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  • 28 juin 2017

    28 juin 2017

    1 commentaire
    La date entendue ce matin à la radio en me levant m'a fait frémir : mercredi 28 juin... Le mois le plus beau de l'année est déjà terminé et je n'en ai rien vu, ni profité, enlisé que j'étais dans des angoisses dont j'ai eu bien du mal à me dépêtrer. 

    Petites causes, grands effets, dit le proverbe. Et cela est vrai. Une petite lettre a transformé mon quotidien depuis une semaine et elle va probablement le modifier durablement car je suis maintenant contraint à prendre des décisions que je n'avais pas envisagées et pour lesquelles je ne me sentais pas prêt du tout. J'ignore s'il s'agit du chemin du bonheur mais, à défaut, nous dirons qu'un mieux être est certainement à la clé.

    Lundi dernier j'ai donc donné ma démission à ma boss. Aussi étonnant que cela puisse paraître, elle n'a manifesté aucun signe d'étonnement quant à ma décision. Je l'ai presque trouvée guillerette... Quand je vous dis que cette femme est folle ! Il me reste donc trois petits mois à tenir pour être définitivement débarrassé de ce marasme humain et passer définitivement à autre chose, à d'autres choses en reprenant possession de ma vie.

    Petites causes, grands effets, le soir même mes angoisses commençaient à s'apaiser pour disparaître à peu près totalement, ce qui est plutôt très apaisant. Ne plus sentir ma gorge en permanence nouée ni mon estomac contenir une boule de bowling. Libéré de ce fardeau, je peux à nouveau envisager mon quotidien autrement que dans la préparation d'un hypothétique futur affrontement dans lequel le dragon s'épanouit. Je peux, au contraire, me projeter un tout petit peu, penser à mes soirées, à mes weekends, à ce que j'aurai envie de faire cet été, peut-être même un voyage au mois de septembre... et en tout cas envisager plein de choses que l'envahissement de ces derniers temps m'astreignait à mettre de côté.

    Dans ce contexte d'angoisse chronique j'avais envisagé un temps d'annuler la petite soirée que j'avais prévu d'organiser samedi dernier, qui devait réunir quelques amis proches. Au plus bas de mon moral, je ne savais pas où ni comment trouver la force de ranger mon appartement. Tout me paraissait insurmontable. Malgré tout, une petite voix me disait que voir du monde et m'entourer de pensées positives me serait salutaire. C'était vrai. Nous avons passé une excellente soirée, conclue par un très bon cheesecake dont je vous donnerai la recette une prochaine fois.

    A cette occasion j'ai reçu quelques jolis présents : une jolie tasse licorne, une belle plante qui manquait dans ma chambre et de quoi aller assister à la Walkyrie de tonton Richard, lors de la prochaine saison du Théâtre du Capitole. Des choses qui m'ont toutes fait plaisir, preuve que mes amis me connaissent bien et que j'ai raison de les chouchouter. 

    Nous voici donc bientôt en juillet. Le temps des fêtes de village, des rires à l'ombre des platanes, des grillades et du verre de rosé frais à l'orée du soir, des feux d'artifice qui éclaboussent la nuit de couleurs, et des journées aux cieux d'azur, idéales pour aller crapahuter en moyenne montagne tôt le matin... 

    22 juin 2017

    Pour l'amour des roses trémières

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    J'ai mis longtemps à associer le nom de rose trémière à la plante éponyme. D'ailleurs quel nom étrange que celui de rose trémière. Je n'ai jamais su ce qu'il voulait réellement dire et je n'ai d'ailleurs pas eu la curiosité, en écrivant ce billet, d'aller en vérifier l'étymologie dans un dictionnaire. Comme si accéder à cette connaissance devait en briser la mystérieuse beauté.

    Rose trémière. Et dire que ce n'est même pas une rose... 

    Une plante dont on ne sait pas trop ce qu'elle est. Ses feuilles vert tendre ressemblent à celles de la mauve, sans être de la mauve. Sa tige haute s'étire vers le ciel comme le fait le tournesol, sans être tournesol. Ses boutons semblables à de petites pommes vertes mais qui ne deviennent jamais pommes. Ses énormes fleurs nervurées, si belles et pourtant si peu odorantes, qui font si bien ressortir les rayures des abeilles.

    Elle est exubérante et modeste, charmante et indifférente, farouche mais docile. C'est la rose trémière.

