20 octobre 2014

La madame qui se coiffait comme Marilyn Monroe

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La scène se passe autour d'un buffet froid servi dans une salle paroissiale. Une centaine de personnes, pour la plupart retraitées, dévorent avec avidité pains sandwiches et autres salades de pomme de terre à la mayonnaise dans un joyeux brouhaha. Toisant l'assistance de son oeil de lynx, chéri me dit au creux de l'oreille : "Retourne-toi et regarde la madame blonde coiffée comme Marilyn Monroe".

Me retournant aussi discrêtement que possible, et ne sachant pas à quoi m'attendre, j'aperçois, assise à quelques pas de moi, une dame d'un certain âge, entre 65 et 70 ans je ne saurais dire exactement, rondouillette, le double menton prohéminent, très élégamment vêtue, et permanentée comme si elle sortait de chez le coiffeur. 

Aussitôt après l'avoir sommairement dévisagée, chéri répondit amusé à mon air interrogateur : "Cette Madame, c'est un homme... Marc a été traumatisé la première fois qu'il l'a rencontrée car elle parlait avec une voix androgyne de madame qui a fumé un paquet par jour toute sa vie. tout en lui écrabouillant la main" joignant le geste à la parole, mimant la face héberluée de Marc alors que ses phalanges étaient réduites en nanoparticules par une poigne féminine anormalement virile. Automatiquement mon regard revint sur cette grosse madame alors en train de dévorer un part de gâteau au chocolat tout en disctutant avec sa voisine.

Cette révélaltion m'a tout d'abord gêné l'espace de quelques minutes, avant de laisser la place à un trouble qui, plusieurs jours après, ne s'atténue pas. 

En réalité, je ne suis pas certain de savoir ce qui m'a le plus perturbé : le fait d'avoir face à moi une personne qui n'est pas ce qu'elle paraît être, une personne transexuelle dont le secret se trouve soudain éventé ? où le fait de me sentir mal du fait même de me poser ce genre de question ?

Après y avoir bien réfléchi, je crois bien que c'est ça qui m'a le plus dérangé : d'avoir à m'interroger sur l'identité d'une personne en raison de l'image sociale qu'elle projette, c'est à dire, pour employer une expression à la mode, d'avoir à m'interroger sur l'identité d'une personne en raison de son genre.

Car si l'on ne m'avait pas dit que cette personne était transsexuelle, non seulement je n'aurais rien remarqué, mais en outre je ne crois pas qu'il me serait venu à l'esprit de remettre en cause ce que me dictaient les apparences, lesquelles satifsaisaient sans la moindre vaguelette aux conventions du jeu social.

Et c'est à ce point de mon cheminement que la balle m'est revenue en pleine poire d'une manière spectaculaire. 

Nous autres, les gays, qui avons milité et militons encore pour que notre orientation sexuelle ne soit pas un critère discriminant ni discriminatoire de quelque façon que ce soit, je me trouvais dans la situation - je n'irai pas jusqu'à dire juger, mais au moins de considérer, ou plus exactement de me sentir mal à l'aise face à quelqu'un pour exactement les mêmes motifs que ce contre lesquels je me bats. Parce que oui, je fais partie de ceux qui considèrent qu'un homme ce n'est pas d'abord un pénis, ni qu'une femme puisse être réductible à un vagin, ni une personne puisse être réductible à son orientation sexuelle. Et me voilà en train de me poser mille questions et de ressentir un je-ne-sais-quoi de profondément malaisant parce que la personne en face de moi n'est pas du sexe qu'elle prétent être...

Bam, prends toi ça dans la gueule.

Qui plus est, la situation de malaise était accentué par l'âge de cette madame. Entre 65 et 70 ans comme je l'ai déjà dit. Si aujourd'hui les  choses se sont améliorées, je ne suis pas sûr que ce qu'a traversé cette dame pour en arriver là où elle en est maintenant, mérite un sourire sarcastique ou une messe basse moqueuse. Elle a probablement fait partie celles qui en vu des vertes et des pas mûres, qui en ont probablement chié comme personne, au-delà de l'immaginable, pour réussir à assumer ce qu'elle est, par-delà les apparences.

Oui j'ai été troublé mais aussi ému. J'aurais bien aimé lui parler, à cette dame, pour qu'elle me raconte. Et moi je me rends compte que j'ai encore beaucoup de progrès à faire en matière de tolérance. 

18 octobre 2014

Carrés au riz soufflé

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Aujourd'hui, on va faire dans le food porn le plus absolu. Je veux parler d'un truc vraiment décadent. T'as même pas idée à quel point c'est scandaleux.

Quinze minutes et une poignée d'Euros, c'est tout ce dont tu auras besoin pour préparer ce petit bijou de dépravation, repoussant d'un cran les limites de l'obscénité culinaire la plus triviale.

Prêt ?


