20 mai 2013

Cet autre moi

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Il m'en faut beaucoup pour me mettre en colère. Vraiment. Un nounours. C'est souvent comme cela qu'on me qualifie. Un nounours. Une bonne pâte. Un gentil garçon. C'est vrai. Je suis un gentil garçon, ou du moins j'essaie de l'être. Être un mec cool, tranquille et souriant, qui n'aime ni le conflit ni le stress et préfère la conciliation intelligente à des prises de becs stupides et improductives.

Attention, je ne suis pas pour autant dépourvu de quelques belles aspérités rugueuses qui, doublées d'une ou deux fêlures existentielles profondes, me confèrent un caractère assez trempé. En tout cas je ne suis pas ce que l'on pourrait appeler un méchant. Ça non.

En revanche je suis un peu comme une cocotte minute : quand ça explose, ça explose. Et gare à qui sera là pour subir le cataclysme. Aussi je fuis littéralement les situations de conflit. Là où le dialogue est impossible, là où l'intelligence a cédé le pas à l'aveuglement décérébré, je ne vais pas ou ne me lance pas dans la discussion. Pas la peine. Ça va m'énerver pour rien et mettre des heures avant que je ne reprenne mon calme.

Car tout au fond de moi dort une créature dont je redoute le réveil.  Je le sens en chacune de mes cellules. Il est là présent, tapi juste sous ma peau. Il voit par mes yeux, sent par mes narines, entend tout ce que j'entends, lit dans mes pensées et me souffle les siennes à l'oreille. Il me nargue, ombre noire sur mon chemin. Patiemment, il attend. Il attend son heure, épie la moindre de mes failles dans laquelle il pourrait s'engouffrer pour prendre possession de moi. Un monstre haineux, cupide, destructeur, vicieux, cruel, possessif, jaloux, doté d'une capacité de violence dont je crains de ne pas mesurer les limites. 

Décuplée par des années de pratique sportive dans laquelle nous trouvons lui et moi pleine satisfaction - lui grandit en s'exprimant dans la froideur de la fonte, moi je l'enserre par une étreinte fusionnelle de maîtrise accrue - sa force actuelle m'est inconnue. Dans un accès de fureur, passé le seuil de la perte totale de contrôle, je crois bien qu'il pourrait tuer de mes propres mains et y prendre un plaisir inouï. Ho oui...  Une toute puissance physique relevant de l'orgasme. La destruction faite jouissance.

J'ai toujours su qu'il était là, cet autre moi, depuis tout petit. Une bonne éducation et les nécessités du jeu social m'ont sûrement appris à le canaliser et à le maintenir, autant que possible, enchaîné tout au fond de mon être. 

Pour j'espère ne l'en jamais laisser totalement sortir. 

15 mai 2013

La Photo du Mois : " Eau "

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Nous sommes le 15 Mai, il est midi tapante, c'est le moment de notre rendez-vous habituel avec "La photo du mois !

Chaque 15 du mois, un groupe de blogueurs publie à midi heure de Paris, une photo en fonction d'un thème donné à l'avance.

Pour cette cinquième édition de l'année, le thème choisi par Magda627 est : « Eau ».

Thème facile pour un Toulousain car, dans la Ville Rose, de l'eau, il y en a partout. Entre la Garonne, le Canal du Midi, le Canal de Brienne, le Canal latéral à la Garonne, et les diverses fontaines qui ornent les rues, ce n'est pas le choix qui manque.

Pourtant, c'est de l'autre côté de l'océan et dans l'autre hémisphère que je suis allé chercher ma photo du mois.


Cette grosse bouilloire en fer blanc, lourde, un peu cabossée, au look délicieusement rétro, c'est celle de l'insupportable auberge de jeunesse dans laquelle j'avais passé mon premier mois en Argentine.

Mais c'est aussi la première bouilloire qui m'a servi à préparer le maté.

L'eau du maté...

Un rituel simple. Bien plus qu'une boisson, un art de vivre.
Et cela me manque un petit peu depuis mon retour. D'ailleurs l'autre soir, je me suis arrêté et suis entré dans une boutique bio qui vendait des tisanes, pour voir si, par hasard, ils avaient de la yerba maté.

