21 juillet 2010

Quand Cupidon me dit "merde"

Je vais finir par me croire irrémédiablement fâché avec Cupidon.

L'autre soir je me suis retrouvé chez un mec rencontré sur le net. Pas le genre de gars vers lequel je serais allé spontanément ; un très beau garçon tout de même.  Grand, les traits doux, de mon âge, bien bâti. A vrai dire c'est lui qui a fait le premier pas. Un premier message, puis un second, une amorce originale qui nous a amené à papoter un peu. Nos solitudes se sont croisées et quelques heures plus tard voici que je me retrouve assis à ses côtés, installés dans son vaste canapé de cuir brun.
Nous avions été très clairs dés le départ. Je le suis toujours sur mes attentes. L'un comme l'autre ne cherchions pas à tout prix le grand amour, lui en particulier sortant d'une relation houleuse dont il voulait se remettre, mais laissions la porte ouverte à une l'éventualité d'une romance.  Un plan cul en somme. Et plus si affinité. C'est ma philosophie du moment  depuis quelques temps déjà :  garder l'oeil ouvert et laisser l'amour venir à moi plutôt que m'épuiser à lui courir vainement après.  Cela vaut ce que cela vaut.

La discussion s'est engagée spontanément, librement, sans que nous eûmes besoin de nous forcer, mis mutuellement et immédiatement en confiance. D'ailleurs les doutes s'étaient volatilisés dès les premières secondes où nous nous sommes vus, alors qu'il m'attendait à la sortie du métro. Visiblement le feeling était réciproque. Nous avons beaucoup bavardé, longuement, agréablement, de tout, sans trop de retenue. On s'est raconté nos vies, nos envies, nos amours perdues, nos désillusions, notre quotidien, certains souvenirs. On a même ri. Progressivement nous nous sommes rapprochés, lentement, laissant nos  mains puis nos corps s'exprimer de plus en plus librement, jusqu'à ce que les mots deviennent superflus. J'ai ressenti une jolie complicité, chacun comprenant les attentes de l'autre, avec beaucoup de douceur, guidés par le discours de nos regards. Je crois que l'un comme l'autre avons pris un pied fantastique (rassurez-vous, j'ai tout à fait conscience du caractère hautement prétentieux de cette dernière affirmation). Les sangs gorgés d'endorphines, nous remettant de nos émotions, nous avons à nouveau discuté, de choses et d'autres, toujours dans la même simplicité. Nous aurions certainement pu continuer ainsi jusqu'aux premières lueurs du jour s'il ne m'avait fallu me lever tôt le lendemain matin.

Tandis qu'il récupérait le chat qui s'évadait dans les escaliers, j'ai hésité à l'embrasser une dernière fois. Je ne l'ai pas fait. Par peur de paraître lourd et ridicule. Mes sentiments m'effraient parfois... J'en avais pourtant bien envie.

Arrivé chez moi, je lui envoie un texto le remerciant pour ce moment très agréable. Je lui dis à bientôt. Il me répond sur le même ton et dans les même termes. Cette nuit là je dormirai d'un profond sommeil.

Hier je lui ai envoyé un nouveau texto pour prendre de ses nouvelles. Je pensais à lui, à cette soirée formidable, au plaisir que j'avais eu à le serrer contre moi.  Pas de réponse. Aujourd'hui je découvre qu'il a supprimé son profil sur le site où nous nous sommes rencontrés. Et toujours pas de réponse à mon message. L'évidence est là qui me brûle les yeux. J'ai compris et ne m'acharnerai pas.

Je sais combien cette situation ridicule peut me faire paraître pathétique et entends d'ici les sarcasmes  - justifiés - jaillissant de toutes parts : "Ha bé oui, de toutes façons tu l'as dit toi même, vous vous êtes clairement dit que vous ne cherchiez rien de spécial, ni l'un ni l'autre, banane !". Certes, je ne nie pas.  Je suis un couillon. C'est exactement ce que nous nous sommes dit. Pourtant...

