est clair que l'idée est de casser les pieds à la curaille. Si tu avais lu les commentaires tu aurais sûrement croisé la proposition de loi de 2008 qui préconise des choses allant dans le sens de ce que tu avances. On pourrait toutefois y apporter d'innombrables critiques, mais c'est un autre débat.

      @ tnA : Pour être encore plus précis, un enfant est citoyen dès sa naissance, c'est à dire l'instant où il est expulsé du ventre de sa mère : c'est là le point de départ de la vie juridique. C'est ce qui explique par exemple que juridiquement l'avortement ne soit pas un homicide.
      La déclaration en Mairie a un rôle de constatation : informer l’État de l'arrivée d'un nouveau citoyen et permettre la mise en œuvre des droits dont l'enfant et ses parents peuvent se prévaloir à ce titre : je pense par exemple aux allocations familiales, ou tout simplement établir formellement le lien de filiation entre l'enfant et ses parents et permettre à ces dernier d'exercer leur autorité parentale.
      Ensuite, il faut tenir compte des dispositions légales relatives à la nationalité prévues aux articles 17 et suivants du Code civil. La nationalité est un concept juridique, la citoyenneté un concept davantage politique. L'accès à la nationalité conditionne l'accès à la citoyenneté (cf. notamment le débat sur le droit de vote des ressortissants de l'Union Européenne). Je citerais pour information l'article 18 du Code civil qui dispose que "Est français l'enfant dont l'un des parents au moins est français" et l'article Article 21-7 alinéa 1er du Code civil aux termes duquel "Tout enfant né en France de parents étrangers acquiert la nationalité française à sa majorité (...)" si les conditions requises sont remplies.

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    25. @ T.M. C'est pas ma faute, je suis un incorrigible fainéant (et puis j'ai un harmonium les tripes à l'air dans la cuisine qui demande à être terminé assez rapidement...).

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    26. je pensais que ça avait une réelle existence légale ! à mon avis créé pour "concurrencer" ou "éremplacer" le baptême religieux.... en tout cas je suis parrain "religieux" et ça n'a pas servi à grand chose !

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    27. Le baptême civil n'a aucune valeur juridique. Dans le cas où il faut confier l'enfant à d'autres qu'à ses parents, c'est le juge des tutelles qui décide sans tenir compte du choix des parents. Je pense que c'est juste pour avoir un motif de rassembler la famille autour de l'arrivée de l'enfant, ce qui ne se produit pas pour la naissance.

      En ce qui concerne le baptême religieux, dans les débuts de l’ Eglise on ne baptisait que les adultes. Le baptême était une démarche volontaire qui montrait une réelle volonté d'appartenir à une communauté religieuse.
      A partir du xiie siècle, on baptise les bébés. Officiellement, c'est à cause de la mortalité infantile très importante, pour qu'aucun enfant ne soit laissé à la porte du paradis (qu'on vient d'inventer ainsi que l'enfer)
      On apprend donc aux sages-femmes à baptiser et quelques gouttes d'eau suffisent en lieu et place de l'immersion.

      Tertullien a dit :
      "On ne naît pas chrétien, on le devient"
      Rien n'est plus vrai. Si on peut raisonnablement choisir à l'âge adulte, un contrat opposé à un nourrisson est une abération.
      Pour cette raison, le baptême n'engage que les adultes qui y ont consenti et en aucun cas les enfants victimes de cet abus d'autorité.

      Des motivations ? Je demandais récemment à un couple pour quelle raison ils avaient fait baptiser leurs 3 garçons alors qu'ils n'allaient jamais à l'église. Réponse : "Pour que les gens sachent qu'on n'est pas des arabes" ... sans commentaire.

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    28. @krn
      Le baptême "imposé" au nourrisson n'a en effet aucun sens si les parents ne comprennent pas le sens du baptême chrétien et ne sont pas décidés à élever ensuite leurs enfants dans les valeurs chrétiennes, et notamment les accompagner dans les autres sacrements de l'initiation que sont l'Eucharistie et la Confirmation.
      Mais si c'est le cas, si les parents sont pratiquants, si on parle de la foi en famille, que l'on prie et que les sacrements ont leur place, le baptême ne me paraît pas être un "abus". Au contraire, si l'enfant renie sa foi en devenant adulte, il saura au moins ce qu'il renie, ce qui n'est finalement pas le cas de nombreux apostats aujourd'hui.

      Concernant les motivations, le droit canonique est assez clair là-dessus : "Pour qu'un enfant soit baptisé licitement, il faut [...] qu'il y ait un espoir fondé que l'enfant sera éduqué dans la religion catholique; si cet espoir fait totalement défaut, le baptême sera différé, selon les dispositions du droit particulier, et les parents informés du motif." (Can. 868)
      Pour autant, peu de prêtres ont le courage ou l'envie de s'opposer aux nombreux baptêmes de convenance.

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    29. L'azimutée> Il y eut déjà un cas (médiatique) où le prêtre a conditionné le baptême à une éducation dans la foi chrétienne. Le monde médiatique lui est tombé dessus...

      T.M> déjà lu mon cher. Si le droit canon vous intéresse, vous pouvez lire ce blog : http://canonlawblog.blogspot.com/ L'auteur est très conservateur, manque d'humour mais apporte souvent un éclairage intéressant sur l'actualité. Il est consulteur au Tribunal de la Signature Apostolique ce qui en dit long sur ses compétences techniques.:)

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    30. Si éducation religieuse il y a, elle doit comprendre les enseignements d'absolument toutes les croyances.

