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  • 15 décembre 2008

    Amertume

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    Amertume. Je ne vois pas comment définir autrement cette semaine écoulée, déjà derrière moi, qui ne m'a apporté aucune joie particulière, aucun plaisir dont je puis conserver le souvenir, aucune raison particulière de réjouissance, alors pourtant que des choses agréables se profilent pour tout bientôt. Une affreuse envie de pas envie, une lassitude de tout, y compris d'écrire sur ce blog, des instants dont j'aurais pu  - dont j'aurais dû - profiter sont passés de façon tout à fait insignifiante, à de très rares exceptions près, largement insuffisantes à rattraper le ton grisâtre donné à ces dernier jours.

    Je crois que cela a commencé dimanche dernier, après une trop courte nuit non réparatrice. Nous avions de la visite ce jour là chez mes parents, de la famille venue d'Espagne que je n'avais pas revue depuis l'été dernier. Aussi étrange que cela puisse paraître, je n'avais pas envie de les voir et passer la journée en leur présence n’a suscité aucune émotion particulière alors qu’habituellement leur venue est annonciatrice de festivités enjouées et de fougueux moments de partage. Mais pas cette fois. Egalement en fin de cette même journée, la visite chez mon cousin qui vennait d'être papa depuis quelques jours. Nous y sommes tous allés, moi plus par politesse qu'autre chose ; je n'avais qu'une envie : prendre mes jambes à mon coup et partir le plus vite possible, marcher seul dans la ville à la fraîcheur du soir, regarder se lever les étoiles, le nez dans mon écharpe, et me laisser engloutir par l'obscurité. Des instants sans reliefs ni saveur, des compagnies transparentes ou auxquelles je ne sais plus donner l'importance nécessaire, une étrange impression d'être en total décalage avec les autres, de ne pas avoir du tout les mêmes précoccupations ni les mêmes désirs, impression que tout se délite autour de moi sans plus faire sens, comme si je perdais en quelque sorte mes points de repère. Mais n'est-ce qu'une impression ?

    Décalage total aussi avec ces étudiants qui m'ont accompagné sur un forum pour lycéens à Bordeaux vendredi soir et tout samedi. Non, nous ne sommes pas de la même génération ni du même milieu social. Propres sur eux, dans leurs beaux vêtements de marque, venant des beaux quartiers de la ville rose, cette jeunesse dorée semble croire que tout lui est dû, que tout est monnayable, que le monde leur appartient, insouciante et arrogante... J'étais mitigé entre une tendresse béate pour ces futurs adultes qui ne savent pas encore ce que l'avenir leur réserve en embûches et désillusions, et une forme de dégoût pour cette jeunesse dorée que rien ne semble pouvoir atteindre car papa et maman sont là pour veiller sur eux et que l'argent ne manque pas à la maison. En outre la distance naturelle et entretenue entre le professeur et l'étudiant interdit toute connivence qui serait immédiatement taxée de coupable. Mais la connivence était là bel et bien impossible... Il s’agit bien plus que d’un fossé générationnel.

    Sentiment de malaise cet après midi enfin. J'avais envie d'aller faire un tour dans les magasins pour garnir ma penderie un brin indigente en ce moment. Je me rendis par conséquent dans un centre commercial non loin de chez moi et arpentais les boutiques adjacentes en quête du coup de coeur. Avec moi faire les boutiques peut aller très vite : j'aime ou j'aime pas, il n'y a presque pas de demi-mesure, et je n'essaye que ce qui me plait vraiment sur le moment, autrement dit quasiment rien. Je fonctionne beaucoup à l'instinct et ne me trompe que rarement, que ce soit avec une paire de godasses ou une personne avec qui je discute. Entré dans ce temple la consommation, tout n'était que lumières, scintillements et ors, dans un brouaha de roulements de pas et de caddys qui s'entrechoquent tandis que les hautparleurs diffusaient des airs d'anciens noëls dont bien peu connaissent encore le nom (tout se perd...). Autour de moi des gens allaient et venaient, des sacs remplis à la main, des enfants se faisaient prendre en photo avec le père noël, des couples qui se tiennent par la main, des beaux, des moches, des gros, des maigres, des à la mode, des pas fashion du tout... Bien vite, mon enthousiasme initial fut submergé par une forme de nausée migraineuse, une forme de dégoût pour je ne sais pas exactement quoi, m'a fait rapidement abréger la visite. Alors qu'en ces jours qui annoncent noël tout porte à se réjouir, les esprits sont à la fête et aux réjouissances, rien ne me fait vibrer, rien ne me titille les sens, rien ne me porte à me réjouir... rien. Au contraire, je suis las de tout.

    Out among the walking wounded every face on every bus
    Is you and me and him and her, and nothing can replace the "us" I knew
    Nothing can replace the "us" I knew

    EBGT – Walking Wounded – 1996

     

     

    6 décembre 2008

    Gugusse

    3 commentairess
     

    Samedi de merde... Même pas le droit de pioncer en paix le samedi, vous y croyez vous ? Obligé de se lever à 7h30 du matin après une longue et rude semaine de travail...pffffff

    Et tout ça pour quoi ?? Hein...? Hé bien je vous le donne dans le mile Emile : pour aller faire le gugusse dans une jipého, comprenez "Journée Portes Ouvertes" de la Vénérable Institution Toulousaine où j'officie depuis un an, pour montrer à ces chers lycéens combien il est doux d'étudier chez nous. Viendez viendez !!

    Or, c'est le week end, il fait froid, y'a le téléthon, le marché de nawouel ouvre ses portes, y'a plein de films au cinoche... et je suis sûr qu'on aura pas un péquin pour nous tenir le crachoir.

    Journée portes ouvertes... Moi quand les portes sont ouvertes, je suis tout juste bon à m'enrhumer. Et c'est pas le moment de tomber malade à quelques jours des vacances !! Et surtout, j'aurais autre chose à foutre que de faire le mariole... comme, heu... ben... l'exaltation suprême de corriger des copies en retard ou nettoyer ma cuisine...? Hum...

    C'est pas si mal finalement cette idée de journée portes ouvertes !


