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  • 18 août 2010

    Au bord du Lac Léman - 1ère partie

    13 commentairess
    Nous sommes le 6 août, il fait beau, et j'ai la tête chargée d'images du Palais Idéal que je viens de visiter. Reprenant la route, je programme le GPS, enfourne un CD dans le lecteur, baisse un peu la climatisation, et engoncé dans mes lunettes de soleil mets le cap sur Evian, ma destination du jour.

    J'avais fait la connaissance de Olivier par blog interposé. Je ne sais plus comment j'avais atterri chez lui. Je me souviens seulement qu'il s'agissait d'un billet dans lequel il racontait la cérémonie par laquelle il avait acquis la nationalité d'un pays qui lui était cher. Un fort joli billet empreint d'une belle émotion à peine retenue. Mu par de puissantes envies de voyage et d'expatriation, ce billet ne pouvait que raisonner très fort en moi. Aussi je laissais un commentaire et entreprenais de lire son blog en diagonale. Bientôt c'est lui qui inonda chacun de mes billets de ses commentaires et nous nous mimes à discuter ponctuellement par mail ou sur notre page Facebook. Après un premier rendez-vous manqué en juin, nous avions décidé de nous voir cet été à l'occasion d'un pèlerinage personnel sur les traces de souvenirs Savoyards. C'était aujourd'hui le grand jour : celui de la rencontre !

    Il est dix-neuf heure passé lorsque j'arrive sur les hauteurs d'Evian, surplombant le Lac Léman. La vue est superbe et je ralentis l'allure pour apprécier le spectacle. Bientôt j'entre dans la ville, une pointe d'anxiété me titille. Un virage à gauche par ici, un demi-tour au rond point par là, me voici devant la porte. Pas le temps de descendre de voiture que déjà Olivier m'accueille à bras ouverts, volatilisant en quelques secondes ma carapace. Spontanément on se met à discuter comme si l'on s'était connu depuis toujours, de tout de rien, de blogs bien entendu, de nos vies, de voyages...  Hervé nous rejoint bientôt et continuons à trois le dialogue amorcé tantôt, tandis que, dans le jardin, du poulet mariné se dore la pilule sur la braise du barbecue. La soirée se prolongera jusque assez tard, le plus agréablement du monde, d'abord sous la voûte étoilée, puis à l'abri du canapé, une tisane à la main. Je ne pensais pas qu'un blog puisse en dire autant sur son auteur. Et pourtant les faits sont là : quoique ce soit notre première rencontre, nous nous connaissons déjà assez bien et la discussion file d'elle même, rebondissant d'un sujet à l'autre. Il est deux heures du matin, je tombe de sommeil après cette déjà longue journée passée sur la route.
    Cette nuit là, et les suivantes, je dormirais d'un sommeil de plomb. Un sommeil profond et paisible comme je n'en avais pas connu depuis presque deux mois. Je me sens ici comme chez des amis de toujours. Je me sens bien, tout simplement.

    Le lendemain, après un copieux petit déjeuner nous nous rendons au centre ville d'Evian que nous sillonnons l'appareil photo aux aguets, d'abord sur les bords du Lac Léman où nous flanons et prenons un petit café. Puis nos pas nous conduisent vers la source Cachat et les superbes thermes Art Nouveau où nous prenons une gorgée d'eau fraîche, et passons par l'incontournable place Charles de Gaulle avant de faire tous trois route vers la Suisse toute proche, toujours sur les rives du Lac.


    Nous passons la frontière au nez et à la barbe d'agents visiblement peu préoccupés par le va et vient des automobilistes et faisons halte à Saint-Gingolph où un simple ruisseau sépare l'Helvétie de la France. Nous poursuivons ensuite notre périple sous un soleil radieux, traversons Montreux et arrivons à Vevey. La vue sur le Lac et les Alpes est spectaculaire d'ici. Le spectacle est vraiment dépaysant. Nous arpentons les rives du Lac, nous arrêtons ici pour une séance de ricochets, faisons un coucou à Chaplin dont la statue reste stoïque aux sollicitations des touristes, admirons la fourchette géante de la fondation Nestlé, fichée dans l'eau par un colosse de passage probablement interrompu en plein festin par quelque nymphe espiègle. Le soleil déclinant fait scintiller l'eau de mille feux. Au loin passe un bateau dont on ne saurait dire s'il vogue ou s'il flotte dans les airs, terre et ciel s'évanouissant sur l'horizon.


