14 avril 2014

Le jour où j'ai rencontré mes beaux parents

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Que dire de plus que ce titre ? Je tourne et retourne la question dans tous les sens depuis l'autre jour sans y trouver de réponse adéquate. Tout est là : j'ai rencontré mes beaux-parents

Peu importent les circonstances, je dirai simplement que tout s'est bien passé. Et même très bien, ayant été gratifié d'une poignée de main et d'un rare sourire de beau-papa, réputé pour son caractère naturellement bougon, particulièrement exacerbé jusqu'à l'inhospitalité en présence d'étrangers. 

Curieusement, la perspective de faire connaissance avec la famille de mon chéri ne m'a causé aucune angoisse particulière. Lui était bien plus plus stressé que moi dans cette histoire, ce qui est un peu normal eu égard à notre tempérament respectif. J'étais au contraire profondément serein. 

Aujourd'hui pourtant une sensation bizarre m'envahit lorsque j'y pense : c'est la première fois que je suis amené assez loin dans une relation pour connaître ma belle-famille. Oui, la première fois. Cela pourra paraître ridicule à beaucoup, car au fond quoi de plus commun ? Mais d'un autre côté, quoi de moins anodin que de présenter la personne que l'on aime à ses parents ? Mutatis mutandis je sais que je serai probablement mort de trouille le jour où ce sera à mon tour de le présenter à eux.

Pour étrange qu'elle soit, cette sensation n'est pas désagréable, que l'on ne s'y méprenne pas. Elle me cause néanmoins un léger vertige, le genre de vertige que l'on peut éprouver lorsque, randonnant en montagne depuis quelques heures, une trouée dans les arbres permet d'apercevoir la plaine, offrant au marcheur un coup d'oeil spectaculaire sur la vallée et que s'échappe un "Wow !". Ce "Wow !" qui tout à la fois marque la beauté du paysage et témoigne de la considération du chemin parcouru depuis le départ, au pied du sentier.

Wow,
J'ai rencontré mes beaux-parents...

3 avril 2014

Plus c'est gros...

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... mieux ça passe.

Après avoir subi un hiver particulièrement rude de l'aveu même des Québécois les plus endurcis - nous avons encore eu une tempête de neige dimanche dernier ! - voici que commencent à poindre les premiers jours d'un véritable printemps. Enfin !

Vous pensez bien que face à un tel spectacle, ce n'est pas maintenant que j'irai travailler dans l'une des zones les plus hostiles, climatiquement parlant, de la planète. Non, vraiment, je vous assure, le froid pôlaire à congeler un orignal sur place les trois-quart de l'année, ce n'est pas pour moi.


Franchement, si joli que puisse être le Vanuantu, je ne me vois pas vraiment affronter de la neige jusqu'au mois de juin et une température moyenne de +15°C en été. Moi qui vient d'une région où le soleil est roi.

Et puis, Iqualut, dont le nom signifie « les poissons » en inuktitut, ça aurait pourtant dû vous mettre sur la piste...


Seriously...

Oui, voici poindre le joli printemps. Pouvoir sortir sans cass' de pwoêl (comprenez : chapeau en fourrure), ni gants ni écharpe est un luxe dont je savoure la volupté. Partout la glace hivernale fond goutte à goutte au soleil. Les rues bruissent du chant cristalin de mille filets argentés qui s'écoulent en fins ruisseaux serpentant entre les autos.

Même les écureuils sont sortis de leur cachette et commencent à galoper jovialement d'arbre en arbre, utilisant les câbles électriques pour enjamber les routes. Je ne me lasse pas de les observer ces petite bêbêtes.


Vivement que les arbres se couvrent enfin de bourgeons et de fleurs qui, paraît-il, rendent la ville de Montréal si agréable à la belle saison.


Oui, vivement !

31 mars 2014

Direction le Nunavut !

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Je ne vous ai pas beaucoup parlé boulot depuis que je suis arrivé au Canada et pour cause : j'attendais d'avoir toutes les cartes en main avant de le faire. Hé bien voici venu le moment ! Ca y est, c'est officiel, j'ai obtenu un poste (presque) définitif à Iqaluit, dans la province du Nunavut !


Pour vous situer, le Nunavut c'est là, bien, bien au Nord. Et Iqaluit se situe à l'Est (le petit point rouge). 


Qui dit Nord, dit climat rigoureux. Et le Nunavut ne fait pas dans la demi-mesure avec son climat arctique qui s'articule en deux saisons : l’été qui dure environ trois mois, et l’hiver qui dure environ 9 mois.

