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  • 28 janvier 2013

    Et en plus il est drôle...

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    Nouveau week-end passé avec mon argentin à nous faire des bisous et à découvrir la ville. Cette fois-ci nous  nous sommes rendus dans le quartier chinois, dans Belgrano. En fait de quartier il s'agit plutôt d'une grande rue, bordée de boutiques. Les unes sont remplies de choses que l'on ne peut s'empêcher d'acheter, dont cette fabuleuse lampe-cochon, les autres se proposent de faire réduire la taille de vos jeans avec une variété infinie de bouffe en tout genre, de la brochette de chair de poisson fri (délicieux), aux boulettes de patates pannées, en passant par des travers de porc caramélisés.

    Aujourd'hui, il m'a fait découvrir San Isidro, charmante ville un poil cossue au Nord de Buenos Aires, ses maisons d'époque, sa jolie cathédrale néo-gothique. Il faisait bon, un petit air frais coupait le mordant du soleil, le ciel était bleu, un jour parfait.

    Oui, ce fut un week-end simple, sans complication. Juste être ensemble et faire ensemble des choses que l'on aime : manger, se balader en ville, faire les magasins, dire des bêtises, regarder des films gores, aller au cinéma, se réveiller dans les bras l'un de l'autre... Il n'y a aucun enjeu, aucune obligation de résultat, aucun but, sinon d'être ensemble et de profiter du moment présent en ayant conscience que le temps perdu ne se rattrape plus. Une relation spontanée, franche, mais bornée par cet irréversible compte à rebours qui coupera net une jolie petite histoire naissante. 

    En trois semaines, c'est le second week-end que nous passons totalement ensemble. Et à chaque fois le temps semble ne plus avoir d'emprise. Et dire que j'hésitais à le rencontrer !

    Ce soir je suis allé faire un tour sur son compte Instagram après qu'il m'a demandé d'accéder au mien. Ses photos n'ont en soi rien d'extraordinaire, sauf bien entendu celles sur lesquelles on voit son joli minois. Mais ses commentaires sont souvent très drôles. Un humour fin et décalé comme je l'aime, celui-là même qui transparaît déjà dans ses grands yeux un peu fous. Celui-là même qui fait que nous sommes pour pas mal de choses sur la même longueur d'ondes.

    Oui, malgré moi je deviens totalement accro à ce garçon. Même si j'essaie de me protéger, il est des choses qui ne se contrôlent pas. Le retour en mars risque vraiment d'être cruel.

    Tu le sens monter le coup de cafard ? Tu le sens ?

    26 janvier 2013

    Réalité familière

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    Presque cinq mois que je suis en Argentine. Cinq mois. Dans quelques semaines sonnera l'heure du grand retour. Enfin, ou déjà, je ne sais pas trop. Certaines choses me manquent un peu, j'y pense parfois avec une douce et heureuse nostalgie. Je me suis attaché à d'autres qui font désormais partie de mon quotidien et qui, je crois, me manqueront une fois rentré à Toulouse. 


    Il y a quelques heures, j'ai feuilleté mes photos, en commençant par celles prises lors de mon arrivée ici. Je me souviens exactement de l'excitation de ces premiers instants.

    En revoyant ces photos j'ai à nouveau ressenti très précisément l'émotion intacte de mes premiers pas dans Buenos Aires, cette grande ville dont je ne connaissais rien et pour laquelle chaque mètre parcouru révélait de nouveaux attraits : l'Avenue 9 de Julio et son obélisque, la Casa Rosada, cette rue dont je ne sais toujours pas le nom et dans laquelle j'avais craint de m'être égaré, ce quartier non-loin de Puerto Madero qui me semblait à l'époque au bout du monde et dans lequel j'avais peur de m'aventurer par crainte de ne plus savoir rentrer chez moi, alors qu'il est en réalité tout proche et que je le connais aujourd'hui comme le fond de ma poche. 


    Oui, c'est une sensation assez étrange que de revoir ces photos et de me dire que tout ce monde naguère inconnu m'est aujourd'hui parfaitement commun. Ma vie ici, qui s'est faite à son tour presque ordinaire...


    25 janvier 2013

    Le temps de bloguer

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    Pas trop le temps de bloguer en ce moment. Beaucoup de choses qui m'accaparent, et trop peu à raconter. J'aurais bien des photos à vous  partager mais je n'ai pas le temps de les choisir parmi les 2700 prises depuis septembre dernier, ni le temps de penser au texte qui les accompagnerait, ni de les mettre au format du blog - quelques petits clics sous Paint, vous voyez un peu la corvée.

