• A propos
  • Me contacter
  • Facebook
  • Instagram
  • Lutte Nuptiale
  • Premières fois
  • L'Oiseau Bleu
  • Vine
  • 8 décembre 2016

    Que veux-tu dire ?

    2 commentaires
    C'est un début d'histoire qui aura duré quelques courtes semaines au début du printemps 2015. Je l'avais écrite sur un brouillon, ne sachant trop qu'en faire.

    Lui et moi nous étions vus pour la première fois après nous être rencontrés sur un site dédié aux garçons qui aiment les plantigrades. Quelques mots échangés, simples, de bon sens, courtois. La rencontre qui s'en est suivie eut lieu relativement vite car nous savions tous les deux que les discussions éternelles par clavier interposé ne mènent pas à grand-chose et que les atermoiements sont inutiles.

    Lui voulait d'abord rencontrer de potentiels amis, ce qui me paraissait a priori constituer un bon début. Nous sommes donc d'abord allés au cinéma.

    Au sortir de la projection, nous avons beaucoup discuté en marchant tranquillement dans la ville rose s'assombrissant par le coucher du soleil. Discussion qui fut entrecoupée de mille et une questions qu'il me posait sans relâche et auxquelles je répondais de bon cœur, séduit par tant de fraîcheur et de candeur.

    Ce fut un  premier rendez-vous assez curieux à vrai dire car, malgré notre spontanéité respective, nos propos se trouvaient régulièrement entrecoupés de longs silences pendant lesquelles je le voyais froncer les sourcils puis, à l'issue de quelques secondes de réflexion, poignait sur ses lèvres la même question  : "Que veux-tu dire ?"

    Quoi qu'il en soit nous nous séparions sur un très bon a priori ainsi que le laissaient entendre les textos que nous échangeâmes une fois chacun ayant regagné ses pénates.

    Quelques jours plus tard il revenait me voir pour passer la soirée et faire plus ample connaissance. Il me racontait sa vie, son enfance, son père le chassant de chez lui, ces années d'errance, ses ex, son arrivée à Toulouse...

    Une jolie soirée courtoise, un peu trop peut-être, au cours de laquelle le personnage me faisait découvrir une part importante de son histoire et de son passé, ce qui l'avait construit, ce qu'il était devenu. Un grand et beau garçon, déterminé, mais encore en recherche de lui même. Car toujours revenait la même question "que veux-tu dire ?", après que ses sourcils graves se sont plongés dans un abîme de perplexité. 

    Nous nous quittâmes à nouveau, en nous promettant de nous revoir et de continuer de nous raconter notre histoire. 

    Au détour d'un soir survint cet incompréhensible texto. Il voulait qu'on s'en tienne là, ce à quoi je répondis que je ne comprenais pas sa décision mais que je la respectais néanmoins et que j'espérais, malgré tout, que nous serions amenés à nous recroiser un jour.

    Quelques minutes plus tard mon téléphone tressautait d'un nouveau message de sa part. Encore la même question : "Se recroiser ?" dans laquelle je lus à nouveau son invariable mais sincère "que veux-tu dire ?".

    Puis il y eu ce coup de fil étrange. Il voulait m'expliquer les choses. Et moi je voulais avoir quelques explications, pour comprendre un peu, quitte à me faire du mal. Mais au bout du fil je n'eu que du silence, ponctué au bout d'une interminable minute par cette unique phrase

    "Je ne sais pas..."

    Moi non plus.
    Je ne pouvais, ni ne voulais savoir à sa place. Je ne pouvais, ni ne voulais faire cet effort de mettre des mots sur ses questionnements dont certains défiaient le bon sens le plus élémentaire, à me demander "que veux-tu dire ?" lorsque j'affirmais simplement "il pleut". Il fucking pleut. What else ?

    Nous devions donc en rester là, à cet inachèvement embryonnaire rempli de vide...

    Contre toute attente, il devait revenir à la charge quelques jours plus tard avec un texto. Je le sentais un peu fébrile, n'osant pas faire le premier pas. Je n'étais pas fâché et prêt à le revoir s'il le voulait, ce qu'il acceptait immédiatement. 

    Il est revenu le soir même, passer d'abord la soirée, puis la nuit. Je savais qu'elle serait probablement la seule. Blottis l'un contre l'autre au creux du canapé je me suis senti très bien dans ses bras et manifestement ils s'est senti très bien dans les miens.

    Lorsqu'il est reparti le lendemain, m’adressant un dernier baiser en se retournant dans le couloir, j'ai su qu'il n'y aurait pas de prochaine fois.

    Pour autant je ne suis pas triste. Juste un peu déçu. 

    Je ne sais pas du tout dans quelle direction nous allions, tellement chacune de nos rencontres me laissait à chaque fois un sentiment étrange. Car malgré le bien-être que je ressentais en sa présence, le fait est qu'il nous était fort difficile de nous comprendre. En témoignent ses perpétuelles questions sur ce que je ressentais, sur ce que j'étais en train de penser à propos de ce qu'il venait de me dire, au lieu de simplement laisser les choses se faire ou se défaire d'elles-mêmes, plutôt que d'essayer à tout prix d'assembler un puzzle dont personne ne détient ni la forme définitive ni le mode d'emploi. Je crois que moi-même je ne me suis jamais autant posé de questions que lui... 

    Surtout j'avais appris alors, et depuis mon expérience au Québec, à ne plus avoir autant peur de moi même, ni autant peur des autres, au point que je me rends compte de tout le malaise qui naissait à chaque fois que j'ouvrais la bouche et que je le voyais froncer les sourcils.

    Longtemps après avoir écrit ce brouillon, il m'a renvoyé un message, pour prendre des nouvelles. Il me souhaitait d'aller bien. Je lui ai répondu, en lui demandant à mon tour ce qu'il devenait. Ce fut notre dernier échange. Aucune réponse ne vint jamais plus...

    Que voulait-il me dire ? 

    30 novembre 2016

    1er décembre

    3 commentaires
    Demain c'est le 1er décembre. Ce mois-ci a passé à toute allure. Noël approche à grands pas et dans la foulée la fin de l'année. 