Carrés au riz soufflé
(Super facile - Super pas cher - Super bon) 
Ingrédients :
  • 1/4 de tasse de beurre
  • 1/2 cuillerée à café de vanille (ou tout autre arome de ton choix)
  • 6 tasses de riz soufflé non sucré (type Rice Krispies)
  • 1 tasse de pépites de chocolat (lait, noir, ad lib !)
  • 250g de guimauves ordinaires
Préparation : 
1/ D'abord, tu prends une grosse casserole à bords hauts, genre cocotte minute, de diamètre assez grand. 24 cm est un minimum. Tu comprendras vite pourquoi. Fais fondre le beurre à feu doux puis ajoute les guimauves.


2/  Remue jusqu'à ce que ça fonde de façon homogène. Tu dois obtenir une pâte bien visqueuse et sans grumeau. Attention, ça attache vite.


3/ Ajoute la vanille ou l'arôme de ton choix. Attention : on donne dans l'outrage aux bonne moeurs. Alors évite l'extrait de fleur jasmin pourpre du Bengale 100% Bio, acheté en épicerie fine 45 Euros. Non. Prends du lourd, du bien chimique, avec des poils. Un truc bien artificiel à la fraise rose fluo  par exemple.


4/ À ce stade, tu peux mettre ton feu au strict minimum de sa puissance. Il est important de maintenir une petite source de chaleur pour que la masse ne solidifie pas trop rapidement dans ta cocotte lors des minutes à venir.

5/ Ajoute le riz soufflé en remuant pour bien mélanger. Ici on dit "brasser". Tu vas voir, l'expression prend tout son sens avec cette recette ! Brasse comme un dingue en allant bien décoller la pulpe du fond de ta marmite. Tu le sens ton bras qui commence à chauffer là ?


6/ En cours de route, ajoute le chocolat. Nous on a mis du chocolat noir. Une tuerie. Oué, la marque s'appelle Le Décadent. Tu crois vraiment que c'est un hasard ?


7/ Une fois que toute la guimauve a été bien agglutinée sur toutes les céréales, et que ton chocolat a commencé à fondre, verse la préparation dans un moule à gratin assez grand, préalablement beurré.

8/ Presse bien pour faire une sorte de grosse galette bien compacte et plane. Mets-y les mains, c'est encore meilleur.


9/ Laisse refroidir une petite heure à température ambiante. Découpe en gros cubes ou toute forme de ton choix puis mords à pleine dents.

Oué, vas-y, vautre-toi dans la luxure sans aucune retenue. Et en plus je suis sûr que tu aimes ça...


Quelques derniers trucs de gourmand
À la place, ou en plus, des pépites de chocolat, tu peux ajouter à peu près n'importe quoi de sucré, comme des fruits secs, des M&M's...

Le riz soufflé peut être remplacé par des korn flakes. Rien que d'y penser j'ai la bouche en émois.

Et si tu es vraiment cochon, plonge tes carrés dans du chocolat fondu.

Scandaleux  je te dis...

15 octobre 2014

La photo du mois : "Prendre l'air"

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Après presque un an d'absence, voici le retour sur ce blog du rendez-vous mensuel avec La Photo du Mois !

Chaque 15 du mois, à midi heure de Paris, les blogueurs participants publient chacun une photo (et une seule !) en fonction d'un thème donné à l'avance.

Ce mois-ci, le thème nous est proposé par La Fille de l'Air et il s'agit de : Prendre l'air.

Thème très ouvert et assez facile de premier abord, sauf si l'on veut espérer ne pas faire la même photo que tout le monde et sortir (je l'espère !) des sentiers battus. Après mille hésitations, j'ai finalement choisi cette photo :

Prendre l'air, le roi des instruments y est passé maître ! Prendre (de) l'air à pleins poumons pour que, sous les doigts du musicien et les voûtes séculaires, jaillissent, par la bouche de ses tuyaux immobiles, mille harmonies majestueuses.

Pour information, il s'agit de l'orgue construit en 1994 de la chapelle de Bishop's University, à Lennoxville. Un très bel endroit aux gracieux bâtiments victoriens.

Envie de prendre l'air ? Allez donc voir ce que proposent les autres participants à La photo du mois !