    * * *


    EPILOGUE

    (19h57)


    Ayé, c'est fini, j'en peux plus... on a fait carton plein : du monde, du monde, du monde... à n'en plus finir... un cauchemard !! J'ai TOUT vu : des étudiants motivés, d'autres beaucoup moins au regard torve à travers lequel on distinguait sans grande difficulté un vide intersidéral pour le moins édifiant, des lycéens au projet professionnel très abouti, d'autres plus incertains, des parents inquiets de l'avenir de leur progéniture pleins de questions techniques. Bref, la totale !

    Je dois quant même vous raconter un grand moment de rigolade intérieure. C'était ce soir vers 17h30 ; je croyais en avoir fini avec la plèbe lorsque un ptit jeune, genre métrosexuel fashionista un brin trop maniéré pour être hétéro, nous expose avec le plus grand sérieux du monde qu'il veut faire du droit pour être profiler (prononcer "profaïleur"). Vous avez tous entendu parler de ces êtres supérieurs qui en regardant une photo de scène d'un crime sont capables de vous dresser le profil psychologique du criminel.


    - voici les photo de la scène John,

    - Oh mon Dieu, mais c'est affreux !

    - Non, c'est Atchoum... l'un des sept nains... Il a été retrouvé étouffé sur une tonne de noisettes. Alors ?

    - je pense que le suspect est jeune, de taille moyenne et qu'il aime les noisettes. Je dirais qu'il a une dentition saine et fréquente régulièrement son dentiste. Vu la disposition des noisettes je crois qu'il est gaucher et qu'il présente une pilosité très développée. Je crois que c'est un écureuil géant qui a fait le coup.

    - Ok John, on lance tout de suite un avis de recherche ! 

    Profiler !! Je fus hélas obligé de lui expliquer que ce métier n'existe pas... C'est un peu comme si quelqu'un cherchait une formation pour devenir la fée clochette... Autant vous dire que j'étais intérieurement mort de rire. T'as de l'avenir devant toi bonhomme ! Hé oui, je suis un briseur de rêves...

    En mission depuis 10h du matin avec une courte pause de 30 minutes à midi pour déjeuner, je ne vous cache pas que ce soir je suis exténué et surout aphone !! Je peux plus parler, c'est affreux...


    Faut absolument que je suce un truc moi...

    c'est de pastilles pour le mal de gorge dont je parle... pas de sous entendu graveleux ici ^^

    4 décembre 2008

    L'Evangile du Monstre en Spaghettis Volant

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     Le titre n'est pas de moi, mais il aurait tout à fait sortir tout droit de mon imagination débordante. Car vous n'êtes pas sans savoir, vous qui me lisez, ou toi lecteur d'un instant qui tombe sur ce blog parce que tu as entré « souberette en mal de sexe » dans ton moteur de recherche et que pour une raison que j'ignore tu t'es retrouvé ici (et rien que pour donner du grain à moudre à ces moteurs je vais lâcher quelques « bite, couille, nichons, chatte, baise » et un « grosse salope qui suce » et peut être même une « grosse chaudasse » ça vous fera les pieds et m'attirera des lecteurs !), vous savez, disais-je, qu'en ce domaine (celui de l'humour) mes neuronnes fusent à une vitesse qui ridiculise la lumière. Etant capable d'inventer une histoire à la con mettant en scène Gaston la Quiche Lorraine Mal Cuite et Pouppy le Poulpe Ménopausé, particulièrement friand de toutes les absurdités bien senties et décalées à souhait, vous comprendrez aisément mon émois lorsque je découvrais il y a un an environ le site de la Sainte Eglise du Monstre en Spaghettis Volant.

    Ce site merveilleux sur lequel j'avais dû pourrir une après midi de travail (que celui qui n'a jamais fauté me jette la première pierre) se voulait être une parodie de religion totalement délirante autour d'une divinité inédite : le Monstre en Spaghettis Volant. Il me semble qu'il y avait également une vague histoire d'huître anencéphale dont je ne me souviens plus le rôle.

    L'idée m'avait à l'époque séduit : parodier un peu toutes les religions en créant une nouvelle croyance totalement absurde – pas plus que celle des religsions « officielles » lanceront peut être certains esprits chagrin – selon laquelle le Monde aurait été créé par une antité révélée à la Sagesse des Hommes : le Monstre en Spaghettis Volant, qui, de son tentacule nouillesque, ferait la pluie et le beau temps sur ce bas monde.
    Je me souviens avoir beaucoup ri à l'époque devant mon écran d'ordinateur, peut être le contre-coup de mes lectures d'alors qui consistaient en des thèses de droit public guère distrayantes. Je vous laisse donc deviner ma joie lorsque, farfouillant dans les rayonnages de la bibliothèque d'une copine, je repérais un étrange bouquin argenté et qu'après l'avoir extirpé de sa niche, j'en lu le titre : « L'Evangile du Monstre en spaghettis volant ». Je ne pus résister plus de quelques jours avant que de m'en procurer un exemplaire, croyant passer un bon moment de fou-rire, ou de rire fou, tout est question d'interprétation.

    Sitôt rentré chez moi, j'ouvrais le bouquin à la première page et me lançais dans une lecture que j'espérais savoureuse.

    Hé bien, hé bien... j'avoue m'être forcé à aller au bout du bouquin, tant je déteste laisser une lecture en plan (le premier et dernier en date est « Le bruit le la fureur » de Faulkner... c'était il y a plus de dix ans) car je suis déçu déçu déçu... Voui !

    Pourquoi, me demanderez-vous...? Cela ne tient peut-être qu'à moi, mais l'absurde ne supporte pas la demi-mesure. Lorsque l'on se lance dans une vanne absurde, il faut jouer le jeu jusqu'au bout, avec tous les ingrédients qui sayent à la discipline, soit que l'on construise un raisonnement ad absurdo de toutes pièces, soit que l'on raisonne ad absurdo à partir d'éléments tangibles. C'est comme tout ce qui est kitscherie : cela n'a de sens que si l'on se donne les moyens de la démesure. A défaut, autant s'abstenir.
     