    Peu à peu le jour de mon retour définitif en France approche. C'est assez étrange, alors que ma vie commence seulement à prendre son rythme ici. Tout abandonner en plan, et reprendre sa vie d'avant, retrouver des visages, des odeurs, des sons, des paysages connus. Et laisser ce garçon avec qui je passe de si jolis moments... Ainsi va la vie ! Mais ces six mois resteront uniques, cela ne fait aucun doute. Profitons du temps qui reste, vivons aujourd'hui et laissons à demain ces problèmes.

    Oui, j'aurais plein de choses à vous dire, lorsque j'aurai à nouveau le temps de bloguer.

    Il est tard, je dois dormir un peu, tout de même.

    15 janvier 2013

    La Photo du Mois : "Degré"

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    Bonjour bonjour, nous sommes le 15 janvier 2013, il est midi tapante, c'est le moment de notre rendez-vous habituel avec La photo du mois.

    Chaque 15 du mois, un groupe de blogueurs publie à midi heure de Paris, une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Pour cette première édition de l'année,  Frédéric qui nous propose le sujet suivant :
    "On peut dire qu’il a été l’origine de toute vie sur Terre… et qu’il doit être respecté à son unité près. Ce n’est pas mon cas cette nuit, pour ça que je vous publie le sujet à 6 h du matin et un dimanche ! On le retrouve dans tous les domaines. Essentiellement ceux scientifiques. Mais aussi artistiques. Il vaut mieux éviter de plaisanter avec pour un architecte s’il veut voir son œuvre tenir debout. Moi, je l’aime au second. Grâce à la connerie humaine en grande partie. Il est complètement représenté dans le 5e élément de Besson. En frappant sur le clavier, je me rends compte qu’il se trouve même dessus ! Bref, il s’agit du  Degré."
    Pour aborder le thème j'aurais pu vous parler de la température estivale étouffante de Buenos Aires. Mais c'est d'un tout autre genre de degré dont il va s'agir aujourd'hui.

    La photo de ce mois-ci  pourrait s'intituler "180 degrés"...

    Elle a été prise le 4 janvier dernier, au retour d'un court mais intense voyage au Chili, juste apès le passage de la frontière par le Passage Libertadores, qui, au terme d'un périple d'au moins sept heures, relie la ville de Mendoza à Santiago.

    Une fois entré en territoire chilien, une route un peu particulière attend le voyageur puisqu'elle est constituée d'une trentaine de virages en lacets - à 180 degrés ! - qui permettent de relier abruptement le tunnel  frontalier, situé à une altitude d'environ 3200 mètres, à la vallée puis à Santiago, située à une altitude de 600 mètres environ. Accrochez vos ceintures ça va tanguer !

    Pour vous donner une idée de l'échelle, sachez que les petits points rouge et jaune que l'on distingue dans le tiers bas-droit de la photo ce sont des... ouvriers !

    Autant vous dire que cette route est relativement dangereuse et que les accidents y sont fréquents, qu'il s'agisse d'un simple accrochage dans l'un des virages ou, de façon beaucoup plus dramatique, de freins qui lâchent...

    Et chez les autres blogs, ça leur a inspiré quoi ce thème ?

    100driiine, A&G, Agrippine, A'icha, Akaieric, Alban, Alexinparis, Alice Wonderland, Angélique, Anne, Anne Laure T, Annick, Arwen, Ava, Batilou, Bestofava, Blogoth67, Calamonique, Cara, Carnets d'images, Caro, Carole In Australia, Caterine, Cathy, Cekoline, Céliano, Céline in Paris, Cessna, oui !, Champagne, Cherrybee, Chris et Nanou, Christeav, Coco, Cocosophie, ook9addict, Cricriyom from Paris, Cynthia, Dame Skarlette, David et Mélanie, DelphineF, Djoul, Dorydee, Dr. CaSo, E, El Padawan, Eloclemence, EloFFort, Eurydice, Fanfan Raccoon, Filamots, Flo, François le Niçois, Frédéric, Galinette, Gilsoub, Gizeh, Guillaume, Happy Us, Hibiscus, Isaquarel, J'adore j'adhère, Jean Wilmotte, Josiane, Julie, Juriste-in-the-city , Kob, Krn, Kyoko, La Fille de l'Air, La Flaneuse, La Messine, La Papote, La Parigina, LaGodiche, Laure, Laurent Nicolas, Lauriane, Lavandine, Le Mag à lire, Les bonheurs d'Anne & Alex, Les petits supplices !, Les voyages de Lucy, Les voyages de Seth et Lise, Leviacarmina, LisaDeParis, Lo, Louisianne, Lucile et Rod, Lyonelk, M, magda627, Maïder, Mamysoren, Mara Bunta , Marion, Marmotte, Mclw, Melting Pot, Mgie les bons tuyaux, Mimipetitesouris, Misscarone, Mistinguett, N, Nana, Nataru, Nathalie, Nicky, Nikit@, Nora, Olivier, Ori, Pat Québec, Petite Marie, Photo Tuto, Pilisi, Renepaulhenry, Sébastien, Sephiraph, Shandara, Sinuaisons, Skipi, Solveig, Sophie Rififi, Stephane08, Supalisa, Testinaute, Thalie, The Mouse, The Parisienne, Titem, Un jour une rencontre, Une niçoise, Valentine, Vanilla, Violette, Virginie, Viviane, Xavier Mohr, Xoliv', Zaza, Nadezda.