A'icha, Agathe, Agnès, Agrippine, Akaieric, Alban, Alexinparis, Alice Wonderland, Angélique, Anne, Annick, Arwen, Aude, Autour de Cia, Ava, Bestofava, BiGBuGS, Blogoth67, Blue Edel, Brindille, Calamonique, Cara, Cécile Atch'oum, Céline in Paris, CetO, Champagne, Chat bleu, Chloé, Christophe, Cocazzz, Crearine, Cricriyom from Paris, Dame Skarlette, DelphineF, Destination Montréal, E, El Padawan, Elsa, Estelle, Eurydice, Eva INside-EXpat, Fanfan Raccoon, François le Niçois, Frédéric, Galinette, Gilsoub, Giselle 43, Gizeh, Guillaume, Homeos-tasie, Isa ToutSimplement, Isaquarel, Josiane, Julia, Kenza, KK-huète En Bretannie, Krn, La Dum, La Fille de l'Air, La Flaneuse, La Nantaise à Paris, Lau* des montagnes, Laulinea, Laurent Nicolas, Laurie, Lavandine, Lavandine83, Les bonheurs d'Anne & Alex, Les Filles du Web, Louisianne, Loulou, Lyonelk, magda627, Mahlyn, Mamysoren, Maria Graphia, Marie, Marmotte, MauriceMonAmour, Memories from anywhere, Milla la galerie, Mimireliton, MissCarole, Morgane Byloos Photography, Nanouk, Nicky, Philae, Photo Tuto, Pilisi, Pixeline, princesse Emalia, Renepaulhenry, Rythme Indigo, Salon de Thé, Sandrine, Sephiraph, Sylvie, Tataflo, Testinaute, Thalie, Tuxana, Vanilla, Xoliv', Yvette la Chouette, Zaza

13 octobre 2014

Promenade au parc Maisonneuve

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Se promener dans les parcs publics dont la ville abonde se situe quelque part dans le top ten des choses qui sont extrêmement agréables à faire à Montréal.

Ayant la chance d'habiter à quelques minutes du grand parc Maisonneuve, l'un des plus grands de Montréal, situé dans l'Est de la ville, j'en ai fait l'une de mes destinations de choix pour prendre périodiquement un grand bol d'air. 

Et l'air, il y a largement de quoi en respirer de grandes bouffées, tout au long des 80 hectares que compte ce parc. 

Situé juste à côté du complexe olympique, il a été sévèrement remanié dans les années 70 afin que soient construits les équipements qui devait accueillir les jeux de 1976.

En été comme en hiver, le parc Maisonneuve est un lieu incontournable de l'Est de Montréal. Il fait bon venir s'y promener pour y chercher un peu de calme, un peu de soleil, un peu de fraîcheur à l'ombre de ses nombreux arbres, y faire la sieste ou se prélasser de tout son saoûl sur l'une des nombreuse chaises longues parsemées çà et là.

C'est d'ailleurs bien comode pour y observer à loisir toute la faune exotique de coureurs, de joggeurs et autres cyclystes qui, l'été venu, exposent sans complexe muscles et poils... Hé oui, c'est aussi cela, les charmes du Québec !

Retour de la fraîcheur oblige les joggeurs qui, naguère, se trimbalaient en petits shorts affriolants laissant découvrir leur pilosité étourdissante, ont revêtu des joggings dont les vertus érotisantes ne sont plus à démonter.

En ce moment, le feuillage d'automne offre un autre spectacle absolument éblouissant. Aujourd'hui particulièrement, auréolé de lumière délicieuse et un ciel d'azur immaculé, les couleurs étaient d'une rare beauté.

Sous les arbres les écureuils gambadent allègrement en ondulant de tout leur corps gracile, comme des vaguelettes de poils. J'ai essayé d'en amadouer un pour lui gratouiller le menton, en vain. 

Il est six heures et déjà le soleil décline. Mes pas crissent dans le tapis de feuilles mortes qui jonchent le sol. Les ombres s'allongent. Le parc peu à peu se vide et regagne sa quiétude vespérale, sous le regard impassible de la tour du stade dont la haute stature domine l'horizon. 

10 octobre 2014

L'aigle et le moineau

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Encore ces rêves étranges qui viennent perturber mon sommeil. Ce matin je me suis réveillé aussi fatigué que la veille au soir. 

Cette nuit j'ai rêvé que je tondais la pelouse chez mes parents, un tiède soir d'été, sur un terrain en forte pente qui n'existe pas dans la réalité. Au détour d'une touffe d'herbes hautes, je découvre un genre de gros aigle blanc camouflé dans un nid creusé à même le sol. Il me regarde, je vois ses yeux perçants, et son bec pointé en ma direction, sans agressivité immédiate.

L'instant d'après, le gros oeuf qu'il devait être en train de couver est éclos. Un poussin, paré ce qui lui tient lieu de premières plumes, se tient déjà debout, à peine extrait de son sarcophage ivoire. Un moineau passe à proxitimé du nid. L'aigle blanc s'en saisit et aussitôt commence à le déchirer à coups de bec. Le sang perle à travers les plumes qui lui recouvrent la tête. Je ne suis même pas attristé du sort de ce pauvre animal dévoré vif.

Je continue à tondre la pelouse, en songeant à cet examen qui m'attend demain à l'université et pour lequel je n'ai pas assez travaillé. Une angoisse m'étreint. La même que celle qui s'emparaît de moi à la veille de mes interros de maths.
Malaise.

