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  • 15 septembre 2016

    La Photo du Mois : La Dentelle

    13 commentairess
    Bonjour à tous, nous sommes le 15 septembre et c'est l'heure de notre rendez-vous mensuel avec la photo du mois.

    Je vous rappelle tout d'abord le principe du bidule : chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Ce mois-ci Giselle43 nous propose le thème : La Dentelle et nous donne les indications suivantes :
    Que ce soit aux fuseaux, à l'aiguille au fer à souder ; dans le ciel ou dans la mer, j'aimerais que l'on trouve de belles dentelles.... je ne demande pas de les faire.

    Ma photo a été prise pendant mes vacances à la montagne. Un genre de fenouil sauvage, sur le point de fleurir. De la dentelle végétale.


    La photo du mois continue sur le blog des autres participants :

    Akaieric, Alban, Alexinparis, Angélique, Aude, Autour de Cia, BiGBuGS, Blogoth67, Brindille, Calamonique, Carole en Australie, Champagne, Chat bleu, Chiffons and Co, Christophe, Claire's Blog, Cocazzz, Cricriyom from Paris, Cécile, CécileP, Céline in Paris, Danièle.B, DelphineF, Dom-Aufildesvues, E, El Padawan, Escribouillages, Estelle, Eurydice, Evasion Conseil, François le Niçois, Frédéric, Gilsoub, Giselle 43, J'habite à Waterford, Je suis partie voyager, Josette, Josiane, Kenza, KK-huète En Bretannie, Koalisa, Krn, La Fille de l'Air, La Tribu de Chacha, Lau* des montagnes, Laurent Nicolas, Lavandine, Lavandine83, Lilou Soleillant, magda627, Mamysoren, Mirovinben, Morgane Byloos Photography, Nanouk, Nicky, Noz & 'Lo, Paul Marguerite, Philae, Philisine Cave, Pilisi, Renepaulhenry, Rythme Indigo, Sinuaisons, Sous mon arbre, Testinaute, The Beauty is in the Walking, Tuxana, Woocares, Xoliv\', écri'turbulente.

    12 septembre 2016

    Identités singulières : Être gay et croyant - 1ère partie

    27 commentairess
    Est-il possible d'être gay et croyant en 2016 ? 

    Au rythme de un par quinzaine, vous seront présentés plusieurs témoignages guidés par un questionnaire en neuf points laissant toutefois la possibilité d'aménager les réponses librement. Autant de parcours de vie, tous différents - voire totalement contradictoires - de personnes venues d'horizons assez variés et croyantes à divers degrés. Des identités singulières.

    L'objet de cette série de billets n'est certainement pas de faire un quelconque prosélytisme - il suffira de lire pour s'en rendre compte - ni de clore un débat bien trop vaste. 

    Seulement d'essayer d'apporter des éléments de réponse à une question complexe et que je trouve passionnante.

    * * *


    Nathan


    1. Peux-tu te présenter ? Âge, profession (quelques mots pour décrire ce que tu fais), où tu habites, où tu as grandi.

    53 ans. En charge des affaires familiales depuis quelques années après avoir été acheteur international pour un groupe de la grande distribution. Où ais-je grandi ? Un peu partout en France au gré des mutations paternelles.


    2. A quels moments de ta vie as-tu compris puis accepté ton homosexualité ? Quel a été ou quel est ton cheminement ?

    Je crois avoir compris très tôt que j’étais homo, vers 10 ans environ alors que j’étais pensionnaire dans une école privée. Mes premières expériences touche-pipi remontent à cette période. Après pendant longtemps, j’ai joué sur les deux tableaux : des relations avec des nanas tant pour le plaisir que pour le qu’en dira-t-on et des relations avec mecs discrètes. Mais peu à peu cette ambivalence m’insupportait de plus en plus.

    C’est vers l’âge de 30 ans que j’ai réellement fait le choix d être ce que j’étais : homo. Ce passage s’est fait sans douleur aucune, cela a même été un soulagement et depuis tout va pour le mieux dans  ma tête de pédé :)


    3. Es-tu out ? Auprès de ta famille ? de tes amis ?

    La quasi-totalité de mes amis et de ma famille proche sont au parfum. Pour le reste, si on me pose la question, je dis oui « je suis pédé, ça pose un problème ? »  et si non, je ne me découvre pas, ma sexualité ne regarde personne. Je ne suis pas militant de la cause LGBT et en tant que pédé n’aspire qu’à une chose le droit à l’in-différence.