    Des roses trémières, il y en a toujours eu chez ma grand-mère. Elles poussaient et poussent encore un peu sauvagement au milieu du buis, entre la boîte aux lettres et les lilas dont le parfum succulent annonce les beaux jours. Après que les lilas ont acclamé le printemps, les roses trémières s’érigent en sentinelles de l'été. C'est aussi une plante que j'aime à croiser lors de mes balades en montagne, à la faveur rassurante d'une source qui murmure entre deux pierres ou d'un abreuvoir au milieu des estives. 

    La semaine dernière j'en ai vu toute une ribambelle qui poussaient sur le terre-plein central de l'autoroute qui sépare Toulouse de Montauban. Que ces belles plantes fragiles puissent pousser au milieu du goudron, parmi la fureur frénétique du va-et-vient des automobiles et des poids lourds roulant à toute allure, indifférents à cette gracile présence végétale, a quelque chose d'éperdument poétique lorsque l'on y pense. La poésie se niche décidément partout.

    Aussi c'est avec une petite pointe au cœur que, depuis quelques jours, j'assiste impuissant au fauchage de l'autoroute et au broyage systématique des roses trémières qui s'apprêtaient à fleurir enfin...

    Pendant quelques minutes d'égarement je me suis pris à penser que, peut-être les agents de la DDE allaient eux-aussi se souvenir des roses trémières qui poussaient entre le lilas et la boîte à lettres de leur grand-mère et, dans un sursaut de mélancolie, les contourneraient méticuleusement avec leur débroussailleuse pour les laisser fleurir et s'émerveiller les automobilistes, à l'instar de Gaston Lagaffe et son invention géniale de micro-tondeuse à gazon qui lui permet de tondre la pelouse de sa chère tante Hortense en épargnant les marguerites qui poussent dans le jardin.

    De grâce, de grâce, monsieur le promoteur, 
    De grâce, de grâce, préservez cette grâce 
    De grâce, de grâce, monsieur le promoteur 
    Ne coupez pas mes fleurs.

    Il n'en fut évidemment rien...
    Les conducteurs de faucheuses ne doivent pas lire Gaston Lagaffe.

    15 juin 2017

    La photo du mois : Instant T

    25 commentaires
    Bonjour à tous, nous sommes le 15 Juin et c'est l'heure de notre rendez-vous mensuel avec la photo du mois.

    Je vous rappelle le principe du jeu : chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Le thème de ce mois-ci a été choisi par Aude qui nous a proposé de plancher sur : "Instant T ou l'art de la photo prise pile poil au bon moment !"

    Justement, quelques jours après l'annonce du thème de ce moi-ci, le hasard et la chance ont mis sur mon chemin ce superbe double arc en ciel alors qu'il venait de pleuvoir quelques minutes plus tôt.


    Aussitôt après l'avoir photographié, il s'évanouissait alors que le soleil se ragaillardissait... L'art de la photo prise pile poil au bon moment et - surtout - de toujours avoir un appareil photo à portée de main !

    La photo du mois continue sur les autres blogs participants : Akaieric, Alban, Alexinparis, Amartia, Angélique, Aude, Autour de Cia, BiGBuGS, Blogoth67, Brindille, Bubble gones, Calamonique, Chat bleu, Chiffons and Co, Christophe, Cricriyom from Paris, CécileP, Céline in Paris, Danièle.B, DelphineF, E, El Padawan, Escribouillages, Eurydice, Evasion Conseil, François le Niçois, Frédéric, Gilsoub, Gine, Giselle 43, J'habite à Waterford, Jess_TravelPicsAndTips, Josette, Josiane, Julie, Kellya, KK-huète En Bretannie, Krn, La Fille de l'Air, La Suryquoise, La Tribu de Chacha, Laulinea, Laurent Nicolas, Lavandine, Lavandine83, Lilousoleil, Lyonelk, magda627, Magouille, Mirovinben, Morgane Byloos Photography, Natpiment, Nicky, Pat, Philae, Philisine Cave, Pilisi, Renepaulhenry, Sous mon arbre, The Beauty is in the Walking, Ventsetvoyages, Who cares?, Xoliv', écri'turbulente.

    12 juin 2017

    Lui et moi

    2 commentaires
    Lui et moi, moi et lui... C'est une histoire qui a commencé il y a bientôt dix ans. L'histoire d'un amour impossible et d'une séparation qui sera pour moi la source de mille tourments...

    L'histoire de deux garçons qui, depuis, vivent leur vie chacun de leur côté, tout en gardant entre eux ce lien étrange et probablement indéfectible qui unit deux personnes qui se sont aimées de manière très sincère et se sont quittées tout aussi sincèrement, avec ce goût amer de l'inachevé. Une histoire qui porte en elle la sève vive de ces grands arbres qui n'ont pas fini de grandir et dont on sait que l'on verra, un jour, s'étendre au loin l'imposante ramure.