    Après m'être laissé tenter - par pure solidarité pour Olivier qui avait quelques scrupules à s'empiffrer tout seul - par une gaufre fourrée au chocolat dévorée en trois bouchées, nous regagnons la voiture, longeons les rives du Lac et arrivons bientôt au magnifique petit village de Saint-Saphorin tout enrubanné de vignes. Un chemin au pied de l'église nous guide à flanc de colline parmi les vignobles verdoyants, offrant une vue dominante absolument époustouflante sur les alentours, sublimé par la douce lumière du couchant.


    Il se fait tard, la nuit peu à peu étend son voile cendré sur les hauteurs, nous regagnons nos pénates où nous attendent foie gras frais, magrets et vins du Frontonnais apportés initialement pour mes hôtes en remerciement de leur hospitalité, ainsi qu'une tarte aux abricots préparée le matin même par Hervé. Mais finalement, plus que pour de simples hôtes, c'est pour deux amis que j'ai revêtit mon tablier de cordon bleu et que je pris plaisir à leur partager quelques recettes de mon cher Sud Ouest.
    Le ventre bien rempli, confortablement installés dans nos transats, la soirée se prolongea encore une fois au delà du raisonnable, sous les étoiles, exactement.


    A suivre...


    16 août 2010

    Le Palais Idéal du facteur Cheval

    16 commentairess
    Il y a déjà quinze jours, je préparais distraitement mon voyage en terres d'Evian. En regardant le journal télévisé de treize heures sur TF1 (même pas honte... ) surgit une question existentielle : mais où diable se situe le Palais Idéal du facteur Cheval ? Un petit tour sur Google et la réponse tombe, comme une invitation : à Hauterives, à quelques petits kilomètres de Valence, dans la Drôme. Autrement dit pile poil sur mon trajet ! Depuis le temps que je rêve de voir ce monument hors du commun, l'occasion était trop belle pour la laisser passer. L'histoire du Palais Idéal c'est un peu l'histoire d'un homme perdu dans ses rêves. "Où le songe devient la réalité" est-il gravé sur le fronton d'une entrée coté Ouest. Un travail de titan, oeuvre folle, labeur d'une vie dans laquelle se mêlent fantasmes oniriques et douleurs d'un homme sur lequel le destin semble s'être acharné. Voilà qui est décidé : je ferai halte à Hauterives.

    Après avoir pris la route et quelques centaines de kilomètres plus loin, me voici à Hauterives en milieu d'après midi. Je me gare sur la petite place au centre du village, parmi d'autres badauds, et me laisse guider par le flot de passants allant et venant, se groupant en essaims autour des boutiques souvenirs qui n'ont pas manqué de fleurir un peu partout. Je m'acquitte des droits d'entrée et pénètre dans la cour. Devant moi se dresse  désormais le monumental édifice, ses façades tortueuses, ses reliefs noueux qui lui donnent ici des airs de cascade pétrifiée, là des aspects de palais oriental, là l'allure lointaine des grottes de Petra. Sensation très étrange de voir enfin de mes propres yeux les entrelacements gracieux quasi organiques enfantés par l'esprit d'un seul homme et dont je me délectais naguère sur papier glacé, d'en percevoir les volumes, d'en appréhender la matière, de toucher, sentir, entendre.


    Je me promène posément, flâne, admire une gravure par ici  - "La vie sans but est une chimère" est-il écrit en cercle sur un plafond - me prends à rêvasser par là devant un animal jaillissant de la roche, aime à me perdre dans le "labyrinthe" et ses fascinantes parois recouvertes de sculptures telles des lianes de lierres figées dans la pierre. La lumière est superbe et je prends des dizaines de photos. L'émerveillement est de chaque instants. Tout est profusion, abondance, débordement, folie créatrice, à la limite de la démence.