    4. As-tu grandi dans une famille religieuse ? 

    Oui famille avec parents très croyants et pratiquants. J’ai fait tout le parcours, du baptême à la confirmation. Je devais participer aux JMJ [NDLR : Journées Mondiales de la Jeunesse] de Paris avec Jean-Paul II mais fut cloué au lit pendant 3 mois par une hépatite.


    5. Quelle importance revêt la religion dans ta vie actuelle ? 

    Dès que je fus capable de penser à peu près par moi-même, la religion n a plus eu aucune importance pendant très longtemps, j’en avais sans doute trop bouffé dans ma jeunesse et… voir réponse à question 6.


    6. La religion a-t-elle été ou est-elle un frein à ton acceptation ? 

    Et j’estimai que la religion était un obstacle à mon homosexualité  de la même façon que les cathos m’expliquaient que l’homosexualité était une chose affreuse. Puis peu à peu j’ai évolué et, à mon sens, l’église catholique aussi (mais pas forcément les cathos) : les homos n’étaient plus des malades, « qui sommes-nous pour juger ? ». Reste le comportement, la sexualité et notre façon de la vivre qui pose encore problème puisque l’église, si elle ne nous reproche plus d’être pédé, elle nous demande quand même de nous abstenir, bref de ne pas baiser :)

    Ceci dit, c’est moins la religion qui m’intéresse et qui est importante que la spiritualité. Tous le rituel de l’Eglise ne m intéresse pas : je ne crois pas en l’eucharistie, ni en la résurrection et en la Ste Trinité. Par contre la prière et la religiosité des lieux de prière ou de contemplation m’apaisent et deviennent importants pour moi.


    7. Sur les points 5 et 6 tu dis t'être passé de la foi pendant un bout de temps avant d'y revenir. Qu'est-ce qui, justement, t'a fait renouer avec elle ? Y a-t-il eu un événement particulier ? Quel a été ce cheminement ?

    Mon retour à la foi est encore très fragile, le souhait y est mais trop de choses me retiennent encore. Comme par exemple (et quand bien même je comprends que cela puisse être difficile, voire quasi impossible pour elle ) lorsque l'Eglise acceptera pleinement les homos, sans que leur acceptation soit soumise à l'abstinence.

    Ce qui me fait renouer avec ? Sans doute l'âge, le fait d'avoir tout eu de ce que matériellement on peut avoir envie d'avoir et s'apercevoir que cela ne suffit pas ou tout du moins que cela ne peut être vivable sans une dimension spirituelle. Un événement ? Pas vraiment si ce n'est cette toute petite et merveilleuse église du XVeme perdue au fin fond de l'Aveyron sur laquelle je suis tombé par hasard, il y a 5 ans: un cadre magnifique,superbe. Un panorama à couper le souffle. De cet endroit se dégage une " religiosité " qui m'est tombée sur le coin de la tronche comme jamais, pas même à Notre Dame, Beauvais, Chartres ou ailleurs. Double hasard, je porte le prénom du Saint de cette église. Et pourtant, j'ai roulé ma bosse :)


    8. Autre point : quand tu récites le « Notre Père », que mets-tu derrière ? Le poids des mots avec une vérité "de foi" ? une communion avec tous les croyants qui partagent cette prière ? une tradition ? 

    Je récites rarement le Notre Père, et quand cela se produit, disons plutôt que c'est par tradition. Ma prière est plutôt méditative, silencieuse et contemplative.


    9. Gay et croyant, comment concilies-tu cette contradiction apparente ? Y parviens-tu ? Quel a été ton cheminement ? 

    Encore une fois, je ne suis pas croyant au sens habituel, juste quelqu'un qui prie, sait se recueillir et prendre le temps de réfléchir. Les textes par contre m'intéressent car ils donnent matière à réflexion. Je reconnais aussi que ceux qui croient, grâce ou par la religion catholique, font avancer le monde à leur manière et font souvent de grandes choses.

    Dès lors que je ne me considère pas comme croyant « classique »,  je ne vois pas de contradiction entre mon homosexualité et la religion. 