    Dix ans bientôt que tout a fini et que, pourtant, rien n'a véritablement cessé entre nous. 

    Oui, il est étrange ce lien invisible qui perdure à travers l'espace et le temps. Ce lien qui raconte le souvenir d'un baiser volé sous un porche, d'une course sous la pluie battante en quête d'un abri, d'un appel à l'aide un samedi dans le train qui me menait à Lyon, et celle d'un short orange restitué à son propriétaire un soir de juin sur les quais de la Seine, tandis que nous mangions des pistaches...

    Aussi, ce soir, passant devant la place du Capitole particulièrement belle, toute habillée des lumières du couchant sous un ciel d'azur impeccable en cette magnifique journée de juin, je lui envoyai une photo, pour lui faire un coucou, comme ça, histoire de faire fonctionner le fil d'Ariane qui nous relie.

    Hey : tu es là ?

    Comme à chaque fois, il m'a répondu et m'a donné de ses nouvelles, me demandant des miennes. Puis il s'enquit de savoir, si bientôt je montais à Paris, m'enjoignant de le prévenir dans ce cas. Je lui indiquai que je comptais le faire au plus tard en novembre et peut-être même avant la fin cet été, si mon emploi du temps me le permettait.

    "C'est cool alors. On se revoit cette année :-)" a-t-il conclu.

    Sa réponse, empreinte de cette spontanéité innocente et naïve que je lui connais depuis toujours, débordant de la candeur désarmante qui le caractérise, m'a fait intérieurement sourire, avec une infinie tendresse.

    Oui, c'est cool. C'est même très cool qu'il ait toujours envie que l'on puisse se voir. Et oui, on va se revoir cette année. La dernière fois c'était il y a déjà cinq ans, quelques semaines avant que je ne parte pour six mois en Argentine. Que le temps passe vite...

    Ces petits échanges, aussi rares et brefs soient-ils, sont comme des coups sur une cordée, histoire de s'assurer que tout le monde va bien, au cas où. Le fil d'Ariane. Et parce qu'il n'est pas quelqu'un de tout à fait ordinaire, ils témoignent aussi d'une mémoire commune du temps passé, de très jolis souvenirs communs - même si certains m'ont longtemps été douloureux, et de ce que, au fond, dans son regard et dans l'affection qu'il me porte, je ne suis pas un si mauvais type...

    9 juin 2017

    Du temps pour soi

    2 commentaires
    Ce n'est pas la super grande forme en ce moment.

    Mon boulot m'angoisse et ne me procure aucune satisfaction. Ma boss est une connasse et se comporte comme telle. Je pars travailler le matin à reculons et rentre le soir complètement à plat, sans envie de faire quoi que ce soit d'autre que de manger et dormir... 

    Je suis envahi d'émotions négatives, d'angoisses, de non-désirs, de vide. Envahi, c'est le mot exact, au sens psychiatrique du terme.

    Malgré tout, je dois faire face à mille obligations professionnelles et personnelles, dont des projets qui nécessitent impérativement que je leur consacre un minimum de temps si je veux espérer les voir aboutir ou du moins leur donner chance de se concrétiser. Des projets en lesquels je crois, des opportunités de changement.

    Du temps que je n'arrive pas à prendre. 

    Pourtant je ressens le besoin impérieux de prendre du temps pour moi, d'appuyer sur "pause" et de réinvestir mon quotidien ou mon peu de temps libre pour faire des choses que j'aime et qui me font plaisir. De remettre un peu de lumière dans ce brouillard qui, si je n'y prends pas garde, n'ira qu'en s'épaississant au risque de m'y perdre voire de m'y noyer, comme j'ai déjà pu le faire par le passé.

    Cela veut dire, et je le sais, ne pas traiter toutes ces choses urgentes dont je parlais plus haut. Ces chose auxquelles je pense tous les matins en me levant et qui me réveillent parfois la nuit, entre deux rêves étranges. Ces choses qui sont si importantes...

    Mais je crois que prendre soin de soi et savoir prendre du temps pour soi est la première des priorités. Surtout en ce moment.

    C'est en ce sens que j'ai planifié mon weekend. Refaire - chose que je n'ai pas faite depuis des mois voire des années - de la (très belle) musique avec des amis que je n'ai pas revus depuis longtemps. Dîner avec une copine samedi et avec un ami dimanche soir. Faire un peu de sport au milieu de tout cela, aussi, histoire de tirer la chasse sur une quantité astronomique de stress inutilement accumulé. Aller au cinéma, tiens, pourquoi pas... Et tant pis pour les priorités.

