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  • 8 octobre 2020

    Inktober avec un clavier #8 Dents

    5 commentairess


    Douce la nuit douce la lune
    Errance des ombres nocturnes
    Nouvelle agonie parmi les sycomores
    Tourments de ma chair que lentement
    Son sourire d'argent dévore

    7 octobre 2020

    Inktober avec un clavier #7 : Fantaisie

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    Sur une idée originale de Kozlika :

    Inktober, est un défi créé par Jake Parker en 2009 qui se déroule chaque année au mois d’octobre. Il s’agit de produire chaque jour un dessin inspiré par le mot du jour. Les dessinateurs publient leurs œuvres sur les réseaux sociaux avec le hashtag #Inktober et #Inktober2020 pour cette année.

    Je suis nulle en dessin mais l’idée me plaît bien. Je me la réapproprie donc — et vous invite à jouer avec moi — en produisant des textes et non des dessins. Je signalerai mes textes avec le hashtag #Iwak (Inktober With A Keyboard / Inktober avec un clavier).

    Je me joins à cette jolie initiative en cours de route, je rétrobloguerai les six premiers billets un peu plus tard (oui, c'est tricher mais je compte sur la mansuétude de la patronne).

    ***

    "Et trois œufs battus en neige ha ha ha !" Sous son tablier à fleurs, Irène était en transe. Dans la petite cuisine habituellement proprette, régnait une ambiance de fin du monde : Irène s'était mise aux fourneaux, ce qui augurait sans aucun doute un nouveau désastre. Gédéon le chat de la maison, l'avait bien compris en se réfugiant en haut d'une armoire. C'est que, voyez-vous, Irène cuisinait à l'instinct. Et contrairement à celui assez infaillible du matou, le sien était très approximatif.

    Voyez un peu l'ampleur des dégâts : ici une casserole de caramel était en train de prendre feu, laissant s'échapper des fumeroles alarmantes. Là, un monticule de moules en fer blanc de toutes sortes menaçait de s'écrouler sur le plan de travail, lui même envahi d'ustensiles dont Irène avait oublié l'utilité. Et pendant ce temps, au fond d'un saladier en pyrex, un mélange douteux composé de farine de maïs, d’œufs, de beurre, de yaourt à la fraise et de chair de crabe, subissait les assauts effrénés d'un batteur électrique à l'agonie, piloté d'une main de fer par une Irène plus incandéscente que jamais. 

    Intrigué par ce remue-ménage, Gédéon observait sa maîtresse en se léchant les babines. Un petit bout de quelque chose finirait bien par tomber au sol dont il pourrait se régaler. Quoique, à bien y réfléchir, la dernière fois qu'il avait léché un saladier; il avait été horriblement malade. Peut-être devrait-il faire preuve d'un peu de prudence cette fois. 

    Soudain Irène se précipita vers le réfrigérateur, en ouvrit la porte d'un grand coup et plongea la tête à l'intérieur comme un poule dans une mangeoire. Après quelques secondes de silence entrecoupé par le "blop-blop" du caramel sur le point d'atteindre la masse critique, Irène extirpa de ses rayons un bocal de moutarde ancienne à la violette. Un souvenir de voyage. Irène était sûre d'elle. 

    Ravie de sa trouvaille, elle en ajouta aussitôt deux généreuses cuillerées à soupe à la préparation : "Haha, un peu de fantaisie que Diable!".

    4 octobre 2020

    Inktober avec un clavier #4 Radio

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    Toujours en mode rétroblogage, je termine les quelques thèmes de cet Inktober avec un clavier. Ce billet est en réalité écrit le 13 novembre...

    Par le plus incroyable des hasards dont seul le Destin a le secret, il se trouve que la veille du 4 octobre, je me trouvais dans les locaux toulousains de la Radio FMR, pour participer en direct à l'émission Cross Over à laquelle j'avais été très gentiment convié par Benoît sur sollicitation de Da Scritch

    Quelques jours auparavant, en hommage à Quino, décédé le 30 septembre dernier, j'avais retwitté un billet écrit ici en 2013 sur Mafalda dont je dévorais les œuvres complètes alors que je séjournais à Buenos Aires le temps de quelques mois. Ce billet a manifestement beaucoup plu à quelques uns, au point de m'inviter à leur micro pour en parler. Ce que j'ai fait avec un grand plaisir, entouré d'une équipe super sympa qui m'a tout de suite mis à l'aise. Un grand grand merci à eux tous !