    10. Comment perçois-tu le discours et le positionnement de l'Eglise, globalement peu favorable aux homosexuels ?

    Comment pourrait-il etre favorable ? L’Eglise est dans son rôle. Ceci dit, ne nous fions pas au discours bouffe-curés des médias en général qui considèrent que l’Eglise est rétrograde en refusant les homos. Elles ne les refusent pas. Elle les acceptent bien volontiers mais leur demande de s’abstenir car la nature même de la sexualité homosexuelle est contraire aux grands principes et dogmes de la religion catholique.

    Après chacun fait comme il veut et s’adapte à ces mêmes dogmes. Perso, j ai choisi de continuer à « baiser » . Nul doute néanmoins que cette « abstinence »  requise est un des principal frein à mon adhésion totale à l’Eglise catholique. Mais ça ne me pose pas plus de problème que cela. Je suis entrain de voir si l’église orthodoxe est plus «  libérale »  sur le sujet…


    11. Être croyant, c'est pour toi un avantage ou un inconvénient ?  En somme, que t'apporte ta religion ?

    Etre croyant est incontestablement un avantage dans ce monde de brutes. Cela permet de relativiser beaucoup de choses et d'agir un peu moins bêtement, superficiellement, mécaniquement, artificiellement que ceux qui ne le sont pas. La religion m’apporte une sorte « d’élévation de l’âme ».


    Merci Nathan

    ***

    Identités Singulières :

    6 septembre 2016

    Et s'il n'en fallait garder qu'une ?

    8 commentairess
    S'il fallait ne garder qu'une photo de ces vacances, parmi la dizaine qui mériterait d'être imprimée sur la centaine de clichés pris, ce serait certainement celle-ci qui marie tous les éléments qui me sont nécessaires à de bonnes vacances et qui témoigne également d'une très belle randonnée dans le cirque de Gavarnie où je n'avais encore jamais été : du soleil à foison, et beaucoup de plaisirs.

    Trente-six heures à peine après avoir repris le chemin de l'école, elles me semblent déjà loin ces vacances. Courtes mais intenses j'ai du mal à croire qu'elles n'ont duré que deux fois une semaine. Et la dernière fut, de loin, la plus riche des deux, tout particulièrement en raison d'un temps exceptionnel qui m'a permis de mettre chaque jour le nez dehors.

    Les jours de mauvais temps sont pourtant tout aussi propices à l'aventure et à prendre de jolies photos. En témoigne cette balade dans la Vallée du Lys, alors que le ciel grisâtre s'abattait progressivement en un brouillard dégoulinant parmi les arbres et que le soleil perçant à travers conférait à l'ensemble une ambiance magique de décors de film fantastique japonnais.

    C'est cela qui me plait tant dans la montagne. Il suffit parfois de faire quelques pas et de s'aventurer dans un sous-bois ou sur les pentes d'une estive pour être aussitôt dépaysé, coupé de la civilisation, en prise directe avec la nature sauvage. Ouvrir les yeux et s'émerveiller de mille choses anodines : une salamandre qui se fait la malle entre deux pierres, un papillon qui virevolte parmi les fleurs, deux chevaux qui se frottent le museau crinières au vent, une vache qui se gratte le flan à un arbre en y prenant manifestement un plaisir fou, le dégradé violacé fantomatique des montagnes voilées au loin dans la brume, le son perdu d'une cloche esseulée sonnant les heures quelque part dans la vallée.

    Je suis un contemplatif. Et aussi paradoxal que cela puisse paraître c'est dans l'action que cette contemplation s'exerce le mieux. L'action dans le silence et dans le mouvement d'un décors qui se renouvelle sans cesse, donnant perpétuellement prise au regard et à l'imagination. La montagne, mille fois plus que la plage qui m'ennuie profondément, alors pourtant que le bruit des vagues me fascine.

    Parfois je me dis, à l'occasion de mes rêveries estivales, que l'on va chercher fort loin un dépaysement qui pourtant est à côté de nous, qu'il suffit d'enfiler ses chaussures de randonnées et de partir à l'assaut du premier chemin pour, en quelques instants, perdre ses repères et déconnecter réellement de son quotidien. Un quotidien de bruits, d'images et de surinformation qui se dissout dans le dépouillement d'un essentiel fait de chants d'oiseaux, de chevaux qui se grattent de le museau crinières au vent et d'une part de tarte aux myrtilles mangée à la petite cuillère devant le cirque de Gavarnie.