Avant que je ne pose la question à la vieille vendeuse affairée à servir un autre client, mon attention fut tout de suite happée par une grosse boite en fer de couleur, avec une étiquette en papier collée dessus et cette inscription au feutre noir qui m'a ramené de l'autre côté de l'océan : Maté. 

J'en ai acheté un petit paquet, pour raviver chez moi ce rituel que je me suis un peu approprié et remettre en service mon maté et ma bombilla qui, pour l'instant, somnolent dans un placard de la cuisine.

Et même si je n'ai pas de belle bouilloire telle que celle que l'on voit sur cette photo, ce n'est pas grave, tant que s'élèvera chez moi cette odeur si particulière lorsque l'eau frémissante versée lentement se mêlant à l'herbe, révèle des arômes nacrés de souvenirs....

***
Allez donc voir les contributions des 130 autres participants à la Photo du Mois. Ca se passe par ici : A bowl of oranges, Agrippine, A'icha, Akaieric, Akromax, Alban, Alexinparis, Alice Wonderland, Angélique, Anne, Arwen, Ava, Bestofava, BiGBuGS, Blogoth67, Calamonique, Cara, Carnet d'escapades, Carnets d'images, Caro from London , Caro JulesetMoa, Carole In Australia, Caroline, Caterine, Cath la Cigale, Cathy, Cekoline, Céline in Paris, Champagne, Chat bleu, Cherrybee, Chloé, Christeav, Christelle, Christophe, Claire's Blog, Coco, Cocosophie, Cricriyom from Paris, Dame Skarlette, DelphineF, Djoul, Dr. CaSo, E, El Padawan, Emma, Eurydice, Fanfan Raccoon, Ferdy Pain D'épice , Filamots, flechebleu, François le Niçois, Frédéric, Galinette, Gilsoub, Giselle 43, Gizeh, Guillaume, Happy Us, Hibiscus, Homeos-tasie, Hypeandcie, Isa ToutSimplement, Isaquarel, J'adore j'adhère, Josiane, Julie, Karoll art, Karrijini, Kob, Krn, La Fille de l'Air, La Flaneuse, La Messine, La Nantaise, La Papotte, La Parigina, La voyageuse comtoise, Lau* des montagnes, Laulinea, Laure, Laurent Nicolas, Lavandine, L'Azimutée, Les bonheurs d'Anne & Alex, Les voyages de Lucy, Les voyages de Seth et Lise, Leviacarmina, LisaDeParis, Louiki, Louisianne, Lucile et Rod, Lyonelk, M, M.C.O, magda627, Mamysoren, Marmotte, Mclw, Meyilo, Mimireliton, Morgane Byloos Photography, N, Nicky, Nie, Ori, Petite Cuillère Charentaises, Photo Tuto, Pilisi, Raphaël, Renepaulhenry, scarolles-and-co , Sephiraph, Sinuaisons, Solveig, Stephane08, Testinaute, Thalie, The Mouse, The Parisienne, Thib, Tuxana, Un jour, une vie, Une niçoise, Violette, Viviane, Wolverine, Xavier Mohr, Xoliv', Zaza.

12 mai 2013

Frères ennemis

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Aussi loin que je me souvienne, on nous a toujours opposés. Moi l'intello, lui le manuel ; moi le gros toujours au régime, lui le sportif qui mangeait tout ce qu'il voulait ; moi le garçon d'intérieur qui passait ses journées à étudier, lui l'homme des bois toujours à l'extérieur avec ses copains ou à faire du sport. J'écoutais du Bach et du Chopin ? Lui inondait la maison de Nirvana et de Metallica. Je lisais, il détestait ça. J'avais de bonnes notes, il redoublait. Je faisais de grandes études, il partait en voie professionnelle. Il ressemblait au père, moi à la mère. J'étudiais la musique avec des professeurs,  il la travaillait à l'oreille...

Lui et moi, moi et lui. Mon frère et moi... Frères ennemis.