    Me vient en tête un air du "Trio en la mineur" de Ravel dont j'aurais aimé que l'air fut imprégné à cet instant :

    Oui, cette musique sied parfaitement au lieu. Ce thème presque étrange énoncé au piano, légèrement acidulé, presque hésitant, sur des harmonies un peu étranges ; puis, avec l'entrée du violon, le thème se délie, se déploie, devient généreux, s'humanise au son du violoncelle avant que la fougue, la passion, la douleur n'emportent tout dans leur élan contenu par une puissante introspection. A l'image du Palais. Cette oeuvre  de Ravel date de 1914, soit deux ans après que Cheval a terminé son Palais Idéal. Je n'avais pas fait le rapprochement chronologique sur le moment. Mais après coup je trouve que la concordance est finalement plus que bien heureuse.


    Soyons réalistes, écouter le Trio de Ravel en parcourant le Palais Idéal n'est resté qu'un voeux pieu : au lieu de cela, j'ai droit aux glapissement stridents de gamins survoltés que les parents laissent cavalcader librement dans un joyeux mais insupportable chahut. Tristesse... L'endroit mérite mieux que cela. Tant de beautés et d'étrangetés chimériques s'apprécient au calme d'une contemplation dénuée d'aspérités extérieures. Malgré tout je passe un agréablement moment, dans un endroit placé hors du temps, et voulu comme tel par son auteur.

    Un coup d'oeil à la montre m'extirpe de ma rêverie : il est dix-huit heures. Regagnant ma voiture, guilleret  et la tête pleine d'images, je sais que je reviendrai sûrement en ce lieu. Un jour où je pourrai tenir d'unique compagnie aux pierres esseulées, sous la quiétude d'un ciel d'hiver, parmi le froid et les feuilles mortes.

    En attendant, il me reste encore un peu de route pour rejoindre les bords du Lac Léman où m'attendent Olivier et les moutons.

    15 août 2010

    La photo du mois : Ombres Chinoises

    17 commentairess
    Chaque mois, les blogueurs qui participent à La photo du mois publient une photo en fonction d'un thème. Toutes les photos sont publiées sur les blogues respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Ce mois-ci, c'est Jo Ann qui a choisi le thème : Ombres Chinoises.

    J'avoue avoir eu bien des difficultés à traiter le sujet. Après plusieurs tentatives infructueuses, je me suis finalement résolu à tricher un tout petit peu. J'en appelle à votre bienveillante clémence.


    Vous aurez certainement reconnu la silhouette du Christ Rédempteur qui, du haut du Corcovado, domine la ville de Rio de Janeiro. Cette photo prise en janvier dernier lors d'un superbe voyage au Brésil, est le fruit bienheureux du hasard le plus total. En effet, nous survolions la baie de Rio en hélicoptère lorsque, approchant du géant aux bras déployés, le pilote amorça un panoramique autour de la majestueuse statue.  L'opportunité rêvée de réaliser quelques magnifiques photos. Sauf qu'étant mal placé dans la cabine, je fus contraint de prendre un grand nombre de clichés au jugé, laissant le destin maitre du résultat.

    Il faut croire que ce jour là était placé sous de généreux auspices : en est résulté cette photo, dont je dois avouer retirer une certaine fierté.

    En cette période estivale courrez vite à l'ombre des blogs participants à la photo du mois :Olivier, Anne, Véronique, Virginie, Shandara, Jo Ann, Sandrine, Fabienne, Damien, Marie, Nolwenn, Céline, Anne fra Sveits, Célia, Caro, Guillaume, Mandy, Titem, Cynthia, Caroline, Doremi, Sophie, Tambour Major, Nathalie, François, Mélanie, Célia, Chris, Godnat, Clara, Viviane, Sept Pour le Québec et Christophe .

    14 août 2010

    Reviendu !

    10 commentairess

    Ayé, après avoir parcouru environ 2000 Km et sillonné de magnifiques paysages du grand Sud Est de l'hexagone (et même un petit peu au delà), je suis reviendu de mes vacances à la montagne. Déjà. C'est passé tellement vite... Trop. 

    Et dire qu'ill y a tout juste une semaine, à la même heure, j'étais en train de discuter avec Olivier, un verre à la main. A moins que ce ne fut une tasse de tisane ? smileys Forum Hier encore je dévalais le long du flanc du toit de l'Europe, défiant des ondées passagères. J'en ai d'ailleurs encore mal aux pattes ! Et me voici revenu à la solitude de mon appartement Toulousain, des factures plein la boite à lettres, l'ordinaire quotidien refaisant surface avec toute la brutalité dont il est capable. Rhalalala... Pas de pitié pour les rêveurs !