    J'essaie de me projeter vers des choses positives, qui me plaisent et qui me feront du bien. Pour mon bien.

    Prendre du temps pour soi.
    Du temps pour moi.

    6 juin 2017

    J'ai 10 ans !

    12 commentaires
    Il y a dix ans de cela, jour pour jour, j’ouvrais un petit bout de pas grand chose sur la toile. Un premier billet comme une petite graine de laquelle allait germer ce qui est devenu ce blog.

    Nous sommes en 2007. Je fais mes premiers pas dans un univers nouveau pour moi. Celui d'une différence que je comprends enfin mais que je n'accepte pas tout à fait. J'ai besoin d'écrire, pour tout, pour rien, sans ligne directrice.

    Alors j'écris et cela me fait du bien. Rapidement arrivent les premiers commentaires réguliers de ceux qui deviendront au fil tu temps les premiers habitués. Et cela fait dix ans que ça dure.

    Mes premiers mots ont été écrits sur un blog SpaceLive - plateforme développée par Microsoft, définitivement fermée en 2011. Il était davantage destiné à donner des nouvelles aux amis, tout en semant ici et là des petits cailloux blancs qui donnent régulièrement à mes billets plusieurs degrés de lecture, à qui sait débusquer les indices. Si ma mémoire est bonne, SpaceLive - la protohistoire des réseaux sociaux ! - permettait de chatter avec ses amis et de créer un blog. C'était en fait un genre de sous-Facebook en moins bien ou en tout cas en très différent, très verrouillé et peu ergonomique.

    Mon premier billet publié le 06 juin 2007 à 09:36.

    Avec le temps, la fonction du blog a évolué et la manière d'écrire avec elle. M'assumant progressivement de plus en plus, en étant de mieux en mieux dans mes baskets, j'osais et abordais des sujets un peu plus intimes. Le premier véritable changement fut imputable au changement de plateforme. Space annonçant sa fermeture prochaine, et le bidule manquant cruellement de possibilités de personnalisation, je migrai vers l'actuelle plateforme Blogger à laquelle je suis resté fidèle depuis lors. Là je devins totalement anonyme, ayant connu une déconvenue qui m'a fait devenir un peu parano avec la divulgation de mon identité sur internet. Anonyme et libre...

    Ce changement de plateforme s'est accompagné d'un élargissement du public. Les commentaires sont enfin totalement ouverts, sans qu'il soit besoin d'avoir un compte. C'est l'époque de la pleine effervescence des blogs. Les blogueurs que je lis avec fidélité (Matoo, Tto, Joss, PascalR, Fred, Virgile, Tarval, Boucledor, Orphéus, Cédric Darval de Bayen, Chris, Ditom, Fabisounours, Loup, Olivier d'Evian, Gildan, Maxivirus, Poussin, Des Fraises et de la tendresse, Sailortoshyo, Glimpse et tant d'autres ! Beaucoup ont - hélas - cessé d'écrire...) publient avec régularité. Chaque billet s'accompagne alors d'une pluie de commentaires dans une ambiance bon enfant car tout le monde se commente mutuellement, se renvoie la balle au bond et on se fend régulièrement la poire.

    A cet égard le blog est aussi un instrument de socialisation merveilleux : je ferai, grâce au blog et à mes lectures, de nombreuses connaissances, beaucoup de rencontres, certaines très belles qui ont donné naissance à de très belles amitiés qui, pour certaines, perdurent encore à ce jour. La magie des blogs que l'instantanéité d'un twitter ne supplantera pas...

    L'autre changement résultera par la suite d'un changement de statut : d'éternel étudiant à mi-chemin entre une vie professionnelle envahissante et un orteil à l'université dont je tardais à me délivrer, j'entrais de plein pied dans les tourments de la vie active, ne me laissant que peu de temps pour les loisirs en général et le blog en particulier. Fini la glandouille et l'écriture comme échappatoire... C'est bien simple, le nombre de billets publiés fut quasiment divisé par deux ! Certains problèmes, et le besoin corrélatif d'en parler, disparurent. De nouveaux ne manquèrent évidemment pas de jaillir, tandis que d'autres demeurent intacts.