A vrai dire nous ne nous entendions pas vraiment. Je crois que chacun cherchait sa place l'un par rapport à l'autre, à l'affut d'une estime venant des adultes afin de nous légitimer dans notre rôle. Un rôle que nous nous écrivions au jour le jour et sur mesure, dans la discorde et la chamaillerie. Nos disputes étaient fréquentes et parfois violentes. Il faut dire que nous avons chacun un tempérament assez affirmé que nous mettions un point d'honneur à exacerber jusqu'à l'outrance.

Plus je contemple notre enfance commune et plus s'accroit ma conviction que nous nous construisions selon un subtil jeu de contrastes et d'oppositions, davantage par désir de se différencier et d'exister par soi-même, que par un choix parfaitement délibéré. La construction de soi trouve ses limites dès le commencement. Nos orientations sont le reflet d'éléments extérieurs que nous ne maîtrisons pas. Je ne sais si c'est bien ou mal, mais c'est ainsi.

Notre relation a commencé à se stabiliser un peu et à s'améliorer le jour où nous avons tous les deux quitté le cocon familial. Moi pour gagner la grande ville et entrer à l'université, lui pour un internat dans un lycée pro d'où il revenait chaque fin de semaine. Oui, je crois que c'est à partir de ce moment que nous nous sommes rapprochés, parce que nous nous voyons moins et que, malgré tout, nous avions des choses à nous dire.

A partir de cette année là, ce doit être en 1997 ou 1998, nous nous sommes un peu rapprochés et avons commencé à devenir davantage complices. Une complicité qui n'a depuis lors cessé de croître et dont je me surprends encore aujourd'hui à découvrir le potentiel inexploité.
 
Car, quoi que nos proches aient pu en dire, je ne suis pas certain que nous soyons en réalité tellement différents. Physiquement tout d'abord, nous sommes tous deux de grands gaillards taillés dans le granit, plus rugbymen que danseurs étoiles. Au-delà de ce premier aspect, nous partageons ce même sens de l'humour aigu penchant tout particulièrement vers l'humour (très) noir, ou encore l'attrait pour les bon mots qui nous vient de notre père. Lui comme moi aimons particulièrement la campagne, où nous avons grandi, et goûtons jusqu'à l'ivresse les plaisirs simples des petites choses qu'offre le quotidien dans un esprit grand gamin, tellement éloigné du sérieux qui nous habite professionnellement.

Enfin, même si nous ne partageons pas exactement le même univers, nous sommes tous les deux musiciens et la musique occupe dans nos vies une place vitale. Moi plutôt "classique", lui dans un tout autre genre. Il fait même partie d'un groupe formé avec ses potes d'enfance auxquels il est resté fidèle et qui le lui rendent bien.

Non, au fond nous ne somme pas si différents. Deux cœurs sensibles enracinés dans des valeurs communes déployées dans un imaginaire et un quotidien propres. Là réside notre identité.

Je me souviens, lorsqu'il est entré dans la vie active, ma mère était inquiète. Serait-il à la hauteur ? Serait-il suffisamment responsable et tenace ?  Quand j'y repense, et quand je vois ce qu'il est devenu aujourd'hui : un chef d'entreprise respecté et reconnu pour son travail, qui ne compte pas ses heures et se bat contre vents et marée avec une pugnacité incroyable. 

Oui, il a bien changé le frangin d'il y a vingt ans. 

En fait, non, il n'a pas changé, il est bien toujours le même, pour qui sait le regarder. Il a toujours ce caractère de cochon, têtu comme une mule, parfois soupe au lait, qui le rend parfois insupportable, y compris pour mes parents qui ne savent par quel bout le prendre. Il a fondé une jolie petite famille et m'a fait tonton du même coup, pour le plus grand bonheur de nos parents. Et il fait un papa formidable.

Il y a quelques semaines je suis allé le voir lors d'un concert Un petit groupe qui fait son chemin et qui a trouvé son public dans un microcosme qui m'est bien exotique. Ce n'était pas la première fois que je le voyais sur sur scène, j'avais déjà eu l'occasion voici quelques années d'assister à un autre concert, à leurs débuts. Cinq garçons de trente ans, bien dans leurs basquets, les pieds sur terre, la tête un peu dans les étoiles. Ils étaient tous là, et lui parmi eux, bien à sa place, donnant le change, dans un déluge de décibels exutoires.