    14 janvier 2013

    Réminiscences et nostalgie

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    Nous nous sommes revus ce week-end. Malgré mon enthousiasme premier et l'envie de me trouver à nouveau à ses côtés, certains doutes me titillaient. Il me restait de lui le souvenir d'une soirée formidable. Qu'en serait-il quelques jours plus tard ? Me plaisait-il tant que cela après tout ?

    Il est arrivé samedi en début de soirée. Sitôt que j'ai revu son visage, son sourire incroyable et ses grands yeux pétillants, l'évidence que ce garçon me plaît vraiment m'a envahi tout entier. Oui, définitivement, je sais désormais avec une absolue certitude ce qu'il me faut chez un garçon pour fondre littéralement. A vrai, dire rien n'a véritablement évolué depuis mon premier amour.

    Je n'ai pas pu attendre longtemps avant de l'embrasser. Sitôt la porte de l'ascenseur fermée et la cabine élancée vers le dernier étage, mes lèvres frôlaient les siennes tandis que ses bras m'enlaçaient. La soirée fut belle, la nuit douce, le matin merveilleux...

    Nous avons passé toute la journée de dimanche ensemble, à Tigre, une jolie ville portuaire sur le fleuve Parana, au nord de Buenos Aires. Nous nous somme promenés à l'ombre des allées bordant le fleuve, nous avons discuté, nous avons ri, mille fois je me suis étourdi  dans son regard. Bien évidemment je n'ai pas été insensible au contact de sa main caressant ostensiblement la mienne lors de cette balade en bateau sur l'estuaire. Pour la première fois de ma vie je ne me suis pas senti gêné par cette marque publique d'affection, au contraire. Sûrement parce que, avec lui, je me sens en paix avec moi-même. 


    Il est reparti hier soir très tard, après que nous nous sommes longuement embrassés et promis de rester en contact. Ce matin mes lèvres sont encore imprégnées de ces réminiscences, et mon esprit est ailleurs...

    Mon agenda des prochaines semaines ne me permettra pas de le voir avant un long moment. Peut-être trois semaines. D'ici-là, m'aura-t-il oublié ? Voudra-t-il encore de moi ?


    Quelqu'un m'a dit un jour que la nostalgie est un élément indispensable dans un voyage : c'est elle qui suscite la joie du souvenir et le désir de repartir. La nostalgie, ce "désir d'on ne sait quoi" selon de Saint-Exupéry...

    Si jusqu'à présent je ne voyais pas trop quelle nostalgie je pourrais retirer de Buenos Aires, je peux vous assurer qu'il n'en n'est plus rien...

    10 janvier 2013

    Le vide d'après

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    Une photo,
        un visage,
             un sourire                                      Quelques mots échangés,
                     des rires                                                       il me plaît,
                                                                                                je lui plaît,
                                                                                                    nous nous plaisons

                   On se voit
                        Quand ?
                           Ce soir.                                        Pourquoi pas.
                                                                                               Pour prendre un verre,                          
    Pour faire connaissance 
             Et plus si affinité...

               Un rendez-vous
    On se trouve
    on se retrouve
    Une rue         
    Un pub anglais
    Des fauteuils confortables 
                On  se découvre
                       paroles échangées
                                    librement
                                                             sans limites ni retenue                                                                           
                Lui                                                                                  Travail
                   Moi                                                                                    Famille
                      Eux                                                                                      Patrie    
                         Nous                                                                                      Et caetera
                             Ils....

    sa main qui cherche la mienne
                     ma main qui trouve la sienne                                                                  son sourire                   
                                                                                                                           son regard  
                                                                                                     ses grands yeux noirs
                                                                                        la sensualité de ses lèvres
                                                                        qui appellent les miennes
                                                             la douceur de ses baisers
               il me plaît, 
                         je lui plaît, 
                                 nous nous plaisons
                                                   énormément

                                                                                                Besoin d'un refuge
                                                                                                          Silence d'une chambre

    des corps qui s'enlacent
                                                                             sa peau contre la mienne
                                                                                                tendresse infinie 
    temps suspendu                                                                                                            
    Parfum de gel douche
                               il se rhabille
                                         il part                                                      Promesse d'une prochaine fois
            On s'appelle
                      A bientôt
                                   Espoir
    Vide
    Solitude

                                                            Le compte a rebours a commencé.
    Lui, il va me faire très mal...

