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  • 21 octobre 2010

    Madrid

    26 commentairess
    Me revoilou ! Ce week-end à vivoter au rythme de la ville et à baver sur les espagnols  fut formidable ! Oui, ce n'est pas tellement un secret : les grands bruns au regard d'ébène, lorsqu'ils ne sont pas trop gros ou trop maigres - c'est à dire parfois - incarnent à mes yeux cette sorte de perfection formelle capable de me faire perdre tous mes moyens. Ayant logé en plein coeur de Chuica, je peux vous assurer que j'ai pu en admirer un certain nombre smileys Forum. En revanche le fait d'avoir été en famille m'a conduit à un peu brider mes (h)ardeurs. Qu'à cela ne tienne, ce n'était pas le principal but de mon voyage. Alors point de visite au pas de charge. Nous avons simplement vécu comme de simples citadins, pour prendre le pouls de la ville, quitte à laisser certaines choses de coté. Car après tout ce n'est pas très grave étant donné que j'ai tout loisir d'y revenir à ma guise.

    Une chose est sûre : Madrid est une très belle ville, vivante autant le jour que la nuit (une pâtisserie ouverte à 1heure du matin et bondée de monde, vous y croyez vous ?), agréable, accueillante et plutôt tolérante : je n'ai jamais vu autant de (bô) mecs se balader main dans la main, même dans le Marais !
    En plus, une fois mon vocabulaire dérouillé, j'ai retrouvé mes marques en un clin d'oeil, l'absence de barrière linguistique et une certaine pratique de l'Espagne en général me permettant de me sentir totalement chez moi. Et ça, j'avoue que c'est un confort que je goûte tout particulièrement.

    Plutôt que de longs discours et comme je n'avais pas envie de pondre un billet fastidieux pour raconter mon week-end  Madrilène, je vous ai concocté une petite vidéo plutôt tonique avec plein de jolies photos dedans : des façades, des graffitis, des tapas, la statue de Garia Lorca, des endroits sympas, des bars over-trendy, des clams qui font la course, un parc, de l'eau, de l'alcool, des jolies choses, des machins et des bidules, un peu de soleil et beaucoup de bonne humeur.

    ¡ Que aproveche !


    Musique : Delafé Y Las Flores Azules - Rio Por No Llorar

    15 octobre 2010

    La photo du mois : A poil(s)

    41 commentairess
    Chaque mois, les blogueurs qui participent à La photo du mois publient une photo en fonction d'un thème. Toutes les photos sont publiées sur les blogues respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Ce mois-ci, c'est Sandrine qui a choisi le thème : A poil(s)

    Un thème qui me va comme un gant, m'étant naguère illustré par un retentissant manifeste du poil relayé par un certain nombre de blogueurs, ou cet autre billet sobrement intitulé Ô Poil, sorte d'apologie de la toison qui me donnait l'occasion de vilipender l'ignominie du génocide pilaire masculin, surtout lorsqu'il est raté. Alors ce thème tombe à point nommé, une suite logique dans un combat de fond . On a les cause que l'on peut...

    Ce thème vient également, en forme de contrepoint fortuit, comme une allégorie de ce mois d'octobre, de ses factures, impôts et autres taxes foncières qui, à force de ponctionner dans le porte-monnaie, nous laissent presque à poil !


    Dernières nouvelles : j'ai presque fini le travail que je dois rendre mardi (j'ai mis les bouchées quadruples), je ne suis pas beaucoup plus riche que l'autre jour mais pas aussi pauvre que je le pensais. Du coup : je pars à Madrid pour le week-end, comme prévu. Soyons fou : vivons au dessus de nos moyens. Et accessoirement, le moral est revenu, ce qui tombe pile-poil !

    Alors profitez de mon absence Madrilène de quelques jours pour rendre visite aux autres blogueurs participants à la photo du mois et découvrir leurs photos : Olivier, Anne, Véronique, Virginie, Shandara, Jo Ann, Sandrine, Fabienne, Damien, Marie, Nolwenn, Céline, Anne fra Sveits, Célia, Caro, Guillaume, Mandy, Titem, Cynthia, Caroline, Doremi, Sophie, Tambour Major, Nathalie, François, Mélanie, Célia, Chris, Godnat, Clara, Viviane, Sept Pour le Québec, Christophe, Chouchou, Thib, Genki, 100driiine, Gouli, Danièle et Ludo.

    Prochain rendez-vous : le 15 novembre !

    12 octobre 2010

    Mois de merde !

    34 commentairess
    Aaaaaaaargh, j'en peux plus !!! Ce mois d'octobre est merdiquissime à souhait. Sur l'échelle de richter de la merditude, il atteind une magnitude maximale. Emploi du temps ingérable, planning over-booké, du travail qui arrive par brouettes entières et à traiter en urgence absolue, galère de thunes tellement faramineuse que je sais même pas comment je vais bouffer la semaine prochaine (pour vous donner une idée, je viens de claquer 2200 Euros de factures alors que j'ai péniblement gagné 950 Euros par mois jusqu'à début septembre, à peine plus depuis cette date...), contraint la mort dans l'âme d'annuler mon week-end à Madrid prévu depuis deux mois pour cause de pas de fric et de trop de boulot à abattre en trop peu de temps... bref : la merde !