    N'ayant pas de vacances, je ne sais pas si je pourrai réellement profiter de ces fêtes et prendre le temps de me remettre des frasques alimentaires des 24 - 25 et du 31 au soir. Il va falloir être sage, relativement.

    La corvée du 31 est résolue. Habituellement je n'aime pas spécialement les festivités du 31 car, contrairement à Noël, elles ne sont pas rattachées à une tradition familiale. Et généralement les premiers appels débutent en septembre avec les inévitables "Au fait, tu fais quoi pour le 31 décembre ?". Alors là, cette question a le don de m'agacer. Autant me demander ce que je ferai le 15 aoút 2029... je n'en sais foutrement rien ! Bordel... Et qui plus est, j'aime les propositions de dernière minute.

    Pour le coup, j'ai accepté une proposition bien avant la veille de la date fatidique, ce qui dénote un certain progrès. Cette année ce sera donc en Ariège, dans un petit bled paumé, quelques amis que j'aime beaucoup et avec qui j'aurai plaisir à passer cette soirée.

    Ce sera une jolie manière de clore une année 2016 qui fut, à tous les niveaux, assez compliquée. Et quelque chose me dit que 2017 sera porteuse de pas mal de promesses...

    Sinon je supporte toujours aussi peu Cyril Lignac et son accÔnt insupportable de néoparisien (cong !) qui tente maladroitement de masquer son accÔnt du Rouergue. A cela s'ajoute un fond de gorge sur une tonalité de laryngite chronique des plus insupportables. C'est simple : j'ai envie de hurler à chaque fois qu'il prend la parole... Et pourtant je regarde l'émission Le Meilleur Pâtissier presque tous les mercredi depuis quelques semaines. Cela compense visuellement toutes les sucreries que je ne mange pas, ou que je m’efforce de ne pas manger.

    Mercotte m'énerve un peu, à se rire des candidats auxquels elle fait réaliser des recettes improbables avec des explications incomplètes et surtout sans aucun visuel... Je lui ferais monter une armoire Ikea 3 portes sans notice moi, ça lui ferait bien les pieds !

    Samedi dernier j'étais invité à une très grosse soirée chez un ami d'ami. DJ privatisé (et pas tout à fait n'importe lequel), alcool à flots, quelques personnes hyper sympa, il n'en fallait pas moins pour me porter jusqu'à l'aube, heure à laquelle j'ai rejoint mon lit dans un état assez peu glorieux. Et ce gros lâchage m'a fait un bien fou, même si j'en paie encore le contre-coup. C'est que, je me fais vieux !

    Bref, rien de très grave sous les nuages de décembre qui s'annonce...

    21 novembre 2016

    Identités singulières : Être gay et croyant - 6ème et dernière partie

    10 commentaires
    Est-il possible d'être gay et croyant en 2016 ? 

    Au rythme de un par quinzaine, vous seront présentés plusieurs témoignages guidés par un questionnaire en neuf points laissant toutefois la possibilité d'aménager les réponses librement. Autant de parcours de vie, tous différents - voire totalement contradictoires - de personnes venues d'horizons assez variés et croyantes à divers degrés. Des identités singulières.

    L'objet de cette série de billets n'est certainement pas de faire un quelconque prosélytisme - il suffira de lire pour s'en rendre compte - ni de clore un débat bien trop vaste. 

    Seulement d'essayer d'apporter des éléments de réponse à une question complexe et que je trouve passionnante.

    * * *
    Note : Pour terminer cette série Identités Singulières, je cède la parole à Emmanuel (le prénom a été changé) que je connais depuis plusieurs années et dont, à dire vrai, une conversation menée il y a une petite année autour d'un verre m'a donné l'idée de ces billets témoignages. Vous allez voir pourquoi dans quelques instants. Je remercie donc vivement Emmanuel pour sa contribution que j'attendais impatiemment.

    Je lui ai posé les 9 mêmes questions de base qu'à tout le monde, lui laissant, comme à chacun des témoins, la possibilité de répondre de la manière qu'il souhaitait, ce qu'il fait sous une forme très libre, que je respecte intégralement, à l'exception des ponctuelles insertions en gras, qui sont de mon cru.

    * * *

    Emmanuel


    Je vais avoir 30 ans, je suis donc sensé être un adulte. J’ai grandi et j’habite à Toulouse, ville dont je suis tombé amoureux. Je suis fonctionnaire, et fier de l’être.

    J’ai pris conscience de mon attirance pour les garçons à l’école primaire, sans toutefois en comprendre le sens et les conséquences.

    La situation est devenue à la fois plus claire et plus compliquée à la fois au collège et au lycée. Plus claire car j’ai pris conscience de mon orientation sexuelle. Et plus compliquée car je fus confronté à une homophobie ordinaire et gratuite.

    J’ai alors refoulé tous mes sentiments. Je suis sorti avec des filles pour faire « comme les autres ». Ce petit jeu a été humainement destructeur et je l’ai cessé à la fin du lycée en assumant pleinement ce que je suis.

    Aujourd’hui tous mes proches savent que je suis en couple et en couple avec un homme.
    "J’ai baigné dans un athéisme laïque et bienveillant
    à l’égard de toutes les religions et toutes les philosophies".
    Ma famille est de tradition athée. Cependant, ma mère m’a toujours dit que j’étais libre de croire en ce que je voulais, de douter ou de ne pas croire. Nous fêtions Noël de façon laïque et je n’ai pas reçu d’enseignement religieux.

    J’ai baigné dans un athéisme laïque et bienveillant à l’égard de toutes les religions et toutes les philosophies. J’ai aujourd’hui conscience de cette chance. J’ai ainsi pu me construire de façon aussi libre que possible et dans le respect de mes valeurs profondes.

    J’ai toutefois bousculé cet athéisme à l’âge de 9 ans, lorsque j’ai demandé à ma mère de m’inscrire au catéchisme car je souhaitais assister à la messe. Je ne pourrais pas expliquer d’où est venu ce souhait. Je m’en souviens comme une intuition confiante. Malheureusement, en raison d’une mésentente avec mon père, ce souhait ne se réalisait pas.

    Les années qui suivirent se firent sans dieu mais avec une constante attraction pour les églises, et plus particulièrement les églises catholiques dans lesquelles j’aillais me réfugier et fuir le tumulte humain.

