L'autre jour je suis tombé sur cette image qui m'a amusé :
(Fig. 1 : Le protocole expérimental)
Selon ce schéma (Fig.1), si votre index est plus court que votre annulaire, vous êtes un gros macho foufounôphage. Un hétéro quoi. Si en revanche votre index et votre annulaire sont de même taille, vous êtes probablement gay. L'expérience donne des résultats inverses pour les nanas : si votre annulaire est plus court que votre index, vous êtes une suceuse de bites. Dans le cas inverse, une broute-minous.
L'info n'est pas toute neuve. Elle est par exemple relayée dans un très long article du
New York Magazine daté du 17 juin 2007,
The Science of Gaydar, qui expose les résultats d'une enquête sur les rapports entre morphologie et sexualité. Ainsi peut-ont lire :
" The relative lengths of our fingers offer another hint: The index fingers of most straight men are shorter than their ring fingers, while for most women they are closer in length, or even reversed in ratio. But some researchers have noted that gay men are likely to have finger-length ratios more in line with those of straight women, and a study of self-described “butch” lesbians showed significantly masculinized ratios."
Je me suis bien entendu amusé à réaliser l'expérience sur mes paluches. Et là, ce fut le drame.
La démonstration en images.
I- Protocole expérimental
Soit un individu de sexe masculin ayant des affinités incontestables pour les compagnies viriles et les films de gladiateurs : moi. Pour notre expérience nous nous intéresserons seulement à un fragment de sa personne, dont la taille raisonnable permet une manipulation aisée : sa main droite.
Réalisons ensuite une photo de cette partie de l'anatomie du sujet et traçons sur le cliché ainsi obtenu une ligne droite, perpendiculaire au champ, qui servira à mesurer par comparaison la longueur relative des doigts. comme indiqué sur la Figure 1. Ce sera notre Figure 2. Regardez
plutôt :

(Fig 2. La main droite de T.M. - Vue de dessus.)
Remets toi de tes émotions et ravale tes fantasmes les plus inavouables. Oui, tu as bien devant tes petits yeux émus la poigne virile de Tambour Major, celle dont chaque pore transpire la testostérone à l'état pur, celle qui astique avec véhémence dans les moindres recoins (je parle de récurer ma salle de bain, petit dégoutant !), celle qui cajole autant qu'elle punit... ( ahem, là oui, je dérive...).
Mais revenons à nous moutons et observons trois papillons ce qui doit ici retenir notre attention : la longueur relative de l'index et de l'annulaire.
(Fig. 2bis)
Tu constates avec moi (cf. Fig.2 supra) que l'index est nettement plus long que l'annulaire.
Qu'en conclure ?
II- Tentative de démonstration
Reprenons désormais les axiomes exposés précédemment :
1/ Rectus masculis
- Le sujet masculin est un gros macho foufounôphage si l'index est plus court que l'annulaire.
- Si ces deux doigts sont de longueur égale, alors sa propension à sucer des bites augmente exponentiellement.
Or dans le cas présent, l'index est nettement plus long que l'annulaire. Ni l'une ni l'autre hypothèse n'est vérifiée, ce qui interdit de tirer la moindre conclusion à ce stade de l'expérience. Force est de constater qu'aucune interprétation n'est possible me concernant pour l'instant.
Mais cela devient plus intéressant lorsque l'on prend en considération la réversibilité de la théorie, ce qui signifie que les résultats sont inversés chez les filles. On déduit par conséquent les deux axiomes suivant.
2/ Inversus feminis
- Si votre annulaire est plus court que votre index, vous êtes une suceuse de bites.
- Si annulaire et index sont de même longueur vous êtes certainement une broute-minous.
Les
Fig.2 et
Fig. 2bis correspondent à la première de ces deux nouvelles hypothèses. Ce qui signifierait que je suis une suceuse. Certes, je ne nierai pas cet état de fait. Je me suis même laissé aller à quelques
épanchements pédagogiques sur ce sujet. Sauf que... je ne suis pas une fille, et cela ne fait aucun doute (si si, je vous assure).
Alors que conclure de tout cela ?
III- Analyse critique
A l'évidence ces critères ne donnent aucun résultat probant sur moi. Suis-je donc à ce point hors-normes ? Oui, parce que c'est bien beau de rigoler mais enfin, j'aimerai bien savoir ce qu'il en est !
Comme je l'ai indiqué plus haut,
l'article du NYM cité expose certaines des conclusions d'une enquête sur les relations entre morphologie, gendre et sexualité et qui tente de démontrer que ces trois éléments sont liés, qu'il est possible de déduire la sexualité d'une personne en fonction de critères physiologiques objectifs tels que le sens d'implantation des cheveux, la longueur relative des doigts, l'intonation de la voix, certains détails des empreintes digitales...
“These are all part and parcel of the idea that being gay is different—that we are different animals to some extent,” says Simon LeVay, the British-born neuroscientist who has dedicated himself to studying these issues. “Hirschfeld was right. I support the idea that we’re a third sex—or a third sex and a fourth sex, gay men and lesbians. Today, there’s scientific documentation behind this.”
continue l'article qui, au delà de ces caractéristiques apparentes, s'attaque au fond du problème : les causes. Et là c'est un frisson qui me parcourt le dos. Car, peut-on lire, il y aurait des causes biologiques à tout cela, les hormones en milieu intra-utérin joueraient un rôle, que l'homosexualité pourrait être la conséquence d'un développement "anormal" du foetus, que la génétique pourrait avoir un rôle dans la détermination de la sexualité... Tiens tiens, nous y voilà enfin. Sous des odeurs inoffensives de barbe à papa, voici la puanteur d'une étude qui n'est pas sans rappeler certaines thèses eugénistes développées dans les heures les plus obscures de notre histoire contemporaine. Je ne vous fait pas un dessin.
IV- Tentative de conclusion
Tout d'un coup ce petit jeu m'a fait nettement moins rire. L'absence de pertinence des résultats obtenus dans le cadre de cette petite expérience contribue à démontrer, s'il en était encore besoin, l'inanité de ces études dont on ne perçoit pas toujours très bien les tenants et aboutissants. Je ne suis pas le premier blogueur à écrire sur ce sujet, d'autres l'ont fait avant moi. Je ne serai pas le dernier non plus. Penser que l'homosexualité résulte d'une cause unique relève de la paresse intellectuelle tout autant qu'elle réduit l'homme à un amas de cellules. Quel manque de considération.
A vrai dire je pensais au départ faire un billet léger pour dire que comparer la longueur de ses doigts pour savoir si l'on est Gay ou Hétéro, c'est vraiment n'importe quoi, et en rire de bon coeur. M'être rendu compte que j'avais failli me faire avoir comme un con m'a beaucoup moins fait rigoler. Après hésitation, je reste sur ma première idée. En gardant à l'esprit que la chose la plus inoffensive peut servir les causes les plus méphistophéliques. Pressons-nous de rire de tout disait Beaumarchais, de peur d'être obligé d'en pleurer. D'un rire frivole et détaché.

(Fig 3. Sans légende...)