    L'ouvrage, je l'ai déjà exposé, propose une nouvelle doctrine éhontément farfelue, le Pastafarisme, fondée sur la croyance en un Monstre en spaghettis volant, alternative à Zeus, Dieu, Allah, et autre Être Suprème dont l'existence n'a à ce jour pas été rigoureusement démontrée. Car c'est là le point de départ de la réflexion de l'auteur : puisque toutes les religions reposent sur la croyance en un Dieu dont l'existence est indémontrable, pourquoi alors ne pas croire en un Monstre en spaghettis volant ? Certes, c'est assez séduisant, et avec un peu d'imagination et une bonne dose de folie, le résultat final promettait d'être excellemment gratiné. Nous dirons plutôt que le gratin est passablement fadasse, voire trop cuit.
     
    En effet, l'auteur s'attaque à du très lourd en voulant jouer avec les religions en employant leur propres armes : le recours à l'acte de foi et la négation de la démarche scientifique. Si encore Bobby (c'est le prénom de l'auteur) y mettait un peu du sien, l'ensemble aurait pu être digeste. Mais l'éccueil est de vouloir démontrer l'indémontrable en restant sur le registre du scientifique, comme si les religions l'étaient ! Aussi le lecteur est abreuvé de pseudo-démonstrations bancales (c'est voulu) mais qui ne font qu'à peine sourire, voire pire, ne soulèvent même pas d'engouement intellectuel. Et pourtant un tel sujet ouvre une matière quasi infinie. Je me référe souvent à un chef d'oeuvre de faux bouquin : le célébrissime « La Molvanie » édité chez Jetlag. Les auteurs ont réussi le pari de créer un faux pays, doté d'une vrai fausse culture, d'une histoire, d'un contexte, d'un folklore. Si tout y est lancé à la louche, on ri à gorge déployée plusieurs fois par page, de bout en bout. Or, rien de tout cela dans cet Evangile. En réalité, les pages les plus drôles (tout est ici relatif...) sont à la fin du bouquin : il s'agit de deux pages sur lesquelles sont résumées les croyances de cette nouvelle Eglise. Ce qui me pousse à croire que si le sketch est drôle condensé en une feuille A4, il l'est nettement moins délors que l'on cherche à le développer, parce que le gag se dilue et l'effet comique se perd. Comme quoi, les meilleures sont parfois les plus courtes.

    Vous l'aurez compris, je ne vous conseille pas ce livre que je n'ai pas aimé... Malheur pour moi, j'avais pris le soin d'en acheter deux, l'autre étant pour offrir. Si quelqu'un le veut, je le lui donne de bonne grace. Ce n'est pas le genre de cadeau que je tiens à faire à mes amis qui méritent mieux que ça...
     
    Cause double emploi
    Donne "Evangile du Monstre en Spaghettis Volant"
    Etat neuf
     
     

    1 décembre 2008

    Somewhere over the rainbow

    7 commentairess

     

    Tard la nuit dernière, alors que je m'apprêtais à mettre un point final à une longue et fastidieuse séance de correction de copies, un coup d'oeil sur mon ordinateur m'indiquait la date du dimanche 30 novembre. La fatigue (et un verre de Vodka caramel) aidant, je me livrais à un malencontreux jeu d'association d'idées qui me menait tout droit à un autre dimanche 30, celui du mois de mai dernier - 6 mois déjà - où je raccompagnais à la gare et voyais pour la dernière fois, sans que je le sache alors, quelqu'un que j'aimais avec une infinie passion et dont le Destin a voulu que jamais plus nous ne nous revoyions. Depuis, de l'eau a coulé sous le pont Saint Pierre et les larmes intérieures autant qu'extérieures ont peu à peu cédé la place à la joie de vivre optimiste qui me fait avancer.

    Cet après midi encore, alors que je faisais des recherches dans les fichiers de mon ordinateur, une photo mal rangée réveillait en moi des souvenirs doux-amers dont je m'aperçois que j'ai bien du mal à guérir définitivement, telle une plaie qui a bien cicatrisé mais qui tiraille encore de temps en temps. Alors que l'on pense aller mieux, il y a toujours un petit cailloux dans la chaussure pour vous rappeler que vos pieds vous font mal.

    J'ai beau faire tout mon possible pour aller de l'avant, il est parfois des instants où le passé est le plus fort et la mémoire cruelle. Après 5 mois de passage à vide (hé oui...) je refais surface et reprends goût à certaines choses qu'il est parfois bien difficile de partager avec autrui, même et y compris sur un blog où je n'ai jamais directement évoqué la question. Parce qu'il est certains "choix de vie" qui précisément n'en sont pas (si seulement j'avais eu le choix...) et que contrairement à ce que l'on pense, notre société n'est pas aussi tolérante que ce que l'on veut bien croire et que chaque jour des gens se font casser la gueule pour être ce qu'ils sont. Mais parfois, à force de se taire, on étouffe, on se meurt.

    Il y a un an et demi que j'ai subi un gros pétage de plombs canalisé par une oreille attentive doublée d'un coeur énorme, à qui je suis éperdument redevable et pour laquelle mon affection est sans limite. Il se reconnaîtra s'il me lit mais sais déjà tout le bien que je puis penser de lui.

    Secret je suis, secret je reste, mais le besoin de livrer une part importante de l'ombre dont je me pare était ce soir la plus forte. J'y cède avec appréhension. C'est un petit pas pour l'humanité, mais un grand pas pour le Tambour Major... Peut être certains seront choqués... je m'en fous. Ce n'est plus mon problème, mais le votre, si tant est que cela puisse constituer un problème. Relisez ce que j'ai écrit deux paragraphes plus haut.

    6 mois...

    C'est long, mais si bref... Je ne pensais pas que les sentiments pouvaient dézinguer quelqu'un de la sorte. Maintenant je sais qu'on est bien peu de choses. Et cela m'énerve d'autant plus que je déteste ne pas maîtriser les situations, ne pas décider (n'en déduisez rien surtout !). J'espère que de son côté tout va bien et qu'il fait son chemin, comme j'essaie de faire le mien...

