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  • 10 novembre 2010

    Dérapage

    J'apprends en lisant ma page d'accueil Yahoo que le Grand Gourou de la liberté de penser aurait "dérapé". Non, il ne s'agit pas de ski alpin ou de course automobile mais d'un dérapage verbal. Notre exilé des pampas aurait en effet déclaré à l'antenne d'une radio :
    "Et puis, c'est vrai qu'à un moment, ton môme rentre à la maison et se met à parler rebeu . Tu lui dis que ce n'est pas possible. Verlan encore tout va bien mais là, il n'y a pas de raison.
    Cette petite phrase a déclenché aussitôt les foudres du Conseil Représentatif des Associations Noires de France et d'autres associations luttant contre le racisme qui se sont déclarées choquées par ces déclarations scandaleuses, lesquelles ne sont pas sans rappeler les propos non moins tolérables de l'homme à l'oeil de verre le plus célèbre de l'hexagone.

    Ce qui m'interpelle ce n'est pas tant la puissante pensée de notre ménestrel mais plutôt que l'on ait aussitôt qualifié ces propos de "dérapage" et au fond chercher à savoir ce qu'est un dérapage. N'oublions pas que nous sommes des Monsieur Jourdain en puissance et que si certains font de la prose sans vouloir d'autres dérapent sans le savoir.

    En recherchant rapidement sur quelque fiable dictionnaire en ligne on trouve de "dérapage" les éléments de définition suivants :

    1. MAR. [Correspond à déraper A 1] , Action de déraper (Ac. 1932). Mouvement d'une ancre qui est détachée ou se détache du fond
    (...)
    2. Usuel. [En parlant d'un véhicule : bicyclette, automobile] Glissement latéral spontané ou dû à un coup de frein, ou à un mouvement du guidon ou du volant, sur route mouillée, verglacée, enneigée, etc.
    Le dérapage est donc lié à une perte de contrôle de la situation qui nous entraîne hors de la piste normalement prévue et fait perdre sa stabilité à un navire emporté par la houle ou au véhicule qui finit planté dans le décors.
    Appliqué à notre Caruso des temps modernes, le dérapage qui lui est imputé signifie que ses propos sont déplacés et l'ont conduit en dehors des rails d'une certaine normalité. Mais de quelle normalité ? Celle qui est de ne dire du mal de personne ni de laisser sous-entendre que l'on puisse ne pas apprécier telle ou telle catégorie de la population, au risque de raccourcis abracadabrantesques ? Ainsi, dire que l'on ne veut pas que ses enfants parlent "rebeu" signifierait non seulement que l'on n'apprécie pas une certaine façon de parler mais  surtout que l'on n'apprécie pas les personnes qui emploient cette forme de langage. Ce sont il me semble deux poids deux mesures qui conduisent à une fâcheuse confusion.

    La comparaison avec le bull-dogue d'extrême droite peut paraître logique alors que l'évidence n'est pas celle que l'on croit. Le leader historique du parti nationaliste non-fleurdelisé est coutumier des petites piques jetées en pâtures tant à ses électeurs qu'à ses détracteurs. Il ne s'agit même plus de dérapage : c'est au contraire une ligne de conduite, un art de vivre, au point que c'en est devenu sa raison d'être. Comparaison n'est pas raison...

    Je passerai sur les commentaires haineux que j'ai pu lire ici ou là, tant contre notre people en perte d'adhérence qu'à l'encontre de ceux qui parlent rebeu, wesh, chtimi ou que sais-je encore. On regrettera que ni Jean Claude Van Dame ni Steevy Boulay ne se soient  exprimés sur le sujet. Non, je déconne. Pour être sérieux, je remarque seulement que cette histoire de dérapage  - qui plus est monté en épingle par des médias en mal d'onanisme (avec ou sans boudin blanc) - me paraît symptomatique d'un profond malaise Français ravivé tout récemment par un fameux débat sur l'identité nationale qui a remué plus de vase putride qu'un troupeau d'éléphants apeurés dans une marre aux canards fétidique. Ce même malaise qui conduit à tout taire et à ne rien dire qui puisse choquer, offusquer ou friser une oreille. Une saine et confortable bien-pensance qui telle une couche de crépis sur un mur pourri, en cache les vices mais n'en guérit pas les maux...

    Plus dure sera la chute des masques !

    15 commentaires:

    1. "Plus dure sera la chute des masques !"
      J'ai connu de grands moments avec un certain V pour Vendetta... sans chute de masque pourtant.
      Le doux attrait de l'anarchie... car la lettre V dans son premier geste signifie la destruction de notre société, mais sa deuxième partie programme en fait sa reconstruction et son élévation...
      Simple pensée de passage...

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    2. Nous sommes tous plus ou moins victime de la pensée unique car c’est un rouleau compresseur très puissant ... C’est bien la société sans haine, mais je n’aime pas la société aseptisée ... Évidemment le problème est de « régler » (pour tous !) le juste milieu, le bon sens ne prévaut pas dans les règlements culturels de bonne conduite ! Bon, de toute façon, nous, on subit !

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    3. Parler rebeu... il a sans doute voulu dire parler comme les jeunes vivant dans des barres HLM de la banlieue chic de Saint Denis : Wesh ziva, je kiffe cette meuf, pa!

