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  • 14 octobre 2012

    Ma première bombilla ! (où il sera question du Maté)

    Aujourd'hui, j'ai fait quelque chose qui il y a deux mois m'aurait paru totalement incongru : acheter une bombilla (prononcer "bombicha"). Une bombilla, c'est une sorte de grosse paille en métal munie d'un embout perforé qui sert à boire la boisson nationale dont la saveur, délicatement amère, oscille entre la décoction d'ensilage et le thé raté. Je veux bien entendu parler du maté.

    En arrivant en Argentine je savais deux choses de ce pays : que l'on y mange une viande excellente et que l'on y boit du maté. Il ne m'a fallu que quelques heures sur le sol argentin pour me rendre compte que l'une et l'autre sont authentiquement exactes. J'ignorais en revanche à quel point le maté pouvait faire partie intégrante de l'art de vivre ici. Boire le maté n'est pas une simple tradition poussiéreuse pour mamies permanentées mais, au contraire, un geste quotidien tout à fait normal, quel que soit l'âge, quel que soit l'endroit. Jeunes, vieux, ouvriers de travaux publics ou hauts fonctionnaires, tout le monde boit du maté, tout le temps, et non pas seulement à five o'clock. Je dirais même que boire le maté c'est un moment de convivialité à partager sans chichi entre gens de bonne compagnie. Une invitation à boire le maté, ça ne se refuse pas.

    Pour faire du maté, quatre ingrédients sont indispensables.

    Tout d'abord, un maté. Contrairement à ce que l'on pourrait croire le maté n'est pas l´herbe qui va servir à faire l'infusion, mais le récipient dans lequel on prépare la boisson. Il peut être, comme sur ma photo, en bois.  On en trouve également en calebasse séchée, en métal, en verre, en argent... Il y en a pour tous les goûts. 

    Le maté et la bombilla.

    Ensuite, il vous faudra une bombilla pour boire. La aussi il en existe de toutes sortes et à tous les prix (la mienne m'a coûté 15 Pesos, soit environ 2,5 Euros). Cet ustensile peut s'acheter à peu près n'importe où, y compris dans la plus part des drug-stores dont la ville de Buenos Aires est constellée.

    Bien entendu, du maté ne peut se préparer sans Yerba Maté (pour tout savoir sur cette plante, c'est par ici). La yerba maté s'achète aussi facilement qu'un paquet de pâtes. Cela se présente sous forme d´herbe broyée, un peu comme de la sciure, conditionnée en paquets de 500 grammes, voire (beaucoup) plus. Certaines marques proposent du maté parfumé avec des zestes d'orange ou de citron mais de ce que j'ai pu constater ce n'est pas le plus communément consommé.
    Il existe également du maté en sachets tout prêts à faire infuser, comme de la tisane. Attention, c'est perçu ici comme la dernière des hérésies ! 

    La yerba maté, ça ressemble à ça....

    Enfin, de l'eau chaude, à peine frémissante. Jamais bouillante. Ceci explique pourquoi tous les foyers argentins sont équipés d'une bouilloire.

    La préparation est assez simple même s'il existe un véritable rituel du maté (et ses ayatollah) au moins aussi développé que celui du thé (je m'en tiendrai donc à l'essentiel). On commence par remplir le maté de yerba maté jusqu'au 3/4, puis on incline le maté doucement pour qu'un espace se forme afin de pouvoir glisser la bombilla. On verse ensuite un tout petit peu d'eau tiède pour faire gonfler l'herbe puis, une fois le gonflement désiré atteint, on introduit la bombilla en douceur, jusqu'au fond, en la poussant un peu sous l'herbe. Lorsque l'eau est chaude, on en verse un peu dans l'espace vide laissé à cet effet. Et voilà... il ne vous reste plus qu'à savourer votre maté, seul ou avec vos amis, chez vous ou dans la rue.
    Bien entendu on peut verser un peu de sucre sur l'herbe, notamment pour faire passer le goût amer de la décoction, ou bien utiliser un édulcorant de votre choix (on vous proposera toujours les deux). 

    Deux marques très connues ici de yerba maté.

    En pratique chacun boit à son tour, en commençant par celui qui a préparé le maté. On boit tout, jusqu'à ce que cela fasse du bruit, un "schlooouiiirrrks" caractéristique, on remplit à nouveau le maté d'eau chaude sans changer l'herbe, et on passe au suivant. Et ainsi de suite, jusqu'à ce que mort s'ensuive.