Et ce soir-là, en pensant à tout le chemin qu'il avait parcouru depuis nos chamailleries d'antan, peut-être pour la première fois de ma vie, je me suis vraiment senti fier de lui.  

1 mai 2013

Joli joli mois de mai...

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J'ai toujours aimé le mois de mai. Ce mois qui - en principe - coïncide avec le retour des beaux jours et sait rendre si doux les après-midi de sieste dans l'herbe parsemée de pâquerettes, ce cinquième mois de l'année chargé de promesses et qui, tel le vent dans les jupes des filles - ou les gambettes affolantes de certains garçons - laisse entrevoir le désirable et donne un avant goût de ce que seront les ardeurs d'un été que l'on espère radieusement solaire.

Ha.... L'été ! Une saison bien particulière pour moi tant elle est riche en souvenirs olfactifs, en émotions terriennes. Il faudra que je prenne le temps d'écrire sur ce sujet un jour. Mais l'été venu porte déjà en germe, dans son silence noyé de lumière, les stigmates chamarré du flétrissement de l'automne, inexorable cycle des saisons, avant que tout ne recommence...

Oui, plus que le retour du printemps, ce sont les prémices de l'été qui constituent ma saison préférée. Plus encore que le Floréal républicain,encore trop frileux à mon goût, le Prairial, nettement plus affirmé. Car de la blancheur diaphane de l'aube rayonnante jusqu'aux derniers rougeoiements vespéraux, la nature enfin réveillée exulte, se répand en fleurs, en odeurs sucrées, en chants d'oiseaux. "La terre bienheureuse s’ouvre et s’épanouit ; Tout aime, tout jouit", pour citer Théophile Gautier.

Voici donc venu le joli mois de mai. Et ça me file carrément la banane...
Et vous ?

26 avr. 2013

A bientôt 35 ans, ou le blues du jeudi soir

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Ce sont toujours les mêmes démons qui reviennent, les mêmes questions qui me hantent, le même sentiment qui me tourmente jusqu'à l'épuisement. La même impression de piétinement, de stagnation, voire certains jours de régression. En tout cas de n'être pas aujourd'hui à ma place.

Et ce questionnement se fait chaque jour plus prégnant surtout lorsque je regarde le calendrier. Dans moins de deux mois j'aurais 35 ans.

Où en suis-je de ma vie ?

A bientôt 35 ans je n'ai toujours pas de situation professionnelle bien établie. De plus fort, ce que je fais actuellement ne me satisfait pas.

Le sentiment de perdre mon temps - évoqué en tête de ce billet - s'est encore accru aujourd'hui lorsque je me suis entendu dire, par quelqu'un que j'apprécie beaucoup et respecte infiniment, que je ne devrais pas me satisfaire d'une "petite carrière provinciale" et que j'aurais tout à gagner à aller à Paris. Je sais que cette personne dit cela pour mon bien, en contemplation de ses propres erreurs et qu'il n'y a aucune méchanceté  dans ces paroles.
J'avais déjà évoqué la possibilité de monter m'installer pour quelques temps à l'ombre de la Dame de Fer suite à une proposition inattendue. Pourtant,  si l'opportunité semble belle, est-ce bien ce dont j'ai envie au fond de moi ?
Cette question prend toute son acuité lorsque l'on considère que, voici quelques semaines j'ai décidé d'opérer un réajustement de cap en préparant un concours qui, si tout se passe bien, prendra effet au début de l'année 2015. Autrement dit, ce n'est ni certain, ni pour tout de suite. Je n'ai pas fini de m'interroger...

Corrélativement à ce premier volet, à bientôt 35 ans, je n'ai pas des revenus stables qui me permettent d'envisager sereinement mon avenir sans trop me poser de questions niveau portefeuille. C'est d'ailleurs une préoccupation régulière qui commence à me pourrir un peu la vie. Normalement cela devrait s'améliorer sensiblement dans les mois à venir. Certes, l'argent n'a jamais été mon moteur dans la vie. Gagner beaucoup d'argent ne m’intéresse pas directement. Être heureux, me sentir utile et m'épanouir dans ce que je fais m'importe beaucoup plus. Cela fait partie de mes rares certitudes. Toutefois, si l'argent ne fait pas le bonheur, force est d'admettre qu'il y contribue pour une petite partie. Être insouciant, c'est aussi être heureux.

