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  • 12 février 2010

    Epopée Brésilienne - Episode 4 : Goiania, la ville où l'on ne va pas...

    Enfin, en principe... Car nous, ben, on y est allé !

    Goiania se réduisait il y a 30 ans à une simple rue bordée de quelques rares bâtiments et bornée à chaque extrémité par une station service. Aujourd'hui la ville compte prés de 2 millions d'habitants. Cette croissance exponentielle ne l'a pas épargnée d'un urbanisme aussi galopant que chaotique... La ville ne présente aucun charme, faute d'historicité ou d'un passé quelconque dont elle pourrait se prévaloir. Ce n'est donc pas un hasard si cette ville ne figure au catalogue d'aucune agence de tourisme...
    Le seul (?) point attractif est un gigantesque centre commercial hyper bruyant,  autant que les brésiliens sont capables de l'être, dans lequel s'amasse le soir venu toute la jeunesse désoeuvrée. Quand j'écris "bruyant", je pèse mes mots... Le brésilien aime le bruit. Enfin, il en fait beaucoup. Plus encore que les espagnols pourtant déjà très généreux point de vue décibels. C'est à croire que le chahut les rassures dans l'immensité des steppes sauvages qui les entoure. Car sitôt quittée la ville, la nature reprend ses droits sur des kilomètres carrés à la ronde, à perte de vue.

    Mais alors, que faisions nous au beau milieu de ce no-man's-land me demanderez-vous ? 
    Hé bien chez lecteurs épris d'anxiété devant un suspens aussi haletant, nous étions là pour visiter une exploitation agricole. Haaaaaa !! Ca vous en bouche un coin hein ?
    Hé oui. Le Brésil est l'un des premiers producteurs mondiaux de pas mal de denrées alimentaires dont le soja et la canne à sucre, sur des superficies purement hallucinantes puisque dépassant facilement pour les plus modernes d'entre elles la taille de 5000 hectares. Nous étions donc accueillis par l'un des responsables d'une des coopératives agricoles du coin afin de nous rendre compte des enjeux de l'agriculture mondiale. 
    Alors, si j'ai retenu une chose c'est que en fin de compte, le soja... c'est nase ! Vous croyiez vous faire du bien en éliminant le lait de vache au profit de lait de soja ? Vous pensez que le toffu c'est bon à la santé ? Certes certes... Mais savez vous que la France arrive péniblement à couvrir 5% de ses besoins en soja et importe en conséquence les 95% restants ? Et que les principaux exportateurs mondiaux sont sur le continent Américain, sur lequel les OGM sont rois ? Et saviez vous ensuite que si chez nous le Roundup est interdit sur culture, il ne l'est pas là bas ? Hummm le bon soja OGM au roundup... Voilà qui fait réfléchir. En fait la filière alimentaire est juste pourrie de bout en bout et s'alimenter sainement devient impossible. Ne me parlez pas du Bio, je pourrais vous en dégouter en quelques lignes (dans un prochain article peut-être).

    Autre question : la canne à sucre. Les producteurs se sont rendus compte que faire de l'éthanol rapporte beaucoup plus que le sucre. D'autant que le Gouvernement Lula a conduit une politique énergétique très incitative au profit de ce nouveau carburant qui alimente la majorité des véhicules neufs circulant sur les routes brésiliennes. Certes... Sauf que du coup, il y a moins de sucre sur le marché, ce qui, par un effet de balancier, en fait sensiblement augmenter le prix. Du coup le sucre est en passe de devenir un produit de luxe dans certains des pays les plus défavorisés... M'est d'avis qu'elle tourne pas très rond notre planète !
    Bref, la visite fut néanmoins très instructive.

    La journée fut clôturée par une garden party dans une dépendance de la propriété, une maison de type colonial, entourée d'un jardin paradisiaque : pelouses vertes, bougainvillier géants en fleurs, des nuages de perroquets qui bavardent de branche en branche... Un verre de cahipirinha à la main, la fine pluie du soir sous laquelle je déambule me rafraîchit à peine. Pendant quelques instants je me prends pour Nicole Kidmann dans Australia, parmi le balais des arbres qui ondoient sous l'onde tropicale et les chants de la nuit tombante.

    J'ai un peu la gerbe.

    Depuis la veille au soir de méchantes douleurs me vrillent les intestins qui doivent à présent ressembler à des scoubidous tellement ils doivent avoir été tortillés dans tous les sens. Malgré tout je profite du cocktail apéritif avec appétit, espérant que l'alcool aura des vertus aseptisantes, ce qui s'avéra une erreur regrettable ! 

    Mon mal au bide ne fut hélas pas le pire des maux. Le patron avait cru agréable d'inviter les copains de son fiston afin de doter la soirée d'une ambiance musicale de qualité. Si apocalyptique a un sens, c'est ce mot précis qu'il convient d'utiliser à leur sujet. Une exécution en bonne et due forme, un véritable attentat qui prêtait d'abord à rire, avant qu'il ne prête à pleurer... M'esquivant subrepticement entre deux services de viande grillée, je trouvai finalement refuge à l'arrière de la terrasse où je m'allongeai sur le carrelage tiède, une douce léthargie me gagnant peu à peu.

    Un peu plus tard (je ne saurais dire exactement combien de temps, m'étant agréablement assoupi), nous rejoignons l'hôtel, non pas à Goniania, mais dans un petit patelin proche de là où nous nous trouvions. Un petit hôtel formidable dont je vous vanterai tantôt les charmes qui ne manqueront pas de vous faire succomber !


    A suivre...


    Episodes précédents : Départ, Autour de Salvador, Salvador

    2 commentaires:

    1. Depuis 6 ans que je vais au Brésil: jamais entendu parler de cette ville, j'ai cherché sur Wikimachin....
      Et pour avoir visité une grosse exploitation agricole j'en suis sorti songeur!!!! Quant au bruit je demeure souvent dans un quartier populaire et je prends mon stock de boules quiès pour les nuits. Mais qu'ils sont sympa les brésiliens

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    2. @ Alain :Bah j'ai bien fait d'y aller en éclaireur en somme. Maintenant tu sais pourquoi tu n'as jamais mis les pieds dans cette bourgade. Brasilia doit être nettement plus intéressante, ne serait-ce que pour son architecture.

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