La conversation d'hier soir avec un eustie de gros cave n'y est certainement pas pour rien. M'entendre dire grosso-modo que mon parcours universitaire est à l'opposé de toutes les valeurs capitalistes du Canada, n'aide pas à garder l'optimisme que je m'efforce de cultiver, contre vents et marées. Je ne sais même pas s'il a eu conscience d'être blessant.

Mes angoisses du moment s'expriment comme elles le peuvent...

5 octobre 2014

Vole, vole, vole la feuille

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Vole, vole, vole la feuille  au vent... 
Cette ritournelle m'est instinctivement revenue en tête alors que je me promenais en l'autre jour en admirant dea feuilles mortes soufflées par le vent.
Les vacances sont finies,
Les bleuets fanés,
L'hirondelle est repartie,
Au revoir l'été.
Oui, au revoir l'été pour cet année. L'automne est bel et bien là. Impossible de se tromper. Les splendides couleurs cuivrées dont se parent les arbres au Québec en ce moment sont là pour en témoigner. L'arrière saison ici est vraiment splendide. Les arbres peu à peu s'embrasent. Et les écureuils qui gambadent encore un peu partout, sont plus grasouillets que jamais !

Les bleuets - du Québec ! - sont effectivement fanés. Mais l'on en trouve toute l'année produits sous serres et importés des voisins étasuniens. Tiens, il me faudra refaire un pouding aux bleuets !
Vole, vole, vole la feuille,
Vole, vole la feuille au vent.
Cette chanson, nous la chantions à l'école primaire, lorsque j'étais en CP, ou quelque chose comme ça. C'est drôle comme certains souvenirs sont tenaces. On la chantait le soir, avant la fin de l'école, dans notre petite salle de classe, aidés par un tourne-disque gris et organge.

Je me rappelle exactement de la voix un peu nasillarde du monsieur, puis du choeur d'enfants qui reprenait avec lui le refrain sur le disque. J'ignore en revanche qui en est l'auteur et qui l'avait enregistré. 
Les nuages sont venus,
Le vent a soufflé
Et sur l'arbre presque nu,
La pluie a pleuré.
En septembre, les journées sont belles, ensoleillées, globalement très agréables. Le soir, le ciel se dore au soleil couchant, jouant avec l'écume des nuages. Les arbres ne sont pas encore nus. Ils le seront dans quelques semaines, avec l'arrivée des premiers coups de gel.

La pluie, elle est là aujourd'hui. Je n'ai jamais vraiment aimé les temps de pluie, à de rares exceptions. La pluie et le gris du ciel qui va avec elle, suppose le renfort moral du chocolat chaud, d'odeurs épicées et d'une couverture douillette. La pluie renferme sur soi et invite à l'introspection.

Au contraire la neige, qui ne mouille pas et sublime la nature morte, est une invitation à l'aventure.
Vole, vole, vole la feuille,
Vole, vole la feuille au vent.

Elle est entêtante cette chanson. Je ne me rappelais plus exactement de toutes les paroles, alors je les ai cherchées sur internet. J'ai atterri sur un forum de maîtresses d'écoles qui cherchaient aussi ce texte et sa musique pour l'enseigner à leurs élèves de CP. Elle est donc toujours apprise. Je me demandent si certains d'entre vous la connaissent...
À six heures l'horizon,
Est déjà tout noir,
Qu'il fait bon à la maison,
À rêver le soir
À six heures l'horizon n'est pas encore tout noir. La nuit ne tombe pas pour le moment avant sept heures. Mais en décembre le soir commence à quatre. Cela m'avait un peu choqué lors de mon premier passage ici l'an passé. L'hiver est tellement opressant que l'arrivée de beaux jours est une libération. Mais l'hiver est tellement beau...
Vole, vole, vole la feuille,
Vole, vole la feuille au vent.

Oui, c'était la chanson de l'automne. Dehors cela sentait la pluie sur les trottoirs et la feuille de maronnier. Emmitouflés dans notre manteau, nous bravions le froid du soir. Une chanson triste, très mélancolique. 
Et Noël s'en reviendra, 
Dans l'hiver tout blanc
Et le gui refleurira 
Au premier de l'an.
Noël... dans un peu plus de deux mois. Pour le moment ici, c'est l'effusion de Halloween qui approche. Citrouilles monstrueuses, squelettes et autre colifichets maléfiques envahissent vitrines et rayonnages. L'hiver sera là bien assez vite pour déjà y songer. Profitons de l'automne tant que nous le pouvons. 
Vole, vole, vole la feuille,
Vole, vole la feuille au vent.

3 octobre 2014

Des tomates à Noël ?

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Au début de l'été, un couple d'amis à la main verte m'avait gracieusement donné quelques plants de tomates surnuméraires qui ne pouvaient pas trouver place dans leur propre jardin. Deux petits pots dans lesquels l'on avait abandonné une pincée de graines, livrées ensuite au bon vouloir de Dame Nature. Une dizaine de plants environ, totalement entremêlés.

