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  • 19 janvier 2011

    Rubber

    Chargé d'un nombre invraisemblable de paires de jumelles, un homme avance dans le désert. Un peu plus loin un groupe de spectateurs semble l'attendre, parqués derrière un cordon de sécurité. Pendant que leur sont distribuées les jumelles, un agent de police les prend à partie et commence un curieux monologue :
    Pourquoi dans le E.T. de Steven Spielberg, l’extra-terrestre est-il marron ? « No reason ». Pourquoi dans Massacre à la Tronçonneuse de Hooper, les gens ne vont pas aux toilettes comme tout le monde dans la vraie vie ?  « No reason ». Pourquoi ne voit-on pas l'air autour de nous ? « No reason ». Parce que tous les bons films sont fondés sur le « No reason » et que la vie est essentiellement composée de « No reason », ce film sera un hommage au   « No reason ».
    Nous  voilà prévenus ! Les spectateurs braquent leurs jumelles vers l'horizon, le spectacle va pouvoir commencer, ou pas. C'est par ce prologue surréaliste que n'auraient pas renié les  Monty Python que débute Rubber.

    Ce que j'adore au cinéma, c'est la faculté qu'ont certains films de nous faire basculer dans la quatrième dimension avec le plus grand aplomb du monde et de défier les lois les plus élémentaires de la rationalité. Rubber se place sans conteste au rang de ces ovni cinématographiques.

    L'histoire est cette d'un... pneu. Oui, un pneu. Un pneu abandonné dans le sable du désert californien qui s'éveille, reprend (?) vie, recouvre force et vigueur et s'en va rouler de par le monde. Mais attention, il ne s'agit pas d'un pneu ordinaire : doté de redoutables pouvoirs psychokinétiques, celui-ci est de la race des tueurs. Passé l'acte fondateur de la première victime dont une innocente bouteille plastique fera les frais, repoussant sans cesse les limites de sa folie meurtrière, les cadavres s'accumulent. Et bientôt une enquête policière commence : qui a trucidé la femme de ménage dans ce motel en bord de route ? C'est donc aux aventures de ce pneu tueur, mystérieusement attiré par une jolie fille à la voiture rouge, que les spectateurs incrédules assistent. Mise en abîme plutôt déroutante au début, le film est en effet commenté de l'intérieur par ses propres spectateurs. Du foutage de gueule, certainement, mais aussi le parti pris d'un ton volontairement décalé et d'une narration qui entremêle en réalité deux histoires dont l'interaction, d'abord passive, ira crescendo.

    Film de genre, Rubber manie avec panache les ressorts de la comédie et du cinéma gore. On rit de situations totalement burlesques, voire parfois ubuesques, tout autant que l'on se réjouit de quelques magnifiques gerbes d'hémoglobine visqueuse telles que le cinéma gore pouvait nous en offrir à son âge d'or.  La trame de l'histoire est assez simple, linéaire, qui s'articule autour de trois pôles : l'enquête policière, la mystérieuse fille à la voiture rouge, et ce groupe de spectateurs qui vit au rythme des péripéties du serial killer vulcanisé. Et la sauce prend ! Outre son caractère très très décalé qui avait tout pour me plaire, j'ai été d'emblée séduit par la photographie absolument magnifique ainsi que les superbes lumières du film. Ca donne envie d'aller en Californie tout ça. La bande son très soignée et jamais envahissante n'est pas en reste non plus, cosignée par l'un des membres des so frenchie Justice  : la classe.

    Décalé, insolent, gore, plutôt fun et visuellement très beau, Rubber peut certes paraître comme un vaste foutage de gueule, mais un foutage de gueule qui a du panache, sans être non plus le film de la décennie, n'exagérons rien. A déconseiller aux grincheux, à consommer sans modération pour les autres. Et dernière petite chose : c'est un film français ! Preuve que l'on est nous aussi capables de produire des petites choses tout à fait intéressantes dans un terrain de jeu étroitement gardé par quelques réalisateurs de talent dont j'avais pu parler ici il y a quelques semaines.


    Le site internet de Rubber le film

    12 commentaires:

    1. Les images sont très belles en effet, en tous cas dans la bande-annonce. Quant à l'histoire, elle me paraît idéale pour clore une soirée entre amis un peu arrosée. Tout ça m'a l'air bien marrant ^^

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    2. Bien que n'affectionnant pas du tout le genre gore, ça ferait presque envie !!!
      Mais ... plus ou moins bien que "L'Attaque de la moussaka géante" ?

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    3. Jamais vu un truc pareil! Ca donne envie de découvrir la suite.

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    4. Une critique très complète et très bien écrite. Si ce film ouvre vraiment l'esprit sur autre chose c'est intéressant. Il en faut, de temps en temps.

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    5. pas net ce pneu, seul un exorciste le calmerait!!:)))

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    6. "Is it black?" Ah!Ah!Le moins qu'on puisse dire, c'est que c'est original!

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    7. tiens, tiens, ce post agît sur moi comme "un rappel".En effet , dans une de ces salles obscures que je fréquente assidûment,je vis quelques secondes de cette vie de pneu.Intrigué, après une petite enquête sur le net , je vis en effet que c'est un français "Mr Oizo" pour les connaisseurs de son "éléctro" qui avait sévi ce film.
      J'ai raté le film , peu d'écrans et durée limité !
      Vous me donnez sacrément envie de mettre la main sur ce damné de pneu.
      Sincèrement votre

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    8. Ca me fait penser aux débuts de Tarantino... un mélange des genres auquel on adhère, ou pas du tout !
      En tout cas ça me donne bien envie de le voir !

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    9. J'ai vraiment beaucoup de mal avec le cinéma d'hémoglobine, même s'il donne dans la parodie ou l'absurde; mais là c'est vraiment curieux... Un pneu tueur...
      Magnifiques paysages, il est vrai ;)

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    10. @ Glimpse : L'image est belle tout du long. Le film est un peu trop barré pour une soirée un peu trop arrosée. Les amis suffiront, dans un premier temps :)

      @ Blau : Chacun joue dans une cour différente. La Moussaka est culte. Rubber ne demande qu'à le devenir.

      @ El Camino : Le film est surtout diffusé dans les petites salles d'art et essai.

      @ Flavien : Je ne sais pas trop sur quoi ouvre le film, mais c'est en tout cas tout autre chose que ce que l'on peut voir habituellement dans les salles obscures. Et rien que cela justifie le déplacement.

      @ Nigloo : C'est pas sûr. Ses pouvoirs sont....brrrrr ! :)

      @ Bénédicte : Original, pour sûr ! On avait déjà eu droit à des voitures tueuses, mais un pneu ! Et va donc voir le film et tu découvriras quel objet inoffensif devient une arme de destruction massive.

      @ Elliot : Si tu es amateur de second degré et de film série Z, précipite toi vers ton cinéma d'art est essai le plus proche !

      @ Anouchka : Oui, c'est un peu le même univers, quoique l'esthétique et le montage n'aient rien à voir avec une production de Tarantino.

      @ Lemodrop : Bienvenue ici ! Ho, de l'hémoglobine il y en a un peu, mais ce n'est pas - et de loin - l'essentiel du film. Si tu ne peux pas supporter le trailer alors je te déconseille d'en voir plus ;-)

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    11. Hélas guère de chance que ça passe ici... À part les daubes majuscules, pas grand chose à se mettre sous la dent. On attendra le DVD.

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    12. chéri et moi avons failli aller le voir ce soir, il passait dans un ciné à Paris, le Nouveau Latina, mais on a préféré rester au chaud. Je sens qu'on le louera pour une soirée pizza un de ces jours!

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