    Il y eut aussi des moments d'hésitations, des moments de doutes où la question de maintenir ce blog s'est posée... Mais l'envie et le besoin d'écrire ont toujours été les plus forts, même si écrire un blog personnel est souvent un exercice à sens unique : c'est avant tout écrire sur soi, pour soi, un peu pour les autres et leur partager des joies et des peines, mais avant tout pour extérioriser certaines choses dont on ne sais pas trop quoi faire et qui ont besoin de sortir.

    Une fois couché sur l'écran, les mots ne nous appartiennent plus totalement. Ils sont certes ce que nous y voyons, mais il deviennent surtout ce que les autres y mettent de signification. Ce qui veut dire que parfois des billets passent à côté, sont mal ou pas compris du tout. Cela fait partie du jeu. Alors, que des lecteurs se retrouvent dans mes écrits est toujours un bonheur. Et je suis toujours très (très !) heureux de lire des messages en ce sens de ceux et celles qui me lisent, comme cela arrive de temps en temps. 

    Bon, c'est très compliqué en fait à écrire un billet d'anniversaire. J'avais prévu d'écrire un long billet sous forme d'une rétrospective de ces dix années, année par année. Mais à bien y réfléchir je trouve cela fastidieux et terriblement chiant à rédiger. Et puis surtout je suis une grosse feignasse hu hu hu ^^ ! 

    En tout cas une chose est sûre : chaque billet publié, qu'il soit léger, grave ou totalement futile comme ce billet en est la démonstration, est le reflet d'un moment, d'un instant de ma vie. Des instantanés de ma petite vie presque ordinaire et que j'aime à relire de temps en temps, juste pour le plaisir de retrouver certains billets que j'aime bien, ou pour me souvenir de l'état dans lequel je me trouvais à telle époque et regarder le chemin parcouru.

    Dix ans de blog, dix années de ma vie en un peu moins de mille billets, comme autant de clichés photographiques rangés dans une belle boiboite virtuelle : une véritable clavardographie tambourmajoresque (et oui, aujourd'hui je m'autorise toutes les licences lexicales, y compris celle du néologisme).

    Bref nous y voilà : le champagne est prêt, la lumière est baissée et le gâteau arrive. Il ne me reste plus qu'à souffler mes dix bougies.

    Vous soufflez avec moi ?

    1...
    2...
    3 !


    Youpi : J'ai dix ans !

    31 mai 2017

    Besoin de changement

    10 commentaires
    Cela fait un an que j'ai changé de boîte, fuyant un univers de folie humaine dont j'ai appris ces jours-ci les derniers soubresauts. A quel prix...! J'ai eu mille fois raison de prendre la poudre d'escampette. J'y ai réellement laissé des plumes et certaines blessures que je croyais guéries ne le sont pas tout à fait. Non, vraiment pas.

    J'ignorais que je quittais une maison de fous pour en gagner une autre. Tout avait pourtant bien commencé : une bonne ambiance, un contexte apaisé (en apparence seulement), un boss a priori bienveillant (apparences toujours).  Puis, progressivement, les premiers doutes, les premières déconvenues.

    En octobre 2016, soit quatre mois seulement après avoir commencé à ce nouveau poste, j'écrivais ceci :
    "Outre que je me sens un peu infantilisé, à toujours devoir rendre compte, à être régulièrement pris de haut par ma boss qui a pour elle son ancienneté et son expérience, ce dont je suis parfaitement conscient et que j'estime à sa juste et haute valeur, mais à qui la rigueur technique n'est pas la première des qualités... Nous avons deux façons de travailler assez différentes.

    J'ai probablement été mal habitué par le passé, à travailler en délégation totale, surveillé de loin, donnant pleine et entière satisfaction, avec une marge de manœuvre immense et une juste considération pour mon travail.

    C'est une sensation bizarre que de ne pas se sentir à sa place. De faire un boulot pourtant socialement valorisant mais qui ne procure que peu de satisfactions personnelles. C'en est parfois même décourageant. "
    Quelques semaines plus tard je m'effondrais après une déferlante de reproches assis sur la seule soif de domination de celle dont je mesurais alors, jour après jour et chaque jour d'avantage, la mauvaise foi et le manque cruel d'humanité...  

    Au bout d'un an, la coupe est pleine.

    Outre que ce que j'écrivais en octobre 2016 n'a pas pris une ride, elle me traite à présent comme un demeuré, me prend presque systématiquement de haut, ne m'accorde aucun crédit, alors que je fais une partie considérable du boulot et lui sauve régulièrement la mise en allant minauder ici et là pour récupérer des bourdes dont elle ne perçoit même pas les conséquences.  Ho, je ne suis pas parfait, il s'en faut de beaucoup. Mais son comportement est insupportable, décourageant. Je n'ai plus aucune envie de bosser pour cette conne.