    "Vous avez visité peut- être les Alpes, les Andes, les Cordillères, vous avez depuis quelques semaines les Pyrénées sous les yeux ; quoi que vous ayez pu voir, ce que vous apercevrez maintenant ne ressemble à rien de ce que vous avez rencontré ailleurs.
    (...)
    Qu’est-ce donc que cet objet inexplicable qui ne peut pas être une montagne et qui a la hauteur des montagnes, qui ne peut pas être une muraille et a la forme des murailles ? C’est une montagne et une muraille tout à la fois ; c’est l’édifice le plus mystérieux du plus mystérieux des architectes ; c’est le Colosseum de la nature ; c’est Gavarnie.
    "
    [Victor Hugo - Dieu - 1855]

    1 septembre 2016

    Identités singulières : Être gay et croyant en 2016 - Prologue

    6 commentairess
    Est-il possible d'être gay et croyant en 2016 ? La question paraît assez paradoxale tant l'animosité dont semblent faire montre les religions à l'encontre de l'homosexualité est vive.

    Indépendamment de la question religieuse, et même si les choses vont globalement dans le bon sens, être gay au XXIe siècle n'est pas encore une sinécure.

    Tolérée plus que réellement acceptée, toujours moquée et émaillée de faits divers dégoûtants qui la stigmatisent, l'homosexualité fait encore partie de ces différences dont il faut s'accommoder. Une "singularité" sur la base de laquelle il faut construire son identité, apprendre à se connaître et à connaître cet autre qui n'est pas tout à fait comme les autres.

    Le religieux est également une question qui me tient à cœur, étant moi-même croyant et ayant livré ma propre expérience sur ce sujet dans un précédent billet de 2010. 

    Depuis des années maintenant, la place de la foi religieuse dans la société en général, et dans la société française en particulier, est en net déclin. Il est loin le baptême de la France fille aînée de l'Eglise...

    Ainsi un article du journal Le Monde paru en mai 2015 sur la question, indiquait que : 
    « En 2012, l'association de sondages WIN/Gallup International, spécialiste de la question, a demandé à plus de 50.000 personnes dans 57 pays si elles se considéraient « religieuses », « non religieuses » ou « athées convaincues ». A cette question, environ un tiers des Français répondent être « non religieux » et presque un autre tiers « athées ». On obtient donc 63 % de Français qui ne s'identifient à aucune religion contre seulement 37 % de Français religieux. »
    La question mérite néanmoins le détour à plusieurs titres. Non seulement en raison, comme je l'exprimais tantôt, de l'apparente contradiction qui semble exister dans cette audacieuse conjugaison entre foi et homosexualité ; mais aussi de par une forme de rejet assez puissant du religieux, sous toutes ses formes et qui émane notamment de la sphère LGBT. "La religion se passe des gays, les gays se désintéressent de la religion"* pour paraphraser Napoléon Bonaparte.

    Alors, comment conjuguer foi et homosexualité au présent ? Comment ne pas imploser sous cette apparente contradiction ? Est-il possible d'être gay et croyant et de vivre librement ces deux visages de notre identité ?

    Il en est qui y parviennent, tant bien que mal, ou qui ont essayé. Tel est le cas d'un certain nombre de personnes à qui j'ai demandé si elles voulaient bien livrer leur vision des choses, leur expérience personnelle, guidé en cela par un questionnaire en neuf points que je leur ai soumis tout en leur laissant la possibilité d'aménager leurs réponses librement. 

    Attention, l'objet de cette série n'est certainement pas de faire un quelconque prosélytisme - il suffira de lire pour s'en rendre compte - mais seulement d'essayer de donner des éléments de réponse à une question complexe et que je trouve passionnante.

    Cette série de billets qui commence aujourd'hui au rythme de un par quinzaine, présentera donc plusieurs témoignages, autant de parcours de vie, tous différents - voire totalement contradictoires - de personnes venues d'horizons assez variés et croyantes à divers degrés. Des identités singulières.

    Leurs propos, rigoureusement retranscrits sont libres, authentiques, souvent très forts. Que ces personnes - dont l'anonymat sera préservé (les prénoms sont fictifs) - soient chaleureusement remerciées d'avoir accepté de se livrer, à cœur ouvert et en toute confiance.