    Comme vous raconter mes aventures prendra un peu de temps et que dimanche c'est la photo du mois, j'entreprendrai le récit de ces quelques jours - qui ne furent que rencontres, moments d'amitié incroyables, retrouvailles, joie et bonne humeur - lundi.


    Déjà fini.... snirf... 
    J'veux y retourner !!smileys Forum

    5 août 2010

    Manifeste du Poil

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    " Chaque année de par le monde, des millions de poils se font exterminer dans des conditions abominables : cire, rasoir, tondeuse, procédés dépilatoires barbares.
    Chaque années des milliers de torses velus, des centaines de douces papattes délicatement ourlées se trouvent atteints par une insipide et froide glabreté.
    On fait le silence sur ces millions de poils innocents.
    Pour que cesse le massacre, pour que cesse la dictature des corps lisses, je déclare que ce Blog respecte le Poil. "

    Cliquez sur l'image pour en obtenir l'adresse dans une nouvelle fenêtre.


    N'hésitez pas à utiliser le texte de ce manifeste ainsi que le logo sur vos blogs respectifs.

    Ubi pilum ibi gaudium

    3 août 2010

    En transit !

    17 commentairess
    Pas trop le temps de trainer en ce moment. A peine rentré de ma première - exténuante - semaine de vacances, il me faut déjà préparer la suivante ! Allez, hop hop hop, on garde le rythme d'ici le le grand départ de vendredi matin. En attendant la machine à laver et le fer à repasser tournent à plein régime et surtout, je dors comme une marmotte. Je suis lessivé ! Et j'ai plein de retard dans la lecture de tous les blogs. Je sais pas si j'aurai le temps de tout boucler d'ici là... Heureusement cette seconde semaine sera véritablement consacrée au repos, au calme, à la sérénitude et au changement d'air, de visites en randonnées (si le temps s'y prête).
    Vendredi donc, à l'heure où blanchit la campagne, je partirai pour une longue route d'environ 700 Km qui va me conduire de Toulouse jusqu'aux rivages du Lac Léman à la rencontre de Olivier et des moutons. En chemin j'ai prévu de faire halte quelques heures dans la Drôme, non loin de Valence, pour aller visiter le Palais du facteur Cheval sur les images duquel je bave depuis de longues années. Alors pour le coup, je prends mon temps et je profite ! Passé le week-end qui s'annonce très riche, je redescendrai vers la vallée de la Maurienne sur la trace de souvenirs d'enfance que je m'étais promis de retrouver en avril dernier, accueilli par Revigo chez qui nous rejoindra un ami commun, en exil de Paris pour quelques jours. Nouvelle rencontre, retrouvailles, boustifailles et promenades seront à n'en pas douter de la partie.


    A y bien réfléchir, c'est un peu foufou comme projet. D'une part jamais je n'ai conduit si loin tout seul. En soi cela ne me fait plus peur que cela. Mais surtout je vais loger chez des personnes que je ne connais pour ainsi dire pas, sinon par l'intersession de nos blogs pour l'un, d'un forum pour l'autre, pour les deux de mails et / ou de conversations téléphoniques. Un grand pas dans l'inconnu, un rien angoissant, mais terriblement excitant

    24 juillet 2010

    Living a boy's adventure tale

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    Ca pourrait être l'autre titre de ce blog, a boy's adventure tale. Titre inspiré d'une chanson extraite du premier (excellent) album du groupe A-Ha que je réécoute en boucle depuis hier grâce - ou à cause - au billet d'Olivier qui nargue la planète entière parce que Môssieur va bientôt aller les voir en concert... Pffffff... comme si j'étais jaloux ! smileys Forum

    Je n'avais pas suivi l'actualité du groupe depuis très très longtemps, à vrai dire j'avais lâché prise à la sortie de leur troisième album. Hier je me suis donc octroyé une petite séance de rattrapage et il y avait de quoi faire car même si A-Ha n'est plus trop présent en France, le groupe reste néanmoins actif, de séparation en retrouvailles, plusieurs albums ont vu le jour. Et je dire dire que dans l'ensemble la production  - 25 ans de carrière tout de même ! - reste de bonne facture, avec une mention particulière pour Analogue sorti en 2005 que j'ai particulièrement apprécié. Malgré les ans, A-Ha est resté fidèle à lui même, à son univers sonore et mélodique, sans compter la très belle voix de Morten, le chanteur charismatique du groupe.