    Vous pourrez m'y entendre une grosse vingtaine de minutes, à partir 34'25.

    3 octobre 2020

    Inktober avec un clavier #3 Épais, massif

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    Toujours en mode rétroblogage, je termine les quelques thèmes de cet Inktober avec un clavier. Ce billet est en réalité écrit le 9 novembre.

    Ce nouveau confinement et la fermeture des salles de sport qui l'ont précédé, aura sans aucun doute les effets les plus délétères sur mon poids. Je me suis déjà épanché ici sur les affres que me fait subir ma balance depuis des années et les difficultés que j'éprouve à lutter contre mon métabolisme. Depuis plus d'un mois, mon activité physique a été divisée par dix, au bas mot... 

    Même si je fais attention, ou du moins essaye-je de faire attention à mon alimentation, il n'en demeure pas moins que j'ai faim et que je mange. Traversant qui plus est une phase de surcroît important de travail, le stress augmente et, avec lui, les fringales compulsives liées à un besoin farouche de récompense. Le pire étant le soir car, une fois chez moi, la tension de la journée retombe et jaillit alors un appétit de titan. 

    Ma consommation d'alcool a sensiblement augmenté. Le rhum arrangé préparé à mon retour de vacances l'hiver dernier, fond comme les glaces de l'artique. Ça non plus, ça n'aide pas à garder la ligne. Et dire que j'avais acheté un vélo tout bô pour aller pédaler le weekend en attendant que la crise passe et que les choses rentrent dans l'ordre.

    Les plus optimistes me verront épais et massif. Illusion que permet ma stature et je l'en remercie. Mais moi je me vois gros. Toujours plus gros...

    .

    2 octobre 2020

    Inktober avec un clavier #2 Brin, mèche

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    Toujours en mode rétroblogage, je termine les quelques thèmes de cet Inktober avec un clavier. Ce billet est en réalité écrit le 5 novembre...
     
    Voici donc une semaine que nous sommes en confinement pour la seconde fois. Lorsque cela est arrivé pour la première fois au printemps dernier, au-delà des désagréments liés à la limitation de nos déplacements, nous étions un certain nombre et probablement une grosse majorité à souffrir d'une grande détresse capillaire. Faute de se couper les cheveux pendant deux mois, nous avions la tignasse sévèrement touffue. Et pour le coup, nous étions tous logés à la même enseigne, ce qui permettait de mieux faire passer la pilule. Cette seconde fois nous remettra à coup sûr dans le même état.

    Or cela fait une bonne quinzaine de jours que j'avais prévu ou du moins que je prévoyais de me faire ratiboiser le scalp. En moyenne cela revient une fois par mois ou par mois et demi. Et la chose est facile, puisqu'il me suffit de traverser la rue en sortant du boulot pour me retrouver dans un salon où j'ai depuis deux ans mes habitudes. Le personnel y est aimable et, quoique subodorant l'hétérosexualité incurable des jeunes gens à qui je confie ma crinière opulente, il fait bon laisser ses yeux se balader sans pudeur ici ou là sur telle ou telle partie de leur anatomie. Il n'en est à ce jour aucun qui se soit plaint.

    Néanmoins, en raison d'un agenda débordant, je n'ai pas pris le temps de patienter sur l'un des fauteuils garni se skaï rouge qui m'aurait permis ensuite de m'emmitoufler dans une de ces capes vaporeuses destinées à imperméabiliser les vêtements aux cheveux coupés. Ce projet devait rester à l'état de projet. Et il le restera encore quelques semaines. 

    C'est donc avec une toison atteignant les limites de l'extrême tolérable que j'entrais pour la seconde fois en confinement, me trimballant jusqu'à Dieu sait quand avec une sorte de jungle tropicale sur la tête. Parfois je me demande si je ne vais pas mettre un bon coup de tondeuse à tout ça, histoire de temporiser. Même si, à ce que l'on dit, le ridicule ne tue pas, je crains que le remède, un poil extrême, ne soit cependant bien pire que le mal... Que faire quand le moindre coiffeur de quartier est fermé jusqu'à nouvel ordre ?

    "Une femme qui se coupe les cheveux est une femme qui s'apprête à changer de vie", disait Coco Chanel. Je crois hélas, que contrairement à une formule encore récemment en vogue, le changement n'est pas tout à fait pour maintenant.