    Car ce qui est rassurant, c'est d'avoir discuté avec des personnes qui l'ont côtoyée de très près et qui dressent unanimement ce constat : Ma boss est une connasse... Une vraie, du Label Rouge 100% élevé au grain. Le genre de personne qui ne pense qu'à elle et dont le seul plaisir et d'avoir raison envers et contre tout, de mépriser ce qui ne l'intéresse pas, et de gueuler après coup alors que la sonnette d'alarme  avait été tirée en temps et en heure, puis de souffler le froid et le chaud selon qu'elle est de bonne ou de mauvaise humeur, auquel cas tout est prétexte à gueuler.

    Il est temps que cela s'arrête avant que je ne m'y use à nouveau la santé. Avoir ressorti la boite d'antidépresseurs pour dissiper mon angoisse ces dernières semaines a été un signal d'alarme violent...

    Alors depuis quelques jours je suis à l'affût. Mon curriculum vitae est à jour. J'ai à nouveau une lettre de motivation toute prête. Aujourd'hui j'en ai envoyé quatre. 

    J'ai grand besoin de changement... Et vite.

    23 mai 2017

    Les fèves de mon papa

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    Quand j'étais petit, je passais beaucoup de temps avec mon père, que ce soit à regarder les revues de jardinage que je feuilletais le soir assis sur ses genoux, à faire du vélo le long du canal ; à apprendre à reconnaître des plantes et leur classification ésotérique ou encore à m'émerveiller avec lui en regardant la simple fleur de petits pois... D'ailleurs avez-vous déjà observé une fleur de petits pois ? Vous devriez, c'est très joli. Mon papa vous en parlerait pendant des heures.

    Parmi les choses qu'aime mon papa, il y a les fèves. Les fèves c'est un peu comme les petits pois : c'est très bon mais je connais peu de monde qui aime réellement ça et qui s'en régale dès qu'il peut. Mon papa, lui, il adore ça, et moi aussi. Je crois que c'est de famille car lorsque j'étais minot, avec mon grand-père, l'un de nos petits plaisirs était d'aller au jardin ramasser notre petit panier de fèves, de les dépiauter puis de les manger sans guère plus de façon à la croque-au-sel, sur un coin de table de la cuisine. C'était rudement chouette.

    Lorsque je suis passé chez mes parents vendredi soir pour les voir le temps du weekend, mon papa était tout fier de me montrer une poche en plastique remplie de fèves fraîches que l'on lui avait apportées. Et je le voyais aussi un petit peu désolé avec sa poche de fèves, parce que je sais que ma mère n'aime pas trop ça et qu'elle rechignait à les lui cuisiner.

    Alors le samedi matin, sur le coup de neuf heures et demi, après que nous avons pris un café ensemble, inspecté d'un rapide coup d'œil placards et frigo, je m'attablai avec lui afin de décortiquer les précieuses fèves. Et la cuisine s'emplit aussitôt de cette si particulière odeur verte des légumes frais. Face à face dans cette activité toute simple que je n'avais pas faite avec lui depuis des années, je le voyais déjà tout heureux à l'idée de manger des fèves à midi. Les premières de l'année. Et moi j'étais tout content de partager ce petit moment avec lui, comme on le faisait avant. Comme on ne l'avait pas fait depuis longtemps. Petit bonheur.

    Préparer des fèves n'est pas très compliqué. Il y a pour cela une recette absolument fantastique que je vous livre. Celle-là même que j'ai faite samedi midi. Il vous faut, pour 3 ou 4 personnes : des fèves ; quelques tomates bien mûres ; un bel oignon, ou deux si vous êtes gourmands ; une gousse d'ail ; un petit talon de jambon cru et son lard (important !) de la taille du poing, partagé en deux : une moitié sera laissée entière, l'autre sera détaillée en petits cubes ; un ou deux verres de vin blanc sec ; du sel et du poivre. 

    Dans une cocotte pas très haute, vous faites revenir une petite poignée du lard de jambon avec les oignons émincés. Lorsque cela aura bien coloré, vous ajoutez trois ou quatre belles tomates bien mûres coupées en dès un peu grossiers et que vous laisser compoter ensemble tout doucement en réduisant le feu, avec une gousse d'ail coupée fin fin fin. 

