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  • 21 septembre 2012

    Made in Argentina

    Lorsque l'on part vivre six mois à l'étranger, on prévoit un certain budget dédié notamment à se loger, se nourrir, se déplacer, assurer de menues dépenses quotidiennes destinées à améliorer l'ordinaire et faire un minimum de tourisme, parce que bon, hein... on va pas se priver non plus au prétexte que tout ceci ne serait que strictement professionnel. Et puis quoi encore ? 

    Mais surtout, on prévoit un petit bas de laine, une poire pour la soif, okazou... Et sur ce coup là, j'ai plutôt été bien inspiré. Car voila-t-y pas qu'au bout d'à peine quinze jours sur le territoire Argentin, mon ordinateur portable a décidé, certainement pour mettre un peu de piment dans le maté, de décéder, tout simplement. Hop, kapout, anapu... Je vous passe les différentes étapes de cette laborieuse agonie pour vous livrer le résultat final : j'ai du en racheter un autre, ne serait-ce que pour conserver un lien avec le reste du monde, et accessoirement pour pouvoir travailler (un peu, aussi).

    Acheter du matériel informatique en Argentine ce n'est pas aussi simple que l'on pourrait se l'imaginer de premier abord. Non pas pour des raisons bancaires : voyez-vous lorsqu'il s´agit de faire entrer du fric, les Etats savent toujours rendre les choses assez simples. Le problème est ailleurs.

    Peut-être savez-vous que depuis maintenant une vingtaine d'années, l'Argentine connaît une grave et profonde crise économique qui a provoqué une dévaluation vertigineuse du Pesos ainsi qu'une inflation étourdissante (voir aussi ce dossier fort intéressant). Des gens m'ont raconté qu'une année l'inflation était tellement délirante que les prix dans les magasins étaient actualisés heure par heure à coup de messages par micro. Je ne vous raconte pas la panique à bord : d'une minute à l'autre le prix de tout ou partie des marchandises pouvait augmenter de 10 ou 20 pourcent ! Si aujourd´hui la situation n'est plus aussi sombre, le pays est encore loin d'être sorti d'affaire. Et il s'en faut de beaucoup.

    L'une des solutions pour sortir l'Argentine du gouffre économique abyssal dans lequel elle se trouve, fut de favoriser la production locale afin de renforcer l'industrie et ainsi de créer de l'emploi (tiens tiens, cela me fait penser à des idées de certains de nos candidats à la présidentielle). Concrêtement, pour mettre en oeuvre cette première mesure, le gouvernement a décidé de limiter, voire d'interdire, l'importation de certains produits, notamment technologiques, et de les faire produire en Argentine. Pour vendre en Argentine, il faut produire en Argentine, en Terre de Feu pour être exact. A priori le concept est simple, logique et efficace.

    En conséquence de ceci, on trouve en Argentine tout un tas d'ordinateurs et de téléviseurs de marques totalement inconnues dans le reste du monde, et pour cause : elles n'existent que ici ! Le revers de la médaille est qu'il est extrêmement difficile de trouver des marques un tant soi peu connues et fiables dans le commerce. Ainsi un vendeur bavard (et potentiellement très sensible) me confiait ne pas avoir eu d'ordinateur - d'une marque asiatique bien connue - en stock depuis environ un an et demi ! Idem, la marque à la pomme qui prend ses clients pour des poires est interdite de séjour pour avoir refusé de produire sur le sol Argentin.

    Autre élément à prendre en compte : le coût de production, qui est nettement plus élevé, et qui se répercute nécessairement sur les prix. Une machine ici coûte facilement 15% plus cher qu'en Europe. Et les modèles ne sont pas de dernière génération : impossible de mettre la main sur un processeur plus avancé qu'un Core i3. Bon, à vrai dire je m'en moque un peu, je n'ai pas besoin d'une machine surpuissante pour bloguer et consulter ma messagerie. Mais du coup, pour trouver de bons produits, les Argentins font leurs courses à l'étranger lorsqu'ils partent en vacances, soit au Brésil, soit en Floride.

    Et c'est là que tout se gâte ! Car pour limiter les achats extérieurs et renforcer l'industrie nationale, le gouvernement Kirchner est en train d'étudier la mise en place d'une nouvelle taxe douanière applicable à tous les achats réalisés par les Argentins revenant d'un pays étranger. Passé un certain montant global, hop, on taxe. Ceci n'est encore qu'à l'état de projet mais les débats son assez virulents entre les pour et les opposants.