    Une fois mon homosexualité acceptée et assumée, le choix d’une vie sous l’œil d’un dieu m’apparaissait impossible. J’avais alors en tête la position de l’Église catholique qui ne me semblait pas bienveillante à l’égard des personnes homosexuelles.

    A l’âge de 23 ans, je finissais mes études de droit dans une ville qui m’était étrangère. Ma faculté faisait face à une église catholique. J’allai me renseigner pour venir me recueillir dans cette église avant mes épreuves de fin d’année pour faire la paix en moi.

    Je fis alors connaissance du sacristain. Une amitié débuta. Il me confia être croyant et homosexuel. Ce fut une véritable révélation, c’était donc possible. Mais cette révélation était teintée de nostalgie car je pensais que cela était trop tard pour moi. J’avais reçu l’appel 15 ans auparavant et je n’avais pas été à la hauteur.
    "Dieu redonne toujours une chance
    et sait être patient".
    Une fois l’année universitaire terminée, je rentrai à Toulouse et Noël s’annonça. Je vécus ce Noël laïc tristement, sans dieu. J’imaginais dans quelle communion était l’auditoire du Pape sans pouvoir la ressentir. Je ne pensais pas ressentir une nouvelle fois l’appel de Dieu comme dans mon enfance et partager alors la joie de croire. Teinté de cette émotion et par habitude, je regardai la messe de Noël à la télévision. Benoît XVI parlait de la paix.

    Le fil du temps s’interrompit. Le laïc que j’étais, regardant un pape parler, devint, en une fraction de seconde, un croyant écoutant son pasteur prêcher. Je peux dire à quel instant précis, la certitude de l’existence et de la bienveillance de Dieu m’envahit tout entier. Une intense joie s’empara alors de moi et continue encore aujourd’hui à m’habiter. Je me suis rendu compte que j’étais jusque-là incomplet et que Dieu faisait partie de moi et de ma vie. La joie de croire est un sentiment indescriptible tout comme l’est la joie de constater que Dieu pardonne, Dieu redonne toujours une chance et sait être patient.

    Le lendemain, j’écrivis au diocèse de Toulouse pour débuter mon chemin vers le Baptême.
    "Mon chemin fut un véritable
    parcours du combattant".
    J'ai voulu dissimuler mon orientation sexuelle, mais je me confiai à mon accompagnateur spirituel au bout de 2 semaines d’intenses tiraillements intérieurs.

    Mon chemin fut un véritable parcours du combattant, tant l’institution ecclésiale ne sembla pas être habituée à l’accueil d’une personne homosexuelle.

    J’avais conclu un pacte civil de solidarité avec un homme et l’institution m’indiqua qu’il s’agissait d’un acte public contraire à l’Église. On m’alertait sur le fait que mon homosexualité allongerait la durée de mon parcours et que mon pacte civil serait un obstacle irrémédiable. J’ai beaucoup souffert à cette période mais j’ai eu la chance d’être beaucoup soutenu par des amis croyants. Et aujourd’hui je me remémore ces faits de façon paisible et sereine, reconnaissant pour tout le chemin parcouru et les rencontres effectuées.

    Par l’effet du hasard de la vie, je quittai mon compagnon et nous rompîmes notre pacte. En parallèle, l’institution s’adaptait à l’accueil de personne homosexuelle.

    Après 16 mois de cheminement, j'ai reçu les trois sacrements de l’initiation chrétienne pendant la nuit de Pâques.
    "Je crois en l’Évangile, au Père, au Fils et au Saint-Esprit,
    et pour moi c’est à la fois l’essentiel et le tout"
    Je n’adhère pas à la totalité de la doctrine sociale de l’Église. Cependant, je crois en l’Évangile, au Père, au Fils et au Saint-Esprit, et pour moi c’est à la fois l’essentiel et le tout.

    Le Baptême, la Confirmation et la Communion m’ont conforté dans ma foi. Ce ne fut pas une explosion de joie mais une solide et confiante consécration du nouveau chemin que j’empruntais sous le regard de Dieu. L’idée de chemin me parle beaucoup à l’image de la parole du Christ : « Je suis le chemin, la vérité et la vie ». Ces sacrements m’ont apporté une espérance joyeuse en l’avenir et en la bienveillance de Dieu qui nous a tous déjà racheté.

    Je vis toujours la même vie, mais éclairée par une lumière renouvelée, plus intense grâce à ma naissance nouvelle par le Baptême.

    "Je ne vis pas mon homosexualité
    comme un péché ou une faute"
    La messe est pour moi une respiration essentielle et indispensable dans ma semaine au milieu du tumulte humain.

    Le sacrement de réconciliation me permet de me mettre sous le regard de Dieu et d’être au contact de son pardon.

    Je ne vis pas mon homosexualité comme un péché ou une faute. Je reconnais pourtant être, comme tout le monde, "un pauvre type" comme le dit si bien mon pasteur. Et en cela j’essaye de m’améliorer chaque jour grâce à Dieu et avec le Christ.

    Voila le témoignage, en vérité, que je peux te rendre.
    "Il ne faut pas rester seul".
    Tu me demandes maintenant ce que je pourrais dire, aujourd'hui et avec mon parcours, à un jeune adulte tiraillé entre son homosexualité et la foi dans laquelle il a pu grandir, et la peur de vivre l'une sans trahir l'autre.

    Comme tu le soulignes je n’ai que mon parcours pour me permettre de répondre à cette question et ce qui a été ou est vrai pour moi ne l’est pas forcément pour autrui.

    Cela étant dit, je pense qu’il faut tendre, autant que faire se peut, à vivre en vérité. Mais je sais que le poids de la société ou de l’éducation peut ralentir ou entraver cet élan. Heureusement, nous avons toute la vie pour y parvenir et le plus essentiel l’aide de Dieu pour le faire. Jean-Paul II a affirmé le principe de gradualité selon lequel chacun doit cheminer de l’endroit où il est avec la ferme et sincère résolution de vivre sa vie pleinement sous le regard de Dieu.

    L’espérance en Dieu et la médiation de son Fils m’ont permis et me permettent de cheminer. Je crois en effet qu’il ne faut pas rester seul, tant sur le plan spirituel qu’humain.