Ce balancement des saisons a pour origine un petit point de détail à ne pas négliger lorsque l'on se rend au Nunavut : il y a au moins six mois de noirceur et au moins quatre mois de clarté totale. Niveau température on ne rigole pas non plus : pendant l’année, les moyennes de température peuvent varier de -10°C à +18°C, en été, et de -50°C à -20°C en hiver..  Je ne sais pas encore comment je vais gérer... 


Heureusement l'hiver est aussi la meilleure saison pour explorer le territoire du Nunavut. En effet cette magnifique région offre mille attraits aux curieux intrépides : visiter le camp d'hiver Inuit, aller voir l'inuksuk, le monument de pierre situé sur le mont Fudgi (qui a servi pour les JO de Vancouver en 2010 !), faire du traîneau à chien, ou bien encore admirer des aurores boréales, le tout solidement vêtu, bien entendu !


Bon, pour le jardinage, le Nunavut c'est pas la destination idéale : le territoire est recouvert de pergélisol, c'est à dire que la terre ne se dégèle que sur une profondeur d'environ 15 à 30 centimètres durant l'été. Je crois pas que les renoncules et les jonquilles aiment vraiment. Hé oui, le Nunavut a le climat le plus froid au Canada.

Le Canada étant un pays bilingue, au Nunavut les langues officielles sont l’inuktitut (la langue traditionnelle des Inuits), l’anglais et biensûr le français. Toutefois, 80% de la population parle l’inuktitut contre 10% seulement qui est francophone. Heureusement, mon contrat ne stipule pas que je doive apprendre ou parler l'inuktitut !


Puisqu'on en est aux Inuits, leurs coutumes traditionnelles incluent encore aujourd'hui la chasse au phoque, le traîneau à chiens, les igloos comme lieu d’habitation, la fabrication artisanale de vêtements et outils. destinés à la chasse. De nos jours toutefois, la majorité des Inuits habitent dans des maisons et leurs vêtements ne sont plus uniquement en peau de phoque. Ils ont même accès à Internet et ont un téléphone portable.


Le Nunavut c'est aussi une vaste zone minière connue notamment pour ses mines de diamant à ciel ouvert et qui comptent parmi les plus grandes mines du monde. Comme je vous l'ai expliqué plus haut, en raison du sol gelé toute l'année, l'exploitation est rendue très complexe.


Quant à moi donc, me voici en train de faire mes bagages pour Iqaluit (ce qui signifie « les poissons » en inuktitut). la capitale du territoire du Nunavut, au sud-est de l'île de la Terre de Baffin, au bord de l'océan Arctique, dans la baie de Frobisher (souvenez-vous : le petit point rouge sur la carte).

Iqaluit est à la frontière des zones arctique et subarctique. C'est une ville en pleine expansion sociale et économique et ce malgré son climat de type toundra : la végétation y est peu présente. On y retrouve des lichens et mousses recouvrant le sol durant tout l'été en raison des hivers très longs et froids. En janvier, à Iqaluit, le mercure tombe occasionnellement en dessous des -35 degrés Celsius (-60 si l'on tient compte du facteur éolien issu des blizzards).

La ville, sans grand charme, compte environ 7500 âmes, des pubs, et quelques ours polaires.


Normalement la neige y est présente de début octobre jusqu'à début juin, mais jamais en grande quantité (très souvent moins de 5 cm). L'été y est court, frais et humide, les températures dépassant quelquefois les 15 degrés, normalement en juillet et août. On y a ainsi enregistré +25,8 °C le 28 juillet 2001, température qui constitue à ce jour le record de chaleur. Iqaluit est donc une ville très froide, surtout en raison de blizzards, principalement causés par l'absence d'arbres ou d'arbustes. Mais cela n'entrave nullement l'industrie piscicole, la principale activié économique de la région, qui emploie 40% de la population.


Rassurez-vous, je ne logerai pas dans un igloo ! L'entreprise pour laquelle j'ai signé met un logement de fonction à la disposition de ses salariés. Un superbe appartement à deux pas de mon futur lieu de travail en ce qui me concerne. Je dois dire c'est plutôt pas mal du tout et que le loyer qui n'est plus à verser vient copieusement arrondir les fins de mois. Normalement mon prochain chez-moi devrait ressembler à ceci. Sympa non ? Il devrait y avoir assez de place pour recevoir des amis.



Iqaluit comporte aussi un aéroport qui permet de la relier rapidement à un environnement plus civilisé en quelques coups d'hélice. Je devrais pouvoir rentrer très régulièrement à Montréal, et ce n'est pas pour me déplaire.

Une nouvelle aventure commence ! Je vous donnerai des nouvelles bientôt.

27 mars 2014

La caverne d'Ali-Baba

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Partir s'installer dans un autre pays que celui dans lequel on a (presque) toujours vécu, provoque inévitablement une phase plus ou moins douloureuse d'acculturation, ce processus d’apprentissage par lequel on reçoit la culture du groupe dans lequel on essaye de s'intégrer.