Enfin, à bientôt 35 ans, je qualifierais ma vie sentimentale de désastre, quoique cela soit peut-être un poil excessif. Il est vrai que certaines étapes de mon existence n'ont pas aidé à construire grand chose de durable de côté là. Malgré une sortie du placard excessivement tardive, j'ai tout de même eu la chance - le bonheur ! - de tomber par deux fois vraiment amoureux et de vivre à chaque fois des instants inoubliables qui resteront pour toujours gravés dans mon cœur et ma mémoire. Aussi, lorsque je vois ici et là des couples heureux et beaux dans cet amour partagé, cela me rend tout à la fois heureux et profondément triste. Heureux pour eux. Triste pour moi.
Alors, il faut bien voir une chose : bouger à Paris, cela signifie - jolie lapalissade - quitter Toulouse et ce(ux) qui s'y trouve(nt). Quitter Toulouse pour Paris, cela voudrait aussi dire remettre en cause une hypothétique relation, si par extraordinaire il venait, d'ici là, à se passer quoi que ce soit à ce niveau. Et pour l'avoir déjà vécu, je sais qu'une relation à distance ne me correspond pas. Moi qui suis à la recherche d'un peu de stabilité, vous comprenez mon désarroi.

Voilà l'état de ma vie à bientôt 35 ans. Un vaste chantier dans lequel tout reste à finir.
Lorsque je pense que la plus part des gens de mon âge que je connais ont un boulot fixe depuis presque dix ans, sont mariés pour certains, ont des gosses pour d'autres... Par contraste, ça me file un peu la nausée. 

« La question n'est pas que va-t-il se passer ? mais : que feras-tu pour que cela arrive ? ».  

Encore une fois, toutes ces questions se résument en une seule. Et chaque fois me revient cette phrase que j'avais posée en conclusion du billet ouvrant l'année 2013.

"Après quoi cours-tu ?" m'avait même demandé un ami, suite à un de mes derniers billets. 
La réponse est assez simple : je cours après moi-même et cherche ma place dans une société où je ne me repère pas.

Et par élimination, je me trouve, peu à peu...

25 avr. 2013

Chronophages

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Vous vous ennuyez au boulot ? Vous bossez le 10 mai prochain alors que tout le service fera le pont ou sera en RTT ? Vous êtes seul chez vous sans savoir quoi faire ? Ou peut-être avez-vous tout simplement besoin de faire une petite pause pour vous changer les idées ? Ca tombe bien, voici un billet consacré aux meilleurs jeux chronophages que j'ai pu longuement tester et approuver ces derniers mois.

Prêts ?

On commence en douceur avec Mimou Escape qui vous fera perdre 5 minutes, tant il est facile. J'ai toutefois passé un joli petit moment. Le but est simple : aider un chat à s'évader de sa cage. Assez joli,  doté d'une bande son assez riche, drôle, Mimou Escape est idéal pour agrémenter une pause café au bureau...

Mimou Escape

Toujours en mode évasion mais nettement plus barré cette fois, voici Psychout.
Très simple à jouer car les flèches de votre clavier suffisent, Psychout vous rendra certainement fou. Normal : vous devez aider un psychopathe à s'évader de son asile en récupérant une clé qui ouvre la porte vers le niveau suivant. Attention, les règles élémentaires de la logique seront parfois mises au défi pour en venir à bout !

Psyschout

Dans ButtonX20 vous devez encore récupérer une clé pour ouvrir la porte de sortie. Avant cela, vous devrez désactiver le laser qui la rend inaccessible. A priori tout semble très simple. Aussi simple que son design très rétro. Les 21 niveaux de ButtonX20 vous démontreront rapidement le contraire ! 

Cela étant, rien de bien insurmontable car l'on vient au bout de ce petit jeu sympathique au bout de quelques bonnes dizaines de minutes.

ButtonX20

Dans une précédente édition, je vous avais parlé de Cursed Treasure. Hé bien voici la suite avec Cursed Treasure 2. Le principe n'a pas beaucoup varié depuis la première version : des tours, des hordes de vilains à pulvériser, un trésor à défendre, des up grades. 