    Merci Emmanuel

    ***
    A relire sur Identités singulières : 

    18 novembre 2016

    Se sentir nul

    9 commentaires
    Je me sens nul.
    Journée de merde.
    Je m'en veux de ne pas réussir à faire ce que l'on me demande correctement.
    Je me sens nul de ne pas être aussi rigoureux que ce que je voudrais être.

    Envie de chialer, de me donner des baffes.

    Ce n'est rien de super grave. Rien de dramatique en réalité.
    Des petites choses qui minent la confiance que l'on m'accorde.
    Des petites choses qui me font me sentir super mal, culpabiliser.
    Des petites choses qui, en réalité, m'anéantissent, peut-être au-delà du raisonnable.
    Des petites choses qui font voler en éclat ce balbutiement de confiance en moi.

    Des mots, des reproches, qui pour moi sonnent durement.

    Je suis tellement contrarié que je n'ai même pas mangé à midi. Pas faim. Envie de rien, sinon de me cacher sous un tas de pierre et de croupir sous ma honte.

    Pfff... merde.

    15 novembre 2016

    La photo du mois : Carré(s)

    16 commentaires
    Bonjour à tous, nous sommes le 15 novembre et c'est l'heure de notre rendez-vous mensuel avec la photo du mois.

    Je vous rappelle tout d'abord le principe du jeu : chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Le thème de ce moi d'octobre a été choisi par Tuxana qui nous propose : Carré(s).


    Elle nous donne les indications suivantes : 

    Je vous propose comme thème du mois de novembre : carré(s). Le but n'est pas que votre photo soit carrée, mais bien qu'une forme carrée (ou plusieurs) apparaisse(nt) dans votre photo.
    Et hop, voilà ma photo, je pense qu'elle se passe d'explication :

    Comme à chaque fois, la photo du mois continue chez les autres blogueurs participant :

    Akaieric, Alban, Alexinparis, Alice Wonderland, Angélique, Aude, Autour de Cia, BiGBuGS, Blogoth67, Brindille, Calamonique, Carole en Australie, Chat bleu, Chiffons and Co, Chloé, Christophe, Cricriyom from Paris, Cécile, CécileP, Céline in Paris, Danièle.B, DelphineF, Dr. CaSo, E, El Padawan, Escribouillages, Estelle, Eurydice, Evasion Conseil, François le Niçois, Frédéric, Gilsoub, Gine, Giselle 43, J'habite à Waterford, Je suis partie voyager, Josette, Josiane, Kenza, KK-huète En Bretannie, Koalisa, Krn, La Fille de l'Air, La Tribu de Chacha, Lair_co, Lau* des montagnes, Laurent Nicolas, Lavandine, Lavandine83, Lilou Soleillant, Luckasetmoi, Lyonelk, magda627, Mamounette et ses aiguilles, Mamysoren, Milla la galerie, Mirovinben, Morgane Byloos Photography, Nanouk, Nicky, Noz & 'Lo, Pat, Paul Marguerite, Philae, Philisine Cave, Pilisi, Renepaulhenry, Rythme Indigo, Sense Away, Sinuaisons, Sous mon arbre, Testinaute, The Beauty is in the Walking, Tolen 29, Tuxana, Who cares?, Xoliv', écri'turbulente, ÔBD.

    13 novembre 2016

    Une belle journée pour bloguer

    3 commentaires
    Hier soir j'avais du monde à table. Une poignée de convives invités la veille pour conjurer une proposition de weekend à la montagne que j'avais hélas dû décliner. 

    Faute de disposer de mon vendredi, ayant quelques urgences professionnelles à régler, mon 11 novembre fut des plus studieux. Cétait d'ailleurs très cool de bosser tout seul au bureau, sans téléphone qui sonne, sans autre bruit que celui du vent dans les volets et de celui du cliquetis mélodique de mon clavier. Et surtout sans ma boss, son humeur cyclothymique et ses angoisses chroniques qu'elle deverse autour d'elle.

    Travailler dans le calme, celui que je sais faire autour de moi, cette quiétude que je m'impose même quand l'urgence frappe à la porte, cette forme de sérénité que je bâtis autour de moi comme une digue de pierres pour contrer l'assaut des vagues, un cocon où rien ne m'atteint, une barrière à ondes négatives, une bulle qui filtre les grincheux en les maintenant à distance. Voilà ce qui me convient. 

    Le stress des autres me pollue, physiquement et intellectuellement. Je crois que c'est la seule manière qui me convienne pour travailler : seul et au calme. Je ne sais pas si c'est une utopie ou si de pareilles conditions existent vraiment. C'est en tout cas en ce sens que je veux à présent avancer et construire ma vie professionnelle. Je ne veux plus subir d'autre pression que celle que je m'impose.

    Notre soirée d'hier s'est terminée assez tard. Quelques amis autour d'une bonne table donc. Tous un peu fous à leur manière, étourdissants de bonne humeur, comme à leur habitude. Cela m'a fait du bien de les avoir autour de moi. J'avais fait tourner mes fourneaux à plein régime pour l'occasion. Évidemment il y avait beaucoup trop à manger. Évidemment on a peut-être un peu trop bu. Mais on a bien rigolé et passé un joli moment. Et ce matin mon estomac paie le prix de ces excès...

    Aujourd'hui est un parfait temps de novembre, fait d'un manteau de pluie et d'une écharpe de grisaille, parsemé d'éclats de soleil, entre deux morceaux de nuages. Sorti faire un tour en ville, j'ai aimé la fraîcheur de la bruine sur mon visage et le calme de ce dimanche matin, engourdi sous un ciel trop bas et le souvenir collectif encore trop vif des événements de l'an dernier.

    Il pleure dans mon coeur comme il pleut sur la ville... 

    Au retour de ma promenade, je me suis pris un averse. Une véritable saucée. Un déluge de gouttes glacées qui mouillait mon manteau. Je suis rentré trempé des pieds à la tête.

    Décidément, j'apprécie de plus en plus l'automne finissant, son ambiance aigre douce, et la pluie qui donne un éclat incomparable au pourpre et à l'or des arbres.

    Oui, c'est une belle journée pour bloguer.