Le choc culturel en hiver est dabord d'ordre météorologico-climatique : le grand froid canadien n'est pas une légende ! Se promener par -16°C en plein après midi avec un léger blizzard qui fait descendre la température ressentie à -22°C relève des choses qu'il faut très rapidement affronter. Ici en hiver, la priorité number one est de ne pas avoir froid. Être beaux, élégants et distingués est une préoccupation mineure.

Le second choc culturel passe également, au Québec, par le vocabulaire qu'il convient de se réapproprier ou, du moins, pour lequel il faut procéder à de menus ajustements terminologiques. J'y reviendrai bientôt dans un troisième chapitre de mon Petit lexique Franco-Québécois à l'usage des débutants

Mais l'acculturation passe aussi par une foultitude de petits détails qui font que ici ce n'est pas comme chez-nous. Je veux parler de certains réflexes et comportements du quotidien qu'il faut entièrement réadapter. 

Un exemple parmi tant d'autres : l'autre jour j'avais besoin de m'acheter un cahier à spirales, du papier machine et un classeur. Rien de bien exceptionnel. Normalement, en France, le réflexe de base est de se rendre à la papèterie la plus proche, ou bien d'aller au rayon papèterie de la grande surface du coin, ou encore, de manière très classique, de faire ses achats dans une maison de la presse. Normal non ?

Ici, non...

Ici lorsque l'on veut acheter un cahier à spirales, du papier machine et un classeur, inutile de chercher une papèterie, on vous regardera comme un animal bizarre qui s'exprime avec un vocabulaire étrange. On a vu être condamnés à l'écartèlement - attachés entre deux gnous - pour moins que ça... Ici, lorsque l'on veut acheter un cahier à spirales, du papier machine et un classeur, on va dans une pharmacie. Hé oui ma brave dame. C'est logique.

Mais ce n'est pas tout. Imaginons que vous ayez soudainement un petit creux et que vous vouliez vous procurer de quoi vous sustenter. Un petit sandwich par exemple, et pourquoi pas accompagné d'un soda bien glacé ? Le réflexe de tout Français normalement constitué est de se rendre dans la première boulangerie - sandwicherie dont nos rues sont ponctuées et d'y acheter ce que notre bon-vouloir nous dictera. C'est il me semble une attitude saine et raisonnable.

Ici, non...

Ici, lorsque, brutalement, on a un petit creux, on peut certes aller dans n'importe lequel des néfastes-food qui pulullent le long des rues canadiennes et se vautrer dans du hamburger bien gras à s'en faire pêter les artères ou se goinfrer de poutine jusqu'à ce que mort s'en suive. Mais l'on peut aussi avoir le réflexe d'entrer dans... une pharmacie. Effectivement, toute pharmacie digne de ce nom dispose de rayons bouffe mettant à votre disposition des sandwiches sous vide, des barres de céréales, des boissons froides et chaudes, des bonbons, et parfois même une armoire à surgelés. Hé oui, ici, c'est logique...

Un troisième exemple : pour un motif quelconque, vous avez besoin de faire des photocopies. Bon, là si vous êtes étudiant vous savez qu'à proximité des facs vous trouverez une foultitude de baraques à stocopies à 2 centimes. Sinon vous subodorez qu'une maison de la presse ou une papèterie digne de ce nom vous donnera toute satisfaction. Encore une fois ce sont des réflexes basiques chez nous.

Ici, non...

Ici, lorsque vous avez besoin de faire des photocopies, LE bon réflexe c'est d'aller à la pharmacie... Hé oui. ici c'est logique.

Un quatrième exemple pour la route ? Oui ? Allez... Bon, imaginons que vous ayez lu entièrement trois fois votre dernier Bimba, fait tous les tests psycho de Pouf-Magazine (numéro spécial Pute ou princesse : Quelle dépravée êtes-vous ?), et que vous vous ennuyez fermement de ne plus rien avoir à lire. En France vous vous rendriez illico presto chez votre marchand de presse le plus proche pour remédier à cette vague de néant qui assombrit votre morne existence.

Ici, non.

Ici, pour vous procurer le nouveau Paillettes Magazine (avec une photo dédicacée de Justin Martins et la dernière interview de Dady Gogo à l'intérieur), LA solution de bon sens est encore une fois... la pharmacie.

Vous l'aurez compris, au Québec, la pharmacie c'est un peu la caverne d'Ali-Baba. On y trouve à peu près tout ce que l'on peut vouloir : bouffe, boissons, matériel de bureau, revues, maquillage, produits détergents, oeufs en chocolats pour Pâques, outillage de métallurgie lourde, césium 137 en barre... tout !