    Ces billets sont en outre une forme de renvoi d'ascenseur à destination de ceux qui, jeunes ou moins jeunes, se cherchent encore et qui ont besoin de lire sur le sujet afin de se construire et de déconstruire leurs angoisses sur leurs convictions religieuses, convictions qui lient les esprits et peuvent opprimer les corps de l'intérieur bien plus cruellement que n'importe quel lien matériel. Pareilles lectures m'ont été, dix ans en arrière, d'une aide précieuse et salutaire. Puisse cette série être ma petite pierre à l'édifice.

    Et s'il s'en trouve parmi les lecteurs qui seraient intéressés pour laisser à leur tour leur témoignage, n'hésitez par à me contacter par courriel : tambour.major@yahoo.fr

    Rendez-vous le 12 septembre pour la première partie.


    * « Les concubins se passent de la loi, la loi se désintéresse d'eux ». 
    Mot attribué à N. Bonaparte lors des travaux préparatoire du Code civil promulgué en 1804.


    23 août 2016

    Les colonies de vacances et l'odeur des estives après la pluie

    7 commentairess
    Alors que j'avais pris le clavier pour rédiger un billet sur mes seules, uniques et détestables colonies de vacances en 1989, voilà-t-y pas qu'après avoir couché seulement trois lignes, c'est le vide plat... Rien qui ne sorte de valable, pas une idée, ni même l'once d'une envie quelconque d'écrire quoi que ce soit.

    Je l'avais pourtant un peu réfléchi ce billet. J'avais des images, des bruits, mille détails qui nourrissent ce souvenir. Je me souviens vaguement de la couleur ivoire sale des bâtiments années 60 disposés tout en longueur à flanc d'une côte qu'il fallait gravir à pied et qui nous essoufflait lorsque nous regagnions la base le soir venu. De l'infirmerie où toute la colo séjourna tour à tour pour cause de varicelle ayant contaminé les plus jeunes jusqu'aux plus grands. Des réfectoires et de ses lits juxtaposés sous lesquels nous cachions nos provisions de bonbons. Des camarades globalement pas super sympas voire carrément arrogants pour certains...

    Et surtout il y avait le supplice des douches collectives le soir. Je m'arrangeais toujours pour passer le dernier afin de ne pas m'exposer à la vue de tous, paniqué et en proie à un puissant sentiment de malaise que provoquait alors la laideur de ma nudité déjà boulotte face à la sveltesse insouciante de mes coreligionnaires. Je parvenais tant bien que mal à limiter les dégâts jusqu'à ce soir dramatique où le moniteur en eut marre de me voir passer le dernier et me forçat à passer dans les tous premiers. Contraint, je me soumettais alors à l'autorité noyée d'incompréhension aveugle de ce jeune adulte et vécus l'un de mes premiers réels malaises, mêlé de honte. Un drame... Je lui en ai voulu terriblement. Il s'appelait David.

    Je me souviens aussi d'une échange avec mon frère, lui aussi de la partie, qui me demandait lors d'une récréation entre midi et deux : "tu t'amuses toi ?". Ce à quoi je répondis "non et toi ?". Et lui de me répondre par hochement horizontal de la tête assorti d'une grimace triste signifiant "moi non plus". On se faisait chier comme des rats morts. Un véritable fiasco...

    Il y avait bien des activités pour nous distraire et nous occuper. L'une d'elles était un atelier de théâtre dont le but était la production d'un petit spectacle donné en fin de colo dans les villages voisins. 1989, bicentenaire de la Révolution Française. Ça c'était vraiment, vraiment, chouette mais pas assez pour racheter le reste.

    Bien évidemment, lorsque l'année suivante la question de nous réinscrire en colo pour l'été fut posée, mon frère et moi opposâmes un refus catégorique et définitif. Il n'y eu jamais d'autre fois.

    De même, jamais je n'étais retourné sur ces lieux depuis 1989, alors pourtant que ma route vers ma villégiature habituelle dans le Luchonnais passe à quelques kilomètres de là seulement. Aussi, c'est un peu par hasard que la semaine dernière, me promenant du côté de Saint Bertrand de Comminges et profitant des routes de campagne pour découvrir l'arrière pays, je tombais nez à nez avec un panneau indiquant, à quelques enjambées de là, l'entrée du village de la colonie maudite.

    La vitre baissée et roulant au pas, je revis alors au loin les bâtiments invariablement couleur ivoire, disposés tout en longueur à flanc de côte et reconnus, au sortir du village, la route de montagne parée de saponaires de mes souvenirs. C'est alors que je reconnus cette odeur végétale et tourbée à la fois, si particulière et caractéristique des estives après la pluie. Et je compris que la mélancolie produite par cette odeur me venait de son association inconsciente avec cet endroit.