    9 janvier 2013

    Le vieux marchand

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    L'histoire se passe loin, très loin d'ici,  dans une grande ville. Une belle et grande ville foisonnante de vie et de couleurs. Devant la monumentale porte d'entrée se trouve un puits à l'eau duquel les marchands viennent abreuver leurs animaux. Là, on va, on vient, dans un tumulte fabuleux.

    Un vieux marchand, assis sur le rebord du puits, regarde en silence les gens passer.

    Conduisant un âne lourdement harnaché, un jeune homme arrive qui s'approche du puits. Délestée, la bête se met aussitôt à boire, visiblement harassée par la fatigue d'un long voyage.
    « Tu sembles avoir fait un long voyage... interpelle le vieux marchant.
    - Oui, je viens d'un village à trois jours de marche d'ici.
    - Et que viens-tu chercher dans cette vaste ville ?
    - Mon père m'envoie pour y faire commerce », explique le jeune homme en désignant le chargement de l'animal en train de se désaltérer.
    « Je ne connais personne ici. Comment sont les gens dans cette ville ? » demande-t-il au vieux marchand après s'être rafraîchi le visage dans l'eau du puits.
    « Pourquoi me demandes-tu cela ? Comment étaient-ils, les gens dans ton village ? » demande à son tour le vieux marchand en guise de réponse.
    « Ho, c'était un joli village. Les gens étaient aimables, j'y avais beaucoup d'amis. Je suis triste d'avoir dû tous les quitter pour partir et venir ici.
    - Sois sans crainte, répond le vieux marchand dans un demi-sourire. Les gens de cette ville sont tout aussi aimables. Tu t'y feras sans aucun doute beaucoup d'amis ».
    Rassuré et le visage illuminé par cette annonce, le jeune homme reprend sa route, entre et s'engouffre dans l'immense foule de la ville.

    Quelques instants plus tard arrive un nouveau voyageur qui fait également halte devant le puits. Deux énormes chevaux tractent une gigantesque carriole. Le voyageur les dételle en hâte pour les faire boire, puis s'assied sur la margelle du puits, à côté du vieillard impassible.
    « Tu as l'air fort fatigué, lui dit le vieux marchand sans même le regarder. Tu sembles avoir fait un long voyage. D'où viens-tu ?
    - Oui je suis très fatigué et inquiet. J'ai traversé tout le pays pour venir ici et refaire ma vie. J'espère que je serai bien accueilli.
    - Et pourquoi donc fuyais-tu ? N'étais-tu pas heureux là d'où tu viens ?
    - Non, je n'étais pas heureux. Les gens autour de moi étaient malveillants et j'avais beaucoup d'ennemis qui me voulaient du tort. Voilà pourquoi j'ai fui pour venir dans cette ville et tout recommencer.
    - Tu ne seras pas plus heureux ici ! répond le vieux marchand. Les habitants de cette ville ne seront guère plus aimables avec toi. Tu ne trouveras pas la paix ici. Tu n'y seras pas heureux. »
    Manifestement déçu par les paroles du vieux marchand, le voyageur saisit la bride de ses chevaux et la lourde caravane reprend sa route, avant de disparaître.

    Assis non loin de là à l'ombre d'un énorme figuier, un jeune berger qui avait assisté à toute la scène, se lève et s'approche du vieux marchand.
    « J'ai tout entendu, dit-il. Mais enfin, je ne comprends pas ! Pourquoi as-tu donné des réponses totalement différentes à l'un et à l'autre de ces voyageurs ? Comment as-tu pu dire à l'un que les habitants de cette ville étaient amicaux et à l'autre qu'ils étaient hostiles ? Allons, réponds !
    - Je ne leur ai pas menti, répond calmement le vieux marchand en dévisageant le jeune berger. Car les gens seront avec toi comme tu le seras avec eux ».


    ***
    PS : J'ai entendu ce conte - ainsi que celui du petit tailleur de pierres - il y a quelques années sur France Inter, dans l'émission estivale de Noelle Breham "La situation est grave mais pas désespérée". J'ignore d'où il est tiré, mais si quelqu'un a des informations, je suis très intéressé.