    Je suis moralement déconfit, bientôt au bout du rouleau. Hormis chialer comme un môme, je n'ai qu'une envie : tout casser. Mais cela ne résoudra rien. Hélas.

    Pour me sortir de cette situation, je ne vois qu'une solution : procéder par méthode en supprimant tout le superflue, vous savez : tout ce qui donne à la vie son petit coté agréable... Cela commence notamment par le séjour à Madrid dont je me faisais une joie. Déjà que je me permettais pas grand chose comme fantaisies. Mais il faut croire qu'à situation merdique, mode de vie merdique.

    Dans quelques minutes on sera le 13 octobre. Plus que 17 jours à tenir avant Novembre que j'espère plus faste. Ca ne sera pas bien difficile.

    A bientôt ! Ou pas...

    Et le premier qui se plaint, je le mords !

    7 octobre 2010

    Que votre main est froide...

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    La nouvelle saison du Théâtre du Capitole s'ouvre par l'un des trois piliers de l'opéra : La Bohème de Puccini, adaptée de l'oeuvre de Henri Murger "Scènes de la vie de bohème" que quelques extraits intégrés au livret m'ont donné envie de lire. L'un des trois piliers ai-je écrit car j'ai appris tout récemment qu'il existait un moyen mnémotechnique tout simple pour se rappeler du nom de ce que l'on désigne classiquement comme les trois grands chef-d'oeuvre de l'opéra : A comme Aïda, B pour la Bohème, et C pour Carmen. Comme je suis un garçon qui ne fait rien comme les autres, j'ai naturellement commencé par la fin car voici quatre ans maintenant que j'écoutais pour la première fois, juché sur mon strapontin d'orchestre, la fresque éblouissante de Bizet. Aïda donné l'an passé ou l'année précédente, m'a échappé. J'attendrai donc mon tour patiemment pour compléter la trilogie.

    Il paraît que le quatrième tableau de la Bohème - celui de la mort de la douce Mimi - est celui des larmes, celui capable de faire pleurer comme une madeleine même le hollandais calviniste le plus austère. Mon coeur doit être d'airain. Car tant lors de la générale, où j'ai profité de la compagnie d'un très agréable jeune homme aussi cultivé que charmant, que lors de la représentation publique à laquelle j'ai assisté, c'est systématiquement le troisième tableau qui me tire les larmes. Pourtant il n'y a rien de véritablement dramatique dans ce tableau : pas de mort, pas de dilemme cornélien... Rien qui ne doive entraîner la compassion. Hé bien moi ça reste mon tableau préféré, loin des simagrées mielleuses du premier tableau, des frasques un peu tape à l"oeil quoique formidables du second, ou du trépas larmoyant du quatrième. A croire que la mort m'indiffère.
    De même, plus qu'au jeune premier qu'est Rodolfo, je m'attache - parce que je me reconnais ? - davantage au personnage de Marcello, un grand gaillard - incarné par un magnifique baryton, et je ne parle pas que de la voix ! -  tourmenté par ses démons intérieurs et des souvenirs amoureux lancinants. Rodolfo me paraît mièvre, inconsistant, presque superficiel. Il n'a pas les pieds sur terre ce garçon. Marcello en revanche a conscience de tout, il voit, il sait, il devine, il sent tourner le vent et venir la tempête. Et pour moi l'un des grands moments forts c'est, à la fin du deuxième tableau, le monologue de Marcello qui se lamente de retrouver Musetta et de retourner à ses amours perdues contre lesquelles il lutte de toutes ses forces, pour succomber à nouveau. Et là, oui, je pleure.

    Je n'aime pas les mondanités. Je le savais. La rentrée solennelle de la Faculté qui avait lieu ce soir fut l'occasion d'une piqûre de rappel. Non pas que croiser des personnalités importantes de la vie politique et économique me dérange, je n'ai rien contre. Plutôt que le contexte me donne la nausée. Ces instants où l'on a la curieuse sensation d'être plongé au beau milieu d'un aquarium de champagne  rempli de piranhas louvoyant entre des récifs de petits fours, à lécher le cul du plus offrant et à se gargariser en coeur de toute la merde qu'ils peuvent avoir collée sur les amygdales.
    Il ne faut pas être hypocrite : j'apprécie les honneurs. Mais uniquement lorsqu'ils sont justifiés. Je suis trop humble con pour tolérer qu'on me remette des lauriers dont j'aurais acheté chaque rameau au prix de mon asservissement. Il faut les voir ces renards de basse-cour, qui se sourient par devant et se poignardent par derrière, à la recherche d'une gloire vaniteuse et futile, spectacle qui m'amuse et m'apitoie. Pauvres d'eux. Pousse-toi de là que je m'y mette ! Monseigneur admirez mon ramage ! Vous prendrez bien un verre de cigüe ? Votre Seigneurie toisez donc mon plumage ! Votre altesse, que vous êtes jolie, vous me semblez belle ! Sans mentir... Mais tel le chat de la fable qui croque ses courtisans, n'est pas renard celui qu'on crôa !