    C'était en 1989, je venais d'avoir 11 ans, et je rentrais en classe de sixième en septembre suivant.

    15 août 2016

    La photo du mois : Les touristes

    12 commentairess
    Bonjour à tous, nous sommes le 15 août et c'est l'heure de notre rendez-vous mensuel avec la photo du mois.

    Je vous rappelle tout d'abord le principe du bidule : chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    BigBus nous propose "Les touristes" et nous donne les indications suivantes :
    " C'est simple, ce sont les vacances, vous partirez peut-être en vacances, vous en revenez ou bien vous y êtes actuellement. Moi j'aime bien voir des gens sur les photos, alors j'ai choisi : Les touristes. C'est l'époque, et ils sont partout. Sortez vos appareils photos et surprenez-moi encore une fois. Pas de consigne particulière, choisissez même une vieille photo, si ça vous fait plaisir. "

    Hop, voici ma photo.
    De bon matin, un groupe de touristes prend son petit déjeuner à l'ombre des parasols, face à notre belle place du Capitole. La dolce vita à la toulousaine...

    L'excursion continue sur les autres blogs participants :

    AF News, Akaieric, Alban, Alexinparis, Angélique, Aude, Autour de Cia, BiGBuGS, Blogoth67, Brindille, Calamonique, Carole en Australie, Carolyne, Champagne, Chat bleu, Chiffons and Co, Christophe, Claire's Blog, Cocazzz, Cricriyom from Paris, Cécile, CécileP, Céline in Paris, Danièle.B, DelphineF, Dom-Aufildesvues, El Padawan, Estelle, Eurydice, Eva INside-EXpat, François le Niçois, Frédéric, Gilsoub, Gine, Giselle 43, Guillaume, J'habite à Waterford, Josette, Kenza, KK-huète En Bretannie, Krn, La Fille de l'Air, La Tribu de Chacha, Lair_co, Lau* des montagnes, Laurent Nicolas, Lavandine, Lavandine83, Lilou Soleillant, Luckasetmoi, Lyonelk, magda627, Mamysoren, Mireille, Mirovinben, Morgane Byloos Photography, Nanouk, Nicky, Noz & 'Lo, Pat, Paul Marguerite, Philisine Cave, Pilisi, Pixeline, Renepaulhenry, Rythme Indigo, Sinuaisons, Sous mon arbre, Tambour Major, The Beauty is in the Walking, Tuxana, Wolverine, Woocares, Xoliv', écri'turbulente.

    11 août 2016

    Bientôt les vacances

    3 commentairess
    Voici bientôt venu le temps des vacances. Encore vingt quatre petites heures à tenir et j'y serai. Non pas que j'aie un besoin absolu de prendre des vacances, mais le fait de voir les bureaux vides (nous sommes seulement deux survivants sur dix !) et le soleil resplendissant au dehors, incite davantage à la nonchalance qu'au travail effréné.

    Etant le dernier arrivé, je bénéficie d'un calendrier un peu alambiqué puisque mes deux semaines seront coupées en deux par une semaine de boulot.

    Niveau logistique ce n'est pas terrible et m'empêche de pouvoir voyager correctement, ce que j'aurais voulu faire dans l'idéal, si en outre mes finances avaient un poil plus abondantes... Et puis n'ayant eu mes dates de congés que très tardivement (il y a seulement trois semaines) le timing pour m'organiser n'était pas non plus des plus favorables. 

    Bref, cela n'est pas bien grave car de toute manière je vais profiter de ces "deux fois une semaine" pour me ressourcer au vert, au calme, au grand air des Pyrénées, m'en aller sillonner les montagnes à pied et à vélo, bouquiner à l'ombre fraîche d'une vieille maison de pierres, me faire suer la couenne aux thermes et me remettre de tous ces efforts à grands coups de viandes et de fromages locaux. 

    Quelques jours de vacances donc pour mieux affronter septembre et octobre, novembre et décembre, et janvier aussi car je n'aurai pas d'autre congés avant un bon bout de temps et que je compte profiter d'un bloc des trois semaines qu'il me restera à prendre pour remettre un pied en Amérique du Sud.

    N'y pensons pas. Pas encore. Profitons plutôt de l'instant et savourons le présent : c'est bientôt les vacances !