    I sit by my window
    Gazing out into the starry night
    If only I had someone
    With whom to share such a lovely sight

    Seems I've wished upon every star I see
    For someone to come along and be
    My one true friend and love
    He's all I'm dreaming of

    Someone with whom to share whatever life may bring
    Someone who will be my strength, my joy, my everything
    Someone who will miss me when we're apart
    Whose heart I'll own and will own my heart
    Oh how I hope and pray
    He'll find me someday

    Where could he be?
    Will I spend a lifetime searching endlessly?
    For that someone to hold
    And call my own
    Oh where could he be?
    Heaven help him find his way to me

    Sometimes I wonder
    If I'll really find him at all
    When the time is right
    Will he be there to catch me, when I fall?

    Is it really only a matter of time
    Before he walks into this life of mine
    Well waiting is all I can do
    Will my dream ever come true?

    Where could he be?
    Will I spend a lifetime searching endlessly?
    For that someone to hold
    And call my own
    Oh where could he be?
    Heaven help him find his way to me

    Where could he be?
    Will I spend a lifetime searching endlessly?
    For that someone to hold
    And call my own
    Oh where could he be?
    Heaven help him find his way to me
    (Where could he be)
    Heaven help him find his way...to me...

    Les mots ne sont pas de moi. Je les emprunte à un autre blog que j'avais parcouru par le plus grand des hasards l'an passé (comme quoi il n'y a pas de hasard, il n'y a que des coïncidences). J'hésitais à le poster, ne me sentais pas prêt pour cela. C'est désormais chose faite.

    27 novembre 2008

    Hands up to the ceiling

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    J'aime bien mon bureau. C'est un endroit dans lequel je passe beaucoup de temps. Une vaste pièce carrée de 4 mètres par 5, assez haute de plafond et donnant sur les toits de tuiles rouges. Les deux grandes fenêtres y laissent entrer une abondate lumière qui filtre à travers le ciel dont je peux admirer à loisir le bleu profond ou, à l'inverse, la mer de nuages blancs ou noirs. Alors que le froid de novembre engourdit les membres, ici il fait si bon, la clarté si réconfortante, perché au deuxième étage loin des tumultueux étudiants...

     

    Assis à mon bureau, les coudes confortablement calés, le regard se perdant vaguement au centre de l'écran de mon vieil ordinateur, j'ouvre mon blog pour voir ce qu'il s'y passe, qui m'a laissé un commentaire, qui est venu me lire... toutes ces petites choses que font sûrement les bloggueurs plusieurs fois par semaine afin de satisfaire ce petit coté narcissique sans lequel on se sent vide.

    La page s'ouvre, lentement, le disque dur se met en branle façon moissoneuse batteuse, puis vient l'accalmie lorsqu'émerge la douce voix de Tracey Thorn sur un accompagnement de guitare accoustique mêlé de quelques notes de piano électrique :

     

    Here is the street and here is the door
    Same as it was before
    And up the stairs and on the wall
    Is .... Kiss and Terry Hall
    And Siouxsie Sioux and Edwin too
    And Bobby Dee in '63
    And everything I knew was good
    And like it was just understood

    Now I need that feeling
    I'm reaching for that feeling
    Hands up to the ceiling

    And the rain came down on a cold, gray town
    And I showed myself to them
    And I went underground
    Then I closed my eyes
    And something passed me by
    I didn't even try
    And I don't remember why

    And now I need that feeling
    I'm reaching for that feeling
    Hands up to the ceiling

    Hands up to the ceiling

     

    J'aime beaucoup cette chanson. Elle me correspond assez pour quelques aspects de ma vie. De nature généreuse et toujours à cent à l'heure, je suis pourtant un grand calme introverti. Je ne me confie pas facilement et, si mon sourire et mon entrain sont ma signature, au fond de moi reste toujours un noyau de douce mélancolie paresseuse que je ne laisse que rarement transparaître. Je ne sais que trop bien que l'humour est une arme, redoutablement efficace. Politesse du désespoir dit on. Oui... parfois.

    Chaque fois que je l'écoute, dès les premières mesures j'ai l'impression étrange d'être nu, qu'elle pénètre profondément dans des recoins de mon cerveau dont j'ignore l'existence, et qu'elle remet à flot un certain nombre de choses que j'avais oubliées ou occultées. Une envie de me blottir très fort au chaud, comme une soif de réconfort, que quelqu'un me serre tout contre lui et, tel à un petit garçon perdu, me dise que ce n'est rien, que tout va bien.

     

    Les choses pourraient être tellement simples...

    La vie est facétieuse.

     

    And now I need that feeling ...

    ... I'm reaching for that feeling ...

    ... Hands up to the ceiling

     


    Tracey Thorn :



     

     

    Impressions d'un jeudi après midi presque ordinaire...

     

     

     

    26 novembre 2008

    L'anguille (contribution sociologique)

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    La vie regorge d'occasions de se réjouir. Un beau coucher de soleil, le sourire d'un enfant, une soirée entre amis, une grasse matinée au calme, se blottir dans les bras de l'être aimé, un café aux arômes savoureux qui ponctue la journée, une musique qui vous émeut aux larmes, une soirée au coin du feu, un film de Christophe Lambert... C'est si simple...

    La vie regorge aussi d'occasions de se mortifier ; je ne m'attarderai pas davantage et vous épargne une litanie par trop funeste. J'avais déjà évoqué dans un billet précédent le cas du boulet qui se plait à vous encombrer inutilement l'existence (oui, je suis très fier de ce billet... Bé quoi ? J'ai le droit d'aimer parfois ce que je fais non ?). Hé bien je crois avoir décelé un autre prototype d'énergumène qui peut pousser un Tambour Major - ou un congénère humain - au suicide : l'anguille.

    Hormis chez les amphitryons amateurs de bonne chaire qui l'aiment grillée ou en sauce, ce poisson amphihalin thalassotoque, benthique et lucifuge vous diront les spécialistes, n'a pas très bonne presse. Tout d'abord, il ressemble furieusement à un serpent, ce qui n'est pas la première des qualités pour nous autres, occidentaux. Souvenons nous ensemble de la mésaventure d'Adam et Eve qui nous enseigne qu'il faut se méfier de cet animal sournois et tentateur, cause du malheur des hommes alors qu'on pourrait se la couler douce au Paradis.  