    Mais pour moi A-Ha restera à jamais associé à l'album de ses débuts, celui de tous les tubes : Take On Me, l'étourdissant The Sun Always Shine On TV...  Etrangement - en fait non, ce n'est pas étrange du tout - une chanson ressort du lot, qui me fait vibrer un peu plus que les autres, finalement plutôt musicalement proche d'une autre dont j'avais déja parlé en ces lieux. Cette chanson est celle dont le titre est également celui de ce billet. Un brin nostalgique, un rien équivoque, mais surtout puissamment sensuelle, elle fait fonctionner mon imaginaire à trois-cent à l'heure


    Bon, tout ça pour vous dire que, comme tous les ans à la même époque, j'abandonne momentanément la Ville Rose pour continuer mon boy's adventure tale un peu plus loin, au pays de la Grotte Miraculeuse pour une semaine musicale, pas reposante du tout mais terriblement ressourçante. Ca va me changer les idées, me faire sortir de la fac et de mon train train, et c'est déjà beaucoup. Le repos sera pour un peu plus tard. Je vous en reparlerai. D'ici là, point de connexion internet pour bloguer, vous lire ou vous commenter.  Erf... Pleurez pas, soyez forts.

    Ha, si, avant de partir, je ne résiste pas au plaisir - en mode petit clin d'oeil - de vous faire partager cette génialissime réponse de Alice Sapritch dans l'émission Le Jeu de la Vérité où elle répond à la question : "Fréquentez-vous toujours les homosexuels". La grande classe...


    Elle est pas belle la vie ? smileys Forum

    Je vous dit à dans une semaine. Portez-vous bien !

    21 juillet 2010

    Quand Cupidon me dit "merde"

    22 commentairess
    Je vais finir par me croire irrémédiablement fâché avec Cupidon.

    L'autre soir je me suis retrouvé chez un mec rencontré sur le net. Pas le genre de gars vers lequel je serais allé spontanément ; un très beau garçon tout de même.  Grand, les traits doux, de mon âge, bien bâti. A vrai dire c'est lui qui a fait le premier pas. Un premier message, puis un second, une amorce originale qui nous a amené à papoter un peu. Nos solitudes se sont croisées et quelques heures plus tard voici que je me retrouve assis à ses côtés, installés dans son vaste canapé de cuir brun.
    Nous avions été très clairs dés le départ. Je le suis toujours sur mes attentes. L'un comme l'autre ne cherchions pas à tout prix le grand amour, lui en particulier sortant d'une relation houleuse dont il voulait se remettre, mais laissions la porte ouverte à une l'éventualité d'une romance.  Un plan cul en somme. Et plus si affinité. C'est ma philosophie du moment  depuis quelques temps déjà :  garder l'oeil ouvert et laisser l'amour venir à moi plutôt que m'épuiser à lui courir vainement après.  Cela vaut ce que cela vaut.

    La discussion s'est engagée spontanément, librement, sans que nous eûmes besoin de nous forcer, mis mutuellement et immédiatement en confiance. D'ailleurs les doutes s'étaient volatilisés dès les premières secondes où nous nous sommes vus, alors qu'il m'attendait à la sortie du métro. Visiblement le feeling était réciproque. Nous avons beaucoup bavardé, longuement, agréablement, de tout, sans trop de retenue. On s'est raconté nos vies, nos envies, nos amours perdues, nos désillusions, notre quotidien, certains souvenirs. On a même ri. Progressivement nous nous sommes rapprochés, lentement, laissant nos  mains puis nos corps s'exprimer de plus en plus librement, jusqu'à ce que les mots deviennent superflus. J'ai ressenti une jolie complicité, chacun comprenant les attentes de l'autre, avec beaucoup de douceur, guidés par le discours de nos regards. Je crois que l'un comme l'autre avons pris un pied fantastique (rassurez-vous, j'ai tout à fait conscience du caractère hautement prétentieux de cette dernière affirmation). Les sangs gorgés d'endorphines, nous remettant de nos émotions, nous avons à nouveau discuté, de choses et d'autres, toujours dans la même simplicité. Nous aurions certainement pu continuer ainsi jusqu'aux premières lueurs du jour s'il ne m'avait fallu me lever tôt le lendemain matin.