    Fuyant à toutes jambes ce panier de crabes nauséabond, je repensais au Figaro de Beaumarchais :
    "- Comment voulez-vous ? la foule est là: chacun veut courir, on se presse, on pousse, on coudoie, on renverse, arrive qui peut; le reste est écrasé. Aussi c'est fait ; pour moi, j'y renonce."
    Le mariage de Figaro (III,5)

    En entrant chez moi en fin d'après midi, j'ai eu la confirmation d'une impression récurrente : cet appartement a besoin d'une âme qui le hante. Même si l'on a essayé de m'en dissuader je crois que je vais faire entrer un compagnon dans ma vie, qui puisse venir se frotter contre moi en rentrant le soir, me regarder un instant et continuer sa vie féline quelque part ailleurs. Oui, je crois bien que j'ai très envie d'un chat. Un joli chat gris aux poils soyeux et aux longues moustaches, peut être un chartreux. Ou un rouquin tigré au  grands yeux verts remplis de malice, quoique j'ai entendu dire que  les chats tigrés sont tarés... Mais ce soir tandis que je défaisais les lacets de mes souliers en cuir, j'aurais bien aimé qu'un matou vienne se faufiler entre mes chevilles endolories par deux rudes journées ponctuées d'une trop brève nuit, sentir la douceur de son pelage contre ma main froide et chancelante, et l'entendre jouer avec mes chaussettes toutes griffes dehors pendant que la baignoire distillerait les embruns aromatiques des sels apaisants.

    Enveloppé de la mousse onctueuse d'un bon bain chaud, je me délasse enfin, tandis qu'au loin Mélisande se lamente de Pelléas. Une bonne bouteille de Château Neuf 2005 a également été ouverte qui s'aère pendant que mes membres se délassent. Une soudaine envie de m'enivrer un peu, de laisser aller mes sens où bon leur semblait. L'effet est réussi.

    Dieu que cette partition est belle. Et dire que je ne l'avais point aimée la première fois...

    J'ai ouvert la fenêtre ;
    il fait trop chaud dans la tour.
    Il fait beau cette nuit.

    Debussy - Pelléas et Mélisande, (III, 1)

    4 octobre 2010

    Le chouchou à sa maman

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    Cet après midi ma mère m'a laissé un message sur le répondeur. Elle se lamentait de n'avoir pas eu de nouvelles ni de m'avoir vu depuis une semaine. Vous voyez l'ampleur du drame. J'ai pourtant passé une partie de mon dimanche chez mes parents mais ce jour là Madame était de sortie avec ses copines. Les absents ont toujours tort paraît-il. Bref...

    Ce soir en rentrant chez moi, j'ai bien entendu appelé chez mes parents pour parler à ma maman-adorée-que-j'aime, en bon fiston bien éduqué que je suis. Je l'ai trouvée fort guillerette et enjouée. Un peu comme quand elle picole un peu trop à l'apéro et qu'elle commence à raconter des blagues dont j'ai parfois honte et qui correspondrait davantage à l'humour grassouillet de mon frangin.
    La conversation venait à peine de commencer qu'au détour d'une phrase elle me dit :
    Hé oui, ça fait une semaine que j'ai pas parlé à mon chouchou !

    Ca m'a fait tout bizarre.
    Bizarre parce qu'on ne se donne habituellement pas de surnom chez les Tambour Major, d'aucune sorte qu'il soit. Mes parents s'appellent et nous appellent par le prénom, et nous nous adressons à eux par les traditionnellissimes papa et maman, sans vouvoiement. Alors que vient faire ce chouchou ici, aussi soudain qu'inhabituel ?

    Bizarre aussi et surtout parce que, même si elle a lâché ça tout de go et sans arrière pensée affichée, malgré tout elle me plaçait ouvertement en position de préféré par rapport à mon frère, chose que nos parents se sont toujours interdite, si tant est qu'il y eut jamais un préféré à la maison. Alors, oui, je m'entends très bien avec ma mère, on est plutôt complices, elle aime que je l'accompagne visiter tel ou tel salon d'art ou qu'on papote déco, même si nous n'avons pas exactement les mêmes préférences nous partageons ce goût commun pour les beaux objets qui restent très souvent derrière la vitrine du magasin. Mais ressentir une préférence à mon égard et que corrélativement mais inévitablement mon frère paraisse moins aimé, m'a profondément perturbé. Assez pour que j'ai le besoin d'en faire une thérapie sur mon blog.

    Je ne sais pas si véritablement elle me préfère à mon frère. Je ne veux pas le savoir. Je sais que mes parents m'aiment. Nous aiment. Beaucoup. Et que je les aime aussi tout autant. Alors, plutôt qu'un hypothétique parti pris en faveur de l'un ou de l'autre, je mettrai cet obiter dictum sur le compte de ce succulent petit rosé, entêtant juste ce qu'il faut, et dont ma mère avait certainement du apprécier à nouveau les charmes ce soir.
    Un peu trop peut-être...