    Voilà qui donne de quoi réfléchir à ce que l'on veut faire chez nous...

    Très égoïstement, outre ces inconvénients, je me retrouve avec un ordinateur, certes flambant neuf et revêtu du sémillant petit logo que vous pouvez admirer sur la photo d'illustration de ce billet, mais surtout muni d'un clavier espagnol sur lequel je n'ai plus du tout mes repères. Et ça, c'est vraiment pénible !

    15 commentaires:

    1. Un paradis où la prison dorée à la pomme ne sévit pas? N'en rajoute pas plus, si par dessus le marché Surveybook ne gangrène pas toutes les relations je débarque!

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    2. Oh putain j'en ai loupé des choses, je ne savais même pas que tu partais o_O

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    3. Eh oui, on ne connaît pas son bonheur chez soi, il faut parfois pour s'en rendre compte partir ailleurs.

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    4. Tu ne reconnais pas ton clavier, mais peut-être que tes petits doigts potelés connaissent le clavier français par coeur ? Passe-le donc en français et arrête de regarder le clavier, laisse tes mains s'exprimer...

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    5. Le logo de la Terre de feu n'est pas trop dépaysant : Bleu, blanc, rouge !

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    6. ah bin voila un pays où il fait bon vivre!! Au moins chez eux, ils ne vont pas faire la queue tous les six mois pour enrichir des gros actionnaires qui ne peuvent même plus se lever de leurs fauteuils!!Et, dans dix ans tu taperas peut-être encore sur ce clavier là....En plus, tu y trouveras peut-être aussi d'autres avantages au "made in Argentina"!:)

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    7. le principal c'est que tu ai un ordi ! c'était beaucoup plus cher ? en tous les cas, voilà qui est interressant à connaitre ce qui se passe , bonne journée

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    8. En arrivant en Suisse je suis passée d'un clavier Azerty à un clavier Qwertz, c'est pénible quelque temps, mais on s'y fait relativement vite. Ce qui est étonnant, c'est que lorsque je repasse occasionnellement sur un Azerty, je n'ai aucune difficulté d'adaptation. Bref, tu vas devenir bilingue du clavier. :)

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      1. Pareil que l'Azimutée... on a tous dû s'y faire à un nouveau clavier en partant à l'étranger. Moi aussi je me suis fait aux joies du clavier QWERTZ de la sphère germanophone, eh bien figure-toi que, même si je suis devenu "bilingue" du clavier, franchement je n'aime plus notre AZERTY à nous, qui nous impose de presser sur "shift" pour taper les chiffres ou un point. Ridicule. Cela dit, je suis un peu ennuyé pour taper le "C cédille" et le "i tréma" qui n'existent pas sur le clavier allemand... Je ruse.

        Le clavier espagnol (au moins celui qu'ils ont en Espagne, je sais pas si en Argentine il est différent) est le meilleur clavier pour écrire en français! Il y a tous les trémas et accents du monde, on peut taper un grand C cédille majuscule sans correction orthographique, les accents sur les lettres capitales qui permettent d'écrire Champs-Élysées plutôt que "Champs-Elysées"... Tu t'y feras très bien!

        Sinon en tout cas merci pour ce compte-rendu intéressant. Eh oui, tu fais l'expérience du protectionnisme économique. Ca n'a pas que des bons côtés...

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    9. Porque esta hecho para que escribas en español ! solo te queda bloguer en otro idioma ...

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    10. j' attends la suite a l'histoire du clavier avec impatience Et la vie en Argentine ?

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    11. Oye... la tuile totale, j'espérais que tu avaispu réparer ! La machine est-elle déjà plus ou moins à revendre avant le retour ? Au moins, toi, tu sais trouver les accents (moi je me rappelle avoir ramé avec un clavier allemand pendant une semaine...)

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    12. ordinateur "kapout" je vois que tu parles bien l'argentin....!!!

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    13. Alors, tes doigts sont déjà bilingues?? ;)

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    14. au moins, dans ce pays ils essaient de s'en sortir de leur crise.. en n'utilisant pas des marques riches d'ailleurs.. bon après y vivre c'est autre chose!!! mais j'aime bien cette idée ....comme quoi: on peu s'en sortir.. et peu être que ton PC: va te durer plus longtemps que prévu..;-))
      j'aime bien tes récits.. merci à la photo du mois pour la découverte de ton blog.;;-))

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