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  • 8 avril 2017

    Sur la piste des Cromlechs de la montagne d'Espiau

    Aujourd'hui je vous emmène sur la piste des cromlechs de la montagne d'Espiau, dans les Pyrénées.

    Les cromlechs sont des alignements mégalithiques protohistoriques, autrement dit des alignements de pierres d'assez gros volume, généralement disposés en cercle.

    Datés d'entre 2000 et 3000 avant notre ère, leur fonction exacte demeure inconnue. D'après ce que j'ai pu lire, on leur attribue une fonction funéraire doublée d'une fonction d'observation du ciel. Le plus connu d'entre tous les cromlechs, et certainement le plus spectaculaire, est celui de Stonehenge. Ceux que je suis allé voir n'en ont ni l'élégance ni la majesté. Qu'importe... ayant appris leur existence - à portée de chaussure de randonneur - tout récemment, il m'était difficile de ne pas aller sur place à la première occasion.


    Le départ se fait à Saint Aventin, petit village de pierres situé au dessus de Luchon, dans les Pyrénées. Un lieu hors du temps, au milieu des montagnes et des estives où gambadent isards, vaches et moutons.


    La balade commence par le chemin qui longe l'église. Une très belle petite église romane du XIe siècle qui présente la particularité de posséder deux clochers. Comme c'est souvent le cas dans les Pyrénées, j'en avais déjà parlé pour l'église Saint Juste de Valcabrère, les constructions romaines et préromaines implantées dans toute la région ont souvent servi de matériaux de pour d'autres bâtiment. Aussi peut-on observer ici et là des fragments de bas-reliefs d'une toute autre époque incrustés dans les murs.

    Le tympan situé au dessus du porche, représentant le Christ entouré des quatre évangélistes, ainsi que les chapiteaux illustrant différents épisodes bibliques ou encore une splendide vierge à l'enfant, méritent que l'on s'y attarde un petit peu. Je suis toujours admiratif par ces témoignages de dévotion populaire la richesse incroyable des détails sur ces petites églises qui sont de véritables joyaux, surtout en plein cœur de nulle part, ici où l'accès devait être, jusqu'à encore récemment, toute une aventure...


    Le chemin commence par le sentier balisé n°60. On s'éloigne peu à peu de Saint Aventin tandis que se déploie un paysage encore engourdi par l'hiver. Les cimes sont encore bien enneigées et les pentes herbeuses n'ont pas encore recouvré leur verdeur.


    Le sentier bifurque ensuite vers le n°77 balisé en jaune. La promenade dominicale vire à l'ascension : une petite heure de montée non-stop pour un dénivelé de 400 mètres. Le paysage change peu à peu, la végétation basse laissant place aux prairies.


    Malgré le soleil, le vent est frais et je ne regrette pas de m'être encombré d'un coupe-vent molletonné.

    Les moutons sont déjà là. Béééé par-ci, béééé par-là... ils n'ont pas l'air d'être dérangés pas le vent froid, eux.


    Un peu plus loin c'est un groupe d'isards que j'aperçois. Ils me regardent, je les regarde, nous nous observons mutuellement. Ils n'ont pas l'air de bien comprendre ce qu'est cette grosse bête en face d'eux. 

    Le vent venant de face, ils n'ont pas perçu mon odeur. Je continue à m'approcher. Je n'en ai jamais vu d'aussi près. Puis les voilà qui détalent à toutes pattes en direction d'un petit bois. Je les reverrai plus tard mais de beaucoup plus loin, sur le chemin du retour.


    C'est fascinant de penser qu'en ces mêmes lieux, plutôt hostiles, l'homme était déjà présent il y a 4000 ans et qu'il y croisait déjà des isards, les mêmes que ceux que je viens de photographier.

    Je n'ai en revanche croisé aucun ours. Le seul présent sur place tenait l'appareil photo...

    Quelques efforts plus tard me voici arrivé aux cromlechs, situés tout en hauteur, offrant un superbe panorama sur les cimes et vallées environnantes. 


    Comme je l'indiquais au début de ce billet, ces cromlechs n'ont rien de particulièrement ostentatoire. De grosses pierres réunies en cercles de un à deux mètres de diamètre et dont on perçoit que la répartition n'est pas le fruit du hasard mais celui du travail de l'homme, 5000 ans en arrière.

    C'est fou comme il suffit parfois de peu de choses pour voyager loin... Un voyage dans le temps en l'occurrence. Et je trouve extrêmement touchant ces petit signes du passé, trois fois rien, quelques cailloux rassemblés au milieu des immensités montagneuses qui, pourtant, nous parlent de nous, de ce que nous avons été et qui, quelque part, nous interrogent sur ce que nous sommes devenus. C'est étourdissant lorsque l'on y pense...


    Ici rien n'a significativement changé depuis ces temps lointains, si ce n'est les rares petits villages ramassés qui ont poussé  autour de leur église et dont j'entends au loin, de temps à autre, sonner la cloche fêlée égrenant les heures.

    Et nous, que laisserons nous de notre époque que l'on viendra admirer dans 5000 ans ?


    Du fond de la vallée monte une série de tintements sourds. C'est la voix éraillée de la cloche du village d'en contre-bas et que j'entrevois au loin qui annonce cinq heures.

    Il est temps pour moi d'abandonner les cromlechs à leur éternité et de rebrousser chemin.


    4 commentaires:

    1. En fait, les cromlechs, c'est des alignements -de Carnac- réalisés par des bretons bourrés ;-)

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      1. Des bretons bourrés, n'est-ce pas un pléonasme ? ^___^

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    2. Oh merci, moi aussi j'adore ces machins mégalithiques !!! Et là en plus perdu au milieu de nulle part, c'est encore plus émouvant. Les alignements de Carnac justement me rendent dingue !! (Et Er Grah, la table des marchants de Locmariaquer !!!)

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      1. Rhââlala... J'aimerais tellement voir tout ça ! Il me faut absolument programmer 15 jours en Bretagne.

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