    3 octobre 2010

    Tum tum tutum

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    Certaines séries télévisées sont au moins aussi connues pour leur contenu que pour leur générique. Ce court instant musical qui sert de sas d'entrée dans un univers nouveau et vous permet de vous dépouiller de vos tracas avant de vivre de passionnantes aventures.
    Cette semaine fut notamment marquée par la disparition de Tony Curtis que nous connaissions tous pour s'être illustré dans la trés fameuse série Amicalement Vôtre dont j'ai mis très longtemps à voir un premier épisode.
    Ma première rencontre avec le duo Curtis/Moore fut indirecte et se fit d'abord par le générique musical que  j'écoutais en boucle sur une série de CD intitulée Synthétiseur - dont certains d'entre vous se souviennent peut être. Je devais avoir une douzaine d'années (putain, ça ne me rajeunit pas !) et cette musique exerçait sur moi une sorte de fascination hypnotique, comme le font ces musiques dont le pouvoir de séduction est immédiat. Celle de John Barry en fait partie.
    Elle est finalement assez simple : une ligne de basse fermement affirmée, peu d'effets accessoires. Mais il y a ces fameux 4 accords en ouverture, intrigants, inquiétants, comme en alerte, puis cette mélodie, un brin torturée, qu'égraine une mandoline aux accents siciliens. Il ne se passe pas grand chose pendant ces quelques deux minutes. Pas grand chose. Et pourtant c'est incroyable ce que mon imagination peut voyager en si peu de temps. C'est peut être ça la force du génie : au delà de l'aspect purement technique, nous ouvrir les portes du rêve.


    Dans une autre catégorie j'ai eu un coup de coeur pour une musique de pub pour parfum ces jours derniers. En faisant quelques recherches sur le net j'ai découvert le pot aux roses : il s'agit du tube Funk "She Can't Love You" interprêté par Chemise et qui selon mes sources a fait vibrer les dancefloors en 1982 (j'avais 4 ans  hu hu).
    Alors oui, comme le laissent entendre les commentaires sous la vidéo Youtube, il m'a fallu l'intersession d'une "débile pub à la con pour un parfum de pétasse" (je synthétise) pour découvrir ce tube du funk.  Les chemins de la connaissance empruntent parfois des voies peu académiques. Oui. Et alors ? L'essentiel est de susciter la curiosité. Le reste n'est que billevesée pour vieux cons aigris.
    Ca tourne un peu en rond, mais ça se laisse écouter. Et pour le dimanche matin je trouve que ça colle bien la patate.

    30 septembre 2010

    Les 5 incommodités du blogueur

    26 commentairess
    FalconHill m'a refilé la patate chaude et me demande de décrire quelles sont pour moi les 5 "incommodités" (au sens de  "état de gêne, de malaise physique ou moral, sentiment d'inconfort, causé par une chose incommode, pénible ou importune") du blogueur.  Je ne me lancerai pas dans une analyse théorique de l'incommodité bloguesque en général (mais vous savez que j'en serais hélas capable ...uf !) et me contenterai de répondre à la question : qu'est-ce qui m'incommode ou m'incommoderait en tant que blogueur, en cinq points. C'est parti !

    1/ La panne d'inspiration
    Elle est d'un classicisme navrant, désolé de commencer ainsi cette revue.
    La panne d'inspiration peut être de plusieurs sortes. La plus commune c'est le trou, on ne sait pas quoi raconter, parce que notre quotidien semble aussi morne, insipide et plat qu'un morceau de David Guetta. L'angoisse monte au fur et à mesure que les jours passent et que l'on contemple passivement le blog sous alimenté se racornir par tous les bouts. Alors on cherche une idée, on se torture l'esprit parce que l'on veut écrire. Ecrire ? Mais écrire quoi ?
    L'autre type de panne d'inspiration n'est pas tant que l'on ne sache pas quoi écrire mais plutôt qu'on ne trouve pas comment l'écrire. Et ça c'est terriblement incommodant que de sentir les idées se bousculer sans parvenir à y mettre de l'ordre et trouver les mots justes pour s'exprimer avec le ton adéquat. On commence à coucher des mots sur la page blanche, puis l'on s'arrête, on relit les quatre phrases posées, on trouve ça nul, ça ne sonne pas, c'est trop dans le pathos ou pas assez introverti, c'est minable. On efface. On recommence, on re-efface, on re-écrit, on re-re-efface... encore et encore. Mais ça ne va jamais. Alors on enregistre un brouillon de brouillon en espérant que le billet s'écrira tout seul, ce qui n'arrive jamais. Et puis un beau jour, on réouvre le résidu de machin et là, pof ! le billet est mûr, les mots jadis hésitants coulent tout seul, les phrases s'alignent, les idées se dévoilent, les doigts courent sur le clavier : le billet est là. On est heureux.