    5 août 2016

    Poésie automatique de l'Oiseau Bleu

    0 commentaires

    Bien dire
    by Tambour Major

    Promis 
    Hop ! Barbecue du samedi soir.
    Du gâteau au pommes chez des amis.
    Modifiant cette réponse pour voir.
    (tu en es la preuve vivante).
    Sport...
    Sais rien pour le dépôt de plainte.
    Des bisous de réconfort...
    Ils t'on lancé des cailloux ?
    Qu'un épisode de Sous le Soleil ?
    François en serait presque jaloux.
    Nuit petit colibri des alpilles.
    2 litres de café. Et toi la pèche ?
    Les plaisirs simples :)
    Généré automatiquement à partir de mes derniers Tweets par Poetweet.

    3 août 2016

    En mémoire de C.

    11 commentairess
    Cela va bientôt faire un an que tu es parti. Que tu as décidé de partir... sans crier gare. Longtemps je garderai en mémoire ce moment étrange où, à plus d'une heure du matin, réveillé par un sommeil déjà déficient jouant à cache-cache, je lus cet email déchirant et stupéfiant de M. annonçant la funeste nouvelle.

    Toi et moi c'est une longue histoire. On s'est connus étudiants, en 2003, dans cette bibliothèque feutrée où nous travaillions côte à côte, chacun face à notre ordinateur et à notre pile de dossiers. On s'est tout de suite très bien entendus : bosseurs, glandeurs à nos heures, procrastinateurs en puissance, amateurs de bonne bouffe et de bon vin... 

    Je me souviens de repas mémorables, de cuites extraordinaires, de rires et de soirées formidables de notre petit groupe. La fine équipe : O., C., N. et J. son mari, pour le noyau dur, autour duquel ont gravité d'autres personnalités hautes en couleurs comme nous l'étions chacun à notre manière.

    Toi, tu étais le ronchon de la troupe. Une sorte de Jean-Pierre Bacri, toujours à grogner et grommeler, par simple plaisir. Et nous adorions ça. 

    Un jour est arrivée M., la très belle M. que nous avons aussitôt adoubée  et qui a rapidement rejoint le groupe. Puis il y eut ce matin où, le regard mi-gêné mi-malicieux tu me confiais que, ça y était, M. et toi sortiez ensemble. Vous ne vous êtes d'ailleurs plus quittés. Ce fut ensuite l'appartement du boulevard Griffoul Dorval et nos quelques soirées à jouer à Empire Earth comme des forcenés pendant des nuits entières, à se pourrir la gueule à coups de sorciers venus faire jaillir des volcans au milieu du camp adverse. La bouteille d'armagnac vieux était toujours à portée de main, vaillamment gardée par le chat. Et des rires, encore...

    Puis vint l'arrivée de J., le premier de vos trois enfants. La fac, la thèse, le boulot, la famille, les amis... une vie bien remplie, même si tu étais empêtré dans un schéma d'échec qui te plongeait régulièrement dans un océan d'idées noires dont tu me parlais parfois mais dont je ne prenais alors pas la complète mesure. 

    Le départ pour Bordeaux fut certainement difficile. Te retrouver seul à gérer les trois gamins pendant que M. travaillait n'a pas été simple. Nous en avions parlé cette fois où j'étais venu vous voir au milieu des vignes. J'ai pensé à toi lorsque, pour la dernière Pâques, j'ai ouvert une bouteille de Pomerol que nous avions achetée ensemble cette fois-là.

    On ne s'était pas vus depuis un petit bout de temps. Je ne saurais dire combien exactement. Six mois ? Un an ? Quelques mois plus tôt nous avions longuement discuté au téléphone. C'était en février. Je venais de commencer mon nouveau travail dans cette ville de l'Aude, non-loin de ta belle famille, tandis que toi, de ton côté tu essayais au mieux de te forger une place dans cet Est de la France où M., haut fonctionnaire, venait d'être nommée à son premier poste.

    Enlisé dans une thèse de doctorat que t'évertuais à terminer mais dont tu ne voyais pas la fin, tu m'avais alors parlé de projets en Suisse, d'opportunités nouvelles, d'une lueur d'espoir dans cet océan professionnel où tu semblais te noyer un peu plus année après année.

    C'est finalement un autre choix qui t'aura emporté, à n'en pas douter victime d'un de ces coups de tête sanguins dont tu avais le secret.