    7 novembre 2016

    Identités singulières : Être gay et croyant - 5ème partie

    4 commentaires
    Est-il possible d'être gay et croyant en 2016 ? 

    Au rythme de un par quinzaine, vous seront présentés plusieurs témoignages guidés par un questionnaire en neuf points laissant toutefois la possibilité d'aménager les réponses librement. Autant de parcours de vie, tous différents - voire totalement contradictoires - de personnes venues d'horizons assez variés et croyantes à divers degrés. Des identités singulières.

    L'objet de cette série de billets n'est certainement pas de faire un quelconque prosélytisme - il suffira de lire pour s'en rendre compte - ni de clore un débat bien trop vaste. 

    Seulement d'essayer d'apporter des éléments de réponse à une question complexe et que je trouve passionnante.

    * * *


    Sofian


    1. Peux-tu te présenter ? Âge, profession (quelques mots pour décrire ce que tu fais), où tu habites, où tu as grandi.

    J'ai 33 ans. Je suis assistant RH dans le Retail. J'ai grandi et habite toujours en banlieue parisienne, dans une de ces villes faites de barres HLM et de groupes de garçons qui tiennent les murs.


    2. A quels moments de ta vie as-tu compris puis accepté ton homosexualité ? Quel a été ou quel est ton cheminement ?

    Je n'ai pas forcément mis de mot dessus avant un certain âge mais déjà très jeune j'aimais les garçons. Pour moi c'était naturel et je ne me posais pas de questions (d'ailleurs à cet âge, on ne connait pas tout ces mots). Je me souviens d'amoureux en maternelle par exemple.

    En grandissant, j'ai compris que j'étais différent et que ce que je pensais naturel ne l'était pas pour tout le monde. Là j'ai d'abord appris que j'étais une lavette (école primaire) avant de devenir une tapette (collège) puis une pédale (lycée).

    Je n'ai jamais souhaité en parler. Je me faisais insulter quotidiennement et j'avais peur que cela aggrave les choses. Je devais me battre souvent pour me défendre.

    Je n'ai donc partagé avec personne qui j'étais. Mais je ne prétendais pas non plus aimer les filles. J'étais terrifié que l'on me pose la question.

    Au lycée, j'ai commencé à envisager de me confier à des amis. Mais à chaque fois que je souhaitais le faire, je me disais que je ne pouvais pas avoir confiance. Alors j'ai attendu.

    Ce n'est qu'à la fac que je me suis finalement ouvert. J'ai rencontré celles qui sont, toujours depuis, mes meilleures amies, ma famille, et cela a été une libération.


    3. Es-tu out ? Auprès de ta famille ? de tes amis ?

    Je suis presque entièrement out depuis 2001.

    J'ai annoncé à ma mère un soir de novembre 2000 que j'étais amoureux des garçons. Ca n'a pas été un coming out évident à faire mais je savais que je devais d'abord lui annoncer à elle avant de penser le dire à d'autres personnes.

    Comme la discussion s'est suivie d'une année pendant laquelle elle a tenté de me ramener dans le droit chemin, je l'ai refait une année après. A ceci près que le lendemain de notre discussion j'avais mon premier rendez-vous avec un garçon.

    Peu de temps après donc, je l'ai annoncé à mes amies. C'était complètement naturel. J'avais eu l'impression d'avoir attendu de sortir avec un garçon pour enfin me dire homosexuel.

    Ensuite, je ne l'ai plus caché. Mais je ne l'ai plus annoncé non plus. Cela suivait parfaitement ce que j'en pensais. C'était naturel. Et comme un hétérosexuel ne se présente jamais en disant « salut, je suis X, j'ai 23 ans et je suis hétérosexuel ! », pour moi c'était la même chose.

    Mes frères l'ont appris parce que je ne l'ai plus caché (et donc plus vidé l'historique de l'ordinateur familial...). Et concernant mon père c'est un petit peu plus compliqué.

    Ancienne génération algérienne, religion plus pudeur sur le sujet de la sexualité, je n'ai jamais souhaité lui dire. J'ignore s'il y pense. On a cette qualité en commun d'être particulièrement naïf tous les deux et un peu tête en l'air.

    Je me suis vite engagé dans la vente et j'avoue que cela a aussi été ma chance. Je n'ai du coup jamais eu besoin de me cacher à mon travail. Et cela m'a également permis de m'épanouir. Je n'ai jamais vécu d'homophobie au travail.


    4. As-tu grandi dans une famille religieuse ? Fêtiez-vous les fêtes religieuses ? Respectais-tu et respectes-tu Ramadan ? 

    J'ai grandi dans une famille musulmane et je suis donc comme beaucoup de jeunes maghrébins devenu musulman simplement en respectant les traditions, presque par mimétisme de mes parents.

    J'ai eu deux modèles différents. Ma Mère, très occidentale prônant une religion ouverte et spirituelle, et mon Père plus respectueux des règles mais néanmoins bien plus ouvert que ce que l'on peu entendre ou voir aujourd'hui. J'ai donc très vite appris qu'il y avait plusieurs types de musulmans possibles. Et je n'avais qu'à choisir celui que je souhaitais être ; du plus rigoureux/pratiquant au plus spirituel.

    Je fais le Ramadan tous les ans. Et je ne m'imagine pas ne pas le faire. Plus, en tout cas. Pendant deux ans, il y a quelques années, j'ai mis ma religion en suspend parce que gays comme musulmans me demandaient de choisir et me disaient que je ne pouvais pas être les deux. Cela a été extrêmement dur pour moi parce que je me suis retrouvé dépossédé d'une partie de moi.


    5. Quelle importance revêt la religion dans ta vie actuelle ?

    C'est une partie de moi.

    Je suis très spirituel. Je fais partie de ceux qui ont plus la Foi en quelque chose/quelqu'un qu'en des dogmes particuliers. Je suis cependant né dans une famille musulmane et pour moi, c'est mon héritage.

    J'ai toujours vu ma religion, et mes origines, comme un héritage culturel. Et je suis fier d'avoir cette petite chose en plus. On m'a souvent reproché cette fierté. Mais c'est exactement la même fierté que je ressens dans le fait d'être homosexuel. Et si je défile une fois par an lors d'une Gay Pride, on ne peut pas m'empêcher d'être fier d'être musulman également. Ma Muslim Pride à moi.