    2/ Se faire piller
    Sachez qu'il existe sur le net une race de "blogueurs" sans foi ni loi qui pillent les blogs des autres pour alimenter le leur à l'aide d'écrits dont ils sont incapables, et surtout sans citer leur source. Matoo s'en est récemment ému.
    C'est une chose qui ne m'est encore jamais arrivée. Sûrement mon style inimitable ferait périr la supercherie en moins de temps qu'il n'a fallu au pirate pour me copier coller (hu hu hu, c'est bon de se la pêter parfois). N'empêche que ça me ferait bien chier de découvrir ailleurs des morceaux de mon chez moi, qu'un autre s'approprie indument une expression personnelle qui lui est totalement étrangère.

    3/ Voir ses statistiques baisser
    Même si l'on écrit avant tout pour soi même - c'est du moins ainsi que je conçois cette activité parfois envahissante à laquelle je m'adonne avec plaisir - le blog comporte une part narcissique : celle de se savoir lu, source d'ivresse infinie louée naguère par Corto.
    Cela se traduit de différentes manières et en premier lieu par les commentaires sous les billets qui sont autant de témoignage que ce que l'on a écrit a été (plus ou moins) lu et a plu. Mais il y a aussi les redoutables statistiques, celles que tout blogueur (détrompez-moi si ce n'est pas le cas) consulte une à plusieurs fois par mois/semaine/jour/heure (rayez les mentions inutiles) pour voir la progression du nombre de pages consultées et l'évolution de la fréquentation de sa page. Il est plaisant de voir la courbe suivre une tendance ascensionnelle régulière, quelqu'en soit la pente. L'important c'est que ça grimpe, signe évident de la vitalité du blog. Mais lorsque tout d'un coup un petit trou un se forme, tel une blasphématoire trace de pneu sur l'épure rebondie d'un boxer de coton blanc, c'est l'inquiétude. Et lorsque le nid de poule devient gouffre abyssal, le drame devient apocalypse. En cet instant dramatique tout n'est plus que cris, pleurs, larmes, grincements de dents. Mais pourkwaaaa on me lit pluuuus ?
    Ô rage ! ô désespoir ! ô statistiques ennemies !
    N'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?
    Et ne suis-je blanchi dans les travaux guerriers
    Que pour voir en un jour flétrir tant de lauriers ?
    Mon bras qu'avec respect toute la blogosphère admire,
    Mon bras, qui tant de fois a sauvé cet empire,
    Tant de fois affermi le trône de son roi,
    Trahit donc ma querelle, et ne fait rien pour moi ?
    Ô cruel souvenir de ma gloire passée !
    Oeuvre de tant de jours en un jour effacée !


    (d'à peu près Corneille)

    4/ Les commentaires qui disparaissent
    C'est pas franchement dramatique mais je trouve ça furieusement incommodant. Hélas ce sont des choses qui arrivent parfois sur les plateformes de blogs. Celui-ci n'a pas échappé à cette petite avarie dont furent victimes quelques jolis commentaires qui prolongeaient agréablement le billet par des réflexions personnelles et/ou poétiques de premier choix et qui par la magie noire de quelque poltergeist du net (encore eux !) se sont volatilisé dans l'éther cybernétique.

    5/ Ne pas réussir à commenter chez les autres
    Hé oui, pour moi cela fait partie intégrante de l'activité de blogueur. On écrit certes, mais on lit aussi ce que les autres écrivent. Billets légers ou billets engagés, souvent l'ailleurs nous fait réagir. L'envie de répondre est souvent là. Parfois j'aimerais bien m'exprimer mais les idées ne sont pas claires, les mots ne viennent pas alors que j'aimerais donner une répartie brillante, ou alors le billet provoque des réactions contradictoires dans mon esprit confus. Vous connaissez le refrain : "ce qui se conçoit clairement..." D'autres fois je tombe sur un billet magnifique qui me touche mais qui ne susciterait qu'un fade "très joli billet" un peu honteux, incapable de pouvoir en dire davantage ni expliquer en quoi ces mots m'ont touché plus que d'autres. Je trouve cela très frustrant.

    Allez hop, on continue : Christophe, Gouli, Christophe, Ek91, Alban,

    29 septembre 2010

    La mémoire du net

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    En me connectant sur MSN l'autre soir, j'ai reçu une bien étrange notification. Quelqu'un voulait m'ajouter à sa liste de contacts. Pas n'importe qui. C'était Lui, comme revenu d'outre tombe. Lui, dont je n'ai pas de nouvelle depuis deux ans et dont j'ignore désormais tout de son quotidien. 
    Le premier choc fut de lire ce nom s'afficher sur mon écran. Son nom. Aussitôt mon coeur se contracta un peu plus fort tandis remontaient en moi des souvenirs enfouis sous des couches de sédiments, figés dans un passé qui ne reviendra plus. Je revis son beau visage, ses yeux, son sourire et repensais à ces bon moments que nous avions passé ensemble. Je sais maintenant qu'on a beau être guéri, les cicatrices restent pour toujours.
    Ce qui m'a plus particulièrement surpris c'est l'adresse MSN employée pour me contacter. Ce n'était pas celle avec laquelle nous étions habituellement connectés. Mais une autre que je lui connaissais et dont la formulation (un jeu sur la consonance de son patronyme) ne laisse aucun doute quant à l'identité de son titulaire.