    1 octobre 2020

    Inktober avec un clavier #1 Poisson

    2 commentairess

    Inktober, est un défi créé par Jake Parker en 2009 qui se déroule chaque année au mois d’octobre. Il s’agit de produire chaque jour un dessin inspiré par le mot du jour. Les dessinateurs publient leurs œuvres sur les réseaux sociaux avec le hashtag #Inktober et #Inktober2020 pour cette année.

    Je suis nulle en dessin mais l’idée me plaît bien. Je me la réapproprie donc — et vous invite à jouer avec moi — en produisant des textes et non des dessins. Je signalerai mes textes avec le hashtag #Iwak (Inktober With A Keyboard / Inktober avec un clavier).


    Attention, rétroblogage ! Ce billet est en réalité écrit le 2 novembre.

    Je continue en effet ici le défi #IWAK commencé le 7 octobre, sur une idée de Kozlika. Alors oui, le mois d'octobre est derrière nous, mais je m'étais promis de boucler la boucle, donc je m'y mets. Je tâcherai de compléter les six derniers billets dans la semaine, pour conserver le rythme d'écriture.

    Mine de rien, écrire au quotidien, ce que je ne fais jamais, qui plus est sur un thème imposé, et par voie de conséquence un thème pour lequel on n'a pas forcément beaucoup d'affinités, c'est tout un exercice. Sur certains j'ai véritablement séché, un peu esquivé en utilisant une photo ou en citant un extrait d'un texte que j'aime. Et puis, au fond, c'est mon blog et je fais ce que je veux... 

    Et puis écrire avec une régularité quasi métronomique, hé bien ça prend du temps en fin de compte. Un temps que l'on n'a pas toujours et qu'il faut prendre. Souvent j'ai écrit le soir, après souper, en regardant la télévision, comme aujourd'hui. Rétrospectivement, je m'étonne de l'implication et de l'énergie que j'ai pu y mettre, malgré certains jours de découragement parce que rien ne sortait.

    Finalement, mis bout à bout, ces bientôt trente billets constituent un petit opus à part qui me plait bien. J'aurai certainement plaisir à en relire certains. Et puis aller lire chez les copains ce que ce même thème inspiré est toujours intéressant. Un peu comme la photo du mois, défi photo auquel je participe avec régularité depuis des années qui m'a permis de découvrir quelques jolis blogs que j'aime aller lire. 

    C'est ça aussi la richesse des blogs, ces espaces d'expression libre où chacun peut prendre le temps de s'étaler avec plus ou moins de pudeur. Une sorte de slow-tweeting, si l'on peut dire. Non pas que je crache sur Twitter, bien au contraire, on peut d'ailleurs m'y trouver régulièrement. Mais ce n'est pas la même chose. Le blog est aux réseaux sociaux ce que le fourneau à bois est à la restauration rapide, en somme. Et j'aime beaucoup les plats mijotés.

    Pour terminer sur un jeu de mot foireux qui me permet de me raccrocher aux branches, j'ai vraiment mordu à l'hameçon de ce premier Inktober avec un clavier. D'ailleurs je propose de le renommer Blogtober pour la prochaine édition qui, n'en doutons pas, aura lieu l'année prochaine.

    Comment-ça les blogs sont morts ? Oui, et alors ?

    Etrange

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    Étrange sensation ce matin en passant à proximité de l'université. Depuis quinze jours, les cours ont lieu uniquement par visioconférence. L'université est quasiment vide. 

    En lieu et place des essaims d'étudiants qui chahutent joyeusement l'asphalte et de la cohue habituelle qui anime certaines rues du centre ville, régnait un calme inhabituel. Seuls quelques passants masqués foulaient d'un pas peu pressés les premières feuilles occies par l'automne. 

    Le calme. Je n'aurais jamais pu concevoir qu'un jour je pourrais trouver cela oppressant. 

    Étrange sensation en ce jour où le maire de Toulouse doit rencontrer le premier ministre pour évoquer la situation de la Ville Rose qui connaît une monté galopante des cas de contamination par cette cochonnerie de virus. Subirons-nous le même sort que Marseille ?

    Étrange époque que nous vivons-là...

    27 septembre 2020

    Ecrire... ou pas

    0 commentaires

    Écrire n'est pas toujours une chose aisée. Pourtant, hier tout semblait en place. J'ai en effet en tête une petite nouvelle que je veux écrire depuis plusieurs années. Il me semblait mûr, je pensais pouvoir la mettre par écrit, au moins un premier jet. Et puis, une fois installé devant mon clavier, la page demeurait désespérément blanche. Rien du tout. Je n'ai même pas su comment tourner la première phrase. 