    6. La religion a-t-elle été ou est-elle un frein à ton acceptation ? Explique pourquoi.

    Étonnamment, la Religion n'a jamais été un frein à mon acceptation. Pour moi, c'est qui je suis. Et je ne me suis jamais posé la question de savoir si je pouvais être les deux.

    J'ai grandi en laissant la place aux deux de s'épanouir et jamais aucune n'est entrée en conflit avec l'autre.

    En réalité, ce sont les gens qui chaque fois ont tenté de m'empêcher d'être les deux, en me disant que le monde était noir ou blanc et que je ne pouvais pas être gris. Que c'était contradictoire.


    7. Gay et croyant, comment concilies-tu cette contradiction apparente ? Y parviens-tu ? Quel a été ton cheminement ?

    En réalité, je ne vois pas de contradiction. C'était naturel. Je suis né ainsi. Et je suis croyant. Dieu m'a crée comme il a souhaité que je sois. Je ne vois donc pas pourquoi je devrais changer.

    Je suis les deux. Et encore plus que cela. Je ne me définis pas uniquement comme gay et/ou musulman. Je suis brun, souriant et gentil. Et pour moi ce n'est pas contradictoire d'être brun, souriant et gentil. Donc le reste non plus.


    8. Comment perçois-tu le discours et le positionnement des autorités religieuses, globalement peu favorable aux homosexuels ?

    Je pense que mon épanouissement est dû à la façon dont je vis ma religion. Les Textes sont là et ont été écrits à une époque très lointaine. Nous sommes des centaines d'années après. Et selon moi, nous devons évoluer.

    C'est l'enseignement que j'ai reçu de ma famille, dans laquelle les rôles traditionnels sont inversés. Mon Père est le maître de Maison (repas et ménage) et ma Mère celle qui régit le tout. Mon Père n'a jamais voulu que ma Mère se couvre la tête. Et il n'aurait de toute façon jamais pu lui demander.

    La Religion est au dessus de tout. Elle est là pour nous guider à faire le Bien. Je ne vois pas ce que les homos font de mal. Lorsque l'on dit que la Religion est Amour, on n'empêche pas des gens qui s'aiment de vivre.

    A vrai dire, ces dernières années, je fais surtout face à l'intolérance grandissante des gays. Qu'il s'agisse des réseaux sociaux ou même lors de conversations, je me heurte de plus en plus à l'islamophobie. Et si au départ, je voulais l'excuser parce que, oui, les religions peuvent être intolérantes, aujourd'hui, je ne l'excuse plus parce que nous devrions être davantage ouverts et tolérants. C'est comme tous ceux qui reprochent aux blacks d'être homophobes parce qu'en tant que minorité réprimée, elle ne devrait pas s'en prendre aux gays. J'ai envie de dire aux gays qu'il faut se dire qu'il s'agit du même combat. Celui de la Tolérance.

    Je connais aujourd'hui plus de musulmans ouverts que de gays tolérants. J'unfollow de plus en plus sur Twitter et j'ai fini par également dire au revoir à des personnes que j'aimais bien parce qu'elles avaient de plus en plus un discours limite.


    9. Être croyant, c'est pour toi un avantage ou un inconvénient ? En somme, que t'apporte ta religion ?

    La Religion me complète et me donne aussi ce petit côté folklorique, je dois bien l'avouer. Dans un monde de plus en plus athée, j'ai envie de croire en Quelqu'un/Quelque chose de supérieur.

    Les gens sont tellement déçus des politiciens qu'ils n'aiment plus la politique. Je vois la religion de la même manière. Les Religieux (ceux que l'on voit partout tout du moins) ne donnent pas envie de les rejoindre, de croire, parce qu'ils ont une conception tellement rigide de la croyance qu'ils rebutent les autres.

    Je reste convaincu que la Foi et la spiritualité pourraient aider beaucoup de jeunes LGBT dans les moments durs. Mais je comprends aussi pourquoi beaucoup d'entre eux les rejettent. Parce que tout simplement ils ont en face d'eux des gens qui les rejettent également.

    Je vois ma religion comme un avantage. Même s'il est de plus en plus ennuyeux d'entendre tout ce que l'on en dit aujourd'hui. Je ne la verrai jamais comme un inconvénient même si c'est dur d'être musulman aujourd'hui.

    Après des années à faire accepter ma part homosexuelle, j'ai l'impression que le moment est venu de devoir maintenant me battre pour ma part musulmane/religieuse. Et le rejet dont je parlais tout à l'heure en parlant des jeunes LGBT, je commence à le sentir mais vis à vis de mon côté musulman.

    Toujours est-il que si je suis né gay (et que je ne l'ai pas choisi), j'ai choisi d'être musulman. Et je n'abandonnerai jamais aucune de ces deux identités.

    Merci Sofian


    ***
    A relire sur Identités singulières : 

    5 novembre 2016

    Cruel souvenir

    2 commentaires
    Je ne sais pas à quoi pensaient exactement l'équipe FaceBook lorsqu'elle a émis l'idée de concevoir un système de rappel de "souvenirs". Chaque matin, ou presque, une série de publications datant d'une année ou plus apparaît sur mon écran, suggestion m'étant faite de partager avec ceux qui me suivent, tel ou tel souvenir. La photo de ce matin, pour agréable qu'elle fut, n'en était pas moins cruelle.

    Une photo porteuse d'un superbe souvenir d'il y a quatre ans, alors que je séjournais pour quelques mois à Buenos Aires, et que, profitant de jours fériés, j'avais pris le bateau pour me rendre en Uruguay, à Colonia del Sacramento, ville paradisiaque, idéale pour passer un weekend loin du tumulte urbain. Quelques temps plus tard, j'embarquais à bord d'un immense 4x4 pour parcourir quelques milliers de kilomètres et arpenter le nord de la Patagonie. Quatre ans... la vache. Cela me semblait hier. 