Il paraît même que l'on peut y acheter des médicaments. 
Enfin, je crois...

22 mars 2014

Mousse au sirop d'érable

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Préparée avec amour hier matin, sauvagement dévorée hier soir, voici la fameuse recette de la mousse au sirop d'érable qui a fait saliver une partie de mes twittos.

Mousse au sirop d'érable

Prévue pour 8 personnes, je conseille la recette pour 6, ou alors 8 petits mangeurs.


Timing : 

Entre le temps de préparation et d'attente, compter une petite heure aux fourneaux. 
Comme toutes les mousses, elle se prépare à l'avance, idéalement le matin pour le soir. Compter au moins 3 heures au frigo.

Ingrédients :
  • 1,8 grammes de gélatine 
  • 30 ml d'eau (soit 2 c. à soupe)
  • 310 ml de sirop d'érable
  • 435 ml de crème fraîche liquide entière, répartie en trois : 180 ml, 130 ml et 125 ml (important).
  • 2 oeufs (séparer les blancs et les jaunes)
  • 30 ml de sucre en poudre (soit 2 c. à soupe)
  • sucre ou sirop d'érable pour la décoration.

Préparation :

1/ Dans un bol, préparer la gélatine avec les 30 ml d'eau froide. Laisser gonfler 5 minutes.
NB : Au Québec la gélatine est vendue en poudre et en sachet de 1,8g. On la prépare avant de l'incorporer aux aliments en la faisant gonfler dans de l'eau. Il faudra adapter cette étape en conséquence si vous utilisez de la gélatine en feuille.
2/ Dans une casserole, mélanger le sirop d'érable, les 2 jaunes d'oeuf et 180 ml de crème fraîche avec un fouet. Mettre sur feu moyen et remuer doucement jusqu'à atteindre une température de 80°C. Ajouter ensuite la gélatine et bien mélanger jusqu'à complète dilution.
NB : Si vous n'avez pas de thermomètre de cuisine, on peut aussi procéder au bain-marie. L'important est que les jaunes ne coagulent pas.
3/ Sortir du feu et laisser refroidir jusqu'à ce que la préparation commence à prendre, soit environ 40 minutes.

4/ Une fois la préparation refroidie, monter à part les blanc d'oeufs en neige ferme avec le sucre en poudre. Avec les 125 ml de crème restants, monter une chantilly (pas besoin d'ajouter du sucre !).

5/ Incorporer délicatement les oeufs en neige et la chantilly à la préparation à l'érable.
NB : Personnellement, comme ma crème était plutôt très ferme, je l'ai fouettée quelques secondes avec un batteur électrique pour lui redonner un consistance plus fluide. Le résultat final était impécable.
6/ Dresser la mousse dans des coupes individuelles et réfrigérer au moins 3 heures avant de servir.

7/ Au dernier moment, monter les 125 ml de crème restant avec un peu de sucre en chantilly légère et en disposer 2 cuillèrées généreuses sur chacune des coupes. Décorer ensuite selon votre inspiration, peut-être le plus simplement du monde avec quelques filets de sirop d'érable.

Attention ce truc est une véritable tuerie !

Vous m'excuserez pour l'absence de photo : on a tout mangé hier soir...

15 mars 2014

La pièce manquante du puzzle

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Cela ne m'avait jamais véritablement dérangé jusqu'à présent. Un détail probablement superflu et vraisemblablement dénué de toute importance : je ne sais pas comment mes parents se sont rencontrés. 

Je ne m'étais jamais rendu compte que je l'ignorais pour la simple raison que je ne m'étais jamais pleinement posé la question. Je veux dire jusqu'à aujourd'hui, où ma vie est en train de profondément changer et où je m'interroge sur ma propre existence et mes choix de vie.

Pour être exact, le sujet a fait irruption dans une conversation avec ma cousine voici plusieurs années, je ne sais plus exactement quand ni précisemment à quelle occasion. Et pourtant je me rappelle très disctinctement du son de sa voix et de son intonnation. Probablement parce que je me la suis répétée un nombre incalculable de fois, cette question :
- Et toi, tes parents, ils se sont rencontrés comment ?
- Je sais pas...
- Ha ...? Il ne t'ont jamais raconté ?
Non. Jamais. Ils ne m'ont jamais raconté, ni à moi ni à mon frère. 

Pourtant je ne puis pas dire que je ne sais rien de mes parents et de notre histoire familiale, bien au contraire. Mon père est né à Toulouse, ma mère dans l'Est de la France, et c'est là qu'ils se sont rencontrés, alors que mon père faisait son service militaire. Ma mère était vendeuse dans un magasin de sport d'une ville voisine de la caserne. 