Depuis la première version, les graphismes ont nettement été améliorés. La difficulté est au rendez-vous, avec pas mal de jolis challenges, notamment un mode "nuit" qui corse un peu plus la difficulté.

Indéniablement Cursed Treasure 2 fait partie de mes chronophages préférés de cette sélection et a de quoi vous tenir en haleine pendant de très nombreux après midi...

Cursed Treasure 2 

Simple, gore, efficace, assez drôle, assez dur et bougrement addictif,  Infectionator 2 vous charge de contaminer la planète et de transformer la population mondiale en zombies (oui, le zombie est très tendance ces années-ci).

Pour vous aider dans votre rude et longue tâche, vous pourrez augmenter la vitesse de vos zombies, leur pouvoir contaminant, leur résistance aux balles, acheter des grenades, ainsi que débloquer des zombies supplémentaires dotés de pouvoirs spéciaux. Certains m'ont beaucoup fait rire (on trouve notamment le zombie de Kim Jong Il - hu hu hu - ou celui de.... nan, je vous dis pas !).

Attention, commencer à jouer à  Infectionator 2 signifie ramener votre productivité journalière à un niveau proche du zéro absolu. Vous êtes prévenus !

Infectionator 2 

Heureusement les ponts du mois de mai approchent pour que vous ayez le temps de jouer à tout ça !

23 avr. 2013

On y est !

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On y est... Ce jour-là est arrivé.

Après d'âpres semaines de débats ponctuées de plusieurs manifestations, après des mois de déferlement de haine homophobe venue d'un autre temps, après que - dans le même temps - d'autres pays ont adopté le plus simplement du monde un texte ouvrant le mariage aux couples de même sexe, le projet de loi doit être adopté définitivement aujourd'hui par le Parlement, par un ultime vote de l’Assemblée.

Dans quelques heures, ce sera chose faite.
Ce mardi 23 avril 2013 sera une date historique.
Ce mardi 23 avril 2013, une page se tourne, pour de bon.

Non, cette loi ne bouleversera pas mon quotidien immédiat (il manque encore hélas un ingrédient essentiel à cela). Elle ne calmera pas non plus d'un coup de baguette magique les élans homophobes qui ont trouvé leur point culminant ces jours derniers. Et elle ne clouera pas non plus le bec à certaines personnes dont je ne citerai pas le nom et qui ont attisé le feu de la haine à s'en brûler les ailes. Mais elle changera tout pour les couples homosexuels qui pourront désormais jouir des mêmes droits que les couples hétérosexuels, et viendra consolider la situation de ceux et celles qui étaient condamnés jusqu'alors à vivre dans la précarité d'une situation à laquelle Marianne daignait tendre la main.

Ce soir à 19h30 aura lieu un grand rassemblement Place du Capitole à Toulouse. J'en serai, bien évidemment. Je ne voudrait manquer ça pour rien au monde.

Ce soir, partout en France, la fête sera belle et j'aurai le sourire aux lèvres. Et je serai fier de mon pays.

Ce soir, il ne manquera qu'un garçon que j'aimerais, pour nous embrasser plus fort que jamais...
Crédit photo : Dugudus


20 avr. 2013

Un peu de bonne humeur

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J'avais commencé à écrire un billet un peu introspectif que je n'ai pas réussi à terminer - et que je ne publierai pas tout de suite - sur des choses qui me sont arrivées cette semaine. Un billet où je racontais l'effet cocotte-minute, vous savez lorsque notre patience est mise à rude épreuve et qu'au bout d'un moment on entre en ébullition et que PAF ! on explose en dévastant tout sur son passage. Je n'aime guère me mettre dans de pareils états. Alors, plutôt que de casser la gueule à mon Big Boss et de faire la Une de la page faits divers de la Dépêche du Midi, j'ai préféré prendre une décision tout aussi radicale : démissionner ! Hop, on n'en parle plus, adios muchachos et surtout au revoir bande de raclure. C'était mardi.