      L'éducation est l'ennemie de la liberté de penser. Il est prouvé qu'avant d'entrer dans le système scolaire, 98% des enfants ont un sens créateur et une ouverture d'esprit qu'ils vont perdre au fur et à mesure des années. Plus ils sont éduqués et plus leur esprit se focalise. Ils deviennent incapables de voir autre chose que ce qu'on leur montre.
      L'éducation religieuse est un piège de la même nature et il est très difficile de se dépêtrer des acquis faits très tôt dans la vie.
      Née au sein d'une famille catholique pratiquante, j'avais été tellement été endoctrinée que j'ai même envisagé sérieusement de devenir religieuse.
      Heureusement, devenue étudiante, j'ai eu deux amis orthodoxes et un autre musulman.
      Après de longues discussions, il est apparu qu'aucun de nous ne détenait la vérité.

      Je dois dire que ce que j'ai appris depuis m'a donné un sentiment de gâchis énorme. Je n'en veux pas à mes parents car je pense qu'ils étaient sincères et ont été abusés comme je l'ai été.

      Malgré tout, j'ai laissé mes enfants sans aucune éducation religieuse, pour ne pas leur mentir et les laisser vierges de tout bourrage de crâne.

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    31. Chez nous c'était là:
      http://nigloo.20six.fr/nigloo/art/1451764/DEUX-M-CIVILS-et-UN-B-REPUBLICAIN
      Né dans la "bondieuserie", grandes tante bonnes de cure, ma mère faisait le cathéchisme aussi;gamin j'ai servi la messe hiver comme été à 7h du mat à un km de chez moi avant l'école et j'en passe....Certains "religieux" m'ont beaucoup plus déçu que des politiciens alors.....!:(

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    32. krn> "L'éducation est l'ennemie de la liberté de penser". Il faudrait peut-être nuancer cette affirmation, non? Prenons l'exemple de la langue maternelle, on apprend à l'enfant par l'exemple et/ou de manière plus formelle à parler la langue de ses parents et de la société dans lequel il commence sa vie. C'est un préalable absolument indispensable à la communication avec autrui et à toutes réflexions intérieures. Un enfant qui n'est pas éduqué ainsi est condamné à être idiot au sens étymologique du terme.

      Par ailleurs est-ce que ça bride la capacité de création? La poésie et la prose montrent que non : on ne peut pas créer sur du vide, il faut partir de quelque chose qu'on surmonte. Cela vaut pour tous les langages au sens large du terme : Picasso s'inscrit dans une longue histoire; on peut voir sa peinture comme un dialogue avec ses devanciers (je pense en particulier à Velasquez). C'est la même chose pour l'éducation religieuse : on ne peut pas avoir la foi (ou une spiritualité) bâtie sur du vide...

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    33. Bashô, tu as raison, je me suis mal exprimée, j'aurais du écrire "les systèmes d'éducation". Je pensais plus particulièrement à l'éducation nationale française, mais j'ai généralisé car il n'y a pas que des français qui lisent.
      Il y a des bases culturelles indispensables, mais il me semble également indispensable d'enseigner aux enfants qu'ils doivent aussi apprendre de leur expérience propre et non ce seulement ce qui leur est transmis.

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    34. J'ai appris récemment à ma surprise que formulé convenablement (testament, etc...) la volonté des parents de confier en cas de décès l'enfant à un tiers non parent direct pouvait parfois être pris en compte. Peut-être le baptême civil participe t-il de la même présomption en faveur des parrains/marraines?

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    35. @ Tous : Hé bien, ça discute par ici :)

      @ Flavien : La tutelle testamentaire, dont tu parles, existe bel et bien. Elle est bien réglementée. Sauf que, selon l'article 403 du Code civil, elle résulte obligatoirement et uniquement d'un acte notarié. En outre, si une tutelle devait être ouverte à l'égard du mineur, les personnes sollicitées pour constituer le Conseil de Famille doivent avoir manifesté un intérêt pour l'enfant ; être parrain ou marraine peut être un indice mais ne saurait être suffisant.

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    36. Pour moi, le mariage est aussi inutile et absurde que ce baptême civile, ne servant qu'à occuper des institutions qui ont franchement mieux à faire.

      J'ai 1 fois été à un baptême religieux et je me suis juré que plus jamais j'y foutrais les pieds. Ca n'est pas pour fréquenter une version édulcorée (civile) tout aussi absurde.

      Mais les gens font ce qu'ils veulent de leurs journées...

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    37. @ Laurent : A la différence près que le mariage produit des effets patrimoniaux et extra-patrimoniaux non négligeables...

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    38. Je n'ai pas lu tous les commentaires mais laisse moi te raconter mon expérience : quand mon fils est né, les familles attendaient un baptême religieux ce qui était hors de question en ce qui me concerne. J'avais entendu parler du parrainnage civil et ça semblait un bon compromis. Avec le temps, je me suis convaincu, peut être par anticléricalisme, peut être pour faire chier la famille, qu'un parrainnage civil était un acte certes symbolique, mais qui reflétait parfaitement ma conception républicaine et laïque de la vie en société. En faisant ce geste, j'ai considéré que je rendais une sorte d'hommage à la démocratie (ne me dis surtout pas que ça a été créé par Pétain?) et à la république dans tout ce qu'elle représente de plus honorable, toutes les valeurs auxquelles je crois plus que jamais, quand bien même elle semble en mauvais état.
      Peu importe que cette cérémonie n'ait aucune valeur juridique, elle a été pour moi un moment fort de mon sentiment de citoyen républicain et laïque (je sais je me répète).
      Mon fils a 12 ans et je l'élève du mieux que je peux dans ces principes qui font la devise de notre pays.
      Mon seul regret : ne pas lui avoir laissé le choix comme je l'ai laissé à ma fille qui a décidé de se faire baptiser religieusement!

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