Lorsqu'elle est venue vivre à Toulouse pour rejoindre celui qui allait devenir papa Tambour Major, maman Tambour Major a d'abord habité un petit appartement du centre-ville, à deux pas de la place du Capitole. Je ne saurais plu dire avec une absolue certitude de quel immeuble il s'agit mais elle aimait à m'en motrer les fenêtres lorsque nous passions devant quand j'étais plus jeune et que nous allions passer une après-midi en ville. Une fois installée, elle a travaillé quelques temps comme chauffeur d'ambulance pour la Croix Rouge, alors basée rue d'Astorg. Quelques photos jaunies dans un vieil album témoignent encore de cette époque.

Mais comment se sont-ils rencontrés ? Où ? À quelle occasion ? Était-ce dans un bar, une fête foraine ou que sais-je encore ? Se sont-ils plu tout de suite ? Comment ma mère a-t-elle finalement décidé de venir vivre à Toulouse ? Au bout de combien  de temps ? Comment l'a-t-elle annoncé à sa famille et mon père à la sienne ? 

Il est vrai que je ne leur ai non-plus jamais ouvertement posé la question et que par l'effet d'une sorte de pudeur contagieuse, l'on parle peu de soi chez les Tambour Major. Le monde de l'intime et des sentiments personnels est tabou. C'en est parfois dérangeant.

À bien y penser je trouve ce silence totalement incompréhensible car je connais au contraire parfaitement l'histoire de mes tantes : l'histoire d'un bal dans un village voisin pour l'une ; des vacances en Espagne pour l'autre. Mais de tout cela mes parents n'ont jamais parlé ni en privé, ni en public, pas même lors des repas de famille lors desquels pourtant chacun se raconte tour à tour par fragments.

Une pièce qui manque à mon puzzle familial.

10 mars 2014

Jell-O

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Quel meilleur moyen pour aller à la recontre d'un pays que de goûter à sa cuisine ? Partager le repas demeure depuis la nuit des temps l'un des actes sociaux les plus essentiels aux fondements du clan et à l'enracinnement identitaire. 

C'est sur le sentier d'une excurstion culinaire au coeur de la gastronomie québecoise que je vous invite aujourd'hui avec  l'une de ses plus grande spécialités : le Jell-O (non, rien à voir avec Jenifer Lopez, si ce n'est peut-être la texture de sa généreuse poitrine).

Des couleurs chamarées pour une symphonie de saveurs !

Recette ancestrale dont les secrets se transmettent de mère en fille, jalousé de Vancouver au fin fond de la Gaspésie, le Jell-O est probablement l'un des mets les plus caractéristiques du Québec. Aussi mythique que la bouillabaisse à Marseille, la poularde de Bresse en demi-deuil de la Mère Filloux, ou le cassoulet de Toulouse (le seul, le vrai), préparer un Jell-O fait partie de tout ce qu'une bonne mère de famille doit savoir préparer dans le silence métalique de ses fourneaux et le tintinabulement de ses reluisants chaudrons de cuivre. 

Mets digne d'un roi, uniquement à base d'ingrédients 100% naturels gorgés de vitamines, l'élaboration du Jell-O suppose rigueur formelle, concentration absolue et précision du geste. C'est tout un art de préparer un bon Jell-O. Aussi, en exclusivité, je lève le voile sur l'un des secrets les mieux gardés depuis la mort de Elvis et les événements de  Roswell : voici la recette du Jell-O !

Jell-O
(pour 4 personnes)

Difficulté : ********   Prix : ********* Temps : *******************

Il existe en réalité non pas une, mais deux catégories de Jell-O : la première se fait avec de l'eau et produit une subsance commestible aux couleurs chatoyantes dont la texture est à situer quelque part entre la prothèse mamaire et la méduse ménopausée ; la seconde nécessite du lait frais et donne un genre de ragougnasse visqueuse que l'on nomme pudiquement ici pudding. Les pionniers s'en servaient aussi pour embaumer les castors. C'est de cette deuxième recette dont il sera question dans les lignes suivantes. 

Donc, pour faire un bon Jell-O, munissez-vous des ingrédients et ustensiles décrits du le côté de l'emballage :
- Un paquet de Jell-O du parfum de votre choix (au prix exorbitant de même pas 1$)
- Deux tasses de lait frais grand cru de Nouveau Brunswick,
- Un batteur mélangeur afin de pétrir la masse avec délicatesse et énergie,
- Un petit saladier ménager commun,
- Des ramequins en porcelaine fine,
- Une louche en argent,
- De la gravité (afin d'éviter que le lait ne s'envole et qu'il faille courir après dans les airs).
Vous la voyez venir la technicité ?

Ouvez délicatement le paquet de carton d'emballage. Extrayez élégamment le sachet en papier et versez-en le précieux contenu dans le saladier. Vous l'ignorez mais vous venez d'accomplir le premier tiers de la recette.