Le petit bout de jardin qui orne notre terrain n'étant pas approprié pour y aménager un jardin potager, je décidais de repiquer mes tomates dans des jardinières, remplies de terreau à fleurs.


Je me prenais alors à rêver de salades estivales colorées aux saveurs sucrées. Des tomates, la culture la plus simple qui se puisse concevoir : un peu d'eau, du soleil et ça pousse tout seul ! Ou presque.

Depuis juin, elles ont bien poussé mes tomates. Enfin, toutes proportions gardées.

Des tomates, il y en a. J'aurais aimé pouvoir écrire que j'en ai récolté et que je m'en suis délecté matin midi et soir, à l'instar de mes amis qui, eux, croulent sous l'abondance. Mais tel n'est pas le cas. Et il s'en faut de beaucoup.

Car, en réalité je n'en ai pas mangé une seule. Et pour cause : voici seulement qu'elles commencent à sortir ! Il y a même encore des fleurs. Plein...


Le problème vient vraisemblablement du terreau dans lequel je les ai plantées, pas assez riche pour des tomates. Longtemps maigrichons, mes plants ont réllement commencé à avoir de l'allure le jour où je me suis décidé à les booster à l'engrais pur. La différence c'est aussitôt faite sentir !

En attendant, mes tomates ont facilement trois mois de retard. Alors que l'été est bel est bien fini, je les regarde grandir, espérant en voir mûrir au moins une avant les premières gelées qui ne sauraient plus tarder...


Au pire, mon anachronique récolte me permettra de faire un pot de confiture de tomates vertes  !
Ce sera déjà ça de pris.

1 octobre 2014

Les contes de la Forêt Magique : " Tambour Major et le colis de France"

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Il était une fois, dans la Forêt Magique, des petits lapins et des petits écureuils qui aimaient beaucoup s'amuser, rire et chanter. Ce sont les petits animaux de la Forêt Magique. Les animaux de la Forêt Magique ont un grand copain : Tambour Major. Il est très grand, et très costaud. C'est le plus fort de toute la Forêt Magique ! Avec lui on s'amuse, on pleure, on rit, il n'y a pas de méchant, que des gentils. Et Tambour Major aime beaucoup ses amis de la Forêt Magique.

Au pays de la Forêt Magique on aime recevoir des colis postaux. Beaucoup.

Décacheter un colis postal, c'est comme ouvrir une boîte de chocolats : on ne sait jamais sur quoi on va tomber.

Parfois on tombe de haut...

L'autre jour donc, le gentil facteur laissait dans la boîte à lettres un bien curieux colis, tout de marron vêtu, léger comme une plume. Aussitôt, tous les écureuils des alentours se précipitèrent pour avertir Tambour Major de cette nouvelle. Même Bridou le Caribou s'empressa lentement pour venir voir ce que Peter le Facteur apportait de si bon matin.

"Hoooooooooo ! S'exclama Tambour Major découvrant l'origine du mystérieux paquet. Ca vient de France !
- De France ? Reprirent en choeur les petits écureuils qui, stupéfaits, en laissèrent tomber leur noisette dans un joyeux tintinabulement automnal.
- Oui ! de France.


- C'est où la France ? demanda Juliette la Moufette.
- La France c'est le pays d'où je viens, répondit Tambour Major. C'est un joli pays, loin loin loin, de l'autre côté de l'océan.
- Hooooooooo ! S'écrièrent, impressionnés, tous les animaux de la Forêt Magique.
- Mais, voyons voir ce que contient ce mystérieux paquet..." conclut Tambour Major.  

Découpant avec précaution le gros scotch marron sous le regard ébahi de ses petits amis, Tambour Major se demandait vraiment ce que cela pouvait être et, surtout, de qui cela pouvait bien venir.

Groupés autour de leur grand ami, les petits lapins et les petits écureuils étaient tout yeux et toutes oreilles devant le spectacle de ce dépouillement.
Un paquet de France ? Vous vous rendez un peu compte ? Ca n'arrive pas tous les jours...

Soudain, un "Haaaaaaaaaaaaaaaaaaan !" de sidération remplit toute la maisonnée.
- Mais, qu'est-ce que c'est ? s'enquit Juliette.


Grimpée sur la tête de Bridou le Caribou, Juliette la Moufette fallit tomber à la renverse.
Oui, c'est un bien curieux objet...

" Mais c'est.... ???
- Oui, on dirait un....
- Un....
- Et il y a même la....


Décontenancé par ce qu'il voyait, Bridou le Caribou émit un brame rauque, tout en se questionnant sur les moeurs étranges de ce lointain pays de France... La France n'est-elle pas ce parangon du bon goût et du raffinement qui a vu naître un Louis XIV, un Henri Dumas ou un Cyril Hanouna ?

- Mais ce n'est pas tout, balbutia Tambour Major. On dirait que ça s'ouvre...