Et pourtant, aussi con que cela puisse paraître, je me suis posé beaucoup de questions au sujet de ce  charmant garçon. Non non, quoique je sois un authentique coeur d'artichaut (barricadé derrière une épaisse  mais néanmoins fragile carapace) je ne suis pas déjà tombé amoureux. Non, il m'en faut un peu plus pour ça.  Un tout petit peu plus. Peut être pas tant que ça finalement. Mais  j'avoue que cette très belle rencontre avait rouvert en moi le champ des possibles, cette porte longtemps restée fermée, qui s'est à nouveau entrouverte, trainant dans son sillage un cortège de potentialités, comme autant de positions à examiner sur un échiquier  géant dont je serai le Roi. J'aurais bien aimé le connaître davantage et voir si cette rencontre d'un soir - aussi agréable fut-elle - pouvait déboucher sur quelque chose d'un peu plus abouti, ne serait-ce qu'une amitié. Car je suis persuadé que nous aurions beaucoup à échanger. Il faut croire que les Parques en avaient décidé autrement.

Au final c'est un sentiment mitigé qui m'imprègne. D'un coté une forme d'espoir . Oui, des garçons bien, équilibrés dans leur tête, qui me plaisent et à qui je puisse plaire, ça existe. La preuve, j'en ai rencontré un.  C'est donc qu'il doit y en avoir d'autres. Mais d'un autre coté, c'est une sorte de découragement : tout est à reprendre à zéro...  Des comme lui je n'en ai pas croisé souvent. Ho ça non. Et sans même laisser une chance à quoi que ce soit, Cupidon m'adresse une formidable et retentissant "merde", net et sans appel.
C'est parfois con la vie...

22 commentaires:

  1. Tu es prêt à tomber amoureux, c'est un point important pour ton avenir sentimental, mais lui sortait d'une relation, il n'était sans doute pas prêt. Il y a des rencontre qu'on ne fait pas au bon moment...
    Peut-être votre rencontre l'a-t-il fait réfléchir à ce qu'il voulait ? La moindre des choses aurait été de répondre à ton message, quitte à te dire qu'il préférait en rester là ou qu'il réfléchissait, mais pas te laisser sans nouvelle.
    Alors il était peut-être charmant, intelligent, mais c'était visiblement aussi un goujat.

    RépondreSupprimer
  2. Oooh allez, il va peut-être rappeler... Je te le souhaite ! :))

    RépondreSupprimer
  3. Je serais près de toi, je te ferais un super Hug !!! Parce que c'est trop mignon, et que comme tu le dis dans la première partie de ton dernier paragraphe, alinéa 12, ce qu'il faut en garder c'est que oui, des garçons qui te plaisent et où tout découle tellement naturellement que t'as pas encore joui que tu le sais même pas mais tu commences à avoir des sentiments (quels qu'ils soient), oui, ça existe !!!! Et c'est chouette !

    Celui-ci était peut etre en effet encore un peu trop dans son ancienne relation. Tout est une question de timing. C'est beau en tous cas ces sentiments la. Enfin c'est mon côté Lady Di. :D

    hug hug hug bisou

    RépondreSupprimer
  4. Encore une belle histoire qui finit mal. Je crois bien , comme Loup, que ce Prince charmant est un goujat !
    Bises, tendresse... et au suivant

    RépondreSupprimer
  5. mais non tu n'es pas un "couillon", arrête d'écrire ça .. !! pfff !!
    Tu es humain c'est tout.
    Ne regrette rien. Vis.

    RépondreSupprimer
  6. Bon alors l'avis d'une fille sur le sujet : c'es ton côté fleur bleu qui est remonté, en même temps, des bras parfait, des baisers parfait, des gestes parfait, des moments parfaits, c'est merveilleux, c'est bon, c'est doux... Mais ça fait peur à pas mal de monde, on en reparle ce soir ...

    RépondreSupprimer
  7. Une balade chez toi
    bien dommage que ce bon moment se finisse en queue de poisson...
    bizzz!
    la sardine

    RépondreSupprimer
  8. Ne se souvenir que du "positif"...t'as passé un bon moment, il y en aura d'autres avec des "suites" différentes...;-)

    RépondreSupprimer
  9. Je te trouve très positif et c'est une bonne chose que d'aller de l'avant même si ça coûte un peu.