Mais puisqu'on vous dit que c'est 100% naturel ... !

Ajoutez ensuite la dose de lait prescrite par le fabriquant. Dans le cas présent, deux tasses.

Versez-le avec délicatesse et précaution afin de ne pas atteindre la masse critique.

Si des fumeroles phosphorescentes se dégagent, noyez le tout dans l'azote liquide, coffrez avec des plaques de plomb et attendez deux ou trois mille ans.

Notez qu'ici on mesure en tasse, demi-tasse, en cuillère, en pelletée, ou en sabot de gnou.  

Sitôt le lait versé sur la mouture, mélangez d'abord avec une fourchette jusqu'à dissolution complète, puis agitez avec un batteur. 

Mélangez gentiment et point trop vite jusqu'à l'obtention d'une pâte homogène et lisse.

Un malaxage lent donnera à votre Jell-O (et c'est là tout le secret, alors chûûûûût !) une texture gélatineuse et finement aérée, gage de votre succès auprès de vos invités.

Trois secondes plus tard, miracle de la chimie industrielle culinaire : TADAAAAM ! 

À présent, saisissez-vous de votre louche et remplissez à part égale quatre ramequins de ce merveilleux pudding à la vanille. 

Bravo ! Vous êtes un fier cuisinier.

Placez le tout au réfrigérateur et attendez au mois quatre mimutes avant de vous précipiter pour gorger votre corps de calories superflues.

Vous pouvez décorer selon votre fantaisie.

Suggestion de présentation fantaisite n°63. C'est beau hein ? 

Mais au moins, est-ce que c'est bon ? vous demandez-vous...

Hé bien oui ! C'est même assez bluffant... À vrai dire c'est en passe de devenir l'un de mes desserts québéquois préférés.

Et si l'on considère la chose avec un quart de sabot de gnou de bon sens, vous noterez que la version Jell-O à base d'eau (la méduse !) dans sa formule light, comporte seulement 10 Kcalories par portion (voire 5 pour les plus light d'entre elles), ce qui peut faire du Jell-O un excellent en-cas pour les petites faims. Pensez-y !

Attention celui au lait est certes sans matière grasse ajoutée mais contient du vrai sucre, ce qui mutliplie les calories par 7 voire 8 pour certains parfums. Votre Jell-O se met alors directement sur vos fesses, bide et hanches...

Pour en revenir aux saveux, il y en a vraiment pour tous les goûts : raisin, citron, citron vert, orange, cerise, framboise, fraise, caniche, pudding au caramel, au chocolat, au chocolat blanc, à la vanille... Je n'ai pas encore fait le tour de la question ! Et puis il y a plein de variantes possibles, comme noyer des fruits frais (des mûres, des bleuets....) dans du Jell-O. C'est vraiment très fun, gourmand et croquant.

Alors bon appétit !

7 mars 2014

Petit lexique Franco-Québécois à l'usage des débutants - Chapitre 2

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Dans un premier chapitre je vous avais introduit à certaines subtilités du parler-vrai québécois à travers quelques notions de vocabulaire typiques d'ici.

Aujourd'hui je vous propose d'explorer plus avant la culture québécoise à travers un élément absolument indispensable à quiconque désire comprendre et se faire comprendre dans la Belle Province : les jurons.

Au Québec on ne jure pas, on sacre... En effet les principaux jurons reposent en grande partie sur un détournement éhontément jubilatoire du vocabulaire liturgique. Le résultat est assez musclé, comme vous pourrez en juger tantôt.

Commençons par choisir un mot innocent et au dessus de tout soupçon, tel que calice. Plaçons un accent circonflexe sur le "a" et remplaçons le "c" par deux "s". Nous obtenons à présent l'interjection Câlisse (prononcer [kôlisse], avec un "a" très ouvert). Câlisse est l'une des interjections de base à connaître absolument.
Exemple : Câlisse ! On se les gèle à soir...
Traduction : Sacrebleu ! Que n'ai-je point doublé mes bas de soie pour aller à vêpres...
Dans ce contexte, Câlisse est synonyme de l'incontournable Tabarnak dont la renommée dépasse largement les contrées du drapeau fleurdelisé

On ne dit pas Tabarnak à la légère. Il faut y mettre de l'intensité, beaucoup d'énergie et surtout être animé d'une incandescente conviction. Un Tabarnak c'est un cri rauque qui vient des trippes et frappe au visage comme la morsure d'un ours au sortir de l'hiver.