    Outre la tradition judéo-chrétienne qui voit dans l'anguille, par association avec le serpent, un animal repoussant, d'autres cultures ne sont pas moins tendre avec elle. Jugez en plutôt : dans la mythologie Celte, la déesse de la guerre, furieuse de ne pas être aimée du beau héros, se transforme en anguille et se venge en s'aggripant à sa cuisse, le mordant toutes dents dehors. La sale bête !! En Polynésie, une autre légende raconte que le premier cocotier vient de la tête d'une horrible anguille à qui l'on voulait marier la fille du soleil et de la lune. Heureusement, un beau et preu chevalier décapita le reptile dont la tête fut abandonnée sur le sable. Je simplifie un peu mais c'est l'idée générale. Vous irez chercher vous-même. Vais pas non plus faire tout le boulot non ?

    Bon,trève de blabla, revenons à notre étude...

    A quoi reconnaît on une anguille ? Nous dirons qu'il s'agit d'un individu a priori normal, et qu'une observation rapide de son comportement en biotope urbain ne permet de le distinguer d'un autre. A priori seulement car, après quelques heures de pratique, on se rend compte que notre anguille présente l'aptitude toute particulière de pouvoir allègrement serpenter en eaux claires comme en eaux vaseuses et d'y mener ses petites affaires tambour battant (non, ce n'est pas un jeu de mot). De serrage de mains en léchage de culs, voire suçage de bites (ce sont des images...) notre anguille vogue au gré de ses intérêts, se faufilant à travers les paniers de crabes les plus infréquentables, pratiquant ici ou là avec une virtuosité qui frise l'indécence ou qui, c'est selon, suscite l'admiration, le "pousse-toi-de-là-que-je-m'y-mette". 

    Si l'anguilla vulgaris doit son agilité à l'épaisse couche de mucus dont son corps est recouvert et qui la rend si désagréable à manipuler (rappelez-vous cette séquence mémorable de la cultissime émission "La Cuisine des Mousquetaires" - dont je conserve le souvenir ému - où l' inénarrable Maïté tente de trucider une anguille à l'aide d'un gourdin et que l'animal lui file entre les doigts...), l'anguille qui nous occupe aujourd'hui doit son agilité à sa viscosité intellectuelle... Non content de vous faire un bras d'honneur à la moindre occasion qui lui permette de continuer sa médiocre ascension sociale sans honneur, l'anguille arbore presque toujours un sourire de façade et pratique au besoin la courbette et le baiser de main, n'hésitant pas à gratifier de son indispensable personne toute mondanité où il sera susceptible de séduire un esprit assez faible pour ne pas lire dans son jeu, à moins qu'il ne tombe sur plus fort que lui : une autre anguille de plus forte carrure qui voit en ce jeune leptocéphale inoffensif un serviteur dévoué et docile qu'il pourra presser comme un citron et jeter à la poubelle lorsqu'il sera desséché, flétri par l'usage, mais ravi de pouvoir servir dans l'ombre d'un plus grand, inconscient du drame qui se trame au dessus de lui... La loi du plus fort est toujours la meilleure chez les prédateurs. Bouffer ou être bouffé, telle est la règle du jeu.

    Vous l'aurez compris, si je brosse à grands traits les caractéristiques d'une anguille c'est que j'en ai une qui gravite dans mon sillage, tapie derrière les apparences d'un collègue inoffensif. Sauf qu'elle ignore qui est le Tambour Major qui, fort de quelques années d'expérience, écoute beaucoup mais parle assez peu, de sorte que je sais pas mal de choses qu'on me dit innocemment alors que je ne demande rien. D'autant que chacune de ces information est intrinsèquement inoffensive, ce qui ne pousse pas à la discrétion de mes interlocuteurs, à ma plus grande satisfaction.

    Mon anguille se présente donc sous la forme d'un médiocre doctorant d'une grande faculté de la ville où j'officie régulièrement et avec lequel j'ai le bonheur de coopérer. Je l'avais rencontré voici déjà 3 ou 4 ans alors que j'étais jury d'un concours administratif. 

    Le bonhomme m'avait alors paru assez sympathique quoique grande gueule, la ramenant un peu tout le temps, étalant sa science comme on étend du Nutella sur une crêpe encore chaude : largement. De taille moyenne, plutôt maigrichon, le visage osseux et les cheveux plaqués en arrière sous l'effet d'une surdose manifeste de gel finition brillant, mon anguille (que j'appellerai Igor) a le chic pour s'habiller de vêtements venus d'un autre âge... Pull jaune poussin, cravates comme personne hormis les Deschiens n'en a porté ces 20 dernières années, costumes un rien trop larges qui lui donnent l'air d'un gamin qui fait mumuse avec les fringues de son papa et joue à être un grand, je vous résume là l'essentiel pour le total-look, Igor est ... ridicule ? Non pas exactement... il est presque ridicule. 

    Autre trait de personnalité de Igor l'anguille, sa façon de parler. Igor aime s'écouter parler et faire des phrase inutilement léchées, même - et surtout ? - lorsque le protocole n'a plus lieu d'être et que la confraternité laisse place à des conversation aux accents gaulois. Coincé du cul ? Peut être... Il est vrai que la sexualité de l'anguille interroge encore les scientifiques. Bref, notre anguille à nous vous adressera toujours la parole comme si vous étiez Henri IV et traversera volontiers la rue pour vous gratifier de ses salutations poussives, ou tentera le diable pour braver la foule compacte d'une salle de cocktail comble pour venir vous importuner alors que vous étiez en bonne compagnie et que, faux-cul, vous faisiez mine de ne pas l'avoir vu... 

    Mais c'était sans compter sur son sens aigu du relationnel. Igor s'approchera alors de vous, s'immiscera subrepticement et sournoisement dans une conversation à laquelle il n'était pas convié, et finira par vous causer de choses dont vous n'avez rien à foutre, tandis que votre estomac se retourne sous l'effet conjugué de sa présence et de son haleine fétide. Car, oui, Igor pue de la gueule... Je ne sais pas si c'est de l'acidité gastrique ou un manque d'hygiène buccale (qui a dit les deux ?), mais je vous assure que c'est une raison supplémentaire, voire une bonne raison tout court, pour ne pas le laisser s'approcher. L'autre jour, j'ai bénéficié d'un moment de joie intense, proche de l'orgasme : j'ai grillé une anguille...