Effectivement, ça s'ouvre. Sous le regard hagard des petits animaux, Tambour Major souleva alors précautionneusement le couvercle, dévoilant un petit réservoir de poudre rosée.


À ce moment précis, c'est toute la Forêt Magique qui se trouva plongée dans un impénétrable silence de circonspection, unanime. Et tous s'interrogeaient : Qu'est-ce que le temps ? Lorsqu'un système est totalement desordonné, a-t-il atteint son maximum d'entropie ? Si p est un nombre premier et si a est un entier quelconque, alors (ap – a) est-il un multiple de p ? Sommes-nous seuls dans l'univers ? Afida Turner existe-t-elle vraiment ?

- Que c'est joli ! pouffa Bridou le Caribou, s'attirant aussitôt le regard désaprobateur de tous les animaux de la forêt magique.
- Maracas ! s'exclama Juliette la moufette ne sachant plus trop que dire.

Et tous demeuraient interdits devant la beauté incommunicable de cet objet prodigieux.


Un bien bel objet, en effet....

29 septembre 2014

Les mots d'une mère et le pain de viande de mon chéri

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Panique à bord, moral dans les semelles, envie de pleurer à tout bout de champ... Ca ne va pas trop en ce moment. Plein de tracas m'assaillent, une équation diabolique à plusieurs inconnues se déroule sous mes pieds sans que je sache exactement comment m'y prendre ni quels pièges vont se refermer sur moi. L'impression d'avancer dans une brousse mortelle. La fatigue poussant à la paranoïa, la moindre aspérité prend des proportions vertigineuses, le moindre accroc est en soi une apocalypse.

Ces derniers jours j'ai du consacrer environ 90% de mon énergie à canaliser mon stress. Tout devenait montagne. La moindre contrariété avec chéri me conduisait à tout remettre en question, de manière drastique : et si, au fond, la solution la plus simple n'était pas de tout plaquer et de reprendre ma vie en France, là où je l'ai laissée il y a huit mois ? Rentrer les mains vides, comme le fils prodigue. Insupportable. Et pourtant...?

Noyé dans ce magma limbique, luttant de toutes mes forces pour rester positif, j'ai appelé ma mère, comme chaque lundi. Je lui racontai ma situation, mes doutes, mes angoisses et mes risques de déconvenues administratives.

" Si tu dois rentrer en France quelques jours, rentre. Ca nous fera plaisir de te revoir. Et puis tu repartiras. Tu as réussi à passer au travers de toutes les difficultés jusqu'à présent. Il n'y a pas de raison pour que tu n'y arrives pas."

Quelques mots qui ont suffi à volatiliser toute particule de torpeur. C'était si simple. Moi qui craignait, je ne mesurais pas à quel point mes parents pouvaient me soutenir dans ma folle embarquée.

Si tu dois rentrer en France quelques jours, rentre.

Ma propension à en appeler à la fatalité me surprendra toujours. J'ai beau m'efforcer de rester aussi cartésien que possible, une part de moi élude les base élémentaires du rationnalisme pour s'adonner à de savantes contorsions délirantes et destructrices, toutes conduites par un instinct de fuite.

"Ca nous fera plaisir de te revoir."

Apaisé, je regarde avec amusement chéri, rentré pendant mon appel. Concentré comme un neurochirurgien en pleine intervention, les deux main plongées dans un cul de poule en inox, la cuisine disparaissant peu à peu sous un monticule de vaisselle sale et d'emballages éventrés, il prépare un pain de viande pour le souper.

Il lève ses yeux pétillants vers moi.
Je souris.

22 septembre 2014

Entre l'arbre et l'écorce

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Le sentiment qui domine malgré moi depuis mon arrivée à Montréal, se résume à l'âpreté de la frustration. Hélàs non, même si ce n'est pas le bilan que je voulais tirer, ni celui que l'on me souhaiterait vouloir exposer, je ne me suis pas pleinement épanoui ici. Pas encore. 

Je ne voudrais surtout pas que vous puissiez croire que je suis malheureux. Pas du tout. Pour l'instant je ne suis simplement pas aussi heureux que je pourrais l'être, faute de sécurité et de ressources financières suffisantes pour profiter pleinement de tout ce qui m'entoure et de tout ce que peut m'offrir Montréal. Voilà, en partie, la source de ma frustration.

Le premier point réside bien évidemment dans ma situation professionnelle qui n'est pas encore débloquée. J'ai pas mal avancé depuis février, repassé des examens, validés des diplômes et gravi quelques marches indispensables à mon implantation ici. Je n'ai pas chômé. Mais cela ne suffit pas.

Car quoi que l'on en dise, et quoi que l'on puisse lire ici ou là, encore il y a quelques semaines dans un numéro spécial de Le Point consacré à la Belle Province, le Québec n'est pas l'El Dorado que l'on veut bien nous vendre à coup de grands espaces verdoyants, de lacs extraordinaires et de pub racoleuses. Le travail ici ne se trouve pas sous le sabot d'un orignal, surtout pour un non-Québécois. J'irais même jusqu'à dire qu'il y a une forte distortion entre le message officiel à destination des Français : "Venez !" - et la réalité du terrain : "Venez, mais pas trop..."