    Et puis de toute façon, Cupidon est un con :p

    RépondreSupprimer
  10. @ Matoo : Bé non, il n'a pas rappelé. Snirf... Comme on dit, un de perdu, un de perdu :-)

    @ Loup : C'est ce que je me dis aussi. On croise parfois des gens potentiellement formidables (je ne parle pas que du gars dont il est question dans ce billet) mais pas au bon moment. Soit ce que l'autre ne soit pas disposé, soit que nous soyons nous même dans un état d'esprit incompatible.

    @ Fabisounours : T'es trop chou toi. Bizzz !

    @ François : Parler d'histoire est un peu précipité. Disons qu'il s'agissait davantage de l'hypothétique préambule d'un roman à jamais inachevé. On classe, on range, et on ouvre une nouvelle page blanche. La vie continue !

    @ Fred : Ouiiiiiiin.... Fred il m'a grondé ^^
    Ho mais je vis, ne t'inquiète pas. Je n'ai plus pour h'abitude d'attendre les gens sur mon chemin. J'avance. Toujours.

    @ Khey : Faire peur ?Non, je pense pas qu'il ait eu peur. Pas envie plutôt.

    @ La Sardine : Comment ça me fait plaisir que tu passes me voir !

    @ Nigloo : Qui vivra verra !

    @ Anouchka : Je ne m'aventurerai pas à insulter Cupidon de peur qu'il me prenne véritablement et irrémédiablement en grippe... On ne sait jamais :-)

    RépondreSupprimer
  11. Dis moi, si Cupidon te dit merde, dis lui merde aussi et tu verras, sans lui, ça peut aussi marcher et te tomber sur le coin de la figure un beau jour ! L'ammour ne previent jamais qd il frappe :)
    bisous

    RépondreSupprimer
  12. Triste effet secondaire des endorphines...après un moment de bonheur intense, le bien être fait place a une tristesse trop mélancolique ! Ce n'était pas le bon moment pour lui mais pour toi a te lire sûrement

    RépondreSupprimer
  13. Fabisounours a raison... Après un tel article on a qu'une envie... Te serrer fort dans nos bras et te dire que tout ira bien... C'est sur que le point positif de tout ça c'est qu'apparemment tu es prêt pour la super flèche de Cupidon (qui certes est un petit con mais pas que...). Après oui tu es déçu... normal, le temps d'un instant tu as sans doute imaginé que ça aurait put être le bon...

    RépondreSupprimer
  14. Ton texte m'a beaucoup touchée. Je me rends compte que l'histoire est internationale et sans genre. Quand une personne nous plait, on dirait qu'il y a toujours un obstacle ou un manque d'intérêt de l'autre côté. J'ai souvent vécu cette situation aussi. Alors, je comprends bien comment tu te sens... j'aurais aussi envie de te faire un gros calin!

    RépondreSupprimer
  15. Il t'a dit merde ? Ce n'est pas ce que j'avais compris. J'avais plutôt compris un truc du genre «ce mec n'est pas LE MEC, c'est juste un bon moment, d'ailleurs il s'est défilé d'une façon qui n'est (en apparence mais je ne suis pas dans sa tête...) ni très courageuse ni très élégante ». Comme l'ont dit d'autres ce n'était peut-être pas le bon moment pour lui, et ça c'est incontournable parce que pour construire une histoire faut être (au moins) deux à le vouloir. Garde le bon, tourne la page et écris en une autre, je te sers dans mes bras aussi même si ce ne sont pas les miens que tu attends ;-))

    RépondreSupprimer
  16. Peu importe qu'il te rappelle ou pas. Peu importe que ce soit Lui ou un Autre, en fait... Considère que la porte qui "ferme le champ des possibles" (la porte de ton coeur pour faire plus simple) est coincée : chaque expérience comme celle-là la fait s'ouvrir un peu plus (parfois c'est presque imperceptible), jusqu'au jour où elle cède. Et là... tiens toi prêt.