    1 janvier 2013

    En avant pour 2013

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    Et voilà, encore une année s'est écoulée. Une année de transition qui ne fut pas exactement celle des moissons attendues. Il me faudra un peu plus de patience, même si 2012 fut une année fort riche durant laquelle je me suis lancé pas mal de défis qui, en d'autre temps, m'auraient découragé du seul fait d'y penser.

    M'expatrier temporairement en Argentine et me confronter aux aspérités de la vie en fait partie. Courir, chercher, me prouver des choses, me prouver que je suis capable de me démerder tout seul, envers et contre tout, et d'assumer mes choix. J'avais besoin de cela, j'avais besoin de chercher des réponses aux questions qui jalonnent ma vie. Des questions souvent sans réponses, des questions qui en appellent d'autres, plus fondamentales encore. Des questions pourtant simples dans leur formulation...

    Il y a quelques semaines j'étais invité à assister au spectacle de fin d'année d'un centre culturel en banlieue de Buenos Aires. Une banlieue sale et désordonnée, aux rues pauvres, pastichées de bruits, de couleurs et de rires d'enfants en ce temps de Noël. Des rues tumultueuses et si calmes à la fois.

    Ce soir-là montaient sur scène des adultes et des jeunes adultes, venus apprendre à chanter avec des talents divers. "Chacun suit son petit chemin personnel", a indiqué la prof de chant dans son petit discours introductif. Je ne l'avais pas vue en entrant mais, sur la porte du centre culturel était placardée une grande affiche présentant le programme du soir. Tout autour, des petites phrases, chacune choisie par les élèves de l'atelier, afin d'évoquer leur travail de l'année écoulée et d'expliquer et leur démarche, ce qu'ils viennent chercher dans cet atelier sur leur "petit chemin personnel". Il y avait notamment ces trois phrases qui, parmi tant d'autres, sont entrées en raisonnance et m'ont m'ont profondément interpellé, au point que je les ai écrites pour les conserver : 
    « Chanter nous permet d'être plus heureux et, quelque part, être plus heureux c'est être plus libre. »

    « Être vivants ou plutôt être capables de joie. La joie requiert plus de courage que la peine. »

    « La question n'est pas que va-t-il se passer ? mais que feras-tu pour que cela arrive ? ».

    Et nous, que ferons-nous pour que cela arrive ?


    Très bonne année 2013 à tous et à chacun.


    Fleurs de ceibo, fleur nationale de l'Argentine.

    28 décembre 2012

    Chili con car(né)

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    Aller au Chili, je m'étais promis de le faire dès avant mon départ pour l'Argentine. Quitte à être en Amérique du Sud, autant en profiter !

    Alors, pour passer les fêtes de fin d'année je me suis octroyé un petit voyage. Ho, trois fois rien : 48 heures de bus, plus de 3000 kilomètres à parcourir au total, dénivelé cumulé d'environ 6000 mètres, température ambiante d'environ 30°C...

    Voilà mon programme pour les prochains jours. J'embarque en effet ce soir pour Mendoza, au pied de l'Aconcagua, première étape d'un long périple qui me conduira ensuite au coeur des Andes afin de rejoindre Santiago du Chili, puis Valparaiso où je passerai la soirée de nouvel an.



    Plutôt que l'avion, j'ai opté pour le bus, un moyen transport certes beaucoup plus lent mais aussi beaucoup moins cher et qui, surtout, offre l'avantage non-négligeable de profiter du paysage. Et du paysage, je vais en voir ! Un programme un peu fou mais la folie des grands espaces pousse à la démesure. Voyager en bus en Argentine - et un peu partout en Amérique Latine - est chose commune, d'autant que le niveau de confort des longs courriers est sans équivalent en Europe.

    Surtout, le clou du spectacle de cette expédition sera la traversée des Andes avec un passage de frontière à plus de 3000 mètres d'altitude, au pied d'un des plus hauts sommets du monde. Sept heures de trajet au coeur de la mythique chaîne de montagnes dans laquelle se sont illustrés - précisément en avion - un Mermoz ou un de Saint-Exupéry...