    Quelques minutes plus tard, vous ajoutez vos fèves. L'équivalent d'un très grand bol bien rempli. Enfin, c'est vous qui voyez combien vous avez faim... Nous on fait a bisto de nas comme on dit à Toulouse. Et puis surtout, vous ajoutez un joli verre d'un bon vin blanc sec que vous aimez boire et qui vous servira aussi à l'apéro, en grignotant un bout de baticol ou de cansalade. Ajoutez un verre d'eau et deux tours de moulin de poivre, parce que sinon c'est triste. Et c'est tout. Ne salez pas tout de suite : le talon de jambon s'en occupe pour vous.

    Mettez un petit feu sous votre cocotte et cuisez à couvert pendant une petite heure, en goûtant de temps en temps pour vérifier la cuisson, et en remuant tout délicatement pour ne pas transformer les fèves en purée. Si cela sèche, n'hésitez pas à ajouter un demi verre d'eau en cours de cuisson, ou du vin blanc si vous n'avez pas tout bu, et peut-être un peu de poivre. On poivre rarement assez du premier coup. Et si en goûtant vous sentez que ce sera trop salé, retirez la moitié de talon de jambon que vous avez laissée entière. Nous on a fait avec notre jambon fait maison, c'était parfait. Et on s'est régalés.

    Cette recette est toute simple. Elle ne vous prendra pas beaucoup de temps. Le plus long, ce sera d'écosser puis d'éplucher les fèves. Faites-le avec votre papa. Ou alors pensez à inviter le mien.

    15 mai 2017

    La photo du mois : Lumière(s)

    18 commentaires
    Bonjour à tous, nous sommes le 15 Mai et c'est l'heure de notre rendez-vous mensuel avec la photo du mois.

    Je vous rappelle le principe du jeu : chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Le thème de ce mois-ci a été choisi par Eurydice qui nous propose de plancher sur : Lumière(s) et nous donne les indications suivantes :
    "Pour le mois de mai, je propose le thème "Lumière(s)", à la fois pour saluer les beaux jours et pour revenir à l’étymologie du terme "photographie"."
    Ma photo s'est un peu imposée d'elle même en regardant mes derniers clichets. Il suffit de se promener le long des quais de la Daurade le soir pour être submergé par les lumières multicolores du Pont Neuf se réfléchissant dans la Garonne. 
    Ce thème est aussi pour moi l'occasion de mettre en lumière l'un des monuments les plus connus de Toulouse : le Pont Neuf, dont la première pierre fut posée le 8 janvier 1544. Interrompus en 1560 par les guerres de religion, les travaux furent achevés en 1632. Le pont fut inauguré par le roi Louis XIV en personne, le 19 octobre 1659. 

    Ayant résisté à toutes les crues de la Garonne, et notamment la grande inondation du 23 juin 1875 (qui fit 208 morts et plus de 1 200 maisons détruites) le Pont Neuf est aujourd'hui l'un des plus vieux de la ville.

    La photo du mois continue sur les blogs des autres participants : Akaieric, Alban, Alexinparis, Amartia, Angélique, Aude, Autour de Cia, BiGBuGS, Blogoth67, Brindille, Calamonique, Carole en Australie, Chat bleu, Chiffons and Co, Christophe, Cricriyom from Paris, CécileP, Céline in Paris, Danièle.B, DelphineF, E, El Padawan, Escribouillages, Eurydice, Evasion Conseil, François le Niçois, Frédéric, Gilsoub, J'habite à Waterford, Josette, Josiane, Julie, Kellya, KK-huète En Bretannie, Krn, La Fille de l'Air, La Suryquoise, La Tribu de Chacha, Lair_co, Lau* des montagnes, Laulinea, Laurent Nicolas, Lavandine, Lavandine83, Lilousoleil, Lyonelk, magda627, Magouille, Mamysoren, Mirovinben, Morgane Byloos Photography, Nanouk, Natpiment, Nicky, Pat, Paul Marguerite, Philae, Philisine Cave, Pichipichi Japon, Pilisi, Renepaulhenry, Sous mon arbre, Testinaute, Tuxana, Ventsetvoyages, Who cares?, Xoliv', écri'turbulente.

    12 mai 2017

    Du citron dans les pois chiches

    4 commentaires
    Bien que ma mère n'en prépare jamais et que je n'aie à leur égard aucun souvenir d'enfance particulier, j'ai toujours aimé les pois chiches. Je crois que c'est mon oncle d'Espagne, qui cuisinait assez peu mais excellemment bien, qui m'avait initié à ces légumineuses à la saveur si particulière. Lui en mangeait souvent, à toutes les sauces, de toutes les manières. Et je crois que la première fois que j'en ai mangé c'était dans un plat composé de poivrons, de tomates et de chorizo. Ou peut-être pas... 