    Nous sommes un soir de grande mondanité dans une Vénérable Institution Toulousaine dont la pureté d'âme présumée fera rire quiconque connaît le dessous de quelques cartes. Mais ce n'est pas le propos de ce jour. Bref, nous sommes au moment du cocktail de réception, tout ce que la Ville Rose compte en huiles se trouve réuni là et en ma qualité de bras droit d'un des Big Boss, je me devais d'être présent. Igor était aussi de la partie, pour une raison que je n'ai toujours pas comprise étant donné qu'il n'a strictement RIEN à voir avec cette Vénérable Institution Toulousaine, qu'il ne travaille pas pour elle, ni ne fait partie d'aucun de ses comités directeurs. La seule raison que je puis trouver c'est la présence des huiles et la possibilité qui lui est alors donnée - sur sa propre invitation spontanée - d'astiquer quelques rectums d'un revers de langue appliqué dont il a le secret (c'est peut être là la raison de son haleine de teckel eczémateux ?). 

    De par mes fonctions, et en représentation, j'étais en train de discuter très simplement avec le Président d'une juridiction Toulousaine et son confrère de la Chambre Régionale des Comptes qui m'avaient alpagué le plus jovialement du monde, lorsque je vis se faufiler entre deux plateaux de petits fours, l'anguille et son épouse (elle aussi de cette espèce). J'observe les deux compères louvoyer habilement entre deux importuns faisant obstacles avec leur coupe de champagne à la main, et les voici tout souriants au milieu de notre conversation, désirables comme deux pintades au milieu d'une autoroute à 4 voies. Monsieur le Premier était sur le point de partir alors que nous discutions de l'éventualité de déjeuner ensemble pour parler manucure et je ne voulais en aucun cas que Igor me vole la vedette. C'était moi la star...! Lorsque en un éclair (le génie ?), je lui proposai à Monsieur le Président de lui donner ma carte de visite, ce à quoi il répondit immédiatement en me tendant la sienne, le plus spontanément du monde, au nez et à la barbe de mon anguille que je vis serrer puissamment les mâchoires pour étouffer un cri de rage, fou qu'il était d'avoir échoué si près du but.

    La vie regorge d'occasions de se réjouir...

     

    24 novembre 2008

    J'y arrive pô !

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    Je suis super embêté ce soir car je n'arrive pas à pondre le billet que j'aurais souhaité. Les mots ne viennent pas, les phrases sont embrouillées, l'inspiration divine qui d'habitude fait gambader mes doigts sur le clavier s'est mise aux abonnés absents. Et pourtant ce n'est pas faute de ma part d'avoir essayé et je sais que je tiens là un sujet digne de ce nom... Foi de Tambour Major ! Ce ne sera donc pas pour aujourd'hui...

    Pour laissez tout de même une trace furtive de mon passage par ici, disons que cette semaine je n'ai pas perdu mon temps... et il s'en faut de beaucoup. Semaine chargée à 120%, des journées qui débutent très tôt le matin et qui se terminent très tard le soir (dans des états variables, plus ou moins recommandables...) et qui entre ces deux extrémités, sont bourrées comme le RER en heure de pointe.

    Pour donner quelques points de repère sur ma semaine écoulée, disons en vrac et à la louche que j'ai : 
    - donné 14 heures de cours

    - passé 7 heures en réunions inutiles

    - déjeuné avec le fondateur d'Avocat Sans Frontière et un représentant de l'ONU (authentique !!)

    - échangé ma carte de visite avec celle du Président du Tribunal Administratif juste avant qu'il ne prenne congé de notre discussion, au nez et à la barbe d'un petit cul merdeux dont la spécialité première est de se faufiler partout où il peut jouer des coudes pour se caser, fut-ce au prix d'un "pousse-toi-de-là-que-je-m'y-mette"

    - bu un nombre incalculable de flûtes de champagne

    - me suis bourré la gueule avec d'insignes membres d'une vénérable Institution Toulousaine

    - rarement dormi plus de 5h30 par nuit

    - passé une journée entière à me geler les pieds tout en jouant au VRP à Pau pour un salon étudiant

    - bu des litres de café

    - discuté 2 heures de philosophie fondamentale

    - fait 6 heures de sport

    - pleuré 3 fois en écoutant les Litanies à la Vierge Noire de Poulenc (écoutées 5 ou 6 fois cette semaine)

    - décidé de profiter un peu de la vie et de m'amuser un peu...

    - fumé quelques pétards (oui, je devrai pas le dire, mais après tout, je suis ici chez moi...)

    - passé une soirée de samedi comme je n'en avais pas passé depuis longtemps, mettant ma bonne conscience à la poche

    - me suis réveillé 3 fois la tête dans le cul (hélas pas celui de quelqu'un d'autre)

    - revu et rencontré des personnes que j'apprécie assez  pour avoir envie de les revoir. To be continued !

    - fait des projets pour la semaine prochaine et les 4 prochains mois

    - eu envie de faire et recevoir des câlins... mais il faut croire que ce n'est pas la bonne période

    - me suis posé beaucoup de questions, toujours et encore, en particulier sur mon activité professionnelle

    - ai pris la décision de ne plus me prendre la tête pour certaines choses

    Et ce soir je suis crevé !

    Je ne m'éterniserai pas d'avantage ni ne vous régalerai de quelque délire Tambour Majoresque ni de quelque anecdote bien croustillante ou de réflexions méthaphysiques sur des questions aussi fondamentales que la choucroute garnie, la crise économique mondiale, ou la culture du yaourt bulgare sous serre.

    Promis, je serai plus régulier les jours à venir.

    Ha, si pour finir, 2 citations pour le prix d'une :

    "Résistez et votre âme se rend malade à force de languir ce qu'elle interdit"

    Oscar Wilde


    "Fais ce que tu as envie de faire au moment où tu as envie et dis ce que tu as envie de dire au moment où tu en as envie"

    Lao Tseu, ou sa belle soeur je sais plus 

    15 novembre 2008

    Pochette Académie

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    Il fait bon aller farfouiller chez les autres, ça grouille de bonnes idées pour occuper ses soirées. Encore une fois je dois à Matoo (et indirectement  à... plein de monde ! ) l'idée du billet de ce jour...

    Les ingrédients : 4 règles toutes simples, et quelques minutes devant soi...