    Celui-ci fut le dernier.

    Cela fera un an dans quelques jours. L'église du village était pleine, le temps magnifique et les amis présents nombreux. La journée, couleur de briques et de chaumes, fut baignée de la très belle lumière d'un soleil radieux qui essuyait nos larmes, abondantes.

    Derrière la maison de tes parents où nous nous sommes réunis ensuite, un grand arbre solitaire au milieu d'un parterre de tournesols dorés désignait du doigt le ciel, d'où tu nous observes probablement.

    Cela fera un an dans quelques jours.
    Un an.

    Et je pense à toi souvent.

    1 août 2016

    Independance Day : Résurgence

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    Independance Day : Résurgence

    Réalisé par :  Roland Emmerich

    Avec : Liam Hemsworth, Jeff Goldblum, Bill Pullman

    Genre : Maman j'ai agrandi le vaisseau-mère, Bâtiment et Travaux Publics, D&Co 1 semaine pour tout changer.

    Durée : 2 heures

    Synopsis : Vingt ans. Vingt ans que les martiens ont débarqué sur notre bonne vieille planète Terre pour la réduire en confettis. C'était sans compter sur l'incommensurable sens du sacrifice de vaillants patriotes, de véritables héros dont on honore aujourd'hui la mémoire et grâce auxquels les vilains aliens se sont fait hardiment botter le cul hors du système solaire. 

    Depuis lors, la paix et l'harmonie règnent ici bas et l'humanité ragaillardie par un sursaut de solidarité entre les peuples profite des avancées technologiques récupérées chez les envahisseurs : voyage à des vitesses ahurissantes, armes ultra sophistiquées, vaccin contre les mycoses vaginales, les émissions de Cyril Hanouna...

    Mais tandis que la foule est à la liesse en cette fête du 4 juillet, un bitoniau intergalactique approche dangereusement de la Terre. Rapidement dégommé au plasma-laserotron à synchronisation axiale judicieusement posé en avant-poste sur la Lune, les hauts stratèges crient victoire. Victoire ? C'était sans compter que, vingt ans plus tard, les martiens ont toujours la rancune tenace et que Big Mama est bel et bien décidée à revoir, à sa façon, le plan local d'urbanisme...

    Heureusement on peut compter sur de courageux, dévoués et jeunes patriotes prêts au sacrifice ultime pour, à nouveau, passer de la bite d'alien au cirage et sauver - encore une fois - le monde. 

    Extraits :
    Zim zim zim !
    - Ho un bitoniau intergalactique...!
    Paf croumpf patatrac !
    - Ouéééééé on les a eus !
    Brrrrrroooooooooooom
    - Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !
    Zim zim zim !
    - Est-ce que tu baises ?
    Badaboum crash
    - John comment les arrêter ?
    - J'avais d'abord pensé à une énorme tapette à souris géante...
    Paf croumpf patatrac !
    - Victoire !
    L'avis de la rédaction : Tout en subtilité, loin, très loin des clichés habituels hélas inhérents au genre héroïco-sciencefictionnesque tendance bannière étoilée, Independance Day : Résurgence est un modèle de sobriété poussant le réalisme des situations à un degré rarement atteint, mariant de pair finesse psychologique et finesse scénaristique, servi par un déluge d'effets spéciaux ahurissants.

    Avec  Independance Day : Résurgence Roland Emmerich nous livre donc une oeuvre intensément poétique, d'un lyrisme raffiné, à l'écriture ciselée, étourdissant et virtuose, qui n'est pas sans rappeler les meilleures pages d'un Maupassant. 

    Aussi ce n'est pas sans une bouffée de contentement que l'on repense avec délices à Euripide : "Une fois qu’on a dépassé la mesure, il n’y a plus de limite". Car à l'instar de Dieu et de la bêtise humaine, de limite, ce film n'en connaît manifestement aucune...

    Certes ce n'est certainement pas le film du siècle. Mais dans le genre du gros blockbuster abrutissant et divertissant, Independance Day : Résurgence se place en bonne position et vous fera passer un agréablement moment tout au long de deux heures relativement intense qui passent, ma foi, avec l'aisance d'un suppositoire à la glycérine.

    What else ? 

    En conclusion : En un mot comme en cent : le parfait film du dimanche soir.

    Note : Suppositoire à la glycérine d'argent.