    Ce qu'il y a de formidable avec cette petite légumineuse, c'est qu'elle se plie formidablement à toutes les situations culinaires, sans se réduire à un accompagnement de seconde zone dans le couscous, ni se limiter à du houmous aussi délicieux soit-il : avec du fromage blanc et un peu de coriandre fraîche, en salade avec des tomates bien mûres, ou tout juste avec un filet d'huile d'olive et un peu de sel, en soupe, dans un tajine... L'imagination est sans limite.  

    Je crois que j'ai réalisé toute la richesse du pois chiche la première fois que j'ai franchi le seuil d'un restaurant libanais, dont l'un d'entre eux se situe non loin de chez moi et dans lequel j'aime à m'arrêter, ne serait-ce que pour me rassasier la rétine sur les très (très !) jolis vendeurs garantis AOC qui se bousculent derrière les étals. Le genre de garçon au teint de cuivre, à la chevelure d'ébène et au sourire renversant, capable de provoquer une augmentation incontrôlable de la température en même temps qu'une fracture du nef optique. Une connaissance, à qui j'avais recommandé l'établissement, m'envoie d'ailleurs un message de gratitude à chaque fois qu'il s'y rend. Les inépuisables plaisirs de l'Orient que voulez-vous... 

    Pour en revenir à mes pois chiches, j'en avais acheté une petite boîte pour mon repas de ce vendredi midi. J'avais aussi acheté un citron vert, pour les en arroser, et du maquereau fumé au poivre, parce que c'est très bon, le maquereau fumé. Venue l'heure de la pause, je déballe dans le petit local qui nous sert de cuisine tout mon attirail culinaire sur un coin de table, rince mes pois chiches à l'eau claire puis, empoignant un demi-citron, les arrose de jus frais pressé à la main. Simple, rapide, efficace, délicieux.

    C'est alors qu'une collègue qui partageait le local cuisine avec moi, se mit à m'observer, incrédule, comme si j'étais en train d'autopsier la créature de Roswell. Sans comprendre pourquoi, je la voyais perdue, en pleine rupture du continuum espace-temps. Avec une authentique sincérité toute auréolée de la naïveté la plus prosaïque, elle ne tarda pas à me poser cette question que je crus sur le moment ne pas comprendre : 
    - Tu mets du citron sur tes pois chiches ? 
    Un peu déstabilisé par cette question qui me laissait, l'espace d'un instant, empli d'une insondable perplexitude - oui je mets bien présentement du jus de citron sur mes pois chiches - j'ai dû la regarder à mon tour aussi étrangement que si je l'avais vue tremper sa tartine de rillettes et cornichons dans un bol de café au lait ou si elle m'avait demandé de lui expliquer les équations de Scherrer.
    - Ben, oui... répondis-je. Tu les manges comment tes pois chiches ? 
    - Ha ben j'en mange pas souvent. Mais avec du citron je n'aurais jamais eu l'idée.
    Je n'en aurais jamais eu l'idée ?  Mais enfin, songeai-je pris de vertiges, c'est comme mettre du vinaigre dans sa salade : ce n'est pas une question d'idée, cela relève de la simple évidence... Je vous assure qu'à ce moment précis j'ai regardé mes pieds afin de vérifier que le sol n'était pas en train de se dérober.

    Et elle d'interpeller aussitôt une autre collègue qui passait par là pour lui montrer que je mangeais mes pois chiches froids avec du jus de citron (du jus de citron !) et de l'interroger sur ce sujet hautement intriguant : 
    - Tu savais toi qu'on pouvait mettre du citron sur les pois chiches ?
    J'aurais probablement été moins désarçonné si elle lui avait demandé la définition de la constante d'Avogadro.
    - Hé non, je ne savais pas... répondit l'autre visiblement étonnée par cette nouvelle.
    J'aurais probablement été moins désarçonné si elle lui avait répondu que la constante d'Avogadro est le nombre d’entités élémentaires contenues une mole de ces mêmes entités, la mole étant elle-même définie comme la quantité de matière d’un système contenant autant d’entités élémentaires qu’il y a d’atomes dans 0,012 Kg de carbone 12.

    Manger des pois chiches avec du jus de citron doit donc relever de l'exotisme le plus excentrique. Heureusement ne m'ont-elles encore jamais vu manger mon petit salé aux lentilles froid, à même la boîte.

    Laissons-leur un peu de temps, le traumatisme pourrait leur être fatal.