    Pendant quelques secondes j'ai hésité : que faire ? Nous nous étions quittés en bon termes et j'ai compris aujourd'hui que rien n'est possible entre nous. Les risques étaient dont limités. Et d'ailleurs quels risques ? De raviver de vieilles blessures ? De toutes façons je suis un grand garçon maintenant et cela me ferait plaisir d'avoir de ses nouvelles. Alors j'acceptais. Mais personne au bout du fil. Rien, sinon le silence.

    Je ne sais pas si cette invitation vient réellement de lui ou si elle est le fruit d'une des nombreuses interférences  malveillantes du net. Peut être s'agit-il du soubresaut fantôme d'une mémoire informatique dispersée quelque part sur le web. Comme si le web se souvenait pour moi, même si c'est hautement improbable.

    Un instant cela m'a fait penser à Lain -  Serial Experiments, ce manga dans lequel une ado part sur le web à la recherche d'une copine de classe qui s'est suicidée et prétend vivre désormais dans l'internet. Une série d'animation à la Twin Peaks que j'avais trouvé fascinante à l'époque. 


    Laissons là les fantômes. Il y a trop à faire parmi les vivants.

    27 septembre 2010

    Branlage neuronal

    16 commentairess
    En juillet dernier, lors de mon passage à Evian, nous sommes allés visiter avec Olivier l'exposition H²O - sur le thème de l'eau donc - au Palais de la Lumière. C'est ainsi que furent pompeusement rebaptisés les anciens thermes  aujourd'hui convertis en centre d'exposition. Y étaient exposées des oeuvres de la Collection Sandretto Re Rebaudengo qui, paraît-il, est "prestigieuse".

    L'exposition en elle même ne nous a pas laissé un souvenir impérissable. A vrai dire nous avons globalement été un petit peu déçus, même si certaines créations ne manquaient pas d'intérêt. En réalité, un dés éléments gênants dans cette histoire fut de bien souvent ne pas comprendre de premier abord l'angle de l'artiste. Nos trois regards convergents furent - neuf fois sur dix - incapables d'analyser les oeuvres dans le sens qu'avait voulu leur donner l'artiste, ou du moins celui que le commissaire de l'expo avait cru bon d'attribuer à l'artiste. Morceaux choisis !

    Il y eut tout d'abord cette table en verre sur laquelle étaient placés des récipients transparents remplis de liquide noir, et reliés entre eux par un réseau de tubes transparents assurant le fonctionnement de ce jeu de vases communicants. Réfléchissons ensemble quelques secondes : une exposition sur l'eau, du liquide noir qui suppure dans des bocaux et qui se répand en sous-sol... Oui, c'est évident : il s'agit d'une vision allégorique de la pollution. On met un peu de mazout par ici (quelques centaines de millions de mètres cubes) et hop  ! Miracle de la physique, aussitôt ça dégueulasse toute la planète. Bien vu ! C'est joli, ludique, triste aussi.
    Hein ? Comment ? C'est pas ça du tout ? Ha bon... mais cékoidonk alors qu'il a voulu dire l'artiste ? Vite, ouvrons le catalogue de l'exposition. Irène, Madame le Commissaire, va nous éclairer de toute sa science :
     "Tous les récipients contiennent un liquide noir qui, selon le principe des vases communicants, s'écoule osmotiquement d'un récipient à l'autre à travers une série de tubes.
    Jusque là tout va bien, on n'est pas trop cons, on a bien vu la même chose. En revanche "osmotiquement" ça calme ! Ca c'est du mot qu'il est lourd. Tellement lourd qu'il ne veut rien dire. Vérifiez vous-même dans votre dico : ce mot est encore inconnu de la langue française. Mais bon, ne nous arrêtons pas à si peu  et poursuivons la lecture des explications :
    L'oeuvre dans sa simplicité ne semble pas dangereuse, si ce n'est pour sa fragilité  ou pour la possibilité pour le spectateur de se tâcher d'encre noire.
    Ha bé non, elle est pas dangereuse l'oeuvre, sinon on ne l'exposerait pas au public. Si ? Et puis depuis quand la fragilité est-elle dangereuse ? C'est intéressant comme concept ! Ha, c'est donc de l'encre de chine le liquide noir ? Mais on s'en fout un peu non ? Ca aurait pu être de l'encre de seiche, de la peinture noire, de l'huile de friture hyper sur-saturée ou tout autre liquide noir. Pourquoi de l'encre ? Tiens, lisons la suite, on aura certainement la réponse.
    Mais c'est justement cette possibilité [de se tâcher, NdTM] qui suggère l'inévitabilité d'une "contamination", le coeur de ce travail, que l'artiste a représenté comme une réflexion sur la paranoïa culturelle de la contamination par le Sida."
    Ha oui, vu comme ça c'est beaucoup plus clair. Le Sida... mwoui... si vous voulez. Mais pourquoi limiter l'interprétation au Sida en particulier ? Sans amoindrir les dégâts que cause ce virus, la grippe n'est-elle pas contagieuse elle aussi ? La contamination doit-elle avoir une lecture univoque ?  Et le concept de "paranoïa culturelle" me laisse on-ne-peut plus perplexe. De quelle culture s'agit-il ? Pourquoi pas une paranoïa sociale  ou collective ? Voire une paranoïa tout-court ? Hein ? C'est bien joli d'utiliser des expressions choc mais encore faut-il qu'elles le soient à bon escient et qu'elles aient un sens.  Ah oui, et tant qu'on en est à la table en verre, je ne trouve aucune explication sur le pourquoi du comment de l'encre de chine.  Si c'est bien du Sida qu'il s'agit, pourquoi n'avoir pas utilisé un liquide rouge à la place ? Du sang d boeuf, du sirop de grenadine, ou du jus de tomate par exemple. Ca tâche plutôt bien ça aussi. Car le Sida se transmet bien par le sang, et pas par contact avec de l'encre de chine, non ? Tiens, Irène n'a pas de néologisme de son cru pour nous expliquer tout cela...