    Le premier article de la page est le nom de votre groupe ;

    Les 4 derniers mots de la dernière citation seront le titre de votre album ;

    La troisième photo, quelle qu’elle soit, sera votre pochette d’album !

    4.Prenez la photo, ajoutez-y votre nom de groupe et le titre de l’album ; Vous avez maintenant votre pochette d’album.

    Je me suis moi aussi pris au jeu et à l'aide d'un logiciel de retouche, type Photoshop (mais on peut très bien procéder avec Paint pour les plus modestement dotés), j'ai obtenu ça :

           


    Je suis assez fier de mes essais ^^


    L'idée de faire place totale au hasard, de composer avec des éléments imposés même s'ils paraissent improbables (qui a dit 42 ?) me plait beaucoup. Par contre le résultat n'a d'interêt que si l'on se plie totalement au jeu, avec toute la rigueur de la règle, sans tricherie.


    En fait, ce que je trouve très amusant c'est de constater qu'au final, on obtient une pochette qui aurait réellement pu exister car si l'on y prête un tout petit peu attention, les titres de certains albums sont absolument invraisemblables et ne veulent rigoureusement rien dire (et encore, je n'ai pas l'impertinence d'aborder le délicat sujet des paroles).


    Maintenant, à vous de jouer !


    Et postez vos chefs-d'oeuvres (vous pouvez les héberger ici. J'ai hate de voir vos pochettes !

    7 novembre 2008

    Ce qu'il faut pour être heureux

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    Alors que j’errais du coté de chez Matoo qui, dans un précédent billet, nous confiait ses état d’âme sur son trentième anniversaire, je tombais nez à nez avec la chose suivante :

    Ce qu’il faut pour être heureux
    Il faut penser ; sans quoi l'homme devient,
    Malgré son âme, un vrai cheval de somme.
    Il faut aimer ; c'est ce qui nous soutient ;
    Sans rien aimer il est triste d'être homme.

    Il faut avoir douce société,
    Des gens savants, instruits, sans suffisance,
    Et de plaisirs grande variété,
    Sans quoi les jours sont plus longs qu'on ne pense.

    Il faut avoir un ami, qu'en tout temps,
    Pour son bonheur, on écoute, on consulte,
    Qui puisse rendre à notre âme en tumulte,
    Les maux moins vifs et les plaisirs plus grands.

    Il faut, le soir, un souper délectable
    Où l'on soit libre, où l'on goûte à propos,
    Les mets exquis, les bons vins, les bons mots
    Et sans être ivre, il faut sortir de table.
    Il faut, la nuit, tenir entre deux draps
    Le tendre objet que notre coeur adore,
    Le caresser, s'endormir dans ses bras,
    Et le matin, recommencer encore.

    Voltaire

    J’avoue avoir été très touché par ces vers. La quête du bonheur est l'oeuvre - utopique diront les plus pessimistes - d'une vie. Suis-je heureux ? je ne le sais pas vraiment. Car au fond qu'est-ce que le bonheur sinon un enchaînement de petites choses qui rendent l'existence agréable ? Je sais en tous cas que je ne suis pas malheureux. On peut toujours chipoter et espérer mieux, voire beaucoup mieux, mais ma situation actuelle n'est pas la lpus mauvaise, sans pour autant confiner au paradisiaque, n'exagérons rien.  

    Toutefois, comme mon cerveau  de grand malade n’est jamais au repos, et que "qui aime bien châtie bien", quasi instantanément a germé en moi une ébauche de commentaire dont je ne résiste pas au plaisir de vous livrer les fruits.

    Reprenons ensemble :

    Il faut penser ; sans quoi l'homme devient,
    Malgré son âme, un vrai cheval de somme.

    Penser, panser ses plaies, les plaies de son corps, les plaies de son âme, les plaies d'une vie. Mais par homophonie, on en vient aussi à la panse, c’est à dire l’estomac. Hé oui, l’homme ne se substante pas que de nourritures spirituelles, c’est bien connu. "Il faut penser" peut donc aussi être entendu "il faut panser", c'est à dire se remplir l'estomac. Et moi, quand j’ai l’estomac bien rempli et les amygdales qui baignent, je n’ai envie que d’une chose : un bon petit somme et de ronfler comme un cheval. Quoi ? Ca ronfle pas un cheval ?


    Il faut aimer ; c'est ce qui nous soutient ;
    Sans rien aimer il est triste d'être homme.

    Aimeeeeeer, c’est c’qui’y’a d’pluuuuuuuuuus bôôôôôô… (fond sonores de violons sirupeux).

    Non, sans rire, l’amour est sans conteste la plus belle chose qui puisse arriver à quiconque et pour paraphraser un auteur dont le nom m’échappe, je plains celui qui meurt sans avoir aimé. Connaître les ivresses sans limites d'un amour vrai et réciproque, la cruauté de la séparation et la douceur infinie d'un baiser de retrouvailles sont des instants magiques dont l'intensité défie le sens commun. J'aimerai mille fois n'avoir pas vécu que de mourir sans avoir aimé.

    Soyez prévenus, ici s'arrête la tentative de critique pseudo-sérieuse... Couchez les enfants et éloignez les âmes pures.


    Il faut avoir douce société,
    Des gens savants, instruits, sans suffisance,
    Et de plaisirs grande variété,
    Sans quoi les jours sont plus longs qu'on ne pense.

    Avec ses mots à lui et une plume particulièrement élégante, Voltaire nous vante tout simplement les mérites des orgies collectives. En quelques mots comme en cent : Vive la drogue, le sexe et l’alcool !

    Notez bien l’insistance sur les plaisirs « en grande variétés » : lâchez vous pour de bon, ça rend heureux ; soyez curieux, ne mourrez pas idiots. Cocaïne, Ecstasy, acides, poppers, laitue euphorisante et autres bégonias psychotropes, seul, à plusieurs, avec votre labrador ou un troupeau de moutons, jouez le jeu à fond ! Et de toutes façons la vie est courte, alors jouissez en paix mes frères sans demi-mesure ! N'oubliez pas de noyer les quelques relents de culpabilité qui pourraient vous assaillir sous des flots d'alcool, cela va sans dire mais cela va mieux en le disant.