Et depuis, tout va mieux. Je dors mieux. Je ne suis plus pris par une angoisse permanente tout au long de la journée, je n'ai plus les jambes tétanisées à force de contenir le stress et le flot de méchancetés continu que je devais encaisser quotidiennement. Je souris à nouveau. Mais surtout, depuis mardi, je dors, je dors, je dors... Mon corps me réclame ce sommeil qui lui faisait défaut. En un mois j'avais accumulé autant de stress qu'en une année entière. 

Depuis cette décision qui n'a pas été simple à prendre mais qui fut libératrice, tout va mieux. Vraiment mieux. C'est fou comme le boulot peu influer négativement sur notre vie. Cela me renvoie à des questions assez fondamentales quant à mes choix professionnels, sur ma façon de travailler et mes priorités. J'y pense depuis un petit moment, je commence à avoir très clairement certaines réponses : mon bien être avant tout, et me préserver de tout ce qui pourrait parasiter inutilement ma qualité de vie. Voilà ce qui, plus que l'argent, est essentiel pour moi. 

Dormir, récupérer, reprendre possession de mon quotidien, ne plus subir, et passer ma journée à dormir. Vous pensez, c'est le chat qui a été content ! Elle a pu se la couler douce avec moi tout au long de mes interminables grasses matinées et ronronner comme un tracteur avec son papa chéri (c'est moi !). Bon, l'autre nuit elle a été totalement insupportable car elle s'est mise à chasser un boule Quies sous le lit vers 4 heures du matin et ce jusqu'à ce que je pousse un hurlement d'apocalypse à dessoucher la forêt de Compiègne qui aura définitivement calmé ses instincts de prédateur pour la journée...

A propos de journée, celle d'aujourd'hui s'annonce splendide. Non seulement le soleil est de retour, il fait super beau, Toulouse est rayonnante,  mais en plus je vais passer ma journée à écouter et faire de la (très) belle musique avec un interprète magistral dont le talent n'a d'égal que la gentillesse. Et rien que d'y penser j'ai un patate d'enfer. 

Pendant ce temps le chat se livrera probablement à son activité favorite : faire bronzette sur la terrasse, à l'ombre du nouveau rosier que j'y ai installé. En ce moment même, elle est étendue de tout son long sur un banc en bois, juste face à mon bureau, étirée de tout son long dans un morceau de soleil. Elle semble tellement malheureuse que c'en est un déchirement... 

Bon week-end à tous.
Et un peu de bonne humeur ! 

15 avr. 2013

La Photo du Mois : "Du blanc et du noir..."

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Nous sommes le 15 avril, il est midi tapante, c'est le moment de notre rendez-vous habituel avec "La photo du mois !

Chaque 15 du mois, un groupe de blogueurs publie à midi heure de Paris, une photo en fonction d'un thème donné à l'avance.

Pour cette quatrième édition de l'année, c'est E. qui, du fin fond du Qatar (hé oui, la photo du mois, ça vient du monde entier !) nous propose le thème suivant : « Du blanc et du noir mais pas en Noir&Blanc ».
L'idée est de faire une photo avec du blanc et du noir dessus mais qui ne soit pas en noir et blanc. Vous suivez ?

J'ai beaucoup hésité pour ma photo d'avril. J'avais plusieurs options, dont une très belle prise l'été dernier à Lausanne avec Olivier, sur la route des vacances

Et puis, en faisant le tri de mes photos d'Argentine (à coup d'énormes bouffées de nostalgie que je soupçonnais pas pouvoir être si forte) je suis retombé sur cette photo, prise dans une très jolie lagune à quelques kilomètres de Esquel, au nord ouest de la Patagonie : un gros piaf, tout rigolo.


La photo a été prise d'assez loin ce qui explique sa qualité très moyenne.

Je ne sais absolument pas comment s'appelle ce drôle de piaf avec son œil cerclé blanc qui lui donne une mine réellement impayable. Sur le coup je l'ai appelé "noenoeil", mais je doute que ce soit son véritable nom.

Quelqu'un a une idée ?

