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  • 24 février 2011

    Ultima necat

    Ce matin j'ai reçu un mail d'un ami. Pas mon meilleur ami ni un ami très proche. Disons plutôt un copain, quelqu'un que j'aime bien, que je vois de temps en temps au détour d'un concert et avec qui les discussions sont toujours passionnantes. Nous étions en train de papoter technique et théorie sur un sujet qui constitue l'un de nos points de convergence et, au détour d'une taquinerie, je l'invitais à un événement prochain auquel  j'aurais aimé qu'il fut présent.
    "Normalement, je devrais être encore vivant... mais peut-être gravement malade...
    X m'a dit hier qu'il avait rêvé de moi et qu'il m'a vu mourir de maladie dans 11 mois..."
    Si nous n'en avons jamais réellement parlé je sais que sa santé est fragile, qu'il est sous traitement et que cela n'ira pas en s'arrangeant. Il fait partie de cette génération qui de l'insouciance a subi une rapide descente aux enfers faute d'avoir pu bénéficier de moyens de prévention efficaces et qui se retrouve aujourd'hui acculée à la lourdeur de médications dont le corps s'accommode avec plus ou moins de succès.

    Le voir si  lucide face à son propre destin, avoir conscience des méandres vers lesquels  les parques ont décidé de le conduire, continuer malgré tout son chemin sans savoir où s'arrêtera le train sachant que la locomotive est en flammes,  j'avoue que cela m'a un peu retourné.

    Il fait un peu frais dehors.
    La lumière est si belle aujourd'hui...

    13 commentaires:

    1. Je comprends ta réaction, je le serais aussi (retourné) pour le moins. La dignité des personnes malades est souvent une source d'exemplarité... et cela doit nous obliger à relativiser un peu, même si la vie un peu "bancale" de tous les jours continue, quoi qu'il arrive.

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    2. J'admire la pudeur et la franchise de ton ami. C'est vrai que c'est une leçon. Dommage que le prix en soit si lourd.

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    3. C'est dans ce genre de situation que l'on se rend compte à quel point on est privilégié (parfois sans même s'en rendre compte) d'être en bonne santé. Je t'envoie un bisou.

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    4. Je n'imaginais pas que le latin était encore la langue des sentiments intimes, de la pudeur et de l'amitié...
      Merci de ce billet, toujours en toute finesse, par petites touches sur un réel parfois bien triste et désolant...

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    5. Cela nous fait prendre conscience que nos petits bobos quotidiens ne sont pas bien grave et que l'on devrait prendre exemple sur le courage de certains. Et comme toujours, tout cela est dit avec pudeur et sensibilité sous ta plume.

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    6. C'est beau ce que mes prédécesseurs ont écrit, mais moi il y a quand même une chose que je ne comprendrai jamais, c'est ceux qui ne se protègent pas, soit par oubli (comment on peut oublier...) soit par choix et c'est le pire, des mecs vont répandre la mort tout en étant conscients de ce qu'ils font

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    7. "Omnes vulnerant…", alors que faire ? "In horam vivere" ? Mieux, "in mullas partes carpere horam", avec cet ultime espoir que la dernière sera la consécration du rêve d’éternité que nous portons tous en nous, ce rêve sans lequel la vie serait à tel point absurde que même l’idée d’attendre inéluctablement la mort naturelle deviendrait insupportable… La lucidité de ton ami est comme une gifle cinglante qui nous rappelle ce qu’il y a de plus impératif dans la vie : la vivre, jusqu’au bout, c’est tout, même avec cette part d'aléa qui nous la rend encore plus précieuse… Hier où, justement, saisie d’une angoisse étrange à cause aussi d’une mauvaise nouvelle d’amis, je me disais que, plutôt que de compter les (encore mais pas assez !) nombreuses années qu’il me reste statistiquement à vivre, pourquoi ne pas parler de jours, voire d’heures : ainsi fragmentées, l'échéance fatidique s'éloigne de telle façon qu'elles laissent la place à encore et encore bien des projets à envisager et à réaliser... Oui, il fait frais dehors en ce moment, mais comme il est bon de sentir le vent nous caresser le visage quand on sait qu’on peut se permettre de flâner un peu le long du chemin avant de regagner l’abri de sa maison où tout semble pourtant figé dans un bonheur certes un peu simple mais combien inestimable, celui de se savoir en bonne santé… Ton texte est très beau, ta façon de décrire sans mots inutiles, juste comme un souffle imperceptible, tes émotions est très touchante...

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    8. Le quotidien d'une personne "touchée" n'est certaine pas rose ....
      Réflexion d'un médecin au contact des malades :"Dans le domaine de la sexualité, entre ce que les gens disent et ce qu'ils font, il y a tout un monde"....
      En "amour", il faut être en principe deux ....

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    9. @ Ek91 : Le personnage est connu pour son tempérament volcanique et ses envolées apocalyptiques capables de faire exploser un sonotone... Je l'ai régulièrement entendu râler, grogner, vociférer. Mais jamais je ne l'ai entendu se plaindre.

      @ L'azimutée : Cela m'a d'autant plus touché que c'était la première fois qu'il m'en parlait aussi directement.

      @ Glimpse : "Dédramatisons nos vies" écrivait Ek91 dans l'un de ses commentaires ici.

      @ Nicopomus : C'est une très belle langue qui permet de dire beaucoup avec peu de mots.

      @ Christophe : Comment aborder un pareil sujet autrement qu'avec une extrême retenue ?

      @ Un autre Fred : Oui, c'est vrai : pourquoi ? comment peut on oublier ? Mais quand le mal est fait ces questions ne se posent plus, c'est trop tard, les réprimandes sont vaines.

      @ Kittounet : *mici*

      @ Colibri : Et pourquoi pas "Carpe diem..." , tout simplement ?

      @ Nigloo : Et n'oublions pas que l'irrationalité fait partie intégrante de la nature humaine...

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    10. Pas facile de vivre avec cette épée de Damoclès continuellement suspendue au-dessus de sa tête ou de celui que l'on aime. Belle sagesse, quand même.

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    11. Face à la maladie, le proche pense souvent à tous les problèmes qui vont surgir et à tous les tracas qu'il va falloir affronter. Le malade, lui, vit et profite de l'instant présent. C'est certainement ce qui explique cette apparent détachement.

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    12. Une traversée de route imprudente, même dans les clous ou un autobus plein de japonaises enceintes fonçant vers l'hôpital le plus proche pour y accoucher peut soudain en décider autrement. So what ? Sit, cry and wait ?

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