    « ...
    Le 9 mars 1929, à 10 heures du matin, Mermoz ayant Collenot derrière lui (son mécanicien attitré) quitta le terrain de Copiapo. Il monta par lente spirales à l’altitude limite que lui permettait son appareil : 4200 m. Devant lui, la paroi cyclopéenne de la Cordillère des Andes. Rien ne peut donner une image valable de cet océan vertical pétrifié. 
    Cette barrière, Mermoz voulu la prendre en défaut. Longtemps, très longtemps, il croisa, il roda devant elle. Il ne trouva pas, du moins à l’altitude que son appareil ne pouvait dépasser. Jusqu’à 4500 m, la montagne lisse, d’un joint, d’un bloc, était inattaquable. A 4500 m, entre les pics neigeux régulièrement plantés, des jours s’ouvraient. « On peut passer les Andes utilement pour la ligne à 4500 m. » se dit Mermoz excédé par sa croisière inutile. « En dessous, rien à faire. » 
    Tout autre que Mermoz fut revenu à Copiapo, eut contourné l’obstacle infranchissable par le Nord ou par le Sud et attendu, pour recommencer d’avoir un appareil capable de se mesurer avec quelques chances d’égalité à la montagne impitoyable. Mais Mermoz était Mermoz. Il ne croyait pas à l’impossible, ou plutôt avant de l’admettre, il épuisait tous les risques et allait jusqu’à une zone où personne que lui ne se fut aventuré. Il avait toujours la perception intuitive de la marge suprême. Ce qu’on a appelé son génie. 
    Contemplant le front dentelé de la Cordillère des Andes, Mermoz se dit encore : » pour passer, il manque à mon appareil 300 m d’altitude. Mais il y a les courants ascendants. » 
    Mermoz se remis à croiser devant la paroi gigantesque en guettant les mouvement de l’air. La première ondulation qu’il sentit sous ses ailes fut insuffisante et il évita de justesse, par un renversement, le choc mortel contre le roc, mais il était presque arrivé à la hauteur d’une faille. Il manqua une seconde vague, une troisième. A la quatrième, plus puissante, il se sentit comme appuyé, comme vissé à une colonne qui s’élevait. Il arriva à la ligne jusque là interdite. Un corridor s’ouvrit devant lui entre deux murs de neige. La barrière était vaincue. Il sautait par dessus elle. Il était passé. 
    La joie d’avoir forcé la nature illumina Mermoz en cet instant où il se trouva de l’autre côté de la muraille des Andes, et où, vers l’est, des crêtes n’arrêtaient plus son regard. Il allait les survoler, il allait…. Mais quelle était cette chute brutale de l’appareil, contre quoi, tous muscles raidis, moteur lancé à plein régime, il ne pouvait rien ? Quel était ce vide qui l’aspirait ? 
    (...)
    Il bondit, retomba, bondit de nouveau, roula en cahotant et s’affaissa. 
    Mermoz et Collenot se regardèrent avec un profond soupir. Dans cette première minute, la joie et la stupeur de vivre encore, de vivre tout de même, les emplit entièrement. Elle fut fugitive, Mermoz n’avait-il pas simplement reculé leur mort de quelques heures, et quelles heures ! Ils étaient sur un plateau en pente douce cerné par des ravins profonds. Tout autour, dans un désordre fantastique et grandiose, scintillait les croupes, les cimes, les arêtes et les pics. Un désert de pierres et de neige s’étendait à perte de vue. Et un silence, un silence sans nom. (...)
    « On y arrivera se répétait Mermoz, tout en sachant que la Cordillère n’avait jamais rendu encore les pilotes qui s’étaient égarés dans ses plis. Mermoz et Collenot descendirent, gravirent des pentes, trébuchant dans des pièges invisibles, glissant sur la glace, tombant dans la neige. Trois condors les suivaient d’un vol concentrique. (...)
    Ils se mirent au travail. Collenot dirigeait Mermoz. Il faudrait avoir l’expérience et le don d’un mécanicien génial, pour dénombrer et comprendre les gestes que fit Collenot, ses trouvailles, ses inspirations, et comment il arriva à redresser le train d’atterrissage, remplacer la béquille, assurer la solidité du fuselage, rendre inoffensives les avaries du moteur. Il tordait le fil de fer, triturait la tôle, enlevait à l’avion des pièces secondaires pour en faire des pièces essentielles, transformait le métal, lui donnait une vie nouvelle. La ficelle lui servit aussi, et les bouts d’étoffe et de cuir. Etrange atelier en plein vent, en pleine neige, à 4000 m de haut, avec trois condors fichés sur les pics voisins comme de lugubres sentinelles. 
    La nuit n’arrêta pas ce labeur. Le froid engourdissait leurs mains et brûlait leur corps, la faim les affaiblissait. Pour apaiser leur soif, ils mangeaient de la neige. Parfois, ils se serraient l’un contre l’autre dans la cabine de l’avion pour se réchauffer. 
    A l’aube, Collenot moins résistant que Mermoz commença à subir les effets du mal de montagne. Il saigna du nez et des oreilles. Des étourdissements le firent vaciller, pourtant il n’arrêta pas son labeur durant toute la journée qui suivi. Le soir, il n’avait pas terminé. Le froid cette nuit là fut plus vif encore. A demi gelés, exténués de faim, la tête bourdonnante, Mermoz et Collenot se couchèrent dans la cabine des passagers. Ils mêlèrent leur chaleur, leur respiration. 