      Je pense surtout que ces mots ont dépasser sa pensée... enfin un truc comme ça... parce que pour Florent avoir une pensée... c'est de l'ordre d'un vrai miracle!

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    4. Dérapage...? Encore une histoire de tête à queue!!!Bon, je déconne toujours moi, t'as tout tellement bien dit que je n'ai plus qu'à me taire!!;-)

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    5. je comprends vraiment ton point de vue. une fine analyse

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    6. Comme le dit Nigloo, rien à ajouter tu as fait une très bonne analyse du sujet. Marre de cette société politiquement correcte. Même les humoristes ou ce qu'il en reste, n'osent même plus des blagues sur les arabes, les juifs, les blacks.... de peur de se retrouver avec un procès. Coluche revient !!

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    7. @ Kingluther : F.P. anarchiste ? Nan, ça se saurait ! Je reconnais néanmoins là tes penchants anticonformistes.

      @ Pianiste : Tu veux dire que tu restes passif à la situation ? :D

      @ 14141 : Heureux de te lire ici. Je partage ton point de vue. Vouloir que ses enfants parlent un français correct est une attente légitime et ne signifie pas que l'on dénigre les autres. Sinon on n'est pas sortis de l'auberge !

      @ Nigloo : On peut aussi parler pour ne rien dire. Ca m'arrive souvent et ne te jetterai pas la pierre. Sauf si tu insistes bien sûr :)

      @ Will : Merci Will. J'avoue avoir du tourner 7 fois mon billet sur mon écran avant de le publier afin que l'on ne puisse pas me reprocher à mon tour un "dérapage" :s

      @ Christophe : Tu as raison. J'écoute régulièrement des sketches de Coluche à la radio et suis consterné en me disant que la moitié de ses propos seraient intenables aujourd'hui. Ca me fait froid dans le dos...

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    8. Depuis le temps que je dis que l'on glisse vers un mode de fonctionnement à l'américaine !!!
      On aseptise tout, on justice tout (bientôt tu fera un sourire à quelqu'un et tu sera trainé au tribunal pour harcèlement), pas étonnant qu'on virtualise tout !

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    9. Tu vois la curiosité à eu raison de moi!!! Je reviendrais régulièrement,je croi. Et puis on a quelque chose en commun: l'haletrophilie! Bon, moi, je débute mais j'avoue que je me prie au jeu, l'ambiance est vraiment plus sympa qu'une salle de fitness!

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    10. Bonjour TM ! Dans la définition que tu donnes du dérapage il y a la notion de "faux mouvement" mais aussi celle de surface : mouillée, verglassée, enneigée... Et je crois fermement que nos amis les média n'ont de cesse que de préparer des terrains glissants pour nos amis les peoples. Tout ça pour dire qu'en fait on cherche à faire du "dérapage" (ou du scandale) pour vendre car c'est bien là la finalité. C'est ce qu'on appelle du dérapage contrôlé.

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    11. @ Maxivirus : Je suis plutôt d'accord, sauf pour la virtualisation qui n'a je crois qu'un lointain rapport.

      @ 14141 : Hé comment ! Ces salles ne laisse pas la place au chichitage ou à la parade. Les mecs sont là pour bosser, avant tout, dans le calme et la décontraction. Au plaisir de te recroiser ici en tout cas :)

      @ Ek91 : En effet, je crois que tu as raison : bien savonner la planche pour que la gamelle soit aussi spectaculaire (et vendeuse) que possible !

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    12. Sur ce coup j'étais à la bourre...Bon article d'autant que je suis d'accord avec toi.
      Par contre je m'estime dicriminé, tu n'as pas parlé du boudin noir que je préfère de loin au blanc...

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    13. "S'offusquer" de propos pour le moins banals, c'est facile, ça ne mange pas de pain et ça fait mousser facile pour toutes ces "associations" de bobos gôchistes à la petite semaine ; c'est fou en revanche comme leur silence est ASSOURDISSANT lorsqu'il s'agirait de s'insurger, non plus contre des paroles, mais contre des faits, vrais réels, atroces, tels que le massacre quasi quotidiens des chrétiens au Moyen-Orient.
      Bizarrement sur ce sujet, Licra, Mrap, Sos Racisme, Cran, etc. ne pipent mot. Ben oui : ça demanderait d'avoir des couilles. D'être honnête. Et impartial.

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    14. Tu as complément raison. Joli billet !

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    15. Moi je me dis que si maintenant on ne peut plus dire ce que l'on pense, où allons nous ??? Je comprends parfaitement ce qu'il a dit. Pourquoi ? parce que ce n'est pas une façon de démarrer dans la vie de manière correcte.

      alors que diraient les belges en apprenant, que mon père, pur carolo, ne voulait pas que sa fille ait d'accent belge et a tout fait pour ne pas qu'elle soit en contact avec des gens qui l'avaient de peur qu'elle ne l'attrape? Est-ce du racisme ou de la lucidité?

      Mon dieu, je serais curieuse de savoir ce que dirait Coluche ou Thierry le Luron par rapport au nouveau côté aseptisé de la France ?

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