    Tandis qu'il récupérait le chat qui s'évadait dans les escaliers, j'ai hésité à l'embrasser une dernière fois. Je ne l'ai pas fait. Par peur de paraître lourd et ridicule. Mes sentiments m'effraient parfois... J'en avais pourtant bien envie.

    Arrivé chez moi, je lui envoie un texto le remerciant pour ce moment très agréable. Je lui dis à bientôt. Il me répond sur le même ton et dans les même termes. Cette nuit là je dormirai d'un profond sommeil.

    Hier je lui ai envoyé un nouveau texto pour prendre de ses nouvelles. Je pensais à lui, à cette soirée formidable, au plaisir que j'avais eu à le serrer contre moi.  Pas de réponse. Aujourd'hui je découvre qu'il a supprimé son profil sur le site où nous nous sommes rencontrés. Et toujours pas de réponse à mon message. L'évidence est là qui me brûle les yeux. J'ai compris et ne m'acharnerai pas.

    Je sais combien cette situation ridicule peut me faire paraître pathétique et entends d'ici les sarcasmes  - justifiés - jaillissant de toutes parts : "Ha bé oui, de toutes façons tu l'as dit toi même, vous vous êtes clairement dit que vous ne cherchiez rien de spécial, ni l'un ni l'autre, banane !". Certes, je ne nie pas.  Je suis un couillon. C'est exactement ce que nous nous sommes dit. Pourtant...

    Et pourtant, aussi con que cela puisse paraître, je me suis posé beaucoup de questions au sujet de ce  charmant garçon. Non non, quoique je sois un authentique coeur d'artichaut (barricadé derrière une épaisse  mais néanmoins fragile carapace) je ne suis pas déjà tombé amoureux. Non, il m'en faut un peu plus pour ça.  Un tout petit peu plus. Peut être pas tant que ça finalement. Mais  j'avoue que cette très belle rencontre avait rouvert en moi le champ des possibles, cette porte longtemps restée fermée, qui s'est à nouveau entrouverte, trainant dans son sillage un cortège de potentialités, comme autant de positions à examiner sur un échiquier  géant dont je serai le Roi. J'aurais bien aimé le connaître davantage et voir si cette rencontre d'un soir - aussi agréable fut-elle - pouvait déboucher sur quelque chose d'un peu plus abouti, ne serait-ce qu'une amitié. Car je suis persuadé que nous aurions beaucoup à échanger. Il faut croire que les Parques en avaient décidé autrement.

    Au final c'est un sentiment mitigé qui m'imprègne. D'un coté une forme d'espoir . Oui, des garçons bien, équilibrés dans leur tête, qui me plaisent et à qui je puisse plaire, ça existe. La preuve, j'en ai rencontré un.  C'est donc qu'il doit y en avoir d'autres. Mais d'un autre coté, c'est une sorte de découragement : tout est à reprendre à zéro...  Des comme lui je n'en ai pas croisé souvent. Ho ça non. Et sans même laisser une chance à quoi que ce soit, Cupidon m'adresse une formidable et retentissant "merde", net et sans appel.
    C'est parfois con la vie...

    15 juillet 2010

    La photo du mois : La Gourmandise

    35 commentairess
    Chaque mois, les blogueurs qui participent à La photo du mois publient une photo en fonction d'un thème. Toutes les photos sont publiées sur les blogues respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris.

    Ce mois-ci, le thème est : La gourmandise.


    « À midi, ils virent un joli oiseau sur une branche, blanc comme neige. Il chantait si bien que les enfants s'arrêtèrent pour l'écouter. Quand il eut fini, il déploya ses ailes et vola devant eux. Ils le suivirent jusqu'à une petite maison sur le toit de laquelle le bel oiseau blanc se percha. Quand ils s'en furent approchés tout près, ils virent qu'elle était faite de pain et recouverte de gâteaux. Les fenêtres étaient en sucre.
    - Nous allons nous mettre au travail, dit Hansel, et faire un repas béni de Dieu. Je mangerai un morceau du toit ; ça a l'air d'être bon !