Allez donc voir la contribution des 137 autres participants : A bowl of oranges, A&G, Agrippine, A'icha, Akaieric, Akromax, Alban, Alexinparis, Alice Wonderland, Angélique, Anita, Anne, Anne Laure T, Arwen, Ava, Berliniquais, Bestofava, Blogoth67, Calamonique, Cara, Carine, Carnet d'escapades, Carnets d'images, Caro from London , Caro JulesetMoa, Carole In Australia, Caroline, Caterine, Cath la Cigale, Cekoline, Céliano, Céline in Paris, Champagne, Chat bleu, Cherrybee, Chloé, Christeav, Christelle, Christophe, Cindy Chou, Claire's Blog, Coco, Cocosophie, Cook9addict, Cricriyom from Paris, Dame Skarlette, DelphineF, Djoul, Dr. CaSo, E, El Padawan, Eloclemence, Elodie, Emma, Eurydice, Fanfan Raccoon, Filamots, flechebleu, François le Niçois, Frédéric, Galinette, Gilsoub, Gizeh, Guillaume, Happy Us, Hibiscus, Homeos-tasie, Hypeandcie, Isa ToutSimplement, Isaquarel, J'adore j'adhère, Joséphine ose, Josiane, Julie, Juriste-in-the-city , Karrijini, Krn, La Fille de l'Air, La Flaneuse, La Messine, La Nantaise, La Papotte, La Parigina, La voyageuse comtoise, LaGodiche, Lau* des montagnes, Laulinea, Laure, Laurent Nicolas, Lauriane, Lavandine, L'Azimutée, Les bonheurs d'Anne & Alex, Les voyages de Lucy, Les voyages de Seth et Lise, Leviacarmina, LisaDeParis, Louiki, Louisianne, Lucile et Rod, Lyonelk, M, M.C.O, magda627, Mamysoren, Marmotte, Mclw, Meyilo, Mimireliton, N, Narayan, Nicky, Nie, Ori, Pilisi, Raphaël, Renepaulhenry, scarolles-and-co , Sephiraph, Sinuaisons, Skipi, Solveig, Sophie Rififi, Stephane08, Testinaute, Thalie, The Mouse, The Parisienne, Thib, Tuxana, Un jour, une vie et mon blog , Valérie, Violette, Viviane, Wolverine, Xavier Mohr, Xoliv'.

6 avr. 2013

Silence

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Au commencement était le Silence                    Le Silence
                                             
                               Rien que le Silence               Statique                             Vide

                                                                              Et le Silence était Roi               
    
Mais le Roi s'ennuyait


Une main qui se pose sur le clavier                                                    Elle est là
                      Des pages qui s'ouvrent                                                     Elle attend
                                 Chrysalide de traits noirs                                                    Elle est prête
                                              Sur du papier blanc
     
                                            
Dans la tête de celui qui s'apprête                                     Quelques harmonies
                Elle existe déjà                                              Une esquisse de mélodie 
                       Elle résonne                                      Délicate
                             Par petite bribes                  Voluptueuse 

Il n'y a plus qu'à ouvrir la cage 
La laisser s'envoler 
Et répandre sa lumière

Suivant l'allure mal assurée
                            Des mains qui tâtonnent
                                               Sur l'ivoire et l'ébène
                                                                       La nymphe s'élance                                    Son pas hésitant
                                                                              Un peu gauche                  Ses ailes encore engourdies
                                                                                            Fragile
                                                     
                                                                Elle tombe

                                                                                                            Le Silence triomphe

   Ne s'avouant pas vaincue                        
                                            Se relève
     
                     
   Une                                       Do majeur
          Deux                                          La mineur
                 Trois                                            Fa majeur                       Si bémol à la main gauche
                                   

Peu à peu les doigts                         Se font plus agiles                             Prennent confiance
                               Se délient                                         Plus véloces 
                                     
          Elle s'enfle                                        Domine le Silence Roi                        
                                              Grandit                                          Qui vibre
                                              Se déploie                                     Virevolte
                                             Avec majesté                                  Avec elle 
                                       
Il s'efface            
Elle l'étouffe                                                                 Mais voici déjà venue la dernière mesure
Ils ne font plus qu'un                                            
               
Les mains s'arrêtent
                    Les doigts se relèvent
                     
                    L'acier des cordes étouffe
                                                    Un dernier accord
   Qui s'éteint
                             Meurt

                                                                                                    Elle s'endort avec lui

                                                                                                                             Le Silence renaît 

Rassasié 
Et heureux