    Avec le soleil, Collenot se remit à l’ouvrage. Mermoz, évitant de regarder les condors, se promena longuement le long du plateau, examina le terrain pied par pied. 
    La matinée était à peine commencée lorsque Collenot dit : « Monsieur Mermoz, je crois qu’on peut essayer le moteur ». Quel chant d’orgue dans la Cordillère ! Les deux amis l’écoutèrent religieusement. Pas une défaillance, pas une fausse note. (...)
    Durant l’exploration minutieuse qu’il avait faite des environs, Mermoz avait conçu , pour le décollage, un plan d’une hardiesse insensée, mais qui lui apparut comme le seul moyen possible de salut. (...)
    Il fallait sauter, il sauterait. Mais pour que ce projet, qui comportait une chance sur mille de réussite, reçut un commencement d’exécution, il devait donner à la course initiale de l’avion le plus de champ possible, c’est à dire le pousser jusqu’au sommet du plateau. Mermoz et Collenot délestèrent le Laté 25 de tout ce qui n’était pas strictement indispensable ; ils abandonnèrent sur la neige un réservoir d’essence de 480 litres avec ses ferrures, les tire-bouchons d’amarrage, l’outillage de l’avion, le cric, des bidons d’huile. Ils arrachèrent les banquettes de la cabine des passagers. Le Laté 25 semblait sortir d’un pillage. Malgré cela, il pesait encore plus de 2000 kilos. Et deux hommes, qui depuis cinquante heures n’avaient rien mangé, presque pas dormi, que le gel avait torturés, devaient le faire rouler, en remontant la pente, sur une piste rocheuse pendant un demi kilomètre. Et Collenot tenait à peine sur ses jambes. Mermoz mit huit heures à parachever cet exploit. 
    Puis ils tournèrent l’avion le nez vers l’abîme. (...)
    Collenot écarta les grosses pierres posées sous les roues, sauta dans la cabine. L’avion roulait. Avec ce qui restait de sa veste, Collenot se couvrit la tête. Il ne voulait pas voir. 
    Mermoz, le visage pareil à un masque, sentait chaque tressaillement de l’appareil dans sa chair. Plein moteur… Le bord de la pente, la chute, le premier tremplin. Le train d’atterrissage a tenu… Le second obstacle… Un mètre d’erreur et c’est la fin. La roue du gouvernail lui entrait dans les paumes... L’endroit juste ou il faut toucher…. Le Laté rebondit… Le train a tenu… Attention… Le troisième ravin…. Ne pas se tromper d’un mètre… Je touche… Je saute. Oui… Le train a tenu. 
    A deux mains, Mermoz appuya sur le levier de profondeur, tomba dans la vallée, sentit s’éveiller à la vie les molécules de l’appareil, vira sur l’aile pour éviter le flanc de la montagne qui venait à lui avec une vitesse incroyable, redressa, remonta. Il était maître de l’avion, du ciel, du monde. 
    Par le couloir qu’il avait emprunté pour venir, et s’appuyant de nouveau sur un courant ascendant, il déboucha de la muraille tragique. La plaine frémissante d’arbres en fleurs reposait sous le soleil à son zénith. 
    A midi, Mermoz était à Copiapo. 
    Ceux qui l’ont vu atterrir, m’ont dit que son visage et celui de Collenot étaient méconnaissables. Sous la barbe qui les rongeait, le froid n’en avait fait qu’une plaie. 
    Des deux côté de la Cordillère, en Argentine comme au Chili, dès qu’on l’avait su perdu dans la montagne barbare, on avait renoncé à l’espérance de le revoir. Seuls ses amis refusaient d’accepter qu’il fût mort. Leurs occupations ordinaires, ils n’y pouvaient songer. Ils ne pouvaient que parler de Jean, calculer ses chances. 
    Le téléphone leur apporta à Buenos-Aires la nouvelle que Mermoz était à Copiapo. C’était à ce point un miracle que lorsqu’il raconta son aventure, les chiliens ne crurent pas Mermoz. Pourtant ils comptaient parmi leurs pilotes, et plus que tout autre peuple peut-être, des gens d’une bravoure démente et prêts à tous les risques. Mais ils savaient que la Cordillère ne rendait jamais ceux qu’elle avait pris. Ils envoyèrent une caravane à dos de mulet, à l’endroit qu’indiqua Mermoz comme ayant été celui de son décollage. Elle revint avec le réservoir d’essence, le cric, les banquettes arrachées. Alors seulement le prodige fut accepté pour vrai. Et la renommé de Mermoz, comme d’un être surnaturel, courut d’un bord à l’autre de l’Amérique du sud. Et comme sa stature et son visage se prêtaient à la légende, les Indiens des Andes et les gauchos des pampas et les péones du Paraguay, et les pécheurs du Brésil parlèrent d’un demi-dieu venu de France, qui volait comme un oiseau, et qui avait la force des montagnes. 
    Dans les mois d’avril et de mai, Mermoz maîtrisa la Cordillère. Il avait enfin reçu de France un appareil qui pouvait s'élever jusqu’à 6000 m : le Potez 25. Il ne s’agissait plus de louvoyer, de ruser avec la montagne. Il pouvait l'attaquer de front, aller droit, aller vite. 
     ... »
    Extraits de « Mermoz » de Joseph Kessel – Éditions Folio.