    RépondreSupprimer
  17. j'ai vécu la même chose que toi il y a à peine trois semaines. le mec était en vacances au canada, j'étais son "petit français", et une fois qu'il a obtenu ce qu'il a voulu, merci ciao
    le pire ? quand je lui ai demandé s'il voulait qu'on se revoit, il m'a dit qu'il y avait pas encore pensé mais qu'il me dirait quand il serait décidé.
    ça c'était assez inédit.

    RépondreSupprimer
  18. Vous voyez, c'est exactement pour ça que je n'arrive pas à faire de plans cul. La peur de "se donner" et de finalement ne rester que sur un plan cul... Bref. Un commentaire ne suffirait pas pour parler de ça. Parfois, on aimerait pouvoir vous parler plus longuement... Mais bon, j'ai déjà lancé le plan hors-sec, sans que cela n'aie d'effets. Je ne vais pas vous refaire le plan. ^^;

    RépondreSupprimer
  19. C'est l'inconvénient des plans q organisés, on discute, on commence à s'apprécier et il y a souvent de la tendresse... bref dès que l'on commence à discuter il y a un risque d'attachement, c'est pourquoi actuellement si je veux du sexe je ne veux même pas savoir le(s) prénom(s) du(des) partenaire(s), c'est bestial peut-être mais sans ambiguïté. Par contre je comprends ce que tu dis, j'ai bien sûr déjà rencontré des personnes lors de rdv organisés, des personnes que l'on aimerait revoir même pour une simple relation amicale... mais que l'on ne reverra finalement jamais. Ce garçon n'est sans doute pas près à démarrer quoique ce soit de sérieux avec qqn, il est probable que l'ombre de son ex plane toujours (je sais ce que c'est, il faut du temps pour passer à autre chose). Ta conclusion est bonne: Cupidon t'a dis merde...pour cette fois

    RépondreSupprimer
  20. On peut considérer qu'il t'a dit "merde" Cupidon, certes mais effectivement, on peut aussi se dire qu'il t'a montré que le terreau est encore bien fertile.
    En tout cas, comme je le dis souvent, rien n'est définitif sauf si l'on en décide ainsi.
    Le problème des plans Q, c'est que des fois, on tombe sur autre chose qu'un membre ou un corps. Et là, les ennuis commencent ... ennuis ? Nan, ce ne sont pas ennuis, ce sont juste des sentiments et gare à ne pas faire l'amalgame.
    Pour le reste, oui ... tout cela te rend profondément attachant.
    Tu veux que j'en parle au Docteur Love ? ;)

    RépondreSupprimer
  21. Perso, je trouve dommage qu'il n'ait pas au moins répondu à ton texto, mais pas besoin d'insister, sauf peut-être un autre message dans une semaine ou deux ?
    En tout cas, ça reste un bon moment, et un beau souvenir, même si emprunt de mélancolie.

    RépondreSupprimer
  22. Ton article est vraiment touchant ! Ne sois pas triste ou déçu, quelque part, tout près de toi, t'attend peut-être ton futur grand amour....

    RépondreSupprimer

Bonjour, vous êtes bien chez Tambour Major.

Ce billet vous a plus ? Il vous fait réagir ?
En mon absence vous pouvez laisser un commentaire grâce au magnifique formulaire mis à votre disposition.

Z'allez voir, ce n'est pas bien compliqué :

1) Ecrivez votre petit mot doux dans l'espace de saisie ci-dessus.
2) Identifiez-vous : sous Sélectionner le profil, cochez Nom/URL.
3) Saisissez votre nom de scène, votre pseudonyme ou celui de votre chat si c'est ce dernier qui écrit.
4) Si vous avez un blog, vous pouvez lui faire de la pub en mettant son adresse dans la case URL.
Sinon passez directement à l'étape suivante.
5) Cliquez sur Publier.
6) Tadaaaaaam ! Sous vos yeux ébahis, votre commentaire s'affiche dans toute sa splendeur.

Elle est pas belle la vie ?
À bientôt !