Trouver un boulot ? Je n'ai pas le choix.
D'une part parce que j'en ai trop fait pour renoncer maintenant.
D'autre part parce que je suis convaincu que cela en vaut le coup, à tous les niveaux.
Enfin parce qu'il en va aussi de mon orgueil personnel. Je ne tiens pas à rentrer la queue entre les jambes (c'est une simple image) comme le fils prodigue, penaud de n'avoir pas fait la fortune qu'il croyait. L'idée m'est autant insupportable qu'inconcevable.

Heureusement j'ai pour moi un réseau d'amis ici qui est conscient de ma situation et m'aide en me relayant tout un tas d'informations, qui parle de moi (en bien), bref qui me fait connaître aux oreilles d'employeurs potentiels. C'est encore une fois une différence fondamentale d'avec la France : ici il faut se faire connaître et réseauter à mort. C'est la règle du jeu.

Cet état de faits génère inévitablement un stress quotidien assez évident qui rejaillit sur mon couple et exacerbe les tensions qui peuvent surgir.

La vie de couple c'est avoir à deux des problèmes que l'on aurait jamais eus tout seul, dit un aphorisme usé jusqu'à la corde. C'est pourtant vrai. Et si depuis presque 8 mois que nous vivons sous le même toit nous ne nous sommes pas encore entretués, cela ne veut pas dire pour autant que tout est rose. Il s'en faut parfois de beaucoup.

Outre le choc des cultures inhérent à toute transplantation d'un élément étranger dans son nouveau biotope (ce qui produit à l'occasion quelques belles étincelles), nous sommes lui et moi très différents.

Notre vision de la vie tout d'abord, est en totale opposition. Moi je suis fonceur, je vois les choses six mois à l'avance, j'ai besoin de projets, je suis en perpetuelle projection, j'aime que la vie aille à 200 à l'heure, faire 10.000 choses dans la journée. Je suis bosseur, ambitieux, sur-motivé.... Je veux voyager, bouger, voir du monde et voir le monde. Rien que le fait de lui en parler, ça l'angoisse.

Voyager ne l'intéresse pas plus que cela. Il aime à me rappeler que le bon Québecois de base est fier de pouvoir dire qu'il n'a jamais quitté le Québec de toute sa vie. Et moi qui ne rêve que de retourner au Mexique, en Argentine voir des amis un peu partout et faire le tour de l'Uruguay... Frustrant.

Lui, une activité par jour lui suffit. Et s'il pouvait n'avoir à jamais sortir de chez lui, ce serait parfait. Il préfère passer ses journées dans le canapé à regarder des séries à base de Sidney Fox et autres téléromans pour ménagère de moins de 50 ans.

Le pire est qu'il prend un peu trop ce qu'il voit à la télévision pour argent comptant. L'autre jour encore, je ne sais plus comment nous en étions arrivés là, nous parlions tentative de suicide. Il m'exposait, avec tout l'aplomb dont il est capable, que au Québec, une personne ayant fait une tentative de suicide pouvait être enfermée dans un hôpital psychiatrique contre sa volonté - parfois plus d'un an ! - et déchue de ses droits. Comme en prison. Moi, pris d'un gros doute, je lui explique que c'est probablement inexact et en tout cas exagéré. "Mais si ! Je le sais ! C'est comme ça !". 
Aussitôt, déformation professionnelle oblige, je fais une rapide recherche. Inévitablement, ça l'énerve que je ne le croie pas et que je cherche. En quelques minutes, je tombe sur un rapport de 100 pages du ministère de la santé du Québec sur ce sujet précis. En quelques lignes, j'avais trouvé tout le protocole médical applicable à ces cas d'espèce et démonté du même coup l'ensemble de ses allégations erronées.
"Ha pourtant je l'avais vu à la télé...
- Où ça ??
- Dans une série américaine...
- ....................
- Je les croyais plus documentés.
"
Ce sont des choses qui arrivent régulièrement, engoncé qu'il est dans une série de convictions dogmatiques, fondées sur une vision un peu trop manichéenne des choses. Et l'on se chicane presque à chaque occasion, parce qu'il n'aime pas être contredit, parce que - soit disant - je joue avec les mots et que, au fond cela revient au même, que les intellos le font chier et que "c'est de l'enculage de mouches". Paf, dans les dents.