    Je me souviens de cet émerveillement en débarquant à Colonia, de la douceur de cette journée, de la chaleur du soleil, de la beauté indicible du coucher de soleil par delà le Rio de la Plata, tellement vaste que les premiers colons ont cru que c'était une mer, des cris des perruches jouant à cache-cache d'arbre en arbre. Les couleurs tranchantes des maisons et des fleurs sous la lumière blanche du jour, les sonorités mélodieuses des conversations portée jusqu'à ma fenêtre par la brise du soir, les odeurs de poisson grillé sur le petit port, l'après midi à la plage avec ce groupe d'étudiants inconnus qui m'avait pris sous son aile... Un fabuleux souvenir. 

    J'ai la nostalgie de cette chaleur, de cette beauté et d'une certaine forme d'insouciance aussi, l'insouciance des vacances. J'en aurais besoin tiens, de vacances. Depuis Août, cela commence à faire long, et je ne sais pas quand seront les prochaines. En Février, peut-être...?

    Depuis mon retour d'Argentine, je n'ai plus fait de grand voyage, par manque de temps et d'argent, même si je m'accorde quelques petites échappées ça et là, et qu'une randonnée en montagne suffit pour beaucoup à mon bonheur. Mais la sensation de déracinement, de perdre pied, me manque. J'ai besoin de chaleur, d'évasion, d'horizons nouveaux et d'une situation - professionnelle notamment - qui me redonne un peu confiance en moi.

    Besoin de vacances.
    Envie de douceur et de chaleur.
    Besoin d'évasion.
    De me sentir libre.

    Cruel Souvenir...


    Et vous, quel est votre cruel souvenir ? 

    31 octobre 2016

    Le Kouglof de ma grand-mère

    5 commentaires
    Faire un kouglof à Toulouse pourrait avoir quelque chose d'incongru. Cette recette me vient de ma grand-mère maternelle. Elle le réussissait très bien et, sachant que c'était un gâteau que j'appréciais beaucoup, elle nous en préparait un pour notre petit déjeuner chaque fois que nous allions la voir chez elle, au pied de son Mont Blanc adoré. 

    C'est elle qui m'a appris à le faire lorsque je devais avoir 14 ou 15 ans. C'est avec elle que j'ai acheté mon premier et seul moule en terre cuite vernissé (laissé chez mes parents, il me faudra m'en procurer un autre)... 

    Aussi, chaque fois que je fais cette recette, c'est en pensant à elle. Et je souris bêtement avec une petite larme à l'oeil malgré moi en écrivant ces lignes. Nostalgie...

    Je ne sais pas si c'est LA vraie recette du kouglof, si elle est parfaitement académique et répond à tous les canons du genre, mais dans cette version, le Kouglof est une sorte de pâte à pain améliorée d'un peu de beurre, de sucre, d'un oeuf et de quelques raisins secs trempés dans du rhum. Je m'en fais une idée assez rustique d'origine populaire, et certainement pas digne de la pâtisserie bourgeoise et d'apparat telle qu'elle éclora en France à la fin du XVIIIe siècle. À l'époque, tout un chacun faisait son pain. Les oeufs comme le beurre et le sucre étaient chers et rares, donc employés avec parcimonie : le kouglof n'est pas une brioche... Même chose pour les raisins secs et rhum.

    Voilà tout ce qu'il vous faut pour réaliser un Kouglof :
    • 400g de farine
    • 80g de sucre
    • 80g de beurre en pommade
    • 10g de levure de boulanger
    • 1/2 de verre de lait tiède
    • 1 oeuf
    • 1 verre de raisins secs (noirs ou blonds, peu importe)
    • Du rhum
    • Des amandes effilés(pour décorer votre moule)
    • 1 moule à Kouglof
    L'on constate tout de suite que la recette est très peu sucrée et contient assez peu de beurre. De fait, je n'aime pas beaucoup les kouglofs trop sucrés ou trop beurrés dont on ne sait plus s'ils sont une brioche, un kouglof ou un panettone...

    1/ Commencez par mettre les raisins à tremper dans le rhum.

    2/ Pendant ce temps, vérifiez le mode d'emploi de votre levure. Souvent j'utilise de la Briochin qui ne demande aucune préparation et s'incorpore directement dans la préparation. En revanche, hier, j'ai utilisé une levure à délayer et à laisser préalablement reposer dans un peu de lait tiède. Dans ce cas, il faudra aussi faire attention au lait que vous ajouterez par la suite afin que votre pâte ne soit pas trop humide.

    3/ Dans une jatte, mettre la farine, 1 pincée de sel, le sucre, la levure ou le levain, l'oeuf entier, et un peu de lait (allez y mollo, ne versez pas tout d'un coup ; vous pourriz ne pas avoir besoin de toute la quantité). 

    4/ Agglomérer le tout puis malaxer longuement de sorte à incorporer le maximum d'air, sans tasser la pâte. Incorporer progressivement le beurre.
    Si vous faites cela au robot, utilisez le crochet, laissez tourner à vitesse 1 ou 2, en continu pendant au moins 10 minutes, pour que le gluten se développe. La pâte doit devenir bien élastique sans être cassante. 
    À la main cela demandera évidemment beaucoup plus de temps (une bonne vingtaine de minutes). La pâte doit se détacher toute seule du fond du saladier sans coller ni adhérer aux mains, comme une pâte à pain. Allez, on y croit !

    5/ Égouttez les raisins, ajoutez les à la pâte et pétirssez encore jusqu'à absorbtion complète de l'humidité apportée par le rhum, sans ajouter de farine (ou alors en ultime recours !).

    6/ Votre pâte est nickel, laissez-là reposer et lever dans un endroit tempéré (utilisez la fonction étuve de votre four en mettant tout de même un récipient rempli d'eau). La pâte doit doubler voire tripler de volume. Cela prendra sûrement plusieurs heures, ou même toute la nuit.  

    7/ Quand votre pâte a bien levé, pétrissez-là à nouveau quelques minutes, puis préparez votre moule.

    8/ Cette étape est facultative mais pour moi elle fait partie du rituel Kouglofien. Beurrez généreusement votre moule jusque dans les moidres recoins, puis disposer, le long de chaque canelure, des amandes effilées. Oui, c'est longuet, il faut choisir de belles tranches d'amandes qui ne soient pas toutes cassées et les appliquer une à une au doigt, mais votre Kouglof sera tout joli une fois démoulé. 