Un Tabarnak suit une vocalité particulière : on articule bien chaque syllabe en prenant soin d'accentuer la première et la dernière : [Ta - bar - nak !] sinon, c'est un peu n'importe quoi.     
Exemple : "Tabarnak ! Six piasses pour c't'ostie d'café ?"
Traduction : "Jarnibleu ! Deux écus pour cet infect breuvage ?"
On peut aussi faire un Tabarnak bref qui marque l'exaspération. Beaucoup plus serré, il sera prononcé avec la fulgurance d'un orignal au galop.
Exemple : Là, là, tabarnak tu vas arrêter !
Traduction : Anémone, il suffit !
Bien moins musclé mais tout aussi populaire, on peut lui subsituer un Criss, dont on fera soigneusement siffler les "s", ou un judicieux Ostie aux accents gracieusement blasphématoires.
Et si le coeur vous en dit, laissez libre cours à votre inspiration en ponctuant votre diatribe de l'un quelconque de leurs nombreux cousins tels que Ciboire, Sacrament (sic), Baptême (et sa variante adoucie Baptêche ou Baptince), Étole, Saint-Chrême et d'autres encore. Attention, ils se placent surtout en début de phrase.
Exemple : "Criss que Didier est con !"
Traduction : "Pauvre Édouard-Martial..."
Exemple : "Ostie qu'c'est moche c'qui t'arrive !"
Traduction : "Diantre que votre mésaventure est fâcheuse..."
À noter que baptême, étole et saint-chrème sont tout de même un poil vieillots et guère plus employés que par une population d'un certain âge. Certains même pervertissent la châsuble (prononcer "châsub") au service d'une expression populaire de basse extraction...

Pour approfondir un peu l'usage de Criss et de Tabarnak, sachez qu'ils peuvent aussi s'employer précédés de la préposition "en" : en criss, en tabarnak (parfois travesti sous la forme adoucie de en tabernouche). Ils prennent alors le sens de "très", "beaucoup", "en masse" pour rester couleur locale.
Exemple : "J'ai bu en criss / en tabarnak à soir..."
Traduction : "Charle-Henri, je suis complètement pompette..."
Toujours dans la même veine, Criss peut aussi se rencontrer sous la forme adverbiale Crissement que l'on peut également traduire par "beaucoup".
Exemple : Tu me fais crissement chier à matin, tabarnak !
Traduction : Calixte, vous êtes profondément désobligeante de bon matin. 
À propos de l'expression en criss, l'on prêtera attention à bien distinguer l'interjection sous la forme que nous venons de voir et sa fonction d'épithète lorsque précédé de l'auxiliaire être. En effet, être en criss signifie grosso-modo être très énervé, voire fâché contre quelquechose ou quelqu'un.
Exemple : "Câlisse, j'ai crissement perdu mon temps à cause de l'autre ostie de cave. Je suis en criss maintenant."
Traduction : "Morbleu, ce nigaud d'Antoine-Marie m'a fait perdre un temps précieux. Me voici tout courroucé."
Voilà pour l'essentiel les principales interjections couillues à tendance grassement velue usitées au Québec. Comme en France, il est bien entendu possible de les combiner pour donner un peu plus d'ascendance à son discours.
Exemple : "Câlisse d'hostie d'ciboire, vas-tu me crisser patience ?"
Traduction : "Jésus Marie Joseph venez à mon aide, je défaille !"
Bien, maintenant que vous maîtrisez les jurons sous leur forme d'invective, nous allons voir leurs dérivés sous forme verbale. En effet, certaines de ces expressions sont protéiformes, ce qui enrichit d'autant la palette du vocabulaire. 

Tout d'abord Câlisse peut devenir le redoutable verbe Câlisser, que l'on peut traduite par "mettre", "jeter", "foutre".
Exemple : "Câlisse-moi ça aux vidanges."
Traduction : "Alfonsine, vous voudrez bien nous débarasser de cet immondice ?"
Câlisser pourra être remplacé à loisir par Crisser, qui a exactement la même signification.
Exemple : Crisse ton camps espèce d'hostie d'tabarnak !
Traduction : Déguerpissez donc, hé, fieffé chenapan !
Quoique ce ne soit pas un sacre à proprement parler, on peut aussi rencontrer le verbe Garocher, de sens voisin mais qui prend davantage le sens de "lancer".
Exemple : Ostie si tu continues j'vais t'garocher mon verre par la tête...
Traduction : Monseigneur je vous conjure de bien vouloir cesser sur le champ, sinon vous aurez à en découdre...
Vous voici désormais armés pour affronter le bon-parler québéquois dans ses plus fines subtilités. À vous maintenant de les faire votres et de laisser travailler votre imagination créatrice.
Contrairement à ce que l'on pourrait de prime abord penser, sacrer n'est pas l'apanage des parangons de la vulgarité, loin s'en faut. Un bon Tabarnak ! bien senti, et surtout bien placé, cela fait drôlement de bien.
« Le premier homme à jeter une insulte plutôt qu’une pierre est le fondateur de la civilisation » écrivait Freud. Qu’on se le dise, ostie d'tabarnak !