    Alors, par fainéantise, je me suis mis à fouiller dans mes brouillons, pour voir si je n'avais pas un billet déjà bien avancé et que j'aurais pu terminer tranquillement en profitant de l'après-midi. Et j'en ai trouvé un. Encore une nouvelle dont j'ai entrepris la rédaction voici un an. La trame en est déjà bien avancée. Elle a un début et un milieu. Il ne manque plus que la fin dont je connais le dénouement. Mais, en reprenant la lecture, je me suis rendu compte que ça n'allait pas du tout et qu'il me fallait réaliser de nombreuses corrections, notamment pour que l'histoire commence plus tard car le début tel qu'il est rédigé n'a pas grand intérêt. Là encore, j'ai eu beau tourner le problème dans tous les sens, je ne suis parvenu à rien.

    Refermons les tiroirs et laissons tout cela reposer encore quelques semaines. 

    16 septembre 2020

    Dialogue d'et quart, mais light

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    « Bonjour Tambour, comment vas-tu ? 🌝

    — Bonjour toi ! Ça va bien, je te remercie. Et toi comment ça va ?

    — Non non non... pas de ça avec moi. Tu crois que je ne te vois pas éluder la question en y répondant par une pirouette ? Dis-moi vraiment comment tu vas et pas juste un « ça va bien ».

    — Ha... on en est là ?

    — Oui...! Je ne lâcherai pas le morceau.

    — Bon... alors... Par où commencer ?

    — Je te guide. Parle-moi du boulot. Tu as l'habitude de bosser beaucoup trop et de te tuer au travail. Je le sais, je te vois faire. Tu m'en as même parlé assez souvent. Tu devais prendre des résolutions... Tu en es où ?

    — Oui, c'est vrai, c'est vrai. Le boulot c'est aussi un refuge, bien que je sois un gros procrastinateur j'aime travailler. Me triturer les neurones, tout ça....

    — Stop, réponds à la question s'il te plait.

    — Alors oui, je devais prendre des résolutions comme je t'en ai déjà souvent parlé, et je crois que je m'y tiens. Ce n'est pas un changement radical, hein. C'est une transition en douceur qui commence par lâcher prise en faisant le ménage et en prenant de la distance avec les choses. Cet après-midi par exemple je me suis encore délesté d'un dossier casse-couilles. Cela ma couté un Chronopost à trente quatre Euros le délestage, mais franchement ma tranquillité vaut bien ça ! Tu vois, progressivement, je chemine. Je me prends beaucoup moins la tête depuis quelques semaines, même si je bosse toujours beaucoup. Lâcher prise, c'est vraiment le maître mot...

    — Et pas qu'au travail... 😏

    — Oui, bon, ça va hein... laisse-moi finir ! Bon...  Qu'est-ce que je disais déjà...? Oui, lâcher prise. Depuis quelques semaines, depuis la fin des vacances je me suis mis à la méditation. 

    — Non ? 

    — Hé si. Ça fait un bout de temps que des amis m'en parlaient, me disaient que cela me ferait probablement le plus grand bien et me conseillaient de m'y mettre. Et puis, bof, tu sais, on entend d'une oreille distraite, on se dit que pourquoi pas sans trop y croire, et finalement on n'essaie rien du tout. Hé bien figure-toi que j'ai téléchargé une application très connue sur mon téléphone pendant le confinement. C'était le moment idéal pour tester. 

    — Et ça t'a plu ?

    — Carrément !! Au premier essai j'ai dormi comme un bébé... incroyable. A chaque fois, le seul fait d'écouter la voix me plonge en quelques minutes dans un état de tranquillité vraiment dingue. Ça m'apaise profondément. Les premiers mois je n'étais pas du tout régulier. Je le faisais quand j'en avais le temps et l'envie, souvent le soir au moment de me coucher. Et depuis deux semaines, j'essaie de ritualiser un peu mon sommeil en faisant systématiquement une séance. Et je sens déjà que ça me fait du bien. Parallèlement j'ai mis en place un truc pour limiter l'usage du téléphone le soir. Passé vingt-trois heures, ça coupe. Plus de Twitter ni d'Instagram ni de tout le reste. J'essaie de travailler la qualité de mon sommeil de manière globale.

    — C'est super dis donc. Tu avais des problèmes se sommeil avant ça ?