    Quelques pas plus loin nous voici devant un parterre ou sont disposées des dalles de linoleum découpées à la main formant un cheminement en "v". Au mur sont projetées des silhouettes, et un hautparleur diffuse des chuchotements indistincts. D'accord d'accord... Au secours, ouvrons vite le livret explicatif, Irène à la rescousse ! Accrochez-vous, c'est de la bonne :
    "L'installation est une représentation populaire. Les trois éléments qui la composent -  le fleuve, le choeur et le son -  transforment le lieu en espace sacré. Le spectateur accepte la convention du rite et idéalement étend la dimension même du choeur.
    L'universalité de la situation est simplifiée par la contemporanéité des matériaux, comme si nous réussissions à regarder le présent en réduisant le temps qu'il contient. Le brouhaha de fond des jeunes filles, visualisées par l'artiste dans le dessin mural réalisé devient le grondement du fleuve, transformant l'eau en son et le fleuve en être.
    "
    Reprenons pas à pas ce pamphlet d'ésotérisme pur qui confine au grandiose, reléguant le Manifeste du surréalisme au rang d'une mauvaise chronique people dans Closer.
    L'installation est une représentation populaire. 
    Je crois qu'il manque des mots dans cette phrase. Une représentation populaire vous avez dit ? Populaire dans quel sens ? Je pose la question parce que ce mot en a plusieurs qui ne recouvrent pas exactement la même chose. Populaire au sens de "qui appartient au peuple" au quel cas on devrait se reconnaitre dans la mise en scène ? Hum, non... pas vraiment. Le linoleum, désolé, c'est nase et moi pas plus que mes coreligionnaires ne nous sommes reconnus là dedans. Ou alors populaire au sens de "qui est accessible au peuple" ce qui n'est guère flatteur pour le peuple. Le peuple - que dis-je, la plèbe ! - serait-il à ce point indigent qu'il faille - par une simplification outrancière - se rabaisser à son tout petit niveau pour qu'il entre dans la compréhension d'une oeuvre que l'on estimera à sa portée ? Merci pour cet élan de considération qui nous ferait presque prendre des vessies pour des lanternes. Du coup l'explication commence par une phrase aussi impénétrable que l'oeuvre qu'elle est censée décortiquer pour nous. Je sais pas mais je le sens assez mal ce coup là. D'ailleurs la suite nous démontre qu'Irène était fort inspirée ce jour là.
    Les trois éléments qui la composent -  le fleuve, le choeur et le son -  transforment le lieu en espace sacré.
    Ha bon ? J'ai du manquer un paragraphe là... Attendez je relis. Bé non... j'ai rien manqué du tout. Alors là, faut qu'on m'explique un petit peu, j'ai franchement du mal à suivre. Pourtant j'y mets toute ma bonne volonté. Je ne comprends pas en quoi un fleuve (même stylisé par des morceaux de linoleum marronnasses),  un choeur (des silhouettes sur un mur) et du son mis ensemble auraient la vertu de se transsubstantier en espace sacré. Et d'ailleurs, que vient foutre le sacré ici ? Parce qu'à ce compte là, prenons l'exemple volontairement trivial des pissotières publiques : de l'eau qui coule, des gens qui pissent ensemble, et parfois quelques sifflotements joyeux qui viennent ponctuer cette belle cérémonie, tous les ingrédients sont réunis. En voilà une belle cathédrale !
    Le spectateur accepte la convention du rite et idéalement étend la dimension même du choeur.
    Ok pour la fin : en me plaçant comme spectateur, j'agrandis l'espace de l'oeuvre en m'intégrant - à l'insu de mon plein gré - dans ce choeur virtuel, et alors même que je reste silencieux. Mwoué, admettons.  C'est peut être la partie la moins capylotractée de tout le livret. Faisons preuve de magnanimité envers Irène pour cette fois. La pauvre avait dû fumer son montblanc.
    En revanche, l'affirmation selon laquelle j'accepterais la "convention du rite" me laisse totalement circonspect.  En effet, sachez tout d'abord, chère Irène, que silence ne vaut pas acceptation. Le fait de me placer en observateur ne me conduit pas de facto à me positionner en acteur d'une situation bien particulière qu'est celle du rite. D'ailleurs je note l'expression "convention du rite". Mais de quelle convention parlons-nous ma chère Irène ? Et de quel rite ? Si j'en crois mon dictionnaire, le rite dans son sens le plus large, désigne un ensemble de pratiques réglées ayant un caractère sacré ou symbolique. Quelles sont alors les règles de ce rite ? Quel en est le rituel ? Se réunir autour de confettis en linoleum pour marmonner tous ensemble des borborygmes incompréhensibles ? Mais oui mais oui... et le raton laveur il met la tablette de chichon dans  le papier hallu !