Un autre point important de la personnalité de mon bûcheron, est sa propension exponentielle à dramatiser. Un rien est prétexte à faire la diva, à se dire déprimé pour un oui ou un pour un non, sans jamais se donner les moyens de passer par dessus et de remédier à ses angoisses. À cet égard, il n'a aucune volonté. De même, la frustration lui est inaccessible, même au degré le plus élémentaire. Ca me rend malade. Il me reproche parfois de ne pas faire preuve d'assez d'empathie - et de parfois m'éloigner, ce dont j'ai besoin pour mon équilibre mental et personnel. Mais je ne sais pas comment aider quelqu'un qui reporte la cause de ses maux sur les autres et qui ne se bouge pas un minimum le cul pour se sortir de là. Âne qui n'a pas soif...

Si je n'ai que peu d'expérience conjugale, lui a, au contraire vécu 9 ans avec celui qui est aujourd'hui son meilleur ami. Relation très conflictuelle, constellée de disputes plus ou moins âpres et de rupture violentes. Il en sort assez blessé, même s'il n'en parle pas souvent. À le regarder vivre, je suis à peu près certain que 90% des motifs de disputes venaient de son ex. D'ailleurs il me le dit assez souvent : " Vivre avec toi c'est tellement facile !" Je ne suis pas sûr qu'il perçoive tout ce que cela implique comme concession et abnégation de ma part face à certains de ses caprices et l'inconfort relatif qui en résulte. J'encaisse pas mal en réalité, et lui passe beaucoup de petites choses, à commencer par sa manière de ne pas gérer le désordre domestique de notre foyer. "Il faudrait" fait partie de ses expressions favorites. Frustrant, là aussi, pour quelqu'un habitué à prendre le taureau par les cornes.

La semaine dernière son ex et son mari se sont disputés et sont partis chacun de son côté. Indirectement on s'est rapprochés car, en parlant, on s'est aperçu que l'on s'était un peu éloignés et que certaines choses n'allaient pas, qu'on n'avait pas pris du temps pour nous depuis un petit bout de temps. On a donc pris notre mercredi pour aller nous promener dans les Laurentides.

En juillet dernier, il s'était foulé une cheville et avait mal au pied depuis plusieurs semaines. Bien entendu, il se plaignait à longueur de journée mais n'allait pas consulter... tête de mule !

Un jour, on était chez des amis, nous devions prendre la voiture. Je déteste conduire à Montréal. Il me dit, d'un ton militaire du plus désagréable : "Tu conduis !" presque en me jetant les clés au visage.
Je le regarde, avec tout le dédain dont je suis capable, et lui dis calmement mais fermement : "Non".
S'engage une discussion un peu houleuse.
- Bah, tu peux conduire tout de même !
- Non, j'en n'ai pas envie du tout.
- Ah oui mais tu comprends j'ai mal à la cheville !!
- Et alors ? Ca t'empêche de conduire ?
- Non.... mais ca me soulagerait un peu si tu pouvais conduire.
- Et tu pouvais pas le dire comme ca ? On demande leur avis aux gens dans la vie...
- Oui mais quand même...
- Hé bien la prochaine fois tu réfléchiras !"
Le lendemain, il me demandait si je voulais bien prendre le volant, de la manière la plus correcte qui soit. Et cela n'a pas changé depuis. Tambour Major 1 - Chéri 0.

Je mets ça sur le dos de ses 9 années (houleuses donc) avec son ex qui ne l'ont probablement pas aidés à se construire ni à nouer une relation harmonieuse a-conflictuelle. Car, même si je n'ai pas beaucoup d'expérience en la matière, j'ai autour de moi pas mal d'exemples familiaux, d'oncles un peu retors à "dompter". On apprend beaucoup à observer les autres.

De par son activité professionnelle, son emploi du temps se trouve très alambiqué et peu structuré. Cela rejaillit inévitablement sur son mode de vie. Là aussi c'est une différence forte. Ce n'est pas toujours facile à gérer.

Frustration et sensation d'inaccompli...

Je me sens parfois un peu prisonnier de cette situation que j'ai voulue, un peu à l'aveugle il est vrai. D'être pris entre l'arbre et l'écorce. On ne découvre les gens qu'en vivant avec eux.

Au fond, je crois que notre différence est une richesse : lui m'apporte un souffle  - parfois une tornade - de folie, moi l'angulosité d'une certaine forme de rigueur (sans rigorisme). Il me divertit. Il est très drôle, avec une énergie hors du commun. Moi je l'appaise, je le rassure. Avec lui, je ne m'ennuie jamais. On est tellement différents, mais au fond tellement complémentaires. C'est vraiment un garçon aimant, qui m'aime et que j'aime. Je le sens plein de bonne volonté et attentif, malgré la jungle mentale dans laquelle il vit.

Quoi qu'il en soit, être loin me rend la fuite impossible, ou nettement plus compliquée. Je crois en fait que c'est une chance. La distance contraint. Le temps permet d'aller un peu plus loin que la surface des choses et des personnes.

Pour le moment ce que je découvre m'encourage à rester ici, malgré l'hiver qui m'attend, gardant en tête  - et en souhaitant de toutes mes forces - que, à n'en pas douter, le meilleur reste à venir.