    Bon, c'est pas tout mais j'ai une valise à préparer.
    Mais où ai-je donc mis ma crème solaire...?
    smileys Drapeaux

    26 décembre 2012

    D'Est en Ouest

    5 commentairess
    (Suite de mon récit patagone)

    Après avoir fait le tour de la magnifique péninsule Valdés, nous prenons la route vers l'Ouest pour un nouveau périple en direction de Esquel, aux pieds de la cordillère des Andes.

    Plutôt que de prendre la route classique qui longe le fleuve Chubut qui donne son nom à la province où nous nous trouvons, nous emprunterons une piste située quelques kilomètres plus au Sud. Lorsque je parle de piste, je veux dire une véritable piste façon Paris Dakkar, sans goudron, ni signalisation (relisez l'article 2 du Code Abrégé de la Route), seulement de la terre battue, des pierres et beaucoup de poussière, au milieu de nulle part.

    Rapidement nous abandonnons la civilisation et pénétrons dans les terres arrides. A chaque kilomètre, le désert se fait plus présent. Et quand je dis qu'il n'y a rien, c'est vraiment parce qu'il n'y a rien, pendant des centaines de kilomètres.


    En fait, il n'y a presque rien... Car au beau milieu de ce nulle-part surchauffé par le soleil, nous avons fait une jolie rencontre : un tatou, qui nous a traversé presque sous le nez. Hop ni une ni deux on s'arrête pour aller faire coucou à la drôle de bête.

    Je crois qu'aucun d'entre nous n'en avait jamais vu. Il a fallu faire assez vite pour le photographier car, sachez-le, le tatou est assez peu coopératif photographiquement parlant !

    En fin d'après-midi, après 8 heures de route, nous approchons de la pré-cordillère. Le paysage change, laissant apparaître un peu plus de relief, et (à peine) un peu plus de végétation, ou du moins une végétation qui semble plus haute.

    Certains passages sont véritablement extraordinaires, notamment lorsque l'on longe ce genre d'affleurement. Vous remarquerez toujours la piste, qui a empoussiéré le 4x4 et ses passagers tout le long du chemin. Je crois que, de toute la journée, nous avons dû croiser 5 ou 6 véhicules... (sans compter le tatou et quelques vigognes guanacos).

    Et puis soudain de dresse devant nous une chose incroyable, mi-cathédrale, mi-temple hindou, sculptée par la main invisible du temps.

    On s'arrête, fascinés par ce que nous voyons, par ce qui semble être ici d'immenses piliers parfaitement alignés soutenant un vaste édifice dont l'entrée reste secrètement gardée, prouesse de la Nature oscillant entre brutalité minérale et extraordinaire foisonnement de détails.

    Je repense au Palais Idéal du facteur Cheval dans la Drôme que j'avais visité il y a quelques temps. Oui, je crois que Cheval aurait beaucoup aimé cette cathédrale spontanée.


    Peu à peu la pré-cordillère s'installe et rythme l'horizon. Ça grimpe, on prend de la hauteur, les cours d'eau font leur apparition et les vastes étendues de terre reverdissent progressivement. Mais toujours aucune trace de civilisation.



    Nous arriverons à Esquel vers 10 heures du soir, dans la nuit noire, crevés par un voyage lent et mouvementé, secoués que nous sommes par les remous de la piste. Mais auparavant, clou du spectacle avant la tombée de rideau au terme de cette longue journée : admirer, par dessus les montagnes, une éclipse partielle de soleil, visible seulement de cette partie-ci du monde.


    Fabuleux !