    — J'en ai toujours. Je fais un peu d'apnée du sommeil. Il me faut vraiment prendre ça en charge car ça me joue de sacrés tours en termes de prise de poids. Je me trouve énorme en ce moment. Mais j'ai l'impression qu'avec la méditation du soir je dors un peu mieux et que je suis davantage reposé le matin. Il me faudra refaire un test du sommeil pour voir où j'en suis de tout cela.

    — Et ta vie perso, comment ça va ?

    — Ça va, ça va...

    — Tututututut...

    — Oui, oui, oui.... je vais développer. De ce côté-là rien de particulier à signaler.

    — T'es sûr ? 😎

    — Rhaaaaaaaa t'es chiant !

    — Voui... 😎

    — Bon, oui, depuis deux semaines je vois un garçon. Il termine son doctorat en mathématiques. Très sympa, un poil collant mais ce n'est pas gênant. 

     — Eeeeeeeeeeeeet ?

    — Attends attends attends, je te vois venir avec tes gros sabots... laisse-moi finir. Je ne sais pas trop où ça va, je ne me projette pas. Pour l'instant c'est la découverte. On parle beaucoup, hier soir on a mangé ensemble pour la fête nationale du Mexique, c'était cool. Et quand il vient passer la soirée à la maison, les chats-minous sont super jaloux quand il s'en va : ils sont en grosse demande de câlins. C'est très marrant.

    — Tu le vis comment, toi l'inoxydable cœur d’artichaut ?

    — Comme je te le disais, je le vis plutôt bien. Je sais qu'il est très en demande et je vois que je le suis moins. Parfois je m'interroge sur la place que je suis prêt à faire dans ma vie pour que quelqu'un puisse y trouver la sienne. Comme je te le disais au début, je bosse beaucoup parce que j'aime ça et aussi parce qu'une partie de mon boulot se confond avec ma vie personnelle. Tu vois, j'ai un gros projet que je voudrais finaliser d'ici deux ou trois ans. Un sacré truc qui va me demander beaucoup de temps, que je vais avoir plaisir à faire et tout. Et puis, pas plus tard que jeudi soir, alors que je discutais avec quelqu'un, pof ! Une autre idée très précise m'est apparue pour un autre projet, de même nature que le premier, mais qui me demandera un tout autre travail. Intellectuellement c'est hyper exaltant. Et puis parfois je lève le nez du guidon, je regarde autour de moi, je prends deux secondes de répit et je me pose cette question : Quelle place est-ce que je laisse à l'autre en ce moment même ? Réponse : aucune. Absolument aucune. Ma vie est pleine comme un œuf, je fais mille trucs, et le soir je suis crevé. Mais alors, me dis-je, quelle place suis-je prêt à laisser à l'autre ? 

    —  Et ?

    — Je n'en sais rien... Je n'en sais foutrement rien.

    — C'est dur comme constat...

    — C'est dur mais ouvrir les yeux fait du bien. Parfois je me dis que je suis profondément égoïste, ce qui est probablement vrai, et cela me rend triste. Je sais que j'ai beaucoup d'amour à donner mais pas n'importe comment et à n'importe qui.

    — Tu ne veux pas vivre en couple ? 

    — Si, si, c'est quelque chose qui me plairait. Mais ce n'est pas une fin en soi. J'ai croisé des gars qui ne supportaient pas d'être seuls, qui cherchaient absolument à se mettre en couple. Ce n'est pas mon cas.

    — Tu préfères être seul ? 

    — Oui et non. Disons que je maîtrise ma solitude. Depuis le temps que je l'ai apprivoisée, je sais la berner. Tu sais, j'ai été profondément seul une grande partie de mon adolescence. Cela ne veut pas dire que j'étais malheureux, pas du tout. Mais seul. Quelques amis, bien sûr, mais essentiellement seul. Au lycée j'étais le gros qui regarde un peu trop les beaux gosses, qui ne s'intéresse pas aux filles et qui est toujours parmi les premiers de la classe. Le mec qui n'est dans aucun clan. Celui qu'on n'invite pas aux soirées et dont on aime se moquer. J'ai subi les moqueries et une forme de harcèlement dont je garde une profonde rancune à l'égard de certaines personnes. Je rêve encore de leur casser la figure... Et donc pour en revenir à la solitude sentimentale, elle ne me dérange pas. J'ai toujours de quoi m'occuper, beaucoup d'amis avec qui sortir, boire, manger, aller au cinéma.

    — T'es célibataire depuis longtemps ?

    — Hou-là... ma dernière relation un minimum sérieuse remonte à il y bientôt trois ans. Je te l'avais raconté. Tu sais le mec qui habitait chez son « meilleur ami » avec un sens de l'accueil très approximatif ? 