4 mars 2014

Retour aux sources

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Parce que ce nouveau chez-moi virtuel n'a jamais exactement suscité autant l'envie d'écrire qu'ici ;

Parce que, en dépit de mes tentatives, je n'ai jamais réussi à vraiment trouver mes marques là-bas ;

Parce que je me suis rendu compte qu'en réalité je n'avais pas envie d'écrire autre chose là-bas que ce que j'avais envie d'écrire ici ;

Parce qu'ici sont mes souvenirs de 7 années de blogueur, et que l'on n'éfface pas un pareil vécu d'un clic de souris ;

Parce qu'au fond, ici, je me sens vraiment chez moi et que cet espace, avec tout ce qu'il traîne derrière lui, m'identifie complètement et, réciproquement, je m'identifie parfaitement à lui ;

Parce que... je suis une grosse princesse un peu capricieuse aussi qui ne sait pas toujours exactement ce qu'elle veut !

I'm back.

7 février 2014

Petit lexique Franco-Québécois à l'usage des débutants - Chapitre 1

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Arriver dans un nouveau pays signifie corrélativement devoir s'adapter aux lois, coutumes et traditions de celui-ci. Parmi les multiples vecteurs d'adaptation, la langue est certainement l'un des plus importants.

Croire qu'arriver au Québec c'est débarquer dans un pays où tout le monde parle le français de chez nous est une grave erreur. Au Québec on parle certes le français, mais l'on parle avant tout le québécois. La différence est la même qu'entre l'anglais d'Angleterre et l'anglais US ou encore entre l'espagnol d'Espagne et l'espagnol d'Amérique Latine.

Cette différence s'exprime tout d'abord par son accent que certains trouveront charmant alors que d'autres le trouveront ridicule. Tous les goûts sont dans la nature.

Toutefois la manifestation la plus sensible de cette différence se trouve certainement au niveau du vocabulaire. Certaines tournures de phrases peuvent prêter à confusion, voire susciter l'incompréhension.

Ainsi on m'a dévisagé avec des yeux de merlan fri lorsque, me proposant de mettre la table, j'ai demandé où étaient rangés les couverts. Les couverts ? Kôliss c'est quoi c't'afaire ? Ici on ne dit pas couvert mais... ustensiles.

Il faut aussi prendre garde aux faux-amis. Messieurs, ne vous offusquez pas si l'on vous propose ou si l'on vous demande si vous avez bien mis des bas chauds. Les Québécois n'ont pas pour habitude de porter les vêtements de leur mère ni de se déguiser en créature hybride le soir venu pour aller déambuler dans le Village. Non. Des bas ce sont des chaussettes, quelle qu'en soit la longueur.

Toujours en ce qui concerne les pieds, les chaussures seront avantageusement remplacées par des souliers, et les tennis par des espadrilles. Ne soyez donc pas vexé si l'on complimente votre nouvelle paire de chaussures de sport à 200 dollars en les traitant d'espadrilles...

Sachez aussi que lorsqu'une chaussure dépasse la hauteur stricte du bas de la cheville, alors la chaussure devient une botte. Oubliez les bottines, ce mot est inusité ici.

Dans un autre registre, un toutou désigne non pas un toutou, mais une peluche. Si vous caressez le caniche de la voisine, c'est alors un pitou
Un pitou en toutou désigne donc, pour nous autres, un toutou en peluche. Vous suivez toujours ?

Et si vous sortez dehors par un grand froid, ne mettez pas votre écharpe mais votre foulard. Laissez vos mouffles dans le tiroir mais prenez vos mitaines. Et bien sûr vous troquerez votre bon vieux bonnet contre une tuque ou, mieux un "cass de pwouêl" (phonétiquement) qui désigne un chapeau de fourrure avec des rabats pour couvrir les oreilles.

Parmi les expressions qui ont retenu mon attention, "Bibitte à patate" tient certainement la palme.
Alors, une bibitte à patate n'est pas un pénis lubrique s'ébrouant sauvagement dans un panier de pommes de terre... Ce n'est pas non plus une MST bizarre. 

Bibitte, c'est pour bébête. Et patate désigne les... patates. 

Une bibitte à patate désigne donc un insecte muni de plusieurs paires de pattes, qui vit sur les patates : le doryphore ! Ok, doryphore n'est pas le mot plus facile à placer dans une conversation, je vous l'accordre. En revanche une fois l'hiver passé, des bibittes il y en a partout... 

"Conduire dans Paris, c'est une question de vocabulaire", écrivait Audiard. Savoir se comporter en société à Montréal aussi...