    9/ Formez une coronne avec votre pâte et disposez là délicatement au fond du moule sans la tasser. Laissez lever encore une fois jusqu'aux 2/3 de la hauteur.

    10/ Quand votre pâte a bien poussé, mettez le four à chauffer thermostat 6 (180°C), puis enfournez pendant une quarantaine de minutes à mi-hauteur. 

    11/ Au bout de 40 minutes vérifiez la cuisson avec un couteau puis démoulez sur une grille. Une odeur de levain doit envahir votre cuisine... Laissez refroidir avant de le dévorer.

    Selon votre goût et vos expériences, vous rajouterez dans cette recette un peu de sucre ou un peu de beurre, je ne crois pas que cela soit un affront. Le principal est de rester fidèle à l'esprit du gâteau.

    Je sais que souvent on poudre le Kouglof de sucre glace une fois refroidi. Personnellement je trouve que cela ne sert à rien, sinon à masquer les jolies amandes que vous vous serez mis tant de mal à disposer dans les cannelures... et puis à se mettre du secre glace partout en le mangeant ! Et puis surtout, moi, ma grand-mère, du sucre glace, elle n'en mettait pas...

    La recette n'est pas bien difficile, mais elle demande beaucoup de temps, en raison des deux levées. Hé oui, il faut se donner un peu de mal pour faire un bon Kouglof.

    Du temps, et un peu d'amour aussi.
    Au fond, la cuisine, ce n'est peut-être que cela... 

    29 octobre 2016

    Roujin Z - sur un scénario Katsuhiro Otomo

    0 commentaire
    Croire que l'on a fait le tour de l'oeuvre de Katuhiro Otomo en ayant vu et lu l'immense Akira est une grave erreur.   

    Outre l'indispensable Anthologie que j'avais eu l'occasion de chroniquer en ces lieux voici huit ans déjà, et l'incroyable Domu dont il me faudra parler un jour, il faut s'en remettre à une certaine sérendipité pour débusquer ici et là quelques autres petites choses ma foi fort sympathiques à se mettre sous la dent. 

    L'animé Roujin Z sorti en 1991, réalisé par Hiroyuki Kitakubo et dont Otomo a écrit le scénario, en fait assurément partie.

    Face à la réalité du vieillissement croissant de la population, un laboratoire a mis au point une machine révolutionnaire - le projet Z-001 - capable de prodiguer tous les soins nécessaires à ce que nos petits vieux coulent leurs dernières années sans plus être un fardeau insoutenable pour leurs proches. Toilette intime, gros caca du matin et petit pipi du soir, alimentation, surveillance médicale constante, sport, divertissement, accès internet et jeux en ligne, tout est là pour le bien être des personnes du troisième et du quatrième âge.

    Monsieur Takazawa sera donc le premier cobaye à bénéficier de ce petit bijou technologique. Exit son infirmière attitrée, Haruko, étudiante en médecine, qui venait lui rendre visite chaque jour et donner à manger au chat. Place à la modernité. La machine à intelligence artificielle prends le relais, le progrès est en marche.

    Sauf que les choses ne vont pas se passer exactement comme prévu. Le projet Z-001 s'emballe, devient rapidement hors de contrôle et s'échappe dans la nature. Aussitôt l'armée est mobilisée face à ce qui est alors considéré comme une menace craindre pour la sécurité nationale. Mais le voile se lève sur les côtés obscurs du projet : était-ce réellement une bonne idée d'équiper un matériel médical d'infrastructures informatiques initialement conçues pour des fins militaires ? Quelles sont les intention de Z-001 et de Monsieur Takazawa ? Ami ou ennemi ? Et qui est réellement cette voix qui parle par le système du Z-001 ? 

    Roujin Z m'a frappé par son actualité et la modernité des questionnements abordés.

    La combinaison de nombreux thèmes d'horizons variés, pour certains ils sont classiques, l'on songera à la créature de Frankenstein qui échappe au contrôle de son maître, y est pour beaucoup.

    D'autres sont traditionnels de la littérature manga : la relation de l'homme à la machine ; la conscience (Ghost in the Shell !!) ; la frontière entre l'humanité et la robotique ; et peut-être tout simplement un questionnement sur notre propre humanité et ce qui en fait l'essence. Pouvons-nous réellement remettre notre entière existence entre les mains des machines sans y perdre notre humanité ?

    Est ici en outre abordée une thématique je crois assez nouvelle et encore peu explorée - à l'exception notable de Soleil Vert - celle du vieillissement de la population et de la place dévolue aux personnes âgées dans nos sociétés modernes. Les éléments de réponse qui y sont apportés sont, ma foi, assez cocasses, plutôt drôles, mais probablement justes et en tout cas pleins de tendresse.

    Je n'ai pas eu la possibilité de voir cet animé en HD, par conséquent je ne me prononcerai pas sur la qualité de l'animation qui m'a paru parfois un peu vieillotte ou qui m'a du moins laissé le sentiement que l'on avait pu faire mieux. Mais il faut croire qu'elle est, dans des conditions normales, de fort bonne facture : son réalisateur Hiroyuki Kitakubo était en effet principal responsable de l'animation sur Akira !

    Les décors, ceux du Japon des années 90 et certainement encore d'aujourd'hui, n'ont pas pris une ride : les ruelles étroites, les maisons aux portes coulissantes, la nature verdoyante, le gros chat de la maison qui baille, en opposition avec une ville très urbanisée, aux équipements modernes.

    L'on reconnaîtra aussi certains éléments dont Otomo use à loisir dans ses oeuvres et qui lui permet de pousser la métaphore assez loin lorsqu'il s'agit de donner vie aux machines. Je veux parler des tubes grouillants comme des tentacules, qui s'enflent, saisissent et détruisent. C'est vraiment une caractéristique chez cet auteur.

    Niveau musique en revanche, là en revanche c'est carrément daté, ce qui vient  gâcher un petit peu certains passages qui prennent tout d'un coup des airs grand guignol là où l'on aurait probablement souhaité un peu plus de drame. C'est toutefois un défaut mineur.

    Si Roujin Z  n'a pas l'envergue d'un Akira, ni même celle d'un Studio Ghibli, il reste malgré tout une oeuvre profonde, très riche et qui mérite largement le détour aux amateurs du genre.