    Vous croyez avoir atteint le somment ? Que nenni. Un bon conseil : bouclez votre combinaison en néoprène, on va franchir le mur du çon.
    L'universalité de la situation est simplifiée par la contemporanéité des matériaux, comme si nous réussissions à regarder le présent en réduisant le temps qu'il contient.
    Oui, je vous avais prévenu... Ca grimpe très fort. J'ai mal à la tête. Vite un aspirine...

    Alors le linoleum en termes de matériau contemporain, on repassera ! Ensuite le caractère universel de la situation, excusez moi mais je pige pas. Je sais pas vous mais personnellement me retrouver nez à nez avec un fleuve qui parle et du linoleum éparpillé, tout en ayant conscience de réduire le volume de temps contenu dans le présent, j'avoue que ce sont des expériences encore inédites...
    En réalité, j'ai peur de comprendre tout à coup : Irène et des copines à elle se réunissent régulièrement dans un hangar agricole et là toute la nuit elles sniffent de la colle en mâchouillant des morceaux de linoleum, bercées par de la musique d'un autre monde tellement hardos que même au technival il n'en ont pas voulu. Et là, forcément, elles réussissent à "regarder le temps présent en réduisant le temps qu'il contient". Parfois elles s'amusent à démontrer le dernier théorème de Fermat en gobant des shots d'acétone et de ricoré. Une vraie junkie cette Irène...
    Le brouhaha de fond des jeunes filles, visualisées par l'artiste dans le dessin mural réalisé devient le grondement du fleuve, transformant l'eau en son et le fleuve en être."
    Voilà ce qu'il se passe quand on sniffe de la colle à linoleum : on voit des choses bizarres...  D'autres qui sniffaient du cactus hallucinogène voyaient des mouches bourdonnantes et des anneaux partout. Elle elle voit un mur qui parle et un fleuve vivant. Ben oui. Il paraît  que les plus grands artistes plongent dans la drogue, que ça stimule leur créativité. Regardez par exemple Jim Morisson, John Lennon, Kurt Cobain... dans la drogue. Regardez inversement Lara Fabian : elle ne se drogue pas !

    Au final cette expo était davantage à visiter pour son livret que pour ses oeuvres, un peu décevantes comme je l'ai déjà expliqué car le lien avec l'eau nous est apparu très lointain. Surtout pour cette pauvre Irène qui - elle - n'a pas du en boire souvent, de l'eau !

    24 septembre 2010

    Grisaille

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    Grisaille. Mon humeur de cette semaine est à l'image du temps de ce début de saison. Tantôt réjouie sous l'ondoyante lumière rieuse du couchant jouant avec la brique, sous les cieux indolents lustrés de nuages blancs. Tantôt versée à la mélancolie lorsque les superbes tourments joufflus tourbillonnent par dessus les toits et que volent les feuilles mortes emportées par Euros et Notos.

    L'automne, cette saison que j'aime tant, cette saison qui me va si bien. Changeante, entre vie et déclin, entre lumière et ténèbres, capable de la plus grande douceur comme de la plus vive violence. Elle invite à l'introspection. Un peu comme cette musique de César Franck que j'écoute en boucle ces jours-ci.  Une petite phrase, toute simple, à peine deux mesures, des couleurs souplement déclamées dans un  lyrisme dénué de sentimentalisme embourbant, et c'est déjà tout un univers qui s'offre à nous.


    César Franck, Petit Offertoire.

    J'aime son apparente simplicité, la déclamation de la "petite phrase" du début qui, telle la Sonate de Vinteuil sur Swann, me plonge dans un intense état de rêverie. La volupté de ses épaisses harmonies tourmentées me transporte à chaque fois vers un indicible bonheur paradoxal, pétri de larmes et resplendissant tout à la fois.

    Grisaille...

    La semaine fut chargée entre les réunions pédagogiques, la reprise des cours à l'université, les plannings pas prêts, les services administratifs débordés, les ordres et contre-ordres, les incertitudes multiples, les coups de speed, le temps qui passe, ponctuée toutefois de quelques agréables éclaircies dont un sympathique repas en compagnie de Lo Grelh et de Fitz.

    Heureusement le week-end s'annonce. Cela va me faire du bien. J'ai besoin de changer d'air.