    Ha, tant que j'y suis, il est de mon devoir de vous mettre en garde car il y a une chose à ne jamais faire - ô grand jamais - lorsque l'on boit du maté (je l'ai appris à mes dépens) : remuer la bombilla dans le maté, ou ne serait-ce que la toucher du bout des doigts. Malheureux, n'y pensez même pas !  Outre que vous passeriez pour un malotru, vous seriez aussitôt frappés par la foudre et maudit sur dix huit générations...

    Sachez que les européens ont la réputation de ne pas aimer le maté, ce qui peut parfaitement se comprendre (voyez ma description gustative au début de ce billet). Cela étant, c'est vraiment loin d'être imbuvable et je crois même que les Argentins retirent une certaine fierté de ce dégoût présumé, plus que réellement avéré. Et puis la première gorgée de maté, c'est un peu refaire, à l'âge adulte, l'expérience de sa première gorgée de bière, une occasion de découvrir quelque chose de nouveau et de s'approprier un petit bout d'une culture beaucoup plus riche qu'il n'y parait de premier abord.

    Pour ma part, je m'habitue peu à peu, sans trouver ça ni vraiment bon ni vraiment mauvais. Cela fait partie des choses que l'on fait ici, et que j'apprends à aimer faire, tout simplement. Et mon achat est peut être aussi le témoignage de ce que je me sens plutôt bien dans ce pays...


    ***
    Si vous voulez en savoir davantage sur la préparation du maté, allez lire cet excellent article d'un autre expatrié en terres argentines.

    25 commentaires:

    1. Bien heureux que la foudre t'aie épargné. Bonne dégustation.

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    2. tu vas finir pas y vivre à tout jamais dans ce pays!!

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      1. Pour l'instant il n'en est pas vraiment question, mais qui sait de quoi demain est fait ?

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    3. Et mon achat est peut être aussi et cætera Putain, et ton chat, au fait ? (oui, j'atterris mais je suis complètement jet-laggé ^^)

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      1. Le chat - comme tu as certainement pu le lire dans ce billet (hein que tu l'as lu ? ^^) - est chez sa maraine où il coule des jours heureux...

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    4. je ne connaissais pas ce truc là, c'est bien les copains qui voyagent, ils nous racontent et voilà ! bonne journée

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      1. La première fois que j'en avais entendu parler, c'était par un ami qui venait de passer un an en Argentine. Mais lui ne blogait pas :)

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    5. Mince, je ne connaissais que la version hérétique en sachet infusette, je ne soupçonnais pas une seule seconde qu'il y avait tout un autre truc derrière !

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      1. Ca restera entre nous hein. Je vais pas aller raconter ici que je connais quelqu'un qui fait du maté en infusette... #TropLaTehon ^^

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    6. Ça alors, je découvre totalement l'existence de ce truc… Il faut absolument que je goûte !

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      1. On peut très bien vivre sans... Et je ne sais pas si, hors contexte, c'est vraiment pareil.

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    7. Pour Virgile : on sert du maté dans beaucoup de salon de thé parisiens, dont le fumoir (je me demande s'il s'appelle encore ainsi) j'ai toujours trouvé ça imbuvable et je n'avais pas bien compris l'usage délicat de la bombilla ...

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    8. Si je n'ai pas le mien au réveil, c'est la galère...En voyage en voiture, TOUJOURS le thermos, le maté et la bombilla ! En avion c'est la galère, pas simple à transporter... Mais c'est tellement populaire qu'il y a toujours quelqu'un pour t'en offrir un...

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      1. A La Plata, plaza Moreno, j'ai même vu un distributeur automatique d'eau chaude (moyennannt une piecette bien sûr). Si j'ai l'occasion il faudra que je le prenne en photo.

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    9. Je l'ai goûté avec du miel, mais c'était en Inde avec des Argentines

      Lagune

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      1. Jamais goûté avec du miel. Ca doit faire un mélange très... spécial !

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    10. "pour faire gonfler [...] puis, une fois le gonflement désiré atteint, on introduit la bombilla en douceur, jusqu'au fond, en la poussant un peu"...
      C'est un peu sexuel ton truc là non ?

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      1. Moi ? J'aurais dissimulé des propos tendancieux dans mon billet ? Noooooon =)

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    11. Voilà la chose que je n'ai pas testée. A blâmer : l'omniprésence du matos à maté dans toutes les boutiques à touristes, qui m'a dissuadée (je sais, c'est crétin mais voilà voilà...)

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      1. Ben tu vois, plus je regarde et plus je me demande si c'est vraiment fait pour les touristes. En réalité je crois que c'est d'abord fait pour les Argentins eux-mêmes,du plus raffimé au plus kitshissime. Tu veux que je t'en rapporte un ? :D

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    12. Donc c'est juste un thé imbuvable :D

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      1. Ton commentaire est insultant pour le maté ET pour le thé ^^

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