
Le front appuyé sur la vitre froide, je contemple la beauté du néant. Moi le garçon qui hier encore se délectait de l'insouciance des jours du haut de ses vingt ans, et qui aujourd'hui au seuil de sa vie d'adulte, se demande qui il est vraiment. Par inadvertance mon regard croise mon reflet sur le verre. Et ce que j'y vois me dégoute. La nuit est si belle...
Mais voici que le ciel constellé d'étoiles blanchit peu à peu tandis que sous lui s'éveille l'astre du jour dans sa pâleur diaphane, transperçant d'abord avec mollesse l'écharpe de brume enveloppant l'horizon. Le voici, il est là le soleil rougeoyant, ce coloriste prodigieux qui, dans un éclat insoutenable, éclabousse soudain l'univers de pourpre, de violine et de magenta. Sous les coups de ses pinceaux les ténèbres se replient. Dans une lutte sans merci l'obscurité se débat en un tumulte extraordinaire dissimulé par la sublimité étourdissante la scène. Les ombres foudroyées s'évanouissent, se dissolvent, englouties par un irrésistible déluge de lumière. Progressivement le paysage se dévoile, la vie reprend son cours.
Le combat n'aura duré qu'un instant. Ce court instant ou transparait dans toute sa splendeur la sublime épaisseur du jour et le vide de l'existence.
C'est une nouvelle journée qui commence.
Une journée presque ordinaire.
Prem's !
RépondreSupprimerHonoré de Balzac ?!?
RépondreSupprimer:)
Magnifique ode au levé du soleil!! J'adore!
RépondreSupprimerbeau et spleen ....
RépondreSupprimerQuand je suis en vacances, j'aime me lever juste avant l'aube, et admirer le lever du jour derrière la véranda. Voir les couleurs revenir graduellement est ce qu'il y a de plus beau.
RépondreSupprimerPour apprécier la beauté du jour, il faut connaître celle de la nuit. La lumière n'a finalement de sens que dans son opposition aux ténébres. La nuit recèle des trésors que seuls certains peuvent admirer. Le passage de l'obscurité nocturne à la clarté diurne est une de ces merveilles qui renait chaque jour...
RépondreSupprimerDepuis ce matin, je reviens ici, juste pour écouter ton deezer du jour!
RépondreSupprimerTiens, en cette fin de journée, un petit lien sympathique !
:)
Saisir le moment ou tout se mélange, le moment où le ciel et la terre se confonde, où la mer emplit le ciel. Attention la folie nous guette (et tant mieux)
RépondreSupprimerXenakis en présente sa vision : http://www.youtube.com/watch?v=MtlKm-uKfTM&
… Et après on vit son quotidien un peu différent … On ne peux pas rester indifférent à ces moments rares et magiques.
Attends midi, et parviens à la délivrance de l'inconnaissance...
RépondreSupprimerAu matin - Peer Gynt
Ambiance différente
http://www.youtube.com/watch?v=PAbwMGZtIsY&feature=related
@ Gildan : Non, son beau-frère ;)
RépondreSupprimer@ Alban : Ce n'est pas tellement le lever du soleil qui me plait, mais cet instant, juste avant, qui dure quelques secondes. Ca me plonge dans un spleen incroyable.
@ Akenaboy : Je vois qu'on se comprend :)
@ Bashô : Quand je suis en vacances j'aime bien dormir tout mon soul. C'est pendant l'année où je me lève très tôt par la force des choses que j'observe la magie de la nuit mourante. L'effort du lever a au moins cette récompense.
@ Ek91 : Absolument. Et la nuit est un univers extraordinaire. Chez mes parents à la campagne la nuit est aussi belle que le jour, et les cieux d'une pureté cristalline.
@ Gildan : Très sympathique en effet, et dans un esprit fort différent de Ases Tod.
@ Pianiste : Effectivement, ce de la folie hirsute ! Je ne connais pas la musique de Xenakis, du tout. Encore un terrain de découvertes à explorer !
@ Hervé : Si j'aime beaucoup cette scène pastorale dont j' admire autant les thèmes, la beauté formelle que la noblesse harmonique. Cependant si j'avais à décrire le lever du jour,je trouve qu'elle s'inscrit chronologiquement après Ases Tod : la vie après le néant. Une vie un peu fleur bleue néanmoins. C'est une appréciation purement subjective.
Xenakis ce n’était pas le lever du soleil, c’était l’instant d'avant, blafard et hésitant, où tout bascule, et que tu as fort bien décri… Voyant le joli Grieg je ne peux pas m’empêcher d’envoyer ma référence pastorale de lever du soleil, beaucoup plus banal mais que de belle lumière, que de luxe sonore … Un peu convenu mais tellement confortable … (Musique régressive ?)
RépondreSupprimerTambour ou le nouveau poète :)
RépondreSupprimer@ Pianiste : J'avais bien compris. C'est très intéressant de voir combien la perception d'un même événement est subjective. Ne t'y trompe pas, ma playlist ne s'adresse ni aux ténèbres ni au lever du jour, mais à cette phase transitoire où ce n'est ni plus vraiment la nuit, ni encore exactement le jour, quelques secondes avant le lever du soleil. On ne sait alors plus si c'est la nuit qui tombe ou le jour qui se lève. Tout est suspendu, et le spleen s'invite.
RépondreSupprimer@ Anthonygay : N'exagérons rien... D'autres bloggueurs s'adonnent à cet exercice avec une verve qui force l'admiration.
Tu es bien mélancolique, viens te blottir dans mes bras ;-)
RépondreSupprimerAh mais c'est l'inverse en ce qui me concerne (les horaires)...
RépondreSupprimer"On ne sait alors plus si c'est la nuit qui tombe ou le jour qui se lève" à mon avis c'est la même chose pour mes coqs et sortent plutôt que rentrer!!;-)
RépondreSupprimerMais pourquoi, pourquoi tant de haine contre son reflet? Il avait du talent pour écrire, ce jeune homme, ou il en aurait un jour d'octobre 2010!
RépondreSupprimerJ'ai bien ressenti l'étrangeté et la froideur de la nuit, quel soulagement lorsque le jour vient rompre notre ombre envahissante. Et je me suis vautré avec délectation dans les nuances de rouge-violet et...J'en veux encore,encore!!!
@ Kitt67 : Mets une bouteille de Gewürz au frais et j'arrive :)
RépondreSupprimer@ Nigloo : Côt côt côôôt ?
@ Flavien : C'est un vaste chantier, cette ombre qui me regarde et que j'essaie d'apprivoiser. Ou à moins que ce soit elle, je ne sais plus trop.