    Hansel grimpa sur le toit et en arracha un petit morceau pour goûter. Grethel se mit à lécher les carreaux. On entendit alors une voix suave qui venait de la chambre :
    - Langue, langue lèche ! Qui donc ma maison lèche ?
    Les enfants répondirent :
    - C'est le vent, c'est le vent. Ce céleste enfant.
    Et ils continuèrent à manger sans se laisser détourner de leur tâche. Hansel, qui trouvait le toit fort bon, en fit tomber un gros morceau par terre et Grethel découpa une vitre entière, s'assit sur le sol et se mit à manger. La porte, tout à coup, s'ouvrit et une femme, vieille comme les pierres, s'appuyant sur une canne, sortit de la maison. Hansel et Grethel eurent si peur qu'ils laissèrent tomber tout ce qu'ils tenaient dans leurs mains. La vieille secoua la tête et dit :
    - Eh ! chers enfants, qui vous a conduits ici ? Entrez, venez chez moi ! Il ne vous sera fait aucun mal.

    Elle les prit tous deux par la main et les fit entrer dans la maisonnette. Elle leur servit un bon repas, du lait et des beignets avec du sucre, des pommes et des noix. Elle prépara ensuite deux petits lits. Hansel et Grethel s'y couchèrent. Ils se croyaient au Paradis.»

    [J. & W. Grimm, Hansel et Grethel, Extraits] 

    Le régal continue chez les autres participants à la photo du mois.Allez vite commenter les photos de Olivier, Anne, Véronique, Virginie, Shandara, Jo Ann, Sandrine, Fabienne, Damien, Marie, Nolwenn, Céline, Anne fra Sveits, Célia, Caro, Guillaume, Mandy, Titem, Cynthia, Caroline, Doremi, Sophie, Nathalie, François, Mélanie, Célia, Chris, Godnat, Clara et Viviane.

    14 juillet 2010

    "Pratiques particulières" - A lire chez Tarvalanion

    13 commentairess
    Tarvalanion vient d'achever la publication sur son blog d'une série de billets forts intéressants sur des pratiques sexuelles très mal connues du grand public (à commencer par moi même) souvent considérées comme d'épouvantables déviances : le BDSM.
    " BDSM est littéralement un acronyme pour Bondage & Discipline, Domination & Soumission, Sado Masochisme. 
    Ce qu'on appelle le BDSM relève donc de l'une ou l'autre de ces pratiques, prises séparément ou conjointement ; et par extension de pratiques annexes qui peuvent se lier à l'un ou l'autre de ces thèmes.
    La définition littérale (littéraire ?) posée, la compréhension de ce qu'est le BDSM n'est pour autant pas plus claire, tant elle laisse paraitre une variété infinie de concept et de pratiques. On va donc essayer de rentrer un peu plus dans le détail.

    C'est quoi, le BDSM, alors ?
    C'est un jeu, sexuel ou connoté sexuellement, entre deux personnes, l'une (dominateur) prenant le contrôle du jeu, l'autre (soumis) abandonnant l'initiative au premier.

    C'est un jeu, donc le but est de s'amuser."

    Outre son expérience personnelle, les billets comportent un certain nombre de témoignages, anonymes ou non, sur le vécu réel d'adeptes du BDSM, très loin des clichés gores et crades véhiculés par la presse de bas étage et certains films ultra gores.  "Vu le sujet, il est possible que vous soyez choqué, voire très choqué" prévient Tarvalanion. Certes, certains propos dérangent, piquent un peu. D'autres suscitent la curiosité. On n'est pas obligé d'aimer, on peut même franchement détester comme le rapporte l'auteur à propos du mari d'une lectrice, horrifié. Le but n'est pas de convaincre ni de convertir. Mais de lever le voile sur une autre façon de vivre sa sexualité. 

    Ces billets sont une somme intelligente, sans tabou, évitant l'écueil de la vulgarité au profit de la vulgarisation et qui, au delà d'un certain nombre de réponses apportées, invitent à une réflexion globale sur sa propre sexualité, sur ce que l'on fait, sur ce que l'on aime ou que l'on refuse d'aimer, par peur ou/et ignorance. Et ne plus avoir peur de soi-même.