    Surtout, comme le conseille Voltaire,prenez soin de convoquer des gens "instruits" qui sauront vous éduquer aux réelles préoccupations de ce bas monde : un groupe de junkies aux cheveux gras tatoués de bas en haut devrait a priori faire l'affaire si jamais vous cherchiez.

    A défaut, vous pouvez toujours regarder le kamasutra en DVD, voire l’œuvre cinématographique d'un Marc Dorcel ou des Studios Falcon ou tout autre maison de votre choix, ça peut donner des idées si votre imagination en la matière fait défaut.

    Quoi ? Quoi ? Z'avez jamais maté un film porno ? Tssssss... quelle bande de menteurs ^^

    La suite :

    Il faut avoir un ami, qu'en tout temps,
    Pour son bonheur, on écoute, on consulte,
    Qui puisse rendre à notre âme en tumulte,
    Les maux moins vifs et les plaisirs plus grands.

    Un ami disponible tout le temps, qui puisse apaiser votre âme et vous procurer du bonheur ainsi que de vifs plaisirs ? Si c’est pas d’un fuck-friend ou d'une dealer dont il s’agit alors non, je vois pas… Il était très en avance sur son temps le Sieur Voltaire ! Et notez le lien subtil mais néanmoins extrêment fort entre cette strophe et la précédente, preuve évidente si besoin en était, que le bonheur est la conséquence d'un tout.

    Hein ...? Comment ça vous n'avez ni fuck-friend ni dealer ?

    Passons...

    Il faut, le soir, un souper délectable
    Où l'on soit libre, où l'on goûte à propos,
    Les mets exquis, les bons vins, les bons mots
    Et sans être ivre, il faut sortir de table
    .

    Le sujet avait été abordé in limine de ce poème et de façon plutôt subliminale mais là, pour le cas où le message ne serait pas passé au premier coup, Charles-Marie nous en remet une seconde couche sans sous-entendu cette fois : manger, boire, s'en mettre jusque là...

    Notez cependant une petite réserve : « sans être ivre, il faut sortir de table ». Hé oui, car déjà au XVIII° siècle la conduite de carriole en état d’ébriété devait être passible d’une amende de 100 sous, voire d’une lettre de cachet qui vous conduisait au gniouf pour 2 ou 3 jours, ce qui à l'époque n'était pas du plus glamour.

    Alors, je prolongerai ce conseil de bon sens et de prudence : celui qui conduit, c’est celui qui prend le volant ! Et puis vomir au volant c’est pas classe, mais pas classe du tout du tout. Un peu de tenue enfin !

    Il faut, la nuit, tenir entre deux draps
    Le tendre objet que notre coeur adore,
    Le caresser, s'endormir dans ses bras,
    Et le matin, recommencer encore.

    Certains penseront candidement que Voltaire, lorsqu’il parle de « tendre objet » fait référence à un doudou en peluche, à un animal empaillé ou à une épaisse tranche de mortadelle moelleuse - oui, il en est qui ont ce vice terrible. Eh bien que nenni ! C’est bien d’amour, d’émois et de sexe qu’il s’agit ici. Une bonne partie de jambes en l’air avant de faire dodo, baiser comme des bêtes, ça fait du bien partout, ça détend après une dure journée de labeur, ça inonde le cerveau d’endorphines qui nous font nous sentir bien, et en plus ça fait digérer.
    Notez bien le conseil prodigué au denier vers : le soir ne suffit pas, on peut tout à fait il faut recommencer le matin . Ha bé oui… comme je le disait dans un autre billet, il n’y a pas de mal à se faire du bien !

    Et à titre personnel, s’il y a des volontaires pour la dernière strophe…

    1 novembre 2008

    Mignonne allons voir si la rose...

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    L'oeuvre poétique d'Arthur Rimbaud tient dans l'inconscient collectif de nos contemporains une place toute particulière au milieu des Verlaine, Hugo et autre Baudelaire. Nous avons tous plus ou moins ânnoné alors que nous étions gamins, quelques vers de ces auteurs sans forcémment en comprendre parfaitement le sens. Aussi, poussé par une saine curiosité, je me procurais voici quelques mois déjà, les Poésies de Arthur Rimbaud et de quelques autres afin de combler un vide non seulement dans les rayonnages de ma bibliothèque, mais surtout dans mes connaissances, très maigres en la matière.

    Si j'ai lu avec un plaisir sans faille l'ami Victor Hugo, je vous avoue que l'effet d'un Arthur Rimbaud n'est pas tout à fait le même. Enfant terrible et rebelle - sauvageon, voire racaille sur les bords aurait-on dit aujourd'hui - la poésie de Rimbaud ne caresse pas dans le sens du poil. Où alors avec un peigne asséré de lames de rasoir ! L'angulosité du texte se dispute avec l'amertume du propos, mais toujours avec une fluidité et un naturel qui forcent l'admiration.

    Pourtant hier soir, au détour d'un alexandrin, je tombais nez à nez avec un sonnet ouvrant l'Album Zutique, particulièrement délectable et qui m'a fait songer au subtil gag que Ronsard a dissimulé dans le sonnet dont j'ai choisi les premiers vers pour titre de ce billet. 

    L'IDOLE 
    Sonnet du Trou du Cul

    Obscur et froncé comme un œillet violet
    Il respire, humblement tapi parmi la mousse
    Humide encor d'amour qui suit la fuite douce
    Des Fesses blanches jusqu'au cœur de son ourlet.

    Des filaments pareils à des larmes de lait
    Ont pleuré, sous le vent cruel qui les repousse,
    A travers de petits caillots de marne rousse
    Pour s'aller perdre où la pente les appelait.

    Mon Rêve s'aboucha souvent à sa ventouse;
    Mon âme, du coït matériel jalouse,
    En fit son larmier fauve et son nid de sanglots.

    C'est l'olive pâmée, et la flûte câline,
    C'est le tube où descend la céleste praline:
    Chanaan féminin dans les moiteurs enclos ! 

    Certes il n'est pas de l'entière main de Rimbaud, son compère Paul Verlaine en étant le co-auteur. Néanmoins, je m'étonne que ce chef-d'oeuvre ne soit pas enseigné en classe...