    — Oui oui je me souviens parfaitement. Mais c'était il y a quatre ans très cher... 2016 ! 

    — Quatre ans ?? Ho putain...

    —  Hé oui... le temps passe ! Mais depuis... rien ? 

    — Ho, si quelques tentatives. Un garçon très sympa avec qui je suis toujours ami mais pour lequel je ne ressentais rien à ce niveau-là. Quelques jolis râteaux dont je ne t'avais pas vraiment parlé par manque de temps et manque d'envie. Et encore en février dernier un joli râteau que je t'avais raconté ici

    — C'est vrai que depuis quelques temps, tu me racontes moins, tu me parles moins qu'avant. Nos débuts étaient tellement flamboyants en comparaison...

    — Oui, c'est ma faute. Je suis souvent crevé le soir en rentrant chez moi et je n'ai pas la force de me mettre à écrire. Parfois je pense à un billet à te confier et puis je me dis que non, que je n'ai rien d'intéressant à te raconter, ou que ce que j'ai à te dire est un peu nul. Du coup je ne le fais pas et ça passe à la trappe. 

    — C'est dommage... Parfois j'ai l'impression que tu me délaisses.

    — Oui, je peux donner cette impression et je m'en veux. Mais tu sais que c'est faux. Tu sais, j'aimerais pouvoir renouer la même relation que celle que nous avions à nos débuts. Nos échanges endiablés, des billets postés tous les deux ou trois jours, des dizaines de commentaires... Mais les choses ont bien changé.

    — Hé oui, je sais bien. Mais... tu m'aimes encore, dis...?

    —  Bien sûr. Et ça tu le sais très bien.

    — A bientôt alors ?

    —  Oui. A bientôt ! »

    15 septembre 2020

    La photo du mois : The paire de chaussures

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    Bonjour à tous, nous sommes le 15 Septembre, date de notre rendez-vous mensuel avec La photo du mois.

    Chaque mois les blogueurs participants publient une photo en fonction d'un thème donné à l'avance. Toutes les photos sont publiées en même temps sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris (hé oui, parcequ'il y a des participants d'un peu partout dans le monde).

    Le thème de ce mois-ci nous a été donné par Xoliv' qui nous propose de plancher sur The paire de chaussures.

    Le copain blogueur nous donnait les indications suivantes :

    " & portées (pour la mise en scène) Parce que LES CHAUSSURES sont notre style, montrez moi/nous vos plus chics. Parce que s'il n'y en avaient qu'une ce serait cette paire... le plus simple VOUS LES PORTEZ, avec ou sans chaussettes, collants, poils, fermées ou nus pieds ... et d'en haut vous les prenez en photo ... attention alors à soigner la mise en scène ... vous pouvez aussi faire un autre point de vue, je ne vous en voudrais pas pourvu qu'elles soient portées. Allez montrez nous vos chaussures , vos chevilles, soyez smart ... c'est mon côté fétichiste."

    Ma photo du mois a été prise pas plus tard qu'il n'y a pas longtemps lors d'une escapade gourmande avec la copine Nekonezumi, à l'occasion d'une mise des pieds sous la table dont mes papilles sont encore toutes émues... Un très joli moment étoilé plein de saveurs et de couleurs, dans le très joli cadre d'une belle maison bourgeoise au milieu des champs. Le service étant qui plus est agrémenté d'un zehr shön graou serveur, ce qui ma foi ne gâche rien.

    La photo est peu floue, j'en suis navré. Ne vous méprenez pas, ce n'est pas dû au vin, mais à l'interférence d'une dalle de verre dans la table qui a permis ce prodige photographique : deux paires de chaussures portées, pour le prix d'une (Xoliv' reste calme je te prie...).

    Je ne vous ferai pas l'affront de vous révéler laquelle de ces deux paires est la mienne... 😃

    La photo du mois continue chez les autres blogs participants : Akaieric, Amartia, Betty, Blogoth67, Chris M, Christophe, Danièle.B, El Padawan, Escribouillages, Frédéric, Gilsoub, Gine, J'habite à Waterford, Jakline, Josette, Julia, La Tribu de Chacha, Laurent Nicolas, Lavandine, Lilousoleil, magda627, Marie-Paule, Marlabis, Nicky, Philisine Cave, Pilisi, Pink Turtle, Renepaulhenry, Sous mon arbre, USofParis, Xoliv'.